Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 heures
Ses fans n’osaient plus l’espérer : presque trente ans après son seul et unique album, le Rat Luciano est de retour avec « Magma ».

Retrouvez "À la régulière" sur France Inter et sur https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/a-la-reguliere

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:11Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue dans La Régulière, l'émission de Toutes les Cultures.
00:14Ce soir, nous recevons une légende du rap français, j'ai pas peur de le dire.
00:18Membre fondateur de la Fonki Family, collectif marseillais devenu culte à la fin des années 90,
00:22Laura Luciano fait partie de ces artistes qui ont façonné l'identité d'un genre tout entier,
00:26souvent cité par ses pairs pour sa plume et son non-authenticité, le rat participe à installer
00:31Marseille comme une place forte du rap hexagonal. Mais très vite, le rat se distingue aussi par
00:36quelque chose de plus difficile à définir, une forme de retenue, de distance, presque de mystère.
00:40Il a sorti un premier album solo en l'an 2000, mais cela fait près de 20 ans que l
00:44'artiste se fait
00:45discret. Et la vérité, c'est que la plupart des fans de hip-hop n'osaient pas espérer un nouveau
00:48album. Et pourtant, c'est bien la réalité, Laura Luciano est de retour avec un nouveau disque Magma
00:53sorti vendredi, et on va en parler aujourd'hui, car le rat est avec moi, jusque 23h.
00:57France Inter, à l'art régulière, Medimizing.
01:07Laura, tu vois, j'ai bégayé dans mon intro, parce que même moi j'ose pas y croire ! Tu
01:12es là, tu es de retour, comment ça va ?
01:14Ça va, ça va, Cole ! Je suis très content de te recevoir dans cette émission. Effectivement, je t'ai
01:19oublié de te poser la question que je pense que beaucoup de gens ont envie de te poser, c'est
01:22pourquoi ce retour maintenant ?
01:24Je dis retour, peut-être que tu ne seras pas d'accord avec ce terme-là, parce qu'en fait,
01:27tu as continué à faire de la musique, à apparaître sur des choses, tu n'as pas disparu des radars
01:31loin de là.
01:31Mais le premier album, il a 26 ans maintenant, mode de vie bétonside, bien sûr, après, il y a eu
01:36des choses avec la FF, il y a eu des featuring, mais là, c'est un retour. Pourquoi maintenant ?
01:40Pourquoi c'était le bon moment ?
01:42Ben, j'ai envie de dire, pourquoi pas ?
01:43Ouais ! Et pourquoi pas plus tôt ?
01:46Alors, plus sérieusement, je reviens, parce que je n'avais pas fini ce que j'avais commencé.
01:51À côté de ça, je n'ai jamais arrêté la musique, que ce soit faire des collabs, faire des séries
01:59de morceaux, juste pour garder la forme.
02:03J'ai affiné l'écriture, les techniques, et c'était le bon moment. C'était mon moment.
02:11Ouais. Toi, parce que j'imagine que pendant, il y a énormément de personnes qui t'ont demandé de sortir
02:17un deuxième album avant ça, tu as peut-être été tenté, je ne sais pas.
02:21Toi, tu voulais prendre ton temps, justement, tu avais l'impression que tu n'étais pas prêt à le sortir
02:25il y a des années auparavant ?
02:27Moi, je ne pensais pas comme ça. Je faisais de la musique.
02:31Je faisais de la musique et ça arrive quand ça doit arriver.
02:36Ça veut dire que toi, quand... Parce qu'en fait, avec votre premier album, même si tu rappais déjà avant,
02:41mais avec votre premier album, la Fonky Family, vous avez eu du succès.
02:43C'est un album qui est vu comme un classique, qui a eu du succès. Est-ce que toi, du
02:47coup, ça t'a...
02:48C'est allé un peu trop vite pour toi à l'époque ? Ou tu ne te voyais pas forcément
02:51directement comme un rappeur dont ça allait être le métier ?
02:54Tu avais envie de prendre ton temps déjà à ce moment-là ?
02:57Quoi ? Pour l'album solo ?
02:58Non, même pour toi, en tant que ta carrière de rappeur, parce que tu vois, quand tu dis que toi,
03:01tu ne voyais pas forcément les choses comme ça,
03:03Moi, je me suis toujours demandé, tu sais, est-ce que, comme vous avez du succès très vite, est-ce
03:06que toi, tu as été à l'aise directement avec le succès ?
03:09Avec le succès ? Non, pas spécialement.
03:12C'est plutôt gêné, plutôt... Je ne comprends pas ce qui m'arrive.
03:15On est là, on fait de la musique dans notre coin et tout à coup, ça prend une ampleur phénoménale.
03:22Mais non, c'était comme ça. Ça s'est passé comme ça.
03:25Quand est-ce que tu as commencé à bosser sur cet album, Magma ?
03:28Sur cet album, je veux dire, il y a deux ans.
03:32Il y a eu un moment, quelque chose qui a déclenché ça ? Une rencontre, un événement ?
03:38Non, je pense que c'est un tout. C'est un tout qui fait ça.
03:44Je pense que j'étais calibré pour le faire là, maintenant.
03:50Avant, peut-être que je ne prenais pas assez de recul.
03:55C'était peut-être pas assez réfléchi.
03:58Je pense que...
03:59Tu sais qu'en plus, c'est drôle parce que nous, loin de ça, loin de ta vie, on ne
04:04te voyait pas forcément.
04:05Si on te voyait sur des morceaux, comme je le disais, il y avait plein de légendes sur toi.
04:08Les gens te disaient, oui, on peut le voir dans tel quartier à Marseille.
04:11Il se balade tranquillement, etc.
04:12Les gens attendaient de la musique.
04:13Est-ce que c'était vraiment comme ça que tu vivais ?
04:15Tu étais là, tu étais dans Marseille sans forcément être au studio ?
04:18Oui, tout à fait.
04:19Depuis le début, c'était l'idée de rester soit quoi qu'il arrive.
04:24Succès ou pas, tu sais.
04:25Alors, ce n'est pas évident sur Marseille.
04:27Ce n'est pas tout le temps évident sur Marseille comme ailleurs.
04:31Mais non, je me promène partout, normal.
04:34Je me souviens d'un morceau qui était sur la compilation Rap Performance,
04:37qui s'appelait « Trop sincère pour être numéro 1 ».
04:40Et en fait, c'est un peu...
04:42Est-ce que ça te résume...
04:45Est-ce que ce n'est pas le meilleur résumé du Raluciano, ça ?
04:48C'est aux gens de le dire, pas moi.
04:50Tu vois, c'est pas moi.
04:52Après, on s'est toujours battus pour être sincères.
04:55Pour être sincères, pour être écoutés, pour être vrais.
04:59C'est aux gens de le dire, ça.
05:00Parce que c'est quelque chose qu'on dit toujours de toi.
05:02Tu sais, l'authenticité, la sincérité,
05:04c'est quelque chose qu'on ressent dans ta musique même quand on ne te connaît pas.
05:07Et c'est quelque chose dont les gens qui te connaissent, dont ils parlent.
05:11Tu sais, tous les rappeurs qui ont parlé de toi dans des interviews,
05:14ils parlent à chaque fois en ces termes de toi, en fait.
05:16Ça tue.
05:17Ça tue parce que je me suis battu pour.
05:19Tu vois, c'est pas évident.
05:20Tu sais, quand le succès arrive, ça peut vite monter au citron.
05:25Ouais.
05:25Tu vois.
05:26Donc, rester accroché à ses principes, tout faire pour rester droit,
05:30je pense que c'est le meilleur moyen.
05:31Est-ce que ça a été le cas, toi, au début ?
05:33Enfin, pour vous, quand la FF, vous avez commencé à avoir du succès
05:36et puis vous étiez l'un des groupes de la nouvelle génération à l'époque,
05:39qui avait du succès.
05:40Est-ce que toi, t'as senti que ça aurait pu te monter à la tête, justement ?
05:43Ouais, j'ai senti que ça pouvait monter à la tête.
05:45Tu sais, parce que tout de suite, il y a tout le monde qui est là pour toi,
05:48aux petits soins, tout ça, tu sais.
05:51Puis, tu te rends plus trop compte à un certain moment.
05:54Tu sais, limite, le succès et l'argent, ça me faisait un peu peur, tu sais.
05:59J'avais peur de perdre ma dalle.
06:01Et pour moi, c'était important d'être là, compétitif et d'avoir vraiment faim,
06:05tu sais, mais pour de vrai, tu sais.
06:06Ouais, ouais.
