- il y a 2 semaines
💥La guerre en Iran marque-t-elle le début d’une crise globale majeure ? Énergétique, économique, alimentaire, financière et géopolitique : tous les signaux virent au rouge.
Dans ce nouveau numéro du Samedi Politique, Elise Blaise reçoit Jacques Sapir pour décrypter les bouleversements de l’équilibre mondial depuis l’entrée en guerre des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran.
👉 Détroit d’Ormuz, tensions avec les Etats-Unis, alliance avec la Russie : que se joue-t-il réellement au Moyen-Orient ?
👉 Un jeu géopolitique dangereux : alors que les gouvernements américains successifs avaient résisté à la volonté des dirigeants israéliens, Trump a accepté l’intervention en Iran… Une guerre qui nuira lourdement à Israël.
👉 Explosion des prix du pétrole et des carburants : quelles menaces pour la France et l’Union européenne ? Quelles parades pour se défendre face à la crise qui ne fait que commencer ?
👉 Les Etats-Unis, grands gagnants de la crise ? Si les Etats-Unis sont devenus en quelques mois les premiers fournisseurs de pétrole de la France, le bilan des opérations est-il vraiment positif pour Washington ?
👉 Inflation, taux d’intérêt, montée du yuan : vers une crise protéiforme mondiale ?
👉 Engrais, industrie, alimentation : faut-il craindre des pénuries… voire une famine ?
Alors que Donald Trump affirme que les Etats-Unis n’ont pas besoin du pétrole qui transite par le détroit d’Ormuz, les prix à la pompe flambent sur son territoire comme en Europe. En France, Emmanuel Macron tente d’éteindre les inquiétudes sans prendre la mesure de la situation. Une situation de crise qui ne se limitera pas aux conséquences déjà lourdes de l’inflation énergétique. En effet, le gaz, les engrais, l’hélium, l’aluminium viendront notamment compléter la liste des matières premières en tension, au point de créer des pénuries dans de nombreux secteurs. Hausse des prix à la pompe, tensions des produits, fragilisation industrielle… sommes-nous entrés dans une spirale incontrôlable ?
🎯 Une émission essentielle pour comprendre les mécanismes d’une crise qui dépasse largement le seul conflit iranien.
Dans ce nouveau numéro du Samedi Politique, Elise Blaise reçoit Jacques Sapir pour décrypter les bouleversements de l’équilibre mondial depuis l’entrée en guerre des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran.
👉 Détroit d’Ormuz, tensions avec les Etats-Unis, alliance avec la Russie : que se joue-t-il réellement au Moyen-Orient ?
👉 Un jeu géopolitique dangereux : alors que les gouvernements américains successifs avaient résisté à la volonté des dirigeants israéliens, Trump a accepté l’intervention en Iran… Une guerre qui nuira lourdement à Israël.
👉 Explosion des prix du pétrole et des carburants : quelles menaces pour la France et l’Union européenne ? Quelles parades pour se défendre face à la crise qui ne fait que commencer ?
👉 Les Etats-Unis, grands gagnants de la crise ? Si les Etats-Unis sont devenus en quelques mois les premiers fournisseurs de pétrole de la France, le bilan des opérations est-il vraiment positif pour Washington ?
👉 Inflation, taux d’intérêt, montée du yuan : vers une crise protéiforme mondiale ?
👉 Engrais, industrie, alimentation : faut-il craindre des pénuries… voire une famine ?
Alors que Donald Trump affirme que les Etats-Unis n’ont pas besoin du pétrole qui transite par le détroit d’Ormuz, les prix à la pompe flambent sur son territoire comme en Europe. En France, Emmanuel Macron tente d’éteindre les inquiétudes sans prendre la mesure de la situation. Une situation de crise qui ne se limitera pas aux conséquences déjà lourdes de l’inflation énergétique. En effet, le gaz, les engrais, l’hélium, l’aluminium viendront notamment compléter la liste des matières premières en tension, au point de créer des pénuries dans de nombreux secteurs. Hausse des prix à la pompe, tensions des produits, fragilisation industrielle… sommes-nous entrés dans une spirale incontrôlable ?
🎯 Une émission essentielle pour comprendre les mécanismes d’une crise qui dépasse largement le seul conflit iranien.
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00:00:15Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro du samedi politique.
00:00:19Cette semaine, nous allons encore nous concentrer sur les conséquences des tensions géopolitiques mondiales,
00:00:25alors énergétique, économique, financière, alimentaire, nous avons l'impression d'être face, après cette guerre en Iran,
00:00:31à une crise proténiforme qui va frapper nos pays.
00:00:34Alors nous allons tenter de comprendre l'engrenage qui nous a conduits jusque-là.
00:00:38Est-il encore temps de sortir de cet impasse pour éviter l'effondrement ?
00:00:42Eh bien nous allons répondre à ces questions dans un instant, mais avant, n'oubliez pas le petit coup de
00:00:47pouce.
00:00:47Tout de suite.
00:00:56– Et pour cette édition, je suis très heureuse d'accueillir à présent Jacques Sapir.
00:01:01Bonjour monsieur, merci beaucoup.
00:01:02– Bonjour, bonjour Elie.
00:01:03– Merci beaucoup d'être à nouveau à nos côtés.
00:01:05Vous êtes géopolitologue économie, spécialiste des questions stratégiques et monétaires,
00:01:09directeur d'études de l'EHESS.
00:01:11Vous êtes aussi membre de l'Académie des sciences de Russie.
00:01:15Vous avez écrit de nombreux ouvrages.
00:01:16Et le dernier, La fin de l'ordre occidental, c'était aux éditions Perspectives Libres.
00:01:22On salue Pierre-Yves Rougeron, évidemment.
00:01:23– Exactement. Alors Jacques Sapir, commençons peut-être en restant sur les questions géopolitiques
00:01:27avant d'aller sur les questions plus économiques et financières.
00:01:30On a vu les premières discussions d'Islamabad échouer entre Téhéran et Washington.
00:01:37Le deuxième rong, finalement, n'a jamais vraiment eu lieu.
00:01:40On a vu ensuite le ministre des Affaires étrangères iranien, Araqchi, se rendre à Moscou.
00:01:46Comment s'est passé ce rendez-vous ?
00:01:48Qu'en est-il sorti et quels étaient les objectifs de cette rencontre ?
00:01:52– Alors, de ce qui s'est dit dans ce rendez-vous, on n'en sait rien.
00:01:55Je dois vous le dire.
00:01:57Ce que l'on peut dire de manière à peu près sûre,
00:02:00c'est que ce que l'Iran cherche aujourd'hui, c'est une garantie de non-agression.
00:02:05Bien. Ils ont déjà été dans des négociations qui ont été rompues au dernier moment par les Américains
00:02:12qui ont attaqué le lendemain. Donc, ils ne veulent pas que ça se reproduise.
00:02:17Et cette garantie de non-agression, elle est cohérente avec une position qui consiste à dire
00:02:23« Nous allons rester au niveau que nous avons atteint dans le domaine nucléaire
00:02:28et nous ne monterons pas jusqu'au seuil d'avoir réellement une arme nucléaire ».
00:02:34Mais pour cela, il faut qu'ils aient une garantie de non-agression.
00:02:38Donc ça, c'est le premier point.
00:02:39Le deuxième point, c'est que l'Iran a toujours eu une position particulière
00:02:45par rapport aux pays que l'on présente comme ses alliés,
00:02:49qui le sont d'une certaine manière, mais on n'est pas dans une alliance défensive.
00:02:54Je m'explique. L'Iran n'a jamais voulu compromettre sa liberté de manœuvre
00:03:01diplomatique et politique sur le terrain.
00:03:04Ce qui fait que l'Iran a refusé la proposition d'avoir une alliance défensive avec la Russie.
00:03:11La Russie avait fait cette proposition au début des années 2020.
00:03:18Et l'Iran l'a refusé pour une raison très simple, c'est que la Russie disant
00:03:22« Si on passe une alliance défensive, évidemment, cela veut dire que l'on se consulte
00:03:30et que l'on se retient dans ces différentes sphères d'action ».
00:03:35Et ça, évidemment, l'Iran n'en voulait pas.
00:03:39Elle voulait continuer à avoir une complète liberté d'action au Moyen-Orient.
00:03:45Donc, ce qui existe entre l'Iran et la Russie, c'est un accord géostratégique.
00:03:52Oui, ça, il est connu.
00:03:53Ce sont des alliances économiques.
00:03:56Elles sont aussi parfaitement connues.
00:03:58Ça ne va pas au-delà.
00:04:01Et c'est très important de le comprendre.
00:04:03C'est pour ça que tout le monde a dit « Oui, regardez, c'est une grande défaite de Poutine,
00:04:06il n'intervient pas ».
00:04:07Il n'avait pas à intervenir, si vous voulez.
00:04:10Et d'une certaine manière, les Iraniens ne le souhaitaient pas.
00:04:14Ils ne souhaitaient pas une intervention.
00:04:16C'est un petit peu la même chose avec la Chine, sauf que là, la Chine est un grand client
00:04:22du pétrole iranien.
00:04:25Et la Chine a financé la construction de divers moyens d'accès à l'Iran, y compris
00:04:31elle a maintenant une ligne ferroviaire qui passe par le Pakistan.
00:04:37Et on peut penser que la Chine est, d'une certaine manière, économiquement même plus
00:04:41engagée que la Russie par rapport à l'Iran.
00:04:44Même chose, les Iraniens ne souhaitaient pas une intervention militaire directe de la
00:04:52Chine, même si, évidemment, ils ont accueilli de manière très favorable les différentes
00:04:59aides qui ont été faites et qui toutes tombent, on peut dire, dans le cadre de la jurisprudence
00:05:04ukrainienne.
00:05:05C'est-à-dire qu'on considère qu'en Ukraine, le fait que les pays de l'OTAN fournissent
00:05:10du renseignement, de la photographie satellitaire à l'Ukraine ne constituent pas une cobelligérance,
00:05:18c'est ce qui a été admis, c'est la même chose pour l'Iran.
00:05:21La Chine et la Russie ont fourni un petit peu d'armes, essentiellement du renseignement,
00:05:28du renseignement qui a permis aux Iraniens de faire un ciblage très précis sur les tirs
00:05:34à partir du troisième jour de la guerre.
00:05:37Bon, ben voilà, jurisprudence iranienne, non, la Russie et la Chine ne sont pas cobelligérantes
00:05:44dans cette histoire.
00:05:45Mais il faut savoir que pour l'instant, alors, on peut penser que c'est peut-être un signe
00:05:52de force ou le signe d'une illusion de force de la part des Iraniens, mais que concrètement,
00:05:59l'Iran ne veut pas d'une alliance contraignante pour sa défense.
00:06:05Et donc ça, c'est extrêmement important. Par contre, ils ont voulu vérifier quelle
00:06:10était la position de la Russie et aussi de la Chine. On peut penser qu'il y a des
00:06:16émissaires iraniens qui sont allés en Chine récemment et on voit bien que là-dessus,
00:06:21ils continuent de s'appuyer sur une forme d'alliance, mais d'alliance, je dirais…
00:06:27– Non contraignante.
00:06:28– Non contraignante de la part de la Russie et de la Chine.
00:06:32– C'est un peu le positionnement inverse de celui de Zelensky qui semble vouloir toujours
00:06:36impliquer plus ses alliés, y compris sur le terrain militaire. Là, on a une position
00:06:41totalement différente.
00:06:42– Oui, tout à fait. Alors, d'abord, ça s'explique aussi par la différence du rapport
00:06:47de force. – Bien sûr.
00:06:48– L'Iran est un pays qui est beaucoup plus solide, beaucoup plus peuplé aussi, il
00:06:53faut bien le dire. Bon, et pour l'instant, il n'a affaire qu'à des frappes aériennes.
00:06:59Il n'y a pas de décision de mettre des troupes à terre. On peut penser que si jamais la
00:07:06décision
00:07:07était prise par les États-Unis, ce serait de manière extrêmement limitée, le débarquement
00:07:14sur une île ou sur une autre… – Un petit pas de force spéciale, quoi.
