- il y a 2 jours
Le 29 avril, la commission des affaires économiques du Sénat auditionnait Antoine Petit, président-directeur général du CNRS. Ce dernier a alerté les sénateurs sur la baisse continue du budget de l’agence. En effet, en 2025, il a dénoncé une perte de financement équivalente à 500 millions d’euros face aux charges obligatoires du CNRS en forte hausse. Mi-avril 2026, le Gouvernement aurait également demandé au CNRS de supprimer de son budget 2026 près de 20 millions d’euros. Il a été interrogé par les sénateurs sur les liens entre population et sciences, et sur les relations entre le monde politique et celui de la recherche, en particulier à l’aune de débat législatifs sur les pesticides. Revivez ces échanges. Année de Production : 2025
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00:00:01Générique
00:00:10Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro de 100% Sénat,
00:00:14l'émission qui vous fait vivre les travaux de la Haute Assemblée.
00:00:17On va parler aujourd'hui de la recherche française, puisque les sénateurs ont auditionné Antoine Petit,
00:00:22le PDG du CNRS, le Centre National de la Recherche Scientifique,
00:00:26une audition pour parler des défis de la recherche française et de ses moyens,
00:00:31alors que l'an dernier, le PDG du CNRS avait déploré une baisse des financements de la part de l
00:00:38'État.
00:00:38Je vous laisse écouter cette audition.
00:00:40Vous l'avez rappelé, le CNRS a été créé en 1939, précisément le 19 octobre 1939,
00:00:46c'est-à-dire quelques semaines après que la France ait déclaré la guerre à l'Allemagne.
00:00:52Et donc il y avait cette idée, dès le départ, que la science allait servir la nation,
00:00:56devant un conflit dont évidemment personne n'imaginait à l'époque la gravité.
00:01:01Et au fond, plus de 85 ans après, le CNRS est toujours là pour servir la nation.
00:01:07Et c'est pour ça que notre slogan, si je peux dire,
00:01:10qui est la recherche fondamentale au service de la société, est quelque chose d'extrêmement important.
00:01:15Si on regarde quel est le positionnement du CNRS aujourd'hui sur la scène internationale,
00:01:20parce que c'est cette scène-là qui est importante, la recherche s'effectue au niveau international.
00:01:25La question n'est pas de savoir si on est les meilleurs en France.
00:01:28Le problème n'est pas là.
00:01:30Le problème est de savoir est-ce que notre pays rayonne d'un point de vue scientifique au niveau international.
00:01:36Et donc le CNRS est une marque qui est connue et reconnue à l'international,
00:01:41qui est vraiment considérée comme la vitrine de la recherche française.
00:01:46Et alors pourquoi ça ?
00:01:47Et bien pour une raison très simple.
00:01:49C'est qu'on a des résultats qui sont exceptionnels et dont on peut être collectivement fier.
00:01:53Pour vous donner juste quelques chiffres, nous sommes le premier organisme bénéficiaire des fonds européens.
00:02:00Nous sommes le premier organisme lauréat des bourses qui s'appelle l'European Research Council,
00:02:06qui est un système qui a été créé par l'Europe il y a maintenant une quinzaine d'années
00:02:10et qui est devenu un indicateur de qualité non seulement en Europe, mais à travers le monde.
00:02:16Mais nous sommes aussi, et ça vous enprendra peut-être un peu plus,
00:02:20le premier bénéficiaire de l'European Innovation Council,
00:02:24qui comme son nom l'indique porte à l'innovation.
00:02:27Nous sommes aussi le premier académique européen classé par l'Office européen des brevets
00:02:35en termes du nombre de dépôts de brevets.
00:02:37Et nous sommes aussi le premier créateur de start-up.
00:02:40Donc pour toutes ces raisons, le CNRS est quelque chose qui, à l'échelle internationale,
00:02:47est considéré comme une des meilleures institutions françaises.
00:02:51On dit parfois que le CNRS est le vaisseau amiral de la recherche française.
00:02:55Je crois que c'est tout à fait vrai.
00:02:57Et dire ça ne fait pas oublier le fait que le CNRS travaille en partenariat,
00:03:02on y reviendra peut-être, avec les universités, les écoles,
00:03:05mais aussi avec les autres grands organismes de recherche que vous connaissez,
00:03:09que je ne vais pas tous citer, mais que vous connaissez.
00:03:12Et comment on arrive à faire tout ça ?
00:03:15L'élément le plus important, ce sont évidemment les femmes et les hommes.
00:03:19C'est-à-dire que la recherche, elle est faite par des êtres humains,
00:03:21pour le moment, on parlera d'intelligence artificielle tout à l'heure.
00:03:24Mais pour le moment, au moins, la recherche est faite par des êtres humains.
00:03:27Et le CNRS a encore un caractère attractif.
00:03:33J'en veux pour preuve que nous continuons à recruter chaque année,
00:03:37parmi nos chercheurs et nos chercheuses permanentes,
00:03:39plus de 30% de gens qui sont en dehors du territoire français,
00:03:43ce qui, dans nos domaines, est un vrai facteur d'attractivité.
00:03:46On pourra y revenir.
00:03:48Un autre élément qui est absolument essentiel dans le CNRS,
00:03:52c'est son caractère pluridisciplinaire.
00:03:54Alors, on parle souvent de pluris ou d'interdisciplinarité.
00:03:57Ce n'est pas une fin en soi.
00:03:58Mais pourquoi c'est devenu particulièrement important ?
00:04:01Parce qu'au fond, tous les grands problèmes nécessitent des approches pluridisciplinaires.
00:04:05Prenons un exemple que vous connaissez tous, la santé.
00:04:08La santé, aujourd'hui, ce n'est pas que de la biologie.
00:04:11C'est de la biologie, c'est de la chimie.
00:04:12Ce sont des modèles mathématiques, ce sont des données,
00:04:15ce sont de l'imagerie, ce sont des capteurs,
00:04:17ce sont aussi des sciences humaines et sociales.
00:04:20Et je pourrais prendre d'autres exemples, comme l'énergie, ou même l'IA.
00:04:23L'IA, aujourd'hui, certes, c'est beaucoup de maths et d'informatique,
00:04:26mais pas seulement.
00:04:27C'est aussi de l'ingénierie, c'est aussi des sciences humaines et sociales.
00:04:31Et donc, le fait qu'il y ait au sein du CNRS toutes ces entités,
00:04:36toutes ces disciplines, est une force absolument incontestable.
00:04:41L'autre point qui est essentiel au CNRS, et qui est essentiel dans la recherche en général,
00:04:47c'est ce qu'on appelle les infrastructures de recherche,
00:04:50qui sont, d'une certaine façon, des aimants à talent.
00:04:54Donc, les infrastructures de recherche, pendant très longtemps,
00:04:56elles étaient essentiellement en physique.
00:04:59Pour prendre l'exemple le plus emblématique que vous connaissez tous,
00:05:02c'est le CERN, en physique des particules.
00:05:04Mais aujourd'hui, toutes les disciplines ont besoin d'infrastructures de recherche.
00:05:10Et c'est quelque chose que nous avons en France à un bon niveau.
00:05:15Là aussi, on pourra se poser des questions sur la pérennisation de ces infrastructures de recherche.
00:05:19Mais très clairement, ça devient un élément extrêmement attractif.
00:05:24Alors maintenant, quelles sont nos faiblesses ?
00:05:26J'y reviendrai, l'impasse budgétaire.
00:05:29J'y reviendrai tout à l'heure, mais c'est sans doute quelque chose d'absolument clé.
00:05:33C'est un manque lié à cet impasse budgétaire de marge de malœuvre.
00:05:39Et c'est un rôle qui, à mon avis, n'est pas complètement assumé dans le paysage français de l
00:05:45'ESR.
00:05:45Je veux dire qu'il y a beaucoup d'acteurs dans le paysage français de l'ESR.
00:05:48Quel rôle veut-on donner au CNRS ?
00:05:50C'est un choix politique qui doit être fait.
00:05:53Et puis, peut-être un cadre qui n'est plus totalement adapté aux réalités du XXe siècle.
00:05:59Pour vous donner un seul exemple, dans toutes les universités au monde,
00:06:04quand vous êtes recruté, vous avez ce qu'on appelle un package d'accueil.
00:06:08C'est-à-dire, on vous donne une certaine somme d'argent pour monter votre équipe.
00:06:13Charge à vous, ensuite, d'aller chercher des contrats, bien entendu.
00:06:17Et ces montants peuvent très facilement atteindre le million d'euros.
00:06:23On vous dit, voilà, monsieur X, madame Y, vous êtes recruté, on compte sur vous.
00:06:27Et voilà.
00:06:27Et en France, ça ne fait absolument pas partie de notre culture.
00:06:31Et dans un monde où le nombre d'acteurs de la recherche a augmenté de façon considérable,
00:06:38ça fait partie des choses qu'on a un petit peu de mal.
00:06:41Et donc, la question de la concurrence se pose.
00:06:44Alors, vous m'avez demandé aussi un peu la même question.
00:06:47C'est-à-dire, c'est quoi les forces et les faiblesses de la recherche française en général ?
00:06:52Je pense que notre faiblesse principale, c'est qu'on perd beaucoup de temps sur de faux sujets.
00:06:58Souvent, on me dit, vous savez, en France, c'est compliqué.
00:07:01Il y a les universités, les écoles, le CNRS.
00:07:05Oh là là, ce n'est pas un jardin à la française.
00:07:07Vous avez raison.
00:07:09Mais si vous allez en Allemagne, qui n'est pas très loin de chez nous,
00:07:12c'est bien plus compliqué que chez nous.
00:07:14Parce qu'il y a les universités, il y a les Franoffers,
00:07:17qui sont des choses qui, grosso modo, n'existent pas chez nous.
00:07:19Mais vous avez aussi la Max Planck, la Leibniz, la Helmholtz,
00:07:24qui sont trois associations qui font toutes plus de 20 000 personnes.
00:07:28Et je peux vous dire que les Allemands ne passent pas tout le temps
00:07:31que nous passons, nous, à essayer de comprendre qu'on pourrait avoir un jardin à la française.
00:07:35Et je pense qu'on perd un temps qui est colossal là-dessus.
00:07:39Et je pense qu'il faut qu'on fasse attention à ça.
00:07:41Et je vous donnais un exemple qui ne concerne pas le CNRS.
00:07:43C'est l'Université Paris-Saclay.
00:07:45L'Université Paris-Saclay, c'est un succès qui est extraordinaire,
00:07:49dans lequel le CNRS a joué son rôle, mais pas seulement.
00:07:52Vous savez probablement que l'Université Paris-Saclay a été cette année
00:07:55classée 13e à Shanghai, au fameux classement de Shanghai.
00:08:00Et selon les années, elle varie entre la 12e et la 15e place, peu importe.
00:08:03Mais si on regarde cette année, c'est intéressant.
00:08:06Si on regardait les 12 premiers, c'est-à-dire que les 12 qui sont avant Paris-Saclay,
00:08:10on a 10 universités américaines, Oxford et Cambridge.
00:08:15Je peux vous dire que si on faisait un ratio entre leur budget et la production,
00:08:21Paris-Saclay serait sans doute premier et bien devant tout le monde.
00:08:24Et donc on a un résultat absolument extraordinaire.
00:08:27Donc pour être très très fier,
00:08:30Paris-Saclay est dans les 50 premiers mondiaux dans 10 disciplines.
00:08:36Elle est dans les 10 premiers mondiaux en maths et en physique.
00:08:39Donc c'est vraiment un succès dont on peut être collectivement très fier.
00:08:43Quel est le grand sujet en ce moment sur Paris-Saclay ?
00:08:45C'est va-t-on les autoriser à sortir de l'expérimentation des...
00:08:50C'est-à-dire un truc dont tout le monde, excusez-moi, tout le monde se fout à part nous.
00:08:55Mais c'est à ça qu'on s'occupe en France.
00:08:57C'est-à-dire plutôt que de dire voilà, on a le champion, un de nos champions,
00:09:01on va les aider, on va les accompagner.
00:09:04Non, on perd du temps à savoir si vraiment...
00:09:07Est-ce que tout est parfait à Paris-Saclay ?
00:09:08Sûrement pas.
00:09:10D'accord ?
00:09:10Est-ce qu'il faut vraiment se polariser sur le fait de savoir
00:09:14est-ce qu'on va leur donner l'autorisation de sortir de l'expérimentation d'eux ?
00:09:18C'est absurde.
00:09:20Et je pense qu'on passe un temps beaucoup trop important en France
00:09:24sur des faux sujets qui nous permettent très franchement de ne pas aborder les vrais sujets.
00:09:31Les vrais sujets, pour moi, c'est une forme de confusion
00:09:35entre l'enseignement supérieur et la recherche.
00:09:38Je veux dire par là que, et là, sans doute que les élus de terrain que vous êtes
00:09:44vont ne pas être d'accord avec moi, mais c'est pas grave.
00:09:47Je pense que l'enseignement supérieur, c'est normal d'avoir une vigilance accrue
00:09:53sur l'attractivité des territoires.
00:09:55La recherche, c'est une compétition.
00:09:58D'accord ?
00:09:58C'est comme en foot.
00:09:59Il n'y a pas un club de première division dans chaque département.
00:10:03Eh bien, en recherche, la France n'est pas un si grand pays que ça.
00:10:05On ne peut pas avoir des centres ou des universités de première division en recherche
00:10:12dans toutes les sous-préfectures.
00:10:14Ce n'est juste pas possible.
00:10:15Je pense qu'il faut qu'on assume le fait que la recherche est quelque chose d'élitiste.
00:10:21Et quand je dis élitiste, ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas de coopération.
00:10:24On dit souvent que la recherche, c'est un monde de coopétition, pour dire que c'est un mélange de
00:10:29coopération et de compétition.
00:10:31C'est vrai.
00:10:32Mais je pense qu'il faut qu'on se méfie, qu'on soit capable de différencier, qu'on soit capable
00:10:35d'identifier nos champions.
00:10:37Paris-Saclay, mais ce n'est pas le seul.
00:10:39Et qu'on puisse faire en sorte que ces champions, on les aide à être performants au niveau international.
00:10:49On a des questions aussi de budget.
00:10:51J'y reviendrai.
00:10:52Mais le budget, on se polarise, de mon point de vue, trop souvent sur l'argent public.
00:10:58Je pense qu'il ne faut pas oublier que le retard principal en France vient de la recherche privée.
00:11:02En termes de R&D, j'y reviendrai.
00:11:04Mais aussi, je trouve qu'on a une question sur la philanthropie scientifique.
00:11:08Ça peut vous paraître un détail, mais ça ne l'est pas.
00:11:10Si vous regardez la manière dont la recherche aux États-Unis ou en Angleterre est financée, elle le doit beaucoup
00:11:17à la philanthropie scientifique.
00:11:19En France, c'est quelque chose qui est très peu développé.
00:11:23Vous avez un avantage fiscal plus important si vous donnez au Resto du Coeur, qui est un truc formidable.
00:11:28Donc on peut juste regretter que ça doive exister en France en 2026.
00:11:32C'est un truc formidable.
00:11:33La question n'est pas là.
00:11:33Mais est-ce que c'est normal de plus avoir un bénéfice fiscal plus important si vous donnez au Resto
00:11:39du Coeur plutôt que dans la recherche ?
00:11:41Je trouve qu'on pourrait réfléchir et que ça me semble des choses sur lesquelles il faut qu'on ait
00:11:47attention.
00:11:48Et puis, quelques dernières remarques sur les faiblesses du système français.
00:11:53Donc là, je vais parler avec une casquette que je n'ai plus.
00:11:56Moi, j'ai été enseignant-chercheur pendant une vingtaine d'années.
00:11:59Je commençais ma carrière dans l'Université d'Orléans, qui est une petite université.
00:12:03Puis je l'ai poursuivi à l'université qui, à l'époque, s'appelait Orsay, qui est donc devenue l
00:12:07'Université Paris-Saclay,
00:12:08avant d'être prof à l'ENS de Cachan, qui s'appelle l'ENS de Paris-Saclay.
00:12:13Et donc, quelques remarques qui ne vont pas me faire que des amis, mais je ne suis pas là pour
00:12:18ça.
00:12:19Je pense qu'il y a un vrai sujet sur la modularité des charges d'enseignement.
00:12:23C'est-à-dire que dans les autres pays, selon votre productivité scientifique, vous n'allez pas avoir la même
00:12:30charge d'enseignement.
00:12:31En France, cette possibilité de moduler les charges d'enseignement existe sur le papier.
00:12:38En pratique, elle n'est quasiment pas mise en œuvre.
00:12:41Autre sujet encore plus polémique, c'est le mode d'élection au sein des universités.
00:12:48Ce qui est assez amusant, c'est qu'on prend souvent en exemple les universités étrangères,
00:12:52mais il n'y a pas un pays au monde qui a le même système électif que nous,
00:12:58où finalement, à la fin, ce sont les étudiants qui décident de qui est président ou présidente.
00:13:03C'est une absurdité, d'accord, qui a failli mettre Paris-Saclay dans le mur.
00:13:07C'est un sujet qui n'est pas traité.
00:13:09Et encore une fois, je ne remets pas en cause le système électif, parce que si vous faites ça, là,
00:13:12c'est...
00:13:12Mais je trouve que là, c'est une vraie réflexion qu'on devrait avoir.
00:13:15Et je ne dis pas que je n'ai aucune prétention à apporter des solutions.
00:13:19Par contre, je trouve que c'est un vrai sujet que je n'ai pas vu traiter depuis une dizaine
00:13:23d'années.
00:13:26Et puis, il y a un autre sujet, alors qu'il est encore plus tabou, c'est la question du
00:13:32coût des études.
00:13:34Et je vais vous raconter une petite anecdote qui m'a beaucoup fait réfléchir.
00:13:37J'étais avec le président de la République au Vietnam il y a six mois, quand il y était,
00:13:41et il a été interpellé par une étudiante qui dit « Monsieur le Préident, vous nous invitez à venir faire
00:13:46vos études en France,
00:13:47mais si j'ai bien compris, c'est gratuit. Comment ça peut être de qualité ? »
00:13:54D'accord ? En fait, ce n'est pas gratuit du tout.
