00:00C'est un tournant évident dans la mesure où, grossièrement,
00:04et ça il n'y a que les juristes qui peuvent le voir,
00:07grossièrement on utilise l'article 410-1 du Code pénal
00:11sur les atteintes fondamentales aux intérêts de la nation
00:14pour porter atteinte à la liberté d'expression
00:18et soumettre Zeynina Federovna à des mesures de coercition graves.
00:23Un gel des avoirs, obligation de se présenter au commissariat,
00:28assignation à résidence.
00:29Parce qu'elle a exprimé des opinions.
00:32Or, quand on regarde ces opinions, on reprend quoi ?
00:37Elles porteraient atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation
00:41qui concernent l'intelligence avec l'ennemi, l'espionnage, etc.
00:45Donc, on l'utilise grossièrement, sans que ça n'émeuse personne,
00:51bien au contraire, parce que les cavaliers habituels des droits de l'homme
00:55se satisfont de cette décision.
00:58Tant de se rendre compte du reste, que demain, il y aura le feu chez eux,
01:01comme d'habitude.
01:03Et c'est d'une gravité inouïe, d'autant plus que, dans le visage,
01:08moi je suis désolé, mais je le dis comme je le ressens,
01:11il y a ces news, bien évidemment.
01:13Alors, c'est quand même effrayant de voir que dans un pays qui a cultivé les droits de l'homme,
01:19qui depuis Voltaire fait de la liberté d'expression une des conditions de la vie démocratique,
01:26la liberté d'expression, elle est quand même un instrument qui a fait la révolution.
01:30Si on s'est battu pour ça, il ne faut pas l'oublier.
01:33Et tout au long de notre histoire, on s'est battu pour la liberté d'expression.
01:37Et maintenant, avec les gants blancs maudits de la loi,
01:41on étrangle la liberté d'expression.
01:44Moi, j'ai cité un débat, je vous le rappelais hier,
01:48sur ses lios, entre Xenia Federovna et Nolo.
01:54Nolo n'était absolument pas d'accord avec elle.
01:56Et il le lui a dit, et elle a répondu, mais il y avait une opposition.
02:00Il y avait une opposition libre.
02:03Alors, on ne peut plus parler, on ne peut plus échanger.
02:05Mais je rappellerai quand même quelque chose d'essentiel pour la discussion,
02:08c'est que Simone Veil, la philosophe,
02:11quand on l'interrogeait sur la liberté d'expression,
02:14elle qui avait tant souffert du nazisme,
02:16disait qu'il faut qu'elle soit totale, absolue,
02:19c'est les termes qu'elle employait,
02:20totale, absolue, sinon, et tout est bien,
02:23il n'y a plus d'intelligence.
02:26Voilà.
02:27Dès l'instant où on ne peut plus débattre,
02:29dès l'instant où on ne peut plus être en désaccord,
02:32il n'y a plus d'intelligence.
02:34C'est la fidélité de la pensée.
02:38Et c'est ce que veulent tous ces fonctionnaires de la pensée,
02:41mettre des menottes au mot.
02:43Voilà.
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