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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo
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00:0019h, c'est l'heure. Ravie de vous retrouver ce soir pour une édition particulière sur la colère des agriculteurs.
00:08Mais pas que. D'abord, Margot Siffleur pour les infos.
00:12Bonsoir Christine, bonsoir à tous.
00:14La manifestation parisienne des agriculteurs non déclarée, c'est ce que déplore le ministre de l'Intérieur, Laurent Nounia, si elle n'a pas été dispersée.
00:23Il invite à l'avenir la coordination rurale à prendre attache avec les autorités.
00:26Le nord-ouest de l'Hexagone se prépare à affronter.
00:29La tempête Goretti, des rafales de vent pourraient atteindre les 170 km heure dans la Manche.
00:34Elle est en vigilance rouge. Ses écoles, collèges et lycées seront fermées ce vendredi.
00:39Et puis au douzième jour de manifestation contre la vie chère, le président iranien appelle à la plus grande retenue.
00:44Au moins 45 manifestants, dont deux mineurs déjà tués.
00:47Les rassemblements auraient causé une coupure d'internet à l'échelle nationale.
00:52Merci beaucoup ma chère Margot.
00:54Oui, au sommaire ce soir, Emmanuel Macron l'a appris il y a quelques instants, dira non au Mercosur.
00:59On nous explique que le Mercosur est inévitable, que la mondialisation est un destin et que ceux qui résistent sont simplement en retard.
01:07Les agriculteurs protestent, on les écoute, puis on signe quand même.
01:10À Paris, où on promet le bonheur en campagne pendant que le réel se dégrade et que les mêmes recettes continuent,
01:16toujours le même réflexe, ignorer le terrain, gouverner par symbole, avancer sans jamais rendre de compte.
01:24Mais une démocratie peut-elle encore tenir debout quand ceux qui nourrissent et ceux qui votent ne sont plus jamais entendus ?
01:30L'édito de Mathieu Bocoté ce soir.
01:32Dans cette crise agricole, le gouvernement a perdu ce qu'il croyait maîtriser le mieux, l'image.
01:39Face aux communicants, des paysans taiseux.
01:42Face aux mises en scène, des images vraies.
01:45Des tracteurs à l'aube autour de l'Arc de Triomphe.
01:48Des drapeaux, des chants, la Marseillaise, une France digne, laborieuse, silencieuse, qui parle sans slogan.
01:54Le pouvoir communique, les paysans incarnent quand un pays reconnaît davantage sa vérité dans ses paysans que dans ceux qui le gouvernent,
02:04qui a encore la légitimité pour le diriger, l'analyse de Gabriel Cluzel.
02:08Les paysans ne sont pas des Français parmi d'autres.
02:11Ils sont l'histoire même de la France, de notre pays.
02:15Les paysans ont façonné l'histoire de la France.
02:18Quand ils se lèvent, ce n'est pas une revendication de plus.
02:21C'est la mémoire du pays qui frappe à la porte du présent.
02:25La France peut-elle encore se raconter une histoire en oubliant ce qu'ils ont écrite ?
02:30Le regard de Marc Menand.
02:32Si les agriculteurs sont soutenus aussi massivement, ce n'est pas par réflexe corporatiste, c'est par reconnaissance.
02:39Ils incarnent ce que beaucoup sentent leur échapper.
02:43L'enracinement, le travail réel, la transmission, la dignité.
02:47Leur colère est comprise parce qu'elle est sincère, parce qu'on sait qu'un métier où l'on se suicide tous les jours, voire tous les deux jours, ne joue pas la comédie.
02:58Et derrière, le Mercosur, les normes, les frontières, les taxes, c'est une question plus vaste qui surgit ce soir.
03:04Quand ceux qui nous nourrissent ne peuvent plus vivre de leur travail, sommes-nous devant une cause d'union nationale
03:09qui symbolise tout le déclin de la France, le dériptage de Charlotte Dornelas ?
03:14Sarah Knafo lance sa candidature à la mairie de Paris.
03:18Et ce n'est pas anodin, ce n'est pas seulement une candidature municipale, c'est l'émancipation d'une figure politique.
03:25La députée européenne reconquête promet de rendre Paris vivable plutôt que de réinventer la ville.
03:32Qu'est-ce qui se joue vraiment derrière cette candidature ?
03:35L'édito de Mathieu Bocoté.
03:37Et puis ce soir, notre invité face ne sera ni un communicant, ni un expert, ni un politique.
03:45C'est un agriculteur, c'est un paysan.
03:47L'un de ceux qui, comme d'autres sur les Champs-Elysées, à Paris, en région parisienne ou en région en province,
03:54bravent le froid, la pluie, la fatigue, l'anxiété, des semaines d'attente, des mois d'attente, des années d'attente,
04:01pour simplement pouvoir espérer vivre.
04:03Alors, Anthony sera avec nous ce soir, qui mieux qu'un agriculteur peut raconter ce que la France est en train de devenir.
04:10Une heure avec nos mousquetaires pour tout se dire, et sans tabou et en jaune ce soir.
04:14Sous-titrage Société Radio-Canada
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05:00qui crie la Marseillaise.
05:02Aujourd'hui, les agriculteurs abordent fièrement les couleurs de la France.
05:05Regardez ce drapeau français posé en guise de banderoles sur leur tracteur.
05:10Et puis, certains Parisiens étaient présents pour apporter des vivres aux agriculteurs
05:14avec le sourire, comme cette Versaillaise Charlotte venue avec du pain et des rillettes.
05:20Je voulais aussi vous montrer cette image touchante, celle de Clotilde, 80 ans,
05:25qui prie, dit-elle, Sainte-Geneviève pour la France et ses paysans.
05:28Elle est venue là, au cœur des paysans, ce matin devant l'Assemblée nationale.
05:32Elle s'est déplacée jusque devant l'Assemblée nationale pour en témoigner de son soutien aux agriculteurs.
05:39Et parmi eux, ils sont nombreux, puisqu'on a appris ce soir que 80% des Français soutiennent
05:44la mobilisation des agriculteurs, d'après un sondage CSA, Foncet News, le JDD Europe 1.
05:5179%, 80%, près de 80%.
05:55Emmanuel Macron a dit qu'il ne signera pas.
05:58Le Mercosur, on l'a appris il y a quelques instants.
06:01Mathieu Bocoté, je me tourne vers vous pour bien comprendre.
06:04Évidemment, toute l'émission sera tournée vers ce sujet ce soir.
06:09Oups ! J'ai oublié de vous présenter Anthony.
06:12Anthony, vous êtes là.
06:13Vous allez assister à l'émission pendant toute face à l'info.
06:18On est ravis de vous avoir sur ce plateau.
06:20Merci.
06:21On aura une interview avec vous en fin d'émission.
06:23Mais vous êtes là, dès le début.
06:25Et j'aime bien parce qu'Anthony nous a dit, oh non, je ne peux pas venir parce que je suis sale.
06:29Je ne peux pas venir.
06:31Et je lui ai dit, mais venez comme vous êtes.
06:36Surtout, ne vous maquillez pas.
06:38Et on a envie de vous avoir, vous, vrais agriculteurs de terrain.
06:42Mathieu Bocoté, les agriculteurs, en bonne partie, on le sait, rejettent le Mercosur et le font savoir aujourd'hui.
06:48Pourtant, il semble bien que l'accord sera signé, je pense.
06:51Même si Emmanuel Macron a dit qu'il ne va pas signer.
06:54Comme si le train diplomatique qui nous y conduit ne pouvait pas s'arrêter.
06:58Est-ce qu'on peut voir, dans cette signature à venir, une fuite en avant ?
07:02Oui, parce qu'au-delà d'Emmanuel Macron, c'est évidemment von der Leyen qui compte à travers ça.
07:06C'est l'Europe qui compte à travers cela.
07:08Alors, on est, moi, ce qui me frappe dans les circonstances actuelles, ce sont les arguments utilisés pour justifier le Mercosur.
07:15Et je peine à ne pas y voir quelque chose comme le barreau de donneur des mondialistes, en quelque sorte.
07:21Alors, l'argument qui nous est souvent présenté, c'est que ça fait 25 ans qu'on y travaille.
07:26Donc, c'est comme si on nous dit, tant de travail ne peut aboutir à un avortement.
07:30Il nous faut signer ce traité, puisqu'on y a tant travaillé.
07:34Ce qu'on oublie, c'est que c'est le moment où on a commencé à penser au Mercosur.
07:37Et aujourd'hui, on a changé d'époque entre-temps.
07:40Le Mercosur date d'une époque qui est celle de la mondialisation « heureuse ».
07:44Cette époque où on croyait qu'il fallait faire tomber l'ensemble des frontières, les différentes protections nationales.
07:50Tout ce qui relevait du protectionnisme devait être liquidé pour qu'elle devienne un monde de la circulation intégrale des biens, des hommes, des matières.
07:59En fait, comme si le monde ne devait être qu'un.
08:02Cet idéal qui remonte aux années 90, dans les années 2000, il était très fort.
08:07Qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui?
08:08C'est un idéal qui est désavoué de partout.
08:11Le monde qui se dessine devant nous, et ça va bien au-delà de Donald Trump,
08:15le monde qui se dessine devant nous est un monde qui redécouvre les frontières,
08:18est un monde qui redécouvre le local, est un monde qui redécouvre l'enracinement.
08:22Et le Mercosur, de ce point de vue, doit moins être pensé comme une entente commerciale qu'à la manière d'un projet politique.
08:29Un projet politique qui nous dit, même si certains doutent de la mondialisation,
08:34nous, Européens, nous, Européistes, nous continuons d'y croire absolument.
08:39Nous continuons d'y croire malgré tout.
08:41Le monde entier redécouvre aujourd'hui les frontières.
08:44Nous, nous refusons de nous plier à cette époque nouvelle.
08:48On comprend, les élites qui nous dirigent n'ont pas eu la mondialisation ou le mondialisme simplement comme préférence politique.
08:54C'était presque leur identité qui était forgée là-dedans.
08:57Un homme ouvert était un homme sans frontières.
09:00Un homme ouvert était un homme sans racines.
09:02Un homme ouvert n'avait pas de rapport particulier envers sa terre, envers ses paysans, envers son pays.
