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  • il y a 2 jours
Le 30 avril, la délégation aux droits des femmes du Sénat organisait une table-ronde consacrée à la protection des victimes de cyberharcèlement. Les sénatrices ont entendu d’abord Typhaine D., actrice et autrice, victime de cyberharcèlement. Elle a raconté son expérience et la difficulté de traverser de telles vagues d’attaques sexistes. L’avocate Rachel-Flore Pardo a partagé son expertise dans la défense de victimes de cyberharcèlement. Elle a plaidé pour la mise en place d’une amende forfaitaire délictuelle en cas de post de messages de cyberharcèlement sexiste. Alejandra Mariscal Lopez, directrice de l’association Point de Contact et Shani Benoualid, conseillère pour le numérique et contre la haine en ligne à la DILCRAH, ont exposé la façon dont leurs structures tentent de lutter contre ce phénomène, avec, et parfois conte les plateformes. Revivez ces échanges. Année de Production : 2025

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Transcription
00:00:10Bonjour à tous, ravis de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro de 100% Sénat,
00:00:14l'émission qui vous fait vivre les travaux de la Haute Assemblée.
00:00:17On va parler de la lutte contre la haine en ligne, un fléau qui se développe sur les réseaux sociaux
00:00:21depuis des années
00:00:22et qui vise notamment les femmes.
00:00:24Pour en parler, la délégation aux droits des femmes du Sénat a organisé une table ronde sur la protection des
00:00:29victimes
00:00:29de cyberharcèlement. Je vous laisse l'écouter.
00:00:32Aujourd'hui, elle fait belle, contrairement au jour où elle pleut.
00:00:41Alors, ça c'est un extrait d'une langue que j'ai inventée qui s'appelle la féminine universelle.
00:00:48Et lorsque c'est Prévert qui écrit Elle pleut dans un de ses poèmes,
00:00:52où le rappeur Nekfeu, qui entre-temps a été accusé d'agression sexuelle d'ailleurs,
00:00:56ce sont des génies de la langue qui jouent avec elle.
00:01:00Mais quand c'est moi, il y en a qui décident que parce que je suis une femme, ça mérite
00:01:05la peine de mort.
00:01:10En 2022, on m'invite dans une émission d'un média qui s'appelle Le Crayon à venir parler de
00:01:17la féminine universelle.
00:01:18À ce moment-là, je vis un deuil. Je ne suis vraiment pas bien et je ne connais pas le
00:01:23crayon.
00:01:23Et parce que je ne suis pas bien, je ne vérifie pas ce que c'est, etc.
00:01:26Et je me dis, c'est une autre, comme j'ai l'habitude, interview sur la féminine universelle.
00:01:33Vas-y, ça te sortira de ton chagrin.
00:01:36Et puis quand j'arrive, je me rends compte qu'en fait, il y a deux journalistes.
00:01:40Bon, et en direct, je me rends compte que non, il n'y a qu'un journaliste et qu'en
00:01:44face, il y a un opposant politique réactionnaire
00:01:47qui se fait appeler Ralph Lacartouche, histoire qu'on n'oublie pas que les masculinistes, c'est une affaire mortifère.
00:01:57Et lui, absolument, que le masculin continue de l'emporter sur le féminin, c'est important pour sa vie.
00:02:02Et donc l'émission se passe, je m'en sors très très bien, malgré mon état, et puis je passe
00:02:07à autre chose.
00:02:10La vidéo, le temps du montage, est postée quelques semaines plus tard, mi-juillet 2022,
00:02:18en entière sur YouTube, et puis un extrait choisi et monté pour être particulièrement accrocheur,
00:02:23donc clivant sur l'ensemble des réseaux sociaux.
00:02:26De là commencent les messages d'hommes insultants et menaçants.
00:02:31Au départ, je ne me dis rien de particulier, parce que je suis militante féministe, identifiée publiquement.
00:02:38Pas une grande star, mais quand même un peu, ça suffit.
00:02:40Et donc, je subis du cyberharcèlement, des insultes et des menaces, depuis 15 ans, en fait,
00:02:47depuis le début de ma vie publique de militante féministe.
00:02:51Donc je me dis malheureusement que c'est comme d'habitude.
00:02:55Donc déjà, c'est le premier truc à dire, c'est que ça n'est pas du tout extraordinaire.
00:03:00Toute femme qui parle, quel que soit le sujet d'ailleurs,
00:03:04subira des menaces et des insultes de la part d'hommes.
00:03:08Simplement, au bout de quelques heures, quelques jours,
00:03:10je me rends compte que ce n'est pas exactement comme d'habitude en termes de quantité,
00:03:15que c'est extraordinairement massif.
00:03:18Et puis que, les jours passants, la vague ne retombe pas comme d'habitude,
00:03:24qu'au contraire, elle est de plus en plus haute, cette vague.
00:03:28Et là, je comprends ce qui m'arrive,
00:03:30parce que beaucoup de mes sœurs féministes ont déjà subi du cyberharcèlement de masse.
00:03:35On peut penser, par exemple, à Mme Sandrine Rousseau,
00:03:39qui, je pense, fait parmi les femmes les plus harcelées,
00:03:43cyberharcelées, de manière masculiniste, en particulier de France,
00:03:47dans l'indifférence générale, alors que ça pourrait être un sujet politique.
00:03:51C'est une de nos élus de la nation, et ça n'est pas un sujet, en fait.
00:03:56Je ne sais pas pourquoi.
00:03:59Mais on peut penser à Marion Séclin, à Nadia Damm, on peut penser à Barbara Butch,
00:04:03on peut penser à beaucoup de nos sœurs féministes.
00:04:06Et donc, je me dis, ça y est, c'est à moi que ça arrive.
00:04:12Et parce que je suis très entourée, parce que je suis très outillée,
00:04:16parce que ça fait 15 ans que je suis dans les luttes féministes,
00:04:18et que mon réseau, il est magnifique,
00:04:19je me dis, bon, dès le départ, je sais que je porterai plainte.
00:04:24À ce moment-là, je pense que ça ne va rien donner,
00:04:26parce que, et d'ailleurs, Salomé Saquet en a parlé encore récemment,
00:04:30ou comme vous le disiez pour Ultia,
00:04:33en général, soit il n'y a pas d'enquête,
00:04:35voilà, ça fait non-lieu, sans suite,
00:04:37voilà, Violaine en parlera bien mieux que moi,
00:04:41soit c'est ridicule.
00:04:42Donc je me dis, bon, a priori, ça ne va rien donner,
00:04:45mais au moins, ce n'est pas parce que c'est aussi répandu et banal
00:04:48que c'est normal,
00:04:50donc je vais poser une pierre à l'édifice pour dire
00:04:51c'est anormal ce qui m'arrive.
00:04:56Malgré le fait que je sois bien entourée, outillée,
00:04:59que je connaisse les mécanismes des violences,
00:05:01la violence, ça reste de la violence.
00:05:03Et donc, je vais prendre juste quelques minutes
00:05:06pour vous donner un aperçu de ce que ça signifie
00:05:10dans une vie, de recevoir un cyberharcèlement de masse,
00:05:15en l'occurrence masculiniste,
00:05:17parce que je suis une femme qui parle pour les droits des femmes.
00:05:22Déjà, le téléphone est resté chaud pendant des mois,
00:05:25physiquement.
00:05:26Vous le prenez dans la main, il est chaud.
00:05:28Même si vous faites en sorte de ne pas recevoir les notifications,
00:05:33en fait, le téléphone les reçoit.
00:05:34Et comme à cause de la colonisation, la francophonie,
00:05:37et surtout le globe,
00:05:38« Les masculinistes ne dorment jamais ».
00:05:41Ces notifications, on les reçoit,
00:05:45donc évidemment, au départ,
00:05:46les commentaires haineux sont sous les publications du crayon média,
00:05:50sur l'ensemble des réseaux sociaux qui existent,
00:05:52mais très rapidement, instantanément, quasiment,
00:05:56ces hommes-là vont ensuite taper notre nom
00:05:58pour trouver nos propres comptes.
00:06:00Et donc, vont commencer à mettre ces messages haineux,
00:06:03commentaires en public,
00:06:05sous toutes nos publications
00:06:07depuis le début de notre vie numérique.
00:06:09Certaines des vidéos que j'avais postées
00:06:11il y a dix ans,
00:06:14d'un coup, on a des centaines,
00:06:16voire des milliers de commentaires haineux
00:06:18qui viennent en dessous pour lire la publication.
00:06:21Évidemment, immédiatement,
00:06:22ils nous écrivent aussi en privé,
00:06:24donc sur toutes les messageries,
00:06:26Insta, Messenger, etc.
00:06:27Et puis, ils vont très vite trouver
00:06:29mon adresse mail et mon numéro de téléphone
00:06:31puisque je suis une artiste.
00:06:33Et donc, pour acheter mes spectacles,
00:06:35les collectivités, les entreprises,
00:06:37enfin bref, les théâtres,
00:06:38doivent trouver mon contact pour me contacter.
00:06:41Ça signifie qu'ensuite,
00:06:43aller voir mes messages,
00:06:44y compris pour recevoir les messages de soutien,
00:06:47y compris pour pouvoir travailler,
00:06:48pour répondre à l'affirmatif
00:06:50pour une invitation de spectacle.
00:06:53Je ne peux pas y aller.
00:06:56J'ai des crises d'angoisse
00:06:57ou alors ça me coûte très cher
00:07:01parce que pour trouver un message de soutien,
00:07:04il faut bien redescendre tous les messages haineux.
00:07:08Et même si, parce que je suis féministe,
00:07:10je sais qu'il ne faut pas lire ces messages-là.
00:07:12Et d'ailleurs, si j'ai un message à envoyer aux victimes,
00:07:17je sais que c'est dur,
00:07:18mais surtout ne pas lire l'entièreté des lettrines d'horreur
00:07:22qu'il nous envoie.
00:07:23Ça fait toujours ça de moins marqué au fer rouge dans notre peau.
00:07:27Néanmoins, les premiers mots,
00:07:28il faut bien les lire pour identifier
00:07:30est-ce que c'est un message professionnel,
00:07:31de soutien, d'amis.
00:07:33Et les premiers mots suffisent souvent
00:07:35à laisser des traces sur la peau.
00:07:38Et surtout, quand c'est des centaines,
00:07:40des centaines de milliers,
00:07:42moi, je pense qu'on a frôlé,
00:07:44c'est difficile à calculer parce qu'il y en a partout,
00:07:47mais je pense qu'on a frôlé le million.
00:07:49Et surtout, ça continue.
00:07:51La plus grosse vague de cyberharcèlement,
00:07:54la plus terrible,
00:07:54a duré de l'été 2022 à l'hiver 2022.
00:07:57Et puis ensuite, il y a eu d'autres vagues
00:07:59moins énormes en termes de quantité,
00:08:01mais quand même extrêmement pénibles en 2023, en 2024.
00:08:05Donc j'ai fini par déposer plainte.
00:08:07Et j'ai pu déposer plainte
00:08:08parce que c'est la double peine pour les victimes.
00:08:10Pour avoir une petite chance qu'il y ait une enquête,
00:08:12il faut un peu prémâcher le travail d'enquête.
00:08:14Et même des fois, ça ne suffit pas,
00:08:16comme l'a fait Luthia.
00:08:17Donc moi, j'ai demandé à des hommes de mon entourage
00:08:19qui travaillent dans le numérique
00:08:21de prouver qu'ils sont des alliés,
00:08:23donc à faire quelque chose qui leur coûte,
00:08:24donner du temps et des compétences.
00:08:26Je ne voulais pas que ce soit des femmes qui voient ça
00:08:28parce que c'était contre toutes les femmes
00:08:30ce que je recevais, en fait.
00:08:32La féminine universelle, c'est un prétexte,
00:08:34mais ce qu'ils font, c'est faire des exemples.
00:08:36Ils prennent une femme qui parle,
00:08:38ils lui font subir publiquement des violences terribles
00:08:42pour dire à toutes les autres, taisez-vous.
00:08:45Voilà ce qui vous arrivera
00:08:46si vous aussi vous prenez la parole
00:08:48dans notre espace public démocratique.
00:08:50Et d'ailleurs, la phrase préférée
00:08:52des cyberharcelers masculinistes,
00:08:54c'est retourne en cuisine.
00:08:56C'est très clair.
00:08:57J'imagine que vous, mesdames,
00:08:58l'avez toutes reçues à peu près.
00:09:01Retourne en cuisine, tais-toi, ta gueule,
00:09:03d'une manière générale, il faut la fermer.
00:09:04Va nous servir un café, va faire la décive,
00:09:07va élever des enfants, enfin voilà.
00:09:08Donc ça, c'est leur projet, c'est très très clair.
00:09:12Ensuite, on a beaucoup les incitations
00:09:14à être enfermées, c'est bien connu,
00:09:16toutes les femmes sont folles,
00:09:18surtout quand elles veulent s'émanciper.
00:09:19La volonté d'émancipation est une preuve de folie
00:09:22chez les femmes.
00:09:23Depuis notre chère Olympe jusqu'à nous,
00:09:25ça n'a pas changé.
00:09:26Ensuite, il y a l'incitation au suicide,
00:09:31beaucoup, suicide-toi, ça je l'ai reçu,
00:09:33mais des centaines de milliers de fois.
00:09:36Des milliers de fois par jour,
00:09:38vous recevez ça,
00:09:39avec des suggestions pour des façons de faire.
00:09:43Et donc, Laure vous expliquera l'impact
00:09:46que ça peut avoir.
00:09:49Ensuite, beaucoup d'incitations à me trouver
00:09:52et à me faire du mal.
00:09:54Donc, retrouver là, l'un des accusés,
00:09:56par exemple, avait écrit
00:09:57« Foutez-la sous un train, qu'on en finisse ».
00:09:59Ça, c'est du classique.
00:10:02Des menaces de me faire subir des violences directement,
00:10:05donc des menaces de violences physiques,
00:10:08de menaces de violences sexuelles.
00:10:10Et donc, si possible, à plusieurs.
00:10:13C'est toujours plus drôle comme ça.
00:10:15Et puis, évidemment, des menaces de féminicide.
00:10:19Et puis, les insultes misogynes, encore et encore.
00:10:22Et n'importe quoi de ce qu'ils vont projeter.
00:10:25Donc aussi, lesbophobes, antisémites, grossophobes,
00:10:28même quand vous n'êtes pas grosses.
00:10:31Je n'ose imaginer, pour celles qui cumulent
00:10:33encore plus de discriminations visibles,
00:10:37ce que ça signifie.
00:10:40Donc, à partir de là,
00:10:43j'arrive à récolter les plaintes.
00:10:45Ce qu'il nous faut, du coup, c'est des applications
00:10:47qui permettent de faire ça,
00:10:48même quand on n'a pas un gros réseau.
00:10:51Donc, ça veut dire que les plateformes
00:10:53ne doivent pas simplement faire disparaître
00:10:55les messagers nœuds,
00:10:56ce qu'elles ne font pas déjà, mais voilà.
00:10:59Parce que ça, ça protège les agresseurs.
00:11:01Ça fait disparaître les preuves.
00:11:02Ce qu'il faut, et Laure vous en parlera aussi,
00:11:05j'imagine,
00:11:05c'est arriver à faire disparaître publiquement
00:11:09les messagers nœuds,
00:11:10mais en garder la trace, la dater,
00:11:12la classer par chef d'inculpation
00:11:13et par agresseur dans un fichier
00:11:16pour que les victimes puissent aller, comme moi,
00:11:18avec une clé USB,
00:11:20porter plainte dans leur commissariat.
00:11:22C'est ce que j'ai fait.
00:11:23L'immense chance que j'ai eue,
00:11:25c'est que j'ai été prise au sérieux
00:11:26dès le départ dans le commissariat.
00:11:30Ma plainte a été très bien prise.
00:11:32Ensuite, j'ai plus aucune nouvelle
00:11:33pendant un an et demi.
00:11:34Par conséquent, j'ai pensé que,
00:11:36comme d'habitude,
00:11:37ça avait fait non-lieu
00:11:38et qu'on ne me l'avait même pas dit
00:11:39puisque la plupart du temps,
00:11:41on ne le sait même pas.
00:11:43Mais j'ai de la surprise
00:11:44de recevoir un appel téléphonique
00:11:46d'une adjudante qui m'a dit
00:11:47c'est moi qui suis en charge de votre enquête
00:11:49avec une procureuse.
00:11:51Moi, elle, elle disait
00:11:52adjudant et procureur,
00:11:53mais vous voyez le principe.
00:11:55Et donc, on vous demande d'aller voir.
00:11:58J'avais déjà vu
00:11:59une première experte judiciaire.
00:12:01Donc là, un expert psy.
00:12:04Il m'a diagnostiqué
00:12:05avec un trouble de stress post-traumatique
00:12:08lié à ce cyber-racinement de masse.
00:12:10Et lui-même dit
00:12:12pourtant, c'est plutôt une personne forte.
00:12:15Il se trouve que je suis plutôt solide.
00:12:18Et pourtant,
00:12:21ce que j'ai subi
00:12:22pendant les plus grosses vagues
00:12:24de cyber-harcèlement
00:12:25est encore à l'identique
00:12:26quand on a préparé le procès
00:12:28qui s'en est suivi avec Violaine
00:12:31puisque les symptômes
00:12:32reviennent à l'identique.
00:12:33C'est ça, la mémoire traumatique.
00:12:35Ça signifie concrètement
00:12:37que j'ai fait des insomnies,
00:12:39moi qui d'habitude dors très bien,
00:12:41que j'ai fait des cauchemars,
00:12:42ce qui ne m'arrive pas d'habitude,
00:12:43que j'ai alterné
00:12:44avec des jours et nuits entières
00:12:47à somnoler,
00:12:48à ne pas réussir à faire autre chose
00:12:49que somnoler,
00:12:50des difficultés de concentration énormes
00:12:52donc à travailler,
00:12:54en plus de toute la difficulté,
00:12:55encore une fois,
00:12:56de regarder mes mails pro
00:12:58qui durent,
00:13:00qu'il y a eu aussi
00:13:01des migraines vomitives,
00:13:04des maux de cervicales,
00:13:06des maux de dos,
00:13:08de digestion,
00:13:11des irruptions cutanées.
00:13:13Et là, comme par hasard,
00:13:14j'ai les lèvres toutes sèches
00:13:15depuis hier soir
00:13:16parce que je sais que je vais en reparler.
00:13:17Enfin voilà,
00:13:17ça fait partie des symptômes
00:13:21et puis il y a toute l'hypervigilance
00:13:22qu'on développe
00:13:23puisque évidemment,
00:13:24immédiatement,
00:13:25ça a débordé dans la vie réelle.
00:13:27J'ai été reconnue dans la rue
00:13:28par des hommes
00:13:28qui m'ont insultée
00:13:30et qui ont commis d'autres violences
00:13:34au cas où c'est mis en ligne.
00:13:36Je n'ai pas envie de détailler
00:13:37parce que ça va leur donner des idées.
00:13:38Il y avait des trucs un peu créatifs
00:13:40donc je n'ai pas envie
00:13:40que ça recommence
00:13:41mais en tout cas,
00:13:42j'ai déjà dû courir
00:13:43pour éviter ça.