06:08Tu parles d'être compétitif, et justement, sur cet album-là, tu l'es.
06:11C'est-à-dire qu'on en parlait un peu en antenne.
06:13Tu sais, parfois, quand on n'a pas entendu...
06:15Alors, encore une fois, si on suit vraiment ta carrière,
06:17il y a des couplets de toi, enfin très récents,
06:20mais sur un long format où t'avais pas entendu depuis longtemps.
06:22Donc, on peut avoir peur.
06:22On peut se dire, est-ce que l'album, il va être bien ?
06:24Est-ce que l'oreille va encore être au niveau ?
06:26Est-ce qu'il a encore la technique ?
06:27Est-ce qu'il a encore la plume ?
06:28Et bon, l'album, il est sorti.
06:30Donc là, les gens, on peut se rendre compte que oui,
06:31et que t'es vraiment en forme, justement.
06:34Comment tu te...
06:34Comment tu restes, tu sais, pertinent à travers les années ?
06:38Est-ce que c'est toi que t'as toujours continué à rapper ?
06:40Est-ce que t'écoutes beaucoup de choses ?
06:41Justement, parce que moi, je trouve que quand on écoute ce disque-là,
06:43si on parle de technique, si on parle de flow, si on parle d'écriture,
06:48enfin, rien n'a changé.
06:49Ou même, t'as des nouveaux skills, en fait, par rapport à avant.
06:52Donc, comment t'arrives à ce niveau-là ?
06:55Bah t'arrives normalement, t'as vu.
06:56Je pense être un passionné.
06:59Donc, je suis à l'affût de tout ce qui peut se faire.
07:02Il y a pas mal de temps qu'on est là à pister tout ce qui se fait.
07:07Et puis, on est friands de tout ça.
07:09Que ce soit une nouvelle technique.
07:10Il y a l'arrivée de l'autotune aussi.
07:12Il y a les nouveaux jouets.
07:14Bien sûr.
07:15Donc, en tant que passionné, j'aime bien jouer avec.
07:18On va tester.
07:19Et puis...
07:20Donc voilà, la forme, tu la gardes en pratiquant.
07:22C'est comme un sport, quoi.
07:24Exactement.
07:25T'es là, t'observes, t'écoutes.
07:27T'es à l'affût.
07:29Puis, tu te dis pourquoi pas.
07:31Mais là, on s'enferme aussi.
07:33C'est comme ça que tu découvres...
07:34Enfin, ça fait quelques années qu'il y a maintenant.
07:36Mais comme Ziak, qui est sur l'album.
07:37C'est que tu l'écoutes et tu te prends une claque aussi.
07:41Tu te dis, j'ai envie de rapper avec un mec comme ça.
07:43Ouais, c'est chaud.
07:43Ziak, quand il est arrivé, c'était chaud.
07:45Son flow, ses thématiques.
07:47C'était vraiment chaud.
07:48C'était vraiment frais, tu sais, quand c'est arrivé.
07:52Alors, c'est sûr, ça donne envie, tu sais.
07:53Mais même pour lui, je sais pas, parce que sur l'album, il y a Soprano, c'est Marseille.
07:58Joule, Normal, c'est ton gars.
08:00Mais Ziak, ça peut être un peu plus surprenant.
08:01Donc, finalement, c'est la seule collaboration qui est un peu hors de ton environnement proche, on va dire.
08:07Donc, même pour toi, ça veut dire quelque chose quand même de l'inviter.
08:10C'est lui plutôt qu'un autre, sur cet album-là.
08:12Ouais.
08:12Après, on s'est vu, tu sais.
08:14On s'est vu, on a discuté.
08:16Et maintenant, par là, le feeling est passé tout de suite, tu sais.
08:19Ok.
08:20C'est un gars comme moi.
08:21Je suis comme lui.
08:23C'est cool.
08:26On a beaucoup parlé sur ton premier album, mode de vie, tu sais, de Béton Style, des productions parfois qui
08:31pouvaient sonner un peu années 80 électroniques.
08:32Et tu retrouves ça sur plusieurs morceaux de cet album-là.
08:35Il y a un morceau qui est clairement, enfin, c'est quand même, c'est un morceau, 1984.
08:40Et on en parlait un petit peu en antenne.
08:41Tu parlais des influences, pardon, de Giorgio Moroderre qui faisait la BO de Scarface, par exemple.
08:45Scarface, c'est un film où tu as toujours cité et que tu cites encore sur ce disque-là.
08:50Est-ce que c'est ce film-là qui t'a amené vers ces inspirations musicales ?
08:57Euh...
08:57Oui.
08:58Ouais.
08:59C'est sûr.
09:00La BO de ce film, elle t'a marqué, en fait.
09:01C'est sûr, c'est sûr.
09:03Alors, je l'ai samplé, je l'ai resamplé, resamplé.
09:06C'est à toutes les sauces.
09:07Qu'est-ce qui fait que ce film-là, il est pour toi aussi marquant, même encore aujourd'hui.
09:12Enfin, il est marquant pour beaucoup de gens.
09:13Mais, même sur cet album-là, tu le cites encore, quoi.
09:16Ouais.
09:16Après, c'est le film de ma génération.
09:19Ouais.
09:20Il nous a marqués.
09:22Pas tant pour le côté gangste, mais plus pour les trajectoires.
09:27Tu vois, partir de rien, atteindre les sommets.
09:30Ouais.
09:31La vie de rêve à une chute inévitable.
09:34C'est des choses qu'on vivait, aussi.
09:38Est-ce qu'aujourd'hui, avec le recul, Tony, tu l'aimes bien ou pas ?
09:41Le personnage, donc, de Tony Montana.
09:43Oh, fuck Tony !
09:45C'est ce que tu dis, d'ailleurs.
09:46Ouais, bien sûr, bien sûr.
09:47Ouais.
09:48Après, on était là, on aimait bien le délire.
09:50Mais, tu vois, avec le recul…
09:53Comment je pourrais dire ça ?
09:56Aucun avenir dans le crime.
09:58C'est une réalité.
09:59C'est des choses qui t'ont fait rêver, peut-être, quand t'es plus jeune.
10:02Effectivement, après, tu te rends compte aussi que…
10:04Même si…
10:05Bon, on voit qu'il veut pas toucher aux femmes et aux enfants, quand même.
10:07Il est pas complètement mauvais.
10:09Mais, voilà, tu te rends compte des défauts de ce personnage-là aussi.
10:12Et des vices, aussi.
10:13Après, tu sais…
10:16Une fois que tu veux le pouvoir, il n'y a plus de limites.
10:19Ouais.
10:20Il n'y a plus de limites.
10:20Et c'est ça, en fait.
10:23On boucle avec toi.
10:24T'as voulu te protéger, toi, de ça.
10:25Parce que t'aurais pu peut-être sortir un deuxième album très vite.
10:28Faire certains morceaux, certaines collaborations.
10:31Faire des morceaux pour les radios, à l'époque.
10:32T'aurais pu.
10:34Et certains l'ont fait.
10:35Et ça a donné des bons albums, par ailleurs.
10:37Toi, c'est comme si t'avais voulu te protéger d'un succès trop grand.
10:42Peut-être.
10:43Ouais.
10:43Peut-être.
10:44Mais, c'était pas réfléchi.
10:46Ouais, ouais, ok.
10:46C'était pas réfléchi.
10:47J'étais là.
10:48J'aimais faire de la musique, plus.
10:49Après, tout ce qui est côté business, autour, tout ça, c'est pas trop mon délire.
10:55Ouais.
10:55Tu t'es jamais trop intéressé à ça.
10:56Non.
10:57Comment tu prends l'expression roi sans couronne, tu sais ?
10:59On dit beaucoup ça, les rois sans couronne du rap français.
11:02Pour parler d'artistes qui sont trop forts, mais qui ont peut-être pas eu le succès.
11:05Souvent, on parle de Nesbill, on parle de Salif, on parle de toi.
11:08Est-ce que ça te fait plaisir ?
11:09Au contraire, c'est quelque chose que tu rejettes cette expression-là.
11:13Non, je prends comme ça bien.
11:14Ça fait plaisir.
11:15Tu vois, après, ça me monte pas à la tête non plus.
11:18Tu vois, il y a pas mal de rois sans couronne, tu vois, dans le rap.
11:23Il y en aura encore.
11:25C'est flatteur.
11:27Je le remercie.
11:28Tu veux pas de couronne, toi ?
11:30Non, pas besoin de couronne.
11:32Non, pas besoin de couronne.
11:34Tu vois, chaque génération apporte sa pierre à l'édifice, tu vois.
