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  • il y a 2 jours
Réouverture du détroit d’Ormuz : quelles conséquences économiques ?

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Transcription
00:07Et bienvenue dans les informés de l'éco sur France Info, votre rendez-vous de décryptage de l'actualité économique
00:12comme chaque samedi en votre compagnie.
00:14Emmanuel Cuny, bonjour.
00:15Bonjour à tous.
00:16Et nous avons deux informés pour nous éclairer aujourd'hui.
00:19Anne-Sophie Alsif, enseignante en économie à la Sorbonne, chef économiste de la Société d'études BDO France.
00:24Et Christian Saint-Etienne, membre du Cercle des économistes, professeur d'économie industrielle au Conservatoire National des Arts et Métiers.
00:30Bonjour à vous deux.
00:31Et on va passer 20 minutes ensemble dans le golfe Persique ce matin.
00:35Emmanuel, avec l'annonce hier de la réouverture du détroit d'Hormuz.
00:39Bon, même si tout n'est pas encore très clair, on commence à s'y habituer.
00:41On s'interroge sur les conséquences économiques de ce déblocage annoncé.
00:45Effectivement, malgré les nombreuses interrogations qui demeurent,
00:48quelle conclusion tirer d'un déblocage tant attendu mais à suivre de très près.
00:53Puisqu'on a vu les rebondissements des dernières heures la nuit dernière,
00:56d'autant plus près que Téhéran souffle le chaud et le froid.
01:00Après avoir annoncé dans l'après-midi la réouverture du détroit au trafic maritime civil
01:04pendant la durée du cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis,
01:08cette nuit l'Iran a annoncé qu'il refermerait le détroit
01:11si les Etats-Unis maintenaient leur blocu sur les ports iraniens.
01:14Donc voilà où on en est ce matin.
01:16Quels effets de court et moyen terme de cette nouvelle donne ?
01:19En tout cas, l'annonce de la réouverture du détroit est tombée
01:22alors qu'Emmanuel Macron, le président de la République,
01:25réunissait justement à l'Elysée une réunion des pays non belligérants
01:29pour envisager une mission neutre.
01:31Le terme a été employé, une mission de sécurisation de la région,
01:34l'occasion pour le président de la République, évidemment,
01:36de rappeler les priorités.
01:38Nous demandons tous la pleine réouverture immédiate, inconditionnelle
01:45par toutes les parties du détroit d'Hormuz.
01:48Nous demandons la restauration des conditions de libre passage
01:52qui étaient en vigueur avant la guerre
01:55et le plein respect du droit de la mer.
01:57Nous nous opposons tous à toute restriction,
02:01à une tentative de privatiser le détroit
02:03et évidemment tout système de péage.
02:06Voilà donc pour les propos du président de la République,
02:09Emmanuel Macron, prononcé hier après-midi à l'Elysée.
02:14Plein de questions, donc je disais en suspens.
02:16À quand une réelle reprise du trafic maritime ?
02:18Quel impact, bien sûr, sur les cours du pétrole
02:21et donc le prix des carburants à la pompe chez nous ?
02:24Alors on voit que des bateaux passent ce matin
02:25quand on regarde les cartes du trafic maritime,
02:27mais ce sera difficile de savoir combien et jusqu'à quand.
02:30Anne-Sophie Alcif, en quoi cette annonce,
02:33même si tout cela est encore brumeux,
02:34est de bonne augure d'un point de vue économique ?
02:36Cette bonne augure, parce que c'est vrai que ça montre
02:38qu'il ne peut peut-être avoir pas une résolution
02:40du conflit politique rapidement, pas du tout,
02:42mais c'est vrai qu'économiquement,
02:43ce qui est vraiment central, c'est ce détroit.
02:45Donc c'est vrai que s'il arrive à se débloquer,
02:47on pourrait vraiment avoir une crise inflationniste
02:49qui s'aménuise assez rapidement.
02:52Donc c'est vraiment ça qui est regardé aujourd'hui
02:53par les marchés, par les investisseurs.