09:09Un homme ouvert était un monde qui embrassait l'humanité dans son ensemble et qui traitait comme un accident secondaire à son appartenance.
09:16Ce modèle, aujourd'hui, je l'ai dit, fait faillite.
09:19Mais ils ne veulent pas reconnaître, nos élites, nos élites, ils ne veulent pas reconnaître que ça fait faillite.
09:23Donc, on les entend toujours tenir les mêmes arguments.
09:26La mondialisation a enrichi les populations des pays pauvres, mais aussi des pays occidentaux.
09:31Quand on voit, objectivement, aujourd'hui, la désindustrialisation, quand on voit le sacrifice de l'agriculture, quand on voit la paupérisation des classes moyennes, quand on voit l'effondrement psychique anthropologique des populations, néanmoins, on nous dit « vous n'avez jamais été aussi heureux ».
09:46Les gens en doutent, mais on leur dit « vous êtes heureux ». Mais vous ne comprenez pas, vous êtes heureux.
09:49D'accord, si on est heureux, merci. Une pilule, s'il vous plaît.
09:52Dans le même état d'esprit, on est dans une logique où on nous a dit que c'était une croissance globale.
09:56Ce qu'on constate, et c'est une formule qui a souvent été utilisée, elle est un peu limitée,
10:00mais la mondialisation, c'était les pauvres des pays riches qui finançaient les riches des pays pauvres.
10:04C'est limité, c'est pas tout à fait exact, mais ça disait quand même quelque chose.
10:08De la même manière, cette espèce de logique mondialiste considérait qu'il fallait sacrifier les activités non productives.
10:16Donc dès lors que ce n'était pas une activité qui était compatible avec la logique de la mondialisation,
10:20il fallait la sacrifier, elle était dépassée.
10:23Qu'est-ce qu'on voit aujourd'hui ? Ce système fait faillite, je l'ai dit,
10:28mais parce qu'il fait faillite et parce que nos élites continuent d'y croire néanmoins,
10:32vous savez, c'est le propre d'un dogme, on y croit et plus il est désavoué par le réel, plus il faut l'imposer de force.
10:38Eh bien le Mercosur est devenu le symbole du « nous l'imposerons malgré tout ».
10:42Et on pourrait dire, on pourrait aller encore un peu plus loin, c'est même dans le rapport à l'Europe.
10:47C'est-à-dire là, Emmanuel Macron va voter contre, ça ne veut pas dire pour autant que le Mercosur ne sera pas imposé.
10:52Donc qu'est-ce qu'on voit avec ce vote ?
10:54C'est parce qu'il ne remettra pas en question la partenance de la France à l'Europe ensuite,
10:58il ne remettra pas en question la structure de décision fédérale européenne.
11:01Donc dans les faits, si le Mercosur s'impose, même si la France s'y oppose,
11:04ça veut dire que l'Union européenne, la partenance à l'Union européenne version fédérale
11:09est plus importante que les intérêts des agriculteurs français.
11:13Le bien commun, le bien suprême, c'est une Europe toujours plus intégrée,
11:17avec une souveraineté européenne toujours plus affirmée,
11:20et la France peut protester, peut dire on n'est pas heureux, peut voter contre.
11:24En dernière instance, son vote peut compter, mais il ne sera pas déterminant,
11:28parce que ce qui est le plus important, c'est pousser toujours plus loin la souveraineté européenne
11:33dans l'utopie mondialiste, et nous y sommes aujourd'hui.
11:36Mais que faire de la voix des paysans, Mathieu ?
11:39Que faire de la voix des agriculteurs ? Est-ce qu'elle ne doit pas être entendue ?
11:43Ah mais elle est entendue. Ne nous trompons pas, les élites entendent ces voix,
11:46mais considèrent que ce sont des lamentations secondaires.
11:50En gros, on se dit voilà des catégories sociales, des catégories sociologiques déclassées, périmées.
11:55Donc inévitablement, quand vous êtes périmé, vous protestez, vous préférez ne pas l'être.
11:59Donc les élites disent oui, oui, on vous entend, on entend.
12:01Et c'est tout le discours qu'on entend depuis quelques jours.
12:04On dit oui, on entend la colère des agriculteurs, on entend l'inquiétude des agriculteurs.
12:08Mais l'entendre ne veut pas dire agir en conséquence.
12:10L'entendre veut simplement dire on vous entend, calmez-vous un peu,
12:14démobilisez-vous s'il vous plaît, cessez de perturber, rentrez chez vous,
12:18et une fois de temps, on aura cessé de vous entendre.
12:20Donc le « je vous entends », c'est une technique de marketing médiatique
12:24pour démobiliser des agriculteurs qui aujourd'hui deviennent une force politique
12:28qui fédère, un peu comme les gilets jaunes hier,
12:30qui fédère le peuple français dans un commun rejet d'un modèle.
12:35Alors on pourrait dire qu'à la rigueur, ils peuvent obtenir des choses.
12:37Quand le pouvoir a trop peur, il peut faire des concessions.
12:40Il va dire à tel groupe d'agriculteurs, ou encore dans l'autre domaine,
12:43aux petits commerçants, on va vous faire des concessions,
12:45on va peut-être faire des subventions, on va peut-être faire un chèque
12:48pour vous permettre d'assumer la transition,
12:51mais on ne sortira pas du modèle qui vous a conduit à cette détresse.
12:56Donc, qu'on se comprenne bien, la mondialisation n'est pas seule responsable
12:59du malheur des agriculteurs, ou des commerçants, ou des travailleurs.
13:02On pourrait parler du poids des règles, des normes,
13:05on pourrait parler du poids de l'Europe, de l'étatisme,
13:07de toute une série de facteurs.
13:09Mais le fait est que le mondialisme, en plus que la mondialisation,
13:13le mondialisme poussé à l'extrême a aujourd'hui engendré
13:15cette détresse de toutes les catégories sociales enracinées.
13:19Et je pense qu'on doit aussi poser une question à travers cela,
13:21parce que l'argument qui nous est souvent présenté, c'est
13:23« Oui, mais s'il y avait telle protection, davantage de protectionnisme,
13:27vous allez payer plus cher vos biens, vous allez payer plus cher,
13:30je ne sais pas moi, telle pièce de viande, vous allez payer plus cher tel vêtement. »
13:33Et là, c'est vraiment le type d'homme qu'a produit la mondialisation
13:36qu'on doit avoir à l'esprit.
13:37On a produit vraiment le consommateur névrotique,
13:40qui est toujours à la recherche du plus bas prix possible,
13:42dans une consommation compulsive, mais détachée de tout le contexte de la vie.
13:47Donc, on le voit avec les vêtements, il y a une marque dont je ne me rappelle pas le nom.
13:50C'est une marque, effectivement.
13:51Oui, mais c'est vrai que c'est l'obsession de la consommation.
13:53Consommé à tout prix, j'achète, je jette, j'achète, je jette, je m'en débarrasse,
13:58et ensuite, je veux les produits au plus bas prix possible,
14:00même si dans les faits, nous sommes de plus en plus condamnés à des produits de basse qualité.
14:04On le voit, les normes d'exigence imposées aux produits d'étrangers
14:06ne sont pas les mêmes que les normes d'exigence imposées aux produits français.
14:09Mais sur le coup, on dit très bien, ça ne coûte pas très cher, je vais en profiter.
14:13Au final, qu'est-ce qu'on voit?
14:14Le consommateur névrotique devient indifférent à tout sauf au bas prix de ce qu'on lui propose.
14:19Au final, il consent sans le savoir à la destruction de son pays.
14:22Vu l'appui au mouvement des agriculteurs en ce moment, il est possible qu'il n'y concentre plus.
14:26Certains parlent des limites de la marchandisation du vivant, Mathieu, n'est-ce pas?
14:30La question posée implicitement par le Mercosur.
14:33Oui, je crois, je crois.
14:34Je n'ai jamais été le plus écolo des écolos.
14:36Il y a quelque chose chez eux, quelquefois, on dirait qu'ils préfèrent les moustiques aux êtres humains.
14:40Mais sur le fond des choses, il y a un problème avec cette espèce de production industrielle du vivant.
14:47Comme si finalement, le bout de viande n'était que bout de viande.
14:50Avant, ce n'était pas un bœuf auparavant.
14:52Avant, ce n'était pas un animal, ainsi de suite.
14:53Donc, cette idée qu'on va aller faire pousser, entre guillemets, de la viande en Argentine ou de la viande dans tel pays,
14:59on va la faire transposer en Europe comme si finalement, il n'y avait aucune spécificité à l'agriculture française.
15:04Comme si on allait piger des produits un peu partout sur la planète,
15:06comme s'il s'agissait de tout autant de morceaux de plastique.
15:08Il y a quelque chose dans cette vision, on pourrait désincarner du vivant.
15:13Une vision désincarnée de la nourriture, une vision désincarnée de l'alimentation.
15:17Il y a quelque chose là-dedans qui, à mon avis, est un peu déshumanisant.
15:21Et de ce point de vue, c'est une forme d'anthropologie où tout doit être marchandisé intégralement.
15:25Et on oublie, pour reprendre une formule qui nous vient encore une fois de certains plus conservateurs,
15:29que le circuit court, le circuit local, le fait d'avoir des produits liés à un terroir,
15:35ça vient avec des saveurs, des traditions, c'est avec une manière de vivre, une manière d'habiter le monde.
15:40Il se peut que l'enracinement soit une réponse à la crise que nous traversons en ce moment.
15:44Mais ce qui est certain, c'est que nos élites à travers cela continuent de dire néanmoins,
15:47« Mercosur, Mercosur, Mercosur », c'est le dernier baroud des mondialistes pourtant désavoués par le réel.
15:53Merci Mathieu Bocoté. Dans un instant, on verra avec Charlotte Dornelas comment c'est le cri de la France,
15:59ce cri des agriculteurs. On verra avec Gabriel Cluzel comment le gouvernement a perdu la guerre de la communication.
16:07Là, on est face au réel. On verra avec Marc Menon comment les paysans, ce sont eux qui ont fait la France.
16:13On marque une pause. On revient avec notamment Anthony Koupchou qui est avec nous,
16:18qui est agriculteur, fils d'agriculteur, petit-fils d'agriculteur.
16:23Ni syndiqué, ni politique, mais juste un agriculteur. On parle avec lui dans un instant.