00:13:57Le coût d'un étudiant à l'université, c'est, selon les cursus, c'est entre 10 et 12 000
00:14:01euros.
00:14:03Ce qui n'est pas très loin des standards internationaux.
00:14:05D'accord ? Il y a quelqu'un qui paye. C'est tout.
00:14:08Et le fait qu'on dise à l'étranger, mais non, ce n'est pas gratuit.
00:14:12Ce n'est pas plus gratuit en France qu'ailleurs.
00:14:15Mais on a un système qui... Et qui doit payer ? Ce n'est pas à moi d'apporter une
00:14:18réponse.
00:14:19Mais je trouve que c'est un sujet dans un positionnement international
00:14:22où un des grands enjeux pour la recherche française, c'est de continuer à attirer de bons chercheurs et de
00:14:28bons chercheurs,
00:14:29mais aussi c'est de continuer à attirer des bons étudiants.
00:14:31Je pense que la question devrait se poser.
00:14:35Pourtant, j'en viens aux questions budgétaires qui sont absolument clés.
00:14:39Vous savez sûrement, mais je trouve que le chiffre est significatif,
00:14:43que l'Allemagne dépense chaque année, chaque année, 80 milliards d'euros de plus que nous
00:14:51en dépenses de recherche et développement.
00:14:56Chaque année.
00:14:58C'est les deux, public et privé.
00:15:00Ce qu'on appelle la dépense intérieure de recherche et développement.
00:15:02Et vous avez tout à fait raison.
00:15:05C'est public et privé.
00:15:07Nous sommes à 2,2% du PIB, comme il y a 30 ans.
00:15:14Simplement, il y a 30 ans, en 1996, la moyenne de l'OCDE était à 2,1.
00:15:19Donc derrière la France.
00:15:21Aujourd'hui, elle est à 2,7.
00:15:23Les Chinois étaient à 0,6.
00:15:25Ils sont à 2,4 de leur PIB.
00:15:29Et donc, à un moment, on n'arrivera pas à être aussi performant que les autres
00:15:34en dépensant beaucoup moins.
00:15:36Et ce qui, personnellement, finit par me choquer,
00:15:40c'est le décalage entre nos discours à tous sur le terme
00:15:44« l'innovation, c'est important, il faut investir dans l'arche, etc. »
00:15:48et le fait qu'on sous-investisse.
00:15:50Et encore une fois, vous avez raison, c'est un problème public comme privé.
00:15:55Mais je pense qu'il y a un vrai sujet de ce côté-là.
00:15:58On ne va pas y arriver.
00:16:00Et encore une fois, dans un contexte où le nombre de concurrents a considérablement augmenté.
00:16:06Il y a 30 ans, la Chine n'était pas un pays qui comptait d'un point de vue scientifique.
00:16:11Aujourd'hui, c'est un des pays les plus performants qui existe en termes de science.
00:16:16Et l'image d'épinal du petit Chinois copieurki, je ne sais pas si elle a eu un sens un
00:16:20jour,
00:16:20mais en tout cas, aujourd'hui, elle n'en a aucun.
00:16:21Ils ont des scientifiques de très grande valeur et ce n'est pas le seul.
00:16:26Je prends un autre pays, beaucoup plus petit, donc la comparaison n'a pas de sens,
00:16:31mais Singapour a une vraie politique scientifique pluriannuelle,
00:16:37ce que nous n'arrivons pas à voir.
00:16:40Et ce que je trouve assez inquiétant, c'est qu'il n'y a aucune prime à la méritocratie et
00:16:47au travail.
00:16:48Et je vais prendre pour ça l'exemple du CNRS, évidemment.
00:16:52Il se trouve que, hasard de calendrier, nous avons eu la chance, si je peux dire,
00:16:56d'avoir un rapport de la Cour des comptes en mars 2025.
00:17:02La Cour des comptes, donc je la cite, dit que le CNRS est d'une maturité dans le domaine de
00:17:07la gestion
00:17:07digne d'être relevé dans le monde de l'enseignement supérieur et de la recherche.
00:17:14Cette situation tient à la qualité de la gestion du CNRS, etc., etc.
00:17:19D'accord ?
00:17:20Donc, si je comprends bien, on est, je crois, un bon élève.
00:17:22Je vous ai donné un certain nombre de résultats dans les années passées,
00:17:28que ce soit en termes de bourbet ou de production.
00:17:31Et alors moi, quand je viens d'une famille, quand j'étais petit,
00:17:33moi, si je travaillais bien à l'école, j'étais récompensé.
00:17:36Et si je ne travaillais pas bien, je n'ai pas récompensé.
00:17:38D'accord ?
00:17:40Là, très franchement, je pense que le CNRS travaille bien avec l'ensemble de ses partenaires.
00:17:44Je pense que le sujet n'est pas le CNRS versus les autres acteurs français.
00:17:48Le CNRS travaille bien avec l'ensemble de ses partenaires.
00:17:50Et là, l'État, et je suis désolé de le dire, mesdames et messieurs les sénateurs, vous,
00:17:57vous nous avez piqué, ce n'est pas le bon terme, évidemment, je mets tous les guillemets qui va,
00:18:02500 millions en dedans.
00:18:05D'accord ?
00:18:05Ce qui veut dire qu'on est passé d'une trésorerie saine à une trésorerie où nous sommes à l
00:18:11'os.
00:18:12D'accord ?
00:18:12Et c'est 500 millions en deux ans.
00:18:15C'est des choses auxquelles tout le monde a eu droit.
00:18:16C'est le casse-pension.
00:18:17Pour le CNRS, 120 millions en deux ans.
00:18:20C'est le GVT, 60 millions.
00:18:22C'est les mesures Ireni, 60 millions.
00:18:24Et puis, c'est une mesure spéciale CNRS qu'on vous doit.
00:18:27C'est 100 millions en 2025, 100 millions en 2026.
00:18:31D'accord ?
00:18:32Ce qui veut dire que nous avons bouclé notre budget initial avec un déficit de 239 millions d'euros.
00:18:40Je ne sais pas comment mon successeur va boucler le budget l'an prochain.
00:18:45Alors, certains d'entre vous vont dire « Oui, mais vous avez plein de ressources fléchées. »
00:18:49Vous avez raison.
00:18:51Vous avez raison parce que, comme le CNRS est performant, il a beaucoup de contrats.
00:18:56Tout à l'heure, vous avez dit, Madame la Présidente, que le budget du CNRS était 4,3 milliards.
00:19:00Vous avez évidemment raison.
00:19:01Les 4,3 milliards, c'est 3 milliards qui est la subvention pour charge de services publics.
00:19:05Et c'est 1,3 milliard que nos équipes vont chercher.
00:19:09C'est l'argent compétitif que nous allons chercher à l'ANR, à l'Europe, auprès des industriels.
00:19:15J'y reviendrai.
00:19:16Auprès de France 2030, évidemment.
00:19:20Et là encore, je parle de performance.
00:19:22Nos recettes européennes ont doublé, par exemple, en 10 ans.
00:19:27Et le principe des financements dans la recherche, qui peut vous sembler curieux, mais c'est comme ça,
00:19:32c'est que si avec l'Europe, vous avez un contrat de 100 qui dure 5 ans, l'Europe vous
00:19:37donne 100 le premier jour.
00:19:40Et donc, si c'est un contrat de 5 ans, je simplifie, vous allez dépenser 20 la première année, 20
00:19:46la deuxième, 20 la troisième, etc.
00:19:47Ce qui veut dire que vous avez dans vos caisses, à l'issue de la première année, 80, puisque l
00:19:52'Europe vous a donné 100.
00:19:54Et donc, c'est vrai qu'à la fin, ça fait une somme qui est importante, parce que nous sommes
00:19:58performants.
00:19:59Mais c'est de l'argent qui, d'une certaine façon, est gagé.
00:20:02Donc, on peut faire un peu de cavalerie budgétaire, mais on ne pourra pas en faire beaucoup.
00:20:07Et donc là, il y a un vrai sujet qui va se poser sur le fait de savoir comment est
00:20:12-ce que dans les années à venir,
00:20:13on va pouvoir... Parce que, d'une certaine façon, on a mangé toutes nos économies libres d'engagement.
00:20:18Et donc, il y a un sujet qui se pose.
00:20:20Et quand je disais que je trouvais qu'on ne mettait pas forcément en avant la méritocratie,
00:20:25c'est que peut-être a-t-on des reproches à faire au CNRS.
00:20:28Moi, je ne prétends pas qu'on est parfait.
00:20:30Je pense qu'on a plutôt un certain nombre de très bons résultats.
00:20:32Mais au fond, aujourd'hui, tous les indicateurs sont plutôt au vert.
00:20:36Et pourtant, on nous met dans une situation budgétaire qui va devenir extrêmement compliquée.
00:20:42Ça me permet d'embrayer sur le lien avec les recherches, avec les entreprises,
00:20:46qui est un élément absolument clé.
00:20:48Donc, on a... Ça existait bien avant que je n'arrive.
00:20:50Mais c'est vrai qu'on a développé pendant mes années de présidence cette dimension-là.
00:20:57Et alors, peut-être certains se disent, oh, mais la recherche fondamentale,
00:20:59finalement, les entreprises s'en foutent. Ils n'ont pas besoin de ça.
00:21:01Ce dont ils ont besoin, c'est de recherches appliquées.
00:21:03Je pense que c'est une grave erreur.
00:21:05C'est une grave erreur. Et j'ai envie de... Je vais vous le démontrer, si je peux dire.
00:21:09Et avant ça, je vais prendre peut-être une métaphore
00:21:12où on parle souvent de l'échelle TRL.
00:21:15J'imagine que certains d'entre vous n'en ont pas parlé.
00:21:18C'est Technological... Technologie, pardon, Readiness Level,
00:21:21qui, au fond, évalue le niveau de maturité d'une technologie.
00:21:25Donc, quand ça sort de nos labos, c'est TRL 1.
00:21:27Et quand ça rentre dans le monde industriel, c'est TRL 9.
00:21:31Donc, c'est une échelle. Et c'est une vraie échelle.
00:21:34C'est-à-dire que si vous êtes dans votre jardin avec une échelle
00:21:36et que vous enlevez les quatre premiers échelons,
00:21:38vous allez avoir du mal à monter à l'échelle.
00:21:41Pour le transfert, c'est la même chose.
00:21:43Si vous n'avez pas de recherche fondamentale,
00:21:45vous n'arriverez pas à transférer les résultats
00:21:48dans le monde industriel.
00:21:50Et j'en veux pour preuve que nous avons développé,
00:21:53vous en avez parlé, Madame la Présidente,
00:21:55les laboratoires communs avec des industriels.
00:21:58Donc, ce sont des laboratoires dans lesquels nous,
00:22:00CNRS, faisons notre métier,
00:22:02c'est-à-dire la recherche fondamentale.
00:22:03Mais on le fait sur des questions qui ont été définies
00:22:06avec les partenaires industriels.
00:22:09Alors, les partenaires industriels ne nous imposent rien.
00:22:11Vous savez bien que les chercheurs, les chercheuses,
00:22:13ils font ce qu'ils veulent, entre guillemets.
00:22:14D'accord ?
00:22:15Donc, ce n'est pas ça.
00:22:15Donc, on n'est pas en train de nous vendre quoi que ce soit.
00:22:18C'est juste de dire,
00:22:18quels sont les sujets qui vous intéressent ?
00:22:21Et aujourd'hui, peut-être plus qu'hier,
00:22:25si c'est une jolie question scientifique
00:22:27qui, en plus, a des applications potentielles,
00:22:31les chercheurs et les chercheuses,
00:22:32ils sont absolument ravis.
00:22:34Et donc, il y a une dynamique qui est très forte,
00:22:36puisqu'on avait fêté le 200e labo fin 2021,
00:22:40et qu'aujourd'hui, on en est à 330.
00:22:42Et ce qui est intéressant, c'est qu'il y a seulement,
00:22:45si je peux dire, une grosse moitié avec des grands groupes.
00:22:47Ce qui veut dire qu'il y a une petite moitié avec des ETI,
00:22:52des PME, voire parfois des TPE,
00:22:54qui sont sur des niches
00:22:55et qui ont besoin de garder un lien avec le secteur académique
00:23:00pour être concurrentiel demain.
00:23:03Donc, on n'est pas là, nous, pour régler le problème industriel
00:23:05qui est un sujet pour les trois mois à venir.
00:23:07C'est quoi ?
00:23:08Moi, je dis souvent aux industriels,
00:23:09c'est quoi vos rêves ?
00:23:11C'est quoi vos...
00:23:12C'est qu'est-ce que vous aimeriez être capable de faire
00:23:14dans cinq ou dix ans ?
00:23:15Peut-être trois ans, parfois.
00:23:16Et c'est quelque chose qui marche très bien.
00:23:19Et il me semble qu'à un moment où on se dit
00:23:21que la recherche privée n'investit pas assez,
00:23:23on pourrait réfléchir tous ensemble
00:23:25à comment on pourrait encourager ça.
00:23:27Et donc, nous, on a fait une proposition
00:23:29depuis des années au CNRS,
00:23:30donc peut-être même à vous, je ne me souviens plus.
00:23:32Donc, tout le monde a dit,
00:23:33allez, bien, ta proposition,
00:23:34mais c'est le fait de dire
00:23:36qu'on pourrait imaginer un système
00:23:38qui existe dans d'autres pays
00:23:39d'abondement à ses laboratoires
00:23:42publics, privés,
00:23:43sous le mode
00:23:44le CNRS met X,
00:23:47Thalès, qui est un de nos principaux partenaires,
00:23:48pour prendre un exemple,
00:23:49met Y,
00:23:50et l'état abonde de Z
00:23:52que vous calculez en fonction des X et Y,
00:23:54comme vous voulez.
00:23:55L'avantage qu'aurait ce système,
00:23:57parce que vous allez me dire,
00:23:57mais c'est une forme de crédit impôt recherche,
00:23:59oui et non,
00:23:59parce que
00:24:01ça irait directement au laboratoire.
00:24:03Alors que le crédit impôt recherche,
00:24:05qui a plein de vertus,
00:24:06je ne le remets pas en cause,
00:24:08d'une certaine façon,
00:24:09on peut dire qu'il bénéficie souvent plus
00:24:11au directeur financier de la boîte
00:24:12qu'au directeur de la recherche.
00:24:14Et donc, je pense que là,
00:24:15si on veut,
00:24:16et je pense qu'on a besoin dans notre pays,
00:24:18qu'il y ait plus d'investissement
00:24:19dans la recherche privée.
00:24:20Donc, il faut trouver des formes d'encouragement.
00:24:22Je ne dis pas que ma proposition
00:24:24va révolutionner le monde,
00:24:25mais je pense qu'il faut se donner
00:24:27de nouveaux moyens.
00:24:28Si on veut qu'il y ait plus d'investissement
00:24:30du privé,
00:24:31il faut qu'on se donne plus de moyens.
00:24:34Donc, ces laboratoires communs,
00:24:36vous l'avez dit, Madame la Présidente,
00:24:37c'est une des façons,
00:24:38probablement la plus originale
00:24:40qu'on travaille avec les industries.
00:24:43C'est financé en partie par l'ANR
00:24:45via le programme qui s'appelle Labcom.
00:24:47La seule chose,
00:24:48c'est que le programme de l'ANR
00:24:49se limite au PME.
00:24:50Ce n'est pas une critique.
00:24:51Et nous, on l'a généralisé.
00:24:53Et ce qui est intéressant,
00:24:54c'est que nos grands partenaires
00:24:56que sont, j'ai cité Thalès,
00:24:57mais c'est aussi Total Energy,
00:24:59c'est aussi Michelin,
00:25:00c'est aussi Safran,
00:25:01c'est aussi Stellantis.
00:25:02Ce n'est pas un laboratoire commun
00:25:04qu'on a avec eux,
00:25:05c'est 6, 7, 8,
00:25:06parfois une dizaine,
00:25:07parce que le CNRS couvrant
00:25:09l'ensemble de territoire,
00:25:10on est capable de dire
00:25:11sur tel sujet,
00:25:12le bon acteur académique
00:25:14pour construire un partenariat,
00:25:16il est à tel endroit.
00:25:17Et cette couverture
00:25:18nous donne un avantage majeur.
00:25:23Autre manière de travailler
00:25:24avec les industriels,
00:25:25et vous l'avez cité,
00:25:26c'est partie de vos questions,
00:25:28les startups.
00:25:29Alors, les startups,
00:25:30si on était pas en France,
00:25:32mais dans un autre pays,
00:25:33on aurait des histoires racontées
00:25:35avec des traits mots dans la voix,
00:25:37puisque j'imagine
00:25:38que pas beaucoup d'entre vous,
00:25:40je m'avance,
00:25:41sont capables de me dire
00:25:43quelle est une des dernières boîtes
00:25:45qui soit rentrée au CAC 40
00:25:46et qui est issue du CNRS.
00:25:49Il n'y a pas d'interroge,
00:25:50je ne me permettrai pas,
00:25:51mais c'est...
00:25:52Je vais vous le dire.
00:25:53Oui, absolument,
00:25:54je vais vous le dire.
00:25:54C'est Eurofins scientifique.
00:25:57Eurofins scientifique
00:25:57qui est une histoire
00:25:58absolument extraordinaire
00:25:59parce que la personne
00:25:59qui a créé Eurofins scientifique,
00:26:01Gilles Martin,
00:26:02dans les années 85,
00:26:03est toujours le patron
00:26:04d'Eurofins scientifique aujourd'hui.
00:26:06Ce qui est exceptionnel
00:26:07parce que vous le savez,
00:26:07d'habitude...
00:26:10Oui, ça, j'y suis pour rien.
00:26:12Ça, c'est un autre sujet.
00:26:13Vous avez sûrement raison,
00:26:15vous connaissez l'histoire.
00:26:16Mais le fait est que ça vient...
00:26:18Le fait est que c'est une boîte
00:26:20qui a été créée en France.
00:26:22Après, elle a vécu sa vie.