00:13:45Donc j'ai dû
00:13:47pendant les pires vagues
00:13:48partir de Paris
00:13:51où j'étais encore plus reconnue
00:13:52pour aller me planquer
00:13:54chez des copines en région
00:13:56où personne ne savait où j'étais
00:13:57et pourtant,
00:13:58j'étais quand même reconnue
00:13:58par des hommes parfois dans la rue.
00:14:01Donc ça veut dire
00:14:01que quand on est dévisagée
00:14:03par un homme dans l'espace public,
00:14:05ce qui nous arrive tout le temps
00:14:06en tant que femme,
00:14:07là en plus,
00:14:07on a un petit suspense.
00:14:09Est-ce qu'en plus,
00:14:09il m'a reconnue
00:14:10et il va m'insulter ?
00:14:13Cette hyper-vigilance,
00:14:14elle dure aussi
00:14:15malgré les soins psy
00:14:16que j'ai faits
00:14:17même si ça va un peu mieux
00:14:18mais voilà.
00:14:19Ça veut dire aussi
00:14:20que pour poster,
00:14:21évidemment,
00:14:22je ne poste plus
00:14:23avec la même légèreté
00:14:24qu'avant,
00:14:24avec la même facilité.
00:14:26J'ai beaucoup plus de mal
00:14:27à communiquer aussi
00:14:28sur, du coup,
00:14:30sur où est-ce que je joue
00:14:31et quand
00:14:31et moi,
00:14:32c'est aussi ça.
00:14:33Je me sers des réseaux
00:14:34pour passer des messages
00:14:35pour les droits des femmes
00:14:36et des enfants
00:14:36mais aussi parce que
00:14:38je dois dire
00:14:39je joue à tel endroit,
00:14:40à telle heure
00:14:41sinon je n'ai personne
00:14:42dans la salle.
00:14:43Il faut comprendre aussi
00:14:44que parce que ces hommes-là
00:14:45avaient fait aussi
00:14:47certains des menaces
00:14:48de féminicide de masse
00:14:51dans le genre
00:14:52on sait où elle joue
00:14:53et quand
00:14:53et donc on va venir
00:14:54et on va la tuer
00:14:55avec toutes les salopes
00:14:56de féministes
00:14:57qui viennent la voir,
00:14:59eh bien,
00:15:01des femmes
00:15:01qui m'ont écrit
00:15:03voilà,
00:15:03moi j'ai pris une place,
00:15:04je ne demande pas
00:15:05le remboursement
00:15:05parce que je te soutiens
00:15:06mais je ne viendrai pas
00:15:07parce que j'ai peur
00:15:07d'être tuée.
00:15:09Il y a des structures
00:15:11qui voulaient m'inviter
00:15:11à jouer mon spectacle,
00:15:12des collectivités,
00:15:13des entreprises
00:15:14où j'ai su
00:15:15après coup
00:15:16qu'en fait
00:15:17ils ne l'avaient pas fait
00:15:17parce que
00:15:18pas moyen d'assurer
00:15:19ma sécurité
00:15:21et peur
00:15:21que les masculinistes
00:15:22viennent dans la salle.
00:15:25D'ailleurs,
00:15:26il y en a qui sont venus
00:15:26dans mes salles
00:15:27évidemment
00:15:28pour m'insulter
00:15:29etc.
00:15:31Enfin bref,
00:15:31pour uriner
00:15:32dans les théâtres,
00:15:33on a eu de tout.
00:15:36Donc voilà,
00:15:37tout ça a débouché
00:15:38sur un stress post-traumatique
00:15:39et plus de 8 jours
00:15:40d'ITT,
00:15:40ce qui est quand même
00:15:41conséquent.
00:15:43Là-dessus,
00:15:44on a accès
00:15:45au dossier d'enquête
00:15:45avec Violaine
00:15:46qui vous en parlera
00:15:47mieux sur un plan juridique.
00:15:49Moi,
00:15:49ce que je peux vous dire
00:15:49rapidement,
00:15:50parce que je ne sais pas
00:15:51combien de temps
00:15:51il me reste encore,
00:15:52dans ces cas-là,
00:15:53je n'ai plus trop
00:15:54la maîtrise de mon temps,
00:15:55n'hésitez pas
00:15:55à me faire des gestes.
00:15:58Donc là,
00:15:59le dossier d'enquête,
00:16:00il était remarquable.
00:16:01Alors,
00:16:02on pourrait se dire,
00:16:03il y a eu 30 hommes
00:16:05sur lesquels
00:16:05il y a eu
00:16:07une enquête environ.
00:16:08On pourrait se dire,
00:16:09c'est rien
00:16:09par rapport aux centaines
00:16:10de milliers d'hommes,
00:16:11et je précise hommes,
00:16:13il ne faut vraiment
00:16:13pas dire personne
00:16:14dans ces cas-là,
00:16:14parce qu'il devait y avoir
00:16:162-3 femmes
00:16:16qui m'ont insultée
00:16:17probablement,
00:16:18mais c'est pas décisif.
00:16:22Puis on les imagine
00:16:23très bien
00:16:23à côté d'un conjoint violent
00:16:24à devoir faire allégeance
00:16:26à celui-ci.
00:16:26C'est un problème d'hommes,
00:16:27on est très clair.
00:16:30Et donc,
00:16:31on pourrait se dire,
00:16:31ce n'est pas beaucoup 30
00:16:32par rapport aux centaines
00:16:33de milliers
00:16:34ou au moins
00:16:34dizaines de milliers.
00:16:37Et non,
00:16:38mais comme d'habitude,
00:16:39c'est zéro.
00:16:41Déjà,
00:16:41c'était beaucoup.
00:16:42Sur la trentaine,
00:16:43il y en a 15
00:16:44qu'on a réussi
00:16:44à identifier.
00:16:45Donc,
00:16:45il y en a certains
00:16:46qu'on n'arrive pas,
00:16:47parce que même
00:16:47avec les demandes
00:16:48à Meta,
00:16:49etc.,
00:16:49comme ils avaient
00:16:50des VPN,
00:16:51des machins,
00:16:51on n'arrivait pas
00:16:52à les identifier.
00:16:54Sur les 15,
00:16:55donc,
00:16:55ils ont tous été
00:16:56poursuivis.
00:16:56il y en a 9 premiers
00:16:58qui ont été jugés
00:16:59en septembre 2025.
00:17:01Il y en aura
00:17:022 autres adultes
00:17:03au moment des faits
00:17:04qui seront jugés
00:17:05en septembre 2026.
00:17:07Voilà,
00:17:07si vous voulez venir,
00:17:09c'est une étude sociologique,
00:17:10je vous assure.
00:17:11Et puis,
00:17:12il y aura les mineurs
00:17:14aussi dans des tribunaux
00:17:14pour enfants.
00:17:15Et ça,
00:17:16je ne sais même pas
00:17:16quand est-ce que
00:17:17je serai mise au courant.
00:17:19Je précise
00:17:19qu'il y a eu
00:17:20assez peu de mineurs
00:17:20dans mon affaire
00:17:21parce que
00:17:22l'enquête a commencé
00:17:23par Facebook
00:17:24et Instagram.
00:17:26Et c'est un peu
00:17:26arrêté là,
00:17:27j'ai l'impression.
00:17:27Si ça avait été
00:17:28sur TikTok et Snapchat,
00:17:29il y en aurait
00:17:29probablement plus.
00:17:30Mais en tout cas,
00:17:31ce qu'il faut retenir,
00:17:32c'est que déjà,
00:17:34c'est 9 premiers hommes.
00:17:35Pourquoi 9 ?
00:17:36Parce que j'imagine
00:17:36que ce n'était plus possible
00:17:38d'en mettre plus
00:17:38sur une seule journée.
00:17:39Déjà,
00:17:40on est resté au tribunal
00:17:41de 9h30 à 21h30.
00:17:44Donc,
00:17:45c'est massif.
00:17:48Donc,
00:17:48il y a tous les âges
00:17:50et tous les profils.
00:17:52Toute proportion gardée
00:17:53par rapport aux violences,
00:17:54c'est comme au procès
00:17:56des violeurs
00:17:56de Gisèle Pellicot.
00:17:57C'est une population
00:18:00d'hommes représentative
00:18:01de la population
00:18:02d'hommes européenne.
00:18:03C'est tout.
00:18:04Souvent,
00:18:04les gens qui me soutiennent
00:18:06me disent
00:18:06« Ouais,
00:18:06ces hommes-là,
00:18:07c'est parce qu'ils sont stupides,
00:18:09pas éduqués,
00:18:09isolés,
00:18:10les pauvres chéris. »
00:18:12Ça,
00:18:12c'est un petit peu
00:18:13leur trouver des excuses.
00:18:14Oui,
00:18:14il y en a qui ressemblent à ça.
00:18:16Il y en avait
00:18:16qui étaient
00:18:17des chômeurs
00:18:18longue durée.
00:18:19Voilà.
00:18:20Mais ça,
00:18:20c'était vraiment
00:18:21la minorité.
00:18:21Ce qu'il faut avoir en tête,
00:18:23c'est qu'il y avait
00:18:24un ingénieur Bac plus 5
00:18:25en Belgique.
00:18:26Il y avait
00:18:27un boulanger en Suisse
00:18:28mais qui gagnait
00:18:296 000 euros
00:18:30parce que ça rapporte
00:18:30en Suisse,
00:18:31visiblement.
00:18:32Il y avait un caviste
00:18:33dans l'ouest de la France.
00:18:34Il y avait un chef
00:18:35d'entreprise
00:18:35dans le sud de la France
00:18:37avec résidence secondaire
00:18:38Madame et les gosses.
00:18:40La plupart,
00:18:40ils sont en couple.
00:18:41Ils sont très insérés
00:18:42socialement.
00:18:44Plusieurs,
00:18:44il y en avait un
00:18:45qui avait été encarté
00:18:46à l'extrême droite
00:18:47et qui se disait
00:18:48de droite
00:18:48ou d'extrême droite.
00:18:49Mais il faut avoir
00:18:49en tête qu'il y en avait
00:18:50aussi un qui se disait
00:18:51écolo et un qui avait
00:18:52été encarté au parti de gauche.
00:18:55Il y en avait plusieurs
00:18:56qui se disaient
00:18:56féministes,
00:18:57même que les masculinistes
00:19:02exécraient cette population
00:19:04alors qu'ils m'avaient
00:19:05menacée de mort.
00:19:06C'est la particularité
00:19:08des hommes.
00:19:09C'est eux qui tracent
00:19:10la ligne entre eux
00:19:12et les hommes mauvais.
00:19:14C'est eux qui la tracent.
00:19:16C'est toujours une ligne
00:19:17devant leurs pieds.
00:19:18C'est ça qui est bien.
00:19:20Donc voilà,
00:19:21c'est vraiment...
00:19:22Et il n'y en avait qu'un
00:19:24qui était susceptible
00:19:26d'être victime de racisme
00:19:27dans les neufs aussi,
00:19:28je précise.
00:19:30Pour ceux qui disent
00:19:31que le problème,
00:19:31c'est que les immigrés.
00:19:33Non, non,
00:19:33c'est les hommes en fait,
00:19:34on va peut-être le dire
00:19:35au d'un moment.
00:19:37Et donc voilà,
00:19:38ce procès,
00:19:39il a été très bien mené
00:19:41parce que la cour
00:19:42visiblement a été formée,
00:19:43de même que la cellule
00:19:45spécialisée
00:19:47sur la haine en ligne
00:19:49du parquet,
00:19:49qui a fait vraiment
00:19:50un travail remarquable.
00:19:52Ça veut dire
00:19:53qu'ils n'ont pas été
00:19:54convoqués au commissariat.
00:19:56En fait,
00:19:57il y a eu une enquête
00:19:58sur eux,
00:19:58donc ils ont été suivis,
00:20:00etc.
00:20:00Ensuite,
00:20:02les policières et policiers
00:20:03dans chaque région
00:20:04sont venus tambouriner
00:20:05à leur porte
00:20:05à 6h du matin.
00:20:07Là,
00:20:07ils ont dû leur ouvrir
00:20:08devant leur mère,
00:20:09leurs femmes,
00:20:09leurs enfants,
00:20:10en caleçon.
00:20:11Là-dessus,
00:20:12une fois habillés,
00:20:13ils ont été emmenés
00:20:14au commissariat
00:20:14où ils ont passé
00:20:15la journée en garde à vue,
00:20:16donc en cellule,
00:20:18avec plusieurs interrogatoires
00:20:19dans la journée,
00:20:20un interrogatoire
00:20:20qui a été construit
00:20:21depuis la cellule spécialisée
00:20:24parce que c'était
00:20:24les mêmes questions
00:20:25pour chaque homme.
00:20:27Et d'ailleurs,
00:20:28au début,
00:20:29on ne leur dit même pas
00:20:29pourquoi ils sont là.
00:20:30Et comme ils cyberharcèlent
00:20:31plein de femmes
00:20:32et que beaucoup,
00:20:33par ailleurs,
00:20:34ont déjà été poursuivis
00:20:35avant pour des violences
00:20:36sur d'autres femmes,
00:20:37il y en avait un
00:20:38qui était récidiviste
00:20:39parce qu'il avait aussi
00:20:40cyberharcelé son ex-copine
00:20:42avec le même compte
00:20:45anonymisé d'Insta,
00:20:46d'ailleurs.
00:20:46Enfin bref,
00:20:47voilà,
00:20:47il y en a qui étaient connus,
00:20:48d'autres pas,
00:20:49des services de police.
00:20:50Mais en tout cas,
00:20:52voilà,
00:20:52c'est ça déjà
00:20:53qu'ils ont vécu.
00:20:54Et ça, moi,
00:20:55dans ma reconstruction
00:20:56de victime,
00:20:57ça m'a aidée
00:20:59parce que ça veut dire
00:21:00que la justice
00:21:01et la police
00:21:02m'ont reconnue
00:21:02comme victime
00:21:03à un moment,
00:21:04les ont reconnues
00:21:04comme agresseurs
00:21:05à un autre moment,
00:21:06ont compris
00:21:07que je n'y suis pour rien,
00:21:08que c'est pas moi
00:21:10ma création,
00:21:11que c'est pas moi
00:21:11ce que je fais,
00:21:13qui cause ça,
00:21:14mais que la victime
00:21:15c'est pas la coupable
00:21:16et les seuls coupables
00:21:17ce sont eux,
00:21:18ils n'ont pas le droit
00:21:18de faire ça,
00:21:19c'est la loi.
00:21:21Les neuf ont été condamnés.
00:21:23100% donc
00:21:24de ces hommes
00:21:25ont été condamnés,
00:21:27sept d'entre eux
00:21:28pour circonstances
00:21:29aggravantes
00:21:29en raison de mon sexe.
00:21:31Donc la dimension
00:21:32misogyne
00:21:33a été reconnue.
00:21:34À notre connaissance,
00:21:36c'est sans précédent,
00:21:37c'est sans précédent
00:21:37déjà neuf d'un coup,
00:21:39la quantité,
00:21:40mais aussi
00:21:41le fait que
00:21:42parce que je suis
00:21:43féministe et femme,
00:21:45ça a été reconnu,
00:21:47y compris
00:21:47pour certains
00:21:48qui n'avaient écrit
00:21:49qu'un seul message
00:21:51parce qu'on a considéré
00:21:52qu'ils ne pouvaient pas
00:21:53ignorer la dimension
00:21:54massive
00:21:55du cyberharcèlement,
00:21:57y compris certains
00:21:57dans un groupe
00:21:58qui était
00:21:58soi-disant privé,
00:22:00les groupes privés
00:22:01sur Facebook,
00:22:02bon,
00:22:03ils étaient 28 000
00:22:04donc on a considéré
00:22:05que c'était moins privé
00:22:06d'un coup
00:22:07et c'est des groupes
00:22:08spécialement de masculinistes.
00:22:10Celui-là,
00:22:10il s'appelait
00:22:10Nershi
00:22:11d'Européenne
00:22:12sous Prozac.
00:22:13Nershi,
00:22:13ça veut dire
00:22:14chiné en verlan,
00:22:15c'est-à-dire
00:22:15c'est des groupes
00:22:16d'hommes
00:22:16qui viennent
00:22:17pour se plaindre
00:22:18de ces femmes
00:22:18européennes
00:22:19que nous sommes
00:22:20qui osons,
00:22:21donc sous Prozac,
00:22:22c'est-à-dire
00:22:22on n'est pas encore
00:22:24contentes,
00:22:24on n'est jamais contentes
00:22:25alors qu'on a plus
00:22:26de droits
00:22:27qu'en Afghanistan
00:22:28ce qui devrait être
00:22:29quand même
00:22:30notre vie
00:22:30et donc ils nous ont
00:22:31offert plus de droits
00:22:32et encore on se plaint,
00:22:33on est quand même
00:22:34insupportables.
00:22:36Donc ils passent leur temps
00:22:37à montrer des femmes
00:22:38européennes
00:22:39et à leur tomber dessus
00:22:39avec un truc très raciste
00:22:41de les femmes
00:22:42en dehors de l'Europe,
00:22:43il y en a encore
00:22:44des soumises,
00:22:44heureusement,
00:22:45c'est ça l'idée.
00:22:47Et donc voilà,
00:22:48y compris des fois
00:22:49juste une image
00:22:51qui était censée
00:22:52être humoristique,
00:22:53ce qu'on appelle
00:22:53un mème,
00:22:54il y en a un,
00:22:55on voyait une image
00:22:56de Kaamelott
00:22:57avec au bûcher sorcière,
00:22:59ça, ça a suffi
00:22:59à ce qu'il soit
00:23:01poursuivi
00:23:02et condamné,
00:23:03en l'occurrence,
00:23:04là, en plus
00:23:05avec la menace de mort.
00:23:07Donc ça,
00:23:09c'était vraiment important
00:23:09comme message.
00:23:11J'ai déploré
00:23:11que les médias,
00:23:12il y a eu des médias
00:23:13qui en ont parlé,
00:23:14heureusement,
00:23:14mais à mon avis
00:23:15pas assez,
00:23:16c'est-à-dire
00:23:16qu'on a besoin
00:23:18et c'est pour ça
00:23:19que je vous remercie
00:23:19de nous accueillir
00:23:20aujourd'hui,
00:23:21de travailler là-dessus,
00:23:21on a besoin
00:23:22de faire savoir
00:23:23que des fois,
00:23:24la police,
00:23:25la justice,
00:23:25ça fonctionne un peu
00:23:26et que dans ces cas-là,
00:23:27ça fait beaucoup de bien
00:23:28aux victimes
00:23:30et on a besoin
00:23:31d'en parler
00:23:31pour que ça envoie
00:23:32un message à la société
00:23:33et d'abord
00:23:34parce que les gens
00:23:34ne sont pas au courant
00:23:36de ce qu'on risque
00:23:37en mettant même
00:23:38un message haineux
00:23:39à une personne
00:23:40qui est déjà
00:23:40cyberharcelée,
00:23:41que c'est interdit,
00:23:42que c'est grave,
00:23:43que ça a des conséquences
00:23:44sur la vie
00:23:44de cette personne,
00:23:45etc.
