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  • il y a 13 heures
Jean Luc Demarty, Ancien directeur général de l’Agriculture et du Commerce extérieur à la Commission européenne

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##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE_WK-2026-05-02##

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Transcription
00:00Il est 7h44 sur Sud Radio et ce matin on va essayer de vous expliquer le Mercosur, bien sûr que
00:05vous connaissez, on en a tellement parlé sur cette antenne, mais, mais, mais, on va vous expliquer la petite subtilité
00:11glissée en douce il y a quelques jours et qui a été révélée par Le Point et l'école de
00:15guerre économique grâce notamment à la journaliste Géraldine Wessner. Bonjour Jean-Luc Demarty.
00:20Bonjour.
00:20Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, vous êtes l'ancien directeur général de l'agriculture et du commerce
00:25extérieur à la Commission Européenne.
00:27Bon, on se rappelle et on sait ce que c'est le Mercosur, un fameux accord de libre-échange entre
00:31l'Union Européenne et les fameux pays du Mercosur, dont le Brésil, mais l'article, et qu'est-ce qui
00:38s'est passé ?
00:38Expliquez-nous ce qui s'est passé il y a quelques jours pour qu'un petit détail qu'on appelle
00:42technique vienne totalement changer la dimension de cet accord en mal.
00:48Non, il ne faut pas non plus exagérer.
00:51Ce détail technique est important, mais il ne change pas la nature de l'accord Mercosur.
00:55Je précise que personnellement, je reste favorable à cet accord qui est un bon accord pour l'Europe, pour la
01:03France et n'a pas de conséquences négatives, significatives pour l'agriculture française, contrairement à ce qu'on prétend.
01:11Donc je voudrais aussi clarifier ce point.
01:12Alors, la décision qui a été prise est une décision technique, à mon avis extrêmement malheureuse, qui risque de donner
01:21le contrôle de la gestion des quotas tarifaires, des contingents tarifaires, en particulier dans le secteur de la viande, la
01:29viande bovine et la viande de volaille,
01:31aux opérateurs, à un grand opérateur brésilien qui s'appelle JBS parce qu'il n'y a pas eu de
01:39précautions suffisantes qui ont été prises par la Commission européenne.
01:43Alors, je ne pense pas que ce soit un complot.
01:45Moi, je préfère, si vous voulez, la formule de Michel Rocard.
01:49Quand vous avez à choisir entre la connerie et le complot, choisissez la connerie, elle est beaucoup plus probable.
01:56Donc ça, on avait entendu la connerie, Jean-Luc Demarty.
01:59Mais pour qu'on comprenne dans un accord, on va dire, de libre-échange classique entre l'Union européenne et
02:03un autre pays,
02:04on est d'accord que normalement, il y a, on va dire, l'Union européenne qui tient les robinets pour
02:10éviter le monopole.
02:11Là, vous nous dites que ce petit ajout qui s'est fait, on va dire, non pas de façon complotiste,
02:16mais discrètement, le petit détail technique, va permettre une situation de monopole du côté du Brésil
02:23qui vont avoir entièrement la main sur la viande qu'il va envoyer dans l'Union européenne, c'est ça
02:27?
02:28Alors, entièrement la main, c'est exagéré, mais si vous voulez, c'est très technique.
02:32En réalité, les dispositions sont prises en matière de gestion du contingent
02:38pour que les importateurs européens, que quelques importateurs européens,
02:42ne puissent pas profiter du contingent tarifaire,
02:47parce que vous avez une rente dans les contingents tarifaires,
02:50puisqu'il y a une différence de prix assez importante entre le prix de marché en Europe
02:55et le prix de marché chez l'exportateur, en l'occurrence le Brésil,
02:58sur la viande bovine et la viande de volaille.
03:00Donc la question, c'est qui va récupérer cette différence de prix, cette rente ?
03:04En général, on prend des dispositions pour qu'elles soient partagées
03:08entre les importateurs et les exportateurs.
03:10Là, qu'est-ce qui s'est passé ?
03:11C'est passé que dans l'accord, il y a une disposition
03:15qui ajoute un document supplémentaire qui n'existe pas normalement,
03:20qui est un document dématérialisé, donné par les autorités du Mercosur,
03:25là en l'occurrence le Brésil,
03:27et qui pourrait leur permettre, si on ne prend pas de précautions suffisantes,
03:31de cartéliser chez les exportateurs le bénéfice de ce contingent tarifaire.
03:37Alors c'est très technique, je suis désolé, je ne peux pas expliquer dans les détails.
03:41Non, mais vous êtes parfaitement pédagogique, on comprend l'enjeu maintenant.
03:44Voilà, et donc en réalité, le risque n'est pas que ça perturbe le marché européen
03:50de la viande bovine et de la viande de volaille,
03:53mais c'est que ce grand opérateur brésilien JBS
03:57récupère la plus grande partie de la rente de ses quotas,
04:00c'est-à-dire plusieurs centaines de millions d'euros,
04:03enfin en gros d'après mes calculs, de l'ordre de 300 millions d'euros au total par an,
04:07et que ce soit une marge supplémentaire
04:10qui lui permette de concurrencer sur les marchés tiers nos opérateurs,
04:15parce qu'on continue d'exporter deux fois plus de viande de volaille
04:18qu'on en importe,
04:21et aussi de racheter des opérateurs européens
04:25et donc de contrôler l'ensemble de la chaîne.