00:26:23Le CNRS n'est pas responsable
00:26:25du devenir des boîtes
00:26:27qui sont issues de ces laboratoires.
00:26:30Et donc, ça prouve
00:26:31qu'on crée des startups.
00:26:33Alors, elles ne sont pas toutes
00:26:34rentrées au CAC 40, évidemment,
00:26:35mais on crée des startups
00:26:36qui sont couronnées de succès.
00:26:39Et le point important
00:26:40que vous avez souligné,
00:26:40Madame la Présidente,
00:26:41c'est le taux de survie à 10 ans.
00:26:43Et pourquoi ça ?
00:26:45Parce qu'en fait,
00:26:46ces startups,
00:26:46elles sont ce qu'on appelle deep tech.
00:26:48C'est un monde qui est devenu à la mode,
00:26:50mais ça a toujours été vrai.
00:26:51C'est-à-dire qu'elles s'appuient
00:26:52sur des résultats de recherche
00:26:54de grande qualité.
00:26:55Et meilleure, d'une certaine façon,
00:26:57est la recherche sur laquelle
00:27:00la création de startups s'appuie.
00:27:02Plus grandes sont les chances
00:27:03que cette startup perdure
00:27:05et soit disruptive
00:27:06par rapport à la concurrence.
00:27:07Et c'est vrai que ce taux de 74%,
00:27:09qui est exceptionnel,
00:27:11est lié à ça,
00:27:12en sachant, bien sûr,
00:27:13que toutes ces startups
00:27:14n'ont pas vocation
00:27:15à devenir des licornes.
00:27:16Beaucoup sont sur des niches
00:27:17et emploient quelques dizaines
00:27:18de personnes,
00:27:19mais en soi,
00:27:20ça n'est évidemment pas mal.
00:27:22Ça s'est aussi accompagné
00:27:24par une politique
00:27:25concernant les brevets.
00:27:26On a aujourd'hui
00:27:26plus de 7000 familles
00:27:29de brevets.
00:27:31Et on travaille dans absolument
00:27:33tous les secteurs,
00:27:36tous les secteurs économiques
00:27:38et toutes les verticales,
00:27:40si je peux dire.
00:27:42Notamment, on y a,
00:27:43ça me permet de faire la transition
00:27:44avec le dernier point.
00:27:45Alors, ce qui est intéressant,
00:27:46c'est que dans les startups
00:27:47qui sont issues du CNRS,
00:27:49il y a très peu,
00:27:50et je ne vais probablement
00:27:52pouvoir dire même pas,
00:27:53de startups
00:27:53qui sont purement IA.
00:27:56Par contre,
00:27:57et ça, c'est un enjeu majeur,
00:27:58j'en suis convaincu
00:28:00pour notre pays
00:28:00et pour la recherche,
00:28:01c'est des startups
00:28:02qui vont utiliser l'IA
00:28:05d'une façon ou d'une autre.
00:28:06Donc, on considère
00:28:06qu'il y a à peu près 30%
00:28:07aujourd'hui des startups
00:28:08issues du CNRS
00:28:09qui utilisent l'IA.
00:28:11Et c'est quelque chose
00:28:12sur lequel, à mon avis,
00:28:13il faut que l'Europe
00:28:14doit porter une attention particulière.
00:28:17Donc, c'est vrai
00:28:18qu'il y a les exemples
00:28:19que vous avez cités,
00:28:19Madame la Présidente,
00:28:20comme Mistral
00:28:21ou la boîte de Yann Lequin,
00:28:22mais qui sont plutôt l'exception.
00:28:24Par contre,
00:28:25le fait de faire IA
00:28:26et quelque chose,
00:28:27ça, c'est quelque chose
00:28:28d'absolument essentiel.
00:28:30Un sujet dont on entend parler
00:28:31à longueur de temps
00:28:32en ce moment
00:28:32dans les journaux,
00:28:34c'est IA et défense.
00:28:36L'implication de l'utilisation
00:28:38de l'IA dans la défense,
00:28:39puis l'utilisation de l'IA
00:28:40dans la robotique
00:28:41est quelque chose
00:28:41d'absolument majeur.
00:28:44Et je crois que c'est un secteur
00:28:45sur lequel il faut qu'on porte
00:28:46une attention particulière.
00:28:48Et c'est pour ça qu'au CNRS,
00:28:49on a créé il y a quelques années
00:28:50un centre virtuel
00:28:52qui s'appelle AI.
00:28:53Excusez-moi,
00:28:53c'est un peu d'anglais,
00:28:54mais AI for Science,
00:28:55Science for AI.
00:28:57On est convaincus
00:28:58qu'aujourd'hui,
00:28:59l'IA est en train
00:29:00de révolutionner le monde.
00:29:01Vous le savez,
00:29:01ce n'est pas un scoop,
00:29:02mais elle est aussi en train
00:29:03de révolutionner la science.
00:29:04Et ça, il faut en être conscient.
00:29:06Avec plein d'opportunités,
00:29:08mais aussi un certain nombre
00:29:09de risques
00:29:09sur lesquels on pourra revenir
00:29:11si vous le souhaitez.
00:29:13Et nous sommes convaincus
00:29:14qu'il faut développer
00:29:17l'utilisation de l'IA
00:29:19pour la défense,
00:29:20pour l'énergie,
00:29:21pour la santé,
00:29:22pour les matériaux,
00:29:24etc.
00:29:24Et que c'est un grand enjeu
00:29:26sur lequel on n'a probablement
00:29:28pas encore perdu la guerre,
00:29:30si je peux dire,
00:29:31économique ou industrielle,
00:29:32contre les Chinois
00:29:33ou les Américains,
00:29:35alors que sur des acteurs
00:29:36purs,
00:29:37l'IA,
00:29:38c'est probablement
00:29:39plus compliqué.
00:29:41Puis, il ne faut pas oublier
00:29:41non plus qu'on a encore
00:29:42besoin de science
00:29:43pour l'IA.
00:29:45C'est-à-dire que l'IA,
00:29:48je suis convaincu
00:29:49qu'en fait,
00:29:50même si ça nous impressionne tous,
00:29:51on n'en est qu'au balbutiement
00:29:53de l'IA.
00:29:54Et il faut aussi
00:29:55qu'on comprenne
00:29:56comment est-ce qu'on fait
00:29:58des IA plus frugales.
00:29:59Vous savez qu'un des grands
00:30:01dangers aujourd'hui,
00:30:03c'est la consommation énergétique
00:30:04qu'il y a l'IA,
00:30:05que si on s'amusait
00:30:06à faire tous des requêtes
00:30:08sur l'IA générative,
00:30:11on va rapidement mettre
00:30:12la planète à sec
00:30:15parce qu'on ne s'en rend pas compte,
00:30:17mais c'est une consommation
00:30:19énergétique absolument énorme.
00:30:20Donc, on a besoin
00:30:21d'IA plus sobre.
00:30:24On a besoin, évidemment,
00:30:26de comprendre
00:30:26comment est-ce que,
00:30:28d'une certaine façon,
00:30:28ce qui est produit par l'IA,
00:30:31on le différencie
00:30:32de ce qui n'est pas produit
00:30:33par l'IA,
00:30:34ce qui est extrêmement compliqué.
00:30:35Alors, si c'est pour la bonne cause,
00:30:37si je peux dire,
00:30:38ce n'est pas très grave.
00:30:39Si c'est pour la désinformation,
00:30:41c'est évidemment dramatique
00:30:42et notamment dramatique
00:30:43pour les démocraties.
00:30:45Donc, je pense,
00:30:45là, il y a des vrais sujets
00:30:47qu'il convient de traiter
00:30:50dans lesquels,
00:30:51à mon avis,
00:30:53il faut qu'on ait
00:30:54sur beaucoup de ces sujets
00:30:55une réflexion
00:30:55qui est plutôt
00:30:56au niveau européen
00:30:57qu'au niveau français.
00:30:59je ne suis pas sûr
00:31:00que sur un domaine
00:31:00comme l'IA,
00:31:01envisager
00:31:02une souveraineté
00:31:03purement française
00:31:04soit juste faisable.
00:31:06Et donc,
00:31:06je pense que c'est quelque chose
00:31:07sur lequel il faut
00:31:08avoir une réflexion
00:31:10globale.
00:31:11Et peut-être que
00:31:12sur ce sujet-là,
00:31:14comme sur un certain nombre
00:31:15d'autres,
00:31:17il faut qu'on sache
00:31:18peut-être mieux faire
00:31:19des choix
00:31:20que ce qu'on fait.
00:31:21c'est-à-dire que,
00:31:23comme je vous l'ai dit,
00:31:24on dépense quand même
00:31:25plutôt moins d'argent
00:31:26que les autres
00:31:27dans notre activité
00:31:28de recherche et développement.
00:31:29On va avoir du mal
00:31:30en dépensant moins d'argent
00:31:31que les autres
00:31:32à être à la pointe
00:31:33sur tous les sujets.
00:31:35Donc, je pense que là,
00:31:36c'est une réflexion difficile
00:31:37parce qu'évidemment,
00:31:38ça veut dire faire des choix
00:31:39et faire des choix,
00:31:40ce n'est pas ce qu'il y a
00:31:41de plus facile.
00:31:42Et peut-être pour concluir
00:31:43si vous me permettez
00:31:44ce propos liminaire,
00:31:46je trouve qu'il nous manque
00:31:48souvent en France
00:31:48d'avoir une approche
00:31:49un peu holistique.
00:31:50C'est-à-dire
00:31:51que pendant très longtemps,
00:31:52on a opposé un peu
00:31:54le monde académique
00:31:55avec le monde industriel.
00:31:56Très franchement,
00:31:57je pense que c'est du temps passé,
00:31:59c'est du temps révolu.
00:32:00Aujourd'hui,
00:32:01les industriels
00:32:02ont mieux compris
00:32:03ce qu'ils pouvaient attendre
00:32:04d'un institut de recherche
00:32:06comme le CNRS.
00:32:07Les chercheurs et les chercheuses
00:32:08ont compris
00:32:09que travailler
00:32:10sur des questions industrielles,
00:32:11c'est potentiellement travailler
00:32:13sur des jolies questions scientifiques
00:32:15et c'est en aucun cas
00:32:16vendre son âme au diable.
00:32:17Mais il faut qu'on arrive
00:32:19à avoir une approche globale
00:32:21ce qui n'est pas simple,
00:32:23mais il faut qu'il y ait un dialogue
00:32:25qui intervienne.
00:32:27les France 20-30
00:32:28le permettent,
00:32:31l'a permis,
00:32:31mais je pense qu'on a encore
00:32:33des marges de progrès.
00:32:34Encore une fois,
00:32:34pour avoir une vision
00:32:35un peu globale,
00:32:35on a une petite tendance
00:32:36à saucissonner.
00:32:38On fait la recherche fondamentale,
00:32:39puis après,
00:32:39on regarde comment on l'applique,
00:32:40puis après,
00:32:41on regarde les start-up,
00:32:41puis après...
00:32:42Et je pense qu'il faut avoir
00:32:43cette approche globale.
00:32:45Juste pour terminer,
00:32:46vous donner un exemple,
00:32:47vous savez qu'on est un pays
00:32:49qui est bon dans le quantique.
00:32:51On a à la fois des prix Nobel,
00:32:54je pense évidemment à Alain Aspect
00:32:56ou aussi à Michel Dévoray
00:32:57qui l'a eu cette année,
00:32:58même s'il est parti à Yale
00:32:59il y a quelques années.
00:33:00On a des start-up,
00:33:02ce qui est très bien.
00:33:03On a une recherche fondamentale
00:33:04en physique qui est excellente.
00:33:07Et on est arrivé à...
00:33:09Toutes les start-up,
00:33:10on peut dire,
00:33:11qui comptent dans l'avenir du quantique
00:33:12ont des liens avec le CNRS.
00:33:14Donc on a même créé
00:33:15des labos communs
00:33:16avec les start-up.
00:33:17Donc d'une certaine façon,
00:33:19la boucle se reboucle.
00:33:20Il n'empêche qu'à la fin,
00:33:22on va avoir du mal
00:33:23à faire en sorte
00:33:24que ces start-up
00:33:25se développent en France,
00:33:26voire même en Europe.
00:33:28Et donc on a vraiment
00:33:29un sujet global,
00:33:30c'est-à-dire,
00:33:30quelle est la recherche fondamentale
00:33:32dont ont encore besoin
00:33:33ces start-up ?
00:33:34Parce qu'on n'est pas
00:33:35l'ordinateur quantique,
00:33:36vous ne l'aurez pas
00:33:37dans votre bureau demain
00:33:38ni même après-demain.
00:33:39Donc on a encore besoin
00:33:40de recherche fondamentale.
00:33:41On a à l'autre bout du spectre,
00:33:43si je peux dire,
00:33:44besoin de capitaux
00:33:45pour permettre à ces start-up
00:33:46de se développer en France
00:33:47et de ne pas être rachetés
00:33:48par des capitaux étrangers.
00:33:50Et donc il faut vraiment
00:33:51avoir cette vision globale.
00:33:52Et je trouve qu'il y a souvent
00:33:53des sujets sur lesquels
00:33:54on n'a encore une fois
00:33:55pas complètement cette vision globale.
00:33:57Voilà.
00:34:00Merci beaucoup,
00:34:01M. le Président,
00:34:02directeur général,
00:34:03pour cette intervention liminaire
00:34:04qui était passionnante.
00:34:06D'ailleurs,
00:34:06il n'y a pratiquement personne
00:34:07qui n'a chuchoté
00:34:08dans l'assistance.
00:34:10Et en tout cas,
00:34:11vous avez aussi,
00:34:12au-delà bien évidemment
00:34:13de la vérité
00:34:15que vous avez délivrée,
00:34:17voilà,
00:34:17vos propos étaient extrêmement
00:34:19pédagogues
00:34:19et c'est passionnant.
00:34:21Donc on va passer aux questions.
00:34:23Et d'abord,
00:34:23je laisse la parole
00:34:24à notre rapporteur
00:34:26pour avis
00:34:26du budget recherche,
00:34:29Patrick Chaz.
00:34:30Chaz, pardon.
00:34:31Oui, merci,
00:34:32Mme la Présidente,
00:34:33M. le Président,
00:34:34directeur général,
00:34:35chers collègues.
00:34:35Alors vous avez effectivement
00:34:37abordé déjà
00:34:38un grand nombre
00:34:39de sujets.
00:34:40Donc pardonnez-moi
00:34:41si je suis redondant
00:34:42à vos propos,
00:34:43mais ça permettra
00:34:44de toute façon
00:34:44de pouvoir
00:34:46donc finalement
00:34:48faire en sorte
00:34:49que les choses
00:34:50soient reprécisées.
00:34:53Alors tout d'abord,
00:34:55depuis octobre 2024,
00:34:56vous l'avez dit,
00:34:57les charges non compensées
00:34:58au CNRS
00:34:59ont représenté
00:35:00plus de 500 millions d'euros
00:35:02avec la hausse
00:35:03de cotisations
00:35:04au CRS pension,
00:35:05le glissement
00:35:06en vieillesse technicité,
00:35:07la ponction
00:35:08sur la trésorerie,
00:35:09etc.
00:35:10Au mois de mars 2025,
00:35:12le gouvernement
00:35:13et non le Parlement
00:35:14vous a imposé
00:35:16une nouvelle réduction
00:35:16de vos dépenses
00:35:17en cours d'année
00:35:17de 20 millions d'euros.
00:35:19Or,
00:35:2091% de votre budget
00:35:22est mobilisé
00:35:23par la masse salariale,
00:35:24ce qui signifie
00:35:25que ces suppressions
00:35:26de crédits
00:35:26pèseront essentiellement
00:35:28sur les activités
00:35:29conduites
00:35:30par les laboratoires
00:35:30de recherche.
00:35:31Cela représente
00:35:33par exemple
00:35:338% de crédits
00:35:34en moins
00:35:35pour les mathématiques.
00:35:37Partagez-vous
00:35:38l'inquiétude
00:35:39d'un collectif
00:35:40de directeurs
00:35:40du CNRS
00:35:41qui pointait
00:35:42le 14 avril
00:35:43dans une tribune
00:35:44dans Le Monde
00:35:44un désengagement
00:35:46global de l'État français
00:35:47de la recherche publique,
00:35:49alors que
00:35:50dans le même temps,
00:35:50le budget gouvernemental
00:35:52de la Chine
00:35:52consacré à la recherche
00:35:53scientifique
00:35:54prévoit une hausse
00:35:55de 10%
00:35:56cette année.
00:35:59Sujet connexe,
00:36:00quel regard portez-vous
00:36:01sur la place actuelle
00:36:02de la recherche
00:36:03par appel à projet
00:36:04au niveau européen
00:36:06avec Horizon Europe
00:36:08comme au niveau français
00:36:09avec l'Agence nationale
00:36:11de la recherche ?
00:36:12Est-on aujourd'hui
00:36:13au bon niveau
00:36:14de sélectivité
00:36:15de sorte
00:36:16que tous les projets
00:36:17qui le méritent
00:36:17parviennent
00:36:18à se financer ?
00:36:20Le fardeau administratif,
00:36:21vous l'avez évoqué également,
00:36:23lié à ses compétitions
00:36:24pour l'accès
00:36:25au financement,
00:36:26est-il raisonnable ?
00:36:27J'ai une partie
00:36:28de votre réponse
00:36:29ou fait-il perdre
00:36:30trop de temps
00:36:31de recherche effective
00:36:32aux chercheurs ?
00:36:33Enfin,
00:36:35j'aimerais savoir
00:36:35si vous considérez
00:36:36qu'il faudrait
00:36:37que les pouvoirs publics
00:36:38se montrent plus dirigistes
00:36:39en définissant plus précisément
00:36:41les champs de recherche
00:36:43prioritaires pour la nation
00:36:44ou si la place
00:36:45laissée à la liberté
00:36:46des chercheurs
00:36:47dans le choix
00:36:47de leur domaine de recherche
00:36:48doit être préservée ?
00:36:50Je vous remercie.
00:36:51Voilà,
00:36:52je vous propose
00:36:52de répondre à M. le rapporteur
00:36:54et ensuite en prendre
00:36:54des questions
00:36:55trois par trois.
