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  • il y a 4 mois
Entre effet de mode et véritable évolution de la médecine, les bilans biologiques de prévention se multiplient et interrogent nos façons d’aborder la santé.
Ils traduisent une demande croissante de compréhension du corps et d’anticipation des risques, bien au-delà du seul diagnostic de maladie. Reste l’enjeu central : garantir une approche rigoureuse, pertinente et médicalement encadrée de cette nouvelle prévention.

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Transcription
00:04Bonjour à tous les trois, bienvenue, merci d'avoir répondu présent.
00:07Merci à vous.
00:08Je le disais en introduction, on voit fleurir partout des bilans, microbiote, fatigue, fertilité, longévité.
00:15Agnès Barraud, concrètement, quand on parle de bilan de prévention, de quoi s'agit-il exactement ?
00:19Oui, bonjour. En fait, bilan de prévention, ça veut dire beaucoup de choses,
00:23mais ça peut être des bilans qui sont prescrits par son médecin et du coup, dans un dépistage organisé.
00:30En quoi est-ce que ça diffère d'une prise de sang classique ?
00:33Alors, il n'y a pas tellement de différence d'une prise de sang classique, ça peut être dans le
00:38suivi.
00:38C'est d'ailleurs, dans les laboratoires, c'est souvent le cas.
00:42En fait, c'est suivant la prescription de son médecin traitant ou de son médecin spécialiste.
00:47Et à côté de ça, c'est vrai qu'on a de plus en plus de demandes de gens qui
00:51ont envie de prendre en charge leur santé par eux-mêmes.
00:55Et du coup, on peut avoir soit les mêmes bilans où les gens viennent spontanément,
01:00soit on a des bilans plus adaptés, personnalisés aussi avec la biologie qui s'est beaucoup développée.
01:07Donc, on a des bilans de prévention, par exemple, de biologie fonctionnelle qui sont de plus en plus demandés.
01:14Professeur, ces offres répondent à une frustration des patients, quelque part.
01:19Est-ce que vous voyez arriver ce type de patients en consultation ?
01:24Bien sûr. Moi, j'ai créé la médecine microbiotique.
01:27Donc, j'ai des patients qui viennent du monde entier, effectivement, pour cela.
01:30Et effectivement, il y a un tas de tests qui sont complètement de la surpercherie pure et simple et de
01:36la publicité mensongère.
01:37notamment les tests dits d'intolérance alimentaire, IgG, qui sont hyper répandus.
01:43Les patients le font malheureusement par eux-mêmes assez souvent.
01:48Et en fait, ces tests ne veulent absolument rien dire.
01:51Ils sont d'ailleurs déconseillés par la Haute Autorité de Santé.
01:53Pourquoi ils consistent-en quoi ?
01:54Eh bien, parce que ces tests consistent à doser des IgG, donc des anticorps de type IgG,
01:59contre un panel d'aliments, de dizaines d'aliments.
02:03En réalité, quand vous avez une positivité, en l'occurrence, il y en a des dizaines et des dizaines,
02:08ça veut juste dire que vous avez mangé ces aliments dans votre vie.
02:11Puisqu'en fait, quand on vient au monde, on va commencer au fur et à mesure à diversifier son alimentation.
02:17Et à chaque fois que vous allez faire rentrer un aliment nouveau,
02:20le corps va l'identifier comme un étranger.
02:22Et on va avoir des anticorps.
02:24Donc en fait, ça ne veut absolument rien dire.
02:26Et ça conduit à des erreurs diagnostiques, à des errances, à des carences nutritionnelles et à un déséquilibre du microbiote.
02:33Donc ça, c'est une véritable supercherie, en fait, pour ce qui est de ces tests-là.
02:38Moi, en fait, dans tout le panel des tests qui existent, en fait, nous, dans les laboratoires où on est
02:44formés,
02:45et là, on parle de ces tests de biologie fonctionnelle.
02:48Mais du coup, nous, on est médecins ou pharmaciens, on est formés dessus.
02:50Et on conseille les gens de faire tel ou tel.
02:53Ce n'est pas du tout comme il y a certains laboratoires qui sont à distance et qui, dans d
02:58'autres pays ou en France,
02:59mais qui font ça sans nous, on va conseiller sur des tests qui sont basés sur des publications ou des
03:06références qui sont recommandées.
03:07Donc vous ne vendez pas les tests d'intolérance alimentaire ?