00:07:18– Oui, histoire de détruire les installations militaires et pour se rembarquer immédiatement,
00:07:23tout simplement parce que l'Iran est un beaucoup trop grand pays pour que l'on puisse se décider
00:07:29à y intervenir à terre avec les forces qui sont pour l'instant réunies par les Américains.
00:07:36Il faut savoir que, oui, bien sûr, les États-Unis ont plus de 50 000 hommes dans l'ensemble
00:07:42de la zone, mais ces 50 000 hommes, il y a d'ailleurs une partie qui sont sur des navires,
00:07:49l'autre partie sont dans des tâches logistiques, des tâches de détection, etc. Il y a très
00:07:55peu de forces combattantes. On estime qu'actuellement, c'est essentiellement les forces des Marines,
00:08:00les Marines ont à peu près 8 000 hommes. Bon, 8 000 hommes, c'est suffisant pour faire
00:08:07une attaque en coup d'épingle sur un endroit précis où on sait qu'on va faire mal, etc.
00:08:12Et pour se retirer juste après, il n'est absolument pas question que l'on intervienne de manière large.
00:08:17D'ailleurs, ce que l'on sait maintenant de l'opération de récupération du pilote et de son observateur,
00:08:26du F-15 qui a été abattu, où il semble d'ailleurs que, en réalité, c'était une opération qui
00:08:32avait été montée
00:08:32au départ pour détecter précisément les caches des produits nucléaires, des produits fissiles,
00:08:41qui se semblent se trouvaient en partie vers Hispahan. On n'en sait toujours rien en réalité.
00:08:47Ça a été très coûteux pour les États-Unis. Ils ont quand même perdu, outre l'avion,
00:08:52ils ont perdu un A-10 dont le pilote a pu s'éjecter au-dessus du Golfe,
00:08:57donc il a été immédiatement récupéré. Bon, ils ont perdu deux C-130,
00:09:04ils ont perdu huit hélicoptères, ça fait beaucoup.
00:09:09– Et pour l'image, c'est très mauvais.
00:09:11– Tout à fait, tout à fait, c'est à nouveau, c'est, si vous voulez,
00:09:15le retour de l'image de l'opération qui avait échoué sous Carter de libération des otages
00:09:22avec des carcasses d'hélicoptères et d'avions détruits dans le désert, etc.
00:09:29Donc, ça veut dire que si on veut intervenir militairement en Iran,
00:09:36c'est pas 8 000, c'est pas 80 000, il faudrait probablement monter jusqu'à 500 000 hommes.
00:09:43C'est évidemment absolument exclu pour les États-Unis
00:09:48et il n'y a pas d'autre pays qui ait envie de se lancer là-dedans.
00:09:52La Turquie tient pour l'instant une politique de neutralité et les pays du Golfe…
00:10:01– Neutralité relative, parce que ce qui se passe dans Hormuz ne lui plaît pas beaucoup
00:10:04et elle, elle maîtrise le Bosphore, donc elle pourrait aussi faire pression à un moment ou à un autre.
00:10:09– Tout à fait, mais ça, si vous voulez, alors c'est un petit peu différent,
00:10:13parce que le Bosphore, c'est réglé par la convention de Montreux.
00:10:19– Certes.
00:10:20Ce n'est pas, comme l'on dit, la convention de Montégobé, convention dont les États-Unis ne sont pas
00:10:26partie prenante.
00:10:28Il faut toujours rappeler qu'on est sur des bases juridiques extrêmement fragiles
00:10:34et très discutables pour la question du Golfe.
00:10:37Par contre, pour Montreux, nous avons une convention qui a été signée par la totalité des puissances qui sont impliquées,
00:10:46alors à la fois la Turquie, bien sûr, les pays occidentaux, mais aussi la Russie, les différents pays qui bordent
00:10:52la mer Noire.
00:10:55Et donc ça, là, pour le coup, on est sur une base qui est juridiquement très claire et très bien
00:11:00établie.
00:11:01– Le problème, c'est que tout le monde dit, ah oui, c'est illégal en termes de droit international.
00:11:07Quand vous avez une convention qui n'est pas signée par les États-Unis, par Israël,
00:11:12enfin toute une série de pays qui n'est signée en réalité,
00:11:15la convention de Montégobé n'a été signée, n'a été ratifiée que par les pays européens et les pays
00:11:22latino-américains, etc.,
00:11:24on est vraiment sur des bases qui sont juridiquement extrêmement fragiles.
00:11:28– Alors là, on a parlé de l'implication directe, on va dire, États-Unis-Iran.
00:11:34On sait, et on l'a vu dans les médias, notamment anglo-saxons,
00:11:38que Israël avait beaucoup fait pression pour que Donald Trump intervienne en Iran.
00:11:42Quel regard portez-vous justement sur cette attitude, sur cette décision
00:11:46et cette pression mise par les dirigeants israéliens sur Donald Trump ?
00:11:50– Cette pression, elle est tout à fait cohérente avec la ligne politique que ces dirigeants-là,
00:11:55– Je dis bien ces dirigeants-là, autrement dit, cette alliance qui va de la droite du Likoud
00:12:02à l'extrême droite israélienne, une extrême droite qui est quasiment fasciste.
00:12:06Bon, elle est tout à fait cohérente, c'est ce qu'ils avaient déjà proposé à Donald Trump
00:12:13lors de son premier mandat, à Joe Biden.
00:12:17– Bon, à l'époque, les présidents américains avaient refusé.
00:12:22– Depuis Obama, vis-à-vis.
00:12:23– Depuis Obama, si vous voulez…
00:12:25– Même Bush, pardon.
00:12:26– Si vous voulez, c'est quelque chose de tout à fait récurrent.
00:12:30Bon, en réalité, on est sur une position qui n'a de sens que d'un point de vue interne
00:12:39en Israël.
00:12:42Ce qui est très étonnant, c'est que Donald Trump est accepté cette fois-ci,
00:12:48et il l'a accepté contre l'avis de tous ses conseillers militaires,
00:12:52pas simplement militaires, aussi du renseignement.
00:12:54C'est assez, si vous voulez, assez concernant à lire.
00:12:59Bon, la CIA dit, le plan israélien ne vaut rien, ne tiendra pas.
00:13:05L'agence de renseignement de l'armée, la DIA, qu'on ignore en règle générale,
00:13:10mais qui existe et qui a quand même un rôle assez important,
00:13:14mais peut-être plus militaire que la CIA, même chose.
00:13:20Le chef d'état-major, si vous me donnez de l'ordre, je le fais, mais je ne suis pas
00:13:25pour.
00:13:27Ce qui est effectivement la réponse que doit donner un chef d'évenable.
00:13:32Il aurait pu aussi démissionner.
00:13:33Il aurait pu dire, ok, trouvez un autre militaire que moi pour le faire.
00:13:40Donc, on a été face à une opposition.
00:13:46Maintenant, il faut rappeler que ce n'est pas la première fois qu'un président américain
00:13:49prend une décision contre l'avis de quasiment tous ses responsables du renseignement
00:13:56et ses responsables militaires.
00:13:57C'était déjà le cas pour George W. Bush quand il a décidé d'intervenir en Irak.
00:14:02Donc, je me rappelle, à l'époque, j'avais des relations assez fréquentes avec des dirigeants de la CIA
00:14:10qui me font parvenir un document en étant février 2003,
00:14:16en début février 2003, donc juste avant le déclenchement de l'opération,
00:14:21qui s'appelle « Le jour d'après », qui avait été signé et dont on savait qu'il était
00:14:27souvenu très largement
00:14:28par la CIA et l'ensemble de ce qu'on appelle la communauté du renseignement,
00:14:33et qui disait « C'est une folie, c'est une folie. »
00:14:37Non pas que ça nous mette en cause militairement.
00:14:40« Oui, on va pouvoir casser l'armée de Saddam Hussein. »
00:14:44Qu'est-ce qu'on fait après ?
00:14:45On ne sait pas reconstruire un État.
00:14:48Faites attention à cela.
00:14:50Et pourtant, George Bush est non seulement passé outre,
00:14:53mais il a constitué une CIA parallèle qui a alimenté en fausses informations.
00:15:01Vous savez que le général qui était devenu le représentant des États-Unis,
00:15:09à la fois le ministre, non pas de la Défense, mais le ministre des Affaires étrangères,
00:15:14des États-Unis, il a dit que ça resterait une tâche jusqu'à la fin de sa vie.
00:15:21Donc, si vous voulez, c'est des choses qui sont extrêmement graves.
00:15:26Bien, Colin Powell.
00:15:28Donc, c'est la deuxième fois que ça se passe.
00:15:31Très clairement, les États-Unis ont été instrumentalisés
00:15:37par un gouvernement israélien qui ne réagit que par rapport à sa propre survie.
00:15:45Il n'est pas concerné par la survie du peuple israélien en règle générale,
00:15:49par la survie d'Israël en règle générale.
00:15:52On le voit d'ailleurs comment il se comporte en même temps au Liban,
00:15:57dans les territoires occupés, etc.
00:16:00Il est en train de mener une politique, je dirais, effectivement, de terre brûlée,
00:16:05qui aura des conséquences désastreuses quant à l'image internationale d'Israël,
00:16:13qui provoque des divisions, des fractures extrêmement importantes au sein d'Israël même.
00:16:20Et je pense qu'il a beaucoup de chance que le camp de la paix,
00:16:26et ses opposants, par principe, rejettent toute violence politique.
00:16:33Ce que lui ne ferait pas.
00:16:34Parce qu'on sait très bien que les gens qui le soutiennent
00:16:39sont des gens qui ont en réalité applaudi et armé le bras de l'assassin d'Itsaq Rabin.
00:16:47Donc, il faut quand même rappeler cela.
00:16:50C'est-à-dire qu'on est face, là, à un pouvoir qui est non seulement un pouvoir,
00:16:55je dirais, extrémiste, qui mène une politique d'apartheid,
00:16:59qui mène une politique, alors, je ne sais pas si on peut parler de génocide,
00:17:05mais très certainement de crime de guerre systématique, désormais, dans la région, bien,
00:17:13mais qui est aussi un pouvoir poutchiste.
00:17:15C'est-à-dire un pouvoir qui a organisé, en réalité,
00:17:19un assassinat politique d'un dirigeant israélien.
00:17:25On est véritablement là sur ce qu'on peut appeler un pouvoir de type fascisant
00:17:31qui veut, actuellement, mettre en place une politique d'apartheid
00:17:35et qui est en train de la mettre en place, d'ailleurs.
00:17:37Ce n'est pas qui veut la mettre en place.
00:17:40Pardon, mais quels étaient les griefs
00:17:42qui étaient ceux qui ont conduit à l'assassinat de Yitzhak Rabin ?
00:17:48L'extrême droite israélienne lui reprochait d'avoir passé un accord avec Yasser Arafat, avec l'OLP.
00:17:56Alors, cet accord était imparfait, on est d'accord.
00:18:00Les deux côtés avaient des doubles pensées là-dessus.
00:18:05Bon, mais on était arrivé à un accord, les accords d'Oslo, il faut le rappeler.
00:18:09Ces accords avaient été, d'une certaine manière, soutenus par les États-Unis
00:18:16et ils offraient au minimum la possibilité d'une évolution ultérieure.
00:18:23– Vers une solution à deux États à peu près.
00:18:25– C'était d'une solution à deux États, bon, est-ce que ça pouvait fonctionner ?
00:18:29On ne le saura jamais, mais en tous les cas, on avait ouvert une porte.
00:18:34Et ce que voulait l'extrême droite israélienne est ce qu'elle a réussi à faire.
00:18:38Il faut bien le constater.
00:18:40C'est de fermer brutalement cette porte.
00:18:43Parce qu'évidemment, l'assassinat d'Itsak Rabin a eu des conséquences pour les Palestiniens,
00:18:51dont une certaine partie se sont dit, on n'y arrivera jamais.