16:32Retour sur le plateau de...
16:34Marc Menon, ça va ? On est à l'antenne là ?
16:41Ah pardon, bonsoir.
16:43Merci, c'est gentil. Je vous dis qu'on ne sait pas quoi faire de Marc Menon.
16:49Concentrez-vous sur votre chronique.
16:50C'est de Pierre-en-Pierre.
16:51Anthony Koupchou, vous êtes avec nous, vous voyez comment ça se passe.
16:55On compte sur vous pour ramener le calme.
16:57Alors j'aime bien parce que pendant la publicité, Anthony Koupchou s'interrogeait sur ce que deviendra son tracteur.
17:03Excusez-nous, non mais c'est vrai, il est où votre tracteur ?
17:06Moi, il est possiblement en fourrière ou sur un porte-chart, on ne savait pas trop.
17:11C'est-à-dire où est-ce que vous l'avez laissé votre tracteur ?
17:13Moi, je l'ai laissé où on nous a bloqué avec les CRS depuis 5h du matin.
17:16Où précisément ?
17:17À Viri-Chétion.
17:18Moi, je suis parti d'hier à D'Argent, il était 19h.
17:23Je suis arrivé à 1h30, 2h du matin à Étampes.
17:32Et puis du coup, on est parti à 3h du matin, donc on n'a pas dormi.
17:38On est parti à 3h du matin et puis on a joué dans la région parisienne, entre les champs, les routes, les autoroutes, un peu tout.
17:48Et puis au bout d'un moment, on a joué, on a perdu, on a des CRS qui nous ont bloqués.
17:53Mais là, ça s'est mal passé parce qu'il y avait une interdiction de circuler.
17:57Et du coup, ils nous ont saisi nos véhicules.
17:59Si quelqu'un a des nouvelles du tracteur d'Anthony Koupchou, il ne parle que de ça, je vous le dis.
18:07Donc, Anthony Koupchou est avec nous.
18:09On est ravis qu'il ait quitté son tracteur pour venir nous parler, nous témoigner de ce qu'il vit sur le terrain.
18:15Il a 41 ans, il est marié, il a deux enfants, il est agriculteur, fils d'agriculteur, petit-fils d'agriculteur.
18:21Il a 65 bovins, 30 brebis, 5 truies, 1 vera.
18:25On a un petit prénom, vous le verrez.
18:26J'ai une petite suggestion pour vous.
18:30Et vous avez 29 ruches également.
18:33On va en parler dans un instant.
18:36Mais vous savez, sur les réseaux sociaux, beaucoup de personnes s'interpellent, interrogent.
18:40Ils sont où les artistes, les chanteurs, les comédiens, les comiques, les politiques, les députés pour soutenir les agriculteurs ?
18:48Tout le monde se pose des questions ce soir.
18:50Je rappelle 79% des Français qui soutiennent la mobilisation.
18:53Il y a un fait frappant dans cette crise agricole qui pourrait coûter cher au gouvernement.
18:59C'est que celui-ci a perdu la guerre des images face aux agriculteurs.
19:04Les agriculteurs ont gagné la guerre de la communication.
19:08Est-ce que ce n'est pas, Gabrielle Plusel, paradoxal pour un gouvernement que l'on accuse souvent de se concentrer sur la com ?
19:14Oui, c'est presque déconcertant, en effet, parce que ce gouvernement, c'est en principe la com.
19:20Il la soigne, il la privilégie.
19:24Il y a des gens qui travaillent là-dessus, qui sont payés pour.
19:26On lui reproche même d'être plus dans la communication que dans l'action.
19:30Les agriculteurs, c'est l'inverse.
19:32Souvenez-vous de Giono, par exemple.
19:33Il y en a eu bien d'autres qui disaient que les paysans étaient des taiseux.
19:36Ils sont connus comme ça.
19:37La com, ce n'est pas leur truc.
19:39Eh bien, pourtant, ils ont gagné cette guerre et ça va être compliqué d'inverser la vapeur.
19:45Alors, c'est des images qui sont parfois prises au vol par des smartphones de mauvaise qualité,
19:52mais qui circulent à toute vitesse sur les réseaux sociaux.
19:55C'est un peu l'ubérisation du reportage.
19:58Et c'est vrai que ça a porté la cause agricole.
20:02Ça fait mouche dans le public.
20:04Alors, on peut commencer par un tout petit exemple ce matin.
20:07J'avoue que voir au petit matin ces tracteurs autour de l'Arc de Triomphe,
20:11c'était très touchant et puis c'était très symbolique,
20:14mais presque malgré eux.
20:17Sans doute n'y avait-il pas pensé, mais c'était un fait.
20:20Il faut savoir que la moitié des soldats tombés pendant la guerre du XIV étaient des paysans.
20:25Donc, il y a fort à parier.
20:26En tout cas, il y a beaucoup de chance pour que le soldat inconnu soit un paysan.
20:31Il faut se souvenir qu'on les envoyait dans l'infanterie
20:33parce qu'ils étaient réputés plus résistants que les citadins.
20:36Ils en étaient vraiment de la chare à cadons.
20:37Et pourquoi ils ont fait leur devoir comme ça, sans moufter ?
20:41Eh bien, parce qu'ils avaient l'assurance de défendre leurs descendants
20:43et de défendre les frontières de leur pays.
20:45Aujourd'hui, le Mercosur brade les frontières, menace leurs descendants.
20:48Le Mercosur est la mondialisation de façon générale.
20:51Et c'est vrai que si le soldat inconnu pouvait se relever,
20:53eh bien, il serait la statue du commandeur.
20:55Et cette image est très forte.
20:57Mais on peut dire que dès le début, Gabriel Cusel, les agriculteurs,
21:01ont pris un avantage tout de suite en la matière.
21:04Oui, dès début 2024, il y a eu cette idée géniale de renverser,
21:08retourner les panneaux des villages.
21:10C'est tout simple.
21:11Ce n'est même pas de la dégradation, puisque vous les remettez avec deux vis.
21:14Mais tout le monde se reconnaît dans ce « on marche sur la tête »
21:17qui peut être décliné à peu près tous les registres, au-delà de l'agriculture.
21:21Puis tout de suite, il y a eu des drapeaux français arborés sur les tracteurs,
21:25sur les barrages, dans les convois de tracteurs.
21:27Et alors peut-être que ça leur paraissait naturel,
21:29mais au même moment, dans les manifestations,
21:32il y avait en général des drapeaux palestiniens.
21:34Il y a aussi des figures de combattants,
21:38presque de martyrs pourrait-on dire, qui ont frappé.
21:41Vous vous souvenez de Camille, 12 ans, qui était venue avec ses parents,
21:46a protesté contre l'agriculture, pour défendre l'agriculture,
21:50qui ne veut pas mourir.
21:52Et elle a trouvé la mort sur un barrage,
21:53vous vous souvenez, avec sa mère Alexandra.
21:57Elle a été fauchée de plein fouet par un chauffard qui était sous OQTF.
22:02Ça aussi, c'est très symbolique.
22:03C'est l'impéritie agricole qui a percuté l'impéritie migratoire.
22:08Et quand Camille et sa mère Alexandra ont été enterrées en Ariège,
22:12dans l'église de Saint-Jean-de-Teyer, pleine à craquer,
22:15c'était un peu l'agriculture française qu'on a enterré.
22:18C'était une image très forte et vraiment tragique.
22:22On se souvient aussi, je ne sais pas si on a l'image de Constance,
22:26une fillette de 14 ans.
22:28C'est un petit reportage.
22:30Là aussi, c'est les réseaux sociaux qui ont fait leur travail,
22:32parce que tout le monde ne regarde pas la chaîne France Bleu Périgord,
22:36pour être tout à fait franc.
22:37Mais ça a été diffusé via les réseaux sociaux.
22:40Donc, elle s'activait tous les jours.
22:42C'était très touchant de l'entendre raconter.
22:44Pendant l'absence de ses parents qui étaient sur un barrage à Rungis.
22:49Je vous souvenais à l'époque, il y avait eu un barrage à Rungis.
22:51Alors, elle s'occupait des vaches avec l'aide de son grand-père.
22:54Elle était toute mignonne, toute souriante.
22:56Elle expliquait que le matin, elle se réveillait à 7h30.
22:58Elle apportait du foin aux bêtes avant de partir à l'école.
23:00Et retour à 16h30, d'abord les devoirs, puis la traite jusqu'à 19h30.
23:05Elle disait, c'est pas compliqué.
23:07Elle expliquait ça vraiment toute candide.
23:09Je fais ça depuis que je suis petite.
23:11Et cette vidéo a rencontré un succès absolument colossal.
23:15Ça a touché le cœur des internautes.
23:17C'est vrai que les enfants qui aidaient leurs parents à la ferme
23:19tout en menant de faire leurs études, c'était assez courant jadis.
23:23Mais c'est vrai que ces trois générations, sous le même toit,
23:26s'entraidant avec beaucoup d'affections familiales,
23:29c'est vrai que ça a beaucoup marqué les citadins.
23:32Je répète que quelques jours auparavant, Sandrine Rousseau
23:34avait à nouveau fait une sortie sur le droit à la paresse.
23:37Et Emmanuel Macron avait dit que les émeutes étaient dues à l'oisiveté
23:42et au manque de loisirs.
23:44Voyez un petit peu le contraste.
23:47Alors de son côté, le gouvernement avait essayé de faire de la com'
23:50mais ça sonnait beaucoup moins spontané.
23:53Je ne sais pas si vous vous souvenez, on se souvient que Gabriel Attal,
23:55en janvier 2024, avec ses jolis souliers,
23:58il était monté sur une botte de foin en Haute-Garonne.
24:01C'était insolite et gracieux comme Marie-Antoinette
24:04jouant à la bergère au petit Trianon.
24:07Et donc c'était vraiment un désastre sur le plan de la communication
24:10tellement ça faisait factice.
24:11Alors ça, c'était les agriculteurs en colère en 2024
24:15mais ça s'est poursuivi en 2025.
24:17Oui, en effet, s'agissant de 2025, on peut rappeler juste avant Noël
24:22et ces images désastreuses en Ariège,
24:24dans une exploitation où les bovins devaient être abattus
24:26à cause de la dermatose nodulaire.