02:55Là, bien sûr, on voit que ce sont des annonces.
02:57Il y avait quand même un élément qui était important
02:59avec le blocage, c'était également les bateaux chinois
03:02qui ne passaient plus.
03:03On se souvient, en fait, ce détroit est très important
03:05pour l'Asie, la Corée du Sud, le Japon,
03:07tous les pays asiatiques qui aujourd'hui représentent
03:09le premier moteur de la croissance mondiale.
03:11Donc c'était ça, vraiment le risque.
03:13Et les Chinois pouvaient passer.
03:14Là, on voit que quand il y avait eu ce blocage total,
03:16eh bien ça impactait également la Chine.
03:18Donc là, on peut dire que c'est une bonne nouvelle
03:20à court terme.
03:21Après, voilà, est-ce que ça va continuer ?
03:23On voit que les risques sont assez importants
03:25et qu'on peut avoir des remontées du cours du pétrole
03:28en fonction des différentes déclarations qui vont venir.
03:31Ça, c'est tout à fait envisageable.
03:33Hier, le baril de Brent a perdu 9%, 11% pour le baril américain.
03:38Christian, Saint-Etienne, on parlait d'une baisse,
03:40d'une réduction de la crise inflationniste
03:42parce qu'effectivement, il y a de nombreuses matières
03:43qui transitent par ce détroit.
03:44On l'a rappelé.
03:45C'est en cela que c'est une bonne nouvelle.
03:47Il y a effectivement le pétrole, il y a le gaz liquéfié.
03:51Il y a également, c'est très important, les engrais
03:55qui jouent un rôle clé et puis l'aluminium.
03:58Alors, il faut voir qu'il y a deux niveaux de cette crise.
04:02Il y a effectivement l'ouverture et fermeture du détroit.
04:05Mais il faut quand même s'interroger sur les 15, 20 dernières années
04:09de la politique européenne et même mondiale.
04:12C'est-à-dire qu'on a laissé partir toute la fabrication
04:14des engrais là-bas parce que ça coûtait moins cher.
04:17Donc, c'était de l'optimisation aveugle.
04:19Ça serait toujours ouvert.
04:21C'était un monde sans couture.
04:24Tout irait toujours bien.
04:25On n'a absolument pas intégré la possibilité de crise.
04:27C'est la même chose quand on parle des problèmes
04:30de kérosène pour l'aviation.
04:32C'est que dans les 20 dernières années,
04:33on a fermé, par exemple, pour la seule France,
04:36quatre grandes raffineries.
04:38Donc, on a fonctionné comme s'il n'y aurait jamais de crise
04:42et comme si les questions de souveraineté étaient secondaires.
04:46Et là, on se fait taper sur la main.
04:49La question centrale, ce n'est pas seulement de savoir
04:51l'impact inflationniste à deux mois, trois mois.
04:54C'est est-ce qu'on change d'approche ?
04:56Est-ce qu'au niveau européen, on reconsidère
04:58toutes ces questions d'approvisionnement ?
05:00On va avoir l'occasion d'y revenir dans quelques instants.
05:02Mais effectivement, on voit aujourd'hui que les agriculteurs,
05:05par exemple, vous parliez de l'azote,
05:07sont les premiers aussi concernés avec le gasoil non routier,
05:10avec le prix de l'azote.
05:11Vous parlez du kérosène.
05:12On en est où sur le sujet ?
05:14Parce qu'il y a des auditeurs, des téléspectateurs
05:16qui pensent à leurs vacances.
05:17Pour l'instant, on n'a pas de pénurie.
05:19Non, il n'y a pas de pénurie immédiate.
05:22Mais il y a quand même des vols qui sont annulés
05:25de manière massive.
05:27De l'ordre de 30 à 40 % de vols,
05:31notamment tous les vols vers le Moyen-Orient.
05:34Or, c'était des bases de transit
05:36pour aller dans d'autres directions mondiales.
