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Prix des carburants : les mesures gouvernementales sont-elles à la hauteur de la situation ?
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00:03Générique
00:04Et ravi de vous retrouver comme chaque week-end et comme chaque samedi dans les informés de l'éco ces
00:09débats bien sûr autour de l'actualité économique du moment en votre compagnie Emmanuel Cuny.
00:14Bonjour Emmanuel.
00:15Bonjour à tous.
00:16Et je salue également nos deux invités. Bonjour Alexandra Roulet.
00:19Bonjour.
00:19Vous êtes membre du cercle des économistes, professeur à l'Institut Européen d'Administration des Affaires.
00:24Et bonjour Natacha Vallard. Vous êtes présidente du Conseil national de la productivité et doyenne de l'école de management
00:30et d'innovation de Sciences Po.
00:32Nous allons nous interroger pendant les 20 prochaines minutes Emmanuel sur les effets de ce choc économique de la guerre
00:40au Moyen-Orient.
00:41On va évoquer également les mesures qu'on a beaucoup évoquées ce matin et on va les analyser, les mesures
00:46du gouvernement sur les carburants.
00:49Oui parce que choc pétrolier ou pas. Alors il y a eu le débat cette semaine qui va courir encore.
00:54Est-ce qu'on est dans un choc pétrolier ou pas ?
00:57Le débat n'est pas tranché. En tout cas tout cela rebat les cartes et perturbe pour le moins l
01:02'économie mondiale, l'économie européenne.
01:04Alors et la France dans tout cela ? Effectivement hier soir plusieurs ministres ont annoncé une salve de mesures.
01:09Un plan d'aide de 70 millions d'euros précisément. Un plan ciblé et limité dans le temps puisque pour
01:16l'instant il est prévu jusqu'au mois d'avril.
01:19Il est renouvelable. On verra en fonction de la situation internationale.
01:23Une intervention publique nécessaire mais le ministre de l'économie sait très bien qu'il avance en terrain miné tant
01:28le niveau des finances publiques est très faible.
01:31Un plan quand même nécessaire. On écoute Roland Lescure hier soir à Bercy.
01:34Mon souci premier c'est avant tout de préserver la croissance tout en étant soucieux de l'efficacité de chaque
01:42euro public dépensé.
01:44L'ensemble de ce plan s'inscrit dans la volonté de gestion rigoureuse des finances publiques dans le respect de
01:51notre trajectoire 2026 et au-delà jusqu'à 2029.
01:56Les mesures sont gagées sur le budget des ministères. Il ne s'agit pas d'une nouvelle enveloppe.
02:01Une loi de finances rectificative n'est donc pas justifiée et largement prématurée.
02:07Donc dans les détails précisément le secteur des transports se taille la part du lion.
02:12Il y a également des aides pour les agriculteurs et les pêcheurs.
02:17Alors trois secteurs, trois champs d'action, la loyauté des prix pour le consommateur évidemment, l'urgence de la trésorerie
02:23pour les entreprises, les petites et moyennes entreprises, les entreprises de taille intermédiaire et puis le soutien financier.
02:28Alors côté chiffres, 50 millions d'euros pour le secteur des transports, PME et TPE en tête, je le disais,
02:3520 centimes d'euros par litre de carburant.
02:37Les pêcheurs bénéficieront d'une aide de 20 centimes par litre de gazole marin, ça fait 5 millions d'euros.
02:43Et puis pour les agriculteurs, eh bien une exonération de taxes sur le gazole non routier utilisé dans les tracteurs,
02:50là on est à 4 centimes d'euros par litre pour 14 millions d'euros au total.
02:54En revanche, rien pour l'instant pour ce qu'on appelle les grands rouleurs, les infirmières, les professionnels de santé
03:02qui ont besoin de leur voiture pour travailler, les professions libérales.
03:05Donc est-ce que les mesures annoncées sont à la hauteur vraiment de la situation ? On peut se dire
03:09que 70 millions d'euros, c'est assez faiblard.
03:12C'est assez faiblard, mais est-ce que Alexandra Roulet, c'est pertinent, c'est ciblé, c'est bien calibré
03:20d'un point de vue rigoureusement économique ?