24:29Écoutez, Emmanuel Macron avait dit
24:31« Soyez fiers d'être des amateurs ».
24:32On dirait qu'au ministère de l'Agriculture,
24:34on l'avait entendu 5 sur 5, peut-être aussi le préfet.
24:38C'est vraiment une crise qui a été gérée comme un pied,
24:40les deux pieds dans le même sabot pour rester dans le thème.
24:43Et c'est vrai que voir des gendarmes déployant leurs centaures
24:46comme s'ils n'étaient pas plus utiles ailleurs
24:48face à des paysans chantant la Marseillaise
24:50et brandissant leur drapeau,
24:52dont le seul crime était de vouloir protéger leur cheptel,
24:54c'était catastrophique.
24:56Et c'était une communication préjudiciable pour le gouvernement
24:59mais aussi peut-être plus grave pour les forces de l'ordre
25:00parce que ça écornait peut-être leur image
25:04auprès d'une population qui leur est habituellement acquise.
25:08et j'ai vu, je ne sais pas si c'est une petite vidéo,
25:10je crois que c'est celle-ci, que l'on voit actuellement,
25:12quand on tend l'oreille, on entend un paysan lancer
25:15avec son accent occitan, malheureusement pourtant je suis du coin,
25:18mais je l'ai perdu, ça se perd.
25:21Lancer aux forces de l'ordre, dans les cités, vous courez moins vite.
25:24Vous voyez, il y a vraiment cette idée de deux mesures très fortes qui revient.
25:29Alors il y a eu ces restaurateurs étoilés,
25:31venus nourrir les paysans, vous vous souvenez, on en avait parlé.
25:33Et là aujourd'hui...
25:34On a vu en direct ce chef étoilé qui avait été exceptionnel.
25:37Exactement, vous vous souvenez, incroyable.
25:38Il disait aussi, mais je donnerais volontiers aussi aux forces de l'ordre
25:41parce que finalement c'est le même peuple.
25:42Voilà, ils sont là un peu en service commandé.
25:45Et aujourd'hui l'équipe de Yannick Alenaud,
25:47vous savez, vous le connaissez bien,
25:49et malheureusement le pauvre a été frappé d'un grand malheur
25:51à travers la mort de son fils.
25:53Et il est venu servir du vin chaud et du chocolat chaud
25:56aux agriculteurs aujourd'hui qui ont vraiment beaucoup apprécié.
26:00Il y a eu les jeunes à Versailles, on en avait parlé,
26:02vous vous souvenez de ces images ?
26:03Là c'est Yannick Alenaud,
26:05et puis il doit y avoir les images des jeunes citadins à Versailles
26:08qui les ont soutenus.
26:11Alors je vais peut-être un peu vite pour les images,
26:12mais il y a aussi les images de la messe de minuit sur les barrages,
26:15tellement touchantes.
26:17On voyait tous ces gens chanter « Douce nuit ».
26:19Ça a fait des milliers et des milliers de vues sur les réseaux sociaux.
26:23C'était vraiment, voilà, la France profonde.
26:26Et puis il y a quelques...
26:28Non, il n'y a pas quelques jours, je crois que c'était avant-hier.
26:30Des tracteurs de l'Aveyron en route pour Paris.
26:34Alors là aussi, on doit la voir sur l'image.
26:36Donc ils étaient en route pour Paris, mais ils ont déneigé au passage.
26:39Vous voyez, pendant que l'État n'arrivait à rien faire,
26:41que tout le pays était bloqué.
26:42Ils se sont dit, si on peut rendre service.
26:45Voilà, c'est sûr que dans le bras qu'ils connaissent,
26:47c'est mieux que d'aller décrocher les décorations dans les arbres de Noël.
26:50Je ne sais pas à peu près si vous voyez à quoi je fais allusion.
26:52Absolument, on a passé l'image d'hier.
26:54Exactement.
26:55Donc ce matin encore, une Marseillaise, vous l'avez montré, chantée à plein poumon,
26:59avec des Parisiens qui viennent applaudir, donner des cafés, des chocolats, des victuailles.
27:04Parfois, ils viennent avec leurs pancartes bricolées.
27:06Il y avait cette dame, moi je l'ai trouvée très mignonne, avec sa pancarte.
27:09Sainte Geneviève, protégée, Paris, la France et nos paysans.
27:12On l'a vu au début.
27:14Beaucoup interpellent Emmanuel Macron.
27:17On l'a vu, voilà, c'est cette brave dame.
27:19Emmanuel Macron, parfois avec beaucoup d'humour.
27:21On l'a vu à la fois sur une glisseur de sécurité près de Lyon
27:25et sur un tracteur dans le Rhône.
27:26Vous l'avez passé aussi, il y avait marqué « Trump vient chercher Macron ».
27:31C'était par référence, évidemment, à Maduros,
27:35puisqu'on se souvient qu'Emmanuel Macron, au moment de l'affaire Benalla,
27:38avait dit qu'il vienne me chercher, comme l'avait dit Maduros.
27:40Alors, ce n'est pas pour dire qu'Emmanuel Macron, c'est Maduros, évidemment,
27:44mais ça donne l'idée d'un gouvernement qui n'écoute pas son peuple.
27:48La vérité, c'est que le gouvernement sait qu'il a perdu la bataille de la com'.
27:53Il faut que les communicants se posent des questions,
27:56comme dirait Louis de Fumenez, ils ne sont pas mauvais, ils sont très mauvais.
28:00Ils ne sont pas mauvais, ils sont très mauvais.
28:02Merci beaucoup, Gabriel Cluzel.
28:04Aujourd'hui, sur les routes et dans les champs,
28:06il y a une couleur qui s'est imposée, le jaune, à des brandons jaunes.
28:10Des bonnets jaunes, une couleur simple, visible, partagée.
28:15Comme hier, les bonnets rouges en Bretagne,
28:17ces bonnets jaunes racontent quelque chose qui dépasse l'instant.
28:20Ce bonnet n'est pas un parti pris politique,
28:23ce n'est pas un signe d'appartenance idéologique,
28:26c'est peut-être juste un symbole.
28:27Un symbole de la colère, bien sûr, mais surtout de la dignité.
28:31Symbole qui dépasse les clivages, les étiquettes,
28:33les chapelles syndicales.
28:35Car aujourd'hui, derrière ce jaune,
28:38derrière ce jaune, il y a toute l'agriculture française,
28:41la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles,
28:44les jeunes agriculteurs, la Coordination rurale,
28:46la Confédération paysanne, le MoDef.
28:49Au-delà des syndicats, au-delà des partis,
28:51au-delà des divisions, ce bonnet jaune
28:53pourrait devenir le signe d'une chose rare,
28:56l'union, l'union de ceux qui nourrissent le pays
28:59et peut-être demain, l'union de tous les Français autour d'eux.
29:03L'histoire s'illumine parfois derrière un simple bonnet.
29:07J'ai réussi à me procurer des bonnets.
29:10Alors, ce n'est pas évidemment pour mettre en avant un parti
29:14ou un syndicat.
29:15Il est tout content.
29:16Il est un bonnet, il est content.
29:18Le symbole de ce qui se passe.
29:20On va voir ici les bonnets.
29:24Marc, puisque vous êtes...
29:25Oui !
29:25Vous faites dynamique et...
29:28Voilà.
29:29Le plus jeune de nous tous.
29:30Et vous savez, Anthony coupe chou.
29:32Je ne sais pas, j'ai eu des chocolats.
29:34Je peux me permettre de vous donner un petit chocolat ?
29:35Comme vous n'avez pas dormi et tout ça.
29:37Non, ça va.
29:38Vous êtes sûr ?
29:39Non, non, je ne fais pas trop dessert.
29:40Vous n'êtes pas mécanique.
29:43Je suis plus content.
29:44Après, volontiers.
29:46D'accord.
29:46Après, volontiers.
29:47Dans un instant, le bonnet, c'est très important.
29:52On a vu que c'est la couleur qui ressortait un peu aujourd'hui.
29:55Marc Menon, avant de vous donner la parole sur votre chronique
29:59et sur ces paysans qui ont fait notre pays,
30:03on va faire une petite parenthèse.
30:05On va recevoir Karim Maloum
30:06qui vient à l'instant de nous rejoindre
30:08uniquement parce que nous n'avons pas oublié.
30:12Nous n'avons pas oublié Charlie Hebdo.
30:15Nous n'avons pas oublié Clarissa, Jean-Philippe.
30:18Bonsoir, Karim Maloum.
30:20Bonsoir à tous.
30:20De Rupture, on n'a pas oublié.
30:22Merci beaucoup pour l'invitation.
30:25Il y a 11 ans, jour pour jour,
30:28une policière municipale de Montrouge, près de Paris,
30:31a été assassinée par un terroriste islamiste.
30:35Elle a pris son travail de bon matin.
30:38Elle a été appelée pour un accident de circulation,
30:40un accident banal.
30:42Elle s'est rendue avec ses collègues.
30:44Clarissa Jean-Philippe a été assassinée
30:48par Amidé Kolebali par une balle de Kalashnikov
30:52au plein Montrouge.
30:54Ce n'est pas la première fois
30:55et ce n'est pas le premier attentat.
30:58Clarissa Jean-Philippe avait 26 ans.
31:01Elle venait de réaliser son rêve,
31:05devenir policière.
31:07La veille, le 7 janvier 2015,
31:11un autre groupe terroriste,
31:13les frères Kouachi,
31:15ont perpétré un attentat
31:16dans les locaux du journal Charlie Hebdo
31:19en faisant 12 morts.
31:22Le sang a coulé dans le journal Charlie Hebdo.
31:25Le sang des dessinateurs,
31:28des journalistes,
31:30d'un policier assassiné par l'islamisme.
31:34Les attentats de janvier 2015,
31:37c'est une blessure ouverte dans le corps de la République.
31:42Une balafre que certains voulaient recouvrir
31:45du discours mou,
31:47de prudence honteuse
31:50et voire même d'amniser, organiser.
31:53Pas généraliser,
31:54voulu et organisé.
31:56Les attentats de janvier 2015,
32:00on a essayé aussi
32:01d'exécuter une idée,
32:03pas seulement d'assassiner des hommes et des femmes,
32:05on a essayé d'exécuter une idée
32:07qui est la suivante.