11:41Il y a pas mal de numéro un à chaque génération.
11:43Tu vois, c'est compliqué.
11:45Ouais, donc ça n'a pas vraiment de sens pour toi de se battre pour ça en fait, pour un
11:48truc de numéro un.
11:49Quand on fait de la musique, c'est pas ce que tu recherches.
11:51Alors, tu sais, tu te bats pour être le meilleur, mais sans te prendre pour le meilleur.
11:56Voilà, on va dire ça comme ça.
11:57Très bien.
11:58Je pense qu'on écoute un morceau.
12:00C'était le premier extrait de l'album Magma, c'est le morceau éponyme.
12:03On écoute ça à Magma et puis juste après, on continue à parler avec le Raluciano de ta carrière, de
12:08plein de morceaux emblématiques.
12:09On en parle juste après ça.
13:01Sous-titrage Société Radio-Canada
13:30Sous-titrage Société Radio-Canada
13:38C'est donc un morceau de notre invité ce soir, Laura Luciano, avec le morceau Magma, extrait de son album
13:43éponyme.
13:44France Inter, Mehdi Maizy, à la régulière.
13:51Alors Laura, merci encore d'être là.
13:53Je suis trop content que tu sois là.
13:54Je te remercie.
13:55Et dans l'introduction, j'ai dit qu'on recevait une légende du rap français.
13:57Évidemment, c'est pas toi qui va le dire.
13:59Je sais que c'est pas toi qui va dire ça, mais je suis pas le seul à le dire.
14:02Et t'as été énormément cité dans le rap français.
14:05Et je voulais juste qu'on écoute quelques extraits.
14:07Par exemple, t'as été cité par Niro sur le morceau Ara.
14:21Également cité par Benjamin Meb sur ce morceau avec Guinness.
14:32Sadek, à l'époque, sur Banlieue.
14:41Par le génial rappeur belge Isha.
14:45Je suis à l'aise en studio comme le rat Luciano.
14:47J'en allume une autre si j'écrase une garrot.
14:50Ou c'est vrai, je suis bien fou.
14:51Évidemment, Joule t'a cité aussi.
14:53Je fais ça pour la team.
14:54Et tu crois qu'on dort, ça fait cracher le piano.
14:57Et dans la voiture, j'écoute du rat Luciano.
14:58Je taffre trop, on me dit, va bien au piano.
15:00J'occaille tout ça.
15:01Gizmo sur le morceau Ono.
15:12Et évidemment, Booba sur le morceau comme une étoile.
15:22C'est une sélection non exhaustive.
15:25J'aurais pu en mettre beaucoup d'autres.
15:28Comment tu vis ça, le fait d'être cité par tes pères de générations différentes en plus ?
15:32Ne serait-ce qu'avec les quelques rappeurs que j'ai mis,
15:35on parle de personnes qui sont de ta génération,
15:37mais aussi de gens beaucoup plus jeunes.
15:39Comment tu vis ça ?
15:41C'est super flatteur.
15:44C'est une forme de reconnaissance.
15:47Evidemment.
15:50C'est fort, je prends ça avec retenue, tranquille.
15:54Ce statut, tu sais, quand on parle de rappeurs légendaires ou mythiques,
15:57ça te fait plaisir ou c'est quelque chose qui te fait un peu peur ?
16:00Un peu loin de toi, en fait.
16:04Un petit peu loin de moi.
16:07J'étais là dans les tunnels du game, mais je n'ai pas fait tant que ça non plus.
16:12Je n'étais pas là à sortir les projets comme pas mal de monde.
16:18Non, c'est dérangeant un peu.
16:19Ah ouais, dérangeant ?
16:20Ça te dérange un peu.
16:21Ça te met mal à l'aise, tu veux dire ?
16:22Par moments.
16:25Parce que c'est trop ?
16:25Tu as l'impression qu'on en fait trop par rapport à ce que toi tu as fait ?
16:30Peut-être que c'est trop.
16:32Mais après, c'est aussi parce que ce que vous avez fait, ce que tu as fait en solo ou
16:35en groupe, ça a marqué des gens.
16:37Tu vois ?
16:38C'est cool.
16:39Je prends comme ça, je ne me pose pas tant de questions.
16:41Oui, bien sûr.
16:42Alors à l'époque, en tout cas sur le premier album, dans la FF, si Dieu veut, il y a
16:46quelques gros morceaux de son, notamment le classique sans rémission.
17:02Est-ce que tu te souviens dans quel état d'esprit vous étiez quand vous avez fait cet album ?
17:06Ah, quand on a fait cet album ?
17:09Ouais, on était dans un état d'esprit décorché vif.
17:13Ouais.
17:13Tu sais.
17:14On apprenait le métier en même temps qu'on faisait l'album.
17:19Bien sûr.
17:20Tu vois, après c'était beaucoup d'énergie, beaucoup de spontanéité.
17:24Pas trop de calculs.
17:26Tu vois, c'était tout droit sans freiner.
17:28Est-ce que vous, comment dire, vous réfléchissiez au fait de faire un album ?
17:33Ou juste vous faisiez des morceaux, puis à la fin vous aviez...
17:37Parce que l'album il est mortel, il se tient bien du début à la fin.
17:41Mais effectivement vous avez une énergie un peu de...
17:43Comment dire, vous avez l'air un peu foufou à l'époque.
17:46Est-ce que vous conceviez un album ou vous étiez juste en studio comme ça et puis sans vraiment réfléchir
17:51?
17:51Non, non, non, c'était l'idée de faire un album.
17:52Plus au départ on faisait des morceaux pour faire des morceaux et partir sur les routes pour faire des concerts.
17:57Mais c'est ça la volonté au départ.
17:58Voilà, au départ c'est ça le délire.
18:02Et par la suite il y a une proposition qui arrive et ça nous pousse à faire un album.
18:09Le fait d'avoir d'autres groupes aussi à l'époque, pour moi vous êtes dans la génération avec les
18:14X-Men, avec Arsonic.
18:17Est-ce qu'il y avait une forme d'émulation aussi entre vous ?
18:20Pas forcément de compétition mais en tout cas d'énergie collective.
18:23J'ai l'impression qu'il y avait vraiment cette nouvelle génération, mais les sages-poettes de la rue qui
18:26sortent un album un peu avant mais qui sont de votre génération globalement.
18:29Comme si vous arriviez avec plein de nouvelles techniques, une nouvelle envie aussi de rapper par rapport aux générations juste
18:35d'avant.
18:36Alors les sages-poettes aussi, je considère qu'ils sont un peu...
18:39Ils sont un peu avant, t'as raison.
18:40C'est comme des grands frères.
18:4295 albums, t'as raison.
18:43C'était la violence à l'époque, l'équipe.
18:47Vraiment c'était chaud, ils nous ont inspiré aussi.
18:54Mais sur cette nouvelle génération à l'époque, tu sais, vous, les X-Men...
18:59Alors c'était exceptionnel.
19:01Déjà c'était exceptionnel parce que les X c'était vraiment du haut niveau.
19:06Pareil pour Oxmo, Lunatic.
19:08Time Bomb en fait.
19:09Ouais, Time Bomb, c'était chaud, chaud, chaud.
19:11Et puis fuiter ensemble tout ça et tout, ça nous élevait autant les uns que les autres, tu vois.
19:17Même toi sur ton album de solo, t'avais invité, enfin c'était fréquent.
19:21Ouais, ouais parce qu'on se voyait, on se voyait.
19:23On se voyait souvent, tu vois, même dans autre contexte que la musique.
19:29Donc ça a créé pas mal de choses entre nous.
19:31Alonso une fois me disait que son feed préféré dans le rap français c'était FFX-Men.
19:38Parce qu'il y avait notamment le rat et il sur le même morceau, tu vois.
19:42C'est des choses qui ont marqué.
19:44Le vrai Luciano était avec nous jusqu'à 23h.
20:12C'est un classique du rap français aussi.
20:14C'est le morceau Rien à perdre avec Akhenaton.
20:17Quel rôle Ayam et Akhenaton ont joué pour vous ?
20:20Parce que je sais que notamment, je crois que sur l'enregistrement de Mettekemat d'Akenaton, vous étiez là.
20:25Il me semble en tout cas dans les studios que vous avez fait aussi le morceau Bad Boys de Marseille
20:29à l'époque.
20:30Un peu une première carte de visite pour le groupe parce que c'est un morceau qui marche beaucoup.
20:34Quel rôle ils ont joué pour vous ?
20:37Ayam c'est comme des grands frères. Vraiment c'est comme des grands frères.