00:23:45en fait,
00:23:46les gens ne le savent pas
00:23:48et quand on a su faire
00:23:50des grandes campagnes
00:23:50de sensibilisation
00:23:52pour la sécurité routière,
00:23:54par exemple,
00:23:54ça a marché,
00:23:55faisons,
00:23:56il nous faut une volonté politique
00:23:57et donc de l'argent,
00:23:58d'une part pour les associations
00:23:59qui accompagnent les victimes
00:24:00comme Féministe
00:24:01contre le cyberharcèlement,
00:24:02comme Stop Ficha,
00:24:03comme Point de contact,
00:24:04d'autre part pour aussi
00:24:07la police et la justice,
00:24:09la formée,
00:24:09qu'il y ait plus de gens
00:24:10dans les cellules spécialisées
00:24:13et puis aussi
00:24:15pour une campagne
00:24:16de sensibilisation massive
00:24:17à la télé,
00:24:18dans l'espace public,
00:24:19dans les établissements scolaires,
00:24:21dans les entreprises,
00:24:22etc.
00:24:23parce que ça concerne
00:24:24tout le monde.
00:24:26Voilà,
00:24:27je finirais peut-être
00:24:30pour dire
00:24:30qu'il y a aussi
00:24:31des hommes
00:24:31qui sont des influenceurs
00:24:33masculinistes professionnels,
00:24:35c'est-à-dire qu'en fait,
00:24:36on a pu voir
00:24:37que c'est des opportunistes,
00:24:38ils repèrent
00:24:39des cyberharcèlements
00:24:40qui sont spontanés,
00:24:42donc c'est des hommes,
00:24:43voilà,
00:24:43spontanément
00:24:44qui se rassemblent
00:24:45pour pourrir une femme
00:24:46parce que c'est comme ça
00:24:47qu'ils se reconnaissent
00:24:48entre eux,
00:24:49c'est comme ça
00:24:49qu'ils font partie
00:24:50de la communauté des hommes,
00:24:52il ne s'agit pas de nous,
00:24:54en fait.
00:24:55S'ils harcèlent une femme,
00:24:57entre eux,
00:24:58ils vont, voilà,
00:24:59rentrer dans la communauté
00:25:00masculiniste,
00:25:01il s'agit de ça,
00:25:03en fait,
00:25:04se montrer agresseurs
00:25:05entre eux,
00:25:05c'est ça qui les intéresse.
00:25:06Et en fait,
00:25:08donc il y a des hommes
00:25:09qui vont repérer ça
00:25:10et qui,
00:25:11parce qu'ils sont très suivis
00:25:12sur les réseaux sociaux,
00:25:13vont faire à leur tour
00:25:14une vidéo
00:25:15contre la femme
00:25:16qui est cyberharcelée
00:25:17parce qu'ils voient
00:25:18qu'il y a un bad buzz,
00:25:19donc cette vidéo,
00:25:20ils savent qu'elle va être
00:25:20beaucoup vue
00:25:21et beaucoup partagée.
00:25:22Ils vont la faire monnayer,
00:25:24donc plus il y a de gens
00:25:24qui la regardent,
00:25:25plus ils vont toucher
00:25:26de l'argent
00:25:26de la part de YouTube,
00:25:27d'Instagram,
00:25:28etc.,
00:25:29et donc ils se font
00:25:29concrètement de l'argent
00:25:30sur le cyberharcèlement
00:25:31des femmes,
00:25:32c'est un business.
00:25:33Moi,
00:25:33il y en a une vingtaine
00:25:35identifiées,
00:25:35mais peut-être d'autres
00:25:36qui ont fait des vidéos
00:25:37pour me pourrir,
00:25:38dont un qui est très connu,
00:25:40qui est très proche
00:25:41de l'extrême droite,
00:25:43etc.,
00:25:43qui s'appelle
00:25:44Stéphane Edouard,
00:25:45par exemple,
00:25:46et c'est sa spécialité,
00:25:47quoi.
00:25:48Et donc,
00:25:48eux,
00:25:48ils gagnent de l'argent
00:25:49là-dessus.
00:25:49Nous,
00:25:50on ne gagne pas d'argent
00:25:50avec nos vidéos,
00:25:51on n'est pas assez suivis
00:25:52pour la plupart,
00:25:53mais voilà.
00:25:55Et ça,
00:25:56ça va,
00:25:56donc c'est des opportunistes
00:25:57et en plus,
00:25:58ils vont relancer des raids
00:25:59et c'est pour ça aussi
00:26:00que ça ne s'arrête jamais.
00:26:02Donc aujourd'hui,
00:26:03ça continue,
00:26:03mais moins depuis
00:26:04que j'ai parlé du fait
00:26:05qu'ils ont été condamnés
00:26:06puisque quand même,
00:26:07c'est des lâches.
00:26:08Donc pourvu que ça dure,
00:26:09je porterai probablement
00:26:10un nouveau plainte,
00:26:11mais voilà.
00:26:12Pour l'instant,
00:26:13je n'ai pas l'énergie.
00:26:15Et donc,
00:26:16voilà,
00:26:17juste pour finir,
00:26:18on a moyen
00:26:18d'avoir d'autres comportements
00:26:20sur les réseaux
00:26:21et cette campagne
00:26:21de sensibilisation
00:26:22pourrait aussi encourager
00:26:23à ne jamais en rajouter
00:26:25quand une personne
00:26:26est cyberharcelée,
00:26:27ça ne sert à rien.
00:26:28Et puis,
00:26:29et puis avoir
00:26:30des comportements
00:26:30plus positifs
00:26:31à penser à dire aussi
00:26:33quand on aime
00:26:33quelque chose
00:26:34à soutenir aussi.
00:26:36Voilà.
00:26:37Très bien.
00:26:38Tenons et puis
00:26:39elle fera belle.
00:26:40Merci infiniment
00:26:41à vous,
00:26:42mesdames les sénatrices
00:26:44et à la délégation
00:26:45du Sénat
00:26:46de s'intéresser
00:26:46à ce sujet.
00:26:47Et je veux vous dire
00:26:48que j'ai à chaque fois
00:26:49lu avec attention
00:26:50les différents rapports
00:26:51que vous avez produits
00:26:53et ils sont toujours
00:26:54d'une grande pertinence
00:26:55et d'une grande utilité.
00:26:57Donc merci
00:26:57pour le travail
00:26:58que vous effectuez.
00:27:00Ensuite,
00:27:01pour en venir au sujet
00:27:02et je vais essayer
00:27:03d'être brève,
00:27:06si peut-être
00:27:07dans la lutte féministe,
00:27:08eh bien,
00:27:09les violences,
00:27:10les cyberviolences
00:27:11sexistes et sexuelles
00:27:12ont un atout,
00:27:13c'est que contrairement
00:27:13aux autres formes
00:27:14de violences sexistes
00:27:15et sexuelles,
00:27:15elles sont incontestables.
00:27:16On a des pages
00:27:18et des pages
00:27:18et des pages
00:27:19de preuves
00:27:20dans les dossiers,
00:27:21de captures d'écran
00:27:22qui font qu'en fait,
00:27:23cette fois-ci,
00:27:24contrairement, je pense,
00:27:25aux agressions sexuelles
00:27:26au viol,
00:27:27c'est compliqué
00:27:27de dire
00:27:28ça n'a pas eu lieu,
00:27:30ce n'est pas vrai
00:27:31quand on a des centaines
00:27:32de pages de preuves.
00:27:33Donc je crois
00:27:34qu'il est pertinent
00:27:35si on pense au combat
00:27:37pour l'égalité
00:27:37entre les femmes
00:27:38et les hommes,
00:27:38si on pense au combat
00:27:39contre les violences
00:27:41faites aux femmes,
00:27:42de placer au cœur
00:27:43la lutte
00:27:43contre les cyberviolences
00:27:45parce qu'elles sont
00:27:48difficilement contestables
00:27:48et parce qu'elles peuvent
00:27:49permettre de faire avancer
00:27:51la cause féministe.
00:27:53Ensuite,
00:27:53pour être intervenu
00:27:54dans un grand nombre
00:27:55de dossiers comme avocates,
00:27:57ce que je peux vous dire,
00:27:58c'est que quand on voit
00:27:59les mots qui sont choisis,
00:28:01eh bien,
00:28:01ce qui est aussi
00:28:02difficilement contestable,
00:28:03c'est que ce ne sont pas
00:28:04des personnes
00:28:05qui sont cyberharcelées
00:28:07parce qu'elles auraient
00:28:08dit quelque chose
00:28:09ou pas dit quelque chose,
00:28:10parce qu'elles auraient fait
00:28:11quelque chose
00:28:11ou pas fait quelque chose.
00:28:12Les mots qui sont choisis
00:28:14montrent qu'on est attaqué
00:28:16quand on est cyberharcelé
00:28:17pour ce qu'on est
00:28:18et pas pour ce qu'on a fait.
00:28:20Je vais vous donner
00:28:21un exemple très récent,
00:28:23une audience
00:28:24où j'ai assisté
00:28:25l'entrepreneuse
00:28:27Élise Goldfarb
00:28:28qui a été,
00:28:30dans les mois
00:28:31qui ont suivi
00:28:32le 7 octobre,
00:28:33cyberharcelée massivement
00:28:35après avoir dénoncé
00:28:36une fake news
00:28:38qui était totalement
00:28:39antisémite
00:28:40d'un compte
00:28:41très problématique
00:28:42qui aura par la suite
00:28:43été supprimé
00:28:44par Meta.
00:28:45On a vu
00:28:46dans les gardes à vue,
00:28:47on a vu aussi
00:28:47à l'audience
00:28:48nombre des prévenus
00:28:50dire
00:28:50« Ah non, non, non,
00:28:51mais c'était
00:28:52dans le contexte
00:28:54du conflit israélo-palestinien,
00:28:55c'était parce qu'on voulait
00:28:56soutenir
00:28:58le peuple de Gaza,
00:28:59etc. »
00:29:00Mais dans les mots
00:29:00qui sont choisis,
00:29:01rien ne dit cela.
00:29:02Il n'y a pas une fois
00:29:03le mot « palestinien »
00:29:04ou « peuple palestinien »
00:29:05qui est écrit.
00:29:06On attaque
00:29:07Élise Goldfarb
00:29:08pour ce qu'elle est,
00:29:09en l'occurrence,
00:29:10ce qu'elle est,
00:29:10c'est une femme
00:29:12lesbienne,
00:29:12juive.
00:29:13Et donc,
00:29:13dans les mots
00:29:14qui sont choisis,
00:29:15ce n'est pas
00:29:17pourquoi est-ce que
00:29:19tu ne tiens pas
00:29:20tel et tel propos
00:29:21sur ce qu'il se passe
00:29:22à Gaza,
00:29:23c'est,
00:29:24honnêtement,
00:29:25c'est sale pute,
00:29:26sale lesbienne
00:29:28et sale juive.
00:29:29Voilà les mots
00:29:30qui reviennent.
00:29:31Donc,
00:29:31c'est très important
00:29:32quand même
00:29:32d'avoir en tête
00:29:33que,
00:29:34et pourtant,
00:29:35ça reste un réflexe,
00:29:36qu'en fait,
00:29:36il est difficile
00:29:37de dire,
00:29:38même si on l'entend
00:29:39encore trop souvent,
00:29:40« Tu n'aurais pas
00:29:41dû faire ça
00:29:42si tu n'avais pas
00:29:42fait ça,
00:29:43tu n'aurais pas été
00:29:43cyber-insolée »
00:29:44parce qu'en fait,
00:29:45ce n'est pas si simple
00:29:45que ça
00:29:46et parce que,
00:29:46dans les mots
00:29:46qui sont choisis,
00:29:48ce qu'on veut toucher,
00:29:49c'est l'identité,
00:29:50l'intimité,
00:29:51ce qui fait une personne
00:29:52pour lui faire mal
00:29:53et derrière,
00:29:54qu'est-ce qu'on recherche,
00:29:54qu'est-ce que recherchent
00:29:55les cyber-harcèleurs ?
00:29:56C'est l'effacement
00:29:57de l'autre,
00:29:58c'est la censure,
00:29:59l'auto-censure
00:30:00de l'autre
00:30:00par la peur
00:30:02et donc,
00:30:03derrière,
00:30:03la mise en retraite
00:30:04du débat public
00:30:06pour pouvoir
00:30:08écarter un propos
00:30:09qui ne leur aurait
00:30:10pas plu.
00:30:11Donc,
00:30:11moi,
00:30:11ce que je vois
00:30:12dans les dynamiques
00:30:12de cyber-harcèlement,
00:30:13c'est véritablement
00:30:16une volonté
00:30:16d'effacement
00:30:17et de faire taire l'autre.
00:30:18Je fais un pont
00:30:19vers ce qu'on entend souvent
00:30:20parce qu'il s'oppose
00:30:22à la régulation
00:30:23des plateformes numériques
00:30:25et je pense notamment
00:30:26à un discours
00:30:26qu'on a entendu
00:30:27très vigoureusement
00:30:28dès l'année dernière,
00:30:30dès la réélection
00:30:31de Donald Trump
00:30:32aux États-Unis,
00:30:33de la part
00:30:34de Donald Trump,
00:30:35de J.D. Vance,
00:30:35d'Elon Musk
00:30:36et d'autres
00:30:37qui,
00:30:38en gros,
00:30:39nous accusent ici
00:30:40d'être des censeurs
00:30:41et se présentent
00:30:43comme les véritables
00:30:45défenseurs
00:30:45de la liberté d'expression.
00:30:46Moi,
00:30:47je veux dire une chose,
00:30:47c'est qu'un espace numérique
00:30:49qui n'est pas régulier,
00:30:50c'est un espace numérique
00:30:52où chacune et chacun
00:30:53n'est pas véritablement
00:30:54libre de s'y exprimer
00:30:55et en particulier
00:30:56celles et ceux
00:30:58qui sont les plus sujets
00:30:59à discrimination.
00:31:01Donc,
00:31:01moi,
00:31:01j'appelle
00:31:02à une meilleure régulation
00:31:03d'Internet
00:31:04et de l'espace numérique
00:31:05justement
00:31:05pour permettre
00:31:07et pour protéger
00:31:08la liberté d'expression
00:31:09de toutes et tous
00:31:10et notamment
00:31:11des publics
00:31:11qui sont
00:31:12les plus vulnérables.
00:31:14Donc,
00:31:14voilà,
00:31:14ça,
00:31:15c'est un petit
00:31:15un propos
00:31:18liminaire.
00:31:19Maintenant,
00:31:19si j'entre concrètement
00:31:20dans les dossiers
00:31:21que je traite,
00:31:22je peux peut-être
00:31:22vous donner
00:31:23ce sentiment
00:31:23que j'ai
00:31:24à la fin
00:31:25des audiences
00:31:25pour cyberharcèlement
00:31:27dans lesquelles
00:31:28je suis intervenue
00:31:28qui est en général
00:31:29un sentiment
00:31:29de frustration.
00:31:32Frustration
00:31:32pour trois raisons.
00:31:33Première frustration,
00:31:34c'est d'entendre
00:31:35ce que
00:31:36les mises en cause
00:31:37disent à la barre
00:31:38parce qu'ils ne cessent
00:31:39d'exprimer
00:31:40pour la plupart
00:31:40que quoi,
00:31:41ils ne pensaient
00:31:42jamais se retrouver
00:31:43devant le tribunal,
00:31:44qu'ils n'ont envoyé
00:31:45qu'un seul message,
00:31:46etc.
00:31:47Moi,
00:31:48ça,
00:31:48ça me laisse penser
00:31:50même si évidemment
00:31:50souvent la mauvaise foi
00:31:51est assez évidente,
00:31:53ça me fait quand même penser
00:31:54qu'on a encore
00:31:55un manque
00:31:55de pédagogie
00:31:57grand public
00:31:57de ce que sont
00:31:58les infractions,
00:32:00les cyberviolences
00:32:01sexistes et sexuelles
00:32:02et comment elles sont
00:32:03sanctionnées pénalement.
00:32:04Je l'entends ça
00:32:05dans les dossiers
00:32:06de cyberharcèlement
00:32:06de masse,
00:32:07mais je l'entends aussi
00:32:08dans les dossiers
00:32:09de diffusion de contenu
00:32:10à caractère sexuel
00:32:11où les personnes
00:32:13vous expliquent
00:32:14que non,
00:32:14mais elles n'ont fait
00:32:15que repartager
00:32:16ou qu'elles ne l'ont envoyé
00:32:17qu'à telle personne
00:32:18et qu'elles ne pensaient pas
00:32:18commettre une infraction pénale.
00:32:20Alors,
00:32:20il y a une part
00:32:21de mauvaise foi,
00:32:22c'est certain,
00:32:22mais je crois
00:32:23qu'on gagnerait collectivement
00:32:24à faire davantage
00:32:25de prévention
00:32:26et peut-être que si
00:32:28davantage
00:32:29de potentiel
00:32:30mis en cause de main,
00:32:31de potentiel
00:32:31hauteur d'infraction de main
00:32:33était en amont
00:32:35mieux sensibilisé
00:32:36à ce qu'il risque,
00:32:38le fait qu'il risque
00:32:39tout simplement
00:32:40de se retrouver
00:32:40devant un tribunal,
00:32:41peut-être qu'il passerait
00:32:42moins à l'acte
00:32:43et ça,
00:32:44c'est déterminant
00:32:45parce que
00:32:46à la fin,
00:32:48c'est très très compliqué
00:32:49notamment pour la diffusion
00:32:51de contenu
00:32:51et caractère sexuel
00:32:52d'obtenir le retrait
00:32:53de l'image.
00:32:55La seconde frustration,
00:32:56c'est le nombre
00:32:57de prévenus.
00:32:59Alors,
00:32:59je crois que je suis intervenue
00:33:01dans peut-être
00:33:01le dossier
00:33:02où il y a eu
00:33:02au total
00:33:03pour l'instant
00:33:03le plus grand nombre
00:33:05de cyberharceleurs condamnés,
00:33:07c'est Magali Berda
00:33:07qui a été victime
00:33:08d'un harcèlement
00:33:09absolument massif
00:33:10au total.
00:33:11Aujourd'hui,
00:33:11on en est à 34
00:33:12condamnations
00:33:13de cyberharceleurs,
00:33:15mais c'est 34
00:33:16sur des milliers.
00:33:17Alors,
00:33:18à chaque fois,
00:33:18on crie victoire
00:33:19parce qu'évidemment,
00:33:21c'est mieux que zéro,
00:33:22c'est mieux qu'avant,
00:33:22donc c'est des chiffres,
00:33:23des nombres de condamnations
00:33:24qui augmentent,
00:33:25mais en même temps,
00:33:26où ils sont ?
00:33:27Tous ceux
00:33:28qui n'ont pas comparu
00:33:29devant le tribunal
00:33:30et qu'est-ce qu'ils ressentent
00:33:31aujourd'hui ?
00:33:32Et je crains
00:33:32que ce soit
00:33:32un immense sentiment
00:33:34d'impunité
00:33:35qui ne peut qu'inciter
00:33:36à recommencer
00:33:37et à poursuivre
00:33:39ce comportement.
00:33:41Cette frustration,
00:33:42ce nombre,
00:33:43il est lié
00:33:44à plusieurs choses.
00:33:45Ça a été évoqué
00:33:45par ma consoeur
00:33:46un peu plus tôt,
00:33:47mais c'est lié
00:33:48évidemment à un manque
00:33:49de moyens.
00:33:50Comment ça fonctionne
00:33:51concrètement ?