03:10On peut les faire, bien sûr, mais on conseillera.
03:14C'est-à-dire que vous, en aucun cas, vous ne le recommandez.
03:15C'est une catastrophe, c'est-à-dire qu'aujourd'hui...
03:17On ne conseillera peut-être pas par nous.
03:20Vous dites que vous les vendez.
03:21Pour moi, les choses sont claires.
03:23Ces tests-là devraient être interdits, puisque tout le monde sait, et c'est publié partout,
03:27qu'ils ne servent strictement à rien.
03:29Donc en fait, les labos, soit ils ont l'honnêteté intellectuelle de dire
03:33« ça ne sert à rien, j'arrête de les vendre »,
03:34et malheureusement, ce n'est pas le cas, puisqu'on voit plein de patients arriver avec ces tests.
03:38Donc si vous voulez, ça, c'est absolument pas normal.
03:41On est en France, donc ce n'est pas interdit.
03:42Donc ils peuvent le faire.
03:43On ne leur a pas interdit, ce qui est une anomalie,
03:46mais la Haute Autorité de Santé le déconseille.
03:48Toutes les sociétés s'amontent.
03:51En fait, on ne le fait pas, enfin, ce qu'il y a, c'est que c'est des...
03:54Les patients, en fait, ils sont suivis par différents professionnels de santé,
03:58et pas que des gastro-entérologues, et du coup, c'est vrai qu'il y a une demande
04:03s'ils ne le feront pas chez nous, mais nous, on va plutôt les inciter,
04:06on ne va pas les inciter fortement à faire ces tests-là,
04:08on a plutôt d'autres tests qui sont...
04:11Mais en fait, le problème, c'est qu'il y a...
04:13En fait, ils vont les faire quand même, en fait, les gens,
04:16certains veulent absolument ces tests-là,
04:18et alors, nous, si on doit les faire, on va les inciter à en faire vraiment un minimum,
04:23on ne va pas tester toutes les IgG, parce que vraiment, on sait que ça sert à...
04:26Je voudrais intervenir, vous répondez.
04:27Et puis, le professeur Benamouzig aussi, également, a dit...
04:30Bien sûr, ils ne seront pas invités à le faire, on les incite à le faire,
04:33dans des circuits que vous connaissez peut-être,
04:36avec des prescripteurs qui prescrivent, alors soit ils ne savent pas,
04:39soit c'est une autre raison, et les labos qui les vendent.
04:41En réalité, moi, si j'ai un labo, je sais que c'est déconseillé par toutes les sociétés savantes,
04:46je ne vends pas un test au patient, qui ne veut rien dire.
04:49Nous, on va plutôt les inciter, si on nous demande, voilà,
04:52à faire des choses qui sont peut-être plus prouvées,
04:54et aussi moins onéreuses, on n'est pas forcément d'avoir des panèles très chers.
04:58Mais ils ont quand même la possibilité de le faire.
04:59Il est plutôt plus pertinent, mais ils ont la possibilité de le faire,
05:01parce qu'en fait, on est...
05:03C'est bien le problème.
05:04Professeur Benamouzig, est-ce que vous pouvez réagir ?
05:06Est-ce que vous partagez la position du docteur Béréby ?
05:10Alors, non seulement je la partage, mais je vais être beaucoup plus doux,
05:14mais encore plus violent dans le fond,
05:16c'est qu'on a en réalité deux types de tests.
05:20Il y a les tests qui existent, qui sont d'ailleurs en général trop prescrits,
05:24par rapport à leur usage vrai, on estime, je vous rappelle,
05:27qu'il y a environ 30% des choses qui ne sont pas réellement utiles,
05:29qu'on fait tous les jours.
05:31Et puis, il y a des choses qui sont reconnues comme non utiles,
05:35parce qu'on les a déjà utilisées, et là, l'interdiction devrait être totale,
05:40ou des choses qui sont nouvelles.
05:42Et alors, je vais centrer mon propos là-dessus.
05:45Parce que pour les tests nouveaux, on pourrait se dire,
05:47finalement, les autorités de santé, la communauté scientifique,
05:51ne les a pas adoptés largement, ils ne sont pas encore adoubés complètement,
05:55mais moi qui suis plus malin, je vais profiter de l'avancée de la science.