20:43Et j'avais une relation spéciale avec AKH aussi. C'est peut-être un grand frère que je n'avais
20:50pas eu à l'époque.
20:52Il était là et il m'expliquait un petit peu comment ça se passait.
20:56Et puis il m'a beaucoup inspiré aussi AKH.
20:59Je me souviens qu'à l'époque on saignait les petites mixtapes qui sortaient et tout ça.
21:06C'était quelque chose.
21:07Toi quand tu commences, tu dis AKH tu as pu t'inspirer.
21:11C'était quoi quand tu es vraiment gamin, les premiers rappeurs américains, français, qui t'ont inspiré et que tu
21:17as vraiment aimé ?
21:18Pour être eux, les premiers rappeurs c'est Ayam et Intem. Vraiment.
21:23C'est les deux groupes de toute façon.
21:25C'était fort, c'était fort.
21:27Et chez les Ricains c'était Public Enemy.
21:32C'était fou, je ne comprenais pas spécialement mais je ressentais l'énergie.
21:38Mais tu vois c'est intéressant ce que Public Enemy, moi je suis une génération un peu après donc j
21:42'ai toujours eu un peu de mal à capter Public Enemy.
21:45Il y a des morceaux que je trouve mortels mais je pense que quand tu ne l'as pas vécu,
21:48il y a un truc qui te manque.
21:50Moi je trouve en tout cas parce que tu sais j'ai un peu de mal à réécouter les albums
21:53parce que c'est vraiment une autre époque.
21:55Mais tu sais je trouve que Public Enemy effectivement il y a l'énergie, il y a les messages.
21:59Mais toi tu as ça dans ta musique mais il y a aussi la partie, tu sais, les flows, la
22:02technique.
22:03Est-ce qu'il y a des artistes qui ont pu t'inspirer sur cette partie-là un peu plus,
22:07tu sais, la manière de faire rebondir les rimes etc.
22:10Alors à l'époque on va parler de Mob Deep.
22:12Ouais bien sûr.
22:13Mob Deep c'était fort, quand ils sont arrivés c'était super inspirant.
22:17Super inspirant.
22:18Prodigy notamment évidemment.
22:20Oui bien sûr.
22:21C'est vrai que ça a beaucoup influencé le rap français à cette époque-là.
22:25Tout à fait.
22:26Que ce soit nasse aussi, c'était fort nasse.
22:29Bien sûr.
22:30T'écoutais que du rap new-yorkais ou le rap californien ou du sud pouvait t'intéresser ou tu étais
22:36vraiment très new-yorkais à l'époque ?
22:38De temps en temps mais j'étais vachement new-yorkais quand même.
22:41Mais ça c'est drôle parce que moi je trouve Marseille, moi j'habitais pas à Marseille, il y avait,
22:45on se disait le soleil etc.
22:47Et en fait vous aviez quand même quelque chose d'assez new-yorkais.
22:50Et je trouve que Jul il a réussi lui quand même à ramener quelque chose de peut-être plus…
22:53Même s'il a cette mélancolie très méditerranéenne bien sûr dont il rap très bien.
22:57Mais il a ramené quand même quelque chose de très ensoleillé dans la ville.
23:00Alors ouais c'est de par les prods, de par la dynamique qu'il a mis dans ses prods je
23:04pense.
23:06Et non à l'époque c'était autrement, c'était vachement froid, vachement tu vois des prods vachement qui transpercent,
23:14lourdes tu vois.
23:18Ça devait être dur pour certaines personnes même d'écouter tu vois.
23:21Mais c'était comme ça que ça se faisait.
23:23Je viens de mentionner Jul il est sur album bien sûr, vous avez fait beaucoup de morceaux ensemble ces dernières
23:28années.
23:28Tu es souvent invité sur ces albums quand tu n'es pas cité sur ces disques.
23:32Quelle relation vous avez avec Jul ?
23:34Parce que vous êtes vraiment de deux écoles différentes et c'est vrai que toi tu fais partie aussi des
23:37rappeurs qu'il a toujours cité comme influence.
23:40Il ne s'en est jamais caché.
23:43Qu'est-ce que ça t'a fait quand tu as commencé à être cité comme ça par Jul ?
23:47Par le gire, ça fait toujours plaisir.
23:51Après ça remonte à loin tu vois quand même.
23:55C'était une première fois qu'il m'avait invité sur son album, connexion par rapport à des grands frères
24:02tout ça et tout.
24:03Puis j'ai accroché tu vois.
24:05C'était comme un petit frère le J et puis ça me ressemblait tu vois ce qu'il faisait.
24:09Ça me rappelait moi un petit peu plus jeune.
24:11T'as retrouvé ça ?
24:13Ouais dans l'énergie, le côté spontané chez lui.
24:19Et ça me parlait, ça me ressemblait.
24:21Puis on est là toujours pour aider à pousser.
24:24Ouais.
24:24Est-ce que quand tu découvres sa musique au départ tu aurais pu imaginer que ça deviendrait ce que c
24:29'est devenu Jul ?
24:31Non.
24:32Non ouais.
24:33Non pas du tout.
24:33Après il est arrivé avec une vraie énergie, un vrai talent, un vrai concept, son truc à lui.
24:41Tu vois limite aujourd'hui il y a des prods type Jul.
24:45On appelle ça comme ça absolument ouais.
24:47Tu vois le mec il a marqué son époque.
24:49Ouais.
24:50On respecte.
24:50Et on retrouve même des gens qui font du rap à la Jul dans d'autres pays.
24:54Tout à fait.
24:55Tu vois je pense à Mourad qui est espagnol, qui est très fort par ailleurs, qui a beaucoup de talent.
24:58Et lui-même dit qu'il est influencé par Jul quoi.
25:02Par l'énergie ouais ouais.
25:03J'ai en discuté avec lui justement.
25:06Je lui ai dit c'est fort ce que tu as réussi à faire tu vois au niveau international tout
25:09ça et tout.
25:10Ouais ouais.
25:10C'est chaud.
25:11C'est important pour toi de l'avoir sur cet album de retour ?
25:13Ah bien sûr.
25:14Ouais.
25:14Bien sûr.
25:15C'est au même titre que Soprano.
25:18Tu vois c'est humainement parlant.
25:22Ouais.
25:22C'est un gros feeling entre nous.
25:23Et Soprano c'est les psychiatres qui mettent la génération un tout petit peu après vous.
25:28À Marseille.
25:28Ouais c'est ça.
25:29Et là aussi pareil c'est avec lui tu as une relation de longue date avec Sopra.
25:34C'était important qu'il soit là.
25:35Ouais ouais.
25:35Ça fait longtemps qu'on se connaît.
25:36Ça fait longtemps qu'on fuite ensemble.
25:39Et comme je le dis humainement parlant et pour représenter Marseille qui est mieux
25:43que lui à l'EG.
25:44Ouais ouais.
25:45Tu as un morceau autour de, enfin tu parles beaucoup de Marseille.
25:49Il y a un morceau qui est consacré à Marseille sur l'album.
25:52Toi tu es toujours aussi attaché à cette ville évidemment.
25:55Tu représentes cette ville.
25:57Moi le nombre de…
25:58J'ai l'impression que moi à Marseille il y a Zidane et le Raluciano.
26:00Voilà.
26:01Dans les vies.
26:02Et Jul aussi.
26:03Bien sûr maintenant.
26:04Mais tu es vraiment très important que tu es attaché à ça.
26:06Est-ce que tu te vois…
26:07Je ne sais pas où…
26:07Est-ce que tu y vis encore aujourd'hui.
26:08Mais est-ce que tu te vois un jour quitter cette ville où elle est vraiment attachée
26:12à toi pour toujours ?
26:14Non.
26:14Je suis super attaché à elle.
26:17Depuis toujours.
26:19Je ne sais pas quand tu es à Marseille.
26:21Je ne sais pas comment ça se passe ailleurs mais…
26:24Tu vois, tu es aimanté par la ville quoi qu'il arrive.
26:26Peu importe où tu vas, tu es super aimanté.
26:28Oui, je vis encore à Marseille.
26:29Ouais ouais.
26:30Seul Dieu sait si j'y vivrai encore mais…
26:32Mais tu es toujours bien.
26:34On sent que c'est vraiment…
26:35Enfin c'est chez toi quoi.
26:36Tu te vois…
26:37C'est chez moi.
26:38C'est mon pays Marseille.
26:40Ça va plus loin.
26:41C'est mon monde.
26:42Tu vois.
26:44Je propose du coup parce qu'on parle de Marseille.