00:18:57La solution pacifique est morte, donc il faut regarder les options militaires.
00:19:03– Ce qui a conduit à, évidemment, l'émergence et l'essor du Hamas,
00:19:06qui a été aussi financée largement par le gouvernement israélien,
00:19:10comme le répètent d'ailleurs certaines vidéos de Benjamin Netanyahou,
00:19:14le journaliste Charles Landerlin, etc.
00:19:16– Tout à fait, tout à fait, c'est un fait connu.
00:19:18Alors, ce n'est pas Israël qui a créé le Hamas.
00:19:21Si vous voulez, le Hamas s'est constitué, il s'est constitué dans la lignée des frères musulmans
00:19:28et appuyé par le Qatar.
00:19:31Bon, tout ceci est connu, mais pour les gouvernements d'extrême droite israéliens,
00:19:41il était l'adversaire favori.
00:19:44Parce qu'en soutenant même financièrement le Hamas,
00:19:48en permettant au Qatar de financer le Hamas,
00:19:52il avait un repoussoir par rapport à la population israélienne
00:19:55qui était tout à fait important.
00:19:58Et à un moment, il s'est laissé dépasser par sa propre, non pas création,
00:20:03mais par ce qu'il entretenait à Gaza,
00:20:06en pensant que, oui, bon, d'accord, ils sont ce qu'ils sont à Gaza,
00:20:12mais on a bien encadré Gaza avec toute une série de systèmes de protection.
00:20:18Occupons-nous de la Cisjordanie.
00:20:20Il faut rappeler que le 22 octobre, la veille du 23 octobre,
00:20:26l'essentiel des forces militaires israéliennes sont déployées sur deux terrains.
00:20:32– Pardon, 6 octobre.
00:20:33– Du 6 octobre, pardon, du 6 octobre, sont déployées sur deux terrains.
00:20:37Un terrain qui est le nord, bon, classiquement,
00:20:40il y a toujours les problèmes avec le Hezbollah, bon, etc.
00:20:43Et la Cisjordanie, non pas sur Gaza.
00:20:46D'où le fait que les Israéliens sont complètement surpris par…
00:20:49– Et la Cisjordanie, c'est pour appuyer les colons.
00:20:52– C'est tout à fait, c'était en appui aux colons,
00:20:54un début de mouvement d'expulsion des Palestiniens de Cisjordanie.
00:21:00Donc, c'était ça, le plan. On lui dit, on dit à Netanyahou,
00:21:05et maintenant, c'est documenté, bon, il y a des risques,
00:21:10ils sont en train de préparer une opération.
00:21:13Et il y a un nom à la réaction de n'importe quel dirigeant civil.
00:21:16Alors là, pour le coup, ça, je peux en terminer, c'est de dire,
00:21:20messieurs, est-ce que vous savez quand ?
00:21:22On ne sait pas.
00:21:23On sait qu'ils sont en train de préparer quelque chose.
00:21:26Bon, vous ne savez pas quand.
00:21:30Est-ce que ça pourrait être tout simplement le fait de monter en capacité,
00:21:33mais pas plus ?
00:21:34Oui, c'est possible.
00:21:37Ce n'est pas sûr, ce n'est pas nous ce qu'on pense.
00:21:39Nous, on pense que ça pourrait être quelque chose de plus ?
00:21:41Bon, d'accord, ok, on en reparlera une fois prochaine.
00:21:46Et pour l'instant, on met l'accent sur la Cisjordanie.
00:21:50C'est comme ça que ça se passe.
00:21:52Et évidemment, le 6 octobre, c'est la catastrophe.
00:21:58Mais il ne faut pas s'étonner, excusez-moi,
00:22:00mais quand on voit ce que vous venez de nous dire,
00:22:01quand vous nous rappelez l'assassinat d'Isa Krabine,
00:22:03quand on rappelle effectivement le financement par le biais du Qatar,
00:22:08du Hamas, jusqu'à agiter un chiffon rouge quelque part,
00:22:11il ne faut pas s'étonner aussi qu'il y ait des commentateurs
00:22:13qui considèrent que Benjamin Netanyahou, finalement,
00:22:16face à l'hypothèse du 7 octobre,
00:22:18il se dit, je préfère continuer en Cisjordanie
00:22:22et puis on verra ce qui se passe et on avisera politiquement.
00:22:25Oui, tout à fait.
00:22:26Alors, après, mais c'est toujours très facile de refaire l'histoire après,
00:22:30vous comprenez ?
00:22:31Bien sûr, bien sûr.
00:22:31Bon, on peut dire, s'il avait su l'ampleur,
00:22:34je pense, malgré tout, qu'il aurait ramené les forces
00:22:37qui étaient déployées en Cisjordanie vers Gaza.
00:22:42Mais, vraiment, il a cette erreur.
00:22:44Et puis, il veut aussi croire ça.
00:22:46Il veut dire, bon, attendez, les gens du Hamas,
00:22:48puis ils savent très bien qu'on leur laisse des facilités,
00:22:52que c'est nous qui, d'une certaine manière,
00:22:54faisons circuler l'argent qui vient du Qatar jusqu'à eux.
00:22:59Ils peuvent crier.
00:23:00Ça, c'est les Arabes, ils crient toujours, etc.
00:23:03Ils ne sont pas...
00:23:04C'était une erreur absolument...
00:23:07Très lourde, de conséquence.
00:23:08Absolument tragique.
00:23:09Comme les...
00:23:10Je le répète, en France,
00:23:12l'erreur qui consiste à voir dans le Hamas,
00:23:16je dirais, le cœur de la résistance palestinienne.
00:23:20Bien sûr.
00:23:20Ce n'est pas ça.
00:23:22Le Hamas est une organisation qui, en réalité,
00:23:26est une organisation, elle aussi, fascisante.
00:23:29Mais le problème, c'est que nous avons ces deux pouvoirs
00:23:34qui sont de type fascisant,
00:23:35parce qu'il n'y a pas d'autre mot pour les considérer,
00:23:38qui, aujourd'hui, se battent.
00:23:40Et qu'il n'y a pas, aujourd'hui, de solution entre les deux.
00:23:46Alternative.
00:23:46J'aimerais qu'on quitte à présent le terrain géopolitique.
00:23:49Je vous remercie pour toute cette analyse,
00:23:51mais j'aimerais qu'on se concentre à présent
00:23:52sur les questions plus économiques et financières.
00:23:54On sait que, bien sûr, la guerre en Iran a conduit
00:23:57à cette tension autour du détroit d'Hormuz,
00:24:00qui semble être le centre de gravité iranien,
00:24:02le moyen de pression sur le monde économique mondial,
00:24:06et on le constate.
00:24:08Je vous propose, pour commencer ce sujet, en préambule,
00:24:11d'écouter le représentant des États-Unis à l'ONU, Mike Waltz,
00:24:14qui a violemment attaqué l'Iran, justement,
00:24:16dans sa façon de gérer le détroit d'Hormuz.
00:24:21L'implantation arbitraire de mines dans les voies maritimes internationales,
00:24:27cela fait de l'Iran un État criminel international,
00:24:30des pirates des détroits.
00:24:33Téhéran reconnaît ces crimes,
00:24:35mais il est si incompétent
00:24:37qu'il admet ne pas savoir où se trouvent les mines.
00:24:46Alors, je trouve que cet élément avec les mines,
00:24:48c'est très intéressant,
00:24:49parce que, finalement, qu'il y ait des mines ou pas,
00:24:52pour les polices d'assurance,
00:24:53l'important, c'est qu'on pense qu'il y a des mines.
00:24:55Tout à fait.
00:24:56Tout à fait.
00:24:57Une compagnie d'assurance réagira à la menace de mine
00:25:00de la même manière qu'elle réagirait à l'explosion d'une mine réelle, etc.
00:25:06Donc, de ce point de vue-là,
00:25:08les Iraniens ont très bien joué.
00:25:10Qu'est-ce qu'on sait de la situation exacte
00:25:13dans le détroit d'Hormuz, justement ?
00:25:15Parce qu'on sait que les Iraniens, eux,
00:25:18acceptent que certains pétroliers passent,
00:25:20ils le filtrent, d'ailleurs.
00:25:21C'est comme ça que c'est expliqué.
00:25:23Alors, bien sûr, on va en parler.
00:25:24Il y a par-dessus le blocus américain
00:25:25qui bloque les ports iraniens,
00:25:27mais force est de constater qu'il y a des pétroliers
00:25:28qui parviennent à passer.
00:25:29Alors, est-ce que c'est parce que les Iraniens
00:25:31ont conservé des chenals sûrs
00:25:34pour que certains pétroliers puissent passer
00:25:36qu'ils accompagnent ?
00:25:37Comment ça se passe ?
00:25:38– Alors, il y avait dans le détroit d'Hormuz
00:25:41quatre rails, comme on parle aujourd'hui
00:25:43du rail d'Oessan.
00:25:44Si vous voulez, c'est exactement le même principe.
00:25:46Deux rails principaux, je dirais,
00:25:48un pour aller vers l'est,
00:25:50l'autre pour aller vers l'ouest,
00:25:52qui passent devant Oman, en fait.
00:25:55et deux rails dits de secours
00:25:58qui, eux, passent dans les eaux territoriales iraniennes.
00:26:04Bien.
00:26:05Les Iraniens prétendent qu'ils ont miné
00:26:10les rails principaux.
00:26:12Qu'il l'ait fait ou qu'il ne l'ait pas fait,
00:26:14c'est exactement la même chose.
00:26:15Donc, ça oblige les navires qui veulent passer
00:26:18à utiliser les rails qui sont littéralement
00:26:23sous le feu des canons iraniens.
00:26:27Bon.
00:26:28Voilà.
00:26:28Certains payent la taxe d'Hormuz.
00:26:32Bon.
00:26:33Et on a plusieurs cas.
00:26:35Des pétroliers,
00:26:37des portes-containers
00:26:39qui ont payé les 2 millions de dollars.
00:26:42Bon.
00:26:43Ce qui n'est pas, si vous voulez,
00:26:45pour un énorme pétrolier,
00:26:47pour un pétrolier de 300 000 tonneaux,
00:26:49ce n'est pas énorme,
00:26:50parce que compte tenu de ce qu'il emporte,
00:26:52si vous voulez,
00:26:52au prix actuel du pétrole,
00:26:54du baril de pétrole,
00:26:55vu la contenance du navire,
00:26:58oui, ces 2 millions de dollars
00:26:59ne représentent qu'une petite fraction
00:27:01de la valeur de la cargaison.
00:27:03Bien.
00:27:04Oui, et donc, on a aujourd'hui,
00:27:08en moyenne,
00:27:10entre 6 et 10 bateaux qui passent
00:27:12sur les 120 qui passaient par jour
00:27:14avant le début de la guerre.
00:27:16Donc, on est sur un flux
00:27:18qui est extrêmement réduit
00:27:20et auquel vient s'ajouter
00:27:22le deuxième blocus
00:27:24qui est fait par les États-Unis
00:27:26et qui disent qu'ils bloquent
00:27:27tous les navires à destination
00:27:29des ports iraniennes.
00:27:30Ce qu'ils font,
00:27:31c'est un blocus à distance
00:27:33des ports iraniens.
00:27:35Les Iraniens disent,
00:27:36tant que vous faites ça,
00:27:37nous, on bloquera tout navire
00:27:39qui a des liens avec les États-Unis
00:27:41et Israël.
00:27:43Donc, pour l'instant,
00:27:44on est sur une position
00:27:45qui est bloquée
00:27:49avec la capacité
00:27:51pour les Iraniens
00:27:53d'exporter une partie,
00:27:55mais une partie seulement,
00:27:56de leur pétrole
00:27:58par voie terrestre,
00:27:59que ce soit la voie de chemin de fer
00:28:01qui doit être maintenant reconstruite
00:28:02parce que les Israéliens
00:28:03l'ont bombardée,
00:28:05mais une voie de chemin de fer,
00:28:06ça se reconstruit vite,
00:28:09donc, vers la Chine,
00:28:11que ce soit les voies terrestres
00:28:14par oléoduc et gazoduc
00:28:15qui partent vers la Turquie,
00:28:18qui passent par l'Azerbaïdjan,
00:28:20ou que ce soit la voie maritime
00:28:23sur la Caspienne
00:28:24et qui va, à ce moment-là,
00:28:29rejoindre Astrakhan,
00:28:30donc la Russie
00:28:31et qui peut utiliser
00:28:33le réseau de gazoduc
00:28:35et d'oléoducs russes.