06:00Ce n'est pas complètement faux comme raisonnement,
06:03mais ça ne s'applique certainement pas au cas, déjà, qu'on vient de voir,
06:07parce que ça, c'est un test qui est plus qu'ancien,
06:08et je confirme complètement, qu'il n'a aucune utilité clinique.
06:14Sa seule utilité est de rapporter un peu d'argent aux personnes qui les pratiquent.
06:19Même beaucoup.
06:20Et à prendre de l'argent dans la poche des gens qui sont assez naïfs
06:25pour croire que ça pourrait régler leurs problèmes.
06:28Voilà, donc ça, le côté business, c'est un vrai business,
06:31mais un mauvais business, c'est comme le vendeur de potions magiques de Lucky Luke,
06:35qui se mettait sur son chariot dans le Far West
06:38et qui vendait le traitement au miracle à la fontaine de Joulance.
06:42Donc ça, il faut effectivement, non seulement ne pas encourager,
06:46mais j'allais dire interdire,
06:49et en tout cas, c'est très bien que ce ne soit pas remboursé.
06:52Après, s'il y a des naïfs, la nature humaine étant ce qu'elle est,
06:54c'est qu'il y a des gens moins naïfs, qui profitent des naïfs.
06:57Pour ce qui est des tests vraiment nouveaux,
07:00qui ne sont pas encore validés et pas encore remboursés,
07:02là, je dirais que c'est une histoire de prudence.
07:06La prudence, c'est d'attendre que ce soit complètement validé.
07:10Et après, bien sûr, pour certains de ces tests,
07:13ils seront validés, mais ils seront validés et utilisés
07:17dans des circonstances qui seront définies en leur temps.
07:21C'est-à-dire que malheureusement, et je sais,
07:23quand on n'est pas bien, quand on est malade,
07:24on aimerait avoir la solution tout de suite, c'est très normal.
07:27Mais en même temps, si on se place au niveau du groupe,
07:30de la collectivité, de la société,
07:33ce serait une mauvaise politique, une politique non prudente
07:36de se lancer comme ça à tout va.
07:38C'est pour ça que…
07:39Je suis désolé, j'ai un peu élargi le débat,
07:43mais un, je confirme, l'intérêt total de ces tests IgG
07:48pour les intolérances alimentaires,
07:50et donc que toutes les personnes qui auraient envie de le faire aujourd'hui
07:53et qui nous écouteraient, fassent un don pour la science
07:56ou pour une bonne cause qui leur plaît,
07:58ça sera déjà beaucoup plus utile.
08:00Le microbiote est devenu un mot-clé.
08:03C'est fait, à juste titre.
08:05Un argument commercial parfois aussi.
08:07On parle de cartographie du microbiote,
08:09vendu parfois plusieurs centaines d'euros,
08:11sorte de photo instantanée de l'écosystème microbien intestinal,
08:16si j'ai bien compris.
08:16C'est ça.
08:18Est-ce qu'aujourd'hui, ces analyses permettent vraiment d'agir sur la santé ?
08:21Pas du tout.
08:22Ces tests n'ont absolument aucun intérêt,
08:25pour plusieurs raisons.
08:26La première, c'est qu'aujourd'hui,
08:27on n'est pas en capacité de dire
08:29ce qu'est un microbiote intestinal français normal.
08:32Pour déterminer ce qu'il est,
08:33on est en train de faire un travail avec l'INRAE,
08:35qui s'appelle le French Gut,
08:37vous avez sans doute entendu parler.
08:38On recueille les selles de 100 000 Français,
08:40on est à 38 000.
08:42Et avec ces selles,
08:43on va pouvoir déterminer
08:45ce qu'est un microbiote intestinal français.
08:46Et donc, à partir de là,
08:48développer un test qui, lui, sera fiable.
08:50Quand la glycémie,
08:51on l'a déterminé à 1,26 g par litre pour le diabète,
08:54on a étudié des centaines de milliers de personnes diabétiques
08:57pour déterminer ce seuil.
08:58Là, c'est exactement pareil, en fait.
09:00Il faut d'abord définir la normalité.
09:02Ça, c'est la première chose.
09:03La deuxième chose, c'est que...
09:05Est-ce que vous avez entendu parler de l'étude d'Elie ?
09:07Non, pas du tout.
09:08Je ne suis pas spécialisée de microbiote.
09:10Alors, l'étude d'Elie, c'est un grand travail
09:11qui a porté sur 114 sociétés, start-up ou laboratoires
09:15qui commercialisent des tests du microbiome intestinal.