32:10S'opposer à la liberté de penser,
32:12s'opposer à la liberté de rire,
32:13s'opposer à la liberté de blasphémer,
32:15s'opposer à la liberté de penser
32:17sans demander la permission.
32:18Et ça, ça s'est passé au plein Paris en 2015.
32:23Et ce n'est pas fini.
32:24Et ça dure depuis 30 ans déjà.
32:27Ce n'est pas un accident d'histoire.
32:29C'est un processus qui s'est déclenché
32:31contre la République et contre la France.
32:35Charlie, être Charlie,
32:37ce n'est pas un slogan.
32:38C'est une rupture de ceux
32:40qui veulent tirer la France vers le bas
32:43contre ceux qui veulent aller vers l'avant.
32:45C'est la famille qui recule
32:47contre la famille qui avance.
32:48Être Charlie, ce n'est pas un slogan.
32:50Mais pourquoi ?
32:51Parce que c'est une façon de vivre.
32:52C'est une façon de penser.
32:54Et aujourd'hui, l'islamiste est en face de nous
32:56depuis 30 ans.
32:57Il nous agresse.
32:58Il nous déclare la guerre.
33:00Et tous nos journalistes,
33:01et tous nos dessinateurs,
33:02nos policiers, nos militaires,
33:04et en face, on a une classe politique,
33:06des intellectuels qui ne sont pas à la hauteur.
33:09De compromission en compromission.
33:10De lâcheté, on l'a acheté depuis 30 ans.
33:13Et voilà, aujourd'hui,
33:14on va célébrer un événement triste.
33:17On va se rappeler de nos journalistes,
33:19des écrivains.
33:20On va se rappeler des policiers.
33:23Et ça va encore continuer.
33:24Mais pourquoi ça va encore continuer ?
33:25Parce qu'on n'a pas pris les mesures nécessaires
33:27de s'opposer aujourd'hui
33:29à ceux qui veulent détruire la République,
33:31à ceux qui veulent détruire la France,
33:32et surtout à ceux qui ne veulent pas
33:34qu'on s'exprime,
33:36à ceux qui ne veulent pas qu'on rit,
33:38qu'on danse, qu'on chante,
33:39à ceux qui ne veulent pas que la France reste la France.
33:41C'est la France aussi qui est visée.
33:43C'est son patrimoine.
33:44C'est son histoire.
33:45C'est ça, ces gens-là.
33:46Ces gens-là, comme disait un ami
33:48qui a été assassiné,
33:50un grand chanteur en Algérie,
33:51ces gens-là sont capables
33:52d'éteindre les lumières des étoiles
33:54si on les laisse faire.
33:55Il ne faut pas les laisser faire.
33:56La lâcheté a suéreté.
33:57Stop !
33:58Il faut les arrêter une fois pour toutes.
34:01La République ne doit plus céder à ces gens
34:03parce que la République est une aide,
34:05est indivisible.
34:06Merci.
34:07Karim Maloum, nous n'oublions pas,
34:10merci infiniment d'être venu témoigner
34:13pour nous ce soir et nous rappeler
34:14que nous n'oublions pas.
34:17Marc Menand, les paysans, je le disais,
34:20pour revenir à notre sujet principal,
34:23ne sont pas des Français parmi d'autres.
34:25Ils sont l'histoire même de la France.
34:28Ils sont l'histoire de notre pays.
34:30Les paysans ont façonné l'histoire de France.
34:32Quand ils se lèvent,
34:33ce n'est pas une revendication de plus,
34:35c'est la mémoire du pays
34:37qui frappe à la porte du présent.
34:40Et à chaque fois,
34:41ils sont victimes des politiques.
34:43À chaque fois, ce sont ceux qui triment.
34:46Et il y a une sorte de mépris.
34:47Tout à l'heure,
34:48quand vous avez présenté notre invité,
34:52que vous avez rappelé ce qu'il représentait,
34:56je me suis permis de m'amuser
34:58en parlant des cutéreux.
35:00Et il y avait une sorte de mépris qui existait.
35:02Ces gens qui sont souillés par le labeur,
35:06ces gens qui, au quotidien,
35:07oui, sont dans des conditions tellement pénibles
35:10que quand ils sortent,
35:11ils ne sont pas là avec un costume immaculé.
35:14Ils ont souffert.
35:15Et cette souffrance est marquée,
35:18empreinte sur leurs vêtements.
35:21Il y a eu les grandes jacqueries.
35:23La première grande jacquerie est en 1358.
35:26Et elle naît de quoi ?
35:28Eh bien, elle naît de Jean de Bon,
35:30le roi qui a été fait prisonnier,
35:33qui est à Londres,
35:34et on a besoin d'argent pour le libérer.
35:36Et pour cela, eh bien, on invente des taxes.
35:40Ça fait plaisir à Mathieu,
35:41parce que quand on regarde l'histoire,
35:43à chaque fois,
35:43il y a toujours cette logique
35:45des puissants
35:46qui vont faucher dans les poches
35:49des autres,
35:50des plus démunis,
35:51pour pouvoir satisfaire leurs besoins.
35:55Et en l'occurrence,
35:56donc, essayer de libérer son roi,
35:58qui d'ailleurs était très heureux en Angleterre.
36:00Il a presque regretté qu'un jour,
36:01son fils Charles V
36:03obtienne la somme nécessaire
36:05pour qu'il revienne chez nous.
36:07Toujours est-il
36:07que c'est une forme d'agression inouïe
36:11face au peuple
36:13qui se lève à Beauvais.
36:15Et là, la répression,
36:16elle est sanglante,
36:17comme toujours.
36:18Pourquoi on l'appelle
36:19les jacqueries ?
36:21Eh bien, parce qu'il y avait
36:22une sorte de surnom
36:23qui était donné aux paysans.
36:25On les appelait
36:25les jacques-bonhommes.
36:27Jacques-bonhommes,
36:27ça montrait
36:28qu'à un moment donné,
36:29le mécontentement était là.
36:32Et il y avait à la fois,
36:33donc,
36:33cette forme de mépris de certains
36:34et puis aussi
36:35cette image
36:36du courage
36:37de l'audace.
36:38Alors, je pourrais vous en citer
36:40des révoltes.
36:41Il y a eu les nupiés,
36:43il y a eu les croquants,
36:44il y a eu les...
36:45les...
36:45comment ?
36:47les lustucrus,
36:48il y a eu les bonnets rouges.
36:50Et tout ça,
36:50à chaque fois,
36:51eh bien,
36:51c'était la répression
36:52la plus sanglante.
36:54Et puis même,
36:55lorsque la République
36:56est instituée,
36:57ne pas oublier en 1907,
37:00les viticulteurs,
37:01ils sont là,
37:02il y a eu une crise énorme,
37:03les vignes ont été ravagées,
37:05il y a eu le mildiou,
37:06il y a eu différents problèmes,
37:07il y a eu une surproduction.
37:09Et comment répond-on
37:10à ces gens
37:11qui sont dans la rue
37:12pour faire valoir
37:13leur désespoir ?
37:14Eh bien, à nouveau,
37:15on se présente devant eux
37:17les hommes
37:18avec des armes.
37:19Et alors,
37:19ce qui est extraordinaire,
37:21c'est qu'en 1907,
37:22à Béziers,
37:24on a le 130ème,
37:2637ème régiment d'infanterie,
37:29les gars,
37:29ils posent les armes
37:31et ils fraternisent
37:32avec les paysans.
37:34C'est à méditer.
37:35Ça montre qu'il y a,
37:37dans notre France,
37:39un courant,
37:40non pas de sympathie,
37:41mais d'identité.
37:43C'est ce que disait Gabriel,
37:44c'est ce que disait tout à l'heure
37:45également Mathieu.
37:47Nous sommes viscéralement
37:49des paysans.
37:50L'homme n'y est quoi ?
37:51Les premières racines sont là.
37:53Et n'oublions pas,
37:55en 1955,
37:57il y avait 2 300 000 exploitations.
38:00En 2020,
38:02il n'y en avait plus que 416 346.
38:06Et en 2025,
38:08il n'y en a plus que 349 600.
38:12C'est-à-dire qu'en 5 ans,
38:14il y a 10% de moins
38:16d'exploitation agricole.
38:19Ça montre bien la souffrance
38:21dont sont victimes,
38:22ceux qui travaillent dans les champs
38:24et qui, pour certains,
38:26essaient de redonner un honneur
38:27à ce travail,
38:30en le sacralisant,
38:31en montrant que ce n'est pas
38:32la production qui importe,
38:34mais une façon d'aborder
38:36et les bêtes et les cultures.
38:37Merci infiniment, Marc.
38:39Donnez-moi mon bonnet
38:40parce que vous avez deux bonnets.
38:42Donnez-moi un petit bonnet
38:43parce que vous en avez deux.
38:45Pardon, je n'en ai pas gardé.
38:46Ah, mais attendez.
38:46Non, mais je tiens.
38:48Karim, allume, restez avec nous
38:49jusqu'à la fin de l'émission.
38:50Merci beaucoup.
38:51Voilà, c'est assez mon...
38:52Marc, vous allez me donner vos bonnets.
38:54Vous-leur.
38:55C'est le mien, c'est le mien.
38:58Karim, allume, restez avec nous
39:00jusqu'à la fin de cette émission.
39:02Charlotte Dornelas et Anthony Coupechou,
39:05dans un instant,
39:05on va discuter ensemble.
39:07Et comme nous l'évoquions hier,
39:09Charlotte Dornelas,
39:10les agriculteurs ont organisé
39:11des déplacements
39:12ou blocages partout en France.
39:14Ils sont montés donc à Paris
39:15pour exprimer leur colère.
39:16Ils reçoivent un soutien
39:17très massif de la population.
39:19Est-ce qu'il faut s'étonner
39:20de ce soutien massif ?
39:22Ce n'est pas la première fois.
39:23En effet, on n'est pas étonnés.
39:24On serait peut-être étonnés
39:25de savoir qui sont les 20%
39:26qui ne les soutiennent pas
39:27assez spontanément.
39:28Mais c'est vrai, 20%,
39:29c'est quand même beaucoup.
39:30On se demande qui sont ces gens
39:32et quelles en sont les raisons.