26:46Il y a quelques disques très importants dans l'histoire du rap marseillais.
26:50Il y a beaucoup même.
26:51Parce que c'est une ville qui…
26:54Vraiment c'est des places très fortes du rap francophone en France évidemment.
26:59Il y a un album qui est sorti en octobre 2000 je crois, mode de vie béton style.
27:03Je crois que c'est ça.
27:03Je crois que c'est fin octobre 2000 je crois.
27:06Et je voulais qu'on se fasse un petit kiff et qu'on écoute un morceau sur cet album.
27:09C'est le morceau « Il est fou ce monde ».
27:11Est-ce que ça te va ?
27:12Oui c'est cool.
27:13J'adore ce morceau.
27:13On écoute ça.
27:14L'Horail Luciano « Il est fou ce monde » dans La Régulière.
27:29Je suis tout présent de ses bons signes.
27:30Quand y'a rien de prévu au programme, je donne mon point de vue.
27:32Après avoir fumé trop de grammes, je parle de vie et de point de rue.
27:34Et depuis le début j'en rêve l'ami.
27:36Impression de purger une détention à vie.
27:38Et encore à vie.
27:38Encore envie de faire mieux dans le futur.
27:40En reste en nature.
27:41Et juste je mets le feu.
27:42Y'a plus qu'à prendre la température.
27:43Je suis sur le rythme.
27:44Resperre ton réalisme.
27:45Sur la zic.
27:46Faut pas que ça danse mais que ce soit du vandalisme.
27:48Peut-être bon pour l'asile.
27:49Les filles vont dire il est fou ce mom.
27:50Mais votre mère c'est elle que tous les soirs.
27:52Je viens chez vous par la voix des ondes bien sûr.
27:54Et j'aime beaucoup libérer mon cœur.
27:55Je garde la rue comme espoir et je me tienne bout.
27:58C'est le monde qu'on appelle Looch.
27:59Le monde qu'on connaît à peine.
28:01On dit qu'il est fou ce mom.
28:02Je m'en rends par contre merde.
28:03Normal il est fou ce mom.
28:04Et je sais ce que je raconte frère.
28:05Y'a du mouvement dans l'ombre.
28:07Tout son est dans l'ongle.
28:07Chez où personne est dans l'or.
28:08Je mets du move dans l'onde.
28:10On dit qu'il est fou ce mom.
28:11Je m'en rends par contre merde.
28:12Normal il est fou ce mom.
28:13Et c'est ce que je raconte frère.
28:14Y'a du mouvement dans l'ongle.
28:15Tout son est dans l'ongle.
28:16Chez où personne est dans l'or.
28:18Je mets du move dans l'onde et après.
28:28Même étant seul avec mes pensées.
28:29Je suis plus que méfiant.
28:30Je stresse comme si j'avais sur moi un kilo de stupéfiant.
28:32La pression envahit le corps.
28:34Tout va bien mon cul.
28:35Avec les causes on est d'abord.
28:36On ne compte pas s'avouer vaincu au bout d'une corde.
28:38Quand je suis seul je résume en quelques mots.
28:40Y'en a plein comme moi.
28:41Les gars qui rappent c'est pas ce qu'il manque.
28:42Y'a du move dans l'onde et dans l'ombre.
28:44Personne n'est dans l'or.
28:45Tout son est dans l'ongle.
28:46Sinon rien à faire.
28:47Les mecs merde c'est dead.
28:48On se dit c'est quand qu'on a un caisse.
28:49Et roule en mercedes.
28:50Toujours y'a les moyens de payer aux parents leur propre maison.
28:53On volte nos propres ailes.
28:54Gapes nos propres raisons.
28:55Représente nos propres zones.
28:57Entre autres.
28:57Donne-nous à la glorie à une trotte.
28:58Quand tu veux tu peux et sans trahir l'un des nôtres.
29:01J'aime ma vie.
29:01Les bouts de stylo à n'est à l'origine.
29:03Un seul regret est l'absence de ma vie.
29:04A l'heure où j'ai écrit ce texte.
29:05J'étais à sec sans rien.
29:07Tomber les bières plus secs.
29:08Trinquant nos vits de chiens.
29:09Si c'est l'outch man.
29:11On est fou comme vous.
29:13On dit qu'il est fou ce monde.
29:14J'm'en rends pas compte merde.
29:15Normal il est fou ce monde.
29:16Et j'sais c'que j'raconte frère.
29:17Y'a du mouvement dans l'ombre.
29:18Tous on est dans l'ongle.
29:19J'ai mis personne n'est dans l'or.
29:20J'mets du move dans l'onde et après.
29:22On dit qu'il est fou ce monde.
29:23J'm'en rends pas compte merde.
29:24Normal il est fou ce monde.
29:25Et j'sais c'que j'raconte frère.
29:26Y'a du mouvement dans l'ombre.
29:27Tous on est dans l'ongle.
29:28Chez nous personne n'est dans l'or.
29:29J'mets du move dans l'onde et après.
29:39Les vieux vont dire il est fou ce monde.
29:41Mais les rimes restent réelles.
29:42Plutôt que les snobs.
29:43J'préfère les gars des ruelles.
29:44Il est fou ce monde.
29:45Dans ce cas j'fais le truc à la foule.
29:47Dans ce gars dans peu de temps j'mets le poids à la foule.
29:49Avec prudence.
29:50Ils trouvent insensés.
29:51Tant que les gens de la rue dansent.
29:52Ils peuvent offenser.
29:53Toujours le même qu'avant.
29:55Celui qui était dans l'ombre.
29:56L'autre château.
29:57Celui qui est allé dans l'ombre.
29:58Au coin on en est.
29:59On prend pas en fric ou en année.
30:00J'vais voir les parents en place avant d'être condamné.
30:02J'vois le mal partout comme les flics.
30:04Autant qu'un gros bonnet.
30:05Un trafiquant ou alors un fabricant de fausses monnaies.
30:07On reste ce qu'on est.
30:08De simples jeunes.
30:09Le manège on le connaît.
30:11Et s'il faut le pire on le promet.
30:13Ne me dis pas que j'suis en train de déconner frérot.
30:15On dit qu'il est fou ce monde.
30:17J'me rends pas compte merde.
30:18Normal il est fou ce monde.
30:19Et c'est c'que j'raconte frère.
30:20Y'a du mouvement dans l'ombre.
30:21Tout son est dans l'ombre.
30:22Chez nous personne est dans l'or.
30:23J'mets du move dans l'ombre.
30:24On dit qu'il est fou ce monde.
30:26J'me rends pas compte merde.
30:27Normal il est fou ce monde.
30:28Et c'est c'que j'raconte frère.
30:29Y'a du mouvement dans l'ombre.
30:30Tout son est dans l'ombre.
30:31Chez nous personne est dans l'or.
30:32J'mets du move dans l'ombre.
30:33Et cette vidéo, elle revient les amis.
30:34Et la vidéo, les amis, progressions dans l'ombre.
30:35N'ayant pas !
30:35Les amis, c'est que je vois ce monde.
30:43Et les amis, c'est que je regarde, maintenant.
30:57on n'a pas nella journée.
31:16Il est fou ce monde, morceau, donc extrait du tout premier album solo, notre invité ce soir, le Ralu Chano.
31:24France Inter, Mehdi Maizy, à la régulière.
31:41France Inter, Mehdi Maizy, à la régulière.
32:02France Inter, Mehdi Maizy, à la régulière.
32:31Est-ce que des fois il y avait une forme de compétition mais saine où tu disais là il faut
32:34vraiment que je sois chaud là ?
32:36Ah oui c'est chaud quand tu affrontes, il, casse, c'est chaud, il faut être là, tu sais qu
32:45'il faut être là, il va falloir être là.
32:47C'est comme un match en fait, il y a un truc un peu de sportif aussi là de se
32:50dire...
32:50C'est l'arène quoi, tu vois et il faut être là après tu vois avec tes forces, ton vécu,
32:57ce que tu as à dire tu vois et tout va bien se passer.
33:01Parce que moi ce qui m'a toujours aussi un peu marqué chez toi c'est que tu peux faire
33:05de l'ego trip mais c'est pas vraiment le coeur de ton texte.
33:08En fait tu peux dire que t'es fort évidemment c'est une discipline dans le rap mais c'est
33:12toujours je trouve que même dans les collaborations tu sais avec des rappeurs très très cotés,
33:18t'arrives toujours avec effectivement ce que tu viens de dire avec ton message en fait.
