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Ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé était l’invité de #LaGrandeInterview d'Alexis de La Fléchère dans #LaMatinaleEte sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00La grande interview sur CNews et Europe 1 avec ce matin Aurore Berger.
00:04Bonjour à vous.
00:05Vous êtes ministre chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes
00:08et de la lutte contre les discriminations.
00:11On va revenir, bien sûr, pendant cette interview sur l'antisémitisme dans notre pays,
00:15sur le racisme anti-blanc, la loi intégrale également,
00:18que vous portez contre les violences faites aux femmes et aux enfants.
00:21On va parler des incendies, bien sûr.
00:22C'est une grande préoccupation des Français.
00:26Mais d'abord, Aurore Berger, ces images impressionnantes.
00:30En Espagne, à Ceuta, 1 500 migrants sont entrés illégalement en quelques heures.
00:36Les autorités espagnoles estiment qu'une récente décision de justice
00:39qui interdit les refoulements immédiats des migrants arrivés par la mer
00:43a pu créer un effet d'appel.
00:46Giorgia Meloni, première ministre italienne, a réagi.
00:48Elle veut suspendre l'Espagne de l'espace Schengen.
00:51Est-ce que, par exemple, quand on voit ces images,
00:54je l'ai décrit quand même aux auditeurs d'Europe 1,
00:56on voit vraiment ces milliers de personnes arriver sur la côte.
00:59C'est absolument incroyable.
01:00Ce sont des images presque de chaos, en tout cas des images qui sont très impressionnantes.
01:04Et j'imagine que tu as aussi interpellé un qui était d'abord en Espagne.
01:08C'est aussi la politique qui est menée par le gouvernement espagnol en matière migratoire.
01:12On sait qu'il y a eu des volontés d'arriver massives sur le territoire.
01:16Et c'est là où on a des régularisations extrêmement importantes.
01:20C'est là où on voit qu'on a la nécessité de continuer à avoir une coordination,
01:24qui est une coordination européenne.
01:26Parce que si on a des écarts-types très importants entre les États
01:29sur des volontés de régularisation et de régularisation massive,
01:32la France n'a jamais eu, et ne fera en tout cas pas sous notre impulsion,
01:35des régularisations massives de centaines de milliers de personnes.
01:39Parce qu'il y a le risque, évidemment, que ça crée ensuite cette volonté
01:42d'augmenter encore le volume d'immigration.
01:45Donc, c'est là où on a besoin d'avoir une coordination.
01:47Ce qu'il faut, c'est déjà comprendre s'il y a un trou dans la raquette en Espagne.
01:51C'est-à-dire, vraisemblablement, ils disent eux-mêmes qu'il y a une décision de justice
01:53qui crée une difficulté.
01:55C'est déjà de la résoudre et de la résoudre dans les meilleurs délais.
01:58Parce que l'Espagne, c'est l'une des portes d'entrée majeures, évidemment,
02:01sur le continent européen.
02:02Et donc, on ne peut pas accepter un risque de passoire, en fait,
02:06au sein du continent européen et via l'Espagne, bien sûr.
02:10Donc, sur l'espace Schengen, la première ministre italienne...
02:12On a besoin de cette coordination. Elle-même, elle a fait aussi des régularisations
02:14extrêmement importantes sur les questions d'immigration économique.
02:17Des centaines de milliers de personnes qui ont été régularisées...
02:20Sans forcément donner la nationalité italienne.
02:22Oui, mais en tout cas, elle a permis l'entrée massive.
02:25Donc, c'est là où, vous voyez, on a besoin qu'il y ait cette coordination
02:28très claire européenne sur la question de l'asile,
02:31sur la question de l'immigration économique,
02:33sur la question aussi des flux d'immigration qui sont là,
02:36manifestement, de l'immigration absolument illégale.
02:38Et oui, dans ces cas-là, il y a peut-être des choses à regarder.
02:40Est-ce qu'il y a des choses à temporairement bouger ?
02:43En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il faut qu'on ait
02:45une coordination encore plus efficace et efficiente.
02:48Et qu'on continue la lutte contre les passeurs,
02:50que les ONG en question fassent aussi attention.
02:54Parce qu'il y a une grande enquête du Fidéraux...
02:54On est sur des réseaux qui sont des réseaux de traite des êtres humains.
02:57Il peut y avoir des collaborations entre passeurs et ONG.
03:01Il faut être intraitable avec les passeurs.
03:03Encore une fois, on parle de traite des êtres humains.
03:06Ceux qui sont en cause, ce sont d'abord les autorités,
03:09qui ne savent pas réguler et qui ont permis ce flux massif
03:13qui est arrivé en Espagne.
03:15C'est d'abord cette responsabilité qui doit être engagée.