39:33Mais il n'y a quand même pas
39:3420% de ministres en France.
39:36C'est comme on a beaucoup.
39:38Ceux qui ont été écartés,
39:39les retraités,
39:40ceux qui ont fait deux mois.
39:41Mais c'est vrai que,
39:43pour répondre plus directement
39:44à votre question,
39:44il y a une forme d'unité nationale
39:46derrière eux
39:46qui tient, je pense,
39:47à la fois à ce qu'ils sont,
39:49à ce qu'ils font,
39:51et également aux raisons
39:52plus conjoncturelles,
39:53on va dire cette fois-ci,
39:54de leur colère.
39:55Et contrairement au ton martial
39:56pris par quelques représentants
39:58en mal d'autorité
39:59depuis ce matin,
40:00mettons de côté
40:01la ministre de l'Agriculture
40:02qui a arrondi les angles
40:03toute la journée,
40:05mais certains ont eu
40:05un ton beaucoup plus martial
40:06et à l'inverse,
40:07l'immense majorité des Français
40:09sent bien qu'une véritable injustice
40:11a conduit cet acteur
40:12jusqu'à Paris.
40:14Alors, il y a d'abord
40:14ce que sont les paysans
40:16qui manifestent aujourd'hui.
40:17Et que l'on veuille ou non,
40:18je rejoins absolument
40:19ce que vient de dire Marc.
40:20Tous les Français
40:21dont l'ascendance
40:22est également française
40:23et par assimilation,
40:24tous ceux qui se sont
40:25agglomérés à la France
40:27ont cette paysannerie
40:28dans leur arbre généalogique.
40:30C'est peut-être lointain,
40:31c'est peut-être oublié,
40:33c'est dans certaines familles
40:34reniées,
40:34c'est peut-être perdu,
40:35mais cela existe.
40:37Et il y a dans ces paysans
40:38une part indiscutable
40:39de notre enracinement.
40:40Or, ce n'est un secret
40:41pour personne.
40:42La France subit
40:43une insécurité culturelle
40:45qui passe par un déracinement intérieur.
40:47On en parle extrêmement
40:48régulièrement sur ce plateau.
40:50Eh bien, les paysans
40:51semblent confusément
40:52pour tous
40:53un remède,
40:54voire un garde-fou.
40:55Ils seront les derniers
40:57enracinés s'il en faut.
40:58Ils n'ont de toute façon
40:59pas le choix.
41:00Et je pense que ça joue
41:01énormément
41:01dans le soutien populaire
41:03assez spontané.
41:05Ensuite,
41:06il y a, je vous disais,
41:06ce que font ces paysans.
41:08Ils travaillent du matin
41:09au soir,
41:10produisent ce que nous sommes
41:11censés manger,
41:11je dis censés,
41:12en raison des accords
41:14comme celui du Mercosur.
41:16Ils dessinent
41:16nos paysages,
41:17ils ne rechignent jamais
41:18à la tâche,
41:19ils font des semaines
41:20de minimum deux fois
41:2135 heures,
41:22ils transmettent.
41:23Et chacun comprend
41:24à la lueur des crises récentes
41:25qu'ils accumulent
41:26contraintes,
41:26normes et taxes
41:27dans un monde
41:27qui les rejette,
41:28en même temps
41:29qu'ils plébiscitent
41:30des productions
41:30moins vertueuses
41:32qu'ils ne le sont
41:32à travers le monde.
41:34Et enfin,
41:34il y a la légitimité
41:35d'une colère
41:36que chacun pressent
41:37sincère.
41:38L'immense majorité
41:39des Français comprend,
41:41en effet,
41:41et vous le disiez tout à l'heure,
41:42qu'une profession
41:43dans laquelle on dénombre
41:43un suicide tous les deux jours
41:45ne fait pas semblant
41:46d'avoir mal.
41:47Et ça,
41:47personne ne peut penser
41:49différemment
41:50devant la colère
41:51de ces paysans.
41:52On retrouve une empathie
41:53réelle dans le pays.
41:55Mais au-delà
41:55des paysans eux-mêmes,
41:56qui méritent d'être défendus
41:57sur certains sujets,
41:58évidemment,
41:59ce soutien est aussi
42:00une manière confuse
42:01de se défendre
42:01soi-même, je crois.
42:03C'est-à-dire
42:04se défendre soi-même.
42:05Mais est-ce qu'il faut
42:06y voir,
42:07voir dans cette crise agricole,
42:08une crise plus vaste,
42:10qui touche bien plus
42:11que les seuls paysans,
42:12Charlotte Dornelas ?
42:13On va prendre l'exemple
42:14du Mercosur,
42:15qui est le plus grand
42:15dénominateur commun
42:17de la colère agricole
42:18de ces derniers jours.
42:20Il est absolument évident
42:21que nous sommes tous concernés.
42:23Sans même parler
42:23de la question du fond
42:24et de ce qui va arriver
42:25dans nos assiettes,
42:26puisque c'est quand même
42:26la question qui finit
42:28par se poser,
42:28il y a la forme
42:29et une raison politique
42:30absolument évidente.
42:32Nous avons,
42:33ces dernières semaines,
42:34je ne parle pas
42:34des 25 ans
42:35dont parlait Mathieu,
42:35mais ces dernières semaines,
42:37on a un pouvoir politique français
42:38qui est globalement aligné,
42:40en tout cas dans ses prises
42:41d'opposition,
42:42sur la revendication agricole.
42:44Si je fais clair,
42:45la partie agricole
42:46de cet accord
42:47ne nous satisfait pas
42:48et nos ministres
42:49ne cessent de répéter
42:50que le compte n'y est pas,
42:51que la France s'y oppose.
42:52Emmanuel Macron
42:53annonce qu'il votera non
42:54et que ni les agriculteurs,
42:57parce que c'est la raison
42:57qui est évoquée,
42:58ni les agriculteurs,
42:59ni les consommateurs
43:00de viande,
43:01de sucre,
43:02de légumes,
43:02et vous continuez la liste,
43:03ne s'y retrouvent
43:04et ne sont correctement protégés.
43:06Ça n'est pas rien
43:07quand même
43:07comme déclaration.
43:09Eh bien,
43:09la question est simple.
43:11Que pèse
43:11l'unanimité politique,
43:13puisque c'est ce
43:13à quoi nous assistons,
43:14d'un pays
43:15dans la destinée
43:16de ce même pays,
43:17en l'occurrence le nôtre ?
43:19Eh bien,
43:19rien si l'Union européenne
43:20en décide autrement,
43:22que ce soit en l'occurrence
43:23la Cour de justice,
43:24le Conseil de l'Union européenne,
43:25la Commission
43:26ou le Parlement
43:27qui sont tous amenés
43:28à se prononcer
43:29sur cette question
43:30du Mercosur.
43:31Donc,
43:31si on prend simplement
43:32la question de la forme,
43:34de la manière
43:34dont s'était voté
43:35le Mercosur,
43:36il y a évidemment
43:37la question
43:37de notre souveraineté
43:39qui se pose
43:40au-delà du monde agricole.
43:42Mais vous nous parliez hier
43:43de la question
43:44des taxes sur les engrais,
43:46des importations,
43:48de la retraite
43:49des agriculteurs.
43:50Est-ce qu'on doit également
43:50nous sentir concernés
43:51sur le fond ?
43:53Cette énième crise agricole,
43:54puisqu'on en a vu
43:55et Gabriel retracé
43:56les deux dernières années,
43:58interroge très largement
43:59notre modèle
44:00de société en réalité.
44:02J'évoquais hier
44:02l'Infant d'un monde,
44:03Mathieu en a parlé,
44:05Marc en a également parlé.
44:06Et personne,
44:08et je pense que c'est évident
44:09aussi dans le soutien
44:09qu'apportent les Français,
44:10personne ne semble
44:12en réalité prêt à lâcher
44:13un monde
44:14que par nos choix successifs,
44:16nous avons pourtant
44:17précipité vers le vide.
44:20Mais plus prosaïquement,
44:21les questions conjoncturelles
44:22sont évidemment les nôtres,
44:23encore une fois,
44:24au-delà des paysans.
44:26Que les Français soutiennent
44:26les paysans,
44:27c'est un constat,
44:29mais que les paysans
44:29et les Français se défendent
44:31tous ensemble,
44:32en est un autre.
44:33Les questions qui sont posées,
44:34c'est quelles transactions
44:35doivent être ou non
44:36plébiscitées désormais
44:38par notre classe politique ?
44:40Que doivent ou non
44:41protéger nos frontières ?
44:43Voilà une autre question
44:43qui se pose dans le Mercosur
44:45et qui se pose
44:46le reste de l'année.
44:47Qu'est-ce qui mérite ou non
44:48d'être protégé en France
44:49par rapport à ce qui est
44:51à l'extérieur ?
44:52Faut-il protéger un modèle
44:53dans lequel le travail paye
44:54ou continuer à le subventionner ?
44:57Certaines exportations,
44:58parfois étrangères,
45:00méritent-elles que nous menations
45:01des pans entiers
45:02de production française
45:03par l'importation ?
45:05Quel enracinement
45:05de notre consommation ?
45:07Qu'est-ce qui finit
45:07dans notre assiette ?
45:08Est-ce que nous préférons
45:09que ce soit produit
45:10à 2 km
45:11ou à 40 000 ?
45:13Quelle valeur accordons-nous
45:14à des normes,
45:15parfois moralement défendues,
45:17qui ne s'imposent pas
45:18à notre concurrence ?
45:20C'est vrai pour les paysans,
45:21c'est vrai pour beaucoup
45:21d'autres aujourd'hui.
45:23Quel est le travail
45:23que nous souhaitons récompenser
45:25aujourd'hui en France ?
45:26Et quelle cohérence
45:27dans nos aspirations
45:28à protéger la nature ?
45:30Toutes ces questions
45:31sont celles que pose aujourd'hui
45:32le monde agricole
45:33à travers cette crise
45:34et il semble évident
45:35qu'elle ne concerne
45:36pas seulement ce dernier.
45:38Merci beaucoup, Charlotte Dornelas,
45:40pour votre regard
45:41sur cette crise.
45:43Avant de terminer avec vous,
45:45dans un instant,
45:46avec cette candidature
45:47de Sarah Knafou
45:49pour terminer cette émission,
45:50on va s'installer
45:51pour discuter un peu
45:52avec vous,
45:53Anthony Koupchou.