03:22Alors plusieurs choses. C'est très difficile de faire des aides ciblées correctement. Vous avez fait la liste des aides
03:29qui ont été annoncées.
03:30Je pense qu'il y a en effet la question des professionnels de santé, notamment en milieu rural, qui jouent
03:36un rôle absolument essentiel pour nos concitoyens
03:41et qui ont été à mon avis oubliés, probablement injustement et peut-être qu'il y aura des remèdes à
03:48cela. Cela étant, ce qui me semble quand même très important de rappeler,
03:51avant d'aller dans le détail des mesures, c'est qu'on a un problème structurel de dépendance aux importations
03:58en ce qui concerne notre accès à l'énergie fossile,
04:01donc le pétrole et le gaz. Donc on a eu le problème au moment de l'invasion par la Russie
04:06de l'Ukraine il y a quelques années.
04:07On s'est tourné ensuite vers le Qatar en partie ?
04:10Voilà. J'ai vu que la porte-parole du gouvernement avait insisté sur ce point et ça peut paraître complètement
04:19déconnecté
04:19des préoccupations de court terme des entreprises et des citoyens. Mais en fait, cette nécessité d'améliorer notre indépendance énergétique,
04:28c'est la façon de résoudre nos prochains problèmes de court terme. C'est absolument capital.
04:33On peut en parler, mais revenons peut-être sur ces aides d'un point de vue économique stricto sensu.
04:37Est-ce que 70 millions d'euros, c'est une goutte d'eau ? Ou est-ce que si on
04:41vise bien, peut-être Natacha Valla, est-ce que si on vise bien, ça peut fonctionner ?
04:46Déjà, bien viser, c'est un impératif. Ça a été rappelé par le ministre.
04:49Ça n'a pas toujours été le cas.
04:50On a encore moins les moyens qu'avant. C'est même pas sûr qu'on les ait eus en 2022,
04:54mais on les a pris.
04:55En tout cas, on sait aujourd'hui qu'on ne peut pas dépenser sans compter, qu'on ne peut pas
05:00dépenser sans cibler.
05:01L'essentiel quand même, je suis d'accord avec ce qui vient d'être dit sur l'élément de long
05:05terme,
05:06mais c'est de faire en sorte que ce qui se passe aujourd'hui sur les marchés de l'énergie,
05:09du pétrole, du gaz,
05:11ça ne se diffuse pas par des mécanismes de formation de prix à d'autres prix dans l'économie.
05:17Là, on vise quoi ? On vise le secteur productif.
05:20Vous avez bien noté qu'on ne va pas donner des subventions aux consommateurs pour les prix finaux dans le
05:27cadre actuel.
05:27Donc on essaie de faire en sorte que la diffusion, que la transmission de ces prix élevés sur les marchés
05:34des matières premières
05:35ne soit pas ni trop importante, ni trop rapide, ni trop persistante pour in fine les prix à la consommation.
05:43Donc on va faire en sorte de protéger...
05:45Pourquoi peut-être pour nos auditeurs, expliquez-nous comment on pourrait passer d'un prix qui est élevé pour le
05:51gazole des marins,
05:54enfin des pêcheurs ou des transporteurs, à un impact direct de l'inflation en fait pour le consommateur ?
06:00Deux choses, c'est qu'il y a des secteurs qui sont très peu margés.
06:03C'est-à-dire qu'on n'a pas tellement de marge de manœuvre.
06:05Les entreprises, les agriculteurs, les pêcheurs, enfin pas tous en tout cas,
06:09ont les moyens de réduire leurs marges pour permettre aux prix à la consommation
06:14de ne pas trop s'emballer à la suite de ce choc pétrolier.
06:18Donc ils n'ont pas tellement les moyens de faire ça.
06:20Non seulement ça, mais il y en a beaucoup qui mettraient sans doute la clé sous la porte
06:24si les coûts de production s'élevaient trop.
06:27Donc on essaye de mitiger ça, de mitiger...
06:29Ça mitige l'effet négatif sur la croissance et ça mitige l'effet de transmission au prix
06:35auquel on fait face nous dans les supermarchés.