00:36:56Alors,
00:36:57j'ai évidemment
00:36:58vu la tribune
00:36:59de mes collègues
00:36:59dans le monde.
00:37:03Je les aime beaucoup.
00:37:06Mais le problème,
00:37:07ce n'est pas les 20 millions.
00:37:08Le budget du CNRS,
00:37:10c'est 4,3 milliards.
00:37:11D'accord ?
00:37:12Donc,
00:37:12vous allez avoir du mal
00:37:13à expliquer
00:37:14à des gens autour de vous
00:37:16que le problème,
00:37:17c'est 20 millions.
00:37:18D'accord ?
00:37:19Le problème,
00:37:19c'est ce que vous avez évoqué.
00:37:20C'est les 500 millions.
00:37:21D'accord ?
00:37:22Donc,
00:37:22à la fin,
00:37:23on nous a demandé
00:37:23de faire une économie
00:37:24supplémentaire des 20 millions.
00:37:25OK.
00:37:25Ce n'est pas bien.
00:37:26C'est juste de la perte
00:37:27de temps.
00:37:28parce qu'à l'échelle
00:37:29du CNRS,
00:37:30on va dire
00:37:3020 millions,
00:37:30ça représente quoi ?
00:37:31On aurait très bien
00:37:32pu nous dire
00:37:33écoutez,
00:37:33on aimerait bien
00:37:34qu'en fin d'année,
00:37:36en exécution,
00:37:36vous ayez fait
00:37:3720 millions de moins
00:37:38et on se serait débrouillé
00:37:39pour le faire.
00:37:40Là,
00:37:40non,
00:37:40non,
00:37:40vous allez dire
00:37:40non,
00:37:41non,
00:37:41non,
00:37:41non,
00:37:41il faut que ça vous
00:37:42fasse mal.
00:37:43D'accord ?
00:37:43Vous allez nous expliquer
00:37:44comment vous retirez
00:37:4620 millions.
00:37:47Comme vous l'avez dit,
00:37:4991% de la subvention
00:37:50pour charge
00:37:51du service public,
00:37:51c'est de la masse salariale.
00:37:54On ne m'a pas autorisé
00:37:55à virer des fonctionnaires
00:37:56et heureusement,
00:37:57je ne l'aurais pas fait.
00:37:59D'accord ?
00:38:09Et en fait,
00:38:09les 20 millions d'euros
00:38:10d'économies qu'on a faites,
00:38:12on les a répartis
00:38:12en 6 millions et demi
00:38:13de décalage
00:38:14d'opérations immobilières,
00:38:16ce qui n'est pas une bonne idée
00:38:17parce que ça veut juste dire
00:38:18que votre patrimoine,
00:38:19vous l'entendez moins bien,
00:38:20est 13 et demi.
00:38:21Ce qui veut dire
00:38:21qu'on a en moyenne
00:38:22retiré 5%.
00:38:24D'accord ?
00:38:25Alors après,
00:38:25il faut être conscient du fait
00:38:27que dans la vie
00:38:28d'un laboratoire,
00:38:30ce que nous donnons
00:38:31à ce laboratoire,
00:38:32on prendra à peu près
00:38:3215% de ces,
00:38:34en moyenne,
00:38:3415% de ces recettes
00:38:36hors salaire.
00:38:37D'accord ?
00:38:38Donc en fait,
00:38:38on a retiré 5% de 15%,
00:38:40ce qui n'est pas énorme en soi.
00:38:42D'accord ?
00:38:42Donc c'est très bien
00:38:43que les directeurs
00:38:44et les directrices d'unité
00:38:46soient intervenus
00:38:46parce que là,
00:38:47l'utilisation,
00:38:47ils l'ont vu vraiment
00:38:49dans leur budget.
00:38:52Mais le problème,
00:38:53c'est les 500 millions,
00:38:55c'est le fait
00:38:55qu'on ait voté
00:38:57un budget en déficit
00:38:58de 239 millions d'euros.
00:39:00C'est ça,
00:39:00le vrai sujet.
00:39:02D'accord ?
00:39:03Après,
00:39:03sur les appels à projets,
00:39:06alors là,
00:39:06vous savez que c'est un sujet
00:39:07qui peut faire polémique
00:39:08dans la communauté scientifique,
00:39:10tous les grands pays
00:39:11ont des agences de programmes
00:39:12et je pense que c'est très bien
00:39:14d'avoir une agence de programmes
00:39:15où le bas blesse,
00:39:16c'est l'équilibre
00:39:18entre l'argent
00:39:19qui est distribué
00:39:20par les institutions
00:39:21d'une part,
00:39:22l'argent qui est distribué
00:39:23par les agences de programmes
00:39:25d'autre part.
00:39:26Et quelque chose
00:39:27qui est un petit peu paradoxal,
00:39:28c'est que
00:39:29on est nommé,
00:39:30disons,
00:39:31j'ai été nommé
00:39:31à la présidence du CNRS,
00:39:33il me semble normal
00:39:34de me dire
00:39:35il faut que
00:39:36vous ayez les moyens
00:39:37avec mes équipes
00:39:38d'avoir une politique scientifique.
00:39:40Et la politique scientifique
00:39:41ne peut pas se réduire
00:39:43à
00:39:43vous soumettez
00:39:44des projets
00:39:45à des agences,
00:39:47vous ne savez pas
00:39:47très bien
00:39:48comment les agences
00:39:50vont décider
00:39:51ceux qui retiennent
00:39:51ou pas,
00:39:52mais c'est ça
00:39:52qui va faire la politique
00:39:53de votre établissement.
00:39:55Vous devez avoir
00:39:56un bon équilibre
00:39:57entre
00:39:57quelle est la politique
00:39:59que vous pouvez avoir
00:40:00en tant qu'équipe dirigeante
00:40:02de l'établissement
00:40:03et quelle est
00:40:04la partie
00:40:05que vous allez obtenir
00:40:06via les projets.
00:40:07Et je pense qu'aujourd'hui
00:40:09la question principale
00:40:10est que l'équilibre
00:40:11n'est pas tout à fait là,
00:40:12c'est-à-dire que
00:40:13il ne faudrait pas
00:40:14enlever de l'argent
00:40:15des appels à projets
00:40:17pour en remettre,
00:40:18mais il faudrait
00:40:19rééquilibrer,
00:40:19au sens où
00:40:19en mettre un peu plus
00:40:20en soutien de base.
00:40:22Pourquoi est-ce qu'il ne faudrait
00:40:23pas retirer de l'argent ?
00:40:24Parce que
00:40:25on pourrait se dire
00:40:26que si on n'est pas spécialiste,
00:40:28on va dire
00:40:28après tout,
00:40:28on n'a qu'à financer
00:40:30les 5%
00:40:30des meilleurs projets
00:40:31et pourquoi on s'ennuie
00:40:33à financer
00:40:33les 95% récents.
00:40:35Le problème,
00:40:35c'est que vous ne savez pas
00:40:36quels sont les 5%.
00:40:39Mais vous ne pouvez pas
00:40:40non plus dire
00:40:40que toutes les soumissions
00:40:41sont très bonnes.
00:40:42Il y a des études
00:40:42assez sérieuses
00:40:43qui montrent
00:40:44qu'un bon taux d'acceptation
00:40:47c'est autour de 30%.
00:40:48D'accord ?
00:40:49Si par contre
00:40:50vous avez des taux d'acceptation
00:40:51qui sont plus faibles,
00:40:53grosso modo
00:40:53vous avez un moteur
00:40:54qui chauffe
00:40:54mais qui ne produit
00:40:55pas grand-chose.
00:40:56Donc ce qu'il faut
00:40:57c'est réussir
00:40:58à avoir le bon équilibre
00:40:59entre des appels à projets
00:41:02personnellement
00:41:03je suis un grand fan
00:41:04des appels à projets
00:41:05européens
00:41:05parce que
00:41:06encore une fois
00:41:07je l'ai dit en préambule
00:41:08ce qui compte
00:41:09c'est
00:41:09est-ce que l'équipe
00:41:10que vous allez soutenir
00:41:11elle est performante
00:41:12au niveau mondial
00:41:13et donc on peut commencer
00:41:14par l'Europe
00:41:15plus que les appels
00:41:17à projets français
00:41:19et alors évidemment
00:41:20bien plus encore
00:41:21que les appels
00:41:22à projets régionaux
00:41:23parce que
00:41:24être la meilleure équipe
00:41:25de n'importe laquelle
00:41:26des régions françaises
00:41:27c'est sûrement
00:41:28très très bien
00:41:29mais ça compte pas
00:41:30ce qui compte
00:41:31c'est est-ce que
00:41:32vous êtes performant
00:41:33au niveau européen
00:41:34et international
00:41:34donc je pense
00:41:35qu'on pourrait mettre
00:41:36plus d'argent
00:41:37à l'Europe
00:41:37avoir des appels
00:41:38à projets
00:41:39et concernant l'ANR
00:41:41vous savez qu'elle est
00:41:41dans une situation
00:41:42financière compliquée
00:41:43et je crois
00:41:44que là
00:41:44il y a un vrai danger
00:41:45c'est de dire
00:41:47ok on va diminuer
00:41:48donc il y aura moins
00:41:48il y aura moins
00:41:50un taux de réussite
00:41:51qui sera plus faible
00:41:51mais résultat
00:41:52vous produisez
00:41:53un moteur
00:41:53qui ne fait que chauffer
00:41:54et qui n'est pas
00:41:56qui n'est pas intéressant
00:41:58sur le fardeau administratif
00:42:00donc tout le monde
00:42:02personne ne se lève
00:42:03un matin en disant
00:42:03comment je vais faire
00:42:04pour complexifier
00:42:05la vie de mes petits camarades
00:42:06ça n'existe pas
00:42:08il y en a peu
00:42:09à priori
00:42:10donc tout le monde
00:42:13non mais ce que je veux dire
00:42:14par là
00:42:14c'est que la simplification
00:42:15tout le monde est d'accord
00:42:15c'est à dire
00:42:15qui est contre
00:42:17très bien
00:42:17motion adoptée
00:42:18à l'unanimité
00:42:19en passant à autre chose
00:42:19et la vraie vie
00:42:21elle est compliquée
00:42:23et qu'on dit souvent
00:42:24ah mais c'est parce qu'il y a
00:42:25les universités
00:42:26et le CNRS
00:42:26c'est pas vrai
00:42:27c'est pas vrai
00:42:27parce que si vous prenez
00:42:28les quelques laboratoires
00:42:29qui sont que gérés
00:42:30par l'université
00:42:31ou les quelques laboratoires
00:42:33qui sont gérés
00:42:33que par le CNRS
00:42:34la vie n'y est pas plus simple
00:42:35donc le problème
00:42:36n'est pas du tout ça
00:42:37le problème c'est que
00:42:37on a l'impression
00:42:38qu'il y a une espèce
00:42:40parfois de concours
00:42:41lépine
00:42:41de chaque financeur
00:42:43va définir ses propres règles
00:42:46y compris
00:42:47très franchement
00:42:47parfois à l'intérieur
00:42:48de l'état français
00:42:49c'est la première fois
00:42:50que je vois
00:42:50qu'on a un nouveau programme
00:42:51il y a quelqu'un
00:42:52qui se dit
00:42:52ah mais tiens
00:42:53est-ce que je pourrais pas
00:42:53changer un tout petit peu
00:42:54pas beaucoup
00:42:54pas beaucoup
00:42:55un tout petit peu
00:42:55mais pour les chercheurs
00:42:57les chercheuses
00:42:58ça donne une impression
00:42:58qu'à chaque fois
00:43:00les choses changent
00:43:00et puis pour les gestionnaires
00:43:02il faut qu'ils s'adaptent
00:43:02donc je pense
00:43:03qu'on pourrait avoir
00:43:04des choses plus simples
00:43:05l'Europe a commencé
00:43:07à aller dans la bonne direction
00:43:08et l'ANR l'a embrayé
00:43:10sur le fait d'avoir
00:43:11des choses par forfait
00:43:12d'accord
00:43:12dans lequel on a une forme
00:43:13de confiance
00:43:15et pas un contrôle
00:43:16tatillon
00:43:17sur des sommes
00:43:18qui globalement
00:43:18sont pas extraordinaires
00:43:20et avec des marches
00:43:22de possibilités
00:43:23d'arnaques
00:43:24qui sont faibles
00:43:25même si les chercheurs
00:43:26les chercheuses
00:43:27sont très intelligents
00:43:28ils se lèvent pas le matin
00:43:28en disant de savoir
00:43:29comment je vais récupérer
00:43:3015 euros 35 de plus
00:43:32et donc on pourrait avoir ça
00:43:34et donc c'est ce que
00:43:35c'est ce qu'essaye l'Europe
00:43:36et je pense que ça
00:43:37c'est quelque chose
00:43:37dans lequel il faudrait
00:43:38qu'on arrête
00:43:40et puis votre dernier point
00:43:43c'était
00:43:44j'écris tellement mal
00:43:45que j'arrive à ne pas me relire
00:43:48ah oui oui pardon
00:43:48ça c'est un point très important
00:43:49la liberté de la recherche
00:43:50oui oui
00:43:51si j'oublie ça
00:43:54souvent les chercheurs
00:43:55et les chercheurs
00:43:56du CNRS
00:43:56en fin de carrière
00:43:57quand ils ont eu
00:43:57des prix
00:44:00par exemple
00:44:00Alain Aspect
00:44:01qui a fait sa carrière
00:44:02au CNRS
00:44:02et qui a eu le prix Nobel
00:44:04ils louent
00:44:04la liberté du chercheur
00:44:06ce qui est quelque chose
00:44:07qui souvent est pas compris
00:44:08parce que finalement
00:44:09les gens disent
00:44:09mais quoi
00:44:09moi je suis contribuable
00:44:11je finance le CNRS
00:44:11et grosso modo
00:44:12c'est quoi
00:44:12c'est les artistes
00:44:13ils font ce qu'ils veulent
00:44:14mais c'est pas ça
00:44:14la liberté de la recherche
00:44:16la liberté de la recherche
00:44:17c'est de dire
00:44:18monsieur Alain Aspect
00:44:20le quantique
00:44:21ça va être un enjeu majeur
00:44:24vous êtes brillant
00:44:25faites quelque chose
00:44:26dans le quantique
00:44:27d'accord
00:44:27c'est ça la liberté
00:44:28d'accord
00:44:29et il faut pas confondre
00:44:30le fait de dire
00:44:31qu'on va
00:44:33pas
00:44:33on donne des cadres
00:44:34c'est à dire que
00:44:35les gens aujourd'hui
00:44:36s'ils veulent des financements
00:44:37et ils ont besoin
00:44:38de financements
00:44:39ils peuvent pas faire
00:44:39n'importe quoi
00:44:40par contre
00:44:41à l'intérieur
00:44:41d'un certain sujet
00:44:42là il faut laisser
00:44:43la liberté
00:44:44de quelqu'un
00:44:45qui va inventer
00:44:46quelque chose
00:44:46parce qu'encore une fois
00:44:46on n'a pas inventé
00:44:47l'électricité
00:44:48en améliorant la bougie
00:44:49d'accord
00:44:49et donc c'est ça
00:44:50qu'il faut réussir
00:44:51à comprendre
00:44:51c'est l'équilibre
00:44:52entre le fait de dire
00:44:54on allume des phares
00:44:56et on dit aux gens
00:44:57ça serait bien
00:44:58que vous alliez vers les phares
00:44:59d'accord
00:45:00et comme on les encourage
00:45:01à faire les phares
00:45:01on va vous donner
00:45:02des financements de doctorant
00:45:03des financements de post-doc
00:45:04des financements d'ingénieur
00:45:05des infrastructures de recherche
00:45:07et par contre
00:45:08la liberté
00:45:08elle intervient dans le fait
00:45:09qu'on va pas expliquer
00:45:10à quelqu'un
00:45:11exactement
00:45:11comment il doit faire
00:45:12liberté
00:45:13pour vous donner
00:45:14un autre exemple
00:45:16quand vous regardez
00:45:17un joueur de foot
00:45:18n'importe lequel
00:45:19s'il est attaquant
00:45:20vous lui dites
00:45:21marque des buts
00:45:21et ce qu'on regarde
00:45:22c'est est-ce qu'à la fin
00:45:23t'as marqué des buts
00:45:24vous allez pas lui expliquer
00:45:25qu'il faut qu'il fasse
00:45:26un petit pas à droite
00:45:27puis un petit pas à gauche
00:45:27puis il s'entraie
00:45:28c'est marque des buts
00:45:29et à la fin
00:45:29est-ce que t'as marqué des buts
00:45:31et je pense que
00:45:32pour les chercheurs
00:45:33il faut leur laisser
00:45:33cette liberté là
00:45:34ça veut pas dire
00:45:35que les chercheurs
00:45:36et les chercheuses
00:45:36sont pas évaluées
00:45:37on fait probablement partie
00:45:38des professions
00:45:39qui sont le plus évaluées
00:45:40d'abord parce que
00:45:41quand vous êtes chercheur
00:45:42ou chercheuse CNRS
00:45:43tous les ans
00:45:44vous faites un rapport
00:45:44d'activité
00:45:45et puis surtout
00:45:46votre vie est ponctuée
00:45:47du fait que vous allez
00:45:48soumettre des papiers
00:45:50dans des journaux
00:45:51dans des conférences
00:45:52et qu'en permanence
00:45:53on va vous dire
00:45:54oui monsieur
00:45:55oui madame
00:45:55votre papier est bon
00:45:57on l'accepte
00:45:57ou votre papier
00:45:58est pas complètement satisfait
00:45:59on l'accepte pas
00:46:00donc faut pas
00:46:01faut pas encore une fois
00:46:03confondre le fait
00:46:04de dire que
00:46:04liberté de la recherche
00:46:05veut dire
00:46:05chacun fait ce qu'il veut
00:46:06comme il veut
00:46:07c'est pas ça
00:46:07c'est le fait de dire
00:46:09une fois que l'état
00:46:10définit des grandes priorités
00:46:11c'est normal que l'état
00:46:12définit des grandes priorités
00:46:13c'est l'état
00:46:14qui les finance quand même
00:46:16donc comment on définit
00:46:17les grandes priorités
00:46:18et puis
00:46:20à l'intérieur
00:46:20de ces grandes priorités
00:46:21les gens peuvent faire
00:46:22un peu ce qu'ils veulent