00:28:37Bon, voilà.
00:28:37Ce sont les trois voies terrestres.
00:28:39Elles ne sont évidemment pas
00:28:41à la même hauteur
00:28:42que la voie maritime.
00:28:45On considère...
00:28:46Alors, j'ai vu différentes estimations.
00:28:51Ça va entre le tiers
00:28:54de la capacité
00:28:55de ce qui passait par voie maritime
00:28:57jusqu'à la moitié.
00:28:59D'accord.
00:29:00Bon.
00:29:01Admettons que ce soit le tiers.
00:29:03Ça permet néanmoins à l'Iran
00:29:07de tenir probablement
00:29:098 à 9 mois,
00:29:12possiblement plus d'un an.
00:29:13Je dis bien
00:29:14possiblement plus d'un an.
00:29:15Et par ailleurs,
00:29:17il y a toujours visiblement
00:29:18quelques pétroliers
00:29:19qui partent de cargue
00:29:21parce que ce sont
00:29:23des pétroliers chinois
00:29:24et que les États-Unis,
00:29:27disons,
00:29:27ils regardent à deux fois
00:29:28avant d'arraisonner
00:29:31un navire
00:29:32sous pavillon chinois.
00:29:34Pas la même chose
00:29:35qu'un navire
00:29:35sous pavillon de complaisance
00:29:38avec du pétrole
00:29:39à destination de la Chine.
00:29:40Vous avez des...
00:29:41Comme ça,
00:29:41des subtilités
00:29:42qui sont importantes.
00:29:44mais un navire
00:29:46qui est sous pavillon chinois,
00:29:48les États-Unis
00:29:48vont y regarder à deux fois.
00:29:50– Alors ça,
00:29:50c'est très intéressant aussi
00:29:51parce qu'on voit
00:29:52que Donald Trump,
00:29:54même si quelque part
00:29:55son véritable adversaire,
00:29:56c'est la Chine,
00:29:57comme avec les droits de douane,
00:29:58on voit que quand il s'agit de la Chine,
00:30:00il est obligé un peu
00:30:01de baisser le ton.
00:30:01– Oui,
00:30:02parce qu'il n'est pas le plus fort.
00:30:04Il faut le dire,
00:30:05il n'est pas le plus fort.
00:30:06D'abord,
00:30:08en termes de comparaison
00:30:09de PIB,
00:30:11ça fait longtemps
00:30:11que la Chine est passée
00:30:12devant les États-Unis.
00:30:14Ça, c'est le premier point.
00:30:16Deuxièmement,
00:30:17la Chine a entre les mains
00:30:18une arme
00:30:19absolument essentielle.
00:30:21C'est sa maîtrise
00:30:22des terres rares
00:30:23dont l'industrie électronique
00:30:25américaine a besoin,
00:30:26mais aussi du soufre
00:30:28dont l'ensemble
00:30:29de la chimie,
00:30:30mais aussi de la métallurgie,
00:30:32parce qu'il y a beaucoup
00:30:34de métaux
00:30:34qui ont besoin
00:30:35du soufre.
00:30:36Elle a besoin,
00:30:37voilà,
00:30:39elle a là
00:30:39une véritable capacité.
00:30:41Et ce que l'on a appris,
00:30:44c'est que même si les États-Unis
00:30:46ont une grande mine
00:30:47de terres rares chez eux,
00:30:49bon,
00:30:49elle n'est pas suffisante
00:30:50pour leurs besoins,
00:30:51mais ils ont quand même
00:30:51une capacité de production,
00:30:53ils n'ont pas de capacité
00:30:55de raffinage.
00:30:56Et donc,
00:30:57ils ont envoyé,
00:30:58ils ont une petite,
00:31:00toute petite capacité,
00:31:00mais ils ont envoyé
00:31:0180% de la production
00:31:03de cette mine
00:31:04en Chine
00:31:05pour se faire raffiner.
00:31:07On dit non,
00:31:09pour l'instant,
00:31:09on bloque tout.
00:31:10Donc,
00:31:11les États-Unis
00:31:11sont obligés
00:31:13de rentrer
00:31:13dans une négociation
00:31:15avec la Chine.
00:31:17Les Chinois
00:31:18les ont déjà fait céder
00:31:20sur toute une série
00:31:20de points comme
00:31:21les droits de douane,
00:31:22et les Chinoises
00:31:23peuvent toujours,
00:31:25à volonté,
00:31:25à un moment donné,
00:31:26se décider à faire monter
00:31:27les enchères
00:31:28et reprocéder
00:31:31à un blocus
00:31:32complet des États-Unis.
00:31:34Alors,
00:31:34on a vu
00:31:35beaucoup de commentateurs
00:31:36faire une comparaison
00:31:37entre cette situation
00:31:38et le fameux choc pétrolier
00:31:40de 1973,
00:31:42sauf qu'aujourd'hui,
00:31:43on est dans un monde
00:31:44tellement mondialisé,
00:31:45j'allais dire,
00:31:46qu'on voit
00:31:47que les interconnexions,
00:31:48pour ne pas dire
00:31:49les interdépendances,
00:31:50sont partout,
00:31:50et qu'on peut facilement
00:31:53imaginer que le choc
00:31:55sera, comme je l'ai dit
00:31:56dans l'introduction,
00:31:57protéiforme
00:31:57et bien plus violent
00:31:59pour les économies mondiales.
00:32:00Oui, tout à fait.
00:32:01C'est d'ailleurs
00:32:01l'avis du directeur
00:32:03de l'Agence
00:32:04pour l'énergie internationale.
00:32:09Alors,
00:32:09en réalité,
00:32:10il faut savoir
00:32:10qu'il y a deux choses.
00:32:12Premièrement,
00:32:13le choc est beaucoup
00:32:14plus important
00:32:14que le choc
00:32:15de 1973
00:32:16ou de 1979.
00:32:18En 1973
00:32:19et en 1979,
00:32:22on était sur
00:32:24une baisse
00:32:25de la production
00:32:25journalière
00:32:27de l'ordre
00:32:28de 5 millions
00:32:30de barils.
00:32:31Aujourd'hui,
00:32:33on est sur
00:32:33une diminution
00:32:34de 13 millions.
00:32:36Diminution nette,
00:32:38elle est en fait
00:32:38plus importante,
00:32:41ce qui passe
00:32:41par le détroit d'Hormuz,
00:32:42mais il y a
00:32:43une petite dérivation
00:32:44qui est possible
00:32:46aux Émirats Arabes Unis
00:32:47et en Arabie Saoudite.
00:32:50Donc,
00:32:52ça redonne
00:32:533 millions
00:32:53de barils.
00:32:55Donc,
00:32:55on passe
00:32:55des 15 millions,
00:32:56ce qui est,
00:32:57je dirais,
00:32:58l'interruption brute
00:32:59à une interruption
00:33:00nette
00:33:01de 12 millions.
00:33:0212 millions,
00:33:03c'est plus du double.
00:33:04Ça, c'est un premier.
00:33:05Donc, les besoins
00:33:05ont augmenté,
00:33:06bien sûr.
00:33:06Voilà, tout à fait.
00:33:07Donc, ça,
00:33:07c'est un premier point.
00:33:08Deuxième point,
00:33:10on a tendance
00:33:11à considérer
00:33:11le pétrole
00:33:12comme un bien homogène.
00:33:14On dit d'ailleurs
00:33:14le pétrole.
00:33:16Ce n'est pas vrai.
00:33:17Ce n'est pas vrai.
00:33:17il y a des qualités
00:33:19extrêmement nombreuses
00:33:21de pétrole.
00:33:21D'ailleurs,
00:33:22je signale
00:33:22qu'il y a aujourd'hui
00:33:26plus de 70 qualités
00:33:29de pétrole
00:33:29qui ont un prix
00:33:30de marché.
00:33:32Alors,
00:33:33évidemment,
00:33:33on connaît,
00:33:34on fait toujours référence
00:33:35aux deux les plus connus,
00:33:37le Brent
00:33:37et le WTI.
00:33:39Bon,
00:33:40mais ce ne sont que
00:33:40deux prix
00:33:41sur plus de 70 prix.
00:33:44Pourquoi ?
00:33:45Parce que le pétrole
00:33:47peut sortir
00:33:48comme un pétrole
00:33:50très léger,
00:33:50autrement dit,
00:33:51un pétrole
00:33:51qui est très facile
00:33:53à raffiner
00:33:53pour faire du carburant
00:33:55ou il peut sortir,
00:33:57alors,
00:33:58avec toutes les gradations,
00:33:59évidemment,
00:34:00en pétrole
00:34:00qu'on appelle lourd.
00:34:01Pourquoi ?
00:34:02C'est sa composition.
00:34:04Il contient
00:34:05de l'asphalte,
00:34:06il contient
00:34:07du soufre,
00:34:09etc.,
00:34:10Ce qui est bloqué
00:34:12dans le Golfe
00:34:14ou ce qui est compromis
00:34:15parce que ce n'est pas
00:34:16simplement un blocage,
00:34:17c'est bien plus grave,
00:34:18malheureusement,
00:34:19c'est du pétrole lourd.
00:34:22Donc,
00:34:23on peut dire
00:34:24en même temps,
00:34:25oui,
00:34:25il n'y a que 12 à 13 %
00:34:28de la production mondiale
00:34:29qui est touchée,
00:34:30ce qui est vrai,
00:34:32mais on peut dire aussi,
00:34:33oui,
00:34:33mais il y a 40 %
00:34:34de la production
00:34:35nécessaire
00:34:35à la Chine.
00:34:37Et c'est ça
00:34:37qui est important.
00:34:38Et c'est pour ça
00:34:39que les prix du pétrole
00:34:40ont explosé.
00:34:42Ils auraient de toutes
00:34:43les manières
00:34:43beaucoup monté déjà
00:34:44avec,
00:34:46si vous voulez,
00:34:48une baisse
00:34:48de 10 %
00:34:49ou de 12 %.
00:34:50Mais on a là
00:34:51une baisse
00:34:52qui est surévaluée,
00:34:53évidemment,
00:34:54par rapport
00:34:54aux besoins
00:34:55de la chimie.
00:34:57Et c'est ça
00:34:57le problème.
00:34:58Et par exemple,
00:34:58quand vous regardez…
00:35:00– Concrètement,
00:35:00pardon de vous interrompre
00:35:01pour qu'on comprenne bien
00:35:02parce qu'avec le pétrole lourd,
00:35:03on peut faire
00:35:03beaucoup plus de choses.
00:35:04– Ben oui,
00:35:05on peut faire.
00:35:05Alors, d'abord,
00:35:06il y a toute la chimie
00:35:07des engrais.
00:35:09On fait avec du pétrole
00:35:10ou du gaz, d'ailleurs.
00:35:11On peut faire la même chose
00:35:12avec du gaz.
00:35:13On peut faire
00:35:14de l'ammoniaque.
00:35:15Avec cet ammoniaque,
00:35:16on fait de l'urée.
00:35:17Et avec l'urée,
00:35:18on fait des engrais.
00:35:19Des engrais azotés.
00:35:21Pas la même chose
00:35:21que les engrais phosphatés,
00:35:23mais aujourd'hui,
00:35:24ce sont les engrais azotés
00:35:24qui sont de très loin
00:35:25les plus importants.
00:35:27Bon.
00:35:27– Et pour l'hémisphère nord,
00:35:28là, je crois
00:35:29qu'on est en pleine période.
00:35:30– On est en pleine période
00:35:31des semis,
00:35:32d'abord en Asie,
00:35:33évidemment,
00:35:34mais aussi
00:35:34le maïs américain.