03:17Comprendre aussi qui a permis leur arrivée.
03:21Et on le sait, nous avons des réseaux qui sont des réseaux
03:22ensuite de criminalité, souvent, qui sont derrière
03:26et qui sont de la traite des êtres humains.
03:28Parce que ce sont des personnes qui donnent tout pour pouvoir partir
03:30et qui ensuite sont attrapées dans des réseaux
03:33dont ils n'arrivent plus ensuite à s'échapper.
03:35Et donc, on a évidemment cette nécessité, y compris pour des raisons de dignité humaine,
03:39bien sûr, d'arriver à continuer à avoir une politique absolument intraitable à leur égard.
03:43Revenons en France, Aurore Berger.
03:46J'ai été à cette place toute la semaine.
03:49Il y a de l'espoir quand même ce matin sur le front des incendies en Gironde.
03:52Le feu est toujours là.
03:53Mais hier, des milliers d'habitants de neuf communes au nord-ouest de Bordeaux
03:57ont pu rentrer chez eux.
03:58L'A63 entre Bordeaux et Bayonne a pu rouvrir.
04:01En revanche, bon, ça c'est une moins bonne nouvelle,
04:03mais il n'y a aucun TGV qui va circuler jusqu'à dimanche au sud de Bordeaux.
04:07Le ministre de l'Intérieur a dit hier,
04:09on peut penser que le pire est derrière nous.
04:12Est-ce que vous partagez ce diagnostic ?
04:14Il y a de l'espoir ce matin ?
04:14Oui, il y a, je crois, de l'espoir qui est revenu.
04:16Il faut encore une fois, je crois, saluer la mobilisation absolument exceptionnelle.
04:19Vous l'avez montré, toutes ces images, tout au long de ces derniers jours,
04:22on a vu des femmes et des hommes, avec un courage inouï,
04:26se mobiliser, les sapeurs-pompiers, les militaires, les forces de l'ordre,
04:30le personnel soignant, parce qu'ils étaient en deuxième ligne.
04:33Mais cette deuxième ligne, elle était essentielle,
04:35parce que quand vous devez évacuer des EHPAD,
04:37quand vous devez protéger des populations vulnérables,
04:39quand vous devez les accompagner,
04:40quand vous avez des femmes enceintes qu'il faut évacuer,
04:43on n'a eu aucune mort civile, aucune mort civile,
04:46parce qu'il y a eu cette chaîne de protection absolument massive
04:51qui s'est mise en place,
04:52et je crois qu'il fait l'honneur de notre pays.
04:54Et puis, je veux le dire, les agriculteurs,
04:55ils sont souvent conspués par certains dans notre pays.
04:58Tout le monde était heureux qu'ils soient au rendez-vous
04:59et qu'ils se mobilisent de manière très massive,
05:02des ouvriers en bâtiment.
05:03Donc, il y a eu aussi cette chaîne de solidarité.
05:05Au-delà de celles et celles-là, c'est le travail.
05:07On ne va pas revenir sur cette polémique
05:08à qui on a envoyé quand même les CRS
05:10à l'époque où ils étaient en colère.
05:12Aujourd'hui, on les salue.
05:13Nous, on a fait une loi sur les questions agricoles.
05:16Elle a été malheureusement souvent très détournée,
05:18alors qu'elle est absolument nécessaire, je crois,
05:20pour garantir de continuer à produire en France, tout simplement.
05:23Et je crois qu'on voit aussi ce que représente le monde paysan
05:26et ce que représente le monde agricole
05:27dans des périodes de crise,
05:28où là, tout d'un coup, tout le monde les salue.
05:30Il ne faut pas le faire qu'en période de crise.
05:31Il faut se souvenir qu'ensuite, il faut les accompagner
05:34et les accompagner dans le cœur de leur mission
05:35et de leur travail.
05:36Alors, je le disais, beaucoup de monde aujourd'hui sur les routes,
05:39un drapeau noir, ici par bison futé,
05:41dans le sens des départs dans le sud-ouest.
05:42Ce serait dommage de tout gâcher.
05:43On ne fait jamais assez de prévention.
05:45Oui, vous avez raison.
05:45Un mégot par la fenêtre, un barbecue pendant les vacances
05:48qui est mal géré, ça peut tourner à la catastrophe.
05:50Dans 9 cas sur 10, les incendies, c'est un départ humain.
05:54Alors, vous savez, j'ai l'impression
05:55qu'il y a des choses qui sont évidentes,
05:57mais finalement, les évidences, parfois, il faut les rappeler.