09:18Et on s'est aperçu que dans 38% des cas,
09:22presque un cas sur deux,
09:23les laboratoires n'utilisaient pas les réactifs adaptés.
09:26Que dans 25% des cas,
09:28ils ne connaissaient pas les biomarqueurs.
09:30Donc, aujourd'hui, si vous voulez,
09:31ces tests n'ont aucun intérêt.
09:33Comme le disait Robert tout à l'heure,
09:35à part enrichir les laboratoires qui les vendent,
09:37il faut attendre d'avoir des datas,
09:38c'est-à-dire d'avoir la cartographie française du microbiote.
09:43Et ça, c'est le French Gut et l'INRAE.
09:44Et là, on pourra avoir un...
09:46C'est-à-dire que collecter ces données, finalement,
09:48pourquoi faire dans la mesure
09:48où on ne peut pas les interpréter vraiment aujourd'hui ?
09:51Aujourd'hui, les tests ne sont pas standardisés.
09:53C'est-à-dire que vous, demain,
09:54vous montez une boîte d'analyse du microbiote fécal
09:57et puis vous recueillez les selles et vous rendez des résultats.
09:59C'est-à-dire qu'on projette encore trop de choses
10:00sur des outils trop immatures.
10:02Il faut valider les outils, si vous voulez.
10:03Le microbiote intestinal, c'est une révolution.
10:05Les probiotiques, c'est hyper important, etc.
10:07Mais l'étude individuelle, aujourd'hui,
10:10du microbiote intestinal,
10:11telle qu'elle est vendue, n'a pas d'intérêt.
10:13Est-ce que vous vouliez ajouter quelque chose ?
10:15Et après, je donnerai un problème.
10:15Non, non, pas du tout sur le microbiote.
10:17Je laisse totalement faire.
10:19Je ne suis pas du tout une spécialiste du microbiote.
10:21Professeur Benamouzik, vous partagez cet avis sur le microbiote ?
10:24Alors, oui, oui.
10:26Non seulement je partage cet avis,
10:27mais on a lancé, effectivement, cette étude,
10:29et je remercie mon collègue de l'avoir citée,
10:32du French Gut avec le groupe INRAE,
10:37je suis honoré d'en être l'investigateur principal.
10:39Et donc, dans cet esprit-là,
10:42c'est-à-dire qu'on n'a pas de normes.
10:43Comment voulez-vous voir ce qui est anormal
10:44quand on n'a déjà pas de normes ?
10:46Donc ça, c'est la base, ça vient d'être dit,
10:48et je souligne.
10:51Deuxièmement, effectivement, très important,
10:52on pourrait travailler correctement et faire un bon test.
10:58Mais les gens qui le vendent, aujourd'hui, ne sont pas à la hauteur.
11:01C'est-à-dire qu'on a repris, effectivement, tout un tas de data.
11:07Il y a 80% des data scientifiques qui sortent de laboratoires de haut niveau.
11:11On ne parle pas des laboratoires commerciaux, cette fois-ci,
11:14qui ne sont pas à la hauteur des standards du jour,
11:17parce que ces standards évoluent en permanence.
11:19Donc on est sur une situation où on sait bien faire, mais peu le font.
11:24Et de toutes les manières, même quand on aurait un bon test,
11:27ce qui serait techniquement faisable aujourd'hui,
11:30on ne saurait pas quoi en faire.
11:31Alors, double raison pour penser qu'il y a des choses merveilleuses là-dedans,
11:37mais qu'on n'y est pas encore tout à fait,
11:38d'où l'intérêt de la phase de recherche.
11:40Le deuxième point important,
11:43je pense que c'est important de dire ça pour tout le monde,
11:46c'est que oui, aujourd'hui, on a des profils
11:48qui sont associés à telle et telle pathologie,
11:50mais pour l'essentiel, on n'est pas tout à fait capable
11:53de dire qu'elle est l'œuf et la poule.
11:55C'est-à-dire qu'en réalité,
11:58on voit qu'il y a des profils de microbiote
12:01qui sont associés à des profils métaboliques,
12:03qui sont associés à des pathologies.
12:05Et c'est ça qui fait l'intérêt du sujet, bien évidemment.
12:08Mais on n'est pas du tout prêt à dire
12:12que si on corrigeait telle ou telle partie
12:15par telle ou telle technique du microbiote correction,
12:17qu'on peut imaginer,
12:19mais qu'on a encore besoin de démontrer comme efficace,
12:22on serait efficace sur l'intérêt en santé.