00:35:37Et on le voit,
00:35:38le nombre de fermes
00:35:39qui ont fait faillite
00:35:40a augmenté de 50%
00:35:42aux États-Unis.
00:35:44Les prix, par exemple,
00:35:45de l'urée,
00:35:45je vous dis,
00:35:46qui est un composant
00:35:46essentiel des engrais,
00:35:48ils étaient de 358 dollars
00:35:50la tonne métrique
00:35:51à la Nouvelle-Orléans
00:35:53fin février.
00:35:54Ils sont actuellement
00:35:56de plus de 720 dollars.
00:35:58Ils ont doublé.
00:35:58– Quasi doublé.
00:35:59– Ils ont doublé
00:36:01sur le marché
00:36:02de la Nouvelle-Orléans.
00:36:03Donc, on a ça.
00:36:04Mais par ailleurs,
00:36:05on peut utiliser
00:36:07ce pétrole
00:36:08ou ce gaz
00:36:10pour faire de l'hélium.
00:36:12On a découvert,
00:36:13tout d'un coup,
00:36:14que l'hélium
00:36:14était absolument nécessaire
00:36:15à l'industrie électronique.
00:36:18Or,
00:36:19la production du Qatar,
00:36:20qui est complètement stoppée,
00:36:23elle était
00:36:23la deuxième production
00:36:25derrière les États-Unis.
00:36:28le troisième pays producteur,
00:36:30c'est la Russie.
00:36:31Mais la production
00:36:32qatarie était
00:36:33très importante,
00:36:35y compris par rapport
00:36:35à la Russie,
00:36:36si vous voulez.
00:36:36La Russie produit,
00:36:38et produit toujours,
00:36:39environ 20 millions
00:36:41de tonnes
00:36:41d'hélium,
00:36:43alors que le Qatar
00:36:44en produisait 66.
00:36:46Quand il vous manque
00:36:48un tel degré,
00:36:49c'est pratiquement,
00:36:51vous voyez,
00:36:52c'est à peu près
00:36:5340%
00:36:54de la production mondiale,
00:36:56il y a un énorme problème.
00:36:58Donc,
00:36:59nous avons ça.
00:37:00– Et ça va durer.
00:37:01– Et ça va durer.
00:37:03Et puis,
00:37:03nous avons
00:37:04les autres productions
00:37:05associées.
00:37:06Le fait que,
00:37:08avec le gaz
00:37:09et le pétrole,
00:37:11vous avez de l'énergie
00:37:11pas chère,
00:37:12vous avez de l'électricité
00:37:13pas chère,
00:37:13c'est évident.
00:37:15Donc,
00:37:15le Golfe était devenu
00:37:17l'un des gros producteurs
00:37:18d'aluminium
00:37:19au niveau international.
00:37:21on produisait
00:37:22à peu près
00:37:23le quart
00:37:24de la production
00:37:25d'aluminium mondiale.
00:37:27Il n'y a plus
00:37:28un lingot d'aluminium
00:37:29qui sort
00:37:31actuellement.
00:37:32Donc,
00:37:33si l'on ajoute
00:37:34tout ça,
00:37:35on est effectivement,
00:37:36comme vous l'avez dit,
00:37:36sur une crise
00:37:37protéiforme
00:37:38dont la dimension
00:37:39crise de l'énergie
00:37:40qu'on peut déjà
00:37:41mesurer,
00:37:42si vous voulez,
00:37:43à la pompe
00:37:43ou pour les gens
00:37:44qui ont
00:37:45un véhicule,
00:37:46n'est qu'un petit aspect.
00:37:48– Le petit bout
00:37:49de la lorgnette,
00:37:50même si c'est lourd
00:37:51pour les Français.
00:37:51– Voilà,
00:37:52mais ce n'est que
00:37:53le petit bout
00:37:53de la lorgnette.
00:37:54Le deuxième point
00:37:55qui est important,
00:37:56c'est que ce n'est pas
00:37:58le blocus
00:37:59qui provoque cela.
00:38:01Si,
00:38:02admettons que
00:38:03les États-Unis
00:38:03et l'Iran
00:38:05trouvent un accord
00:38:07demain
00:38:07et qu'ils disent
00:38:08ok,
00:38:08voilà,
00:38:09on rouvre le blocus,
00:38:10on rouvre le Détroit,
00:38:12il n'y a plus de problème,
00:38:12tout le monde peut circuler.
00:38:14Bien.
00:38:15Il faudra
00:38:16entre 2 et 5 ans
00:38:18pour que la production
00:38:20retrouve son niveau
00:38:22d'avant-guerre.
00:38:23Pourquoi ?
00:38:25Tout d'abord
00:38:25parce qu'il y a eu
00:38:27la destruction
00:38:29de capacités.
00:38:30Alors,
00:38:31c'est une rétorsion iranienne.
00:38:33Bon,
00:38:34on les a bombardés,
00:38:35eux-mêmes
00:38:35ont bombardé
00:38:36aux missiles balistiques
00:38:38avec des drones
00:38:39globalement,
00:38:40bon,
00:38:40les raffineries,
00:38:41les ports,
00:38:41etc.
00:38:42Donc,
00:38:42il y a
00:38:43des installations
00:38:44de chargement
00:38:45qui sont détruites.
00:38:46mais ce n'est
00:38:47qu'un petit aspect.
00:38:48Ça,
00:38:49déjà,
00:38:49il faudra le réparer.
00:38:50On a ensuite
00:38:51des raffineries
00:38:52qui ont été touchées,
00:38:53dont les deux plus grandes
00:38:54raffineries mondiales,
00:38:56en tous les cas,
00:38:56dans la région.
00:38:57Il y a aussi Singapour
00:38:57qui est une énorme raffinerie.
00:38:59Bon,
00:39:00c'est la raffinerie
00:39:02de Jubail
00:39:02en Arabie Saoudite,
00:39:05dont les Saoudiens
00:39:06eux-mêmes
00:39:07estiment
00:39:09que 45%
00:39:10de ses capacités
00:39:11sont détruites
00:39:12et qui est
00:39:13de toutes les manières
00:39:13arrêtée
00:39:14pour des raisons
00:39:15de sécurité.
00:39:16Bien sûr,
00:39:16ben oui.
00:39:17La raffinerie
00:39:18de Koweït City,
00:39:19qui n'est pas
00:39:20à Koweït City,
00:39:21un petit peu
00:39:22à l'écart,
00:39:23bon,
00:39:23même chose.
00:39:24On est sur
00:39:25une destruction
00:39:26de l'ordre de 50%,
00:39:27mais de toutes les manières,
00:39:29tout est arrêté.
00:39:31La grande raffinerie
00:39:32qui est liée
00:39:33au gaz,
00:39:34même chose
00:39:34pour des raisons
00:39:35de sécurité,
00:39:35donc au Qatar.
00:39:37Les Qataris
00:39:38ont tout arrêté.
00:39:39Donc,
00:39:39déjà,
00:39:40on a là
00:39:41un énorme problème
00:39:42de remise
00:39:44en état
00:39:46des raffineries
00:39:47pour tous
00:39:48les produits dérivés.
00:39:49Les puits,
00:39:50maintenant.
00:39:52Évidemment,
00:39:53il y a
00:39:53toute une série
00:39:54de puits
00:39:55qui ont été
00:39:56mis à l'arrêt
00:39:58du fait
00:39:59des bombardements
00:39:59des zones pétrolières.
00:40:01Alors,
00:40:01c'est vrai en Iran,
00:40:03puisque,
00:40:06je dirais,
00:40:07le champ
00:40:07de South Pass
00:40:09a été bombardé
00:40:10par les Américains
00:40:11et par les Israéliens,
00:40:12mais c'est vrai
00:40:12évidemment aussi
00:40:13dans les pays
00:40:14du Golfe.
00:40:15Or,
00:40:16un puits,
00:40:17quand vous cessez,
00:40:18si vous voulez,
00:40:19un puits,
00:40:20c'est un système
00:40:20complexe.
00:40:21Vous avez
00:40:21une grosse
00:40:22nappe de pétrole
00:40:24en dessous,
00:40:24mais qui doit passer
00:40:25par des couches
00:40:26intermédiaires.
00:40:27Et donc,
00:40:27pour forcer
00:40:28le pétrole
00:40:30au-dessus
00:40:31de ces couches,
00:40:31alors qu'ils peuvent
00:40:32être de l'eau salée,
00:40:33ça peut être
00:40:35aussi des déchets,
00:40:36etc.,
00:40:37vous injectez
00:40:38du gaz
00:40:39que vous obtenez
00:40:40en sortant du pétrole,
00:40:41vous le réinjectez
00:40:42ce gaz
00:40:44dans la nappe
00:40:45et ça force
00:40:46le pétrole
00:40:47à remonter.
00:40:49C'est quoi le principe
00:40:50du gaz de schiste ?
00:40:52C'est à peu près…
00:40:53Sauf que le gaz de schiste,
00:40:54on le fait
00:40:54avec de l'eau,
00:40:55avec toute une série
00:40:57d'ingrédients.
00:40:59Vous arrêtez
00:41:00votre puits.
00:41:04Immédiatement,
00:41:05toute une série
00:41:05de déchets se solidifie,
00:41:06en particulier
00:41:07la paraffine.
00:41:09Ce qui fait que
00:41:10quand cet arrêt
00:41:11du puits
00:41:12dure
00:41:13un petit peu
00:41:13longtemps,
00:41:15deux,
00:41:15trois,
00:41:16quatre semaines,
00:41:17ça commence
00:41:18à poser un problème.
00:41:19Un vrai problème
00:41:21pour redémarrer
00:41:23le puits.
00:41:23Alors,
00:41:24on peut le faire,
00:41:26mais avec
00:41:27des pertes
00:41:28de production
00:41:29importantes,
00:41:30avec aussi
00:41:31des coûts.
00:41:32Peut-être
00:41:33suffira-t-il
00:41:34de mettre
00:41:34énormément
00:41:35de pression
00:41:36dans la nappe
00:41:37pour arriver
00:41:37à forcer,
00:41:38mais c'est délicat,
00:41:41c'est vraiment
00:41:41une opération
00:41:41très,
00:41:42très délicate.
00:41:44Peut-être
00:41:45sera-t-on obligé
00:41:46de reforer
00:41:47un autre puits.
00:41:48Donc,
00:41:49tout ceci
00:41:50est absolument,
00:41:52si vous voulez,
00:41:52c'est de la physique,
00:41:53c'est pas de la politique,
00:41:54et c'est absolument
00:41:55cohérent
00:41:56avec ce qu'ont dit
00:41:57les différents ministres.
00:41:59Donc,
00:41:59je rappelle,
00:42:01le ministre
00:42:01Koweïtien
00:42:03de l'énergie
00:42:03parle
00:42:04d'un délai
00:42:06de 18 mois
00:42:08à 2 ans
00:42:09et demi.
00:42:11Le ministre
00:42:12saoudien
00:42:13a,
00:42:13dans une déclaration,
00:42:15déclaré
00:42:15plus de 2 ans.
00:42:17Le ministre
00:42:19Qatari
00:42:19dit
00:42:20de 2 ans
00:42:21et demi
00:42:22à 5 ans.
00:42:24Le ministre
00:42:26des Émirats
00:42:27Arabes Unis
00:42:28parle lui aussi
00:42:29d'un délai
00:42:30de plus de 2 ans.
00:42:31Donc,
00:42:32on est,
00:42:32en réalité,
00:42:33face à une catastrophe
00:42:34industrielle,
00:42:36si vous voulez,
00:42:37qui n'est pas liée
00:42:38à la question
00:42:38du transport.