05:59La préfète l'a dit, c'est-à-dire que même
06:01alors qu'on était au cœur des incendies,
06:03on a encore retrouvé des personnes
06:06illégales en forêt qui jetaient des mégots
06:08ou qui allumaient des barbecues,
06:09alors qu'on était au cœur d'incendies
06:11qui n'ont jamais été aussi massifs,
06:13je veux dire presque monstrueux,
06:14par leur ampleur et par les dégâts
06:16et la désolation que ça a pu causer
06:18avec des milliers et des milliers d'hectares détruits,
06:21des milliers de personnes,
06:22des milliers de personnes qui ont dû être évacuées,
06:24pour certains, qui ont perdu leurs habitations.
06:27Dans 9 cas sur 10, ces départs de feu
06:29sont des départs humains.
06:30Alors, soit parce qu'ils sont volontaires,
06:32et là, c'est criminel,
06:33mais ça devient presque criminel aussi
06:35quand c'est soi-disant de la mégarde,
06:37parce que la mégarde,
06:38ça peut causer les images que nous voyons là,
06:40parce qu'à un moment,
06:41on n'arrive plus à maîtriser,
06:42parce que les vents,
06:43parce que les chaleurs extrêmes,
06:44parce que l'intensité,
06:45donc oui, il faut évidemment
06:46continuer la prévention.
06:47Vous parlez, Aurore Berger,
06:48de fermeté depuis le début des incendies.
06:52275 personnes ont été interpellées,
06:5431 écrouées,
06:5570%, on le disait,
06:56pour des incendies volontaires,
06:58c'est les annonces hier
06:59de Laurent Nunes,
07:00ministre de l'Intérieur,
07:01mais c'est vrai aussi
07:02que certains Français se disent
07:03que parfois,
07:04on n'est pas assez ferme,
07:05la peine la plus lourde prononcée
07:06pour le moment
07:07est de 4 ans de prison
07:08dont 18 mois avec sursis,
07:09une sanction infligée
07:10par le tribunal de Mont-de-Marsan,
07:12d'autres pyromanes
07:13ont écopé de 2 ans de prison
07:14ou encore 18 mois
07:15dont 6 fermes
07:16avec possibilité
07:17de porter un bracelet.
07:19Est-ce qu'il faut parfois
07:19aller plus loin,
07:21même quand on est confronté
07:22à des personnes
07:22qui sont mineures ?
07:24Je crois qu'honnêtement,
07:25personne ne comprendrait
07:26au regard de la désolation absolue
07:28et des images
07:29qu'on voit encore à l'écran,
07:31qu'ensuite,
07:31on ait des sanctions
07:32qui ne soient pas
07:33à la hauteur du préjudice
07:34qui a été causé
07:35parce qu'elles préjudicent humains,
07:36des personnes qui ont dû
07:37évacuer leur domicile,
07:38des personnes qui ont perdu
07:39leur maison,
07:40préjudice financier
07:42parce qu'il va falloir
07:43ensuite mesurer
07:44l'impact financier,
07:45y compris sur l'activité
07:47touristique, par exemple,
07:48qui a été empêchée
07:48au cœur de la saison
07:49et ça veut dire
07:50des emplois derrière
07:51qui sont potentiellement menacés,
07:52l'État qui va devoir
07:54accompagner,
07:54qui va devoir soutenir,
07:55donc c'est-à-dire
07:55les impôts des Français
07:57qui vont être mobilisés
07:58parce qu'évidemment,
07:59c'est un enjeu
07:59des personnes
08:00qui n'ont pas pu travailler
08:01dans la période
08:02et puis il y a
08:03le dégât écologique majeur.
08:04Vous avez 120 000 hectares
08:06qui sont partis en fumée,
08:08combien de temps
08:09pour arriver à restaurer
08:10ces forêts-là,
08:11le puits de carbone
08:12que ça représente,
08:13donc oui,
08:14je crois qu'on a besoin
08:15d'avoir des sanctions
08:15qui sont à la hauteur
08:16de ce préjudice.
08:18Sur l'excuse de minorité,
08:19par exemple,
08:20est-ce qu'il faut revenir
08:21sur cette excuse de minorité ?
08:23Moi, je l'ai déjà eu l'occasion
08:24de dire que j'y étais favorable.
08:25D'accord.
08:26Parce que je crois
08:27que personne aujourd'hui
08:28ne comprend
08:29qu'on est sur une loi
08:30qui a été composée
08:32à la sortie
08:32de la Seconde Guerre mondiale
08:33et les mineurs ont changé.
08:35Donc il y a un enjeu,
08:36évidemment,
08:37de protection
08:37des mineurs vulnérables.