00:46:24et puis
00:46:25c'est vrai aussi
00:46:25que de temps en temps
00:46:26il y a des gens
00:46:27qui sont complètement hors normes
00:46:29ça ça peut arriver
00:46:30et puis de temps en temps
00:46:31c'est de ces gens hors normes
00:46:32que les résultats
00:46:35les plus miraculeux
00:46:36arrivent
00:46:36il y a des exemples
00:46:37comme ça
00:46:38dans l'histoire de la science
00:46:39mais ça veut pas dire
00:46:40qu'il n'y a pas une évaluation
00:46:42vous avez évoqué évidemment
00:46:43les questions de budget
00:46:45mais finalement
00:46:46dans votre réflexion
00:46:47on a du mal
00:46:48à comprendre
00:46:49si
00:46:51le budget
00:46:51de la recherche publique
00:46:53est raboté
00:46:54comme tous les budgets
00:46:55ou si notre pays
00:46:57a évolué
00:46:58dans son rapport
00:46:59à la science
00:46:59et à la recherche
00:47:01on a en permanence
00:47:04issu de la recherche
00:47:06des informations
00:47:07extrêmement
00:47:08préoccupantes
00:47:09sur la question
00:47:10de la santé
00:47:11sur la question
00:47:12de la biodiversité
00:47:13sur la question
00:47:14de la pollution
00:47:15des organismes
00:47:16sur la question
00:47:16évidemment
00:47:17du dérèglement climatique
00:47:19et
00:47:20il ne nous a pas échappé
00:47:21que dans le débat politique
00:47:23il y a parfois
00:47:24une mise à distance
00:47:27de la science
00:47:29de ce qu'elle décrit
00:47:30à la fois
00:47:31dans la capacité
00:47:33de la politique
00:47:34à projeter
00:47:34des politiques publiques
00:47:35mais y compris
00:47:36parfois
00:47:36à nier
00:47:37la réalité
00:47:38de ces constats
00:47:39que vous faites
00:47:40donc je voulais
00:47:42vous entendre
00:47:43un peu plus
00:47:43sur le rapport
00:47:44de notre pays
00:47:45à la science
00:47:46deuxième question
00:47:49évidemment
00:47:49le budget
00:47:50de la recherche
00:47:50est en lien
00:47:51avec
00:47:52l'université
00:47:54on voit
00:47:55depuis
00:47:55une bonne
00:47:56quinzaine d'années
00:47:57l'investissement
00:47:58public
00:47:59par étudiant
00:48:00baisser
00:48:00alors tant mieux
00:48:01on a de plus en plus
00:48:02d'étudiants
00:48:03mais ça doit être
00:48:04l'objectif
00:48:05d'une société
00:48:07construite
00:48:07sur l'innovation
00:48:08l'intelligence
00:48:09et l'épanouissement
00:48:11et
00:48:11est-ce que ça ne vous inquiète pas
00:48:13de voir aussi
00:48:14notre investissement
00:48:16dans l'enseignement
00:48:17supérieur
00:48:18baisser
00:48:18parce que c'est aussi
00:48:19ce qui produit
00:48:19à un moment donné
00:48:20des chercheurs
00:48:21nous étions
00:48:22avec Bernard Bui
00:48:24à Taïwan
00:48:25alors évidemment
00:48:25on ne va pas comparer
00:48:28ce pays
00:48:29avec la France
00:48:30mais
00:48:30au sommet
00:48:31de la hiérarchie sociale
00:48:32à Taïwan
00:48:33ce sont les chercheurs
00:48:33en fait
00:48:34c'est eux
00:48:35qui construisent
00:48:36et qui sont
00:48:37à l'initiative
00:48:39au lancement
00:48:39de toute l'industrie
00:48:41des semi-conducteurs
00:48:42c'est quand même
00:48:43extrêmement intéressant
00:48:44à suivre
00:48:44encore une fois
00:48:45les modèles
00:48:45ne sont pas reproductibles
00:48:46mais il y a quand même
00:48:47quelque chose
00:48:48dans la place
00:48:49des chercheurs
00:48:50et des ingénieurs
00:48:52et après
00:48:52de l'industrie
00:48:53qui est intéressante
00:48:54donc comment vous voyez
00:48:55aussi ce modèle-là
00:48:57enfin
00:48:57dernière question
00:49:00sur le crédit
00:49:03impôt recherche
00:49:05on a la question
00:49:06et c'est un outil
00:49:07précieux
00:49:08incontestablement
00:49:09mais on a quand même
00:49:10régulièrement
00:49:11une discussion
00:49:12sur la façon
00:49:13de mieux l'encadrer
00:49:15pour que les milliards
00:49:17qui sont affectés
00:49:18au crédit impôt recherche
00:49:19servent davantage
00:49:20la recherche
00:49:20que parfois
00:49:21un peu
00:49:23d'optimisation fiscale
00:49:25qu'est-ce que vous
00:49:25pouvez nous en dire
00:49:26merci
00:49:27Daniel Salvant
00:49:28attention
00:49:28la barre est haute
00:49:30tout à fait
00:49:31mais bon
00:49:31on est parti
00:49:32pour les seconds couteaux
00:49:35mais qui sont pas forcément
00:49:36les moins aiguisés
00:49:37du tiroir
00:49:37on va dire
00:49:38bon écoutez
00:49:39merci madame la présidente
00:49:41monsieur le directeur général
00:49:42bon ça a été abordé
00:49:43par Yannick Jadot
00:49:44le rapport à la science
00:49:46effectivement
00:49:46aujourd'hui
00:49:47est plus qu'interrogé
00:49:49dans notre société
00:49:51avec des scientifiques
00:49:51qui sont parfois
00:49:52confondus
00:49:53avec des militants
00:49:54des études
00:49:55qui sont ignorées
00:49:56voire attaquées
00:49:57en permanence
00:49:59cette défiance
00:50:00elle est parfois
00:50:00alimentée également
00:50:01par des études
00:50:03qui ont derrière elle
00:50:04des financeurs
00:50:05en quoi ces financeurs
00:50:06orientent-ils
00:50:07également les résultats
00:50:09les résultats
00:50:10des études
00:50:10c'est toujours
00:50:11une question
00:50:12que l'on se pose
00:50:12et en quoi
00:50:13le CNRS
00:50:14est concerné
00:50:15comment est-ce qu'il fait
00:50:16pour résister
00:50:17aux diverses pressions
00:50:19qui viennent soit
00:50:19du monde économique
00:50:20soit parfois
00:50:21du monde politique
00:50:25il y a également
00:50:26la question
00:50:26de la communication
00:50:27des personnes
00:50:29des chercheurs
00:50:30d'une manière générale
00:50:32et vous allez pouvoir
00:50:32nous dire
00:50:33sur les chercheurs
00:50:33au CNRS
00:50:34comment est-ce qu'elle
00:50:36est gérée
00:50:37comment est-ce qu'elle
00:50:38est organisée
00:50:39il y a eu
00:50:40des réactions
00:50:40dernièrement
00:50:41sur des expressions
00:50:47des chercheurs
00:50:48ça avait été
00:50:49il y a quelques années
00:50:50sur les NGT
00:50:50avec le CNRS
00:50:52mais également
00:50:53là il y a une tribune
00:50:54qui a été faite
00:50:55sur les pollinisateurs
00:50:56et les pesticides
00:50:57comment est-ce que
00:50:59vous faites en sorte
00:51:00que cette gestion
00:51:03de la parole
00:51:04soit portée
00:51:06portée parfois
00:51:08par les chercheurs
00:51:09quand ils sont
00:51:09en dehors du cadre
00:51:10de l'institution
00:51:12et portée également
00:51:14par l'institution
00:51:14voilà je pense
00:51:15que c'est un enjeu crucial
00:51:18dans les années à venir
00:51:20merci
00:51:20et on continue
00:51:22avec Laurent Duplomb
00:51:26merci madame la présidente
00:51:27monsieur le président
00:51:28directeur général
00:51:29après les deux questions
00:51:31qui vous ont été posées
00:51:32par mes deux prédécesseurs
00:51:34je voudrais revenir
00:51:36sur l'autre versant
00:51:37du miroir
00:51:37eux vous parlent
00:51:39de la liberté
00:51:40des scientifiques
00:51:42et de la société
00:51:44qui douterait
00:51:45vis-à-vis des scientifiques
00:51:46et je voudrais
00:51:47vous apporter
00:51:48quelques éléments
00:51:49et des questions
00:51:50liées à
00:51:51d'ailleurs
00:51:51Daniel Salmon
00:51:52en a parlé
00:51:53à la dernière lettre
00:51:55de certains scientifiques
00:51:57de quelques scientifiques
00:51:57du CNRS
00:51:58j'ai lu attentivement
00:52:00la lettre
00:52:00de quelques scientifiques
00:52:01du CNRS
00:52:02publiée dans la revue
00:52:03Science
00:52:04appelant au rejet
00:52:06de la proposition
00:52:07de loi
00:52:08qui porte mon nom
00:52:09que je porte
00:52:10avec mes collègues
00:52:11Franck Menonville
00:52:12ici présent
00:52:13Vincent Louot
00:52:14Bernard Buys
00:52:15et Henri Cabanel
00:52:16ainsi que les diverses
00:52:18expressions médiatiques
00:52:19de l'un des signataires
00:52:22permettez-moi
00:52:23de dire mon effarement
00:52:24j'entends
00:52:26comme citoyen
00:52:26et comme sénateur
00:52:27une rigueur extrême
00:52:28dans les propos
00:52:29et écrits
00:52:30de ces chercheurs
00:52:31censés représenter
00:52:33l'élite
00:52:33de la recherche française
00:52:34et malheureusement
00:52:36j'estime
00:52:37qu'on est loin du compte
00:52:38premier point
00:52:40j'ai été subjugué
00:52:42par les références citées
00:52:43dans la lettre
00:52:44dont on parle
00:52:45publiée par ces scientifiques
00:52:47dans la revue Science
00:52:48sur 12 références
00:52:50seules 7 références
00:52:53sont scientifiques
00:52:544 renvoient
00:52:56vers des dépêches
00:52:57AFP
00:52:58et un article
00:53:00du monde
00:53:00une réglementaire
00:53:03on est loin
00:53:04de l'exhaustivité
00:53:05qu'on attend
00:53:06de scientifiques
00:53:07me semble-t-il
00:53:08du CNRS
00:53:09deuxième point
00:53:10dans une interview
00:53:12pour le média
00:53:12reporter
00:53:14Bernard Chaves
00:53:15premier signataire
00:53:17de la lettre
00:53:18écrit
00:53:18je cite
00:53:19ouvrez les guillemets
00:53:20dans ce contexte
00:53:22la tentative
00:53:23de réintroduction
00:53:24de deux insecticides
00:53:26néonicotinoïdes
00:53:27dangereux
00:53:28en France
00:53:29via la loi
00:53:30du plomb
00:53:30est pour nous
00:53:31et pour eux
00:53:33et donc pour lui
00:53:34un non-sens total
00:53:36je rappelle juste
00:53:38que ma proposition
00:53:39de loi
00:53:40concerne
00:53:41l'acétamipride
00:53:42qui est bien
00:53:43elle
00:53:44un néonicotinoïde
00:53:45mais que par contre
00:53:46la deuxième molécule
00:53:48que je demande
00:53:49de réintroduire
00:53:49est la flupiradifurone
00:53:51qui elle
00:53:52n'est pas
00:53:52un néonicotinoïde
00:53:54cette rigueur
00:53:55dans l'information
00:53:56comme rigueur
00:53:57on a vu
00:53:58quand même
00:53:58un peu mieux
00:53:59troisième point
00:54:00dans cette même
00:54:02intervention
00:54:03interview
00:54:04pour reporter
00:54:05monsieur Chaves
00:54:06déclare aussi
00:54:07sur les pommiers
00:54:09un traitement
00:54:10peut être passé
00:54:10une trentaine
00:54:11de fois
00:54:12jusqu'à
00:54:13une fois par semaine
00:54:15lorsque les arbres
00:54:16sont en fleur
00:54:17là encore
00:54:18la rigueur scientifique
00:54:19attendue
00:54:19est tout aussi
00:54:21absente
00:54:22de la conscience
00:54:23des réalités pratiques
00:54:25aucun traitement
00:54:27n'est appliqué
00:54:27une trentaine
00:54:28de fois
00:54:28en France
00:54:29par ailleurs
00:54:30lors de la floraison
00:54:31qui dure
00:54:33environ trois semaines
00:54:34si trois traitements
00:54:36sont appliqués
00:54:37il s'agit
00:54:38de fongicides
00:54:39et non
00:54:40d'insecticides
00:54:40qui
00:54:41conformément
00:54:42à l'arrêté
00:54:43abeille
00:54:44dispose
00:54:44d'une mention
00:54:45spécifique
00:54:46pollinisateur
00:54:47et sont
00:54:48impliqués
00:54:48en dehors
00:54:49de la période
00:54:49de présence
00:54:50des abeilles
00:54:51soit deux heures
00:54:52avant
00:54:53et trois heures
00:54:54après le coucher
00:54:55du soleil
00:54:55quatrième point
00:54:57toujours dans la même
00:54:58interview
00:54:59de ce même scientifique
00:55:00il déclare
00:55:01aussi
00:55:02on a des milliers
00:55:03de cas
00:55:04d'apiculteurs
00:55:05qui ont mis
00:55:06leurs ruches
00:55:07sur des vergers
00:55:08et dont les colonies
00:55:09sont mortes
00:55:10juste après
00:55:11le passage
00:55:11de pesticides
00:55:12ceux qui contestent
00:55:14ces effets
00:55:15ne sont jamais
00:55:16venus sur le terrain
00:55:17ou refusent
00:55:18de constater
00:55:19la réalité
00:55:19pour me déplacer
00:55:21moi-même
00:55:21toutes les semaines
00:55:23sur le terrain
00:55:23et avoir visité
00:55:25un certain nombre
00:55:26de vergers
00:55:27je sais que
00:55:28des milliers
00:55:29de ruches
00:55:30sédentaires
00:55:31sont installés
00:55:32dans les vergers
00:55:33pour le verger
00:55:34de pommes
00:55:34et de poires
00:55:35c'est spécifiquement
00:55:37et précisément
00:55:387400 ruches
00:55:40savez-vous aussi
00:55:41que l'ISTAP
00:55:43l'institut technique
00:55:44de l'apiculture
00:55:45documente
00:55:46et encourage
00:55:46les prestations
00:55:47de polisateurs
00:55:49dans les vergers
00:55:49croyez-vous
00:55:51que ces types
00:55:52de contrats
00:55:53seraient proposés
00:55:54si on avait
00:55:55des milliers
00:55:56de cas d'apiculteurs
00:55:57mettant leurs ruches
00:55:58sur des vergers
00:55:59et dont les colonies
00:56:00mourraient juste
00:56:01après le passage
00:56:01des pesticides
00:56:02que vos experts
00:56:04mettent des bottes
00:56:05pour aller sur le terrain
00:56:06ça éviterait
00:56:07de dire
00:56:07de telles inepties
00:56:09cinquième point
00:56:10et dernier
00:56:11comment
00:56:12le site
00:56:13internet
00:56:14officiel
00:56:16du CNRS
00:56:17peut relayer
00:56:18cette lettre
00:56:19au niveau scientifique
00:56:21partiellement
00:56:22fiable
00:56:22et bafouer
00:56:24au passage
00:56:25tout principe
00:56:26de neutralité
00:56:26qui s'applique
00:56:27aux enchants
00:56:28du CNRS
00:56:29et en premier lieu
00:56:30à vous
00:56:31monsieur le directeur
00:56:32de publication
00:56:32des sites
00:56:35directeur de la publication
00:56:36à vous
00:56:37monsieur le président
00:56:37directeur général
00:56:39directeur de la publication
00:56:40des sites
00:56:41internet
00:56:41du CNRS
00:56:44voilà
00:56:45monsieur le président
00:56:46directeur général
00:56:47pour cette série
00:56:48de questions
00:56:48merci beaucoup
00:56:49merci beaucoup
00:56:51je vais répondre
00:56:52à tout
00:56:52vous inquiétez pas
00:56:53d'abord le rapport
00:56:54du pays à la science
00:56:55je trouve intéressant
00:56:55parce qu'au fond
00:56:57ce qui est assez paradoxal
00:56:58c'est que les gens
00:56:59ont plutôt confiance
00:56:59en la science
00:57:00globalement
00:57:01et j'ai coutume de dire
00:57:03dans tous les villages
00:57:03de France
00:57:04il y avait toujours
00:57:04d'autareils qui pensaient
00:57:05que la terre était plate
00:57:06simplement la différence
00:57:07aujourd'hui
00:57:08c'est qu'ils font
00:57:08un groupe whatsapp
00:57:09ils discutent entre eux
00:57:10et ils ont l'impression
00:57:11qu'ils ont raison
00:57:12d'accord
00:57:12mais globalement
00:57:14quand vous faites
00:57:15des statistiques
00:57:16sur la confiance
00:57:18qu'ont les gens
00:57:18en la science
00:57:19c'est plutôt important
00:57:20on fait partie
00:57:21des professions
00:57:22pour lesquelles
00:57:22il y a un degré
00:57:23de confiance
00:57:24qui est le plus élevé
00:57:24et ce qui est assez
00:57:26paradoxal
00:57:27c'est que
00:57:28j'ai jamais rencontré
00:57:29je crois un élu
00:57:30député
00:57:31sénateur
00:57:31qui ne dise pas
00:57:32oui grosso modo
00:57:33vous avez raison
00:57:34il faudrait investir plus
00:57:35sauf qu'à la fin
00:57:35on n'investit pas plus
00:57:37d'accord
00:57:37donc là je pense
00:57:38qu'il y a une forme
00:57:38de paradoxe
00:57:39et peut-être
00:57:40que les préoccupations
00:57:41qui sont les nôtres
00:57:43sont parfois
00:57:43trop court termiste
00:57:44et qu'on ne se rend pas compte
00:57:45que l'investissement
00:57:46qu'on ne fait pas
00:57:48dans la science