00:33:52Quand on porte plainte
00:33:53pour ce type de fait,
00:33:55on dépose,
00:33:56si vous voulez,
00:33:56des pages et des pages
00:33:57et des pages
00:33:58de capture d'écran
00:33:58de messages gêneux
00:33:59qu'on a nous-mêmes réunis.
00:34:00Je tiens juste d'abord
00:34:01à dire que c'est un travail
00:34:03énorme pour les victimes
00:34:04de faire ce travail-là,
00:34:06d'aller faire
00:34:06les captures d'écran.
00:34:07En général,
00:34:08elles se font assister
00:34:08soit de leurs proches,
00:34:09soit d'un avocat,
00:34:10soit d'une association,
00:34:10mais ça reste un travail énorme.
00:34:12On remet toutes ces pièces,
00:34:13mais c'est un tas
00:34:14très conséquent.
00:34:16Et à la fin,
00:34:17là,
00:34:17parce qu'ils ne peuvent pas
00:34:18faire autrement,
00:34:19le parquet,
00:34:20le procureur de la République
00:34:21fait une sélection
00:34:22des messages.
00:34:24Donc,
00:34:24on avait là,
00:34:25disons,
00:34:26un millier de pages.
00:34:27Il va y avoir une sélection
00:34:28des messages
00:34:28qui va être une sélection
00:34:29des pires messages.
00:34:30Peut-être qu'ils vont en sélectionner,
00:34:31je dis comme ça,
00:34:32une centaine,
00:34:3310%.
00:34:34Et sur les 10%,
00:34:36derrière,
00:34:37les enquêteurs
00:34:37vont faire leur travail
00:34:38pour tenter d'identifier
00:34:40certains.
00:34:40Et là,
00:34:41imaginons,
00:34:41on va se retrouver à la fin
00:34:42avec une trentaine,
00:34:43une cinquantaine
00:34:45de personnes identifiées.
00:34:47Et là,
00:34:47on va donner lieu
00:34:48aux gardes à vue
00:34:49et l'enquête va avancer.
00:34:50Et c'est là
00:34:51qu'on se retrouve
00:34:51avec une dizaine,
00:34:53quelques dizaines
00:34:53de prévenus
00:34:54devant le tribunal correctionnel.
00:34:55C'est comme ça
00:34:56que ça se passe.
00:34:57Pourquoi c'est comme ça
00:34:58que ça se passe ?
00:34:59C'est parce qu'on ne peut pas
00:35:00faire autrement
00:35:00compte tenu des moyens.
00:35:02Et moi,
00:35:03je suis,
00:35:04vous êtes législateur,
00:35:06vous faites la loi.
00:35:08Et moi,
00:35:09quand même,
00:35:09ma pensée aujourd'hui,
00:35:10c'est qu'on n'a pas tellement,
00:35:12mais peut-être que vous allez
00:35:13identifier des trous
00:35:13dans la raquette
00:35:14que je n'ai pas identifiées,
00:35:15mais moi-même,
00:35:16j'avais beaucoup travaillé
00:35:17sur la loi
00:35:18pour réguler l'espace numérique
00:35:20au moment du projet
00:35:20de loi Sreine.
00:35:21Et moi,
00:35:22aujourd'hui,
00:35:22mon sentiment,
00:35:23c'est que j'en ai marre
00:35:24de travailler sur des lois.
00:35:25J'en ai marre
00:35:26de travailler sur des lois
00:35:27parce qu'elles ne sont
00:35:27pas suffisamment appliquées,
00:35:29parce que les professionnels
00:35:30ne sont pas suffisamment formés
00:35:32et parce qu'en fait,
00:35:33tant qu'on ne se dotera pas
00:35:34suffisamment de moyens,
00:35:35ça ne permettra pas
00:35:36de faire changer les choses.
00:35:37Donc,
00:35:37quand on veut protéger
00:35:40les victimes
00:35:41face au masculinisme
00:35:42qui se manifeste
00:35:43notamment par des cyber-violences
00:35:45sexistes et sexuelles,
00:35:47c'est une question
00:35:48quand même de moyens.
00:35:49Néanmoins,
00:35:50je tempère ce propos
00:35:52puisque ça,
00:35:52c'est un propos assez général,
00:35:54mais quand même,
00:35:54il faut en avoir conscience
00:35:55parce que je pense
00:35:55que la dynamique
00:35:56doit aller dans ce sens-là.
00:35:58Néanmoins,
00:35:59moi,
00:35:59je milite depuis des années.
00:36:01J'avais écrit une tribune
00:36:02je pense qu'il y a quatre ans
00:36:03maintenant,
00:36:04peut-être trois ans,
00:36:05en appelant
00:36:07à une amende forfaitaire
00:36:10délictuelle
00:36:12pour les outrages sexistes
00:36:14en ligne.
00:36:15Mon propos
00:36:16était le suivant,
00:36:18était de dire
00:36:18que le harcèlement de rue,
00:36:21donc l'outrage sexiste,
00:36:23est sanctionné
00:36:23dans la rue
00:36:24par une amende forfaitaire
00:36:26délictuelle.
00:36:27L'espace numérique
00:36:28n'est pas moins
00:36:28un espace public
00:36:29que la rue
00:36:30et que la même méthode
00:36:32devrait produire
00:36:33les mêmes effets
00:36:34sur Internet
00:36:35et que cet article,
00:36:36en réalité,
00:36:37quand on le lit,
00:36:38il devrait même
00:36:38pouvoir s'appliquer
00:36:39comme ça sur Internet.
00:36:40Mais bon,
00:36:41il n'a pas été pensé
00:36:42pour ça,
00:36:42il n'est pas appliqué
00:36:43pour cela
00:36:43et on ne s'est pas doté
00:36:45de moyens,
00:36:45c'est-à-dire en l'occurrence
00:36:46de cyberpatrouilleurs
00:36:47pour faire des patrouilles
00:36:48numériques,
00:36:49donc traîner sur,
00:36:50par exemple,
00:36:51X,
00:36:51voir que tel propos
00:36:52pourrait constituer
00:36:54un outrage sexiste,
00:36:55demander à X
00:36:56ou à telle autre plateforme
00:36:57d'identifier
00:36:58ou parfois même
00:36:59les gens le font
00:37:00sans pseudo,
00:37:01parce que parfois
00:37:02on s'inquiète beaucoup
00:37:02de comment on va
00:37:03identifier la personne,
00:37:04etc.
00:37:04Je veux dire,
00:37:05il y a des gens
00:37:05qui mettent des propos
00:37:08sexistes
00:37:08sous leur nom propre,
00:37:10donc ensuite,
00:37:10ce qu'il faut,
00:37:11c'est en effet,
00:37:12envoyer un courrier
00:37:13comme on faisait
00:37:13avec Adopi
00:37:14à l'époque,
00:37:15avec le piratage,
00:37:17le courrier arrive
00:37:18au domicile
00:37:19et là,
00:37:20si on estime,
00:37:21comme quand on a
00:37:21une amende
00:37:22parce qu'on a grillé
00:37:22un feu rouge
00:37:23que ce n'était pas nous
00:37:23qui conduisaient,
00:37:24que ce n'était pas nous
00:37:25qui utilisaient le compte,
00:37:26on conteste.
00:37:27Mais je veux dire,
00:37:28il y a quand même eu
00:37:28un moment,
00:37:29un courrier qui est arrivé
00:37:30chez vous avec une amende
00:37:31qui est une petite amende
00:37:32parce que c'est une amende
00:37:33forfaitaire délectuelle
00:37:34et du coup,
00:37:35vous vous dites,
00:37:35ah mince,
00:37:36on peut me retrouver.
00:37:37On peut me retrouver,
00:37:38ça peut venir jusqu'à
00:37:39chez moi ce courrier
00:37:40et ça,
00:37:41je crois que pour faire baisser
00:37:42l'impunité,
00:37:42ça peut être déterminant
00:37:43et je crois que ça peut aider
00:37:45à faire entrer
00:37:46dans le scope
00:37:46de la sanction pénale
00:37:47tous ceux qui sont
00:37:49dans l'angle mort
00:37:50de la justice aujourd'hui
00:37:51faute de moyens.
00:37:52Alors ça doit être
00:37:52évidemment seulement
00:37:53pour les cas les plus évidents
00:37:55sinon évidemment
00:37:57ça nécessite une interprétation
00:37:59qui est incompatible
00:38:00avec la amende
00:38:00forfaitaire délectuelle
00:38:01mais je veux dire,
00:38:02dans certains propos,
00:38:03l'évidence est là
00:38:04et je crois vraiment
00:38:05que c'est quelque chose
00:38:06qui pourrait aller
00:38:07dans le bon sens.
00:38:08Voilà.
00:38:08Donc ça,
00:38:09c'est pour répondre
00:38:09à cette frustration du non.
00:38:12Troisième frustration,
00:38:13quand je sors de ces audiences,
00:38:15c'est le fait qu'en fait
00:38:17dans tous les grands procès
00:38:18de cyberinstellement
00:38:18aujourd'hui en France,
00:38:19on a eu un grand absent,
00:38:20une grande absente,
00:38:21ce sont les plateformes.
00:38:23La plateforme n'est jamais
00:38:24mise en cause
00:38:25aux côtés des cyberharceleurs
00:38:27et ce même
00:38:27quand on fait les démarches
00:38:28pour le demander.
00:38:29C'est aujourd'hui
00:38:30pas un réflexe
00:38:31du pôle national
00:38:32de lutte contre la haine en ligne
00:38:33même si les derniers échanges
00:38:34que j'ai eus avec eux
00:38:35vont dans le bon sens
00:38:36et je crois qu'ils pourraient
00:38:37commencer à être tentés
00:38:38d'y aller maintenant
00:38:39qu'ils ont vu
00:38:39les conséquences positives
00:38:41qu'avaient donné
00:38:43notamment la garde à vue
00:38:44de Pavel Durov
00:38:45qui a permis
00:38:47de derrière
00:38:50entrer dans une meilleure relation
00:38:52avec Télégramme
00:38:53et notamment
00:38:54que Télégramme réponde
00:38:55aux réquisitions judiciaires
00:38:56ce qu'ils n'avaient jamais fait
00:38:59avant la garde à vue
00:39:00de Pavel Durov.
00:39:01Moi je crois que ça devrait être
00:39:02un réflexe automatique,
00:39:03je crois qu'aujourd'hui
00:39:04on ne devrait plus,
00:39:05lorsque ça s'y prête,
00:39:07lorsqu'en effet
00:39:07il y a eu des signalements
00:39:08à la plateforme
00:39:09et que la plateforme
00:39:10n'a pas réagi
00:39:10à laisser les infractions
00:39:12poursuivre,
00:39:12à laisser le compte en ligne,
00:39:14je crois que lorsque
00:39:15la salice prête
00:39:16ça devrait être un réflexe
00:39:16d'aller rechercher
00:39:17la responsabilité pénale
00:39:18de la plateforme
00:39:19et après peut-être
00:39:20que ça n'aboutira pas
00:39:22mais au moins
00:39:23on se sera posé la question.
00:39:25Dans ce cas de figure
00:39:26j'ai une plainte
00:39:27qui est en cours,
00:39:28enfin maintenant
00:39:28qui est au stade
00:39:29de l'instruction,
00:39:31toujours dans le cas
00:39:32du cyberharcèlement
00:39:33de Magali Berda
00:39:33nous avons déposé
00:39:34une plainte contre
00:39:35la plateforme X
00:39:35pour complicité
00:39:36de cyberharcèlement
00:39:37parce que nous estimons
00:39:38que pendant des mois
00:39:39la plateforme X
00:39:40a été alertée
00:39:41de ce que le rappeur Booba
00:39:43utilisait son compte
00:39:45pour commettre
00:39:47des faits de harcèlement
00:39:48à son non-contre
00:39:49et a continué
00:39:50de lui fournir
00:39:50le moyen
00:39:51qui permettait
00:39:52la réalisation
00:39:52de cette infraction
00:39:53et donc pourrait être
00:39:54jugé complice
00:39:55de cyberharcèlement
00:39:57mais à ce stade
00:39:58ça va toujours
00:40:00trop lentement
00:40:01donc l'instruction
00:40:02est en cours
00:40:02on verra si ça aboutit
00:40:03si ça n'aboutit pas
00:40:04je crois que ça devrait
00:40:05être une opportunité
00:40:06pour le législateur
00:40:08de légiférer
00:40:08parce que je crois
00:40:09qu'il ne serait pas normal
00:40:10que l'on ne puisse pas
00:40:11considérer en France
00:40:12qu'une plateforme
00:40:13qui ne réagit pas
00:40:13après de multiples signalements
00:40:15serait potentiellement
00:40:16responsable de complicité
00:40:18pour ce type de fait
00:40:19donc voilà
00:40:20je crois qu'il faut aller
00:40:21vers davantage
00:40:24de réflexes
00:40:25du parquet
00:40:26en la matière
00:40:26et en effet
00:40:27il faut un peu d'audace
00:40:28c'est un peu une matière
00:40:29dans laquelle il faut
00:40:29innover
00:40:31la lutte contre
00:40:32les violences numériques
00:40:33et innover
00:40:34c'est prendre aussi
00:40:34le risque
00:40:35parfois que ça n'aboutisse pas
00:40:36et que le juge
00:40:37du siège
00:40:38ne soit pas en accord
00:40:39mais je crois
00:40:39qu'il faut aller
00:40:40dans cette voie là
00:40:41je veux aussi faire
00:40:42un petit pont
00:40:43avec un sujet
00:40:44que vous connaissez bien
00:40:45mesdames les sénatrices
00:40:46c'est la question
00:40:46des plateformes pornographiques
00:40:48je sais que vous avez
00:40:49beaucoup travaillé
00:40:49sur ces questions là
00:40:52mais typiquement
00:40:53moi j'ai déposé
00:40:53plusieurs plaintes
00:40:54pour diffusion
00:40:56de contenu
00:40:56à caractère sexuel
00:40:58sur des plateformes pornographiques
00:41:00et en fait
00:41:01on m'a répondu
00:41:02que ça a été classé sans suite
00:41:03parce que c'était
00:41:04un litige commercial
00:41:05en gros
00:41:05ce serait
00:41:08à la victime
00:41:09de faire des actions civiles
00:41:11contre chaque plateforme pornographique
00:41:12mais enfin
00:41:12je veux dire
00:41:13dans un monde
00:41:13où on veut
00:41:14soi-disant réguler
00:41:15le monde pornographique
00:41:17je pense que la base
00:41:18le premier élément
00:41:19ce serait de s'assurer
00:41:19si les vidéos
00:41:20qui sont diffusées dessus
00:41:21l'ont été
00:41:22avec le consentement
00:41:23des personnes qui apparaissent
00:41:24et quand c'est des images
00:41:25qui ont été détournées
00:41:26qui ont été volées
00:41:27je crois que ce serait
00:41:28la moindre des choses
00:41:29que le parquet
00:41:29prenne en charge l'enquête
00:41:31et que ce ne soit pas
00:41:31un soi-disant
00:41:32un litige civil
00:41:33qui repose
00:41:35sur les épaules entières
00:41:36des victimes
00:41:37qui sont déjà
00:41:37à bout de force
00:41:38surtout qu'en général
00:41:39quand c'est diffusé
00:41:39sur un site
00:41:40en fait ça l'est sur 800
00:41:42donc je crois
00:41:42qu'il faut vraiment
00:41:43inciter le parquet
00:41:45à s'emparer
00:41:46de ces questions-là
00:41:47et à quand on lui dépose
00:41:49une plainte
00:41:49pour diffusion
00:41:49de contenu à caractère sexuel
00:41:51sur des plateformes
00:41:52sans consentement
00:41:53et bien aller chercher
00:41:54la responsabilité
00:41:55de ces plateformes-là
00:41:55si le parquet
00:41:56ne le fait pas
00:41:57qui le fera
00:41:58si des juges d'instruction
00:41:59ne le font pas
00:41:59qui le fera
00:42:00c'est pas la victime
00:42:01toute seule
00:42:01qui va y arriver
00:42:02et moi là-dessus
00:42:04j'avais aussi
00:42:04une proposition
00:42:05c'était qu'en fait
00:42:06dans ces moments-là
00:42:07c'est des moments
00:42:08de grande détresse
00:42:09et de grande solitude
00:42:10pour les victimes
00:42:11et donc je crois
00:42:12que ça irait
00:42:13dans le bon sens
00:42:14je sais pas
00:42:15de peut-être
00:42:16donner pour mission
00:42:17à une autorité
00:42:19administrative indépendante
00:42:19de recevoir
00:42:20des demandes
00:42:21de victimes
00:42:22par exemple
00:42:23la victime écrit
00:42:24j'apparais sur
00:42:25tel site pornographique
00:42:26j'atteste sur l'honneur
00:42:27que je n'ai pas consenti
00:42:28à la diffusion de cette image
00:42:30et derrière
00:42:31cette autorité
00:42:32qui pourrait être
00:42:32l'ARCOM
00:42:33ou une autre d'ailleurs
00:42:34aurait pour mission
00:42:35d'aller voir
00:42:37demander le retrait
00:42:38auprès de la plateforme pornographique
00:42:40à charge pour la plateforme pornographique
00:42:42de prouver le contraire
00:42:43et de prouver
00:42:43que cette vidéo
00:42:44était diffusée
00:42:44avec le consentement
00:42:45mais on inverse
00:42:46la charge de la preuve
00:42:47et on fait peser
00:42:48la charge
00:42:49sur celles et ceux
00:42:49qui ont les moyens
00:42:50d'y répondre
00:42:51à savoir
00:42:52les plateformes pornographiques
00:42:53voilà
00:42:53donc moi ça c'est
00:42:55aussi une idée
00:42:56dans la responsabilisation
00:42:57des plateformes
00:42:58je pense qu'il irait
00:42:59dans le bon sens
00:43:00dernier point
00:43:01maintenant
00:43:02sur mes frustrations
00:43:03le dernier point
00:43:04c'est la réparation
00:43:07la réparation
00:43:08qui est insuffisante
00:43:09et je pense
00:43:09notamment au cas
00:43:10que je viens d'évoquer
00:43:10la difficulté
00:43:11à obtenir le retrait
00:43:12des images en ligne
00:43:13c'est pour ça
00:43:13que je crois
00:43:14qu'il faut
00:43:15davantage s'engager
00:43:16aux côtés des victimes
00:43:18pour cela
00:43:19ça me semble déterminant
00:43:20et je sais
00:43:21que tout cela a un coût
00:43:22et je milite depuis aussi
00:43:23longtemps déjà
00:43:24pour peut-être
00:43:24essayer de créer
00:43:25une sorte de fond
00:43:26qui serait en partie
00:43:27financé par les plateformes
00:43:28et qui serait dédié
00:43:29au financement
00:43:30d'acteurs
00:43:31d'associations
00:43:32de lutte
00:43:33contre la haine
00:43:34en ligne
00:43:35je pense que ça peut
00:43:37être déterminant
00:43:38aussi pour préserver
00:43:39l'indépendance
00:43:40de ces associations
00:43:41que ça passe
00:43:42par un fond
00:43:43qui ferait tampon
00:43:44qui ferait tampon
00:43:45entre d'un côté
00:43:46les plateformes
00:43:46et les acteurs
00:43:47de terrain associatif
00:43:48qui doivent garder
00:43:49leur liberté
00:43:50pleine et entière
00:43:51voilà
00:43:51je suis la directrice
00:43:53de l'association