05:39Donc, on a des difficultés
05:41qui ne sont pas forcément mauvaises
05:43pour les compagnies aériennes
05:44qui font essentiellement du trafic intra-européen.
05:47Mais néanmoins, comme vous le dites,
05:49ça pose un problème majeur,
05:51au moins pour quatre professions,
05:52qui sont les agriculteurs,
05:54les transporteurs, les pêcheurs.
05:57Parce que dans le prix du poisson,
05:59il y a au moins 30 % de gasoil.
06:01Et puis, il y a les infirmières
06:03qui se déplacent pour aller chez les malades.
06:07Oui, des gens qui sont peut-être soulagés quelque part
06:09en entendant les informations ce matin,
06:10même si Anne-Sophie Alcif,
06:11tout ne va pas se débloquer rapidement,
06:13aussi rapidement.
06:14Le prix à la pompe ne va pas baisser du jour au lendemain.
06:17Non, ce qui est assez intéressant,
06:18et comme ça vient d'être dit,
06:19c'est qu'on va continuer d'avoir des crises comme celle-ci.
06:22Donc, en fait, la vraie question,
06:23c'est la question de la souveraineté
06:25et la réindustrialisation.
06:27Alors, en Europe, on a des grands pays industriels
06:29comme l'Italie et comme l'Allemagne,
06:30mais également en France.
06:31Il faut se réindustrialiser avec une vision de souveraineté
06:35pour ne plus être en risque
06:36sur ces approvisionnements stratégiques,
06:38pas que dans quelques secteurs,
06:40mais globalement et en amont et aval
06:42de la chaîne de valeur.
06:43Des choses qui peuvent être moins brillantes,
06:45moins médiatiques,
06:46mais qui sont très importantes
06:47pour avoir de la souveraineté.
06:48Et c'est ça la véritable question.
06:50On a eu la crise avec la Russie,
06:51on a cette crise-là.
06:52Le gouvernement a lancé un plan d'électrification.
06:55C'est très bien,
06:56mais en parallèle,
06:57il faut que cette électrification
06:58s'incompagne d'une réindustrialisation.
07:00Mais sur ce prix du pétrole,
07:02là, aujourd'hui,
07:02ce qu'on peut dire,
07:03c'est qu'à la pompe,
07:04ça ne va pas baisser demain
07:04parce qu'il y a un temps pour écouler.
07:06Il y a toujours un laps de temps.
07:08Et puis, vous l'avez dit,
07:08il suffit qu'il y ait demain
07:09une autre déclaration
07:10pour que ça réaugmente.
07:11On voit déjà les avancées.
07:12Donc, non.
07:13Emmanuel Cuny,
07:14qu'est-ce qu'on peut dire
07:15de la situation économique
07:16de l'Iran aujourd'hui ?
07:17Alors, on imagine
07:18que la situation n'est pas florissante.
07:20On n'a pas de chiffres précis
07:22à l'heure où nous parlons
07:23sur le PIB.
07:24Le produit intérieur brut iranien,
07:30les ressources principales,
07:31le pétrole, le gaz, la chimie, etc.
07:34Automatiquement, ça se joue
07:35sur la croissance.
07:36Mais on n'a pas encore
07:37de chiffres concrets.
07:38C'est normal.
07:39On l'aura fait un décalage.
07:40Oui, enfin, ça déstructure
07:42complètement vraiment
07:43l'industrie du pays,
07:45même la politique sociale,
07:47si tant est qu'il y en ait en Iran.
07:49Donc, d'évidence,
07:50le pays attend ce déblocage.
07:52Il en a besoin.
07:53Et il y a un point très important aussi,
07:54c'est le gel des avoirs iraniens
07:57à l'étranger.
07:58On parle d'un accord
08:00autour de la libération
08:02de 20 milliards de dollars,
08:03là, dans les prochains jours,
08:05prochaines semaines,
08:06de ces avoirs gelés
08:07par les grands pays occidentaux.
08:09Donc, ça fera très probablement
08:10partie des négociations à venir
08:12pour confirmer.
08:13On va en reparler ce week-end.