00:57:48on va le payer un jour
00:57:49et ça je crois
00:57:51qu'il faut être conscient
00:57:52du fait que
00:57:52l'investissement
00:57:53qu'on demande
00:57:54que je demande
00:57:54c'est pas pour nous
00:57:56c'est pour le pays
00:57:57c'est pour créer des emplois
00:57:58pour créer de la valeur
00:57:59pour nos enfants
00:58:00nos petits enfants
00:58:00et c'est pour ça
00:58:01que vous avez tout à fait raison
00:58:02sur le fait
00:58:02que le déficit
00:58:04de l'enseignement supérieur
00:58:04est totalement lié
00:58:06c'est-à-dire que
00:58:06l'enseignement supérieur
00:58:07nous on se nourrit
00:58:09au CNRS
00:58:10de gens qui viennent
00:58:11de l'enseignement supérieur
00:58:12et donc c'est comme
00:58:14ma fameuse échelle
00:58:15TRL
00:58:15c'est-à-dire
00:58:15si vous n'avez pas le début
00:58:16vous n'arrivez pas
00:58:17à recruter des gens
00:58:19et je pense que là
00:58:20il faut vraiment
00:58:21se préoccuper de ça
00:58:24concernant le crédit
00:58:25impôt recherche
00:58:26alors c'est un sujet
00:58:27qui fait polémique
00:58:28de la communauté scientifique
00:58:29vous le savez
00:58:31nos chercheurs
00:58:31et nos chercheuses
00:58:32sont des gens formidables
00:58:33parfois d'une grande naïveté
00:58:35et certains vont dire
00:58:36on n'a qu'à supprimer
00:58:37le CIR
00:58:38et on va récupérer
00:58:39les 7 milliards
00:58:40je ne suis pas sûr
00:58:41que les deux soient
00:58:42complètement liés
00:58:42c'est-à-dire que
00:58:43si on supprime le CIR
00:58:44je ne suis pas certain
00:58:45n'est-ce pas
00:58:46donc je pense que
00:58:47sur le CIR
00:58:48d'abord
00:58:48pour moi
00:58:49il souffre d'un péché
00:58:50original
00:58:50qui est son nom
00:58:51il aurait dû s'appeler
00:58:53CIRD
00:58:54parce qu'il finance
00:58:55quand même
00:58:56beaucoup d'activités
00:58:57de développement
00:58:58et je crois que c'est normal
00:58:59qu'il s'appelait
00:59:00des activités
00:59:00qu'il y ait quelques abus
00:59:02j'ai envie de dire
00:59:02c'est sans doute problème
00:59:04mais je pense que
00:59:05le vrai sujet
00:59:05qu'on pourrait avoir
00:59:06c'est la vraie réflexion
00:59:07c'est ce que je disais
00:59:08tout à l'heure
00:59:08c'est comment fait-on
00:59:09pour que ce CIR
00:59:11bénéficie avant tout
00:59:12au directeur de la recherche
00:59:13des boîtes
00:59:14et pas au directeur financier
00:59:16je simplifie un peu
00:59:17mais je pense que
00:59:18c'est tout à fait
00:59:19c'est tout à fait
00:59:20un sujet
00:59:21qui est majeur
00:59:24et encore une fois
00:59:25si on veut avoir
00:59:26plus d'investissement
00:59:27du privé
00:59:28ce qui est nécessaire
00:59:29parce que
00:59:29tout à l'heure
00:59:30j'évoquais les 2,2%
00:59:32du PIB
00:59:32si on rentre un petit peu
00:59:33dans le détail
00:59:34on est à 0,75%
00:59:36ça dépend des années
00:59:37du public
00:59:38et le reste du privé
00:59:39alors que l'objectif
00:59:40était plutôt de dire
00:59:41c'est les fameux 3%
00:59:42de Lisbonne
00:59:43c'était 1% du public
00:59:442% du privé
00:59:46donc si on arrive
00:59:47même si on passait
00:59:48par un coup de baillette magique
00:59:49de 0,75%
00:59:51à 1% côté public
00:59:52c'est-à-dire qu'on passerait
00:59:53de 2,2% à 2,45%
00:59:55ou 2,5%
00:59:56et on est encore très loin
00:59:58vous avez parlé de Taïwan
00:59:59je ne l'avais même pas évoqué
01:00:00Taïwan tout à l'heure
01:00:01mais on est très loin
01:00:02de ces pays-là
01:00:03donc on voit bien
01:00:03qu'il y a un double sujet
01:00:05et c'est un sujet
01:00:06sur lequel
01:00:06il me semble
01:00:07on devrait se mettre
01:00:08tous autour de la table
01:00:09c'est-à-dire comment on fait
01:00:10pour avoir plus d'investissement
01:00:11et public
01:00:12et privé
01:00:14après
01:00:15vous avez évoqué Taïwan
01:00:16on aurait pu évoquer
01:00:17d'autres pays
01:00:18je pense que
01:00:19effectivement
01:00:20le fait
01:00:20qu'il n'y ait
01:00:21pas plus de gens
01:00:22qu'il y ait une formation
01:00:24scientifique
01:00:24dans les équipes
01:00:26dirigeantes de ce pays
01:00:27est sans doute
01:00:28un handicap
01:00:29il ne faudrait pas
01:00:29que tout le monde
01:00:30soit scientifique
01:00:31ça n'aurait aucun sens
01:00:31mais je pense que c'est vrai
01:00:33que si on compare
01:00:34avec des pays
01:00:34nous on travaille beaucoup
01:00:35avec Singapour
01:00:36par exemple
01:00:36c'est assez frappant
01:00:37de voir que
01:00:39les bonnes parties
01:00:41des élites singapouriennes
01:00:42je ne prends pas
01:00:43Singapour comme exemple
01:00:44je parle juste
01:00:45de ce point-là
01:00:45que les élites singapouriennes
01:00:46ont une formation
01:00:47ont une formation
01:00:50scientifique
01:00:50et que ça aide
01:00:51sans doute
01:00:52à comprendre
01:00:52pourquoi il faut
01:00:53pourquoi le temps long
01:00:55est important
01:00:55pourquoi il faut accepter
01:00:56que ce n'est pas
01:00:57complètement déterministe
01:00:59mais encore une fois
01:01:00je trouve que
01:01:00la vraie question
01:01:01pour moi
01:01:02qui se pose
01:01:02c'est
01:01:03quelle vision
01:01:04on a de la France
01:01:05à l'horizon 2050
01:01:07ou bien
01:01:08on dit
01:01:09on va être
01:01:09la terre d'accueil
01:01:10grâce à notre bon vin
01:01:11nos jolis paysages
01:01:13pour les riches touristes
01:01:15des autres pays
01:01:15ou bien
01:01:16au pays
01:01:17de Pasteur et Descartes
01:01:19on a une autre ambition
01:01:20on a envie de rester
01:01:20un grand pays scientifique
01:01:22un grand pays souverain
01:01:23je ne crois pas
01:01:24qu'on puisse parler
01:01:24de souveraineté
01:01:25si on n'est pas
01:01:27un grand pays scientifique
01:01:28et à ce moment-là
01:01:29il faut investir
01:01:30parce que
01:01:30les non-investissements
01:01:32qu'on fait aujourd'hui
01:01:33on les verra
01:01:34dans 5 ou 10 ans
01:01:35et c'est ça
01:01:36qui est sans doute compliqué
01:01:38et encore une fois
01:01:39on n'arrivera pas
01:01:40à rester
01:01:40un acteur majeur
01:01:42sur la salle internationale
01:01:43en sous-investissant
01:01:44par rapport
01:01:45aux autres
01:01:46alors après
01:01:47monsieur Dupont
01:01:48j'en viens à vos questions
01:01:49et je comprends
01:01:50votre cours
01:01:52d'abord
01:01:52l'article dans Science
01:01:53on n'y est pour rien
01:01:55il a été accepté
01:01:56par Science
01:01:57c'est pas moi
01:01:57qui suis référé
01:01:58de Science
01:01:59je pense qu'il y a un point
01:02:00qui est extrêmement important
01:02:01dans les rapports
01:02:01entre la politique
01:02:02et la science
01:02:03c'est que chacun reste à sa place
01:02:05d'accord
01:02:06et je dois dire
01:02:08que je ne suis pas d'accord
01:02:12avec le fait
01:02:13que des scientifiques disent
01:02:14il faut rejeter
01:02:15tel projet de loi
01:02:17c'est pas notre rôle
01:02:19notre rôle
01:02:19est apporter des faits
01:02:21d'apporter des données
01:02:23et c'est votre rôle de politique
01:02:25que de voter
01:02:27ou de ne pas voter les lois
01:02:28parce que vous allez prendre en compte
01:02:30des éléments
01:02:30que les scientifiques
01:02:31n'ont pas
01:02:32d'accord
01:02:33et je pense que c'est
01:02:34extrêmement important
01:02:35qu'on soit
01:02:36après on peut ne pas être d'accord
01:02:38la controverse scientifique
01:02:39ça c'est autre chose
01:02:40mais vous avez aussi
01:02:42le droit de voter
01:02:44je prends un exemple
01:02:45le dérèglement climatique
01:02:47c'est une évidence scientifique
01:02:49qu'un homme
01:02:50ou une femme politique
01:02:51dise ok
01:02:51mais pour telle et telle raison
01:02:53je vais voter quand même
01:02:54telle loi
01:02:55moi j'ai pas de problème avec ça
01:02:56c'est normal
01:02:57chacun son rôle
01:02:57mais par contre
01:02:58vous n'avez pas besoin
01:02:59d'expliquer
01:02:59qu'on raconte des bêtises
01:03:00parce que c'est juste
01:03:01pas vrai
01:03:02je parle pas du cas précis
01:03:04vous êtes donné
01:03:04mais je pense que c'est
01:03:05extrêmement important
01:03:06que chacun soit à sa place
01:03:08et c'est pour ça
01:03:09qu'on a fait au CNRS
01:03:10avec un succès limité
01:03:12un guide de l'expression publique
01:03:14pour accompagner
01:03:15nos chercheurs
01:03:16et nos chercheuses
01:03:16leur rappeler
01:03:18qu'ils doivent expliquer
01:03:19à quel titre ils parlent
01:03:20c'est à dire que
01:03:21la loi dit
01:03:22que si vous êtes
01:03:23directeur de recherche
01:03:24CNRS
01:03:25vous avez le droit
01:03:26de dire
01:03:27n'importe quoi
01:03:28en signant
01:03:29monsieur machin
01:03:30ou madame truc
01:03:30directeur de recherche
01:03:31ça c'est la loi
01:03:32c'est la liberté
01:03:33maintenant vous devez dire
01:03:35si vous le faites
01:03:35en tant que spécialiste
01:03:37du sujet
01:03:37et je ne peux que
01:03:39vous donner raison
01:03:39de vous appuyer
01:03:40sur des données scientifiques
01:03:42précises
01:03:43et encore une fois
01:03:44je trouve qu'il faut vraiment
01:03:45qu'on découple les deux
01:03:46et c'est parfois délicat
01:03:48parfois nos chercheurs
01:03:49et nos chercheuses
01:03:50qui sont aussi des citoyens
01:03:51et des citoyennes
01:03:52peuvent de mon point de vue
01:03:54dépasser la frontière
01:03:55de leur rôle de citoyen
01:03:56de chercheur
01:03:57et de chercheuse
01:03:58et un peu confondre les deux
01:04:00donc voilà
01:04:01donc je pense que là
01:04:01il faut trouver
01:04:02le bon équilibre
01:04:03c'est à dire qu'il faut
01:04:04enfin nous notre rôle
01:04:05c'est encore une fois
01:04:06de vous apporter des données
01:04:07de vous expliquer
01:04:07comment on les produit
01:04:09et vous votre rôle
01:04:10c'est de prendre
01:04:10les décisions que vous voulez
01:04:11mais encore une fois
01:04:12je pense que c'est important
01:04:12que vous pouvez dire
01:04:13ok j'entends
01:04:14mais moi je vais quand même
01:04:16prendre cette décision
01:04:16pour telle et telle raison
01:04:18qui ne sont pas
01:04:19purement scientifiques
01:04:20mais ça peut être
01:04:22prenez l'exemple du Covid
01:04:25sans doute que
01:04:25d'un point de vue
01:04:26purement scientifique
01:04:27il aurait fallu
01:04:28enfermer tout le monde
01:04:29pendant trois ans
01:04:29il n'y avait plus de Covid
01:04:31il y aurait eu un nombre
01:04:32de suicides et de barjots
01:04:33qui auraient dépassé
01:04:34la norme
01:04:35pourquoi est-ce qu'on a
01:04:36essayé d'ouvrir les écoles
01:04:37parce qu'il y a quand même
01:04:37un certain nombre d'enfants
01:04:38dans ces lits
01:04:39mais si on les laisse
01:04:40dans des milieux
01:04:42des conditions compliquées
01:04:45logistiquement
01:04:45on les met à l'école
01:04:46et oui il y a un risque
01:04:47et là c'est le rôle
01:04:49du politique
01:04:49donc je pense qu'il faut
01:04:50qu'on réussisse
01:04:51à avoir des débats sereins
01:04:54d'une part
01:04:55je pense qu'il y a deux choses
01:04:56il y a deux niveaux
01:04:57il y a éventuellement
01:04:58des controverses scientifiques
01:04:59c'est les points
01:05:00que vous avez évoqués
01:05:00où vous dites
01:05:01mais moi je ne suis pas d'accord
01:05:01avec
01:05:02et ça il faut que ça
01:05:03c'est pas gentil contre méchant
01:05:05c'est des données scientifiques
01:05:07et après
01:05:08il y a un point
01:05:09qui me semble essentiel
01:05:10c'est qu'à un moment
01:05:10le travail du scientifique
01:05:11s'arrête
01:05:12le travail du politique
01:05:13commence
01:05:15et le politique doit dire
01:05:17je ne suivrai pas votre avis
01:05:19pour telle ou telle raison
01:05:20ce qui arrive parfois
01:05:21je crois que vous le reconnaîtrez
01:05:22c'est que
01:05:22il arrive que
01:05:24dans d'autres pays
01:05:25que des politiques
01:05:26disent
01:05:27je suis pas l'avis
01:05:28des scientifiques
01:05:29parce qu'ils racontent des conneries
01:05:30non
01:05:31c'est juste parce que
01:05:32vous faites de la politique
01:05:33et c'est respectable
01:05:34et vous avez encore une fois
01:05:35d'autres considérations
01:05:37à prendre en compte
01:05:37mais je pense que
01:05:38ce rapport finalement
01:05:39science-société
01:05:40il est absolument essentiel
01:05:41je pense que
01:05:42la science est là
01:05:43pour aider
01:05:44la société
01:05:45elle est pas là
01:05:45pour décider à sa place
01:05:48ni les femmes
01:05:49et les hommes politiques
01:05:50que vous êtes
01:05:50ni les citoyens
01:05:51et les citoyennes
01:05:52nous on est là
01:05:53pour apporter des données
01:05:54pour apporter des éléments
01:05:55on est là pour répondre
01:05:56à vos questions
01:05:57ça je crois que c'est quelque chose
01:05:58qui est absolument essentiel
01:06:00ce qui a fait sans doute
01:06:01la clé
01:06:02de la différence
01:06:03de relation
01:06:03avec le milieu industriel
01:06:05c'est la capacité
01:06:06du milieu industriel
01:06:07à nous poser
01:06:08des questions scientifiques
01:06:09à avoir un dialogue
01:06:10avec nous
01:06:10pour faire émerger
01:06:11ces questions scientifiques
01:06:12je pense que
01:06:13le lien
01:06:14entre la science
01:06:16et la décision publique
01:06:17on a encore
01:06:18des progrès à faire
01:06:19mais après
01:06:20je pense que
01:06:21chacun son métier
01:06:23merci beaucoup
01:06:24on continue
01:06:25avec Bernard Bui
01:06:27merci
01:06:28madame la présidente
01:06:29monsieur le président
01:06:31directeur général
01:06:31la souveraineté technologique
01:06:33est désormais
01:06:34au coeur des politiques publiques
01:06:35qu'il s'agisse
01:06:36d'intelligence artificielle
01:06:37de semi-conducteurs
01:06:38de matériaux critiques
01:06:39ou de cybersécurité
01:06:41quel rôle spécifique
01:06:42le CNRS
01:06:43doit-il jouer
01:06:44dans cette stratégie nationale
01:06:45et peut-on éviter
01:06:47que la recherche publique
01:06:48ne soit réduite
01:06:49à une logique
01:06:50de réponse immédiate
01:06:51aux besoins industriels
01:06:52merci
01:06:53Daniel Grumillet
01:06:55oui merci
01:06:56madame la présidente
01:06:57monsieur le président
01:06:57directeur général
01:06:58chers collègues
01:06:59trois questions
01:07:00la première question
01:07:01vous avez commencé
01:07:02vos propos
01:07:02par les vrais sujets
01:07:05résident dans la confusion
01:07:06entre l'enseignement supérieur
01:07:08et la recherche
01:07:09et effectivement
01:07:10et ensuite
01:07:11vous avez prolongé
01:07:12en disant
01:07:12le retard en France
01:07:13vient beaucoup
01:07:14de la recherche privée
01:07:15avec une faiblesse
01:07:17trop grande
01:07:18sur la recherche
01:07:19et le développement
01:07:21je pense
01:07:22qu'effectivement
01:07:23quel est votre point de vue
01:07:24parce que les deux
01:07:25sont nécessaires
01:07:26si on a la recherche
01:07:28et je partage
01:07:29complètement votre remarque
01:07:30mais la souffrance
01:07:32et la perte
01:07:33au niveau industriel
01:07:35de la France
01:07:37vous avez fait référence
01:07:38à 30 ans
01:07:39on a quand même
01:07:40beaucoup décliné
