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00:18Le Château Vesper a été rebaptisé du nom ô combien symbolique de Château Espérance
00:23à l'issue du grand méchoui que la communauté a offert à ce pays.
00:26A l'occasion de ces réjouissances, on a appris le prochain mariage de Claire Thibault et de Jacques Renard, les
00:33deux instituteurs.
00:34On a vu aussi, de l'autre mur de la propriété, M. Faubert, enregistré avec une mini-cassette les échos
00:41sonores de la fête.
00:55Et alors, monsieur... monsieur comment ?
00:58Faubert.
00:59Faubert.
01:00Oui.
01:02Et alors ?
01:04Je tenais à vous faire entendre cet extravagant document sonore.
01:07Je l'ai entendu, la prise de son n'est pas fameuse.
01:10Et j'étais de l'autre côté du mur.
01:12Qu'est-ce que je vous reproche ?
01:14Mais il fallait peut-être que j'entre.
01:16Que je me rende moi aussi coupable de bris de clôture, d'occupation illégale de locaux, etc., etc.
01:23Ce n'est pas ce que je voulais dire.
01:27Je ne comprends pas, monsieur Fayardé.
01:30Sans importance.
01:37Merci, monsieur Faubert.
01:41Enfin, maintenant, vous savez ce qui se passe chez vous, dans votre propriété.
01:45Oui.
01:46J'ai pensé qu'il était de mon devoir de vous informer.
01:49Si on ne s'entraidait pas entre honnêtes citoyens français,
01:52et j'insiste sur le mot français,
01:55où irions-nous, monsieur Fayardé ?
01:56Certes, oui.
01:57Ces gens-là ont toutes les audaces.
01:59Et si on ne réagit pas rapidement et fermement,
02:01eh bien, bientôt, ils feront la loi dans ce pays.
02:06C'est pourquoi un comité de vigilance s'est constitué à Bréville,
02:09comme dans d'autres localités voisines.
02:11D'ailleurs, il n'est pas questionnant, comprenons-nous bien,
02:13mais de veiller en toute objectivité
02:16sur la tranquillité et la sécurité des autochtones.
02:19Merci encore.
02:20Des autochtones dont les pouvoirs publics se soucient comme d'une guigne, monsieur Fayardé.
02:23Excusez-moi.
02:24Douchy, Douchy, il faut que je vous voie tout de suite, c'est important.
02:28À très bientôt, monsieur...
02:30Monsieur...
02:30Faubert.
02:31Faubert.
02:31Oui, à bientôt, monsieur Fayardé.
02:34À bientôt.
02:35Oui, à bientôt.
02:40Qu'est-ce que vous avez à me dire d'important ?
02:42Rien.
02:43Rien. Rien, rien. Je n'arrivais pas à larguer ce vieil excité.
02:45Ah, non, non.
02:46Oui.
02:46Ah, ben, c'est l'ancien comptable du garage Boissière.
02:48Son fils est mort près d'Alger, là, en 57.
02:51Sa femme est morte de chagrin l'année suivante.
02:54Et lui, depuis qu'il est à la retraite, il vit en sauvage,
02:57avec des colombes pour toute compagnie.
02:59Eh bien, il venait me parler des squatters du château.
03:01Ah bon ?
03:02Ah ben, à ce propos, qu'est-ce qu'on fait à leur sujet ?
03:05Il faudrait peut-être pas que les Japonais les voient, hein.
03:07Ça pourrait les refroidir. Qu'est-ce que vous en pensez ?
03:11Je ne peux pas me faire l'idée de terrain.
03:16Je comprends très bien, mais...
03:18Si c'est la seule solution pour nous permettre cette reconversion...
03:22Oui.
03:25Alors, il vous reste exactement trois heures avant la réunion du conseil d'administration.
03:31Et je vais encore réfléchir.
03:48Oui, Dupin.
03:51Dupin, réponds-moi.
03:53Dupin, tu m'entends ?
03:55Dupin !
03:58Au secours !