08:39C'est tout ce sur quoi
08:40nous travaillons
08:40et on y reviendra
08:41dans le cadre
08:42de la loi intégrale,
08:43protection de nos enfants
08:44et de l'enfance en danger
08:45et des enfants
08:46qui sont en souffrance,
08:47mais zéro naïveté
08:49sur la délinquance,
08:51voire sur de la criminalité,
08:53y compris quand ça touche
08:55des jeunes
08:55qui ont, par exemple,
08:5715 ans ou 16 ans.
08:58On le voit bien aujourd'hui,
08:59on a eu trop de drames
09:01causés par des très jeunes
09:02et on a un rajeunissement,
09:03on a un rajeunissement
09:04des victimes
09:05parce qu'on a un rajeunissement
09:06des auteurs.
09:07Durant la finale
09:08de Ligue des champions,
09:09on a vu des jeunes
09:10de 11 ans ivres
09:11en train de piller
09:12des boutiques.
09:13Mais ce qui pose aussi
09:13la question
09:14de la responsabilité parentale,
09:16on a des parents
09:17qui sont dépassés,
09:18on a aussi des parents
09:18qui sont défaillants.
09:20Quand on a 11 ans,
09:2012 ans, 13 ans,
09:22rien ne justifie
09:22qu'on soit livré
09:23à soi-même
09:24avec le risque ensuite
09:25d'être entraîné.
09:27Non,
09:27ce n'est jamais simple,
09:27évidemment.
09:28Il y a un certain nombre
09:29de mesures nouvelles
09:30qui ont été mises en place
09:31qui doivent être mobilisées
09:32aussi par la justice
09:33pour garantir
09:34que cette responsabilité parentale,
09:35elle soit engagée,
09:36y compris financièrement notamment
09:38quand il y a des enjeux
09:39de réparation
09:40parce qu'il y a eu
09:41de détérioration,
09:42parce qu'il y a eu
09:42des préjudices
09:43qui ont été causés
09:44parce que c'est toute
09:44une chaîne de responsabilité.
09:46Ça ne peut pas être
09:46que l'État seul
09:47la responsabilité,
09:48c'est une responsabilité collective
09:49mais c'est d'abord
09:50une responsabilité individuelle
09:51et parfois on se repose
09:52trop sur les autres
09:54en bout de chaîne
09:54et donc sur l'État
09:55en bout de chaîne.
09:56Aurore Berger,
09:57on parlait de prévention.
09:58Éric Ciotti,
09:59le maire de Nice,
10:00a proposé hier
10:01une lettre
10:02adressée au ministre
10:03de l'Éducation nationale.
10:05Il veut un hommage
10:05aux pompiers
10:06dans les écoles
10:06à la rentrée
10:07pour saluer leur engagement,
10:09transmettre le sens du devoir,
10:11susciter aussi peut-être
10:12des vocations,
10:13qui sait ?
10:13J'entendais un chroniqueur
10:15sur CNews
10:16et sur Europe 1
10:16qui parlait,
10:17pourquoi pas,
10:17à la Sainte Barbe ?
10:19La fête des pompiers.
10:20Oui,
10:21la Sainte Barbe,
10:22reconnue comme la protectrice
10:23des métiers exposés
10:24aux risques d'explosion
10:25ou d'incendie,
10:25incarne à elle seule
10:26le courage
10:27face au danger
10:28et la fidélité
10:29aux valeurs de solidarité
10:30et d'abnégation.
10:31Ce serait une bonne idée ?
10:32En tout cas,
10:33je crois qu'on n'ait pas
10:34la mémoire courte
10:35parce que souvent
10:36on rend hommage
10:37quand on est au cœur
10:38de la crise
10:38à celles et ceux
10:39qui nous ont protégés
10:40et puis une fois
10:41que la crise se referme,
10:42chacun reprend le cours
10:43de sa vie,
10:43ce qui est bien normal
10:44et on oublie.
10:45Je pense qu'il ne faut pas oublier.
10:46Il ne faut pas oublier
10:47l'engagement de ces femmes
10:48et de ces hommes
10:49au péril de leur vie.
10:50du ministre de l'Éducation nationale
10:52de faire ça à la rentrée.
10:52je crois qu'on a besoin
10:54à la fois d'une forme
10:55de patriotisme,
10:56ce n'est pas un gros mot
10:57le patriotisme,
10:58on a besoin d'insuffler aussi
10:59cette volonté d'engagement.
11:01D'ailleurs,
11:01on a beaucoup de jeunes
11:02sapeurs-pompiers
11:03dans nos casernes,
11:04c'est-à-dire des très jeunes
11:05qui s'engagent
11:06et qui ont ce sens-là
11:07aussi du service
11:08et du service aux Français
11:10et je crois qu'encore une fois,
11:11on doit se souvenir
11:12de l'engagement
11:13de toutes celles et ceux
11:14qui ont été mobilisés
11:15et qui vont continuer
11:16à être mobilisés
11:17parce que même s'il y a
11:18cet espoir qui revient,
11:19on sait qu'il y a encore
11:20des semaines devant nous
11:21pour aller jusqu'au bout
11:22de l'extinction
11:23de tous les incendies
11:25et de tous les départs
11:25de feu potentiels.