12:25Voilà, donc on est sur un sujet merveilleux,
12:28un sujet extraordinaire, un sujet fort,
12:29un sujet prometteur,
12:31mais on n'est pas dans une médecine actuelle,
12:34je veux dire, de tous les jours.
12:35On est plutôt dans les phases d'évaluation et de recherche.
12:38Si je peux compléter ce que tu viens de dire,
12:40c'est qu'en fait, on sait que dans telle ou telle maladie,
12:42par exemple la maladie d'Alzheimer,
12:44l'obésité, la recto-coïté-morrhagie,
12:45la maladie de Crohn,
12:46on a une empreinte microbiotique,
12:49une composition du microbiote caractéristique.
12:53Ça, on le sait dans les laboratoires de pointe
12:54comme l'INRAE,
12:55et donc ça, on sait le faire.
12:56À partir de là, on sait, par pathologie,
13:00dans certaines pathologies,
13:01il y a des probiotiques qui ont été étudiés
13:02sur des pannels humains de dizaines ou centaines de personnes,
13:05et on a observé que tel probiotique
13:07pouvait fonctionner dans la diarrhée
13:09liée aux antibiotiques,
13:11ou dans la recto-coïté-morrhagie,
13:13certaines souches,
13:14ou contre le syndrome de l'intestin irritable.
13:17Ça, on sait faire,
13:17mais c'est encore un nombre restreint
13:19de pathologies, si vous voulez.
13:21Mais ce n'est pas parce qu'on sait que
13:23dans telle pathologie,
13:25vous avez un microbiote d'un certain type,
13:26que quelqu'un qui viendrait comme ça
13:28faire un test
13:29pourrait avoir un résultat
13:31Oui, c'est quelque chose
13:32qu'on peut encore standardiser.
13:33Voilà.
13:34Docteur Agnès Barraud,
13:36malgré ces limites,
13:37la demande explose,
13:38c'est un fait,
13:39pour en revenir aux patients.
13:40Est-ce que ça traduit aussi
13:42une évolution profonde
13:44de notre rapport à la santé ?
13:45Oui.
13:46Je pense qu'en fait,
13:48il y a beaucoup de gens
13:49qui souffrent de troubles fonctionnels
13:52digestifs, en fait.
13:53C'est-à-dire qu'on n'a pas
13:54de cause organique.
13:55Ils vont chez le gastro-entérologue
13:56et on ne trouve pas de cause organique.
13:58Et pourtant,
13:58ils ont des problèmes de digestion,
14:00ils ont mal au ventre.
14:01Et donc,
14:02ils cherchent une réponse
14:03à ces problématiques.
14:06Oui, il y a eu toute une vague aussi
14:07à un moment,
14:07je ne sais pas si c'est encore
14:08tellement d'actualité,
14:09de personnes qui ne consommaient plus
14:11de gluten.
14:12Voilà.
14:12C'est encore un autre exemple
14:15de certaines dérives.
14:16C'est pour ça qu'ils demandaient
14:16d'ailleurs souvent
14:17les IgG et gluten.
14:20Enfin, je vous taquine un peu,
14:21mais oui, souvent,
14:22il y avait quelque chose
14:23de là-dedans qui était en lien.
14:23Vous ne vous taquinez pas du tout
14:24puisque si vous voulez,
14:25pour terminer une atolérance
14:27au gluten,
14:27ce n'est pas du tout
14:28ce qu'il faut faire.
14:28Il faut faire les IgG
14:29anti-transglutaminase.
14:30Donc, ça n'a absolument
14:31rien à voir.
14:32Les IgA, oui.
14:34Pour la maladie,
14:35c'était les IgA
14:36et transglutaminase.
14:37Et là, ça n'a rien à voir.
14:38C'est les IgG alimentaires.
14:39Donc, ça n'a vraiment rien à voir.
14:40Mais si vous voulez,
14:41un labo,
14:42le problème, madame,
14:43c'est que les patients
14:44font confiance au laboratoire.
14:46Oui, mais en fait,
14:46je termine,
14:47si vous permettez.
14:48Ils font confiance au laboratoire
14:50tout comme ils font confiance
14:51aux médecins.
14:52Ils considèrent
14:52que ce sont des professionnels
14:53de santé qui vont les aider.
