00:00Annalisa Capellini, l'Europe accuse le gouvernement hongrois d'avoir partagé des informations confidentielles
00:05avec le Kremlin, des accusations d'espionnage.
00:08Est-ce que ça signe une sorte d'arrêt de mort entre les relations entre Viktor Orban et l'Europe
00:14?
00:14C'est sûr que les Européens considéraient déjà la Hongrie un peu comme un corps étranger en Europe,
00:18comme un partenaire difficile, souvent récalcitrant.
00:21Mais là, on franchit un cap de plus, puisqu'on soupçonne la Hongrie d'être une taupe de Moscou.
00:27Ça serait une rupture de confiance totale.
00:29Vous savez, à Bruxelles, dans la bulle bruxelloise, on dit que la ville, c'est une ville d'hommes politiques
00:34et d'espions.
00:35Mais dans cette affaire, on voit que parfois, les deux se superposent, puisque c'est un homme politique,
00:39le ministre des Affaires étrangères hongrois, c'est Peter Sijarto,
00:43qui est accusé d'avoir transmis ces informations confidentielles à Moscou.
00:48Ce n'est pas une surprise, évidemment.
00:50On connaissait sa proximité avec le Kremlin.
00:53Il s'est rendu à Moscou 16 fois depuis le début de la guerre en Ukraine, la toute dernière au
00:58début du mois.
00:58Mais là, ça va plus loin.
01:00Selon le Washington Post, il aurait carrément profité des pauses pendant les réunions de travail dans l'UE
01:05pour appeler, pour réécrire à Sergeï Lavrov, son homologue russe,
01:09pour lui décrire dans les moindres détails tout ce qui se passait à la table des Européens, minute par minute.
01:14Et donc, c'est comme ça que les Russes auraient eu un train d'avance.
01:16Quand on dit qu'ils demandent des comptes, les Européens, ça veut dire quoi ?
01:20Ça reste très timide.
01:21Il faut faire très attention, puisqu'il y a des élections qui sont prévues le 12 avril en Hongrie.
01:26Et donc, c'est pour ça que les Européens sont assez frileux sur la possibilité de prendre la parole
01:31de manière un peu véhémente.
01:34Ce sont des responsables européens cités par Politico qui le disent.
01:38La Commission a réagi, mais juste en disant que ce sont des informations extrêmement inquiétantes.
01:42Il y a un homme, en revanche, qui a eu une réaction très forte.
01:46C'est Donald Tusk, c'est le Premier ministre polonais.
01:49Lui est un peu l'anti-Orban, c'est-à-dire qu'il fait de son européisme son identité politique
01:54autant que Viktor Orban fait son marché sur son euroscepticisme.
01:58Alors, il a écrit sur Twitter qu'en effet, que les Hongrois passent des informations à Moscou
02:03ne devraient pas nous étonner.
02:05Nous avions des soupçons à ce sujet depuis longtemps.
02:08Et d'ailleurs, il dit que c'est une des raisons pour lesquelles il ne prend la parole qu'en
02:11cas d'extrême nécessité.
02:12Et uniquement pour dire le strict nécessaire.
02:15Et c'est vrai d'ailleurs que depuis le début de la guerre en Ukraine,
02:17les décisions, les réelles avancées se font dans des groupes de travail restreints.
02:21Vous l'avez dit, Annalisa, il y a des élections en Hongrie et Orban.
02:24Est-ce qu'il pourrait être sorti ?
02:25Il pourrait, oui.
02:26Ce n'est pas impossible puisque pour l'instant, c'est son adversaire Peter Maguiar
02:29qui est donné favori avec une avance assez confortable.
02:33C'est pour ça d'ailleurs que toute la droite européenne s'est rendue hier à Budapest pour le soutenir.
02:38Il y avait Marine Le Pen, il y avait l'italien Matteo Salvini,
02:40et il y avait le néerlandais Gert Wilders.
02:42Ils ont tous fait le déplacement pour soutenir leur allié
02:45qui, pour la première fois depuis 16 ans, se retrouve en difficulté.
02:48Merci beaucoup Annalisa Capellini.
02:50Le Monde qui Bouge, c'est de retrouver un replay en podcast sur l'application BFM Business.
02:53C'est de retrouver un replay en podcast sur l'application BFM Business.
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