11:26Et on verra si,
11:27à la rentrée,
11:27l'idée d'Éric Ciotti
11:28est reprise par le ministre
11:29de l'Éducation nationale.
11:31Autre thème ce matin
11:33que je voulais vous soumettre,
11:34Madame la Ministre,
11:35c'est le racisme anti-blanc.
11:37Ça concerne directement
11:38votre ministère.
11:39Le président de SOS Racisme,
11:42Dominique Sopo,
11:42estime que l'expression
11:43racisme anti-blanc
11:45n'a pas de pertinence
11:46sociologique aux politiques
11:47et qu'elle sert principalement
11:48les intérêts
11:49de l'extrême droite.
11:50Pour le président
11:51de SOS Racisme,
11:52employer l'expression
11:53racisme anti-blanc
11:54ne relève pas
11:55d'une démarche
11:55anti-raciste universelle.
11:57Quand on a vu
11:58ce qui s'est passé
11:58à Crépaule
11:59avec le meurtre
12:01de Thomas Perrotto,
12:02on a entendu
12:03des témoignages chidérants
12:04des personnes qui ont dit
12:05on a entendu
12:06on est venu ici
12:06pour planter du blanc.
12:08On a vu la justice aussi
12:09qui finalement a retenu
12:10ce terme de racisme anti-blanc.
12:11Quand vous entendez ça,
12:13qu'est-ce que vous lui répondez
12:14ce matin
12:15au président de SOS Racisme ?
12:16J'allais le dire,
12:17il y a eu une décision de justice
12:18qui est une première
12:19et qui va sans doute
12:21faire justement jurisprudence.
12:22C'est-à-dire que
12:23la justice française
12:24a reconnu
12:25que le racisme anti-blanc
12:27non seulement existait
12:28mais qu'il pouvait ensuite
12:31permettre que le pire
12:32puisse exister.
12:33C'est-à-dire
12:34un assassinat.
12:35Un assassinat
12:36d'un jeune
12:37qui a été vraisemblablement
12:38ciblé délibérément
12:39avec l'assassinat
12:40de Thomas à Crépaule.
12:41Donc je crois que le sujet
12:42ce n'est pas de la hiérarchie.
12:43On n'est pas là
12:43pour hiérarchiser
12:45entre les différents types
12:46de racisme.
12:47Il y a des spécificités.
12:48Il y a des spécificités
12:49historiques,
12:50évidentes
12:50sur la question
12:51du racisme anti-noir
12:52et sur la question
12:53de l'esclavage
12:54et la manière
12:54avec laquelle
12:55ces stéréotypes
12:55continuent à exister.
12:56Il y a des débats aussi.
12:57Mais il ne faut pas
12:58encore une fois
12:59opposer les racismes
13:01entre eux.
13:01Il faut qu'on ait
13:02ce qu'est la France.
13:03C'est-à-dire
13:04un pays qui est républicain,
13:05un pays qui est universaliste,
13:07un pays qui ne trie pas,
13:08un pays qui ne hiérarchise pas
13:09entre les combats
13:10et un pays qui adresse
13:11tous ces combats
13:12dans le même mouvement
13:13et dans le même temps.
13:15Ça vous choque
13:15ce qu'il a dit
13:16le président du Sous-est Racisme ?
13:16Je pense que c'est surtout inutile.
13:18Je pense que c'est inutile
13:19si vous voulez
13:20d'ajouter de la polémique
13:21sur la polémique.
13:22On pourrait tous se retrouver
13:23sur ce thème.
13:23Il y a du racisme.
13:24Il y a même des racismes.
13:26On les condamne tous.
13:26Et ces racismes,
13:27chacun devrait évidemment
13:28les condamner.
13:29Il devrait être condamné
13:30avec la plus grande défermeté
13:31par la justice
13:32parce que c'est une circonstance
13:33aggravante,
13:34c'est-à-dire cibler quelqu'un
13:35à raison de sa couleur de peau,
13:37à raison de son identité
13:38réelle ou supposée,
13:39à raison de son origine.
13:41Évidemment que c'est aggravé
13:43la manière avec laquelle
13:44ensuite vous allez pouvoir
13:45commettre un délit
13:46ou pire même un crime.
13:47Et la justice,
13:48encore une fois,
13:48dans notre pays,
13:50l'a reconnu
13:50dans le cas malheureusement
13:51du drame
13:52qu'avait vécu Thomas Acrépole
13:53et surtout...