14:55Le problème,
14:55c'est qu'aujourd'hui,
14:56vous vendez des dizaines
14:57et des dizaines de tests
14:58non remboursés, bien sûr.
15:00Ils ne sont pas remboursés
15:01pour la bonne et simple raison
15:02qu'ils ne sont pas validés
15:03par les autorités de tutelle
15:04ni par les sociétés savantes.
15:06Je vous donne un contre-exemple.
15:07La calprotectine fécale,
15:08c'est un dosage
15:09dans les selles
15:10qui est très intéressant
15:11pour monitorer
15:13et diagnostiquer
15:14les maladies inflammatoires
15:14de l'intestin
15:15type maladie de Crohn.
15:16Ce n'était pas remboursé.
15:18Des dossiers ont été montés.
15:20Aujourd'hui, c'est remboursé.
15:21Donc, ce que je veux dire,
15:22c'est que quand un test
15:23n'est pas remboursé
15:24pendant des années,
15:25c'est qu'obligatoirement,
15:26il n'a pas été validé.
15:28Docteur Marot,
15:28vous avez trois secondes
15:29pour répondre
15:29et après on passe
15:30à la prochaine.
15:31Désolée.
15:31Oui, en fait,
15:33parfois, il y a des tests
15:34même comme le DPNI
15:35ou des choses
15:36qui n'ont rien à voir
15:37mais qui ont mis
15:38des années
15:39à être remboursés
15:41très efficaces.
15:42Là, on est sûr
15:43qu'il y a des publications
15:44pas sur les IgG alimentaires.
15:46C'est vraiment pas...
15:47Ça fait 40 ans
15:48que les labos les vendent, madame.
15:49Il y avait plus le mot...
15:51Je ne sais pas
15:51s'il y avait tant d'IG.
15:52En tout cas,
15:53nous, c'est assez récent
15:54où on a une explosion
15:58de cette demande.
15:59Enfin, explosion,
16:00entre guillemets.
16:00Oui, c'est quand même
16:00le signe de quelque chose.
16:01Oui, c'est ça.
16:02Et pareil pour le microbiote.
16:04Il y a eu un gros engouement.
16:05On a moins de demandes maintenant
16:06mais en fait,
16:07ce n'est pas nous.
16:08Ce n'est pas les labos raltois.
16:11Je passe mon temps
16:11et les laboratoires
16:12sont pris en charge
16:15par des médecins nutritionnistes
16:17ou des professionnels de santé
16:20qui leur conseillent
16:22dans leur démarche.
16:24Nous, on n'est pas...
16:25Si on doit faire un conseil
16:26parce que du coup,
16:27on s'est formé en micronutrition,
16:29on est médecin.
16:30Moi, je suis médecin
16:32ou pharmacien.
16:33Madame, calez-vous
16:34sur les sociétés savantes
16:36et sur ce qui est validé.
16:37On se cale tout à fait
16:38sur les sociétés savantes.
16:39On vient de vous le dire
16:40pour l'étude du microbiote séculaire.
16:41Oui, mais je vous dis
16:43que nous, on ne va pas proposer...
16:44On ne va pas leur...
16:45Ne les vendez pas
16:46puisque vous savez
16:47que c'est bidon.
16:47Nous, on répond
16:49à la demande des gens
16:51s'ils veulent faire quelque chose.
16:53On le fait
16:53parce qu'en fait,
16:54ils sont aussi dans...
16:54Il y a des médecins nutritionnistes
16:56qui sont spécialisés
16:59mais pas des gastro-entérologues,
17:00ça c'est sûr.
17:01Mais en tout cas,
17:02dans leur prise en charge
17:03de problèmes fonctionnels,
17:04ils ne sont pas pris en charge
17:05par des gastro-entérologues
17:06et dans leur problème
17:07d'intolérance alimentaire
17:08et tout ça,
17:08ils ne demandent pas des IgG,
17:10ça c'est sûr.
17:10Parfois, ils demandent
17:11un microbiote
17:12pour une perte de diversité.
17:14Ils demandent d'autres
17:15comme le LBP.
17:17Le LBP, il y a d'autres choses.
17:18C'est vrai, ça pourrait donner le temps
17:19comme ça.
17:20C'est un peu facile
17:20de le repérer en touche
17:21et de dire que c'est les médecins.
17:23Non, mais moi je botte.
17:24C'est l'heure du scan.
17:25C'est l'heure du scanne.
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