00:42:41Ça,
00:42:42le transport,
00:42:43on peut très bien
00:42:44dire,
00:42:44ben voilà,
00:42:46on se met d'accord,
00:42:47on rouvre tout,
00:42:49très bien,
00:42:49allons-y,
00:42:50rouvrons tout,
00:42:51mais on sera confronté,
00:42:52un,
00:42:53à la remise en état
00:42:54des capacités
00:42:54de chargement,
00:42:55qui ont été bien touchées,
00:42:58deux,
00:42:58à la remise en état
00:42:59des raffineries,
00:43:00ce qui va prendre du temps,
00:43:02trois,
00:43:02à la remise en état
00:43:03des puits.
00:43:05Tout ceci nous donne,
00:43:07en réalité,
00:43:08un scénario
00:43:09où la pénurie,
00:43:11à la fois,
00:43:13de pétrole,
00:43:13de gaz
00:43:14et de tous les produits
00:43:15dérivés
00:43:16liés au pétrole
00:43:17et au gaz,
00:43:19ben,
00:43:19elle va prendre,
00:43:20cette pénurie,
00:43:21elle va durer
00:43:21au moins deux ans.
00:43:22Je dis bien
00:43:23au moins deux ans,
00:43:24je pense qu'elle durera
00:43:26nettement plus,
00:43:27elle durera probablement
00:43:27trois ans,
00:43:28trois ans et demi,
00:43:30peut-être quatre ans
00:43:30avant de revenir
00:43:32au niveau,
00:43:32je dirais,
00:43:33d'avant-guerre.
00:43:34Évidemment,
00:43:35nous aurons
00:43:36une destruction
00:43:37de demandes
00:43:38importante
00:43:40parce que toute
00:43:40une série d'entreprises
00:43:43ne pourront pas fonctionner
00:43:44sans ces produits
00:43:45ou si elles arrivent
00:43:47à se les procurer,
00:43:49les prix seront tels
00:43:50et on le voit,
00:43:51par exemple,
00:43:52déjà,
00:43:52ce qui se passe
00:43:53sur les fermes
00:43:54du Middle West.
00:43:55vous avez
00:43:56un nombre
00:43:57nettement plus important
00:43:59que les autres années
00:44:00de faillites
00:44:02de fermes,
00:44:02tout simplement
00:44:02parce que les fermiers
00:44:04n'arrivent pas
00:44:05à payer
00:44:06des engrais
00:44:07deux fois plus cher.
00:44:09Donc voilà,
00:44:10on est dans
00:44:11cette situation-là
00:44:11et l'ensemble
00:44:13des organisations
00:44:14internationales,
00:44:15que ce soit
00:44:16le Fonds monétaire
00:44:16international,
00:44:17la Banque mondiale,
00:44:20il y a aussi
00:44:21l'agence internationale
00:44:22de l'énergie,
00:44:25une organisation privée
00:44:26comme Standard & Poor's,
00:44:27ont fait différentes analyses,
00:44:30nous-mêmes,
00:44:30nous en avons fait
00:44:31dans notre centre
00:44:32et on est sur
00:44:34une baisse
00:44:36du PIB mondial
00:44:38importante.
00:44:39Donc,
00:44:40on était
00:44:40avec une prévision
00:44:42en début d'année
00:44:43à 3,6%.
00:44:47En avril,
00:44:49les prévisions
00:44:50du FMI
00:44:51varient
00:44:52de 3,3%
00:44:55à 2%.
00:44:56Il faut dire
00:44:57qu'ils publient
00:44:59la,
00:45:00je dirais,
00:45:01la variation
00:45:02la plus favorable.
00:45:04Bon,
00:45:05ce qu'ils ont mis,
00:45:06je dirais,
00:45:06en tête de gondole
00:45:07dans leur rapport
00:45:083,3%,
00:45:09on dit,
00:45:09bon,
00:45:09encore,
00:45:10il n'y a que 0,3%,
00:45:11etc.
00:45:11Non,
00:45:12vous lisez
00:45:12et surtout,
00:45:13vous lisez
00:45:13les documents annexes,
00:45:14et vous voyez
00:45:15qu'ils distinguent
00:45:17ce qu'ils appellent
00:45:17un scénario
00:45:19adverse
00:45:20et un scénario
00:45:21sever.
00:45:23Scénario adverse,
00:45:25c'est
00:45:252,7%,
00:45:272,5%,
00:45:28pardon,
00:45:29et le scénario
00:45:30sévère,
00:45:31c'est 2%.
00:45:32C'est considérable.
00:45:34Nous,
00:45:34on a utilisé
00:45:35une méthodologie
00:45:36un petit peu différente,
00:45:38mais on arrive
00:45:38grosso modo
00:45:40au même scénario.
00:45:41Pour l'instant,
00:45:42nous en sommes
00:45:42à 2,7%.
00:45:44notre prévision
00:45:45pour le PIB mondial
00:45:48avec des différences
00:45:49très importantes
00:45:51suivant les pays.
00:45:52Bien sûr.
00:45:53Les pays,
00:45:55alors,
00:45:55qui sont des pays
00:45:55à faible PIB,
00:45:57mais qui sont des pays
00:45:57très peuplés,
00:45:59de l'Asie,
00:46:01de l'océan Indien,
00:46:02c'est-à-dire
00:46:03le Sri Lanka,
00:46:04le Bangladesh,
00:46:05les États du Sud
00:46:07de l'Inde,
00:46:08mais aussi
00:46:10après des États
00:46:11comme la Thaïlande,
00:46:12le Vietnam,
00:46:13après on se déplace
00:46:13vers l'Asie du Sud-Est,
00:46:15seront touchés
00:46:16de manière
00:46:17extrêmement importante,
00:46:18essentiellement
00:46:18par le choc
00:46:19sur les engrais
00:46:20qui compromet
00:46:22leur production
00:46:23de riz.
00:46:24On a aussi
00:46:25en Inde
00:46:25le fait
00:46:25que les gens
00:46:26n'ont plus de quoi
00:46:28faire la cuisine
00:46:29parce que
00:46:30c'était
00:46:31les bonbonnes de gaz,
00:46:31ils faisaient ça
00:46:32avec des bonbonnes de gaz,
00:46:34mais après
00:46:35le choc
00:46:35va s'étendre
00:46:37sur l'ensemble
00:46:38des autres pays
00:46:40et
00:46:41pour les pays
00:46:42de l'Union européenne
00:46:44et même d'ailleurs
00:46:44pour les États-Unis,
00:46:45mais pour les pays
00:46:46de l'Union européenne,
00:46:47nous allons avoir
00:46:48un choc
00:46:49qui sera
00:46:50d'autant plus important
00:46:51que le pays
00:46:51est lui-même
00:46:52très exposé
00:46:53à des chocs
00:46:55de type exogène.
00:46:57L'Allemagne
00:46:58est très certainement
00:46:58le pays
00:46:59qui connaîtra
00:46:59le choc
00:47:00le plus violent
00:47:02avec
00:47:02une possibilité
00:47:04de baisse
00:47:05par rapport
00:47:06aux prévisions
00:47:06qui étaient faites
00:47:07en début d'année,
00:47:08de baisse
00:47:09du PIB
00:47:10de 2 à
00:47:122,6%.
00:47:14Sur la France,
00:47:15on devrait être
00:47:16entre
00:47:170,8 et 1%.
00:47:19– Le sentiment,
00:47:21pardon de vous interrompre,
00:47:21mais que finalement
00:47:22le fait que l'Allemagne
00:47:23ait encore un tissu
00:47:24industriel un peu plus
00:47:25présent que la France,
00:47:26ça la met presque
00:47:28devant
00:47:29pour prendre la crise
00:47:30en pleine face.
00:47:31– Oui, tout à fait,
00:47:32mais c'est surtout
00:47:32le fait que
00:47:33l'Allemagne
00:47:34n'a pas
00:47:34d'autres alternatives,
00:47:36si vous voulez.
00:47:37Bon,
00:47:39les Allemands disent
00:47:39on ne veut plus
00:47:40de pétrole russe,
00:47:41on ne veut plus
00:47:41de gaz russe.
00:47:43Très bien,
00:47:44mais vous faites comment ?
00:47:44– Ce n'est pas les Allemands,
00:47:45c'est l'Union Européenne.
00:47:46– C'est quand même
00:47:47Merce qui le dit.
00:47:49Quand je dis
00:47:49les Allemands,
00:47:50oui, l'Union Européenne,
00:47:51mais après,
00:47:52ce ne serait pas
00:47:52la première fois
00:47:53qu'on verrait
00:47:54l'Allemagne
00:47:54agir différemment
00:47:57de ce qu'agit de l'Union.
00:47:58Non,
00:47:58Merce qui dit,
00:47:59voilà,
00:48:00très bien,
00:48:00t'as décidé ça,
00:48:01parfait,
00:48:02maintenant tu vis
00:48:03avec les conséquences
00:48:03de ce que tu as décidé.
00:48:06Bon,
00:48:07mais nous aussi,
00:48:08nous allons connaître,
00:48:09même si c'est évidemment
00:48:10à un niveau
00:48:12bien moins grand,
00:48:13mais nous allons connaître
00:48:14une même crise.
00:48:15Vous regardez par exemple
00:48:17dans les petites,
00:48:18enfin,
00:48:19les entreprises chimiques
00:48:20qui existent encore
00:48:21en France.
00:48:22Vous voyez
00:48:23qu'il y en a plusieurs,
00:48:24bon,
00:48:25certaines ont des problèmes,
00:48:28bon,
00:48:28c'est des problèmes
00:48:28de concurrence,
00:48:30c'est l'action
00:48:31de BASF,
00:48:32BASF qui,
00:48:33elle-même,
00:48:34firme allemande de chimie,
00:48:35qui est en très,
00:48:36très, très grand danger
00:48:37avec cette crise.
00:48:38Bon,
00:48:39mais vous avez
00:48:40toute une série
00:48:40de petites firmes
00:48:42qui aujourd'hui
00:48:44mettent leurs salariés
00:48:46au chômage partiel
00:48:48parce qu'ils ne reçoivent
00:48:49plus les quantités,
00:48:50ou plutôt,
00:48:51ils ne sont plus capables
00:48:52de payer
00:48:52les mêmes quantités
00:48:54d'un trant
00:48:57parce que
00:48:57tout le prix
00:48:58des marchés,
00:49:00si vous voulez,
00:49:01des marchés
00:49:01des produits dérivés
00:49:02du pétrole,
00:49:03tous ces prix
00:49:03ont explosé.
00:49:04– Et concrètement,
00:49:05quand ces prix explosent,
00:49:06c'est surtout l'Asie
00:49:07qui est capable
00:49:07de les payer.
00:49:08– Alors,
00:49:10oui,
00:49:10si on parle
00:49:11des pays riches d'Asie.
00:49:12– Oui, bien sûr.
00:49:13– Ça, c'est vrai.
00:49:16Après,
00:49:17même ces pays riches
00:49:17se posent
00:49:19des véritables problèmes.
00:49:22Singapour
00:49:22qui a,
00:49:24alors,
00:49:24il y a sur l'Asie
00:49:26deux très gros pays
00:49:28qui sont des raffineurs.
00:49:31Singapour
00:49:31qui fait pratiquement,
00:49:35qui a la plus grande
00:49:37raffinerie de l'Asie
00:49:39et puis vous avez
00:49:40les raffineries
00:49:41qui existent en Inde.
00:49:43Bon.
00:49:44Et puis après,
00:49:45vous avez des raffineries
00:49:46mais de taille
00:49:46nettement plus faible
00:49:48en Corée du Sud,
00:49:49au Japon,
00:49:50etc.
00:49:51Bon.
00:49:53Singapour
00:49:53a réduit
00:49:54la production
00:49:55de sa raffinerie
00:49:56des deux tiers.
00:49:59Les raffineries
00:50:01indiennes
00:50:01commencent,
00:50:03elles aussi,
00:50:03à baisser
00:50:04leur niveau
00:50:05de production
00:50:06de produits raffinés
00:50:09parce que
00:50:10c'était des raffineries
00:50:12qui achetaient
00:50:12le pétrole
00:50:13essentiellement
00:50:14dans les pays du Golfe.