13:54Aurore Berger,
13:54vous avez réuni hier
13:56une trentaine de parlementaires
13:57pour préparer
13:58une grande loi intégrale
13:59contre les violences
14:00faites aux femmes
14:01et aux enfants.
14:01Cette loi,
14:02les Français,
14:02on a entendu beaucoup parler
14:03depuis le meurtre
14:04de la petite Liana,
14:0511 ans,
14:06dans le Gers,
14:06retrouvée morte début juin.
14:08Mais elle répond
14:09à une réalité
14:09qui va bien au-delà
14:10de ce drame de Liana.
14:12Les chiffres donnent le vertige.
14:14Plus de 270 000 femmes
14:16sont victimes chaque année
14:17de viol,
14:18de tentatives de viol
14:19ou d'agressions sexuelles.
14:20Plus de 160 000 enfants
14:21sont victimes
14:22de violences sexuelles.
14:23Vous parlez d'ailleurs,
14:24ce sont vos mots,
14:25Aurore Berger,
14:25d'un continent de violences.
14:27Qu'est-ce qu'on fait ?
14:28Il faut bien mesurer
14:30quand on parle
14:30des violences sexuelles,
14:31que ce soit à l'encontre
14:32de nos enfants
14:33ou à l'encontre des femmes,
14:34on ne parle pas
14:35de violences sexuelles
14:36qui sont commises
14:37à l'extérieur
14:38de nos foyers.
14:39C'est d'abord
14:39ce qui se passe
14:40à l'intérieur
14:41et c'est ça
14:41qui est le plus insupportable
14:43à entendre
14:43parce qu'on parle
14:44de l'inceste,
14:45c'est-à-dire
14:46ce que vivent nos enfants
14:47de par un membre
14:48de la famille notamment
14:49ou de par quelqu'un
14:50en qui ils ont confiance.
14:51Et ces agresseurs-là,
14:52ils abusent
14:53de cet amour
14:54et de la confiance
14:55que les enfants.
14:56C'est le cercle familial
14:57qui est le premier lieu
14:58de drame dans notre pays.
15:00En fait,
15:00ce qui devrait être
15:01le lieu le plus protecteur
15:02au monde
15:02devient parfois,
15:04trop souvent,
15:05le lieu qui est
15:05le plus destructeur.
15:06Et l'enfant,
15:07évidemment,
15:07ne se méfie pas
15:08de celui qu'il connaît,
15:09il ne se méfie pas
15:10de celui qu'il aime,
15:11il ne se méfie pas
15:12de celui qui devrait
15:13le protéger
15:13et qui faillit
15:14à ce devoir de protection
15:15et pire,
15:16qui en abuse.
15:17Et de la même manière,
15:18une femme victime
15:19de violences sexuelles,
15:20dans 9 cas sur 10,
15:21elle connaît son agresseur.
15:22C'est un ancien conjoint,
15:24compagnon,
15:25un prétendu ami,
15:25un collègue.
15:26Donc,
15:26il faut avoir bien
15:27en tête ces réalités.
15:28Et donc,
15:29ce qu'on veut faire
15:29avec les parlementaires,
15:31avec l'association
15:32sur la loi intégrale,
15:33c'est quoi ?
15:33C'est à la fois
15:34une affaire police-justice,
15:35c'est-à-dire,
15:36il y a évidemment
15:37un certain nombre
15:37de mesures encore
15:38à renforcer,
15:39de quantum des peines
15:40à renforcer,
15:40mais c'est une affaire
15:45à dire que ça doit
15:46irriguer tous les pans
15:46de la société
15:47pour détecter,
15:48pour repérer,
15:49pour accompagner
15:50les victimes.
15:51Donc,
15:51ce qui se passe
15:51au sein de l'éducation nationale
15:53pour pouvoir comprendre
15:54ce que nos enfants
15:55ont à vivre
15:55et pour très vite
15:56le révéler.
15:56Ce qui s'est passé
15:56dans le péril scolaire
15:57à Paris également.
15:58Évidemment,
15:58la question de la formation
15:59de toutes celles et ceux
16:00qui sont au contact
16:02de nos enfants.
16:03Ça,
16:03on l'a déjà mis dans la loi
16:04sur la protection de l'enfance.
16:05Vous savez que,
16:06malheureusement d'ailleurs,
16:07la gauche s'est opposée
16:08à la perpétuité
16:09pour les violeurs
16:09en série d'enfance
16:10qui est quand même
16:12absolument invraisemblable.
16:13On parle d'enfants
16:13qui ont subi
16:14un certain nombre de viols.
16:16Les violeurs en série
16:17d'enfants,
16:17il faut le redire.