00:43:53point de contact
00:43:54peut-être commencer
00:43:55par un bref rappel
00:43:57sur ce que c'est
00:43:57qu'un signaleur de confiance
00:43:59donc c'est des associations
00:44:00pour la plupart
00:44:01aujourd'hui
00:44:02on est huit
00:44:03donc c'est des entités
00:44:06plutôt
00:44:06mais celles qui ont été
00:44:07nommées jusqu'ici
00:44:08il s'agit plutôt
00:44:09d'associations
00:44:09donc d'experts
00:44:11dans le traitement
00:44:12de signalement
00:44:14on a fait une demande
00:44:15à l'ARCOM
00:44:15justement
00:44:16à la fin de l'année 2024
00:44:18pour pouvoir prétendre
00:44:20à ce statut
00:44:21de signaleur de confiance
00:44:22donc on a le statut
00:44:23une fois qu'on remplit
00:44:24une série de critères
00:44:26notamment expertise
00:44:27dans le traitement
00:44:27de signalement
00:44:28de la diligence
00:44:29de l'indépendance
00:44:30également
00:44:31vis-à-vis des plateformes
00:44:32et donc après
00:44:33on a une audition
00:44:34puis l'ARCOM
00:44:35elle nous dessine
00:44:36signaleur de confiance
00:44:38ce qui veut dire
00:44:38que les plateformes
00:44:40en ligne
00:44:41ont l'obligation
00:44:42de traiter en priorité
00:44:43nos signalements
00:44:44ce qui nous donne
00:44:45un rôle assez important
00:44:49déjà pour la protection
00:44:50des victimes
00:44:51en ce qui nous permet
00:44:53de faire un pont
00:44:54entre les citoyens
00:44:55et les plateformes
00:44:56afin de faire valoir
00:44:57les droits des victimes
00:44:59puis en plus
00:45:00dans la régulation
00:45:01de manière générale
00:45:02parce que
00:45:03donc nous on est obligé
00:45:05en tant que signaleur
00:45:06de confiance
00:45:06de publier
00:45:07une fois par an
00:45:08un rapport de transparence
00:45:09sur comment
00:45:10les différentes plateformes
00:45:12et services du numérique
00:45:13d'ailleurs au sens large
00:45:15traitent nos signalements
00:45:16donc on va pouvoir
00:45:18mettre un peu de lumière
00:45:19sur la modération
00:45:21des plateformes
00:45:23donc on se présente
00:45:24aussi en partie
00:45:26comme un contre-pouvoir
00:45:28dans le système
00:45:29de la régulation
00:45:31des services numériques
00:45:33donc cela dit
00:45:35peut-être vous donner
00:45:36quelques chiffres
00:45:36sur points de contact
00:45:38et sur les signalements
00:45:39qu'on a traités
00:45:41donc en 2025
00:45:42on a reçu
00:45:43plus de 122 000
00:45:46signalements
00:45:46ça a été multiplié
00:45:48par presque 3
00:45:52par rapport
00:45:53à 2024
00:45:54donc bien sûr
00:45:55en 2025
00:45:59il n'y avait que 4 personnes
00:46:00qui étaient
00:46:01en charge du traitement
00:46:02de signalement
00:46:03à points de contact
00:46:04donc nécessairement
00:46:05on n'a pas pu
00:46:05tout traiter
00:46:06sur ces 122 000
00:46:07on n'a traité
00:46:08que 80 000
00:46:10contenus
00:46:10et à peu près
00:46:11la moitié
00:46:12donc 45 000
00:46:13environ
00:46:13ont été qualifiés
00:46:15d'illicites
00:46:16sur ces contenus
00:46:18environ 30 000
00:46:20notifications
00:46:20ont été envoyées
00:46:22aux services numériques
00:46:23et 28 800
00:46:25contenus
00:46:26ont été retirés
00:46:27ce qui témoigne
00:46:29surtout
00:46:29il faut le dire
00:46:30de la qualité
00:46:31des signalements
00:46:31transmis par nos équipes
00:46:32aux services numériques
00:46:35donc
00:46:35sur ces contenus
00:46:3792% des notifications
00:46:38concernées
00:46:39des contenus
00:46:39des contenus
00:46:39pédocriminels
00:46:40et 5%
00:46:42soit
00:46:431532 notifications
00:46:44concernées
00:46:45des violences
00:46:47sexuelles
00:46:47sur les adultes
00:46:48ce qui représente
00:46:49en soi
00:46:49la deuxième catégorie
00:46:51de contenus
00:46:52illicites
00:46:52la plus importante
00:46:55en tout cas
00:46:55de contenus
00:46:55qu'on reçoit
00:46:56donc plus concrètement
00:46:58sur les discours
00:46:58de haine en ligne
00:46:59en 2025
00:47:00nous avons qualifié
00:47:02d'illicite
00:47:03689 contenus
00:47:04sur un tantal
00:47:06de
00:47:085837
00:47:09contenus
00:47:10transmis
00:47:11sous la suspicion
00:47:12de haine en ligne
00:47:13donc avec
00:47:14une part
00:47:15de contenus
00:47:16illicites
00:47:16qui est en os
00:47:17mais cette évolution
00:47:19s'inscrit surtout
00:47:19dans un contexte
00:47:20d'augmentation
00:47:21globale des signalements
00:47:22ce qui reflète
00:47:23en partie
00:47:24une intensification
00:47:25des discours
00:47:26violents
00:47:27en ligne
00:47:28donc
00:47:28nous observons
00:47:30en effet
00:47:30des propos
00:47:31plus explicites
00:47:32plus virulents
00:47:33et plus assumés
00:47:34qui traduisent
00:47:35une banalisation
00:47:35croissante
00:47:36de la haine
00:47:37dans les échanges
00:47:38numériques
00:47:39une brutalité
00:47:40perçue aussi
00:47:41par les
00:47:42les internautes
00:47:43donc on a constaté
00:47:44également une augmentation
00:47:45des contenus
00:47:46en ligne
00:47:47visant des femmes
00:47:48donc qui peut
00:47:50aller de la misogynie
00:47:51plus ou moins implicite
00:47:52des propos sexistes
00:47:53ou voilà
00:47:54des attaques ciblées
00:47:55visant des personnalités
00:47:57publiques
00:47:57féminines
00:47:59dans nos signalements
00:47:59on va retenir
00:48:00plusieurs types
00:48:01d'infractions
00:48:01notamment
00:48:02les incitations
00:48:03à la haine
00:48:03à la violence
00:48:04ou à la discrimination
00:48:04visant les femmes
00:48:05donc voilà
00:48:06des propos
00:48:06qui doivent cibler
00:48:08l'ensemble des femmes
00:48:09de manière
00:48:10explicite
00:48:11et qui relèvent
00:48:11des contenus
00:48:12particulièrement graves
00:48:13qu'on va
00:48:13pour le coup
00:48:14un peu moins percevoir
00:48:16dans les espaces numériques
00:48:17qui sont publics
00:48:18même si nous savons aussi
00:48:20identifier des contenus
00:48:21d'une extrême gravité
00:48:22qui vont mêler
00:48:23des incitations
00:48:24à la haine
00:48:24et à la violence
00:48:25à l'égard des femmes
00:48:26ainsi que des incitations
00:48:27à la commission
00:48:28d'infraction
00:48:29à leur rencontre
00:48:30notamment en matière
00:48:31de diffusion
00:48:32non consentie
00:48:33de contenu intime
00:48:34et je peux citer
00:48:35par exemple
00:48:37des manifestes
00:48:38qui circulent
00:48:39sur des forums
00:48:40masculinistes
00:48:40et qui prônent
00:48:41la diffusion
00:48:41et l'exposition
00:48:42de femmes
00:48:42à des fins sexuelles
00:48:44en ligne
00:48:45ainsi que de leurs données
00:48:46personnelles
00:48:47d'ailleurs
00:48:49dans des termes
00:48:50qui sont particulièrement
00:48:51violents
00:48:52et explicites
00:48:53et on va voir
00:48:54de manière plus générale
00:48:55des soutrages
00:48:56à caractère sexuel
00:48:57ou sexiste
00:48:59qui sont très largement
00:49:00présents
00:49:01dans l'espace numérique
00:49:03y compris public
00:49:06mais ce qu'on constate aussi
00:49:07c'est que
00:49:08peu de ces contenus
00:49:09nous sont signalés
00:49:11ce qui s'explique
00:49:12à la fois
00:49:12par la banalisation
00:49:13de ces discours
00:49:14par le manque
00:49:15de confiance aussi
00:49:16des internautes
00:49:17dans les dispositifs
00:49:18des signalements
00:49:18des plateformes
00:49:19de manière générale
00:49:20et aussi
00:49:21il faut le dire
00:49:22par la visibilité
00:49:23encore insuffisante
00:49:24de notre association
00:49:25auprès du grand public
00:49:26ce qu'il faut dire aussi
00:49:28c'est que
00:49:28concernant les contenus
00:49:30qu'on n'a pas réussi
00:49:32à faire retirer
00:49:3390% des contenus
00:49:34en retiré
00:49:35concernent
00:49:35des violences sexuelles
00:49:37en ligne
00:49:37en particulier
00:49:38des violences
00:49:39impliquant des femmes adultes
00:49:42si je me focalise
00:49:43davantage
00:49:44sur les plateformes
00:49:45en ligne
00:49:46ce qu'on arrive
00:49:47à constater
00:49:48c'est que
00:49:49déjà
00:49:50sur les plateformes
00:49:51en ligne
00:49:51concrètement
00:49:52on observe
00:49:52une prépondérance
00:49:53de discours
00:49:54de haine
00:49:55et notamment
00:49:56sur les réseaux sociaux
00:49:57et après
00:49:58les violences sexuelles
00:49:59quant à elles
00:50:00contaminent vraiment
00:50:00toutes les
00:50:01les strates
00:50:03du web
00:50:04donc des grandes plateformes
00:50:06aux plus petits sites
00:50:07notamment des forums
00:50:08et des services
00:50:09dits
00:50:10non plateformes
00:50:11qui ne sont pas soumis
00:50:13aux mêmes obligations fortes
00:50:14prévues par le règlement
00:50:15sur les services numériques
00:50:16donc qui concernent
00:50:17les grandes plateformes
00:50:19en particulier
00:50:20le traitement prioritaire
00:50:21des signalements
00:50:21par les signaleurs
00:50:22de confiance
00:50:22ou encore
00:50:23la gestion
00:50:24des risques systémiques
00:50:25alors que même
00:50:27ces plus petits services
00:50:28concentrent
00:50:29des niveaux
00:50:31de risque
00:50:32importants
00:50:33et c'est pour ça
00:50:33que l'une de nos
00:50:35recommandations formulées
00:50:36dans notre rapport
00:50:36de transparence
00:50:37de 2025
00:50:37vise à étendre
00:50:39l'obligation
00:50:39de traitement prioritaire
00:50:40de signalement
00:50:41des signaleurs
00:50:42de confiance
00:50:43aujourd'hui
00:50:44donc il n'y a que
00:50:45les plateformes en ligne
00:50:46qui ont cette obligation
00:50:47donc on souhaite
00:50:47l'étendre
00:50:47à l'ensemble
00:50:49des services numériques
00:50:50au-delà
00:50:51des seules plateformes
00:50:52pour garantir
00:50:54un traitement
00:50:54plus rapide
00:50:55et plus effectif
00:50:56de nos signalements
00:51:00donc aussi
00:51:01toujours
00:51:01sur les plateformes
00:51:02donc est-ce que
00:51:03elles coopèrent
00:51:04ou pas
00:51:05avec notre association
00:51:07il faut dire que
00:51:08déjà globalement
00:51:09oui parce que
00:51:11en fait oui
00:51:12mais cette coopération
00:51:13reste bien sûr
00:51:14variable
00:51:14donc oui parce que
00:51:16cela fait plus de 25 ans
00:51:17que nous traitons
00:51:18des signalements
00:51:19que nous développons
00:51:20aussi une coopération
00:51:22opérationnelle
00:51:23et qu'aujourd'hui
00:51:23dans le cadre du RSN
00:51:24tout simplement
00:51:25elles sont l'obligation
00:51:26de collaborer
00:51:26avec les signaleurs
00:51:27de confiance
00:51:28mais c'est
00:51:30clairement
00:51:30cette coopération
00:51:31n'est pas homogène
00:51:33elle dépend
00:51:33de chaque plateforme
00:51:34de manière assez
00:51:36attendue
00:51:37la collaboration
00:51:37avec X
00:51:38et notamment dégradée
00:51:39ces dernières années
00:51:40des taux de retrait
00:51:41insuffisants
00:51:42y compris
00:51:43pour des contenus
00:51:44de haine en ligne
00:51:44qui sont d'ailleurs
00:51:45manifestement illicites
00:51:47voilà
00:51:48des éléments
00:51:48détaillés
00:51:49sont disponibles
00:51:50dans notre rapport
00:51:50de transparence
00:51:52qui présentent
00:51:53par plateforme
00:51:54le nombre
00:51:55de signalements
00:51:55traités
00:51:56et ceux qui n'ont
00:51:57pas fait l'objet
00:51:57d'un retrait
00:51:58donc globalement
00:52:01les contenus
00:52:02pédocriminels
00:52:03font l'objet
00:52:03d'un taux de retrait
00:52:04assez élevé
00:52:05y compris entre
00:52:0580 et 100%
00:52:07selon les services
00:52:08s'agissant des violences
00:52:09sexuelles
00:52:10vissant les adultes
00:52:11les taux de retrait
00:52:11et notamment les femmes
00:52:12les taux de retrait
00:52:13se situent
00:52:14entre 60 et 80%
00:52:17avec des performances
00:52:18généralement plus élevées
00:52:19sur les grandes plateformes
00:52:21et davantage de disparités
00:52:22sur les services
00:52:23numériques
00:52:23dits intermédiaires
00:52:24et pour les contenus
00:52:26de haine en ligne
00:52:26les contenus de retrait
00:52:27sont plus faibles
00:52:28de l'ordre de 50 à 60%
00:52:30donc même pour des contenus
00:52:31qui sont manifestement
00:52:32illicites
00:52:35donc si je reviens
00:52:36aux différents types
00:52:37de contenus
00:52:38et ne vissant les femmes
00:52:39un grand nombre
00:52:40d'entre eux
00:52:40ne franchissent pas
00:52:42lorsqu'ils sont implicites
00:52:43le seuil
00:52:44de l'illicité
00:52:46et pour autant
00:52:47cela ne signifie pas
00:52:47qu'ils soient
00:52:48sans impact
00:52:49ni sans risque
00:52:49pour les utilisateurs
00:52:50qui sont exposés
00:52:51et en particulier
00:52:53les plus jeunes
00:52:53donc ces contenus
00:52:54doivent être aussi
00:52:56appréhendés
00:52:56sous l'angle
00:52:57des risques systémiques
00:52:58les grandes plateformes
00:53:00en ligne
00:53:00ont l'obligation
00:53:01de les évaluer
00:53:02et d'atténuer
00:53:03les effets
00:53:04on est alors
00:53:05plus uniquement
00:53:05dans une logique
00:53:06de constat
00:53:07d'un contenu illicite
00:53:08et de retrait
00:53:09mais dans une logique
00:53:10d'identification
00:53:11d'un risque structurel
00:53:12au sein du service
00:53:13et de mise en oeuvre
00:53:15de mesures d'atténuation
00:53:16donc cela peut passer
00:53:17par des conditions
00:53:18d'utilisation
00:53:19réellement ambitieuses
00:53:20une limitation
00:53:21de la visibilité
00:53:21de ces contenus
00:53:23une attention
00:53:24renforcée
00:53:25au cyberharcèlement
00:53:25sexiste
00:53:26dans son victime
00:53:28de nombreuses femmes
00:53:29s'étant exposées
00:53:30dans l'espace public
00:53:31ou encore
00:53:32des espaces
00:53:32de prévention
00:53:36en ligne
00:53:36donc on est
00:53:37plus dans cette logique
00:53:38de il y a un contenu
00:53:39illicite
00:53:39il faut le faire retirer
00:53:40mais quelles sont
00:53:41les autres mesures
00:53:41qu'on peut mettre
00:53:43en place
00:53:43pour réduire
00:53:44la visibilité
00:53:45de certains contenus
00:53:46qui ne vont pas être
00:53:46illicites
00:53:47mais qui sont
00:53:47clairement préjudiciables
00:53:48donc en définitive
00:53:51on a un ensemble
00:53:52de leviers possibles
00:53:53il appartient à la commission
00:53:54d'apprécier vraiment
00:53:55dans quelle mesure
00:53:56chaque grande plateforme
00:53:57met en oeuvre
00:53:58les moyens nécessaires
00:53:59pour répondre
00:53:59à ces différents phénomènes
00:54:02mais à notre niveau
00:54:04ce qu'on peut déjà constater
00:54:05c'est qu'on est encore loin
00:54:06de politiques de modération
00:54:08qui sont véritablement
00:54:09ambitieuses
00:54:10sur ces sujets
00:54:11et qui intègrent
00:54:12l'ensemble
00:54:12des leviers disponibles
00:54:13au-delà
00:54:14du seul retrait
00:54:15des contenus
00:54:17donc en tant que
00:54:19signaleur de confiance
00:54:20nous allons également
00:54:20travailler sur le volet
00:54:21des risques systémiques
00:54:23donc au-delà
00:54:24du signalement
00:54:24ce qui va par exemple
00:54:26porter sur
00:54:27l'identification
00:54:27de risques
00:54:28qui sont moins visibles
00:54:29mais tout de même
00:54:30dangereux
00:54:31et de collaborer
00:54:32avec les acteurs
00:54:32de l'écosystème
00:54:33et mettre à leur disposition
00:54:35nos données
00:54:35et observations
00:54:36donc par exemple
00:54:37on a apporté
00:54:38récemment
00:54:39notre contribution
00:54:40à l'ARCOM
00:54:41dans le cadre
00:54:41de son rapport
00:54:42sur le sexisme
00:54:43sur les plateformes
00:54:45en ligne
00:54:45on a transmis
00:54:47un certain nombre
00:54:47de signalements
00:54:48portant sur des contenus
00:54:49manifestement illicites
00:54:50ainsi que sur des contenus
00:54:52non illicites
00:54:52mais tout de même sexistes
00:54:54on peut citer par exemple
00:54:56des discours autour
00:54:57du body count
00:54:58c'est à dire
00:54:59la stigmatisation fondée
00:55:00sur le nombre
00:55:01de partenaires sexuels
00:55:02d'une personne
00:55:03au cours de sa vie
00:55:04avec des propos
00:55:05du type
00:55:06si une femme
00:55:07a plus de 5
00:55:08en body count
00:55:09elle n'est pas mariable
00:55:12je dois aussi mentionner
00:55:13donc la conduite
00:55:15d'une grande enquête
00:55:15sur les cyber violences
00:55:16sexistes et sexuelles
00:55:17menée avec Fémisc
00:55:18entre le cyber harcèlement