06:37Donc ça, c'est un élément vraiment essentiel.
06:40Et puis ensuite, il faudra voir dans quelle mesure ces prix des matières premières
06:45persistent à des niveaux élevés.
06:47Et là, malheureusement ou heureusement, je n'en sais rien,
06:50mais ce n'est pas entre les mains du gouvernement que la clé se trouve.
06:53C'est sans doute beaucoup plus entre les mains des banques centrales.
06:56Et les banques centrales, elles sont vraiment sur le qui-vive aujourd'hui.
07:00On a remarqué que la plupart des grandes banques centrales, réserves fédérales y compris,
07:05nous ont dit, écoutez, voyez donc, on voit de l'inflation revenir.
07:09Voilà, rappelez peut-être l'objectif des banques centrales.
07:11Bien sûr, elles...
07:12C'est la lutte, notamment en Europe, contre l'inflation.
07:14En Europe, principalement, c'est...
07:17Alors, lutte contre l'inflation, mais lutte pour la stabilité des prix.
07:21Encore une fois, pour que nous, économie, citoyens, consommateurs, entreprises,
07:26puissent avoir un environnement macroéconomique stable,
07:28qui nous permettent d'avoir de la visibilité aussi sur le pouvoir d'achat.
07:32Donc, les banques centrales, voyant l'inflation s'élever, se disent,
07:36ben moi, mon job, ça va bientôt être sans doute de regarder ça,
07:40d'analyser de façon très approfondie d'où vient cette inflation,
07:44comment elle peut se transmettre au prix à la consommation.
07:47Et si c'est le cas, eh bien, elles vont commencer à relever leur taux,
07:51resserrer les conditions de financement pour mitiger, justement, cette hausse d'épreuve.
07:54Voilà, ces fameux taux que, là encore, pour être très concret, peut-être, Alexandra Roulet, d'un mot,
08:00ces fameux taux que, nous aussi, on retrouve dans l'économie réelle, en fait.
08:03Bien sûr, mais il y a une grosse incertitude, là, c'est sur la persistance du choc.
08:06C'est-à-dire, est-ce qu'on parle d'un choc qui dure un mois ?
08:10Et dans ce cas-là, oui, en effet, ça pose malgré tout des problèmes très concrets,
08:13de trésorerie, etc., vous l'avez rappelé,
08:15mais la situation n'est pas forcément trop alarmante.
08:17Ou est-ce que c'est un choc qui s'inscrit dans une durée plus longue ?
08:21Et là, en effet, il y a la question de l'inflation, de la politique monétaire,
08:25et puis de l'action potentielle du gouvernement dans la durée.
08:29Il faut espérer que ce choc soit limité dans le temps.
08:31Et dans ce cas-là, je pense que c'est très bien que le plan qui a été annoncé
08:36ne soit que pour le mois d'avril, et de se dire, bon, avec une clause de revoyure...
08:39Si ça dure 70 millions, ce n'est pas du tout assez, si ça dure plus longtemps.
08:43Oui, alors après, il ne vous a pas échappé qu'on est dans un contexte de finances publiques
08:47très contraint.
08:49Donc, c'est-à-dire qu'il faut comprendre que c'est à la fois le rôle de l'État
08:52d'assurer quand il y a un choc macro.
08:54Donc, il est aussi dans son rôle d'essayer d'apporter une réponse,
08:57aussi parce qu'on est dans un environnement globalisé,
09:00avec une compétition des autres pays.
09:02Donc, si, par exemple, d'autres pays aident leurs producteurs,
09:04c'est vrai que, comme par exemple l'Italie qui a annoncé les mesures,
09:08ça joue aussi sur nous.
09:11Donc, à la fois l'État est dans son rôle, mais en même temps,
09:13il est aussi dans son rôle d'être le gardien des finances publiques.
09:16Et donc, compte tenu du contexte, c'est normal qu'il soit très prudent
09:21sur les aides, qu'elles soient le plus sibles possibles,
09:23qu'elles ne soient pas automatiques, c'est-à-dire qu'il faille en faire la démarche,
09:25que ça ne soit que pour un mois.