33:21Bien sûr des fois tu peux avoir un peu d'ego trip mais t'as jamais, t'as jamais je
33:25trouve, enfin j'ai pas le souvenir où il y a un couplet de toi où t'es juste là
33:27pour dire que t'es le meilleur rappeur du monde.
33:30Non bah c'est pas l'idée de le dire, tu vois au pire, tu vois c'est de le
33:36montrer.
33:37Ouais.
33:38Tu vois mais non c'était ça le délire, les gars ils sont forts, tu vois ils ont des trucs
33:44à dire, nous aussi et c'est tout on va pas à la guerre sans armes donc on prépare quelques
33:50punchs quand même et puis en chemin on voit comment ça se passe.
33:52Donc c'était quand même un peu une guerre.
33:56Ouais.
33:57Mais sans blesser quoi.
33:58Vier un nom déclaré.
34:00On a parlé du premier album de la Funky Family, il y a évidemment en 2001, il y a l
34:04'album Harderue avec notamment ce morceau Mystère et Suspense.
34:06Conscient qu'on y reste tous, je vais là où la vie me mène, là où mes pieds me traînent,
34:10je viens de là où les chants disent tous s'emmerder le système, croire en l'argent sans pouvoir le
34:14respect qu'ils dégagent, puis j'ai leur force dans l'amour, la haine, la peine ou la rage.
34:37C'est un morceau classique et Harderue a aussi été couronné de succès.
34:42Quand vous faites un premier album, comme Si Dieu veut, qui marche, avec un vrai album de rap et tout
34:48et qui marche, vous êtes dans quel état d'esprit avant de faire Harderue ?
34:51Est-ce que vous avez la pression ou vous dites bon ben le premier il a marché, il faut que
34:55le deuxième il cartonne aussi ? Comment vous êtes à cette époque-là ?
34:58Alors peut-être que certains pensaient comme ça, c'était pas mon cas.
35:02C'était pas mon cas, moi je sortais de mon album solo, d'une autre expérience, d'un autre entraînement,
35:10tu vois limite j'ai l'impression que mon album solo ça a été le trampin pour bien réaliser Harderue.
35:19Pour toi tu veux dire ou pour tout le monde ? Ouais pour moi, pour moi, personnellement.
35:23Qu'est-ce que ça t'a apporté cet album solo à l'époque ?
35:25Ben j'avais gagné, j'ai vachement gagné en bagage lyrical, en flow et il y avait certaines erreurs, donc
35:39un pas que je voulais pas recommettre sur Harderue.
35:43Mais je suis arrivé costaud quand même sur Harderue. J'ai été boosté limite, j'ai fait trois morceaux à
35:51la fin de mon album solo, limite j'avais l'impression qu'il commençait maintenant l'album.
35:56C'est pour ça que je dis que limite ça a été un tremplin pour faire Harderue.
36:01Est-ce que tu as le sentiment que là au moment de la sortie de Magma, c'est là où
36:04tu es le plus fort ?
36:07Je pense.
36:09Et c'est intéressant parce que tu sais, c'est Aketo, Sniper que je salue, qui disait, en fait, parfois
36:15tu sais on a le sentiment que le rap, on peut dire ça que c'est un truc de jeune,
36:18tu sais, que le prime c'est quand t'as sur ton premier album.
36:21Et lui il expliquait mais je suis pas d'accord parce qu'en fait c'est comme le sport, tu
36:24travailles tout le temps, en fait quand tu pratiques une discipline toute ta vie, normalement t'es censé être meilleur
36:28au bout de 20 ans ou 30 ans ou même 10 ans d'expertise et de pratique qu'au tout
36:34début en fait.
36:35Alors tout à fait, tout à fait, après tout dépend comment tu prends la musique et comment tu prends la
36:40discipline.
36:41Tu vois, je pense qu'il y a beaucoup de travail, beaucoup d'heures d'abnégation, tu vois, beaucoup de
36:46morceaux que tu fais juste pour te perfectionner.
36:51Limite j'ai pu faire des 10 morceaux, je pense qu'on m'a préparé pour faire un certain feat.
36:57Ok.
36:58Tu vois, enfin je l'ai ressenti une fois que j'avais fait le feat, je me suis dit ah
37:03ouais, toutes les techniques, tout ce que j'ai expérimenté, ça m'a rendu compte, je l'ai renvoyé dans
37:08le feat en fait.
37:09Et je pense que ça s'est passé pas mal de fois comme ça.
37:12Ouais, donc c'est oui, un simple morceau, parfois un morceau anodin, en fait c'est là où c'est
37:16parfois des moments où tu vas apprendre des choses, tu vas perfectionner des choses.
37:19Tout à fait.
37:19Ok.
37:20Laura Luciano est avec nous jusqu'à 23h.
37:31Je suis avec nous parce que tu viens de sortir un nouvel album Magma, qu'est-ce que ça te
37:35fait de dire j'ai un nouvel album là ?
37:38C'est bizarre ou c'est ok pour toi ? Moi je trouve ça bizarre, je suis content mais je
37:42trouve ça bizarre un peu.
37:43Non c'est ok pour moi, c'est une consécration on va dire, tu vois c'est une accumulation d
37:54'expérience et non c'est magnifique pour moi.
38:00Après je fais de la musique, je fais des morceaux, tu vois, on a réussi à en faire un projet,
38:06c'est super.
38:07Je voulais te parler de quelques collaborations marquantes que tu as faites, et notamment une que je prends toujours beaucoup
38:13de plaisir à réécouter, elle était présente sur un album du 113.
38:17Rester ce qu'on est, veiller à ce qu'on aime, se battre pour ce qu'on a donné sans
38:21reprendre, ramener la monnaie, faire sourire mama, tu connais.
38:24Tenir la baraque, les promesses, on sait le faire, user des failles du système, défier l'état sur ses terres,
38:29dépayser au milieu des nôtres, on sent bien qu'au milieu des nôtres, on sent bien qu'en vivant en
38:34dehors des normes.
38:34On favorise le fond à la forme, le bon, on se le fabrique, nous c'est comme dans le vitaux
38:39dans le parrain, tout pour la famille.
38:40Ça c'est un morceau, c'est un album de 113, où il y a 113, toi, Booba, et je
38:45vais être honnête avec toi, moi la première fois que j'entends ce morceau, je ne le comprends pas, je
38:48ne comprends pas la prod.
38:49Je me dis, je suis déçu, maintenant je trouve ça incroyable, à l'époque, parce que c'est une prod
38:54qui est quand même particulière, tu sais.
38:56Comment tu l'apprends toi, cette prod, est-ce qu'elle te semble facile, est-ce que tu es un
39:00peu comme moi à l'époque quand je l'en prends, ou au contraire pour toi c'est très naturel
39:03de rapper sur quelque chose comme ça ?
39:05Non, ce n'est pas naturel, c'est assez spécial, à la base il y a une autre prod, tout
39:11ça et tout, mais ça ne correspond pas trop, puis cette prod tombe, et apparemment tout le monde était ok.
39:19Donc je ne suis pas là pour chipoter, on est là pour faire un autre truc, peu importe le support,
39:27mais c'est vrai que c'était spécial.
39:29Ouais, c'est spécial, pour l'époque, ce n'était pas évident.
39:31C'était spécial, après les gars quand ça rappe dessus, tout ça, c'est chaud donc tu oublies la prod,
39:37tu oublies tout, il faut être là, c'est tout.
39:39Là c'était une vraie réunion de kickers aussi, vous venez pour ça quoi.
39:44Oh, ça rappait dans le studio, c'était chaud, ça rappait.
39:48J'imagine qu'il y a peut-être plein de moments comme ça où tu t'es retrouvé en studio
39:51à faire des morceaux qu'on n'entendra jamais, soit en solo, soit des collaborations, c'est sûr qu'il
39:55y en a.
39:56Alors oui, il y en a plein, après des fois tu fais des collabs avec certains artistes qui n'ont
40:04pas beaucoup de visibilité, tu vois, des fois ce n'est pas évident, mais tu vas juste pour le partage,
40:12la rencontre.
40:13Je pense que depuis le début, je suis parti faire pas mal de feats avec pas mal de monde.
40:21Je trouvais qu'il y avait une richesse que je ne pouvais pas retrouver qu'avec mon groupe ou seul.
40:28Il fallait que j'aille partager un petit peu mon art et puis voir un peu à droite, à gauche
40:33comment ça se passait et je me suis vachement futé, tu vois.
40:37Même des gens pas très connus, effectivement, comme tu dis, il y a plein de couplets que tu as parfois
40:40fait sur des albums ou des compilations et tu le faisais.