45:54Merci infiniment
45:55d'avoir bravé la fatigue,
45:58d'avoir bravé la pluie,
45:59le vent, la neige, le froid
46:00pour pouvoir crier
46:03votre quotidien.
46:05Quel est votre quotidien ?
46:06D'ailleurs, vous avez 41 ans,
46:08vous êtes père de deux enfants,
46:09en ce moment même,
46:10pour pouvoir crier et témoigner,
46:12vous avez laissé votre femme
46:13coiffeuse s'occuper
46:14de vos bêtes.
46:15Et vous avez deux enfants,
46:16vous êtes fils d'agriculteur,
46:18agriculteur et petit-fils
46:19d'agriculteur.
46:20Oui, le quotidien,
46:21c'est le soin des bêtes,
46:23c'est les fourrages,
46:25les semis,
46:26toutes les tâches
46:27qu'on a au quotidien.
46:29Je dirais oui,
46:30effectivement,
46:30je ne suis pas là ce soir.
46:33Le travail va être fait,
46:35j'ai ma fille,
46:35j'ai ma femme.
46:36Donc, là-dessus,
46:37je ne suis pas trop inquiet.
46:40Ils savent faire,
46:42il n'y a pas de souci.
46:43Mais qu'est-ce que vous voulez ?
46:45Alors, je rappelle
46:46que vous n'êtes ni syndiquée,
46:48vous n'appartenez à aucun groupe
46:50particulièrement,
46:51mais vous en sortez
46:52quand même un peu.
46:53Vous allez nous expliquer comment,
46:55mais vous êtes très en colère.
46:57Et pourquoi êtes-vous
46:57en colère ce soir ?
46:58Oui, nous,
46:59on a méthode un petit peu à part
47:00parce qu'on fait de la vente directe.
47:01Donc, on arrive à transformer
47:02nos produits de A à Z.
47:03On a une clientèle locale.
47:07On a un système qui marche bien.
47:10Racontez-nous votre système.
47:11Vous avez commencé en 2018.
47:13Racontez-nous comment vous avez commencé.
47:14En 2018, nous, à la base,
47:16on était en monoculture de maïs.
47:17Bon, suite à un décès,
47:21le décès de mon père,
47:22on a arrêté le maïs.
47:27On est reparti sur de l'élevage.
47:29On a commencé avec trois vaches
47:30et puis petit à petit,
47:30on a monté à la bourse.
47:31On a développé la vente directe,
47:33d'abord avec le bœuf,
47:34puis avec le cochon
47:36et après avec les moutons.
47:38On s'est lancé aussi
47:39un petit peu dans l'apiculture,
47:40peut-être plus par plaisir
47:41avec mon épouse.
47:41Je rappelle que vous avez 29 ruches,
47:4430 brebis, 65 bovins,
47:465 truies, un vera.
47:47Ensuite, on posera des questions.
47:48Voilà, on a une petite ferme.
47:51Ce n'est pas énorme,
47:52mais on transforme tout.
47:53On fait des saucisses,
47:54on fait pas mal de trucs.
47:55Ça marche bien.
47:57Et puis, je dirais,
47:58c'est aussi grâce à mes clients.
48:00On a commencé petit,
48:01on a monté un petit peu.
48:02Aujourd'hui, on a embêté
48:03parce qu'on est tributaire des abattoirs
48:05dans L214,
48:06qui nous a, entre guillemets,
48:09fait fermer
48:10dû à une bonne raison ou pas.
48:13Après, ça, c'est un autre sujet.
48:15Mais bon, je dirais,
48:16nous, on est un petit peu embêté.
48:17Là, en ce moment,
48:17on ne peut plus faire de viande.
48:20Donc, avant,
48:20on avait des abattoirs communaux
48:21qu'on a pu.
48:23Les normes sont très compliquées.
48:24Donc, moi, c'est vrai
48:25que j'aurais le projet
48:25de monter un abattoir à la ferme.
48:27Mais bon, on a des gens
48:28plus haut placés
48:29qui ne sont pas capables
48:30de répondre à nos questions.
48:32Bon, voilà,
48:33on ne va pas s'éterniser.
48:34Ça révèle la police.
48:35Si, si, si,
48:35on va s'éterniser, justement.
48:37Quelles sont vos questions ?
48:39Quelles sont vos questions ?
48:39Moi, ma question,
48:40j'ai demandé les normes
48:41pour monter un abattoir.
48:43On m'a dit,
48:43monsieur, c'est un million d'euros.
48:44Je leur ai répondu.
48:45C'est-à-dire ?
48:45Je ne comprends pas.
48:46On m'a dit,
48:46c'est un prix.
48:47Un million d'euros, c'est-à-dire ?
48:48On m'a dit,
48:48ça coûte un million d'euros.
48:49Donc, je leur ai répondu,
48:50c'est quoi ?
48:50Pour respecter les normes ?
48:52Pour avoir un abattoir,
48:53monter un abattoir.
48:53Donc, je leur ai dit,
48:54écoutez, ce n'est pas un problème,
48:55je l'ai.
48:56Donc, suite à ça,
48:56elle m'a dit,
48:57mais monsieur,
48:57ce n'est pas rentable.
48:59Je dis, après,
49:00vous êtes service vétérinaire,
49:02donc ce n'est pas à vous
49:02de juger la rentabilité
49:03d'une entreprise.
49:04Et puis, grosso modo,
49:05le sujet,
49:05on est resté là.
49:06Parce que,
49:07comme la dame ne savait pas
49:08me répondre,
49:09c'était relativement compliqué.
49:10Donc, pendant que je suis
49:11à l'antenne,
49:12s'il y a quelqu'un en France
49:12qui peut me renseigner,
49:14je suis preneur.
49:15Parce que les idées,
49:15on en a plein.
49:16Et le problème,
49:17c'est qu'on est gérés
49:18par des incapables,
49:19il faut le dire.
49:20On l'a vu tout à l'heure,
49:21c'est beaucoup plus facile
49:22de choper 13 agriculteurs
49:23dans une souricière.
49:25Il faut savoir
49:25qu'on nous a envoyé
49:26quand même
49:26une trentaine de cartes de CRS.
49:29Je voudrais bien savoir
49:30combien coûte une heure de CRS.
49:31Moi, j'ai parlé avec eux.
49:33Il y en a un,
49:34peut-être d'autres.
49:3524 heures non-stop,
49:36ils ont travaillé.
49:37Donc, accessoirement,
49:38c'est les Français qui payent.
49:39Mais bon,
49:39on sait très bien
49:40quand c'est pour son pognon.
49:41On peut dépenser,
49:41à tout va.
49:42Mais bon.
49:44Après,
49:45moi, j'ai parlé
49:46avec les forces de l'ordre.
49:47Donc, je tenais déjà
49:48à les remercier
49:48parce qu'on a eu affaire
49:51à des gens très humains.
49:55Par contre,
49:55les chefs,
49:57ouais, non,
49:58c'est des...
49:59J'espère qu'ils ont honte
50:00quand ils rentrent chez eux.
50:00Les chefs des forces de l'ordre.
50:01Ah oui, oui, les chefs...
50:02Pourquoi vous avez discuté
50:03déjà avec...
50:04Je tiens le bonnet
50:05vraiment pour...
50:06Moi, j'ai discuté...
50:07Pourquoi est-ce que vous avez discuté
50:08avec eux ?
50:09Avec les forces de l'ordre ?
50:10Pourquoi vous avez discuté
50:10avec eux ?
50:11Qu'est-ce que vous avez dit ?
50:12Parce qu'on est du même milieu.
50:13Je veux dire,
50:14nous, on nourrit,
50:15on va y défendre,
50:16voilà, c'est...
50:16On n'est pas fâchés
50:18avec les forces de l'ordre.
50:19On a eu des très bons rapports.
50:20Mais par contre,
50:20dès que vous avez un gradé
50:21qui arrive,
50:22le mec, il est obtus.
50:23On a des chefs au-dessus,
50:24les préfets, tout ça.
50:25On n'a pas vu un préfet.
50:26On leur a dit,
50:27écoutez, laissez-nous partir.
50:28C'est bon,
50:29on a essayé de jouer,
50:29on a perdu.
50:30Non, on nous a dit,
50:31vous allez prendre
50:31de la garde à vue.
50:33On va mettre votre acteur
50:34en fourrière.
50:34Ça va vous coûter
50:354-5 000 euros.
50:36On va où ?
50:37On va où ?
50:38On nourrit le pays.
50:38On leur a dit,
50:39vous voulez manger de la merde,
50:40vous voulez que les gamins,
50:40ils aillent des cancers.
50:41Tous les...
50:42C'est pas péjoratif,
50:44quand je dis ça,
50:44mais les moins gradés,
50:46ils comprenaient,
50:47ils avaient envie de nous dire,
50:48ouais, allez-y, passez.
50:49Mais on a des chefs au-dessus.
50:50Et les préfets, tout ça,
50:52alors, des fois,
50:53il y a peut-être
50:53un nouveau préfet,
50:54il veut rouler
50:55un peu des mécaniques.
50:56Et puis, c'est bien,
50:57c'est facile.
50:58Mais envoyez ces gens-là
51:00dans les cités.
51:00Parce que nous,
51:01on leur a dit,
51:02là, chez nous,
51:02on va aller dans les cités,
51:03sinon, c'est pas un problème.
51:04Si vous pouvez pas faire
51:05le nettoyage,
51:06on va y aller.
51:06Au bout d'un moment,
51:07il faut appeler un chat un chat.
51:08Et si j'ai bien compris,
51:09Anthony Coupechou,
51:11ce qui vous choque,
51:12c'est à la fois ces normes
51:13au quotidien
51:14qui vous empêchent de vivre
51:15et en plus,
51:16lorsque vous les criez,
51:17vous voyez qu'il y a des...
51:18Voilà,
51:19certains qui vous embêtent
51:20alors qu'il ferait mieux
51:21d'aller s'occuper des cités.
51:22C'est ce que vous dites.
51:23Ouais, on vous dit,
51:24on vous dit,
51:24on comprend, on comprend.
51:25Il y a des gens,
51:26là, moi,
51:26j'ai parlé avec des gens
51:27formidables.
