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  • il y a 13 heures
«Ce qui va protéger nos enfants, ce n'est pas l'idéologie», a dénoncé Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de la lutte contre les discriminations, sur le plateau de CNEWS, après le choix des députés de gauche de voter contre la perpétuité pour viols en série sur mineur de moins de 15 ans.

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Transcription
00:00– Exactement, moi je crois que j'ai rarement été aussi abasourdie,
00:03en même temps aussi en colère en fait face à un vote.
00:06Parce que je ne vous comprends toujours pas comment il est possible dans notre pays
00:11de s'opposer au fait que des hommes qui ont violé à plusieurs reprises des enfants,
00:18des enfants de moins de 15 ans, puissent échapper à la perpétuité.
00:22Dans cet hémicycle, avant le vote, quand j'ai plaidé pour cet article,
00:26j'ai pris l'exemple d'un cas, malheureusement extraordinairement emblématique.
00:31Le cas dit le squarnec.
00:33Le squarnec a violé 299 fois des enfants, des mineurs.
00:41Sauf que dans l'état actuel du droit, il pouvait au maximum avoir une peine
00:46de réclusion criminelle de 20 ans.
00:48Donc il a eu une peine de réclusion criminelle de 20 ans.
00:51Et donc ça veut dire qu'en s'opposant à cet article,
00:54en empêchant que cet article soit adopté,
00:57on explique que dans des cas comme celui-ci, 20 ans, ça suffit.
01:01Eh bien moi, je considère que 20 ans, ça ne suffit pas.
01:03Parce que je considère que chaque victime mérite d'être reconnue.
01:07On sait à quel point c'est extraordinairement difficile
01:10pour une victime de violences sexuelles, singulièrement un enfant,
01:13un adolescent, de révéler ce qu'il a eu à subir.
01:17Parce que celui qui lui fait subir le pire, c'est quelqu'un qu'il connaît.
01:21C'est quelqu'un qu'il aime.
01:22C'est un parent.
01:23C'est un ami.
01:24C'est un professionnel de santé.
01:26C'est un animateur du périscoire.
01:27Donc quelqu'un en qui on a confiance.
01:29Quelqu'un qu'on tutoie.
01:30Quelqu'un dont on ne se méfie pas.
01:32Quelqu'un dont on pense même qu'il va nous protéger.
01:34Donc évidemment qu'il y a tout ce travail pour identifier,
01:38pour repérer, pour accompagner la parole des victimes.
01:41Mais une fois que la dénonciation est faite,
01:43une fois que l'auteur est identifié,
01:46qu'est-ce qui justifie une seule seconde, une seule minute
01:49que ces hommes-là ne puissent pas être condamnés à perpétuité ?
01:53Un cas comme le squarnec, est-ce qu'on pense sincèrement
01:56qu'il mérite de sortir dans 20 ans
01:58et qu'il n'emportera aucun nouveau risque pour la société ?
02:03À la gauche, vous diriez que la prévention suffit.
02:04C'est l'argument qu'on vous a opposé.
02:06Mais qu'il y ait de la prévention ?
02:07Déjà, en quoi l'un exclut l'autre ?
02:09En quoi l'un exclut l'autre ?
02:10Qui a dit ?
02:11À quel moment ai-je dit qu'il ne fallait pas de prévention ?
02:14Évidemment qu'il faut de la prévention.
02:16Évidemment qu'il faut intervenir dans les écoles
02:18pour permettre aux enfants de révéler leurs paroles
02:20et de dire s'ils ont eu à subir des violences sexuelles
02:23pour immédiatement les interrompre.
02:25Évidemment qu'il faut à un moment déconstruire
02:27ces schémas de domination
02:28qui font qu'on considère encore,
02:30et que certains considèrent encore,
02:31qu'on peut être un bon parent
02:33alors qu'on a été condamné pour des violences intrafamiliales,
02:36qu'on doit maintenir à tout prix un lien
02:37entre l'enfant et le parent,
02:39y compris si le parent, il y a un risque et un doute
02:41qu'il ait commis des violences sexuelles.
02:43Évidemment.
02:44Mais on doit faire les deux.
02:45Et donc moi je refuse qu'on donne cette logique binaire
02:48d'une gauche qui nous expliquerait
02:49qu'il faut du tout sur la prévention uniquement
02:53et de la même manière,
02:54une même strain de droit qui m'expliquerait
02:55qu'il faut du tout sur le sécuritaire
02:57mais pas de prévention.
02:58Il faut faire les deux
02:59parce qu'il faut protéger nos enfants.