00:50:16Et
00:50:17jusqu'à
00:50:19la Corée
00:50:19qui est en train
00:50:21de négocier
00:50:22des contrats
00:50:23avec la Russie
00:50:24pour obtenir
00:50:24des produits dérivés.
00:50:27Donc,
00:50:27on est vraiment
00:50:28sur un choc
00:50:30extrêmement,
00:50:31extrêmement important.
00:50:32Au Japon,
00:50:34par exemple,
00:50:34chose amusante,
00:50:36on a
00:50:38une des chaînes
00:50:39les plus importantes
00:50:39de télévision
00:50:40japonaise
00:50:41qui a,
00:50:43je dirais,
00:50:44fait un reportage
00:50:45en temps réel
00:50:46sur l'arrivée
00:50:47d'un tanker
00:50:48venant des États-Unis
00:50:50au Japon.
00:50:53Normalement,
00:50:54il y a des tankers
00:50:54qui arrivent
00:50:55tous les jours.
00:50:56Si vous êtes,
00:50:57si vous en êtes au point,
00:50:59si vous voulez,
00:50:59de faire d'un événement
00:51:00l'arrivée
00:51:01d'un tanker,
00:51:02il y a un très,
00:51:03très, très, très,
00:51:03très gros problème.
00:51:05Bon,
00:51:05donc,
00:51:06on a ça
00:51:07et il faut savoir
00:51:08que
00:51:09les pays
00:51:10qui pourraient
00:51:12produire plus,
00:51:13parce que
00:51:14jusqu'à maintenant,
00:51:16l'OPEP
00:51:16avait tendance
00:51:17à se restreindre
00:51:18en production.
00:51:20Les pays
00:51:20qui ont des capacités
00:51:21de produire plus,
00:51:22c'est quoi ?
00:51:23Un,
00:51:25l'Arabie Saoudite,
00:51:26sauf que
00:51:29la grosse majorité
00:51:30de ces champs,
00:51:31elle est dans la zone
00:51:32de guerre.
00:51:33Donc,
00:51:33on oublie.
00:51:35Les Émirats Arabes Unis,
00:51:37qui d'ailleurs
00:51:38sont sortis de l'OPEP,
00:51:39vont annoncer
00:51:39leur sortie de l'OPEP.
00:51:41Bon,
00:51:42eux,
00:51:42pour l'instant,
00:51:43ils ne sortent rien.
00:51:44où ils sortent
00:51:45des cacahuètes.
00:51:47c'est quasiment rien.
00:51:49Bien.
00:51:51Le Venezuela.
00:51:53Le Venezuela,
00:51:56pour des raisons
00:51:57de manque
00:51:58d'investissement,
00:52:00elles-mêmes liées
00:52:02aux sanctions
00:52:03dont le Venezuela
00:52:04a été victime
00:52:04des États-Unis,
00:52:06on considère
00:52:07qu'il y a
00:52:07un tiers
00:52:08de ces puits
00:52:10qui sont en opération.
00:52:11Un tiers.
00:52:12bon,
00:52:14et donc,
00:52:16la remise en État
00:52:17des autres puits
00:52:19demandera des années.
00:52:21Voilà,
00:52:22donc,
00:52:22c'est pas...
00:52:23et la Russie,
00:52:24oui,
00:52:25elle peut,
00:52:26elle peut,
00:52:26et elle a d'ailleurs
00:52:27augmenté
00:52:30ses exportations
00:52:31en volume,
00:52:31je ne dis pas
00:52:32en argent,
00:52:33on n'en parle même pas,
00:52:35c'est absolument
00:52:37démoniaque
00:52:38ce que les Russes
00:52:39peuvent gagner,
00:52:40mais en volume,
00:52:41ils les ont augmentées
00:52:42de 16%.
00:52:44ils doivent encore
00:52:45pouvoir les augmenter
00:52:46d'encore 10%,
00:52:48bon,
00:52:48ce qui donnera
00:52:50globalement
00:52:50une augmentation
00:52:51de 25%,
00:52:52mais cette augmentation
00:52:53de 25%,
00:52:54elle est incapable,
00:52:57si vous voulez,
00:52:57d'être au niveau
00:52:58de ce qui manque.
00:53:00Bien sûr,
00:53:00et accessoirement,
00:53:01de toute façon,
00:53:01les Européens refusent
00:53:02pour le moment
00:53:03d'y avoir...
00:53:03Par ailleurs,
00:53:04mais c'est très clair
00:53:05aujourd'hui
00:53:05que les Russes
00:53:06ont basculé massivement
00:53:08sur les marchés asiatiques,
00:53:09ils ne s'intéressent plus
00:53:10aux marchés européens.
00:53:12Oui,
00:53:12mais est-ce que,
00:53:15finalement,
00:53:15ces tensions économiques
00:53:17ne vont pas agir
00:53:18comme un révélateur
00:53:19de l'incurie
00:53:20des dirigeants européens,
00:53:21particulièrement
00:53:23des dirigeants occidentaux
00:53:24aussi,
00:53:24de manière plus générale,
00:53:27pour rebattre
00:53:28un peu les cartes géopolitiques,
00:53:29c'est-à-dire que là,
00:53:30on imagine mal
00:53:31que les pays
00:53:32de l'Union Européenne
00:53:33puissent poursuivre
00:53:34avec entêtement
00:53:35cette logique
00:53:36de refus
00:53:37d'avoir accès
00:53:38aux énergies russes
00:53:39qui seraient quand même
00:53:41plus accessibles,
00:53:42ne serait-ce que pour une raison
00:53:42de proximité géographique.
00:53:44Oui.
00:53:45D'ailleurs,
00:53:46il y a certains dirigeants
00:53:47européens
00:53:47qui le disent.
00:53:48Vous avez eu
00:53:50le Premier ministre belge
00:53:51qui l'a dit,
00:53:52il est temps désormais,
00:53:54bon,
00:53:54même si ça ne nous plaît pas,
00:53:55de rouvrir des négociations
00:53:57avec la Russie.
00:53:58Le Premier ministre portugais
00:54:00a dit exactement la même chose
00:54:01hier.
00:54:02Il a dit,
00:54:03ben oui,
00:54:04bon,
00:54:04on est en désaccord
00:54:05avec la Russie
00:54:05sur toute une série
00:54:06de points géopolitiques,
00:54:07mais là,
00:54:08il y a un problème d'urgence.
00:54:10Il semblerait,
00:54:11pardon de vous interrompre,
00:54:12mais là encore,
00:54:13il semblerait qu'on ait
00:54:14des désaccords,
00:54:14enfin,
00:54:15les dirigeants européens
00:54:15et aussi des désaccords
00:54:16avec les dirigeants états-uniens,
00:54:18et aujourd'hui,
00:54:19c'est le premier fournisseur
00:54:20de pétrole de la France.
00:54:21Tout à fait.
00:54:22Tout à fait.
00:54:23Donc voilà,
00:54:23on est dans cette situation-là,
00:54:25et il faut rappeler
00:54:28que les accords
00:54:30pour les livraisons de gaz
00:54:31et de pétrole,
00:54:33ces accords datent
00:54:36du début des années 70,
00:54:37donc de la guerre froide,
00:54:38à un moment donné,
00:54:39ou de toutes les manières,
00:54:40on était dans une logique
00:54:42de tension extrêmement importante
00:54:44entre l'OTAN
00:54:45et le pacte de Varsovie.
00:54:46Bon,
00:54:47mais pour l'instant,
00:54:48ils ne veulent rien faire,
00:54:49et moi surtout,
00:54:50ce qui m'inquiète,
00:54:51c'est que le discours
00:54:53des principaux dirigeants
00:54:55des pays d'Europe,
00:54:57parce qu'un dirigeant européen
00:55:03intuitu personné,
00:55:04à mon avis,
00:55:05ça a peu de sens.
00:55:07Je parlerais plutôt
00:55:08de M. Maers,
00:55:09de M. Macron,
00:55:10de Mme Mélanie,
00:55:11bon,
00:55:11ces dirigeants
00:55:12tiennent pour l'instant
00:55:14des discours
00:55:15qui sont des discours
00:55:17lénifiants
00:55:17et qui sont extrêmement dangereux,
00:55:19si vous voulez.
00:55:23Emmanuel Macron a dit,
00:55:25à l'heure actuelle,
00:55:26il n'est pas temps
00:55:27de parler de pénurie.
00:55:28Oui,
00:55:29à l'heure actuelle,
00:55:30mais vous savez,
00:55:30c'est comme la fameuse histoire
00:55:33que racontaient
00:55:36les gens
00:55:37qui étaient très critiques
00:55:38des jésuites,
00:55:39qui disaient,
00:55:39oui,
00:55:39quand un jésuite vous dit,
00:55:41oui,
00:55:41il n'est pas là,
00:55:41il touche sa manche,
00:55:42il dit,
00:55:42il veut dire qu'il n'est pas là
00:55:43dans ma manche.
00:55:44Bon,
00:55:44mais là,
00:55:45oui,
00:55:46aujourd'hui,
00:55:46il n'y a pas encore
00:55:47de problème de pénurie.
00:55:48Mais un gouvernant
00:55:51doit se projeter
00:55:52un petit peu,
00:55:54bon,
00:55:54et on voit très bien
00:55:56qu'il va y avoir
00:55:57une grosse pénurie
00:55:59de kérosène
00:56:00qui va impacter
00:56:02les différentes compagnies aériennes
00:56:05dans le cours
00:56:08de fin mai,
00:56:09début juin
00:56:10et encore plus
00:56:11en juillet.
00:56:12Déjà,
00:56:14en Asie,
00:56:15enfin,
00:56:16en Asie,
00:56:17entre l'Inde
00:56:19et la Thaïlande,
00:56:25le transport aérien
00:56:27a été réduit
00:56:28de plus de 20%.
00:56:30pour certaines compagnies,
00:56:33on est à la limite
00:56:34de la faillite.
00:56:37Aujourd'hui,
00:56:39on annonce
00:56:39des annulations
00:56:41de vols
00:56:44qui commencent
00:56:45à être importantes,
00:56:46autour de 3-4%
00:56:48pour l'instant.
00:56:49Mais où sera-t-on
00:56:50dans un mois ?
00:56:51C'est ça
00:56:52le vrai problème.
00:56:55Ce qui va se passer,
00:56:56c'est que
00:56:57les prix du kérosène
00:56:58vont absolument
00:57:01exploser,
00:57:02ils sont déjà
00:57:02pratiquement au double,
00:57:04ils vont continuer
00:57:05à monter
00:57:06et toute une série
00:57:07de compagnies,
00:57:08parce qu'il faut savoir
00:57:09que le prix du kérosène,
00:57:11c'est 35% des coûts.
00:57:14Donc,
00:57:16vous le doublez,
00:57:18ça veut dire
00:57:19que vous augmentez
00:57:20vos coûts
00:57:22de 35%.
00:57:24Pas beaucoup
00:57:24de compagnies
00:57:25qui sont capables
00:57:26de supporter
00:57:26un tel choc.
00:57:28Il n'y a pas beaucoup
00:57:28non plus de passagers.
00:57:30Alors,
00:57:31après,
00:57:31oui,
00:57:32on va monter les prix.
00:57:33Mais le problème,
00:57:35c'est que
00:57:38pour cet été,
00:57:39il y a déjà
00:57:39toute une série
00:57:40de billets
00:57:40qui ont été vendus.
00:57:41Bien sûr.
00:57:42Alors,
00:57:42ça veut dire
00:57:43qu'on va augmenter
00:57:43beaucoup plus
00:57:44les prix des billets
00:57:45qui sont à vendre.
00:57:46Pour compenser,
00:57:47bien sûr.
00:57:47Le résultat,
00:57:48c'est qu'on va avoir
00:57:49de toutes les manières
00:57:52une baisse
00:57:53du trafic aérien
00:57:55importante.
00:57:56En massive,
00:57:57je ne sais pas.
00:57:58Bon,
00:57:58j'espère que non.
00:58:00Mais,
00:58:00on va avoir
00:58:01une baisse
00:58:02du trafic aérien
00:58:03cet été
00:58:03qui va être
00:58:04de l'ordre
00:58:05de 20 à 25%.