40:43L'idée, c'était de partager un moment, tu vois, après, où ça va, tout ça, peu importe.
40:50Ouais, c'est presque pas ton problème en fait.
40:52Non, c'est pas mon problème. Tu sais, si j'arrive dans le studio, il y a un problème dans
40:57le studio, on va essayer de le régler, tu sais.
40:59Même si c'est pas mon histoire, tu sais. Mais après le reste, peu importe.
41:03Autre morceau, morceau atmosphère suspecte.
41:31On entend Don Choa qui est très chaud sur ce morceau et c'est aussi un morceau sur lequel il
41:35y a Lino.
41:36Est-ce que tu te souviens un peu de l'ambiance ? D'ailleurs, c'était pour Première Classe.
41:40Ouais, ouais, c'est ça.
41:41Qui est une compilation mythique, souvent qui est citée comme une des plus grandes compilations de l'histoire du rap
41:44français.
41:45Est-ce que tu te souviens un peu de l'ambiance ? Parce que c'est aussi cool, tu parlais
41:48de...
41:49Toi, I am NTM, il y avait cette rivalité-là parfois entre Paris et Marseille.
41:53Et vous, à votre génération, il y avait beaucoup de liens justement entre la région parisienne au sens large et
42:00le sud en fait.
42:01C'est comme si vous étiez un peu libéré de cette espèce de rivalité qu'il pouvait y avoir un
42:06peu avant.
42:07Oui, pour être honnête, la rivalité, elle était dans le foot.
42:11Ouais.
42:11Tu vois, et puis on faisait la part des choses. Nous, c'était de la musique et puis, comme je
42:17le dis, on pensait de la même manière.
42:19Tu vois, partager, vivre le moment, vivre notre art pleinement, tu vois.
42:25Et puis, oui, après, quand tu te retrouves avec des gars comme Lino, tu sais qu'il va tout découper.
42:30Ouais.
42:32Donc, il faut être là, quoi.
42:33Vous avez un truc un peu similaire, moi, je trouve, toi et Lino.
42:36Dans le côté, vous êtes tous les deux partis d'un groupe mythique.
42:40Vous n'avez pas fait tant de projets que ça en solo.
42:43Mais vous avez un truc, c'est qu'il n'y a pas de mauvais couplet.
42:46Lino, il n'a pas un seul mauvais couplet.
42:48Et j'ai l'impression que toi, tu n'as pas un seul mauvais couplet.
42:50Et vous avez donné beaucoup de collaborations comme ça.
42:53Vous êtes un peu rares, mais en même temps, vous êtes là.
42:55Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire.
42:57Vous avez un parcours qui n'est pas le même, mais qui est un peu similaire quand même.
43:00Alors oui, c'est vrai.
43:02J'ai beaucoup de respect pour Lino et son art.
43:10Dernier morceau que je voulais écouter, c'est une collaboration aussi assez folle.
43:13C'est celle avec Rof et Sat, nous contre eux.
43:27C'est intéressant parce qu'il y a toujours cette production très années 81,
43:40influencé de Giorgio Moroderre.
43:41Et on retrouve ça sur l'album Magma que tu viens de sortir.
43:44Donc on sent quand même, je trouve que tu as réussi à avoir cette forme de cohérence aussi
43:47entre le premier album et le deuxième, même s'il y a plusieurs années qui les séparent.
43:51Et on sent que c'est ça aussi ta DA en fait, ta direction artistique.
43:56Alors ça fait partie de la DA et puis ça permet qu'il y ait un lien entre ce que
44:04je pouvais être et ce que je suis.
44:06Tu vois, je trouve que c'est le lien qu'il fallait, le lien musical qu'il fallait.
44:11Et en même temps, ramener ce côté actuel, je trouve que ça fait bien le lien.
44:17Moi ouais, complètement, je suis d'accord avec toi.
44:20En parlant d'actualité, je propose qu'on écoute un morceau de PLK qui a sorti un album il y
44:24a pas longtemps,
44:24qui va remplir le stade de France très prochainement.
44:26On écoute un morceau qui remplisse France Inter, c'est le morceau façon de penser.
44:43Même les plus beaux souvenirs s'effacent avec le temps.
44:46Donc je profite maintenant, gros, c'est ma façon de penser.
44:49Ce que j'ai fait pour toi t'aurais pas fait autant.
44:52Mais tranquille, c'est pour moi, c'est ma façon de penser.
44:55Comme en premier, tout le monde en attaque, on navigue en équipe, en voiture comme la BAC.
44:58Faire du cash sans m'aller, c'est la tête.
44:59Donc si tu veux qu'on vienne, mets des sous sur la table.
45:01Trop longtemps que je bédave tous les jours, je m'en a balaisé d'un coup, je suis léger.
45:04Je lui fais couler le mascara sur les joues, mais je la kiffe tellement, je pourrais même le lécher.
45:07Je veux voyager, faire le tour de la terre.
45:09J'étais honnête, j'étais tout seul à le faire.
45:11J'ai donné ma confiance et t'as tout baisé.
45:12Je suis parti, j'ai rien dit, j'ai préféré me taire.
45:14J'ai donné, j'ai donné, des fois j'ai perdu.
45:15Mets-moi un piano, rajoute des percus.
45:17Je l'ai fait de mon cœur, j'ai compris la leçon.
45:19C'est comme ça qu'on devient grand garçon.
45:21Même les plus beaux souvenirs s'effacent avec le temps.
45:25Donc je profite maintenant, gros, c'est ma façon de penser.
45:28Ce que j'ai fait pour toi, t'aurais pas fait autant.
45:31Mais tranquille, c'est pour moi, c'est ma façon de penser.
45:38C'est pour moi, c'est ma façon de penser.
46:05Dans ma tétée, c'est crypté comme la carte.
46:07C'est mal rangé comme ton premier appart.
46:08J'ai trouvé le bon, mais en vrai, c'est à perte.
46:10Je me mélange plus, je veux que rester à part.
46:11J'aime bien les clopes, mais je préfère Bereda.
46:13C'est ma coupe-moi, les gars, vous mêlez pas.
46:15Encore un peu et après, on se tire loin.
46:16Je veux changer d'air, je veux mettre les voiles.
46:18Je regarde le ciel et je sais que ça va passer.
46:19J'ai sauté dans le vide comme un Yamakasi.
46:21Regarde mon cœur, on l'a trop tabassé.
46:22Mais pour ça, y'a pas de médocs à la pharmacie.
46:24J'aurais dû t'écouter, j'ai pas cru.
46:26J'ai du mal à croire ce que j'ai pas vu.
46:27C'est le P, c'est le L, c'est la rue.
46:29Même quand je ferais peu la cul.
46:32Même les plus beaux souvenirs s'effacent avec le temps.
46:35Donc je profite maintenant, gros, c'est ma façon de penser.
46:38Ce que j'ai fait pour toi, t'aurais pas fait autant.
46:41Mais tranquille, c'est pour moi, c'est ma façon de penser.
47:07Mais tranquille, c'est pour moi, c'est ma façon de penser.
47:17PLK, façon de penser, donc morceau extrait de son dernier album.
47:24Et aujourd'hui, on est avec le Ra Luciano qui vient de sortir l'album Magma, ton deuxième
47:28album solo.
47:29Et c'est l'heure des recommandations.
47:31Et t'as envoyé un album en recommandation.
47:32C'est l'album de Wey Renoua, qui s'appelle Diamant Noir.
47:35On peut écouter un extrait du morceau Poney.
47:55T'as cité cet album-là, c'est un artiste que t'écoutais beaucoup, en tout cas qui
48:01t'a marqué quand il est arrivé ?
48:02Ouais, il m'a marqué.
48:04Et puis j'ai écouté beaucoup.
48:06Et puis le dernier album, en fait, je trouve, il est chaud.
48:13C'est vraiment chaud.
48:15Lyricalement parlant, techniquement parlant, mélodiquement parlant.
48:21C'est chaud.
48:23C'est vraiment chaud.
48:25Pour le moment, vraiment, je l'ai écouté attentivement.
48:28Vraiment.
48:31Meilleur album à faire.
48:32Rap à faire.
48:34Des albums récents, tu veux dire ?
48:36Meilleur album rap à faire.
48:38Ça allie tout.
48:39Tu vois ?
48:40C'est vrai qu'il a…
48:41Là où je te rejoins, c'est qu'il est presque aussi bon sur l'aspect…
48:46Je rap, j'écris des textes de rap, on va dire.
48:48Et sur l'aspect mélodique, en fait.
48:49C'est vrai qu'il a vraiment ça.