03:00Et protéger nos enfants,
03:02c'est de la prévention,
03:03c'est de la détection,
03:04c'est du repérage,
03:05c'est de l'accompagnement,
03:06mais quand même,
03:07c'est aussi de la sanction,
03:09c'est aussi de la lutte contre l'impunité.
03:10Surtout dans les cas dont on parle
03:10qui sont très précis.
03:11Et quand moi,
03:13je rencontre les victimes,
03:14je sais bien que
03:15toutes les victimes
03:16ne plaident pas forcément
03:17pour la même chose,
03:18je sais bien que chaque fois,
03:19c'est une histoire absolument singulière
03:21de ce qui leur est arrivé,
03:23de la capacité qu'elles ont eu
03:24à révéler leur parole.
03:25Mais puisqu'elles m'ont autorisé
03:26à en parler,
03:27Arnaud Gallet,
03:28qui a fondé le mouvement
03:29Move Enfant,
03:30qui est l'un des mouvements
03:31les plus en soutien
03:33sur la parole des victimes,
03:35est en soutien
03:36de cette disposition
03:37sur la perpétuité.
03:39Angélique Cochy,
03:40qui a fondé l'association Rebond
03:41sur les violences sexuelles
03:42dans le sport,
03:43de la même manière.
03:44Sarah Abitbol,
03:45qui était une des premières
03:46grandes sportives
03:46à témoigner des violences sexuelles
03:48qu'elle a eues à subir,
03:49de la même manière.
03:51Donc encore une fois,
03:52qu'est-ce qui peut justifier
03:53qu'on s'y oppose ?
03:54Ou alors c'est de l'idéologie.
03:56Mais nos enfants,
03:57à un moment,
03:58ce qui va les protéger,
03:59ce n'est pas l'idéologie.
04:00Ce qui va les protéger,
04:01c'est la lutte contre l'impunité.
04:03Et donc,
04:03c'est pour ça que j'ai demandé
04:04au nom du gouvernement
04:05qu'il y ait un nouveau vote.
04:06Un nouveau vote
04:06qui aura lieu mardi.
04:07C'est très rare
04:07qu'on demande
04:08qu'il y ait une nouvelle délibération,
04:09qu'il y ait un nouveau vote.
04:10Mais mardi,
04:11il y aura un nouveau vote.
04:11Et ça veut dire
04:12que les projecteurs,
04:13ils seront braqués
04:14sur cette émission.
04:15Vous pensez que la gauche
04:15peut changer d'avis ?
04:16Vous l'espérez ?
04:17J'espère qu'il y aura du monde
04:17dans cette émission.
04:18Parce qu'on n'était pas
04:19assez nombreux vendredi.
04:20C'est un sujet
04:20où si la gauche l'a importé,
04:21c'est aussi parce que
04:21le bloc central...
04:22Chacun doit être au rendez-vous.
04:23On était certes vendredi,
04:24mais il n'y avait personne.
04:25Mais ça ne le justifie pas.
04:26Je le dis aussi.
04:27Chacun doit être au rendez-vous.
04:28Parce que c'est
04:29la dernière séance
04:30de l'Assemblée nationale
04:32avant les vacances parlementaires.
04:34C'est un moment
04:35qui sera important
04:36parce qu'on votera
04:36sur tout le texte,
04:38sur tout le projet de loi
04:39sur la protection de l'enfance.
04:40Et que juste avant,
04:41on aura ce vote
04:41pour savoir si,
04:42oui ou non,
04:43on considère
04:44que des violeurs
04:45en série d'enfants
04:45doivent pouvoir
04:47avoir une peine
04:48de perpétuité
04:49ou si on considère
04:50que 20 ans au maximum,
04:52ça suffit.
04:53Et je crois que là,
04:54chacun se fera son avis.
04:55Et que les Français
04:56se feront leur avis
04:57sur chaque député
04:58qui aura voté
05:00en son âme et conscience.
05:01Parce que là,
05:01ce n'est pas une logique
05:02de groupe politique.
05:03C'est une logique individuelle.
05:04C'est une logique d'humanité.
05:06C'est une logique de dignité.
05:07Est-ce qu'on est pour ?
05:08Est-ce qu'on est contre ?
05:09Et j'espère
05:10qu'ils seront nombreux en séance.
05:11Et oui, j'espère
05:12que les députés de gauche
05:14considéreront
05:16que le devoir d'humanité
05:17qui est le nôtre
05:17et de protection
05:18de nos enfants
05:19doit les conduire
05:20à voter en faveur
05:22de la perpétuité.
05:23Sous-titrage Société Radio-Canada
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