08:14Mais d'évidence, évidemment,
08:17l'Iran, Téhéran,
08:18a besoin de cette manne financière
08:20pour continuer à fonctionner.
08:21Même s'il y a encore,
08:21Donald Trump a dit
08:22qu'il n'y aura pas de négociations
08:24avec de l'argent.
08:25Il dira peut-être quelque chose d'autre
08:27à 18h.
08:28C'est la versatilité de Trump.
08:29Exactement.
08:30Christian Saint-Etienne,
08:30il y a beaucoup d'enjeux
08:31autour de ce nucléaire,
08:32de ces avoirs-là
08:33qui peuvent permettre à l'Iran
08:34de retrouver un peu
08:35de souffle économiquement.
08:37Alors,
08:39au phénomène évoqué
08:40à l'instant,
08:42il faut rajouter
08:42la violence interne.
08:44Parce qu'aujourd'hui,
08:45quand vous sortez de chez vous,
08:46vous avez une chance sur deux
08:47de vous faire abattre
08:48si vous présentez
08:49un risque
08:50selon la police locale.
08:53donc tout cela
08:54a complètement gelé
08:56la vie économique
08:57mais également sociale,
08:59le système éducatif.
09:00Donc,
09:01vous avez raison
09:01de dire que dans la négociation,
09:03il y a non seulement
09:03l'aspect du nucléaire.
09:05Ça,
09:05ça avait été traité
09:06dans l'accord de 2015.
09:07Mais on a également
09:09le problème des missiles.
09:10On a vu que
09:11les Iraniens étaient capables
09:13d'aller jusqu'à Diego Garcia
09:14qui est une base essentielle
09:16des Américains
09:16dans le Pacifique.
09:17Et puis,
09:18il y a la question
09:21également
09:23des proxys de l'Iran,
09:25que ce soit le Hezbollah,
09:26les outils,
09:26et ainsi de suite.
09:27Donc,
09:28tout ça,
09:28c'est sur la table.
09:31Ça ne progresse pas beaucoup.
09:32Et les Iraniens
09:34démontrent en tout cas
09:35une capacité de résilience
09:37extraordinaire.
09:37Avec des coûts de destruction
09:38qui sont très importants aussi.
09:40Il a été évoqué
09:40270 milliards de dollars
09:42et ce n'est qu'une prévision.
09:43Anne-Sophie Alcif.
09:44Je pense que là aussi,
09:45il faut faire peut-être attention
09:46avec nos yeux d'Occidentaux.
09:47On avait un peu
09:47cette problématique
09:48pour la Russie
09:49en disant
09:49quand le conflit a commencé,
09:51on va faire des sanctions,
09:52on va les tuer économiquement
09:53et ce sera fini.
09:54On va les mettre à genoux.
09:54Voilà.
09:55Tout à fait.
09:56Je crois qu'on n'est pas
09:57du tout là-dedans.
09:58Ce sont des puissances
09:59énergétiques extraordinaires.
10:01Derrière,
10:01vous avez des pays
10:02qui achètent cette énergie
10:03et vous avez des pays alliés
10:04comme la Chine.
10:05Donc,
10:06il y a des devises
10:08qui existent
10:09et il y a des flux de devises.
10:10L'autre élément aussi
10:11pour des pays comme ceux-là
10:12et aussi pour la Chine,
10:13c'est aussi de concurrencer le dollar.
10:14Et on l'a vu
10:15notamment avec la Russie
10:16à un moment,
10:17l'idée c'était aussi
10:18d'acheter les hydrocarbures
10:19en rouble,
10:20en tout cas dans une autre monnaie
10:21que le dollar.
10:22Donc,
10:22on voit qu'il faut faire attention,
10:23je pense,
10:24à la vision de dire
10:25ils vont s'écrouler,
10:26c'est fini, etc.
10:27Je ne le pense pas.
10:28Après,
10:28voilà,
10:29d'une manière en tout cas
10:30purement économique,
10:32c'est une puissance énergétique
10:34et il y a des soutiens
10:35et ils vendent
10:36leurs hydrocarbures.