00:55:19et Stop Ficha
00:55:20donc auprès de 2 136 personnes
00:55:23dans un rapport
00:55:24donc particulièrement riche
00:55:25qui sera publié
00:55:26prochainement
00:55:27au mois de juin
00:55:28donc je peux partager
00:55:30quand même
00:55:31quelques résultats
00:55:31particulièrement éclairants
00:55:34voilà au-delà
00:55:35du constat
00:55:36des sors
00:55:36mais bien établi
00:55:38selon lequel
00:55:38l'écrassante majorité
00:55:40des victimes
00:55:41sont des femmes
00:55:41donc les plateformes
00:55:43citées par les répandantes
00:55:44comme des lieux
00:55:45de rencontres
00:55:45avec les agresseurs
00:55:46sont principalement
00:55:47Instagram à hauteur
00:55:50de 31%
00:55:51suivi de Snapchat
00:55:51à hauteur de 15%
00:55:53et de X à hauteur
00:55:54de 12%
00:55:55l'enquête met également
00:55:57en évidence
00:55:57une forte surreprésentation
00:55:59des personnes
00:55:59en situation
00:56:00de discrimination
00:56:01avec 79%
00:56:03des victimes
00:56:04de cyber violences
00:56:05sexistes et sexuelles
00:56:06qui déclarent être exposées
00:56:07au moins à une forme
00:56:09de discrimination
00:56:10qui peut être liée
00:56:11au genre
00:56:11à l'orientation sexuelle
00:56:12mais ceci
00:56:13à des opinions politiques
00:56:14religions
00:56:15handicap
00:56:15à l'apparence physique
00:56:17ou encore
00:56:18à l'âge
00:56:21je veux aussi
00:56:22parler très rapidement
00:56:23des enjeux
00:56:25en matière
00:56:25d'intelligence artificielle
00:56:28et le cas de Grock
00:56:30aussi qui a pu être cité
00:56:32préalablement
00:56:32par Laure
00:56:34donc
00:56:35qui a été un cas
00:56:36particulièrement frappant
00:56:37voilà
00:56:38qui témoigne clairement
00:56:40d'une plateforme
00:56:40dans sa politique
00:56:41vise à banaliser
00:56:42les violences en ligne
00:56:42et plus concrètement
00:56:44les violences
00:56:45contre les femmes
00:56:46on a publié une tribune
00:56:47sur le journal
00:56:48Le Monde
00:56:48en début d'année
00:56:50sur comment
00:56:51l'intelligence artificielle
00:56:52réinvente
00:56:53la domination
00:56:55masculine
00:56:55et on mettait
00:56:57l'accent sur
00:56:57le fait que
00:56:58lorsqu'un algorithme
00:56:59permet de déshabiller
00:57:01des femmes
00:57:01il ne s'agit pas
00:57:02d'une simple dérive
00:57:03mais du résultat
00:57:04d'un choix délibéré
00:57:05de conception
00:57:06et voilà
00:57:07globalement
00:57:07d'un échec manifeste
00:57:09de conformité
00:57:10des responsabilités
00:57:10de l'acteur
00:57:11concerné
00:57:12ici
00:57:13X
00:57:14donc
00:57:14on retrouve
00:57:15la problématique
00:57:16d'une plateforme
00:57:16américaine
00:57:17inscrite
00:57:18dans la politique
00:57:18de Trump
00:57:21violente
00:57:21contre le RSN
00:57:22et qui t'ont invoqué
00:57:23la liberté d'expression
00:57:24pour justifier
00:57:25les violences
00:57:26à l'égard des femmes
00:57:27voilà
00:57:28alors que paradoxalement
00:57:29aux Etats-Unis
00:57:29il y a
00:57:30un cadre juridique
00:57:32contraignant
00:57:33dans la matière
00:57:34en matière de
00:57:34en fait
00:57:35ce qui est
00:57:36le Takedown Act
00:57:37et justement
00:57:38qui impose
00:57:38aux hébergeurs
00:57:39de retirer
00:57:39les images intimes
00:57:40non consenties
00:57:41dans un délai
00:57:41de 48 heures
00:57:42suivant une notification
00:57:44de la victime
00:57:45donc avec
00:57:46cette obligation
00:57:47de retrait rapide
00:57:48qui n'existe pas
00:57:49aujourd'hui
00:57:50en droit français
00:57:51ni même
00:57:52au niveau
00:57:52de l'Union européenne
00:57:55je vais aller
00:57:55très vite
00:57:56si vous voulez
00:57:56pour la conclusion
00:57:58donc à notre niveau
00:58:00nous allons bien sûr
00:58:01travailler notre
00:58:02en fait continuer
00:58:02notre travail
00:58:03de protection
00:58:04des victimes
00:58:05aussi en matière
00:58:06de recherche
00:58:07pour mieux identifier
00:58:08et repérer
00:58:09de manière proactive
00:58:10ce type de contenu
00:58:12y compris
00:58:12les contenus
00:58:13masculinistes
00:58:14bien sûr
00:58:14mais nous continuons
00:58:16à constater
00:58:17que les victimes
00:58:18de violences
00:58:18sexistes
00:58:19et sexuelles
00:58:20n'ont en dehors
00:58:21du tissu associatif
00:58:22que très peu
00:58:23de soutien effectif
00:58:24il existe
00:58:24de véritables
00:58:25angles morts
00:58:26notamment en matière
00:58:27de diffusion
00:58:28non consentie
00:58:28de contenu intime
00:58:30à la fois
00:58:30sur le plan
00:58:31technique
00:58:31que sur le plan
00:58:34judiciaire
00:58:35comme je l'ai déjà
00:58:36indiqué
00:58:37ce sont ces contenus
00:58:37qui sont le plus
00:58:38difficile à faire retirer
00:58:39Pharos n'est pas
00:58:40compétent pour émettre
00:58:41des injonctions
00:58:42sur ces contenus
00:58:44qui sont en outre
00:58:45et souvent considérés
00:58:47comme des contenus
00:58:47qui ne sont pas
00:58:48manifestement illicites
00:58:49et notamment
00:58:50en récent
00:58:51d'une absence
00:58:51de reconnaissance
00:58:53du caractère
00:58:53non consenti
00:58:54et donc aujourd'hui
00:58:55il y a clairement
00:58:56une forme de
00:58:58préception implicite
00:58:59de consentement
00:59:00sur tout contenu
00:59:02sexuel
00:59:02en ligne
00:59:03diffusé
00:59:04d'une certaine manière
00:59:05la manière
00:59:05dans le corps
00:59:06des femmes
00:59:06continue d'être
00:59:06perçue
00:59:07dans l'espace
00:59:07numérique
00:59:08c'est comme disponible
00:59:10donc sauf preuve
00:59:11du contraire
00:59:12et pendant ce temps
00:59:13en fait pendant le temps
00:59:14qu'on fournit la preuve
00:59:15le contenu
00:59:16il a déjà
00:59:17circulé
00:59:19massivement
00:59:20de mon côté
00:59:21de manière un peu
00:59:21plus personnelle
00:59:22ça fait à peu près
00:59:23entre 6 et 7 ans
00:59:24que je suis à point de contact
00:59:25donc j'ai commencé
00:59:26en tant que
00:59:27juriste
00:59:28analyste
00:59:28donc vraiment
00:59:29dans le traitement
00:59:30de contenus
00:59:30qui peuvent être
00:59:31pédocriminels
00:59:32violents sexuelles
00:59:32et en ligne
00:59:33et en fait
00:59:33on se rend bien compte
00:59:34qu'on ne peut pas
00:59:36traiter les contenus
00:59:37de manière séparée
00:59:38ce qui en découle
00:59:40et là je vais aussi
00:59:41faire le lien un peu
00:59:42avec les contenus
00:59:43pornographiques
00:59:43c'est que
00:59:44les contenus pornographiques
00:59:46sont partout
00:59:46on arrive à accepter
00:59:48des contenus
00:59:50qui sont clairement
00:59:50sexistes
00:59:51et
00:59:53et qui
00:59:54et qui incitent
00:59:56même
00:59:56à la haine
00:59:57à caractère racial
01:00:00contre
01:00:00contre les femmes
01:00:01surtout
01:00:01et donc
01:00:02on a l'impression
01:00:03quand même
01:00:04que dans l'espace
01:00:04numérique
01:00:05en fait
01:00:05il reste imperméable
01:00:06face à des évolutions
01:00:08sociétales
01:00:09qu'on peut voir
01:00:09dans la vie
01:00:10entre guillemets
01:00:10en non numérique
01:00:11donc déjà
01:00:12pourquoi
01:00:13on tend à banaliser
01:00:15des contenus
01:00:16sexuels
01:00:16qui sont vraiment
01:00:17partout
01:00:18et pourquoi
01:00:19et justement
01:00:21je fais le lien
01:00:21avec cette
01:00:23justement
01:00:24ce qu'il disait
01:00:24Rachel Fleur
01:00:25concernant
01:00:26l'inversement
01:00:28de la charge
01:00:28de la preuve
01:00:29mais moi
01:00:29j'irais vraiment
01:00:30plus loin
01:00:30pourquoi
01:00:31on ne peut pas
01:00:32considérer
01:00:33qu'on n'accepte pas
01:00:35que des contenus
01:00:36sexuels
01:00:36soient diffusés
01:00:37en ligne
01:00:37sauf s'il y a
01:00:38vraiment
01:00:39un consentement
01:00:40explicite
01:00:41récolté
01:00:41avant la publication
01:00:42du contenu
01:00:43donc en fait
01:00:43ça revient à réguler
01:00:44de manière tout à fait
01:00:45différente
01:00:46la pornographie
01:00:47c'est pas un sujet
01:00:48juste
01:00:48en matière de
01:00:50comment dire
01:00:51d'inaccessibilité
01:00:52des mineurs
01:00:52on n'est pas juste là
01:00:54on va beaucoup plus loin
01:00:55et en fait
01:00:56on peut faire
01:00:57ce qu'on veut
01:00:57par rapport à l'éducation
01:00:59même
01:00:59les vars
01:01:00effectivement
01:01:01c'est très important
01:01:02mais si dans l'espace numérique
01:01:03on n'envoie pas
01:01:04les bons messages
01:01:05finalement
01:01:05ça veut dire que
01:01:06l'adolescent
01:01:07qui à un moment
01:01:07s'enferme un peu
01:01:08dans sa chambre
01:01:08et qui va un peu
01:01:09sur les réseaux sociaux
01:01:10il va rentrer dans cette bulle
01:01:11il va
01:01:12il va complètement
01:01:13être radicalisé
01:01:15par rapport
01:01:15à la haine
01:01:16contre les femmes
01:01:17donc vraiment
01:01:18ça demande
01:01:19repenser
01:01:20de manière différente
01:01:21l'espace numérique
01:01:24et notamment
01:01:25la régulation
01:01:25des contenus pornographiques
01:01:27merci beaucoup
01:01:28et notre dernière intervenante
01:01:30qui a été patiente
01:01:32et qui est en visio
01:01:33pour la DILCRA
01:01:34il s'agit de
01:01:35Shani Benwalid
01:01:37à vous madame
01:01:41bonjour
01:01:42bonjour
01:01:42merci beaucoup
01:01:43madame la présidente
01:01:44mesdames les rapporteurs
01:01:45les rapporteurs
01:01:46je vous remercie
01:01:46pour cette invitation
01:01:47alors depuis quelques années
01:01:49la DILCRA
01:01:50a fait de la lutte
01:01:50contre la haine en ligne
01:01:51un axe structurant
01:01:52de son action interministérielle
01:01:53et de manière globale
01:01:55je dirais que c'est un sujet
01:01:55dont se sont emparés
01:01:56les pouvoirs publics
01:01:57le numérique n'est plus vu
01:01:59comme un espace séparé
01:02:00on l'a compris
01:02:01c'est un espace social
01:02:02à part entière
01:02:02où peuvent se prolonger
01:02:03les fractures de la société
01:02:06où elles peuvent être amplifiées
01:02:07où elles peuvent être accélérées
01:02:09rendues plus visibles
01:02:10alors à la DILCRA
01:02:12on travaille plus particulièrement
01:02:13sur la lutte contre la haine en ligne
01:02:15liée aux enjeux de racisme
01:02:17antisémitisme
01:02:17et haine anti-LGBT
01:02:18mais plusieurs choses
01:02:19donc déjà dans les violences
01:02:20masculinistes en ligne
01:02:21on retrouve des mécanismes
01:02:23qu'on observe dans d'autres formes
01:02:24de haine numérique
01:02:25nécessairement
01:02:25donc la désignation
01:02:27notamment d'une cible
01:02:29effet de meute
01:02:29la répétition
01:02:31l'humiliation
01:02:32la viralité
01:02:33et parfois
01:02:34et souvent
01:02:34malheureusement
01:02:35le retrait de la victime
01:02:36de l'espace public numérique
01:02:37et ça c'est un des points essentiels
01:02:38le cyber harcèlement
01:02:40ne vise pas seulement à blesser
01:02:41il vise souvent
01:02:42à faire taire
01:02:43et c'est particulièrement vrai
01:02:45pour les femmes
01:02:46lorsqu'une femme renonce
01:02:47à parler
01:02:48à publier
01:02:48à militer
01:02:49à exercer un mandat
01:02:50à participer juste
01:02:52au débat public
01:02:52parce qu'elle sait
01:02:53qu'elle sera exposée
01:02:54à des insultes
01:02:54des menaces
01:02:56des humiliations
01:02:57c'est pas seulement
01:02:58une atteinte individuelle
01:02:59c'est vraiment une atteinte
01:03:00à la qualité même
01:03:00de notre espace démocratique
01:03:02et les données récentes
01:03:03confirment cette exposition
01:03:04particulière
01:03:05Le Haut Conseil à l'égalité
01:03:07a identifié dans son rapport
01:03:082026
01:03:09le cybersexisme
01:03:10comme la première forme
01:03:11de discours de haine en ligne
01:03:12avec 84% des femmes
01:03:14parmi les victimes
01:03:16et comme ça a été dit tout à l'heure
01:03:17il peut y avoir malheureusement
01:03:19cumul des haines
01:03:20et le sexisme s'articule
01:03:22bien trop souvent
01:03:23avec d'autres formes de haines
01:03:24notamment celles qui relèvent
01:03:25du champ de la DILCRA
01:03:26donc racisme, antisémitisme
01:03:27haine anti-LGBT
01:03:29et il y a plusieurs procédures récentes
01:03:31qui l'illustrent
01:03:31pour donner
01:03:33deux exemples très succincts
01:03:35mais c'est le cas du procès
01:03:36de Bouba
01:03:37devant le tribunal correctionnel
01:03:39de Paris
01:03:40le 1er avril dernier
01:03:41pour des faits
01:03:43visant notamment
01:03:43la journaliste Linnan Dao
01:03:45dans une séquence
01:03:45qui a mêlé cyberharcèlement
01:03:47et injures racistes et sexistes
01:03:50Rachel Fjord
01:03:51en a parlé tout à l'heure aussi
01:03:52c'est le cas du procès
01:03:53relatif au cyberharcèlement
01:03:54d'Elise Godfarb
01:03:55qui est une influenceuse
01:03:56féministe juive
01:03:56qui a été ciblée
01:03:59par des injures
01:04:00à caractère antisémite
01:04:01sexiste, homophobe
01:04:02et par des menaces de mort
01:04:04et ces exemples
01:04:05montrent un point commun
01:04:06particulièrement net
01:04:07lorsqu'il s'agit de femmes
01:04:08exposées publiquement
01:04:09les campagnes de cyberharcèlement
01:04:11ne s'attaquent pas seulement
01:04:12à ce qu'une personne dit
01:04:13ou fait
01:04:13et en particulier les femmes
01:04:15elles s'attaquent
01:04:15à ce qu'elle est
01:04:17et ces mécanismes
01:04:18déjà connus
01:04:20à ces mécanismes connus
01:04:21s'ajoute aujourd'hui
01:04:22un facteur d'aggravation
01:04:23dont il faut parler
01:04:24dont il a été question
01:04:28déjà largement aujourd'hui
01:04:29c'est l'intelligence
01:04:30artificielle générative
01:04:31donc l'IA ne crée pas
01:04:33nécessairement les violences
01:04:34dont on se parle
01:04:34mais elle peut en changer
01:04:35l'échelle
01:04:36voilà
01:04:37elle permet de produire
01:04:38plus vite
01:04:39et de façon plus globale
01:04:41et c'est particulièrement
01:04:41préoccupant pour les femmes
01:04:42et les filles
01:04:43parce que l'IA
01:04:44on le sait
01:04:44peut faire beaucoup de mal
01:04:45et on l'a dit
01:04:46de façon très concrète
01:04:47notamment via les deepfakes
01:04:48mais aussi de façon
01:04:49plus insidieuse
01:04:50je pense qu'elle peut
01:04:52participer à banaliser
01:04:53des stéréotypes
01:04:54on l'a vu récemment
01:04:56avec des vidéos génératives
01:04:58des vidéos générées par l'IA
01:05:00qui ont été très virales
01:05:01notamment sur TikTok
01:05:01et qui mettent en scène
01:05:03des personnages de fruits
01:05:04ou de légumes
01:05:05donc a priori
01:05:06des vidéos plutôt innocentes
01:05:07mais qui ont été critiquées
01:05:09à juste titre
01:05:09pour la normalisation
01:05:11des représentations sexistes
01:05:13et racistes
01:05:14auprès de jeunes publics
01:05:15et donc c'est
01:05:15comme pour ces vidéos là
01:05:17pas toujours manifestement illicites
01:05:19mais c'est ce qui rend
01:05:20c'est précisément
01:05:21ce qui rend le phénomène
01:05:22difficile à modérer
01:05:23et là on se parle
01:05:24de vidéos
01:05:25qui ont fait des millions
01:05:26de partages
01:05:27de vues
01:05:28et sur plusieurs plateformes
01:05:30donc face à tout ça
01:05:31la DICRA agit
01:05:32sur plusieurs leviers
01:05:32au quotidien
01:05:33donc on a d'abord
01:05:34la veille et le signalement
01:05:35évidemment
01:05:36donc la DICRA reçoit
01:05:37des alertes
01:05:38transmises par
01:05:39les associations partenaires
01:05:41parfois des particuliers
01:05:42d'autres acteurs institutionnels
01:05:44donc au regard
01:05:45de la visibilité
01:05:47du contenu
01:05:47de son niveau d'engagement
01:05:48de son potentiel
01:05:49de dangerosité
01:05:50on est obligé
01:05:50malheureusement
01:05:51d'adresser
01:05:54différemment
01:05:54les contenus
01:05:55et donc dans un cas
01:05:56ils sont transmis
01:05:57à Pharos
01:05:57par exemple
01:05:58dans d'autres cas
01:05:59signaler au procureur
01:06:00de la République
01:06:01au titre de l'article 40
01:06:02du code de procédure pénale
01:06:04ou bien faire l'objet
01:06:05d'un signalement
01:06:06auprès de l'ARCOM
01:06:07un deuxième volet important
01:06:09dans l'action
01:06:10de la DICRA
01:06:11je crois
01:06:11c'est le soutien
01:06:12en tissu associatif
01:06:13donc la DICRA
01:06:14participe au financement