16:18Les enfants mineurs
16:19de moins de 15 ans.
16:19La gauche s'est opposée.
16:21Le texte est passé
16:22et je vais le dire aussi
16:23aux parents.
16:24Le texte,
16:24il permet justement
16:25de rassurer les parents
16:27parce qu'il y a
16:27beaucoup de parents inquiets.
16:29Inquiets de mettre
16:30leurs enfants
16:30dans une colonie
16:31de vacances,
16:32de les envoyer
16:33au péril scolaire,
16:33dans un centre de loisirs.
16:35L'immense majorité
16:36de ces personnels
16:36sont formés
16:37et désormais dans la loi,
16:39nous renforçons
16:40tous les contrôles
16:41qui sont faits
16:42à l'encontre
16:42et à l'égard
16:43de celles et ceux
16:44qui sont au contact
16:45de nos enfants.
16:45Nos enfants,
16:46c'est les plus vulnérables.
16:47On parle en permanence
16:48de principe de précaution.
16:49S'il y a bien une matière
16:51où il devrait y avoir
16:51un principe de précaution
16:53absolu,
16:53c'est évidemment
16:54avec nos enfants.
16:55Donc oui,
16:55on va faire cette loi intégrale
16:56pour aller au bout
16:57de tout ce qui doit être fait
16:58dans la loi,
16:59de tout ce qui doit être fait
17:00à l'extérieur de la loi
17:01et on l'examinera
17:02dès début octobre.
17:04J'ai envie de dire
17:07ce réexamen des procédures
17:08concernant les violences
17:09sexuelles sur mineurs.
17:09Près de 70 000 dossiers
17:11ont été passés en revue
17:12conduisant à près
17:13d'un millier d'incarcerations.
17:15C'est énorme.
17:16On ne se réveille pas
17:17un peu tard ?
17:18Non, déjà parce que
17:19vous le savez,
17:20depuis 2017,
17:21on a énormément légiféré
17:23sur le sujet
17:23et on a en grande partie
17:25changé la donne
17:26sur ce qui se passe
17:27concrètement.
17:28On a aujourd'hui
17:29des lieux qui existent
17:30dans tous les départements
17:30pour accompagner,
17:31pour repérer,
17:32pour détecter.
17:33Mais oui,
17:34il faut que ce soit
17:34un réveil de l'ensemble
17:35de la société
17:36qui prenne la mesure
17:37de ce que...
17:38En tout cas,
17:39je l'espère.
17:39Je l'espère parce qu'il s'est
17:40passé quelque chose
17:41dans la société.
17:42Il s'est passé quelque chose,
17:43je crois,
17:43pour chaque Français
17:44qui a mesuré l'ampleur.
17:46Vous avez rappelé les chiffres
17:47encore une fois.
17:47Et ces chiffres,
17:48ils doivent nous interpeller.
17:50Et l'objectif,
17:51c'est surtout que ça diminue.
17:53C'est-à-dire qu'on arrive
17:54à accepter qu'il y ait
17:55surtout moins de violence
17:56dans notre société.
17:57Aucune société ne peut accepter,
17:59ne peut se contenter
18:00de l'idée
18:01qu'on continue à adresser
18:02ce niveau de violence
18:03à l'encontre
18:04et à l'égard de nos enfants.
18:05Et donc, oui,
18:06ça, c'est la responsabilité
18:07à la fois de l'État,
18:08mais c'est notre responsabilité
18:09en tant que famille
18:10et en tant que société,
18:11évidemment.
18:11Donc, on fera cette loi.
18:13Mais surtout,
18:13on aura besoin d'un impact
18:15sur l'ensemble des Français.
18:16Elle va être votée quand,
18:17cette loi ?
18:17Alors, on va commencer
18:18les travaux parlementaires
18:20dès le mois de septembre
18:21de manière à aller
18:22le plus rapidement possible.
18:24Vous allez être suivi
18:25sur ce dossier
18:26par les parlementaires ?
18:26Écoutez, s'il y a bien
18:27un sujet où j'espère l'être,
18:29et j'espère que nous le saurons
18:30collectivement,
18:30c'est celui-ci.
18:31C'est un travail de co-construction
18:33avec les députés,
18:33avec les sénateurs,
18:34et j'espère que, oui,
18:35non seulement on ira au bout,
18:37mais que ça se fera
18:37dans un climat
18:38qui sera un climat
18:39de respect,
18:40de confiance,
18:41qui n'est pas toujours le cas
18:41à l'Assemblée nationale,
18:43et je l'espère même d'unanimité.
18:44J'aurais aimé que ce soit le cas
18:45sur le texte
18:45sur la protection de l'enfance.
18:46Vous voyez,
18:47ça n'a pas été le cas.