10:36Donc,
10:36ils ont quand même des revenus.
10:38Merci beaucoup Anne-Sophie.
10:39Anne-Sophie Alcif,
10:39Christian Saint-Etienne,
10:40vous restez avec nous
10:41pour les informés de l'écho.
10:42Dans un instant,
10:43on va continuer
10:44de discuter ensemble
10:45des conséquences
10:46de la réouverture annoncée
10:47du Détroit d'Hormuz.
10:48Il est 9h51.
10:49On retrouve Diane Ferschit
10:51pour le rappel de l'actualité
10:52en une minute.
10:53Et on l'apprend ce matin
10:55le décès de Nathalie Baye,
10:56l'actrice qui avait émergé
10:58dans les années 70,
10:59notamment chez François Truffaut.
11:01Nathalie Baye,
11:01césarisée à quatre reprises
11:03et morte à l'âge de 77 ans.
11:05C'est sa famille
11:05qui l'annonce ce matin.
11:06On va bien sûr
11:06y revenir sur France Info.
11:08Les vols internationaux
11:09peuvent à nouveau survoler l'Iran.
11:11Ce matin,
11:11son espace aérien
11:12est partiellement rouvert
11:13pour ce qui est en tout cas
11:14de l'est du pays.
11:15Mais le cessez-le-feu
11:16qui doit prendre fin
11:17mercredi entre les Etats-Unis
11:19et l'Iran sera-t-il prolongé ?
11:20Donald Trump menace
11:21en tout cas
11:22de ne pas le poursuivre
11:23si aucun accord de peine
11:25est signé avec Téhéran.
11:284800 personnes
11:28ont été écartées
11:29des secteurs
11:30de la protection de l'enfance
11:31depuis le mois d'octobre
11:32et la mise en place
11:32du système
11:33des antécédents judiciaires.
11:35C'est ce qu'annonce
11:35dans Ouest France
11:36la haute commissaire
11:37à l'enfance
11:38Sarah El-Airi
11:38des personnes
11:39qui travaillaient déjà
11:40dans le secteur
11:41ou qui cherchaient
11:42à y être embauchées.
11:43Il a été sacré
11:44cette nuit
11:44meilleur jeu vidéo
11:45au BAFTA Games Awards.
11:47Le jeu français
11:48clair, obscur,
11:49expédition 33.
11:50À nouveau salué
11:51à l'international
11:52après avoir remporté
11:53le titre de jeu de l'année
11:55à Los Angeles.
11:56Un jeu développé
11:57par un studio
11:57de Montpellier.
11:58Il a été vendu
11:59à plus de 5 millions
12:01d'exemplaires.
12:04France Info
12:06Les informés de l'écho
12:08Emmanuel Cuny
12:09Benjamin Fontaine
12:13Les informés de l'écho
12:14sur France Info
12:15Deuxième partie
12:16avec toujours
12:16Anne-Sophie Alsif
12:17enseignante en économie
12:18à la Sorbonne
12:19et Christian Saint-Etienne
12:20membre du Cercle
12:20des économistes
12:21professeur d'économie
12:22industrielle
12:23au Conservatoire
12:23National
12:24des Arts et Métiers
12:25Emmanuel Cuny
12:26nous parlons ce matin
12:27du déblocage
12:29annoncé du Détroit d'Ormouz
12:31et de ses conséquences
12:32économiques
12:33déblocage le temps
12:33du cessez-le-feu
12:34en vigueur dans la région
12:35cessez-le-feu
12:36qui doit d'ailleurs
12:36se terminer mercredi
12:38cette promesse
12:39de réouverture
12:39on l'a dit
12:40est très fragile.
12:40Ça ne règle rien
12:41pour l'instant
12:42parce qu'effectivement
12:43on ne sait pas
12:43ce que Donald Trump
12:44peut déclarer
12:44dans l'après-midi
12:45ça peut inverser
12:46des choses etc.