01:07:41donc il y a un vrai sujet
01:07:42de réindustrialisation
01:07:43de la France
01:07:44comment pouvons-nous
01:07:45effectivement retrouver
01:07:46et parlant aussi
01:07:48d'une expérience personnelle
01:07:49que j'ai vécue
01:07:51on peut très bien
01:07:52avoir de très bons chercheurs
01:07:54et derrière
01:07:55ne pas avoir la déclinaison
01:07:56pour la mise en oeuvre
01:07:57industrielle
01:07:58donc c'est ma première question
01:08:00la deuxième question
01:08:02concerne
01:08:02et c'est un peu abordé
01:08:03sur le crédit impôt recherche
01:08:05et développement
01:08:06je pense que le vrai sujet
01:08:08est ce que vous avez
01:08:10une évaluation
01:08:11des travaux
01:08:13de la recherche
01:08:14du CNRS notamment
01:08:16sur
01:08:17qu'est-ce qui a été
01:08:18derrière
01:08:19vraiment
01:08:20développé industriellement
01:08:22dans notre pays
01:08:22parce que c'est quand même
01:08:23bien de chercher
01:08:24de trouver
01:08:24mais c'est le problème
01:08:26du crédit impôt recherche
01:08:28si on vient chercher
01:08:29ce bénéfice
01:08:31et derrière
01:08:32faire l'investissement
01:08:33industriel ailleurs
01:08:34c'est quand même ça
01:08:35dont nous avons besoin
01:08:37en France
01:08:37et dernier point
01:08:39concernant
01:08:39là aussi
01:08:41vous avez beaucoup
01:08:41insisté
01:08:42sur l'aspect européen
01:08:43et en disant
01:08:45il est illusoire
01:08:46que
01:08:47d'imaginer
01:08:49que le niveau régional
01:08:51soit
01:08:52avec les appels
01:08:53à projets
01:08:53je le dis
01:08:54parce qu'on est quelques-uns
01:08:55à être élus
01:08:55dans les régions
01:08:56et
01:08:57tous les ans
01:08:58on est appelé
01:09:00et on finance
01:09:01des programmes
01:09:03de recherche
01:09:04spécifiques
01:09:05à une région
01:09:05et là encore
01:09:07je voudrais
01:09:07vous entendre
01:09:08un peu plus
01:09:09sur comment
01:09:10on pourrait être
01:09:10plus efficace
01:09:11parce qu'effectivement
01:09:12il est illusoire
01:09:13que ce financement
01:09:14régional
01:09:15bénéficie
01:09:16uniquement
01:09:16la région
01:09:17donc
01:09:17comment
01:09:18imaginez-vous
01:09:20la meilleure
01:09:20mobilisation financière
01:09:21et notamment
01:09:23par rapport
01:09:23au niveau européen
01:09:24Merci Daniel
01:09:25et on termine
01:09:26cette série
01:09:26avec Annick Jacmet
01:09:28Merci Présidente
01:09:30Monsieur le Président
01:09:31Directeur Général
01:09:32j'ai été nommée
01:09:34co-rapporteur
01:09:35avec deux de mes collègues
01:09:36Alain Kadek
01:09:37et Rémi Cardon
01:09:38d'un travail
01:09:39sur l'avenir
01:09:40de la filière automobile
01:09:41notre rapport
01:09:42qu'on a appelé
01:09:43contre un crash
01:09:44programmé
01:09:4518 mesures d'urgence
01:09:47pour l'industrie
01:09:48automobile française
01:09:51a mis en évidence
01:09:52le déséquilibre
01:09:54en matière de recherche
01:09:55entre la France
01:09:56et des géants
01:09:57comme la Chine
01:09:58alors il y a
01:09:59quelques chiffres
01:10:00qui sont frappants
01:10:01ACC
01:10:02qui est fabricant
01:10:03de batteries
01:10:04a cité le nombre
01:10:05de 20 000 scientifiques
01:10:06employés
01:10:07par le géant chinois
01:10:08des batteries
01:10:09contre seulement
01:10:10800 chez ACC
01:10:11le constructeur
01:10:13BYD
01:10:13a annoncé
01:10:14en employé
01:10:15110 000
01:10:16rien que dans
01:10:17sa branche automobile
01:10:19et on voit
01:10:20que même au niveau
01:10:21intra-européen
01:10:22il y a un déséquilibre
01:10:24la filière automobile
01:10:26en France
01:10:29compterait
01:10:3028 000 chercheurs
01:10:32aujourd'hui
01:10:32contre 157 000
01:10:34en Allemagne
01:10:36on a vu
01:10:37que le CNRS
01:10:38traversait une période
01:10:39difficile
01:10:40avec les récentes
01:10:41coupes budgétaires
01:10:42comment ces réductions
01:10:43pourraient-elles affecter
01:10:44les collaborations
01:10:45entre le CNRS
01:10:47et l'industrie automobile
01:10:48notamment
01:10:49en ce qui concerne
01:10:51les technologies
01:10:51de batteries
01:10:52et les innovations
01:10:53pour la transition énergétique
01:10:56alors vous avez parlé
01:10:57tout à l'heure
01:10:58de faire des choix
01:10:58vous avez parlé
01:10:59de l'IA
01:11:01est-ce que vous pouvez
01:11:02quand même nous rassurer
01:11:03par rapport à ça
01:11:04puisqu'on a vu
01:11:05que notre industrie
01:11:07automobile
01:11:07était en danger
01:11:08je vous remercie
01:11:10je vous cède la parole
01:11:11monsieur le président
01:11:12directeur général
01:11:13merci beaucoup
01:11:14je commence par répondre
01:11:14à une question
01:11:15à laquelle je n'ai pas répondu
01:11:16mais qui est en lien
01:11:16c'est est-ce que finalement
01:11:18le fait de travailler
01:11:18avec des industriels
01:11:19nous oblige
01:11:19et la réponse
01:11:21elle est très franchement
01:11:21elle est non
01:11:22c'est-à-dire que
01:11:24on travaille sur des sujets
01:11:25qui ont été définis
01:11:26en commun
01:11:27et donc aucun industriel
01:11:29ne nous impose
01:11:30de travailler sur un sujet
01:11:31qui ne nous intéresserait pas
01:11:32et aucun industriel
01:11:33ne nous impose
01:11:34d'écrire des conclusions
01:11:35qui seraient contraires
01:11:37à ce que nous pensons
01:11:38donc là je crois
01:11:39que pour le moment
01:11:40le financement français
01:11:41ne présente pas
01:11:42ces risques là
01:11:43et comme je l'ai dit
01:11:44tout à l'heure
01:11:45je pense qu'avoir plus
01:11:45de philanthropie scientifique
01:11:46ce serait quelque chose
01:11:48d'absolument nécessaire
01:11:49la souveraineté technologique
01:11:51pour moi
01:11:52elle est clé
01:11:53mais elle ne peut se baser
01:11:55que sur une science
01:11:56de haut niveau
01:11:58et on n'aura pas
01:11:59de souveraineté technologique
01:12:00si on n'investit pas plus
01:12:03et qu'il faut répondre
01:12:05aux besoins industriels
01:12:05vous avez tout à fait raison
01:12:06et c'est pour ça
01:12:07qu'il faut se dialogue
01:12:08avec les industriels
01:12:10pour comprendre
01:12:10quels sont leurs besoins
01:12:12et encore une fois
01:12:13le fait d'avoir ce dialogue
01:12:14ne veut pas dire
01:12:15qu'ils vont nous imposer
01:12:16quoi que ce soit
01:12:17mais comme a priori
01:12:19ils ont des idées
01:12:20qui sont intéressantes
01:12:21on a besoin de comprendre
01:12:24quelles sont leurs attentes
01:12:26et ça
01:12:28certains industriels
01:12:29de plus en plus
01:12:31arrivent à les préciser
01:12:33d'autres ont encore
01:12:34des difficultés
01:12:35parce qu'ils sont souvent
01:12:36dans des difficultés
01:12:37là encore
01:12:38dans du court termisme
01:12:39mais si on prend
01:12:40les exemples
01:12:41de la filière automobile
01:12:42pour reboucler
01:12:44si on est très franc
01:12:46il y a 10-15 ans
01:12:48je pense que
01:12:49les constructeurs français
01:12:50n'ont pas vu le danger
01:12:53de constructeurs
01:12:54qui allaient arriver
01:12:54de nulle part
01:12:55c'est qu'on a été convaincus
01:12:56que si on n'était pas
01:12:57un constructeur
01:12:57qui existait depuis
01:12:5950 ou 100 ans
01:13:00on ne risque rien
01:13:01parce que quand même
01:13:02construire une voiture
01:13:04il faut savoir le faire
01:13:05on s'est rendu compte
01:13:06que ce n'était pas le cas
01:13:08et je pense qu'aujourd'hui
01:13:09la grande question
01:13:10qui se pose
01:13:11c'est avec eux
01:13:12qu'on essaye de travailler
01:13:13c'est là-dessus
01:13:13qu'on essaye de travailler
01:13:14c'est que faut-il faire
01:13:15quels sont les sujets
01:13:16sur lesquels
01:13:18il faut travailler
01:13:19pour que demain
01:13:20Stelantis-Renaud
01:13:21continue à être présent
01:13:24au niveau international
01:13:24j'ai discuté récemment
01:13:26avec des collègues
01:13:27de Total Energy
01:13:28qui me disaient que
01:13:30ils avaient constaté ça
01:13:32c'est que
01:13:33vous faites un plein
01:13:34avec une voiture électrique
01:13:35en Chine
01:13:36en 3 minutes 35
01:13:39d'accord
01:13:39on a en France
01:13:41des très grands spécialistes
01:13:43des batteries
01:13:43Jean-Marie Tarascon
01:13:44pour ne citer qu'un nom
01:13:46médaille d'or du CNRS
01:13:47je pense qu'on
01:13:48si il y a 15 ans
01:13:50on s'était donné
01:13:51comme challenge
01:13:52de dire collectivement
01:13:54comment on fait
01:13:55pour faire le plein
01:13:56entre guillemets
01:13:57dans une voiture électrique
01:13:57en 5 minutes
01:13:58je ne dis pas
01:13:59qu'on aurait réussi
01:14:00mais on ne s'est pas
01:14:01posé la question
01:14:02et donc ce qu'il faut
01:14:03maintenant
01:14:03ce n'est pas se poser
01:14:04la question
01:14:05que les Chinois
01:14:05se sont posés
01:14:06il y a 10 ans
01:14:07ou que les Américains
01:14:08c'est quelles sont
01:14:09les bonnes questions
01:14:10à se poser
01:14:10pour dans les 10 ans
01:14:12à venir
01:14:13d'accord
01:14:13et c'est pour ça
01:14:14qu'il faut absolument
01:14:15cette interaction
01:14:16c'est l'approche holistique
01:14:18que j'évoquais tout à l'heure
01:14:18il faut absolument
01:14:20qu'on ait cette interaction
01:14:21entre tous les gens
01:14:23de la chaîne
01:14:24les gens qui font
01:14:25de la recherche fondamentale
01:14:26d'accord
01:14:26qui sont peut-être
01:14:27ceux qui vont trouver
01:14:28les nouveaux matériaux
01:14:29qui
01:14:30les nouveaux process
01:14:30qui
01:14:31etc
01:14:31et les besoins
01:14:33industriels
01:14:33d'accord
01:14:34et ça
01:14:34on a vraiment besoin
01:14:35de faire ça
01:14:36et donc il faut augmenter
01:14:37cette bande passante
01:14:39en ce qui concerne
01:14:40la filière automobile
01:14:41Stellantis
01:14:41comme je vous l'ai dit
01:14:42est un de nos principaux
01:14:43partenaires
01:14:43on travaille aussi
01:14:44beaucoup avec
01:14:45Renault
01:14:48une des difficultés
01:14:49qu'on a parfois
01:14:50c'est que
01:14:51on travaille
01:14:52avec les départements
01:14:54de R&D
01:14:54de ces boîtes
01:14:56et en fait
01:14:57c'est parfois
01:14:58pas les bons interlocuteurs
01:14:59je veux dire par là
01:15:00que parfois
01:15:00il faudrait travailler
01:15:01avec les gens
01:15:02qui sont vraiment
01:15:03opérationnels
01:15:04et alors on peut dire
01:15:05mais non
01:15:05dans un monde normal
01:15:06il y a la recherche
01:15:07académique
01:15:07qui va travailler
01:15:09avec les partenariats
01:15:10R&D de la boîte
01:15:11enfin les secteurs
01:15:12R&D des boîtes
01:15:13et les secteurs R&D
01:15:14qui vont bosser
01:15:14avec les opérationnels
01:15:16en fait ça marche pas
01:15:17comme ça
01:15:17parce qu'il faut
01:15:18si on veut être disruptif
01:15:19il faut être un peu
01:15:20sortir des sentiers battus
01:15:21et c'est plutôt le rôle
01:15:23de la recherche académique
01:15:24que les secteurs
01:15:25de R&D des boîtes
01:15:26donc parfois
01:15:26c'est bien de
01:15:27court-circuiter tout ça
01:15:28après on les remet
01:15:29dans la boucle
01:15:30mais je pense que
01:15:30c'est vraiment essentiel
01:15:31qu'on ait ces échanges là
01:15:33le fait de savoir
01:15:34comment on fait
01:15:35pour comprendre
01:15:36quels sont les besoins
01:15:37des boîtes
01:15:37dans 5 ans
01:15:38avec parfois
01:15:39des choses qui
01:15:40marchent pas
01:15:40on a un très bel exemple
01:15:41avec Michelin
01:15:42Michelin qui est un
01:15:43de nos grands partenaires
01:15:44on avait bossé
01:15:45il y a quelques années
01:15:45avec eux
01:15:46sur un pneu biosourcé
01:15:48et c'était
01:15:48un super succès
01:15:50sauf que
01:15:51comme nos chercheurs
01:15:52et leurs ingénieurs
01:15:53avaient plutôt
01:15:53un peu trop bien travaillé
01:15:55c'est un pneu
01:15:56qui s'usait pas beaucoup
01:15:58pour dire le moins
01:15:59d'accord
01:16:00bon
01:16:01et c'est pas grave
01:16:03parce que peut-être
01:16:03que demain
01:16:04il va y avoir une demande
01:16:06il y aura moins de matériaux
01:16:07et qui vont faire
01:16:08qu'on va devoir
01:16:08mais je pense que
01:16:09c'est important d'accepter
01:16:10qu'on va pas forcément
01:16:11réussir
01:16:12et donc il faut être capable
01:16:13d'identifier
01:16:14les sujets
01:16:15importants
01:16:16et ça c'est pour ça
01:16:17encore une fois
01:16:17j'insiste
01:16:18qu'il faut cette approche
01:16:20holistique
01:16:21et c'est totalement lié
01:16:22à la souveraineté
01:16:24et à la réindustrialisation
01:16:26c'est-à-dire qu'il faut
01:16:27comprendre comment
01:16:27demain
01:16:28on va réindustrialiser
01:16:29notre pays
01:16:30créer les emplois
01:16:30dont nos enfants
01:16:31nos petits-enfants ont besoin
01:16:32mais dans un contexte
01:16:34international
01:16:34donc il y a des sujets
01:16:36sur lesquels
01:16:36il faut probablement
01:16:37rajouter de l'intelligence
01:16:39ça veut pas dire
01:16:40que les autres
01:16:40sont idiots
01:16:40mais peut-être
01:16:41que notre plus-value
01:16:42à nous
01:16:43elle va être
01:16:43d'avoir un peu plus
01:16:45de gens bien formés
01:16:46d'où la question
01:16:47sur l'enseignement supérieur
01:16:47et la recherche
01:16:48on a besoin
01:16:49de gens bien formés
01:16:51et tout ça
01:16:52est une continuité
01:16:53et encore une fois
01:16:54j'insiste là-dessus
01:16:55c'est que
01:16:56le sous-investissement
01:16:57qu'on a aujourd'hui
01:16:58on va le payer
01:17:00je veux pas être
01:17:00oiseau de mauvaise augure
01:17:01c'est pas mon sujet
01:17:02mais on va le payer
01:17:02dans 5, 10 ou 15 ans
01:17:04et aujourd'hui
01:17:05je pense que c'est ça
01:17:06c'est ça l'enjeu majeur
01:17:08et j'imagine bien
01:17:09que c'est compliqué
01:17:10d'expliquer
01:17:11à nos concitoyens
01:17:12nos concitoyennes
01:17:13que c'est plus prioritaire
01:17:16que d'autres sujets
01:17:16qui sont plus
01:17:17dans leur quotidien
01:17:18mais encore une fois
01:17:20je suis convaincu
01:17:21que c'est absolument
01:17:23l'avenir de la France
01:17:25qui est en jeu
01:17:28sur le crédit impôt recherche
01:17:29on est déjà
01:17:30un tout petit peu parlé
01:17:30moi je crois
01:17:31qu'encore une fois
01:17:32c'est quand même
01:17:32quelque chose
01:17:33qui est absolument utile
01:17:34aux grandes industriels français
01:17:35est-ce qu'il n'y a pas
01:17:36quelques abus
01:17:37de temps en temps
01:17:37je veux dire
01:17:38c'est normal
01:17:39je pense qu'il faudrait
01:17:40qu'on réussisse
01:17:40à comprendre
01:17:41parce que le crédit impôt recherche
01:17:42existe quand même
01:17:43depuis des années
01:17:44les dépenses de recherche prévues
01:17:46n'ont pas spécialement augmenté
01:17:48donc je pense qu'il faudrait
01:17:48travailler plus
01:17:50avec nos collègues industriels
01:17:51pour essayer de comprendre
01:17:52comment on pourrait
01:17:53sur les régions
01:17:54versus le national
01:17:57à mon avis
01:17:58ce qui est important
01:17:59c'est l'évaluation
01:18:03c'est-à-dire que
01:18:05vous êtes dans une région
01:18:06vous avez de l'argent
01:18:07de vos contribuables
01:18:08vous me dites
01:18:09moi je finance