09:27Donc, tous ces garde-fous, on va dire, me semblent évidemment...
09:30C'est intéressant ce que vous disiez, parce qu'on avait des transporteurs,
09:33ce matin sur France Info, qui disaient, oui, en plus,
09:36il y a une strate administrative, parce qu'il va falloir faire la demande, etc.
09:40Et ça, pour vous, ça a aussi une logique économique, quelque part.
09:43C'est pas que pour embêter les gens.
09:44Non, enfin, si vous voulez, ça a été...
09:46Par exemple, c'est très dur de faire des aides ciblées.
09:49Conceptuellement, on se dit tous, bah oui, il faut aider ceux qui en ont le plus besoin,
09:51il faut éviter de créer des effets d'aubaine
09:53pour des gens qui recevraient de l'argent public,
09:55alors qu'ils n'en avaient pas forcément besoin.
09:56Mais en fait, en pratique, c'est très dur.
09:58C'est ce qui s'est passé au moment du bouclier énergétique,
10:00lors de la... il y a trois ans,
10:02quand on a aidé tous les ménages avec leur facture d'électricité.
10:05On a aidé tous les ménages, y compris des ménages qui n'en avaient pas besoin.
10:08On savait bien qu'il fallait principalement aider
10:10que ceux pour qui c'était une vraie difficulté.
10:12Mais concrètement, c'était très difficile à faire
10:14d'un simple point de vue pratique.
10:18Donc, le fait de devoir faire une démarche,
10:20c'est une des façons, aussi, de faire le ciblage, quelque part.
10:23Parce que ça veut dire que ceux qui, fondamentalement, n'en ont pas besoin,
10:27ne feront pas forcément la démarche, vous voyez ?
10:28Alors, Emmanuel Cuny, expliquez-nous, justement,
10:31pourquoi ces 70 millions d'euros, cette somme relativement modeste,
10:34même si c'est beaucoup d'argent, mais à l'échelle d'un État,
10:36c'est relativement modeste,
10:37pourquoi seulement ces 70 millions d'euros ?
10:40Le gouvernement est coincé.
10:42On le dit, on le redit, on va encore le redire beaucoup.
10:44Du coup, il n'y a plus un rond dans les caisses.
10:47Donc, les marges de manœuvre budgétaires sont très limitées.
10:50Un seul exemple, le fameux déficit public
10:52dont on a parlé cette semaine.
10:55On s'est dit, ah, en 2025, il a baissé le déficit.
10:585,1% au lieu de 5,4%.
11:01Et là, on a eu des politiques qui disaient,
11:02ah, ça y est, là, on a des marges de manœuvre,
11:04on va pouvoir le sentir.
11:04On pourrait dire que ce n'est pas si mal.
11:06Mais c'est rien, c'est le pinot.
11:07Il faut arrêter.
11:08Et peut-être que depuis 2025,
11:11le déficit est reparti, on va voir dans les chiffres qui vont arriver.
11:13Donc, il faut arrêter de dire qu'il y a des marges de manœuvre.
11:15Il n'y en a plus aucune, sans compter le poids de la dette.
11:18Parce qu'on n'a pas anticipé la remontée des taux dans le budget.
11:22On n'a pas anticipé la remontée des taux
11:24qui est de toute façon naturellement provoquée par la guerre.
11:28Et puis, voilà, on va revenir sur l'impact de croissance
11:31parce que derrière, il y a aussi la question de l'emploi et des salaires.
11:34Alors, Natacha Verla, une question peut-être sur l'aspect fiscal.
11:37Parce que c'est une demande de certains partis politiques,
11:42mais aussi de certains représentants des entreprises.
11:44Pourquoi tout simplement ne pas baisser, même momentanément,
11:47les taxes sur les carburants ?
11:51Tout cela est fongible.
11:52Enfin, c'est du vase communiquant.
11:53Il vient d'être rappelé très justement
11:55qu'un déficit au-delà de 5%,
11:57c'est quand même, en soi, encore problématique.
12:00Donc, on n'est vraiment pas encore sorti de la zone problématique
12:04pour les finances publiques.