12:46Il y a un point important
12:47on parlait de l'inflation
12:48tout à l'heure
12:49c'est le prix des transports
12:50du transport maritime
12:51avec la question cruciale
12:53des assurances
12:54les bateaux
12:55tous les armateurs
12:56ne sont pas assurés
12:57en période de guerre
12:58et un grand responsable
13:00de l'assurance en France
13:01m'expliquait hier
13:02que en fait
13:03les compagnies
13:04peuvent assurer
13:05à l'heure
13:05c'est-à-dire qu'en fonction
13:08des décisions
13:09qui sont prises
13:09par tel ou tel pays
13:11de franchir ou non
13:12certaines zones
13:13et bien les armateurs
13:14sont en lien direct
13:15en permanence
13:16avec leurs assureurs
13:17et les assureurs
13:18peuvent décider
13:19au bout de quelques minutes
13:20ou d'une heure
13:21de dire
13:22on suspend
13:22si vous prenez le risque
13:24on ne vous assure plus
13:24donc le bateau
13:25il est sur place
13:26il ne peut pas passer
13:27il ne peut pas revenir
13:27tout ça a un coût
13:28évidemment sur le prix
13:30des containers
13:30un coût évidemment
13:32à terme
13:32aura un coût
13:33sur les produits
13:34qu'on va acheter
13:35dans quelques mois
13:35ici en Europe
13:36quelque part
13:37rien ne sera plus
13:38comme avant
13:38Anne-Sophie Alcile
13:39est-ce qu'on peut dire ça ?
13:40Alors en tout cas
13:41il y a vraiment
13:41deux éléments
13:42celui-ci
13:42parce que c'est vrai
13:43que plus que l'ouverture
13:44ou la fermeture
13:44du droit
13:45c'est le côté imprévisible
13:46c'est quand même
13:47une région assez sûre
13:49où on pouvait vraiment passer
13:50là on voit que
13:51même si ça rouvre
13:52l'idée c'est de dire
13:53demain ça peut fermer
13:54donc ça ça va être
13:55vraiment très compliqué
13:55de revenir
13:56puis l'autre élément
13:57c'est l'aspect taxes
13:59alors on se souvient
13:59c'était alors ça
14:00j'espère disparu
14:02mais en tout cas
14:02l'idée de peut-être
14:03mettre des taxes
14:03pour arriver
14:04pour passer dans le détroit
14:05ça ce serait vraiment
14:08catastrophique
14:08vraiment pour le commerce
14:09il faut en effet
14:10je pense que c'est pour ça aussi
14:11que le président de la république
14:12l'a réaffirmé
14:13absolument exclure
14:14cette option
14:14puisque bien sûr
14:15c'est la porte ouverte
14:16à mettre des taxes
14:17dans tous les détroits
14:18dans tous les passages
14:19et une atteinte totale
14:20au droit de la mer
14:21donc ça il faut vraiment
14:22les iraniens parlent de contrôle
14:22ce matin
14:23mais sans dire vraiment
14:24exactement
14:24mais ça je pense que c'est vraiment
14:25un des éléments
14:26qu'il faut vraiment surveiller
14:27parce que ça aura un impact
14:29catastrophique
14:29sur le commerce de marchandises
14:30Christian Saint-Etienne
14:31en quoi ce blocage du détroit
14:33va-t-il changer
14:34l'avenir du commerce mondial ?