04:28C'est ça l'enjeu.
04:29C'est ça le véritable objet.
04:30C'est pas, voilà, voilà.
04:31Bien sûr, et je vous remercie d'avoir été le plus pédagogue possible,
04:35mais Jean-Luc Demarty, vous qui êtes ancien, justement,
04:38directeur général de l'agriculture et du commerce extérieur à la Commission européenne,
04:41vous avez évoqué plusieurs fois ce groupe,
04:42il faut peut-être s'arrêter dessus,
04:44JBS, ce géant brésilien,
04:46c'est quand même une multinationale de 250 000 salariés dans le monde
04:49qui contrôle 228 unités de production dans 15 pays
04:53avec un chiffre d'affaires de 7 milliards d'euros.
04:55C'est quand même, je veux dire, un véritable mastodonte, c'est ça ?
04:58Oui, tout à fait, on est d'accord.
05:00On est bien, je suis même qualifié, c'est en brise de mastodonte, c'est clair.
05:03Il contrôle aussi, d'ailleurs, je dirais,
05:06de la production de viande aux Etats-Unis, de manière importante.
05:09Pour beaucoup, il y a un parallèle qui peut s'électuer
05:11avec ce qui s'était déjà passé avec l'Ukraine
05:14et le groupe MHP dans la volaille,
05:16qui avait capté aussi l'essentiel des volumes.
05:18Est-ce que tous ceux qui font cette comparaison,
05:19tous ceux qui ont cette crainte,
05:21est-ce que cette crainte-là, elle est légitime, Jean-Luc Demarty ?
05:25C'est un point spécifique.
05:27La gestion des contingents tarifaires.
05:29Donc l'enjeu est moins important qu'on ne le prétend,
05:32mais il est non négligeable,
05:34comme je viens de l'expliquer.
05:36Dans le cas de l'Ukraine,
05:37il s'est posé le même problème
05:39avec cette entreprise que vous citez,
05:42et par contre, ce point a été corrigé,
05:44ce qui montre que c'est gérable.
05:46Dans la renégociation de l'accord de libre-échange
05:48avec l'Ukraine,
05:49on a mis fin à cette possibilité
05:51que le groupe MHP récupère toute la rente
05:54du contingent tarifaire de volailles
05:57exporté par l'Ukraine à l'Union européenne.
06:00C'est ce que j'allais vous poser comme question,
06:01Jean-Luc Demarty.
06:02Est-ce qu'on peut encore corriger le tir
06:04ou le simple fait que ce détail technique
06:05se soit immiscer dans cet accord désarmé ?
06:07On ne peut plus revenir en arrière.
06:09Concernant le Mercosur ?
06:11Alors, bon, c'est assez compliqué
06:12parce qu'il y a dans l'accord une disposition
06:14qui ajoute ce document dématérialisé supplémentaire
06:17qui normalement n'existe pas.
06:19Normalement, il suffit pour les importateurs
06:22qui ont des licences en Europe
06:23de s'adresser à un exportateur brésilien
06:25et cet exportateur brésilien,
06:28il va fournir simplement un document
06:29qu'il peut obtenir normalement automatiquement
06:31qui est un certificat d'origine
06:33et un certificat sanitaire.
06:34Maintenant, il doit fournir un deuxième document
06:37ou un troisième
06:38qui est un document dématérialisé
06:40qui est dans les mains des autorités brésiliennes
06:42et c'est ce risque-là qui existe
06:44et ce risque existe d'autant plus
06:46que la Commission européenne,
06:48pour des raisons de simplification
06:50qui peuvent aussi se défendre,
06:51mais à mon avis,
06:52ils n'ont pas bien vu le risque.
06:55Ce document, il existe aussi
06:57pour tous les contingents tarifaires
06:59de l'Union européenne
07:00avec les exportateurs
07:02partout dans le monde
07:03et ça sera obligatoire
07:05à partir de 2028.
07:06Je ne comprends pas
07:07comment on a pu faire ça
07:08sans prendre des précautions.
07:09Quand j'étais directeur général,
07:11c'est des choses que je regardais.
07:12Alors, bien entendu,
07:13on a nommé comme directeur général
07:14de l'agriculture en 2025
07:16quelqu'un qui ne connaît rien
07:17à l'agriculture ni au commerce extérieur
07:19pour la première fois depuis 65 ans.
07:21Donc, forcément,
07:21peut-être que ceux-ci expliquent cela.
07:23En effet.
07:24Merci beaucoup, Jean-Luc Demarty,
07:26d'avoir été avec nous
07:26et de nous avoir expliqué en effet
07:28ce géant,
07:29ce mastodonte brésilien
07:30qui pourrait être très important
07:31qu'on comprenne les enjeux
07:32de ce dossier
07:33qui avait été révélé
07:34notamment par l'école de guerre économique
07:35et par le point
07:36via la journaliste
07:37Géraldine Wessner,
07:38ancien directeur général
07:39de l'agriculture et du commerce extérieur
07:40à la Commission européenne
07:42Jean-Luc Demarty.
07:43Merci beaucoup
07:43d'avoir été avec nous ce matin
07:45sur Sud Radio.
07:45Il est 7h52.
07:46Il est 7h52.
07:46Je pense t'en accent.
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