03:59Dupin, dupin ! Au secours !
04:09J'ai pas, j'ai pas.
04:12Qu'est-ce qui lui est arrivé ?
04:14Je ne sais pas, je l'ai trouvé comme ça.
04:16Mais qu'est-ce qui se passe ?
04:19Ah !
04:20Pip !
04:22Ça doit être son cœur.
04:24Tiens, aide-moi à le mettre sur le divan.
04:26Doucement, doucement, dupin.
04:33Attends.
04:34Patrick, grouille-toi, va chercher un toubet.
04:38Oh, la vache-t-il.
04:39Ça fait mal.
04:40Le toubet va venir de suite.
04:41Et puis, nous sommes là, Dupin.
04:43Il ne peut rien t'arriver.
04:45C'était fatal.
04:46Je lui ai dit cent fois, j'ai un imbécile.
04:49Il ne prenait pas en trouver son cœur de jeune homme.
04:51Tu as gagné.
04:52Tu es content, maintenant ?
04:54Oh, mon Dieu.
04:56Mais dans quel état tu es ?
04:57Mais regarde-moi ça.
04:59Il faut le laisser reposer.
05:01Non.
05:02Dans la vie, il reste.
05:04Reste là.
05:06Ah, tu sais que...
05:09Il est mal, hein, ça.
05:11Il est drôlement mal.
05:13Gros malin.
05:14Et qui c'est qui va te soigner, maintenant ?
05:17Et là-haut, oh, oh, oh, quoi ?
05:19On va me laisser tomber, non ?
05:21Oh, vraiment, plus c'est vieux, plus c'est con.
05:24Je vais te dorloter, te soigner, te soujouter comme un gamin.
05:30Et quand tu seras nouveau sur pied, tu recommenceras à me tourmenter.
05:34Dis, Dupin, on va te monter dans ta chambre.
05:37Tu seras mieux là-haut, non ?
05:38Non, non, non, je veux rester ici parmi vous.
05:43Je vais chercher une couverture.
05:45On va te mettre au coin du feu, hein.
05:50Mélanie.
05:51Ma pauvre vieille Mélanie.
05:54Faut-il que tu aies mal pour m'appeler par mon nom ?
05:57Vieille Mélanie, ça y est, hein.
06:00Je vais mourir.
06:01Mais non.
06:03Tu vas déjà beaucoup mieux.
06:04Oh, oui.
06:06Je vais beaucoup mieux, mais je vais crever quand même.
06:10Et on ne se sera même pas mariés.
06:14C'est le même refrain à tous les coups.
06:17Déjà, quand j'étais jeune, je n'ai jamais voulu de toi comme époux.
06:21Ce n'est pas maintenant où tout le monde s'est tout rabougri que je vais changer d'avis.
06:25Ça me ferait mal de devenir la veuve Dupin.
06:30Mélanie Ardelet, j'ai vécu.
06:32Mélanie Ardelet, je mourrai.
06:56Alors, patron.
06:58Les gars du comité d'entreprise ont été prévenus ?
07:00Ils montrent.
07:01Qu'est-ce qu'ils foutent ?
07:08Entrez, entrez, on n'attendait plus que vous.
07:12Bonjour, chasse-bombe.
07:13Bonjour, patron.
07:14Bonjour, tous et tous.
07:33Je vous épargnais les discours du genre « Messieurs, la situation est grave, mais pas catastrophique » et j'attaquerai
07:39directement le problème.
07:41Vous en connaissez les données aussi bien que moi, la crise de l'énergie, les agissements de la concurrence étrangère,
07:48la faillite de la Traveco-Brasil, enfin bref, des difficultés en cascade qui ont conduit l'entreprise à un endettement
07:54considérable.
07:56Et à l'horizon, aucune perspective d'amélioration si l'on s'en tient au cadre de nos activités actuelles.
08:04Un nouveau marché s'ouvre à nous, celui de la roue à rampe hélicoïdale.
08:09Ce n'est pas un nouveau marché.