12:05Donc, chaque euro qui ne rentre pas dans les caisses de l'État,
12:08c'est équivalent à un euro qu'on ne dépense pas
12:10en termes de solde public.
12:12Ce qu'il faut savoir aussi, on parlera de la croissance,
12:15mais le système français des finances publiques,
12:17il admet un mécanisme de ce qu'on appelle
12:20des stabilisateurs automatiques.
12:21C'est-à-dire que quand la croissance va faiblir,
12:24et effectivement, on a de grandes chances de penser
12:26qu'elle va faiblir à la suite du choc
12:28qu'on est en train de traverser
12:29et du contexte géopolitique de façon plus générale,
12:33alors, les dépenses publiques,
12:35de façon, entre guillemets, automatique,
12:38vont augmenter.
12:38Pourquoi ?
12:39Par le biais des mécanismes assuranciels
12:41qui sont assurés, encore une fois,
12:42sur les comptes publics,
12:43l'assurance chômage et tout ce qui se met en route.
12:47Donc, tout ça, ça marche très bien en France
12:49et les finances publiques vont s'ajuster de cette manière.
12:52Donc, des ajustements fiscaux très précis sur des revenus fiscaux
12:57et des taxes particulières,
12:59ça serait vraiment un manque à gagner très, très direct
13:02pour ces soldes publics qu'on essaye d'améliorer
13:04et qui eux-mêmes sont liés,
13:06Emmanuel Cuny le rappelait,
13:08au coût de refinancement de la dette,
13:09donc à des dépenses majorées.
13:12Il faut qu'on avance un petit peu.
13:13Si on n'était pas discipliné sur...
13:15Il faut qu'on avance.
13:16On va évoquer l'impact direct pour l'économie française.
13:19Vous avez commencé à l'aborder.
13:21D'abord, l'info en une minute.
13:22Il est 10h moins 10, Diane Ferschit.
13:25Les rebelles Houthis au Yémen revendiquent des frappes sur Israël.
13:29Cette nuit, c'est la première fois depuis le début de la guerre
13:31que ses alliés de Téhéran visent l'État hébreu.
13:33Israël qui frappe de son côté la capitale iranienne.
13:36L'armée israélienne divise à nouveau des cibles du régime.
13:39La guerre au Moyen-Orient
13:40qui sera au cœur d'une réunion au Pakistan demain et lundi
13:44entre les ministres des Affaires étrangères du Pakistan,
13:46de l'Arabie Saoudite, de l'Égypte ainsi que de la Turquie.
13:49Et dans ce contexte, les jeunes agriculteurs regrettent sur France Info
13:53des mesures trop light après les annonces du gouvernement
13:56face à l'augmentation des prix des carburants.
13:59Une enveloppe totale de 70 millions d'euros
14:01pour les agriculteurs, les pêcheurs ainsi que les transporteurs.
14:05Un homme tué par balle à Vaud-en-Velin en banlieue de Lyon
14:08six blessures par balle. Les détonations ont été entendues
14:11aux alentours de 23 heures. Des témoins indiquent avoir aperçu le tireur
14:15ainsi qu'au moins un complice prendre la fuite à pied.
14:1915 et 20 ans de prison pour une mère et sa fille condamnées
14:22par la cour d'assises de Vendée pour avoir empoisonné à plusieurs reprises
14:25le compagnon de la jeune femme.
14:26Celle-ci a également été reconnue coupable de tentative de meurtre
14:30pour avoir saboté les freins de sa voiture.
14:35France Info
14:37Les informés de l'écho
14:39Emmanuel Cuny
14:41Adrien Beck
14:42Et toujours avec Alexandra Roulet, membre du Cercle des économistes,
14:46professeur à l'INSEAD et Natacha Valla, présidente du Conseil national
14:49de la productivité. Emmanuel Cuny, donc toujours notre sujet
14:53autour de ce choc qu'implique la guerre et notamment au-delà même
14:58de certains secteurs pour l'économie au global.
15:00Oui, avec in fine l'impact sur les entreprises, donc sur l'emploi et sur les salaires.
15:06Alors pour l'instant, on n'a pas vraiment de chiffre d'impact direct
15:10sur une éventuelle hausse du chômage.