00:58:07peut-être plus
00:58:09sur les trajets courts
00:58:12et ils vont garder
00:58:14le kérosène
00:58:16disponible
00:58:17pour les vols
00:58:19transatlantiques,
00:58:19mais même
00:58:20sur les vols
00:58:21long-courrier,
00:58:22on aura
00:58:23nécessairement
00:58:24une baisse.
00:58:26Qu'est-ce que ça veut dire
00:58:27une telle baisse
00:58:28du trafic ?
00:58:29Ça veut dire
00:58:31en France
00:58:31du tourisme en moins.
00:58:33On peut considérer,
00:58:35même si on admet
00:58:36qu'il y a
00:58:37une partie
00:58:38des touristes
00:58:39qui allaient
00:58:39à l'étranger
00:58:40et qui vont se rabattre
00:58:41sur des destinations
00:58:42en France,
00:58:43il y aura au minimum
00:58:44une baisse du tourisme
00:58:46de 10 à 15%.
00:58:47Et puis il y a
00:58:49une différence
00:58:50de pouvoir d'achat.
00:58:50Et avec une forte
00:58:51différence
00:58:52de pouvoir d'achat.
00:58:53Donc,
00:58:54allez,
00:58:54disons
00:58:5510-12%
00:58:56en volume,
00:58:5815 à 18%
00:59:00en chiffre d'affaires.
00:59:0215 à 18%
00:59:03en chiffre d'affaires,
00:59:04c'est quoi ?
00:59:05Ça doit représenter
00:59:06pas loin
00:59:06d'un point de PIB.
00:59:09Et on retombe
00:59:10sur
00:59:13la prévision
00:59:14que nous avons faite
00:59:15actuellement,
00:59:15ce qui veut dire
00:59:16effectivement
00:59:17on risque d'avoir
00:59:18une baisse
00:59:19de la croissance
00:59:20d'environ
00:59:21un point de PIB
00:59:22par rapport
00:59:23aux prévisions
00:59:25qui étaient faites
00:59:25au début de cette année.
00:59:26Donc,
00:59:27aux chiffres
00:59:28qui avaient été donnés
00:59:29au FMI
00:59:30fin janvier,
00:59:31début février.
00:59:32Vous avez aujourd'hui
00:59:33un économiste,
00:59:35bon,
00:59:37je partage
00:59:38certaines de ses idées,
00:59:39pas toutes,
00:59:39je pense que
00:59:40par moments
00:59:41il a tendance
00:59:41à être un petit peu
00:59:42trop pessimiste
00:59:43mais qui commence
00:59:44à tirer
00:59:45le signal d'alarme.
00:59:46c'est Marc Toiti.
00:59:47Marc Toiti dit
00:59:48et il a tout à fait raison,
00:59:51le premier trimestre
00:59:53n'a pas été bon
00:59:55puisque si
00:59:58on exclut
00:59:59la reconstitution
01:00:00des stocks
01:00:01qui est normale
01:00:02après,
01:00:03je dirais,
01:00:04les dépenses
01:00:05qui ont été faites
01:00:06à la fin de l'année,
01:00:07bon,
01:00:07si on exclut
01:00:09la reconstitution
01:00:09des stocks,
01:00:11on est
01:00:11en recul
01:00:14de moins 0,8%,
01:00:15mais il dit surtout
01:00:17on voit déjà
01:00:18aujourd'hui
01:00:18le chômage
01:00:19monter
01:00:19de manière
01:00:20extrêmement importante.
01:00:21Donc,
01:00:22tout ceci
01:00:23est en train
01:00:24de,
01:00:25je dirais,
01:00:26de nous mettre
01:00:27dans une situation
01:00:29où on connaîtra
01:00:31une crise
01:00:32extrêmement importante
01:00:34à partir
01:00:35du troisième trimestre.
01:00:36cette crise,
01:00:37elle va commencer,
01:00:39si vous voulez,
01:00:40elle n'était pas révélée
01:00:41au premier trimestre
01:00:42parce qu'il n'y a eu
01:00:43qu'un mois
01:00:43de perturbation,
01:00:46elle va commencer
01:00:46à se révéler
01:00:47au deuxième trimestre
01:00:48jusqu'à fin juin
01:00:49et on rentrera
01:00:51dans le dur
01:00:51de la crise
01:00:54au troisième trimestre
01:00:56avec,
01:00:57à mon avis,
01:00:58un pic
01:00:59de la crise
01:01:00qui sera atteint
01:01:01au tout début
01:01:02du quatrième trimestre,
01:01:03probablement au mois
01:01:04d'octobre.
01:01:05Alors,
01:01:05après,
01:01:06je peux me tromper
01:01:07d'un mois
01:01:08dans un sens
01:01:08comme dans l'autre,
01:01:09si vous voulez,
01:01:10on est là vraiment
01:01:11sur de l'estimation
01:01:14et on aura
01:01:15un hiver
01:01:17très difficile.
01:01:19Il faut le savoir.
01:01:21Donc,
01:01:22on voit
01:01:22que la déclaration
01:01:23d'Emmanuel Macron,
01:01:25d'abord,
01:01:26un,
01:01:27elle n'a pas de sens,
01:01:30dire aujourd'hui,
01:01:30il n'y a pas.
01:01:31Oui,
01:01:32excusez-moi,
01:01:32monsieur le président,
01:01:33mais la question
01:01:34n'est pas aujourd'hui.
01:01:36on raisonne
01:01:36avec un minimum
01:01:37d'anticipation
01:01:38quand on est
01:01:38un gouvernant.
01:01:39Et puis,
01:01:40deux,
01:01:41vous dites aux Français
01:01:43ne vous inquiétez pas,
01:01:44mais ils ont toutes
01:01:45les raisons objectives
01:01:46de s'inquiéter.
01:01:48Bien sûr,
01:01:49pas demain,
01:01:50si vous voulez.
01:01:51Bien sûr,
01:01:52ce n'est pas
01:01:53la semaine prochaine
01:01:55qu'on verra,
01:01:56par exemple,
01:01:57le prix du diesel
01:01:59où le prix
01:02:01de l'essence
01:02:0195 sans plomb
01:02:02montait à 2,8 euros,
01:02:06peut-être 3 euros.
01:02:073 euros, oui.
01:02:08Bon.
01:02:09Mais où en sera-t-on
01:02:12fin juin,
01:02:12début juillet ?
01:02:13C'est ça
01:02:14qu'il faut
01:02:16estimer.
01:02:17D'autant plus
01:02:17qu'à l'époque,
01:02:19fin juin,
01:02:19début juillet,
01:02:20les réserves stratégiques
01:02:23qu'on avait faites,
01:02:24et qui étaient
01:02:25plutôt plus faibles
01:02:26que ce qu'avaient fait
01:02:27d'autres pays,
01:02:28en particulier la Chine,
01:02:29qui a aujourd'hui
01:02:30à la fois en proportion
01:02:32et en volume
01:02:33les réserves
01:02:34les plus importantes
01:02:35du monde,
01:02:37bon,
01:02:38nos réserves
01:02:39seront épuisées.
01:02:41Donc,
01:02:41on ne pourra plus
01:02:42se servir
01:02:43des réserves.
01:02:44Comme d'une variable
01:02:45d'ajustement.
01:02:46C'est un énorme problème.
01:02:48Donc,
01:02:49voilà,
01:02:49on est dans cette situation
01:02:52avec un gouvernement
01:02:54qui,
01:02:55peut-être,
01:02:56travaille-t-il
01:02:56en secret
01:02:57sans le dire
01:02:58à des plans
01:02:59d'urgence.
01:03:00J'aimerais le croire,
01:03:02si vous voulez,
01:03:02parce que
01:03:03c'est ce qu'il faudrait faire.
01:03:05Et donc,
01:03:06à ce moment-là,
01:03:06on pourrait dire,
01:03:07oui,
01:03:07il y a une cohérence
01:03:07qui consiste,
01:03:08tant que le plan
01:03:08d'urgence
01:03:09n'a pas été
01:03:10défini,
01:03:11établi,
01:03:12etc.,
01:03:12il faut éviter
01:03:13d'affoler la population
01:03:14et puis on lui dira
01:03:15la vérité
01:03:17quand on aura.
01:03:18Bon,
01:03:19ça d'accord,
01:03:19c'est une...
01:03:20Mais,
01:03:21moi,
01:03:22je crains beaucoup plus
01:03:23que l'on soit
01:03:24dans une situation
01:03:25mais non,
01:03:26tout ceci va s'arranger,
01:03:27mais non,
01:03:28ils vont finir
01:03:29par trouver un accord,
01:03:30le détroit d'Hormuz
01:03:32sera rouvert.
01:03:33Mais tout de coupé.
01:03:34Mais ce n'est pas ça
01:03:35le problème.
01:03:36Même si,
01:03:37je l'espère évidemment
01:03:38que le détroit d'Hormuz
01:03:40soit rouvert
01:03:41et qu'on arrive
01:03:42à un accord durable
01:03:43entre Iraniens
01:03:45et Américains.
01:03:46Mais,
01:03:47malgré tout,
01:03:48ce n'est plus cela
01:03:49le problème.
01:03:50et ça fait
01:03:50en réalité
01:03:51un mois
01:03:52que ce n'est plus...
01:03:53Les dommages
01:03:54ont été causés
01:03:55par des bombardements
01:03:57qui ont lieu
01:03:58entre fin mars
01:03:59et début avril.
01:04:03Voilà
01:04:04quelle est la situation.
01:04:06Réjouissante.
01:04:08Oui,
01:04:08on peut le dire.
01:04:09Vous savez,
01:04:10j'étais
01:04:11en mars,
01:04:12fin mars,
01:04:14j'étais à Moscou
01:04:15pour donner mes cours
01:04:15comme j'y suis
01:04:16tous les ans
01:04:19et le directeur
01:04:20de l'institution
01:04:21dans laquelle
01:04:22je donne mes cours.
01:04:23Il se fait
01:04:24qu'il a été
01:04:24pendant plusieurs années
01:04:26le directeur
01:04:27du conseil
01:04:28de direction,
01:04:29le président
01:04:29du conseil
01:04:30de direction
01:04:30de la grande
01:04:31société pétrolière
01:04:32Rosnieft.
01:04:33Bon,
01:04:34on discute.
01:04:35Et à la fin
01:04:35d'une discussion
01:04:36qu'on a eue ensemble,
01:04:37il a dit
01:04:38« Ah,
01:04:39nous vivons
01:04:40des temps intéressants. »
01:04:42Vous savez,
01:04:42la référence
01:04:43à cette fameuse
01:04:44malédiction
01:04:45des Chinois
01:04:46à leurs ennemis
01:04:46« Je te souhaite
01:04:47de vivre
01:04:47des temps intéressants. »
01:04:49Nous vivons
01:04:50des temps intéressants
01:04:51mais moi,
01:04:52je préfère les vivre
01:04:53assis sur une grosse
01:04:54bulle de gaz
01:04:55et une grosse
01:04:55bulle de pétrole.
01:04:59C'est assez clair.
01:05:00Il avait un point là.
01:05:03Je vous remercie
01:05:04beaucoup Jacques Sapir
01:05:05d'être venu
01:05:05nous apporter
01:05:06votre décryptage
01:05:07aujourd'hui.
01:05:08Merci à tous
01:05:09de nous avoir suivis.
01:05:10J'espère que cette émission
01:05:10vous a plu
01:05:11et qu'elle vous a appris
01:05:12également plein de choses.
01:05:14Je vous donne rendez-vous
01:05:14la semaine prochaine
01:05:15pour un nouveau décryptage
01:05:16de ce monde
01:05:17qui nous entoure.
01:05:18En attendant,
01:05:19portez-vous bien
01:05:20chers amis.
01:05:21A bientôt.
01:05:23Sous-titrage Société Radio-Canada
01:05:25Sous-titrage Société Radio-Canada
01:05:27Sous-titrage Société Radio-Canada
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