14:38Alors d'abord
14:38ça dépendra
14:39des décisions
14:40des occidentaux
14:42est-ce qu'on travaille
14:44enfin sur la question
14:45de la souveraineté ou pas
14:47ça va avoir
14:48un impact local
14:49majeur aussi
14:51Dubaï
14:51qui était le diamant
14:53de l'avenir
14:54aujourd'hui
14:55les gens vont réfléchir
14:56à deux fois
14:56avant de s'installer
14:57à Dubaï
14:58ou dans les Émirats Arabes Unis
15:00ça va avoir
15:01également
15:02un impact
15:03parce qu'on parle
15:04beaucoup pétrole et gaz
15:05mais on parle pas suffisamment
15:07on l'a dit nous
15:08dans cette émission
15:10des engrais
15:11et de l'aluminium
15:12donc est-ce que ça relance
15:14la production
15:14aux Etats-Unis
15:15en Europe
15:16de ces produits
15:17ça c'est très important
15:18parce que
15:18comme l'a dit Anne-Sophie
15:20l'enjeu c'est aussi
15:21la réindustrialisation
15:22donc on en cause
15:23mais elle n'a pas lieu
15:24la réindustrialisation
15:25il faut le dire
15:27en 2025
15:28on est au même niveau
15:29qu'en 2017
15:31et on a une baisse
15:33même du poids
15:34de l'industrie
15:34dans le PIB
15:35pas seulement en France
15:36mais aussi dans l'ensemble
15:37de la zone euro
15:38donc les enjeux
15:40ce sont les enjeux
15:41de réindustrialisation
15:42mais au-delà
15:43on voit que
15:45sur place
15:46ils réfléchissent
15:47donc ils sont en train
15:47de multiplier
15:48mais ça va prendre du temps
15:49les pipelines
15:50qui permettront
15:51de sortir ailleurs
15:52que dans le Détroit
15:53donc ça aura des conséquences
15:55sur le moyen terme
15:56et comme on l'a dit aussi
15:57si on met des péages là
15:58alors ça semble
16:01ça fait sourire aujourd'hui
16:02mais si on remet des péages
16:04sur Gibraltar
16:05ou sur le passage
16:06de la Manche
16:07qui est au moins
16:08aussi réveillant
16:08et puis il y a du plus long terme aussi
16:09parce qu'en fait
16:10il y a
16:11en termes de mondialisation
16:12de l'économie
16:13on est en train de revoir
16:14tous les concepts
16:15et ce qui serait intéressant
16:16c'est de voir
16:16comment la Chine
16:17va se placer
16:18parce qu'il y a
16:19un rapport de force
16:20Trump
16:20Xi Jinping
16:21comment vous voyez évoluer
16:22justement
16:23la Chine
16:24est-ce qu'elle ne va pas profiter
16:25finalement de cette situation
16:26pour s'imposer
16:27et nous poser problème
16:28nous en Europe
16:29alors la Chine
16:30justement
16:31anticipe
16:32et notamment
16:33sur ces questions là
16:34depuis 2022
16:35a signé
16:36un grand traité commercial
16:37qui s'appelle le RCEP
16:39avec tous les pays
16:39de la zone hors Inde
16:41où on n'avait plus
16:42aucun droit de douane
16:43donc en effet
16:43l'idée de la Chine
16:44à moyen long terme
16:45c'est de baisser ses dépendances
16:47bon les Etats-Unis
16:48on le voit
16:48voilà c'est déjà protectionnisme
16:50également avec l'Europe
16:51pour pouvoir se concentrer
16:53sur sa région
16:54et donc de pouvoir
16:55commercer avec ces pays
16:56sans aucun droit de douane
16:57merci beaucoup
16:58Anne-Sophie Alsif
16:59malheureusement
16:59on doit s'arrêter là
17:00pour ce débat
17:01sur la réouverture
17:03du détroit d'Ormuz
17:04Anne-Sophie Alsif
17:05chef économiste
17:06de la société d'études
17:06BDO France
17:07merci également à vous
17:08Christian Saint-Etienne
17:09professeur d'économie industrielle
17:10au Conservatoire national
17:11des arts et métiers
17:12Christian je rappelle au passage
17:13le titre de votre dernier livre
17:15en lien direct avec ce sujet
17:17Trump et nous
17:18comment sauver
17:19la France et l'Europe
17:20c'est aux éditions
17:20Odile Jacob
17:21merci Emmanuel
17:22rendez-vous samedi prochain
17:23avec de nouveaux informés
17:24de l'écho
17:25cette émission est à retrouver
17:26en podcast
17:27sur franceinfo.fr
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