18:48Donc, ce n'est pas si simple.
18:49Ce n'est jamais simple
18:49à l'Assemblée nationale.
18:51Mais on peut y arriver
18:52quand on y met
18:52beaucoup d'engagement
18:53et d'énergie.
18:53Et on suivra avec attention
18:55ce qui se passe à la rentrée.
18:56Vous êtes ministre spécialisée
18:57dans la lutte
18:58contre les discriminations.
18:59Il y a une très forte résurgence
19:01de l'antisémitisme,
19:02Aurore Berger,
19:02dans notre pays.
19:04L'affaire Barbara Butch,
19:06cette DJ
19:06qui a dû quitter la scène.
19:08Il a été chassé de scène.
19:09C'est quand même incroyable.
19:10Il a été chassé de scène.
19:11Amir, un artiste
19:16Alors, heureusement,
19:16il arrive à se produire
19:17parce qu'en fait,
19:17les Français,
19:18ils ont envie
19:18d'aller voir ces artistes.
19:19Les Français ne regardent pas
19:20quelle est l'origine,
19:22quelle est l'identité,
19:22quelle est la religion.
19:24Ils aiment ou ils n'aiment pas
19:24des artistes.
19:25Ils ont envie
19:25d'aller les applaudir.
19:27En revanche,
19:27il y a ceux
19:28qui leur mettent
19:28des cibles dans le dos.
19:29Et ce qui s'est passé
19:30avec Barbara Butch,
19:31c'est ça.
19:31C'est un tract,
19:32un tract signé
19:34par la France insoumise
19:35et un tract
19:36qui lui a mis
19:36des cibles dans le dos
19:37pour faire en sorte
19:38qu'elle n'ait pas
19:39la capacité
19:40à aller au bout
19:41d'un concert,
19:42à aller au bout
19:42d'un spectacle.
19:43Et elle a été
19:44chassée de scène.
19:45Elle n'est pas partie
19:45de son plein gré.
19:46Elle est partie
19:47parce qu'elle a reçu
19:48des projectiles,
19:49parce qu'elle a reçu
19:50des bouteilles en verre,
19:51parce qu'elle aurait pu
19:51être blessée
19:52et que pour sa sécurité,
19:54il a fallu
19:55qu'elle quitte la scène.
19:55Et pire,
19:56la France insoumise
19:57s'en est félicitée.
19:58S'en est félicitée.
19:59Ils se sont félicités
20:00d'avoir réussi
20:01à la chasser de scène.
20:02Mathilde Panot a dit
20:03effectivement
20:03qu'elle comprenait
20:05qu'on puisse avoir
20:07une réaction
20:07face aux déclarations
20:09de Barbara Boulogne.
20:10Il n'y a rien
20:10qui justifie
20:11qu'on chasse de scène
20:12une artiste
20:12parce qu'elle est juive.
20:13Vous avez parlé
20:13de la loi Yadant,
20:13d'ailleurs.
20:14Je ne sais pas
20:14si vous soutenez
20:14cette loi Yadant.
20:15On a un projet de loi.
20:16Je porte un projet de loi
20:17sur la lutte contre l'antisémitisme.
20:19Je l'ai présenté en juillet dernier.
20:20Il sera examiné à la rentrée
20:21parce que face à la résurgence
20:23de l'antisémitisme,
20:24moi, je n'accepte pas
20:25les demi-mesures
20:26et je veux qu'on aille
20:27évidemment au bout
20:27de la protection
20:28qu'on doit aux Français.
20:29Mais là aussi,
20:30ça suppose un réveil collectif
20:31et je crois que les Français,
20:32ils ont été absolument indignés
20:34de voir les images,
20:35de voir cette femme
20:36seule sur scène,
20:37cette artiste seule sur scène,
20:39chassée de scène
20:39parce qu'elle était juive.
20:40Elle continue à se produire.
20:42Elle s'est produite
20:42la semaine dernière.
20:43Amir va continuer
20:44à se produire,
20:45comme Sofia Aram
20:46va continuer
20:46à avoir ses spectacles
20:48malgré la vindicte
20:48de la France insoumise
20:49et je pourrais continuer
20:50cette liste d'artistes
20:52qui rendent fiers
20:52les Français,
20:54en dépit encore une fois
20:55de celles et ceux
20:56qui voudraient les faire taire.
20:56Aurore Berger,
20:57j'espère que
20:59vous aurez raison
21:00et que tous ces artistes
21:01pourront se produire.
21:01Mais on aura raison
21:01parce que je sais
21:02que les Français
21:02y sont attachés.
21:03Merci à vous.
21:04Merci à vous.
21:04Je vous souhaite
21:04de bonnes vacances.
21:05Merci, c'était gentil à vous aussi.
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