01:18:09les projets de ma région
01:18:10ça je n'ai pas de sujet
01:18:11là-dessus
01:18:12je le comprends
01:18:14par contre moi
01:18:14le warning que je vous fais
01:18:16c'est ne financez pas
01:18:17le meilleur projet
01:18:18de la région
01:18:18on s'en fout
01:18:21financez le meilleur projet
01:18:22de la région
01:18:22s'il est compétitif
01:18:26potentiellement
01:18:26au niveau international
01:18:27d'accord
01:18:28c'est ça
01:18:28c'est ça la nuance
01:18:30c'est-à-dire que
01:18:31la meilleure boîte
01:18:32de quantique
01:18:33de Nouvelle-Aquitaine
01:18:36très bien
01:18:38super
01:18:39mais la question
01:18:39c'est est-ce que
01:18:40cette boîte
01:18:40elle a la moindre chance
01:18:42au niveau européen
01:18:43sinon
01:18:44vous allez vous faire plaisir
01:18:45mais vous avez perdu
01:18:46de l'argent
01:18:46d'accord
01:18:47et je pense que
01:18:47et peut-être que
01:18:49si en Nouvelle-Aquitaine
01:18:51je parle de Nouvelle-Aquitaine
01:18:52j'aurais pu reprendre une autre
01:18:52je ne comprends pas pourquoi
01:18:53si en Nouvelle-Aquitaine
01:18:54il n'y a pas de boîte
01:18:55dans le quantique
01:18:55et bien il faut dire
01:18:56tant pis
01:18:56on n'en finance pas
01:18:58et je pense que
01:18:58c'est ça la question
01:18:59c'est-à-dire
01:19:00c'est pas
01:19:00c'est
01:19:01et je sais que
01:19:02certaines régions
01:19:02ont fait par exemple
01:19:03des partenariats
01:19:03avec l'ANR
01:19:04pour être dans cette logique-là
01:19:05de dire
01:19:06nous on doit financer
01:19:07des choses
01:19:08qui ont une chance
01:19:08de percer
01:19:09et que ce soit
01:19:10dans le domaine
01:19:11de la recherche
01:19:11mais au moins autant
01:19:13dans le domaine
01:19:13des start-up
01:19:14vous ne percerez plus
01:19:16aujourd'hui
01:19:17même à un niveau national
01:19:18ça ne suffira pas
01:19:19dans l'immense majorité
01:19:20des cas
01:19:20donc il faut vraiment
01:19:21avoir cette idée en tête
01:19:23que
01:19:23ou bien on finance
01:19:24la start-up
01:19:25juste pour se faire plaisir
01:19:26et ça fait
01:19:26un indicateur de plus
01:19:28je ne sais pas
01:19:28dans quel rapport
01:19:29ou bien on fait ça
01:19:30avec l'idée
01:19:31que cette start-up
01:19:32elle va percer
01:19:32au niveau international
01:19:34et potentiellement
01:19:34c'est pas garanti
01:19:36et c'est là
01:19:36qu'il faut à mon avis
01:19:37distinguer encore une fois
01:19:38le fait de dire
01:19:39ok
01:19:40telle enveloppe financière
01:19:41finance ça
01:19:41pour donner un exemple
01:19:43dans cette angle-là
01:19:44nos amis anglais
01:19:46quand ils sont sortis
01:19:47de l'Europe
01:19:48ils se sont rendus compte
01:19:49dans le domaine
01:19:49de la recherche
01:19:50qu'ils avaient perdu
01:19:51de plus être à l'Europe
01:19:52et ce qu'ils ont perdu
01:19:53c'est pas de l'argent
01:19:54c'est le fait
01:19:54que leurs équipes
01:19:55sont en concurrence
01:19:56avec les meilleures équipes
01:19:57européennes
01:19:58et ils ont demandé
01:19:59d'être associés
01:20:00à l'Europe
01:20:01précisément
01:20:02pour dire
01:20:02nos projets
01:20:03ils sont évalués
01:20:04non pas au niveau
01:20:05purement UK
01:20:07mais ils sont évalués
01:20:08au niveau européen
01:20:08et je pense que c'est ça
01:20:09qu'il faut qu'on réussisse
01:20:10à faire
01:20:11c'est le fait de dire
01:20:12chacun finance ce qu'il veut
01:20:13comme il veut
01:20:14mais il faut que les critères
01:20:15soient les bons
01:20:17Merci
01:20:18on poursuit
01:20:19avec Antoinette Gull
01:20:23Oui
01:20:23Bonjour Madame la Présidente
01:20:25Monsieur le Président
01:20:26Directeur Général
01:20:27moi ma question
01:20:28repose sur trois éléments
01:20:29de constat
01:20:30le premier
01:20:31c'est l'enquête
01:20:31qui a été faite
01:20:32par UNICEF
01:20:33qui a été réalisée
01:20:34sur 46 universités
01:20:35et centres de recherche
01:20:36et qui aboutit
01:20:37à la conclusion
01:20:38que deux tiers
01:20:40des répondantes
01:20:41à cette enquête
01:20:41ont subi
01:20:42des violences
01:20:43dans le milieu
01:20:44scientifique
01:20:45et de recherche
01:20:45cette enquête
01:20:46une deuxième enquête
01:20:48qui elle a été faite
01:20:49par Ipsos BVA
01:20:50pour la fondation L'Oréal
01:20:51dit que 49%
01:20:53des femmes scientifiques
01:20:55révèlent avoir été
01:20:56confrontées
01:20:57à une situation
01:20:57de harcèlement sexuel
01:20:59dans les cinq
01:21:00dernières années
01:21:01je pourrais citer
01:21:02également le livre
01:21:03d'Adèle Combe
01:21:04qui s'intitule
01:21:05comment l'université
01:21:06broie les jeunes chercheurs
01:21:07qui elle élargit
01:21:08le spectre
01:21:09des violences
01:21:10aux abus de pouvoir
01:21:11aux violences psychologiques
01:21:12mais également bien sûr
01:21:13aux situations de harcèlement
01:21:15l'omerta sur ces violences
01:21:17semble particulièrement présente
01:21:19dans le domaine
01:21:20de la recherche
01:21:21si j'en veux
01:21:22pour preuve
01:21:23la tribune
01:21:24qui a été
01:21:24qui a été sortie
01:21:26par de nombreux chercheurs
01:21:27il y a cela
01:21:28deux ans
01:21:29sur
01:21:29qui s'intitulait
01:21:31des silences
01:21:31qui nous écœurent
01:21:32donc je voulais
01:21:33monsieur le président
01:21:35directeur général
01:21:35savoir comment
01:21:36vous preniez en main
01:21:37ce sujet
01:21:38qui est un sujet
01:21:38important
01:21:39le MeToo Recherche
01:21:40n'est pas
01:21:41n'a pas encore
01:21:42n'a pas encore
01:21:43émergé
01:21:44et donc je voulais savoir
01:21:45comment vous protéger
01:21:46les relations abusives
01:21:49possibles
01:21:50entre encadrant
01:21:51entre encadrant
01:21:52encadrante
01:21:53et doctorant
01:21:53et doctorante
01:21:54et plus généralement
01:21:55entre scientifiques
01:21:56et qu'en est-il
01:21:57donc de la lutte
01:21:59contre le harcèlement
01:22:00dans le domaine
01:22:00des sciences
01:22:01je vous remercie
01:22:02merci Antoinette
01:22:03Evelyne Renaud-Garabédian
01:22:06Merci ma Présidente
01:22:07Monsieur le Président
01:22:08directeur général
01:22:09vous l'avez souligné
01:22:10dans votre exposé
01:22:12liminaire
01:22:12le CNRS
01:22:14bénéficie
01:22:15d'une reconnaissance
01:22:16scientifique
01:22:17internationale
01:22:18très forte
01:22:19et développe
01:22:20des initiatives
01:22:20qui sont ciblées
01:22:21pour attirer
01:22:23des chercheurs étrangers
01:22:24d'ailleurs
01:22:25on témoigne
01:22:26le programme
01:22:27CHU CNRS
01:22:29sur le renforcement
01:22:30de ses coopérations
01:22:31internationales
01:22:32dans le rapport
01:22:33qui a été publié
01:22:34en 2025
01:22:35la Cour des Comptes
01:22:36a relevé
01:22:37néanmoins
01:22:38une érosion
01:22:39de l'attractivité
01:22:41de l'établissement
01:22:41avec une baisse
01:22:43significative
01:22:44du nombre
01:22:45de candidats
01:22:45au concours
01:22:46sur la dernière
01:22:47décennie
01:22:48et des freins
01:22:49persistants
01:22:50liés aux conditions
01:22:51du travail
01:22:52et au poids
01:22:53des contraintes
01:22:54administratives
01:22:55en réponse
01:22:56vous avez mis
01:22:57en avant
01:22:57les moyens
01:22:58qui ont été engagés
01:22:59par le CNRS
01:23:00pour inverser
01:23:01cette tendance
01:23:02notamment dans le cadre
01:23:04de la loi de programmation
01:23:05de la recherche
01:23:06avec le financement
01:23:08de dispositifs
01:23:10indemnitaires
01:23:11à hauteur de 24 millions
01:23:12d'euros
01:23:12en 2023
01:23:13et 28 millions
01:23:14d'euros
01:23:15en 2024
01:23:15ainsi que la mise
01:23:17en place
01:23:17d'une prime
01:23:17d'attractivité
01:23:18visant à revaloriser
01:23:20les débuts de carrière
01:23:21mais malgré cela
01:23:23l'ensemble
01:23:23de toutes
01:23:24de cette mesure
01:23:25fait apparaître
01:23:26un écart significatif
01:23:27entre les efforts
01:23:28budgétaires
01:23:29qui ont été
01:23:30réels
01:23:31et les résultats
01:23:32qui sont encore
01:23:33limités
01:23:33en matière
01:23:34d'activité
01:23:34alors j'ai deux
01:23:35questions à vous poser
01:23:36les dispositifs
01:23:38actuels
01:23:38qui ont été mis
01:23:39en place
01:23:39vous semble-t-il
01:23:40réellement
01:23:40compétitifs
01:23:41au regard
01:23:42des standards
01:23:43internationaux
01:23:44et quelles sont
01:23:45les évolutions
01:23:45que vous envisagez
01:23:47pour positionner
01:23:48le CNRS
01:23:49comme un employeur
01:23:50scientifique
01:23:51de premier plan
01:23:51merci de vos réponses
01:23:52merci Evelyne
01:23:54Christian Rodon
01:23:54Sarrazy
01:23:55merci madame la présidente
01:23:57monsieur le président
01:23:57directeur général
01:23:58on vient largement
01:24:00de l'évoquer
01:24:01vous l'avez largement
01:24:01évoqué
01:24:02la situation budgétaire
01:24:04va se compliquer
01:24:05sur cette fin d'année
01:24:07des directeurs
01:24:07de laboratoires
01:24:09envisagent
01:24:09dès à présent
01:24:10on parle
01:24:11d'arrêt de projet
01:24:12dès
01:24:14le mois d'octobre
01:24:152026
01:24:17quels seront
01:24:18les domaines
01:24:19scientifiques
01:24:19les plus exposés
01:24:20quelle logique
01:24:22sera mise en place
01:24:23s'il devait y avoir
01:24:24effectivement
01:24:25ces coupes
01:24:26est-ce que ça sera
01:24:27au hasard
01:24:28est-ce que
01:24:29on va préserver
01:24:31certains domaines
01:24:31scientifiques
01:24:32est-ce que
01:24:32l'arbitrage
01:24:33entre crédit
01:24:35récurrent
01:24:35et crédit
01:24:38ressources propres
01:24:39sera un critère
01:24:40pour éventuellement
01:24:42orienter
01:24:43ou maintenir
01:24:43certaines activités
01:24:45au détriment d'autres
01:24:46dans la mesure
01:24:47où lorsque
01:24:47un directeur de recherche
01:24:49va chercher
01:24:49ses propres ressources
01:24:50il aura du mal
01:24:51peut-être
01:24:51à les sacrifier
01:24:53et à les mutualiser
01:24:54s'il y a
01:24:55des crédits récurrents
01:24:56qui ne sont pas là
01:24:57donc
01:24:58quels seront
01:24:59dans cette perspective
01:25:02les choix
01:25:04qui seront prioritaires
01:25:05pour vous
01:25:06merci
01:25:07monsieur le président
01:25:07directeur général
01:25:08alors là pour le coup
01:25:09c'est trois questions
01:25:10assez différentes
01:25:11et l'une des autres
01:25:12sur la question
01:25:12du harcèlement sexuel
01:25:13il faut être conscient
01:25:14que c'est un sujet
01:25:15qui dans le milieu
01:25:16de la recherche
01:25:17et de l'enseignement
01:25:17sur un n'existait pas
01:25:19merci
01:25:20c'était
01:25:20mais
01:25:21est-ce que c'était un déni
01:25:22j'en sais rien
01:25:22mais juste ça n'existait pas
01:25:23parce que les chercheurs
01:25:25les chercheurs à côté
01:25:26c'est un peu pur
01:25:27c'est-à-dire que nous
01:25:27on n'a pas de biais
01:25:28on n'a pas de tout
01:25:30il n'y a que la science
01:25:30qui compte
01:25:31et je pense que
01:25:32beaucoup y croient
01:25:32ou y croyaient
01:25:33et on s'est rendu compte
01:25:34qu'on était juste
01:25:35des gens comme tout le monde
01:25:36et qu'il n'y avait pas
01:25:37de raison
01:25:38que ça n'existe pas
01:25:39et c'est un sujet
01:25:40qu'on traite
01:25:42avec la plus grande attention
01:25:44donc on a mis en place
01:25:45des cellules de signalement
01:25:49et on essaye
01:25:51de les traiter au mieux
01:25:53c'est pas facile
01:25:54c'est pas facile
01:25:55parce qu'il y a un déni
01:25:56il y a aussi
01:25:57parfois des problèmes
01:25:58de génération
01:26:00c'est-à-dire que
01:26:01les habitudes de travail
01:26:03ne sont pas les mêmes
01:26:04je ne vais pas parler
01:26:05de harcèlement sexuel
01:26:06mais de harcèlement moral
01:26:08on a aussi ces questions
01:26:09et on a des chercheurs
01:26:11confirmés
01:26:12qui sont
01:26:12on dit
01:26:13mais ils ne m'ont pas compte
01:26:13il m'a appelé
01:26:14le samedi après-midi
01:26:15pour me parler d'eux
01:26:16et vous dites ça
01:26:17aux chercheurs
01:26:18ils disent
01:26:18ben oui j'ai une idée
01:26:19et que ça soit
01:26:20samedi après-midi
01:26:21ils s'en foutaient
01:26:22ça aurait pu être
01:26:22dimanche matin
01:26:23à 4h du matin
01:26:23il n'y avait pas de sujet
01:26:24et que
01:26:25si vous êtes passionné
01:26:27de science
01:26:27vous ne regardez pas
01:26:28votre
01:26:28et ça
01:26:29c'est un problème
01:26:30de génération
01:26:32donc
01:26:32cela ce n'est pas
01:26:33des questions
01:26:33de harcèlement sexuel
01:26:35mais qui sont
01:26:36des questions
01:26:36des problèmes réels
01:26:37ce que je raconte
01:26:38ne sont pas
01:26:39des élucubrations
01:26:40donc c'est un sujet
01:26:42qui encore une fois
01:26:43n'existe pas
01:26:43on a essayé de mettre
01:26:44en place
01:26:44des cellules
01:26:45enfin on n'a pas
01:26:45on n'a pas essayé
01:26:46on a mis en place
01:26:47pardon
01:26:47des cellules de signalement
01:26:49on fait aussi
01:26:49beaucoup de prévention
01:26:52maintenant
01:26:52on est une tranche
01:26:53de la population
01:26:54qui est comme
01:26:55comme tout le monde
01:26:56donc on a
01:26:57oui on a des sujets
01:26:58mais on essaye
01:26:59de les traiter
01:27:01et y compris
01:27:02avec cet aspect
01:27:03prévention
01:27:04mais aussi
01:27:04cet aspect
01:27:04sanction
01:27:06donc régulièrement
01:27:07il y a des gens
01:27:07qui sont sanctionnés
01:27:08et on a
01:27:10cette particularité
01:27:11que vous savez
01:27:11peut-être
01:27:12dans un EPST
01:27:13un établissement public
01:27:14à caractère scientifique
01:27:14et économique
01:27:15c'est qu'on a
01:27:15un panel
01:27:17de sanctions
01:27:17possibles
01:27:18qui est bien plus grand
01:27:19que dans le secteur privé
01:27:20c'est à dire
01:27:21qu'on peut suspendre
01:27:22quelqu'un
01:27:23entre 0 et 2 ans
01:27:24sans salaire
01:27:26puis le réintégrer
01:27:27après
01:27:28ce qui donne
01:27:28un panel
01:27:29de sanctions
01:27:30encore une fois
01:27:30qui n'a rien à voir
01:27:31avec le privé
01:27:33qui pose
01:27:33aussi parfois
01:27:34des questions
01:27:35très compliquées
01:27:36c'est à dire
01:27:36qu'on a eu des gens
01:27:36qui ont été accusés
01:27:37de harcèlement sexuel
01:27:38qui ont été suspendus
01:27:39longtemps
01:27:40un an
01:27:40c'est pas complètement
01:27:41négligeable
01:27:42mais on peut pas
01:27:43les remettre
01:27:43dans le laboratoire
01:27:44d'où ils viennent
01:27:45les gens qui ont été
01:27:46victimes
01:27:46considèrent que la sanction
01:27:47est toujours insuffisante
01:27:48donc c'est un sujet
01:27:49majeur qu'on essaye
01:27:50de traiter
01:27:51le mieux possible
01:27:53Voilà pour cette audition
01:27:54au Sénat du PDG
01:27:55du CNRS sur les défis
01:27:56de la recherche française
01:27:58c'est la fin de cette émission
01:27:59merci de l'avoir suivie
01:28:00continuez à suivre
01:28:01l'actualité politique
01:28:01et parlementaire
01:28:02sur notre site internet
01:28:03publicsénat.fr
01:28:04très bonne suite
01:28:05des programmes
01:28:06sur Public Sénat
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