15:13Mais c'est vrai que tout ça s'ajoute dans un contexte d'incertitude
15:16qui était déjà latent dans l'esprit des chefs d'entreprise.
15:20C'est-à-dire qu'en période d'incertitude, bon déjà il y a eu la dissolution
15:23de l'Assemblée nationale qui a quand même provoqué un choc économique.
15:25Il y a eu la guerre en Ukraine, maintenant la guerre au Moyen-Orient.
15:29Climat d'incertitude global, on ne sait pas si les entreprises vont embaucher.
15:35Généralement, quand on ne sait pas où on va, on n'embauche pas
15:37puisque si c'est pour licencier après, ce n'est pas la peine.
15:40Est-ce qu'on va augmenter les salaires ? C'est une autre question également.
15:43En fait, la CGT a des chiffres. Elle les a donnés cette semaine.
15:47La CGT, le syndicat, dénombre 546 plans de suppression d'emplois
15:51entre septembre 2023 et ce mois de mars, dont 75% dans le secteur de l'industrie.
15:57Donc c'est une tendance à suivre quand même de très près.
15:59Alors Alexandra Roulet, je me tourne vers vous puisqu'on a évoqué,
16:03et Natacha Valla a évoqué la question de ce qu'on appelle les stabilisateurs automatiques
16:07qui nous permettent d'amortir en quelque sorte le choc.
16:09Est-ce que, très concrètement, la France, si la guerre se poursuit,
16:14va au-devant de ce qui pourrait ressembler à une forme de crise ?
16:18Alors, les chiffres mentionnés par la CGT, les plans de licenciement dont elle parle,
16:22ne sont pas imputables à la guerre, puisqu'il y a un problème chronologique là.
16:27Mais du coup, ce que je pense, c'est qu'encore une fois, sur l'impact vraiment économique de la
16:30guerre,
16:30c'est un peu tôt pour se prononcer tant qu'on ne sait pas la durée du conflit.
16:33C'est vraiment difficile.
16:34C'est le cœur du problème.
16:34En revanche, ce qui est vrai, et Emmanuel le rappelait,
16:37c'est qu'évidemment, on est globalement dans un environnement très incertain.
16:41La guerre en est une des manifestations, mais comme vous l'avez dit,
16:44il y a de l'incertitude au niveau mondial, en particulier depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump,
16:48mais aussi au niveau politique français.
16:52Et donc ça, c'est absolument important de réduire l'incertitude autant qu'on le peut.
16:57Donc, par exemple, la stabilité politique et aussi le fait d'essayer de tenir le cap des finances publiques
17:01est très important de ce point de vue-là,
17:03parce que ça, ça a des répercussions sur la stabilité de l'environnement.
17:07En revanche, quand on parle emploi-salaire, le gros sujet auquel il faut réfléchir,
17:12c'est l'impact de l'intelligence artificielle.
17:14C'est ça qui va profondément bouleverser.
17:18Moi, je ne suis pas dans le camp des très pessimistes qui pensent que ça va être la fin du
17:21travail.
17:22Je suis plutôt dans le camp des optimistes.
17:23Mais malgré tout, ça va être un bouleversement majeur sur le marché du travail.
17:26Et donc, c'est cette force-là, à mon avis, qui est la plus importante à prendre en compte.
17:30Oui, vous regardez l'aspect plus long terme, au-delà de cette crise.
17:36Natacha Vallat, là-dessus.
17:37Je suis entièrement d'accord avec ça.
17:39Et c'est la difficulté de la faire.
17:41C'est-à-dire qu'on a des incertitudes structurelles et des incertitudes liées à des événements
17:46du type de la guerre au Moyen-Orient.
17:48Sur les salaires, ce qui se surajoute à ça, c'est que dans un contexte inflationniste,
17:54les négociations salariales, en principe, elles sont censées vouloir préserver le pouvoir d'achat.
17:59Il faudrait que ce soit aligné avec la productivité du travail aussi, l'évolution des salaires.
18:04Mais bon, ça ne l'est pas forcément toujours.