01:06:15et à la coordination
01:06:16d'un écosystème associatif
01:06:18donc composé à la fois
01:06:19d'associations dites
01:06:21historiques
01:06:22qui travaillent sur
01:06:23les enjeux de haine
01:06:25de manière globale
01:06:27et qui se sont ensuite
01:06:28intéressées au volet
01:06:29nécessairement
01:06:30par la force des choses
01:06:31au volet numérique
01:06:32et puis d'associations
01:06:34qui sont
01:06:35plutôt récentes
01:06:36pour certaines
01:06:38qui travaillent plus
01:06:39spécifiquement
01:06:40sur les sujets
01:06:41de lutte contre
01:06:41la haine en ligne
01:06:42et donc comme c'est le cas
01:06:43notamment de points de contact
01:06:45représentés ici
01:06:46par Alejandra
01:06:49et cet écosystème
01:06:50il est assez jeune
01:06:51encore
01:06:51et donc il est en train
01:06:52de se consolider
01:06:54et c'est important
01:06:54d'en parler
01:06:55parce que voilà
01:06:55c'est quand même
01:06:57un des grands atouts français
01:06:59la DICRA agit aussi
01:07:00sur le volet
01:07:00de la prévention
01:07:01et de la sensibilisation
01:07:02des jeunes générations
01:07:04l'idée c'est de ne pas
01:07:05répondre uniquement
01:07:07à la haine en ligne
01:07:07après coup
01:07:07donc agir sur les usages
01:07:09les réflexes
01:07:10créer des réflexes en ligne
01:07:13de civisme
01:07:13comme on peut avoir
01:07:14des réflexes hors ligne
01:07:19avec l'idée
01:07:19que les jeunes générations
01:07:20ne sont pas uniquement
01:07:21des publics vulnérables
01:07:22c'est aussi des acteurs
01:07:23en capacité de comprendre
01:07:24les mécanismes numériques
01:07:25parfois d'ailleurs davantage
01:07:27que les adultes
01:07:28et donc de participer
01:07:29à la transformation
01:07:30des usages
01:07:31et donc dans ce contexte
01:07:32on a mené
01:07:33à la DICRA
01:07:34plusieurs travaux
01:07:35notamment sur
01:07:36à chaque fois
01:07:37sous un angle différent
01:07:38sur la lutte
01:07:38contre la haine en ligne
01:07:39mais par exemple
01:07:40sur le civisme
01:07:41dans l'univers du jeu vidéo
01:07:42on a créé des livrables
01:07:43on a fait tout un travail
01:07:45de science comportementale
01:07:46on a créé des livrables
01:07:48avec plus de 200 jeunes
01:07:51notamment des joueurs
01:07:52et des joueuses
01:07:53avec tout le monde
01:07:53autour de la table
01:07:54donc des associations
01:07:54des éditeurs de jeux vidéo
01:07:57même des plateformes
01:07:58à l'époque etc
01:07:59on a fait aussi
01:08:00un travail à peu près similaire
01:08:01sur le sujet de l'osine
01:08:04et voilà
01:08:04on continue à mener
01:08:05des travaux de la sorte
01:08:06et enfin
01:08:08la DICRA
01:08:09travaille sur la coopération
01:08:11entre pouvoir public
01:08:12plateforme
01:08:12lorsque c'est possible
01:08:13évidemment
01:08:14et association
01:08:15et là je pense
01:08:16à la charte d'engagement
01:08:17des plateformes numériques
01:08:19pour la prévention
01:08:19des violences
01:08:20et la sécurité
01:08:21des personnes LGBT
01:08:22qui a été élaborée
01:08:23dans le contexte
01:08:24là très récemment
01:08:25qui vient d'être signée
01:08:26dans le contexte
01:08:28de la recrudescence
01:08:28des guet-tapons homophobes
01:08:29organisées
01:08:30de plus en plus
01:08:31malheureusement
01:08:32via les applications
01:08:34de rencontres
01:08:35et ce travail
01:08:36il a réuni
01:08:36forces de sécurité intérieure
01:08:38associations LGBT
01:08:39et principales plateformes
01:08:40concernées
01:08:42alors ça a été très concret
01:08:43et jusqu'à présent
01:08:44très fructueux
01:08:45évidemment c'est un travail
01:08:46de long terme
01:08:46donc on verra
01:08:47l'impact sur le plus long terme
01:08:49parce qu'on parle
01:08:49d'un sujet
01:08:50d'une gravité énorme
01:08:52mais en l'occurrence
01:08:54on a pu travailler
01:08:55avec ces plateformes
01:08:56parce qu'il faut le dire
01:08:57la principale différence
01:08:58avec d'autres plateformes
01:08:59c'est que là
01:09:00ces plateformes
01:09:00elles ont tout intérêt
01:09:01à endiguer ces problématiques
01:09:05il y a un autre projet
01:09:06qui va un peu
01:09:07dans ce sens
01:09:08c'est la réserve citoyenne
01:09:09numérique
01:09:09qui est issue
01:09:10de la loi Sren
01:09:11c'est une petite phrase
01:09:12dans la loi
01:09:12qui est passée
01:09:13un peu inaperçue
01:09:14mais dont la tutelle
01:09:15va bientôt être
01:09:16officiellement confiée
01:09:17à la DILCRA
01:09:18et donc très concrètement
01:09:19l'idée c'est
01:09:20de permettre
01:09:21d'organiser
01:09:22l'engagement
01:09:23de citoyens volontaires
01:09:24autour de missions
01:09:25qui vont être encadrées
01:09:26en lien évidemment
01:09:27avec les associations
01:09:28donc un certain nombre
01:09:29d'associations
01:09:30de lutte contre la haine
01:09:31en ligne
01:09:32vont faire partie
01:09:32du processus
01:09:33et vont imaginer
01:09:34avec nous
01:09:35des missions
01:09:35pour lesquelles
01:09:36on pourra
01:09:37enfin des missions
01:09:38qu'on pourra proposer
01:09:39à des bénévoles citoyens
01:09:40voilà autour de
01:09:43campagne de prévention
01:09:44de participation
01:09:45à des actions
01:09:46d'éducation numérique
01:09:47ou justement
01:09:48participer à la
01:09:49enfin contribuer
01:09:50à la culture
01:09:51du signalement
01:09:51responsable
01:09:53et j'en viens
01:09:53maintenant aux pistes
01:09:54d'amélioration
01:09:55donc la première
01:09:56je crois
01:09:56c'est de rendre
01:09:57les outils existants
01:09:58plus lisibles
01:09:59et c'est important
01:10:00de le dire
01:10:00la France dispose
01:10:01déjà de ressources
01:10:02importantes
01:10:02d'outils
01:10:04de ressources
01:10:04importantes
01:10:05donc on a
01:10:05pharos
01:10:07bien trop peu
01:10:08aujourd'hui
01:10:09connu du grand public
01:10:09on a le 3018
01:10:10on a les associations
01:10:11spécialisées
01:10:12donc les signaleurs
01:10:12de confiance
01:10:13notamment
01:10:13l'arcom
01:10:14pardon
01:10:15le PNLH
01:10:16et donc
01:10:17ces outils
01:10:18ces ressources
01:10:18existent
01:10:19mais sont très peu
01:10:21connus encore aujourd'hui
01:10:21et parfois mal articulés
01:10:23entre eux
01:10:23et pour une victime
01:10:24et on l'a vu
01:10:25et ça a été beaucoup dit
01:10:26c'est pas évident
01:10:27de savoir ce qu'il faut
01:10:29faire très concrètement
01:10:30mais pas uniquement
01:10:31pour les victimes
01:10:31aussi pour les témoins
01:10:32et je crois malheureusement
01:10:34qu'aujourd'hui
01:10:34tout le monde a été témoin
01:10:35au moins une fois
01:10:36de haine en ligne
01:10:38donc voilà
01:10:38la priorité
01:10:41à mon sens
01:10:41ce serait
01:10:42de penser
01:10:43à la création
01:10:44d'une campagne nationale
01:10:46de sensibilisation
01:10:47aux ressources
01:10:48qui existent
01:10:48à condition d'être
01:10:50vraiment très pratique
01:10:50où signaler
01:10:51comment conserver
01:10:52les preuves
01:10:53qui contacter
01:10:54qu'est-ce qu'on fait
01:10:55en tant que victime
01:10:56en tant que témoin
01:10:56etc
01:10:57la deuxième priorité
01:11:00concerne donc
01:11:01les plateformes
01:11:02et donc le DSA
01:11:03le Digital Services Act
01:11:04et ça
01:11:05on l'a dit
01:11:06mais je pense
01:11:07qu'il faut le dire
01:11:07et le redire
01:11:08le problème
01:11:09est en partie
01:11:11enraciné
01:11:11dans le modèle
01:11:12même des plateformes
01:11:14et donc
01:11:14tant que la visibilité
01:11:15l'engagement
01:11:16la rentabilité
01:11:16reste étroitement
01:11:18liée
01:11:18à la polarisation
01:11:19il sera difficile
01:11:20d'obtenir
01:11:21un véritable
01:11:21safety by design
01:11:23et ça
01:11:23c'est vraiment
01:11:24ce je crois
01:11:25vers quoi
01:11:25on doit tendre
01:11:26et aujourd'hui
01:11:28malheureusement
01:11:28les plateformes
01:11:29elles ne se contentent pas
01:11:29de diffuser des contenus
01:11:30elles organisent
01:11:31leur visibilité
01:11:32donc elles participent
01:11:32de façon pleine
01:11:33et entière
01:11:33et même
01:11:38elles peuvent même
01:11:39participer
01:11:40à rendre la situation
01:11:42encore plus grave
01:11:44et dans les fils
01:11:45de commentaires
01:11:45les premiers contenus
01:11:46qui sont rendus
01:11:47visibles
01:11:48peuvent vraiment
01:11:48fixer une norme
01:11:49implicite d'expression
01:11:51donc le DSA
01:11:52donne des leviers
01:11:53je pense que le DSA
01:11:54c'est vraiment un outil
01:11:54qui est intéressant
01:11:55qui a été quand même
01:11:56pensé de façon
01:11:56relativement ambitieuse
01:11:58et donc c'est intéressant
01:11:59ça donne des leviers
01:12:00pour interroger
01:12:00ces mécanismes
01:12:01et aujourd'hui
01:12:02la Commission européenne
01:12:03a déjà engagé
01:12:03plusieurs procédures
01:12:05notamment contre
01:12:06les très grandes plateformes
01:12:07et il y a la première sanction
01:12:09comme on le sait
01:12:09contre X
01:12:11qui a été administrée
01:12:12en décembre 2025
01:12:13et donc a abouti
01:12:14à une amende
01:12:14de 120 millions d'euros
01:12:16mais elle portait
01:12:18spécifiquement
01:12:18sur les manquements
01:12:19de transparence
01:12:19notamment sur la certification
01:12:21trompeuse des comptes
01:12:22sur le registre publicitaire
01:12:24et l'accès des chercheurs
01:12:25le manque d'accès
01:12:27des chercheurs
01:12:28aux données publiques
01:12:29mais l'enjeu maintenant
01:12:30je pense que c'est vraiment
01:12:30de documenter
01:12:31les cas
01:12:32où les plateformes
01:12:33ne protègent pas
01:12:34suffisamment les victimes
01:12:35Merci à toutes
01:12:37en présentiel
01:12:38comme en distanciel
01:12:39pour vos témoignages
01:12:40propositions
01:12:41et recommandations
01:12:43moi j'avais une question
01:12:44pour Tiffen
01:12:46je repars
01:12:46au tout début
01:12:47de vos propos
01:12:49je voudrais savoir
01:12:50quelle a été
01:12:53la réaction
01:12:54quelles ont été
01:12:55les actions
01:12:56mises en oeuvre
01:12:57par le média
01:12:58dans lequel vous êtes allé
01:12:59faire cette interview
01:13:00parce qu'en fait
01:13:01au point de départ
01:13:02il y a quand même
01:13:03votre présence
01:13:04dans un média
01:13:06qui doit assumer
01:13:07une part de responsabilité
01:13:08et donc j'aimerais
01:13:09que vous nous décriviez
01:13:10autant que faire se peut
01:13:11quelles ont été
01:13:12les réactions
01:13:14et les actions
01:13:15de ce média
01:13:15qui n'est pas n'importe
01:13:16quel média
01:13:17vous l'avez découvert
01:13:18à vos dépens
01:13:20malheureusement
01:13:21et Sophie-Briand-Guillemot
01:13:24merci beaucoup
01:13:25non juste dans la continuation
01:13:26de ce que vient
01:13:27de dire Colombe
01:13:28vous avez plusieurs
01:13:31vous avez été plusieurs
01:13:32à parler de vagues
01:13:33de cyberharcèlement
01:13:34et je voulais savoir
01:13:35et comprendre
01:13:36à quoi correspondent
01:13:37ces vagues
01:13:37et donc en l'occurrence
01:13:38est-ce que c'est un moment
01:13:39où le crayon
01:13:41par exemple
01:13:41a reposté
01:13:42l'interview en question
01:13:43que ça a suscité
01:13:44une nouvelle vague
01:13:45ou comment fonctionne
01:13:46le fait qu'à un moment donné
01:13:47c'est très très fort
01:13:48ça s'arrête
01:13:49et ça revient
01:13:50et est-ce que ça
01:13:50correspond globalement
01:13:51à des ripostes
01:13:53et bien voilà
01:13:54à vous
01:13:55alors
01:13:55Ariandra
01:13:56peut-être
01:13:56Ariandra en premier
01:14:00oui
01:14:00merci beaucoup
01:14:01pour vos questions
01:14:04qui me sont adressées
01:14:06qui sont plutôt liées
01:14:08je trouve
01:14:09dans le sens
01:14:10
01:14:10donc si j'aborde
01:14:12d'abord
01:14:12la première question
01:14:14concernant
01:14:14la diffusion
01:14:15non consentie
01:14:16de contenu intime
01:14:17effectivement
01:14:18on pense
01:14:19que c'est positif
01:14:20en tout cas
01:14:20d'évoluer en ce sens
01:14:22mais on trouve
01:14:22que ça fait encore
01:14:23trop longtemps
01:14:24qu'on sonne
01:14:25les
01:14:26en fait que
01:14:27oui
01:14:28la sonnette d'alarme
01:14:29en soi
01:14:29et qu'il n'y a rien
01:14:30qui se passe
01:14:32on l'a souvent dit
01:14:34que côté institutionnel
01:14:35il n'y a pas
01:14:35des vraies solutions
01:14:36qui sont proposées
01:14:38aux victimes
01:14:38et donc
01:14:39on se repose
01:14:40que sur l'associative
01:14:41l'associative
01:14:41qui est un peu plus
01:14:43voilà
01:14:44qui peut être
01:14:44plus facilement fragilisée
01:14:45nous et StopFisher
01:14:47finalement
01:14:48on est les seules
01:14:49associations
01:14:49qui proposent
01:14:50vraiment des services
01:14:51concrets
01:14:52d'envoi de signalement
01:14:53et de retrait
01:14:54de contenu
01:14:55de diffusion
01:14:56non consentie
01:14:56mais on se rend compte
01:14:58que voilà
01:14:58même
01:14:58notre procédure
01:15:00classique de signalement
01:15:01si on constate
01:15:01un contenu illicite
01:15:02on l'envoie Faros
01:15:03pour la voie
01:15:03un peu plus
01:15:05judiciaire
01:15:05alors que là
01:15:06on se rend compte
01:15:07qu'on ne peut pas
01:15:07signaler ses contenus
01:15:08à Faros
01:15:09donc d'un côté
01:15:10on va faire une demande
01:15:11de retrait
01:15:12à l'hébergeur
01:15:13qu'il peut traiter
01:15:13ou pas
01:15:14vu que nos demandes
01:15:15ne sont pas contraignantes
01:15:16et d'un autre côté
01:15:17on va essayer
01:15:17d'inviter
01:15:18de diriger la victime
01:15:21vers la déposition
01:15:22de plainte
01:15:22et souvent
01:15:23elle n'a pas envie
01:15:24elle n'a pas envie
01:15:25elle pense que c'est
01:15:25trop compliqué
01:15:26qu'en plus
01:15:28pourquoi une déposition
01:15:29de plainte maintenant
01:15:30alors que le contenu
01:15:31il est déjà en ligne
01:15:32et qu'il va être
01:15:33très difficile
01:15:34à faire retirer
01:15:34donc on est toujours
01:15:36confronté
01:15:37à cette
01:15:38cette difficulté
01:15:39alors que la directive
01:15:40de 2024
01:15:42justement
01:15:43vissant à lutter
01:15:45contre la violence
01:15:46à l'égard des femmes
01:15:47et les violences conjugales
01:15:50finalement
01:15:51elle oblige
01:15:52tous les états
01:15:53d'ici 2027
01:15:53à mettre en place
01:15:54ces mesures fortes
01:15:56ou plus contraignantes
01:15:57pour retirer les contenus
01:15:58donc on voit que
01:16:00même si on
01:16:01voilà
01:16:01on essaye de tenir
01:16:02ce type de discours
01:16:03on n'est pas vraiment écouté
01:16:04et donc
01:16:05quelle serait
01:16:05la meilleure solution
01:16:06il faudrait
01:16:07vraiment se mettre
01:16:08autour de la table
01:16:09pour s'imaginer
01:16:10comment on peut
01:16:11rendre
01:16:13le retrait
01:16:13de ce type de contenu
01:16:14contraignant
01:16:15parce que même si nous
01:16:16on se dit
01:16:16bon ok
01:16:17on donne beaucoup
01:16:17de pouvoir
01:16:18aux signaleurs de confiance
01:16:19et vraiment
01:16:19le retrait
01:16:20est facile
01:16:22finalement
01:16:23pareil
01:16:24c'est
01:16:25vider le sang
01:16:26à la petite cuillère
01:16:27et donc
01:16:27pour nous
01:16:28même plus simple
01:16:29et c'est pour ça
01:16:29que ça me fait
01:16:30un peu faire la transition
01:16:31avec la deuxième question
01:16:32plutôt que
01:16:33retirer contenu
01:16:34par contenu
01:16:35à chaque fois
01:16:35que la victime
01:16:36nous contacte
01:16:37qu'elle nous dit
01:16:37bah voilà
01:16:37il y a un problème
01:16:39mon contenu
01:16:40a été difficile
01:16:40sans mon consentement
01:16:41est-ce que vous pouvez m'aider
01:16:41pour nous
01:16:42ce serait beaucoup plus simple
01:16:43de ne pas devoir
01:16:44convaincre
01:16:45l'hébergeur
01:16:46de retirer un contenu
01:16:47à chaque fois
01:16:48mais plutôt
01:16:49qu'on se demande
01:16:50dès qu'il y a un contenu
01:16:51intime ou sexuel
01:16:52qui est publié
01:16:53pourquoi ce contenu
01:16:54est publié
01:16:55et justement
01:16:56faire une sorte
01:16:57de
01:16:58de
01:17:00en fait oui
01:17:01mettre en place
01:17:02un principe
01:17:02de non-consentement
01:17:05sur ce type de contenu
01:17:06qui sont quand même
01:17:06extrêmement sensibles