48:51Enfin, il avait ça, en tout cas.
48:52C'est vraiment chaud et c'est vraiment bien fait.
48:56Tu vois, c'est chaud.
48:58Vraiment, c'est chaud.
48:59Je l'ai écouté vraiment, c'est chaud.
49:01Ouais, ouais.
49:02En tout cas, ce que ça raconte aussi, au-delà du respect que t'as pour la musique de Wernwey,
49:08c'est que toi, c'est ce que tu disais tout à l'heure, c'est que tu continues à
49:10écouter ce qui se passait…
49:13C'est très important.
49:14Ouais.
49:15C'est ce qui fait que tu seras dans l'homme comme Magma aujourd'hui, en fait.
49:17Si tu veux rester connecté, il faut être là, il faut être à l'affût.
49:21Et vraiment, c'est mon côté passionné.
49:25Tu réfléchis pas, t'es là, tu pisses, tu cherches l'énergie, tu sais.
49:30J'en suis plus à l'inspire, j'en suis à me déclencher l'envie.
49:36Et tout ce qui peut me déclencher l'envie, c'est magnifique pour moi.
49:40Mais t'as une rime sur l'album comme ça, tu dis, je crois, l'inspire, elle vient du manque,
49:44pas des light.
49:44Ouais, tout à fait.
49:45Je crois que tu dis ça sur l'album.
49:47C'est ça, tout à fait.
49:48Il faut que tu te mettes dans cette situation un peu de dalle, comme tu le disais au début, pour
49:52retrouver de l'inspiration.
49:55Je te dis, c'est pas l'inspire, c'est vraiment l'envie.
49:57Ouais, l'envie.
49:58C'est vraiment l'envie et après, tu tournes la tête à gauche, à droite, t'es vite inspiré, tu
50:03sais.
50:04C'est pas l'idée, après c'est comment le formuler.
50:07C'est-à-dire qu'il y avait des mots où toi, t'avais plus envie de rapper ?
50:10Non, du tout.
50:11Du tout, j'ai toujours envie.
50:13Après, juste je déclenche des choses pour mon envie.
50:16Sur le moment, tu sais, j'en ai besoin maintenant.
50:19Il faut que quelque chose me déclenche l'histoire.
50:22Généralement, c'est de la musique.
50:24Des productions que tu peux recevoir ou des choses que tu vas écouter ?
50:27En plus, les choses que je vais écouter.
50:28Moi, c'est plus ça.
50:30Est-ce qu'il y a des choses que tu peux regarder aussi qui vont t'inspirer ?
50:32Et je pense notamment à une autre recommandation, c'est la série Power.
50:35Est-ce que ça t'inspire ?
50:37Ah oui, c'est inspirant.
50:38Amor, c'est inspirant.
50:39De par les trajectoires, les liens, les trahisons, les choix, les conséquences.
50:47C'est super inspirant.
50:49Moi, je n'ai pas regardé Power, mais il y a beaucoup de déclinaisons.
50:52Quand tu rentres là-dedans, c'est…
50:54Ah, tu rentres là-dedans, ça ne s'arrête plus.
50:56Et surtout, c'est rebondissement sur rebondissement.
50:59Donc, tu ne t'ennuies jamais.
51:01C'est pour ça que Laura Luciano a attendu 26h avant de sortir N'Homme.
51:03Il a trop regardé Power.
51:05Il a regardé toutes les séries.
51:08Ah oui, on les a matées.
51:09Mais ça, c'est une série que tu aimes bien.
51:12Ah oui, j'aime bien.
51:15Laura, c'est l'heure de la question qui tue.
51:22Rien de grave, vraiment.
51:24Je suis oublié de te poser une question que j'ai posée à beaucoup de tes pères.
51:29Tes pères P-I-R-S évidemment, rappeurs et rappeuses.
51:32Tu viens de citer Wey Renoir comme un des meilleurs albums de rap français, en tout cas récent.
51:38Historiquement, si tu devais en garder un, un album de rap français ou américain ?
51:43La question est large.
51:44Est-ce qu'il y a un disque, tu sais, comme ça, sur lequel tu reviens tout le temps ?
51:47Ça peut être quelque chose de récent, ça peut être quelque chose d'ancien.
51:50Ton disque, tu sais, pour toi, qui est soit le plus grand classique ou soit juste ton préféré ?
51:55Qui te fait du bien ?
51:57Non, le classique, c'est l'école du micro d'argent.
52:01Ouais.
52:03Sans discussion ?
52:04Non, sans discussion après, parce qu'on était là, tu vois.
52:09On était là, on était là dans les clips.
52:12Ouais.
52:13On était là, tu vois.
52:14Et puis, voilà.
52:17J'ai posé cette question à Youssoufa, il m'a dit, mais il n'y a même pas de débat.
52:19Parce que je lui dis, oui, c'est une question un peu compliquée, etc.
52:21Il m'a dit, c'est pas compliqué.
52:22Il m'a dit, c'est évidemment l'école du micro d'argent.
52:24Il était, pour lui, c'est vraiment le magnum opus, le chef-d'oeuvre du rap français.
52:29Bah oui, c'était fort.
52:30Ce qui est fou aussi, c'est que c'est un album de rap, parce que c'est vraiment du
52:33rap de A à Z, qui en plus a rencontré un succès phénoménal.
52:36Sans single, tu sais, radio.
52:40Il n'y a pas de single radio.
52:41Les singles, c'est des petits frères.
52:43C'est vraiment du rap, quoi.
52:45Mais c'était fort.
52:46Ouais.
52:47C'était fort.
52:47Ils sont arrivés sincèrement, et puis les thématiques, elles étaient fortes.
52:52Demain c'est loin, c'est quelque chose aussi.
52:54Ah, c'est quelque chose.
52:55Si on s'en rappelle encore aujourd'hui, c'est que c'est quelque chose.
52:58Tu sais que moi, je ne peux pas écouter Demain c'est loin.
53:01Enfin, si je lance, je dois l'écouter en entier.
53:03Il dure neuf minutes.
53:04Je ne peux pas le couper.
53:05Non, mais c'est fait pour.
53:06Ouais.
53:07C'est trop, c'est trop.
53:09C'est le genre de morceau fait pour ça.
53:10Ouais, complètement.
53:12Et où les deux sont shurikens, les deux sortent découplés.
53:15Ah ouais, elles sont chaudes.
53:16C'est énervé ça.
53:17Vraiment, vraiment.
53:18Je pense qu'on écoute un extrait d'un morceau de l'école du micro d'agent.
53:21C'est Petit Frère qu'on va écouter.
53:22On va écouter un extrait de Petit Frère.
53:35Tout en demandant du respect.
53:37Plus lui importe de quoi demain sera fait.
53:39De donner à certains des raisons de mépriser son cadet.
53:42Dans sa tête, le rayonne mort du tube cathodique.
53:45A étouffer les vibrations des dames dames de l'Afrique.
53:48Plus de cartables.
53:49Il ne saurait pas quoi en faire.
53:50Il ne joue plus aux billes.
53:52Il veut jouer du revolver.
53:53Petit Frère a jeté ses soldats.
53:55Pour devenir un guerrier.
53:57Et penser au butin qu'il va amasser.
53:59Petit Frère a décerté.
54:00Donc, morceau d'Aïa, morceau classique évidemment.
54:03On est issu de l'école d'une cour d'agent qui sort en 97 je crois.
54:05Si je ne dis pas de bêtises.
54:07Le Rallocino c'était un plaisir de t'avoir aujourd'hui.
54:09Vraiment.
54:09Merci beaucoup.
54:11Vraiment.
54:11Merci d'avoir été là.
54:12Nous avoir fait l'honneur de ta présence.
54:14Bravo pour l'album.
54:15Magma.
54:15Au delà de l'enthousiasme qu'on a de te voir de retour.
54:20J'espère que les gens vont écouter massivement ce disque.
54:23Qui est un vrai grand retour du Rallocino.
54:25Donc, merci beaucoup vraiment.
54:26Et merci d'avoir été là aujourd'hui.
54:27D'avoir accepté de discuter dans cette émission.
54:30Merci évidemment à toutes les personnes qui ont participé à la fabrication de cette émission.
54:33qui a été préparée par Alex Alacour et Redouane Tellar.
54:35Réalisé par Gaëtan Colli.
54:36La programmation musicale est signée Jean-Baptiste Odibert à la technique.
54:39Ce soir, c'était Adèle Caglard et Guillaume Roux.
54:41Merci aux équipes web et vidéo.
Commentaires

Recommandations