18:05Le vrai facteur pertinent, c'est que très basiquement, s'il y a plus d'inflation,
18:09on va avoir des négociations salariales orientées vers le haut.
18:12Et ce, d'autant plus qu'on est dans un monde post-2022.
18:16Pendant quasiment une génération, il n'y a pas eu d'inflation.
18:19Donc, les négociations salariales n'étaient pas forcément alertes
18:22et en état d'esprit d'anticipation d'une potentielle inflation élevée, puisqu'elles ne l'étaient pas.
18:28Or, aujourd'hui, on sait qu'on a eu 2022.
18:30On sait qu'on a eu beaucoup plus d'inflation que ce qu'on anticipait.
18:33Alors, moins en France qu'en Allemagne.
18:35En France, de ce point de vue-là, il faut dire quand même qu'on a été plutôt bien protégés,
18:38pour plein de raisons qu'on n'a pas le temps d'évoquer.
18:40Mais en tout cas, cette inflation qu'on voit venir via ce choc pétrolier,
18:45parce que je l'appelle comme ça, moi, aujourd'hui...
18:47Ah, vous êtes comme Roland Lescure, alors !
18:49Je pense qu'il faut... Dans le fond, c'est un peu de la rhétorique, tout ça, mais il faut
18:52quand même...
18:52On est face à un choc pétrolier, selon vous, on peut dire le terme.
18:55On a des éléments assez forts qui ont des impacts sur les prix,
19:00qui ont des chances d'être assez diffus.
19:02Donc, les négociations salariales, à juste titre,
19:05elles vont avoir des chances d'être orientées vers le haut de façon assez marquée.
19:09Et donc, générer, ce que les banques centrales n'aiment pas tellement,
19:13parce qu'on appelle ça les effets de, entre guillemets, second tour,
19:16qui sont les effets de l'inflation sur la boucle salariale,
19:19les salaires reviennent sur les prix, et ça crée de l'inflation.
19:23Donc, on ne s'en sort pas.
19:24Emmanuel Cuny, un mot peut-être sur les atouts dont on dispose aussi.
19:28On a commencé à les évoquer en préambule avec Alexandra Roulet.
19:31Sur l'électricité, par exemple, on a un avantage et on voit le retour du nucléaire en force.
19:35Donc, ça limite la casse à ce niveau-là.
19:37Au niveau des prix pour le consommateur, qu'il soit ménage, foyer ou entreprise,
19:42on a une industrie costaud et il y a l'effort de guerre qui arrive.
19:46Oui, malheureusement, il faut en parler, parce que ça, ça peut créer de l'emploi aussi.
19:49Fabriquer plus d'armements, de cybersécurité, cyberdéfense, etc.,
19:53ça jouera très probablement.
19:54Il faut investir pour innover.
19:57Et puis, c'est peut-être le moment aussi, l'électrochoc, de poursuivre les réformes structurelles.
20:01Celles qu'on n'a pas forcément le courage politique de faire en d'autres temps.
20:04Peut-être qu'il faut aller sur ce terrain-là.
20:06On dit généralement qu'il faut réparer le toit de la maison quand il fait beau.
20:09Mais là, il fait très gris dehors.
20:11Mais c'est peut-être l'occasion, quand même, d'un électrochoc pour aller de l'avant.
20:14Même s'il faut faire toujours attention, les économistes confirment,
20:16à ne pas freiner la croissance, c'est ça, dans ces moments-là ?
20:19Oui, il ne faut surtout pas réduire les investissements
20:22qui vont garantir notre croissance dans l'avenir.
20:25Et c'est pour ça que j'avais commencé sur la question du long terme
20:27qui me paraît quand même très, très important.
20:29Parce que c'est vrai que là, on est un peu écrasé par l'actualité de court terme.
20:32Mais ce qu'il faut vraiment, c'est préparer demain.
20:34Un grand merci, Alexandra Roulet, le Cercle des économistes,
20:37d'avoir été avec nous ce matin.
20:38Merci, Natacha Valla, Conseil national de la productivité.
20:41Merci, bien sûr.
20:43Emmanuel Cuny, restez avec nous sur France Info.
20:45Bon début de week-end.
20:52France Info Météo, avec CIC.
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