08:11Si, monsieur, dans la mesure où nous apporterons des solutions efficaces qui intéresseront réellement la clientèle.
08:16Et c'est le cas ?
08:17C'est le cas.
08:23Mais avant de dire, dans cette nouvelle fabrication, il faut dégager une importante masse de trésorerie pour les presses et
08:27l'outillage.
08:30Évidemment, il y a une autre.
08:32Il faut continuer à vivoter en licenciant une partie du personnel et en espérant que les choses iront mieux dans
08:36quelques temps.
08:38Eh bien, cette solution, je la repousse comme vous.
08:40Mais je ne peux l'ignorer.
08:43Car l'autre présente quand même quelques dangers.
08:49Il faut que nous discutions de tout cela ensemble.
08:54Il faudrait l'hospitaliser.
08:55C'est à ce point-là ?
08:57Oui, c'est à ce point-là.
09:00Il serait malhonnête de ma part de vous laisser beaucoup d'illusions.
09:03Je vois.
09:07Voilà, c'est pour l'hôpital.
09:12Quel est le minus ignorant des choses de la vie qui parlent d'hôpital ?
09:21Il faut que vous soyez raisonnable, mon vieux.
09:23Raisonable ?
09:25Jamais, monsieur.
09:26Je n'irai jamais.
09:29J'ai échappé à l'asile des vieillards.
09:32Ce n'est pas pour aller crever à l'hôpital.
09:35Non, monsieur.
09:37Je crèverai ici, au milieu des mires, de mes enfants.
09:44Et vous, alors, rappelez-vous, hein.
09:48Le premier qui me laisse filer à l'hôpital,
09:52de le maudit jusqu'à la fin des temps.
09:57Allez, vous pouvez vous tailler tout,
09:59mais vous ne pouvez plus rien pour moi.
10:03Si quelqu'un veut encore me sauver,
10:06ce sont deux.
10:09Si j'ai une petite chance de m'en sortir,
10:13bon, je vais.
10:14Si on a une petite chance de s'en sortir,
10:16il faut la saisir.
10:17Oui, pour une petite chance de s'en sortir,
10:19il y a un gros risque de se casser la gueule.
10:20Moi, c'est tout ce que je vois.
10:22Écoutez, patron,
10:23ça fait exactement 15 ans et 4 mois
10:26que vous avez créé cette maison.
10:28Ça fait 15 ans et 4 mois
10:29que j'y suis entré comme apprenti.
10:31Oh, dis donc, tu ne vas pas nous raconter ta vie,
10:32on la connaît.
10:34Bon, j'ai vu grandir le fer.
10:36Au départ, c'était un petit atelier.
10:38On était à peine une dizaine.
10:40Et puis, petit à petit, c'est devenu cette usine.
10:42Et c'est devenu cette usine, pourquoi ?
10:44Parce qu'on s'en met toujours tenu
10:45à notre spécialité.
10:48La roue à voie variable ordinaire.
10:50La roue toute simple.
10:52La roue faillardée, quoi.
10:53Et de nos jours, tout le monde l'apprécie.
10:55Et ce n'est pas un hasard.
10:57Bon, alors maintenant,
10:58vous nous dites qu'il faut se lancer
11:00dans la roue à variable ordinaire.
11:01C'est possible.
11:03Mais c'est quand même se lancer dans l'aventure.
11:05Et se lancer dans l'aventure,
11:06quand on est dans la dèche,
11:08moi, je dis casse-coup.
11:09Voilà.
11:09Dans le sens,
11:10chasse-bon n'a pas tort,
11:11mais d'un autre côté...
11:13T'es pas normand pour rien, toi.
11:16Bon, bah alors la conclusion à tout ça,
11:17qu'est-ce qu'on fait, alors ?
11:18Les Japonais n'ont pas indéfiniment
11:20que nous nous décidions.
11:22Votons, je ne vois pas d'autre solution.
11:50Sous-titrage Société Radio-Canada
11:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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