01:17:07et on voit très bien
01:17:09que sur des débats
01:17:12par rapport au viol
01:17:14par exemple
01:17:15et à l'ajout
01:17:16du consentement
01:17:17dans cette infraction
01:17:17ça évolue vachement
01:17:19où là
01:17:20voilà
01:17:20plutôt que
01:17:21que nous
01:17:23focaliser
01:17:24sur
01:17:24l'action
01:17:26de la victime
01:17:27et son silence
01:17:28ou son inaction
01:17:29on va plutôt
01:17:30aller voir
01:17:30si l'agresseur
01:17:32a bien récolté
01:17:33le consentement
01:17:34avant
01:17:34pour être sûr
01:17:35que la victime
01:17:36elle était consentante
01:17:36bah pourquoi
01:17:37on fait pas ça
01:17:39dans le numérique
01:17:41en fait
01:17:41vraiment
01:17:41il y a la même
01:17:42question qui se pose
01:17:43donc finalement
01:17:44c'est normal
01:17:44qu'il y ait
01:17:45beaucoup de personnes
01:17:45qui pensent
01:17:46que dans le numérique
01:17:46il y a une impunité
01:17:48qui est quand même
01:17:49ancrée
01:17:49parce que
01:17:50il y a
01:17:51comme je le dis
01:17:52c'est avant
01:17:52ces contenus
01:17:53qui sont en lien
01:17:54avec
01:17:55voilà
01:17:55qui sont à caractère
01:17:56raciste
01:17:56à caractère sexiste
01:17:57aujourd'hui
01:17:58en France
01:17:59un contenu
01:18:00pornographique
01:18:00qu'on accepte
01:18:01c'est la simulation
01:18:02de viol
01:18:02et je mets bien
01:18:03la simulation
01:18:04entre des gros guillemets
01:18:06donc si on diffuse
01:18:07sur un contenu
01:18:09pornographique
01:18:09sur un site pornographique
01:18:11pardon
01:18:11le contenu
01:18:12d'une femme
01:18:12qui est en train
01:18:13d'être violée
01:18:13on dit que c'est ok
01:18:14s'il y a un petit
01:18:16un petit flag
01:18:17un petit message
01:18:17qui dit
01:18:19attention
01:18:20contenu choquant
01:18:21c'est
01:18:22voilà
01:18:22ça relève
01:18:23d'un contenu
01:18:24qui est extrêmement violent
01:18:25donc
01:18:25on envoie
01:18:27ce message
01:18:27comme quoi
01:18:28ces violences
01:18:28elles sont acceptées
01:18:29dans l'espace numérique
01:18:30et après
01:18:31on se demande
01:18:31pourquoi
01:18:32lorsqu'on publie
01:18:33un contenu intime
01:18:34sans le consentement
01:18:35pourquoi il est difficile
01:18:36à le faire retirer
01:18:37en fait
01:18:37ça s'inscrit vraiment
01:18:38dans cette culture
01:18:39qui est extrêmement
01:18:40incrée
01:18:40dans le numérique
01:18:43tout est permis
01:18:44et finalement
01:18:44je pense que c'est
01:18:45extrêmement lié
01:18:46finalement
01:18:46aux contenus
01:18:47qui sont haineux
01:18:47contre les femmes
01:18:48aux contenus
01:18:48qui sont
01:18:49voilà
01:18:49qui
01:18:50ça pousse
01:18:51vers aussi
01:18:52une montée
01:18:52des masculinismes
01:18:54donc
01:18:55c'est très difficile
01:18:56parce qu'il faut revoir
01:18:57toute la base
01:18:58et nous
01:18:58même si
01:18:59avec notre rôle
01:19:00on peut beaucoup
01:19:01aider les victimes
01:19:02c'est clairement
01:19:02insuffissant
01:19:05madame Benoît Lide
01:19:06je crois qu'il y avait
01:19:07une question
01:19:07qui s'adressait à vous
01:19:08et on terminera
01:19:09par Tif Md
01:19:14elle nous a quitté
01:19:15pardon
01:19:15excusez-moi
01:19:16non non je suis là
01:19:18désolé
01:19:19merci
01:19:21problème technique
01:19:22malgré tout
01:19:25alors
01:19:27sur le sujet
01:19:29des vagues
01:19:30de haine
01:19:30et de harcèlement
01:19:31même si
01:19:31je ne suis évidemment
01:19:32pas du tout
01:19:33la mieux placée
01:19:34autour de la table
01:19:35pour en parler
01:19:36mais je voudrais
01:19:37dire quelque chose
01:19:38quand même
01:19:38c'est qu'on constate
01:19:40qu'une femme
01:19:40qui a été victime
01:19:41de haine
01:19:41à un moment T
01:19:43va quasiment
01:19:45systématiquement
01:19:45être à nouveau
01:19:46confrontée
01:19:46à de nouvelles vagues
01:19:47à posteriori
01:19:48et ça je pense
01:19:49que c'est vraiment
01:19:49important de le dire
01:19:51je pense notamment
01:19:52au cas de Barbara Butch
01:19:54donc après la cérémonie
01:19:55d'ouverture
01:19:56des Jeux Olympiques
01:19:57en 2024
01:19:58elle a porté plainte
01:19:59pour cyberharcèlement
01:20:00donc voilà
01:20:02elle a été
01:20:03notamment
01:20:03la cible d'attaques
01:20:06antisémites
01:20:06homophobes
01:20:07sexistes
01:20:08grossophobes
01:20:09etc
01:20:10et là
01:20:11en octobre 2025
01:20:13et même 2026
01:20:14il y a eu
01:20:15toute une
01:20:15il y a eu
01:20:16deux autres campagnes
01:20:16de cyberharcèlement
01:20:17à son encontre
01:20:19notamment lié
01:20:19à sa nomination
01:20:20comme directrice artistique
01:20:21de Nuit Blanche
01:20:222026
01:20:23et donc voilà
01:20:24sur le même modèle
01:20:24et je crois que
01:20:25c'est ce dont on se parle
01:20:26quand on parle du sentiment
01:20:27d'impunité
01:20:28c'est à dire que
01:20:29effectivement
01:20:30voilà à partir du moment
01:20:31où il a été possible
01:20:33à un moment
01:20:34d'envoyer
01:20:36un nombre
01:20:36incommensurable
01:20:37de messages de haine
01:20:40cette
01:20:41disons que
01:20:42ça rend possible
01:20:43de réitérer
01:20:44et par ailleurs
01:20:46tout ça
01:20:46ça reste
01:20:47en ligne
01:20:48on garde des traces
01:20:49et en fait
01:20:50il y a véritablement
01:20:51comme ça
01:20:51des vagues successives
01:20:53et donc
01:20:53pour une victime
01:20:54c'est absolument
01:20:56intenable
01:20:56en général
01:20:57ça la conduit
01:20:58à se retirer
01:20:59des plateformes
01:20:59ce qui n'est pas normal
01:21:00donc c'est pour ça
01:21:01qu'il faut trouver
01:21:02des solutions systémiques
01:21:03et je crois que ça rejoint
01:21:04un peu la question
01:21:04que je partage totalement
01:21:08le fait qu'il faut
01:21:09davantage communiquer
01:21:10autour des condamnations
01:21:11parce que c'est vrai
01:21:12qu'on parle de ces procès
01:21:14qui existent
01:21:15et qui sont
01:21:16heureusement
01:21:16de plus en plus nombreux
01:21:17même si encore une fois
01:21:19très peu nombreux
01:21:20par rapport à la quantité
01:21:23au caractère massif
01:21:24de la haine en ligne
01:21:25mais pour autant
01:21:26les condamnations
01:21:29ne sont pas assez
01:21:32ne sont pas assez relayées
01:21:33par les médias
01:21:34et par la justice
01:21:35elle-même
01:21:35je crois qu'il y a
01:21:35vraiment un travail
01:21:37sur ce volet-là
01:21:38à faire
01:21:39je ne sais pas
01:21:40s'il y avait
01:21:40une autre question
01:21:41en particulier
01:21:41je crois qu'il y avait
01:21:42beaucoup
01:21:42je pense
01:21:42et puis
01:21:43le temps court
01:21:45Tiffende
01:21:45donc par rapport
01:21:46aux vagues
01:21:47et par rapport
01:21:48aux médias
01:21:48à crayon
01:21:49surtout
01:21:51oui
01:21:52merci à toutes
01:21:53ce que vous avez dit
01:21:54de chacune
01:21:55vraiment
01:21:57donc par rapport
01:21:58aux crayons
01:22:01au départ
01:22:04je ne sais plus
01:22:05si moi
01:22:06j'ai demandé
01:22:06très rapidement
01:22:07ou pas
01:22:08mais en tout cas
01:22:08les choses
01:22:10les plus graves
01:22:11qui ont été postées
01:22:12sur Youtube
01:22:12notamment
01:22:13sous leur publication
01:22:14ont été retirées
01:22:16ce que j'ai regretté
01:22:18après
01:22:18parce que les messages
01:22:19les plus graves
01:22:20notamment
01:22:21de
01:22:24menaces
01:22:25d'actes terroristes
01:22:26masculinistes
01:22:27bah en fait
01:22:28du coup
01:22:28on n'a plus de preuves
01:22:29et donc
01:22:31encore une fois
01:22:31c'est un peu
01:22:32le problème
01:22:32c'est que
01:22:33demander
01:22:35bêtement
01:22:35aux médias
01:22:36par exemple
01:22:36ou aux plateformes
01:22:37de retirer
01:22:38mais sans garder
01:22:38les preuves
01:22:39ça protège
01:22:40les agresseurs
01:22:41donc
01:22:43en effet
01:22:43à ce moment là
01:22:44c'était à ma demande
01:22:44mais je n'avais pas
01:22:45anticipé que ça allait
01:22:46devenir un super
01:22:46harcèlement de masse
01:22:47à ce moment là
01:22:47etc
01:22:49après coup
01:22:50une fois qu'il y a eu
01:22:51les condamnations
01:22:51j'étais un peu déçue
01:22:52de ne pas aller voir
01:22:53au procès
01:22:53je leur ai dit
01:22:55après coup
01:22:55quand il y a eu
01:22:55les condamnations
01:22:57j'aurais bien aimé
01:22:58que le crime média
01:22:59fasse un sujet
01:23:00là dessus
01:23:01ils m'ont réinvité
01:23:03j'ai accepté
01:23:04d'y aller
01:23:04mais accompagné
01:23:05de mon avocate
01:23:05violaine
01:23:07parce que
01:23:07je me suis dit
01:23:08que
01:23:09j'ai beaucoup réfléchi
01:23:10mais je me suis dit
01:23:10que
01:23:12parler du cyber harcèlement
01:23:13en parlant
01:23:13qu'on convaincu
01:23:14c'était dommage
01:23:14donc on y a été
01:23:16en demandant
01:23:17est-ce que ce soit
01:23:18pas une interview
01:23:19c'est juste notre parole
01:23:19on l'avait préparé
01:23:20et on s'adresse
01:23:22au potentiel
01:23:23cyber harceleur
01:23:24et donc
01:23:25le crayon
01:23:26m'a offert
01:23:26une boîte
01:23:27de
01:23:30macarons
01:23:31que d'ailleurs
01:23:31je n'ai pas pu manger
01:23:32parce que je suis vegan
01:23:34parce que je pense
01:23:34qu'ils s'en voulaient
01:23:35quand même un peu
01:23:35mais
01:23:37mais voilà
01:23:38enfin je leur ai dit
01:23:39mais faisons
01:23:39un événement plus large
01:23:40faisons une conférence
01:23:41faisons quelque chose
01:23:42on avait même parlé
01:23:43peut-être
01:23:43d'aller au parlement
01:23:44enfin voilà
01:23:45pour parler
01:23:46de votre responsabilité
01:23:47en tant que média
01:23:48qu'est-ce que vous pouvez faire
01:23:49vous
01:23:49pour avoir aussi
01:23:50des outils numériques
01:23:51pour encore une fois
01:23:52récupérer
01:23:53les commentaires
01:23:54etc.
01:23:54et les faire disparaître
01:23:57après récolte
01:23:58et voilà
01:24:00il n'y a pas eu de suite
01:24:00pour l'instant
01:24:01après moi
01:24:02effectivement
01:24:03on a parlé
01:24:04de la responsabilité
01:24:05et des plateformes
01:24:06et des médias
01:24:07et c'est essentiel
01:24:09mais je trouve ça
01:24:10bien aussi
01:24:11de responsabiliser
01:24:13chaque homme
01:24:14qui écrit
01:24:15quoi
01:24:15enfin voilà
01:24:16et je pense que
01:24:16tout est important
01:24:18ça c'était pour le crayon
01:24:21et puis
01:24:24parce que d'autre part
01:24:24il y a plein de médias
01:24:25même engagés
01:24:26de manière progressiste
01:24:28où il y a aussi
01:24:29beaucoup de cyberharcèlement
01:24:30dessus
01:24:31et
01:24:31comme il n'y a pas
01:24:32de directive
01:24:33comme il n'y a pas
01:24:34de façon de faire
01:24:35connue
01:24:35enfin je comprends
01:24:36qu'ils ne sachent pas
01:24:37forcément comment faire
01:24:38même si pour certains
01:24:39le modèle repose
01:24:40effectivement sur
01:24:41faire du buzz
01:24:41y compris du bad buzz
01:24:43sur le dos des femmes
01:24:44et alors sur les vagues
01:24:47donc une vague
01:24:48c'est vraiment
01:24:49le moment
01:24:49où ça va devenir
01:24:51très très massif
01:24:52pendant plusieurs
01:24:53jours, semaines, mois
01:24:56et vous disiez
01:24:57ensuite la vague
01:24:58s'arrête
01:24:58non
01:24:58déjà ça ne s'arrête
01:24:59jamais
01:24:59en fait c'est juste
01:25:00que c'est plus calme
01:25:03mais vous voyez
01:25:04d'ailleurs je l'ai partagé
01:25:06parce que
01:25:08ça me permet
01:25:08d'expulser un peu
01:25:09je ne partage pas toujours
01:25:10mais là en direct
01:25:11pendant qu'on fait
01:25:12cette commission
01:25:16j'ai reçu
01:25:16un mec
01:25:17qui me dit
01:25:18bourgeoise juive
01:25:19par exemple
01:25:19ça continue
01:25:22tout le temps
01:25:23en fait
01:25:23c'est juste que
01:25:24on dit que ce n'est plus
01:25:25une vague
01:25:25parce que ce n'est plus
01:25:26des milliers par jour
01:25:27c'est des centaines par jour
01:25:29on en est là
01:25:31et du coup
01:25:32votre question
01:25:32c'était
01:25:33sur
01:25:35que la vague augmente
01:25:36est-ce que c'est lié
01:25:37à une republication
01:25:38alors des fois
01:25:39oui c'était lié
01:25:40à une republication
01:25:40du crayon
01:25:41mais d'autres fois
01:25:42pas du tout
01:25:42parce qu'encore une fois
01:25:44les commentaires
01:25:45ne sont pas que
01:25:45sur la publication
01:25:46du crayon
01:25:46c'est qu'une fois
01:25:47qu'on est identifié
01:25:48comme étant
01:25:49une féministe
01:25:50à abattre
01:25:50après c'est aussi
01:25:52moi quand je poste
01:25:53tout et n'importe quoi
01:25:54c'est
01:25:55pardon
01:25:58oui c'est ça
01:25:58vont rechercher
01:25:59d'autres publications
01:26:00soit j'en fais une
01:26:01je fais un média
01:26:02n'importe lequel
01:26:03qui va fonctionner
01:26:04et après on est identifié
01:26:06c'est à dire que
01:26:06ça se décorèle
01:26:07du crayon
01:26:08très très vite
01:26:10et donc je sais
01:26:11que tant que je prendrai
01:26:12la parole dans l'espace public
01:26:13et qu'il y aura
01:26:14une publication
01:26:14qui est très visible
01:26:15ils seront là
01:26:16je le sais
01:26:17mais pour autant
01:26:18j'arrête pas de sortir
01:26:19alors que je sais
01:26:20qu'il y a des agresseurs
01:26:21dans la rue
01:26:22j'arrêterai pas
01:26:23de parler
01:26:23dans l'espace public
01:26:24parce qu'il y a des agresseurs
01:26:25dans l'espace public
01:26:25mais il y a beaucoup de femmes
01:26:26qui m'ont écrit
01:26:28que ce qui m'arrivait
01:26:29leur faisait peur
01:26:30et que donc
01:26:31elles quittaient
01:26:32les réseaux sociaux
01:26:33et je leur jette pas la pierre
01:26:34je les comprends
01:26:35mais ça ça montre
01:26:36qu'ils y arrivent
01:26:37beaucoup de femmes
01:26:38qui me disent
01:26:38bah moi j'aimerais
01:26:39me mobiliser là dessus
01:26:40faire tel ou tel type
01:26:41de vidéo
01:26:41mais en fait
01:26:42j'ai trop peur
01:26:43de vivre ce que t'as vécu
01:26:44donc elles se taisent
01:26:46voilà
01:26:46c'est ça la vérité
01:26:48et puis
01:26:48et puis sur le fait
01:26:50des amendes
01:26:51c'est vrai qu'on est
01:26:52dans un contexte
01:26:52où on n'arrête pas
01:26:53de nous dire
01:26:54qu'il n'y a plus d'argent
01:26:55pour les droits des femmes
01:26:56de ce qu'il n'y a jamais eu
01:26:57mais encore moins
01:26:57que d'habitude
01:26:58il n'y a plus d'argent
01:26:59nulle part
01:26:59soi-disant
01:27:00bah c'est vrai
01:27:01que ce serait
01:27:01alors là pour le coup
01:27:02si vous voulez renflouer
01:27:03les caisses de l'Etat
01:27:05à chaque fois
01:27:05qu'il y a un commentaire
01:27:07alors pas les menaces de crime
01:27:08ça je pense que c'est important
01:27:09que ça reste au tribunal
01:27:10ça je pense que
01:27:11il faut plus de procès
01:27:12et que c'est des moments importants
01:27:13mais c'est vrai que
01:27:14typiquement
01:27:15si on décidait
01:27:16au niveau du gouvernement
01:27:17que retourne en cuisine
01:27:18c'est-à-dire
01:27:19le truc hyper misogyne
01:27:20de la place des femmes
01:27:21c'est asservir les hommes
01:27:23si à chaque fois
01:27:25qu'il y a un retour
01:27:25dans la cuisine
01:27:27il y avait une amende
01:27:28comme quand on est mal garé
01:27:29alors là
01:27:30je pense qu'on pourrait
01:27:31récupérer des thunes
01:27:32et hop
01:27:33les flécher
01:27:33vers les associations
01:27:35qui accompagnent
01:27:36les victimes
01:27:36et les droits des femmes
01:27:37en général
01:27:37alors ça
01:27:38ça serait vraiment pas mal
01:27:39et du coup
01:27:40faire pareil
01:27:40pour toutes les insultes
01:27:42racistes
01:27:43validistes
01:27:44enfin tout ce qu'on veut
01:27:44je pense qu'on a une manne
01:27:47ce serait dommage
01:27:48de s'asseoir dessus
01:27:49merci
01:27:51voilà pour cette table ronde
01:27:52organisée au Sénat
01:27:53sur la protection
01:27:54des victimes
01:27:55de cyberharcèlement
01:27:56c'est la fin de cette émission
01:27:57merci de l'avoir suivie
01:27:59continuez à suivre
01:27:59l'actualité politique
01:28:00et parlementaire
01:28:01sur notre site internet
01:28:02publicsénat.fr
01:28:03très bonne suite
01:28:04des programmes
01:28:04sur Public Sénat
01:28:04Sous-titrage Société Radio-Canada
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