51:28Il faut savoir
51:28qu'il y a des agriculteurs
51:29du Sud.
51:30Donc moi,
51:30j'ai côtoyé des gens
51:31du Cantal,
51:33de l'Aveyron,
51:35du Lot-et-Garonne.
51:36Il y a des mecs,
51:36ils ont fait 1350 km
51:38en tracteur.
51:38Ils ont passé 36 heures.
51:40Moi, je n'ai pas dormi de la nuit.
51:41Eux, ça fait trois jours
51:42qu'ils ne dorment pas.
51:43Et les mecs,
51:43ils sont debout.
51:44Avec le temps qu'il a fait.
51:45Avec le temps qu'il a fait.
51:46Je vous garantis
51:47qu'ils n'étaient pas chaud.
51:47J'en ai vu dormir sur des tables.
51:49Les gars, ils dormaient,
51:50ils n'étaient pas bien.
51:51Et les mecs,
51:52ils sont debout.
51:53Et moi, je dis chapeau.
51:53Parce que nous,
51:54par ici,
51:55moi, je vais parler
51:55dans mon secteur.
51:56Bon, il y en a quelques-uns
51:57qui ont essayé
51:58de venir hier.
52:00Bon, ils se sont fait
52:00vite rattraper.
52:01Donc, ils sont rentrés
52:02chez eux.
52:02Parce que, bon,
52:03ça commence à tourner mal.
52:05Mais en région centre,
52:06on n'était pas beaucoup.
52:07C'est des mecs
52:08qui tapent 1350 km
52:09et qui viennent à Paris.
52:10Et on les retrouve
52:11sur les Champs-Élysées.
52:12Donc, moi, je dis chapeau.
52:14Et nous,
52:15on n'a pas réussi.
52:16Parce que, ben voilà,
52:17c'est le jeu du chat et la souris.
52:21Il y a une partie de chance
52:22aussi dans le truc.
52:25Mais où j'ai été très déçu,
52:27c'est tous les gradés
52:29et puis surtout les politiques.
52:31Parce qu'on a quand même
52:32appelé beaucoup de monde.
52:34Et il faut savoir
52:35que là, je ne sais même pas
52:36si les gars,
52:37ils ont récupéré
52:38les tracteurs ou pas.
52:39Mais bon, c'est facile.
52:40On a eu des gros coups
52:40de pression ce matin.
52:42Mais bon, c'est facile
52:43sur des gens comme nous.
52:44On aurait voulu passer.
52:45Je peux vous dire
52:46qu'on passait.
52:46On a des tracteurs
52:47de 250 chevaux,
52:48une voiture de gendarme.
52:50Ça va la pousser.
52:50Il n'y a pas de problème.
52:51Ils peuvent mettre des centaures.
52:52On va les pousser.
52:53Vous avez cultivé
52:54le pacifisme.
52:55Une question peut-être
52:56de Charlotte,
52:56une question de Gabriel.
52:57Très rapidement,
52:58ensuite on termine
52:59avec Anthony Coupchou.
53:00Vous avez expliqué
53:01la situation de votre ferme,
53:03l'engagement de votre femme,
53:05de vos enfants eux-mêmes
53:06pour vous aider.
53:07Le fait que vous vous en sortiez
53:08plutôt correctement.
53:09Qu'est-ce qui vous dérange
53:10là, aujourd'hui,
53:11dans cette signature
53:11du Mercosur ?
53:13Moi, ce qui me dérange,
53:14c'est que je dirais
53:15qu'il y a plusieurs modèles agricoles
53:16et pour moi,
53:16il y en a beaucoup
53:17qui peuvent marcher.
53:18Vous pouvez avoir un céréalier
53:19qui a 400 hectares
53:20et puis moi,
53:21j'ai un copain
53:22qui a un hectare et demi
53:22et on est dans un monde
53:24diamétralement opposé
53:25et les deux méritent de vivre.
53:27Donc, mon copain
53:28qui a un hectare et demi,
53:29il n'a pas de prime pack
53:29et le céréalier
53:30qui en a 400,
53:31évidemment,
53:31il en a en conséquent.
53:33Mais même celui
53:33qui a 400 hectares,
53:34aujourd'hui,
53:34il n'arrive pas à vivre.
53:36Cette année,
53:37il faut savoir
53:37que les engrais
53:38ont monté
53:38200 ou 250 euros
53:39la tonne.
53:41Alors, cette année,
53:42on parle beaucoup
53:42du Mercosur,
53:44évidemment,
53:44c'est le sujet,
53:45mais en 2024,
53:45j'avais rencontré
53:46beaucoup d'agriculteurs
53:47et ils parlaient
53:47de deux points
53:49mais qui étaient liés,
53:50les normes
53:50et l'office français
53:51de la biodiversité.
53:53Notamment,
53:53je pense à un éleveur
53:54de cochons,
53:55de porcs,
53:56comme vous,
53:56je crois,
53:57et qui me disait
53:58qu'il avait été persécuté.
54:00Est-ce que ça s'est amélioré
54:02sur ce plan-là ?
54:03Est-ce que vous avez
54:03été confronté à ça ?
54:04Ah non,
54:04moi, j'ai eu un contrôle
54:05il y a un mois,
54:07mais le problème,
54:08c'est que les normes,
54:08elles sont faites
54:09pour des bâtiments industriels
54:10et on ne dissocie pas
54:11un bâtiment industriel
54:12d'un éleveur comme moi.
54:13Je dirais les normes,
54:14elles sont drastiques
54:15et puis vous allez voir
54:15n'importe quel éleveur de porcs,
54:16c'est une catastrophe.
54:18Anthony Coupchou,
54:19l'émission se termine
54:20dans quelques instants
54:21après la chronique
54:22de Mathieu Bocoté.
54:23Où allez-vous ?
54:23Qu'allez-vous faire ce soir ?
54:25Je vais les retrouver
54:26mes collègues déjà
54:27parce que j'ai un numéro
54:29de téléphone,
54:30donc je ne sais pas
54:31si on va aller
54:31sur le blocage.
54:33Il se peut qu'on y aller ailleurs.
54:34Ça dépend comment
54:35qu'on va être reçu
54:35déjà par les forces de l'ordre
54:36et comment que la tournure prend.
54:38mais je pense qu'aujourd'hui
54:39si j'ai un message
54:40à faire passer,
54:41c'est que les forces de l'ordre
54:42qui n'hésitent pas
54:43à se rallier aux agriculteurs
54:44et je vous garantis
54:45qu'en une semaine de temps,
54:46le problème va être résolu
54:47parce que là-haut,
54:48à l'Elysée,
54:49ça va trembler.
54:50Merci pour votre regard,
54:52Anthony Coupchou.
54:54C'était une rumeur
54:55de moins en moins bien gardée.
54:58Sarah Knafo,
54:59finalement candidate
55:00à la mairie de Paris.
55:01Elle a annoncé hier
55:02au 20h de TF1
55:03une candidature
55:04qui pourrait peut-être changer.
55:06Elle a donné à Paris.
55:07qu'est-ce qu'elle représente
55:09en fait cette candidature
55:10dans l'aventure de Reconquête
55:11et de façon générale ?
55:12Premier élément,
55:14c'est l'émergence
55:14de Sarah Knafo
55:15comme personnage politique
55:16à part entière.
55:17C'est-à-dire qu'aujourd'hui
55:18nous sommes familiers
55:19avec Sarah Knafo
55:20sur les plateaux
55:21mais il y a deux ans environ,
55:22elle était connue
55:23d'un petit milieu.
55:24Ce n'était pas
55:25une figure politique reconnue.
55:26Elle a été capable
55:27d'opérer une véritable percée
55:29en s'emparant d'un sujet
55:30il y a en l'espace
55:31de quelques mois.
55:32La question justement
55:33de la gabegie,
55:34du fiscalisme débile,
55:36de la confiscation fiscale
55:37à tout prix,
55:38Sarah Knafo
55:39est parvenu
55:39à se construire
55:40une personnalité politique
55:41au-delà du seul enjeu
55:43identitaire associé
55:44à Reconquête.
55:44Ça, c'est la première chose
55:45à noter.
55:46Donc, elle a construit
55:47sa personnalité
55:47sans évidemment
55:48renier le programme
55:50de Reconquête
55:51mais en ajoutant
55:52cette dimension
55:52au point même
55:53où plusieurs à droite
55:54ont senti besoin
55:55de récupérer
55:55la critique aujourd'hui
55:57du dérèglement
55:58des finances publiques.
55:59Mais en politique,
55:59on la voyait beaucoup
56:00sur les réseaux sociaux,
56:01mais en politique
56:02pour être capable
56:02de s'autonomiser,
56:03pour compter,
56:04il faut être capable
56:04de se lancer dans une campagne
56:05qu'on portera
56:06en son propre nom.
56:07On s'en souvient aux Européennes,
56:08elle était sur la liste
56:09de Marion Maréchal,
56:10patronnie par Éric Zemmour.
56:11Là, elle se lance
56:12en son propre nom
56:13à Paris.
56:14Et qu'est-ce qu'elle cherche
56:14à faire à travers cela?
56:16Être capable
56:17de poser une candidature
56:18non pas en hostilité,
56:20je pense qu'elle l'a bien dit
56:20hier à Rachida Dati,
56:22mais une candidature
56:23qui va en ajouter
56:24une tonalité
56:25et un programme particulier
56:26dans l'élection parisienne.
56:28Qu'est-ce qu'elle nous dit?
56:29Et là, je fais le contraste
56:30entre la campagne
56:31de Zemmour en 2022
56:32et la sienne.
56:33Aujourd'hui, la campagne
56:33de 2022 de Zemmour,
56:35on s'en souvient,
56:35c'est la campagne
56:35sous le signe de l'épopée,
56:37c'est-à-dire de la musique
56:38de campagne au ton de la campagne.
56:40Il s'agit de sauver la France
56:41devant l'effondrement
56:42global du pays.
56:43Là, c'est toute autre chose.
56:45Sarak Nafou ne dit pas
56:46« Il nous faut sauver le monde
56:48avec des majuscules partout
56:49et de la fanfare
56:49et de la trompette ».
56:50Elle dit à l'instant
56:50il faut simplement
56:51rendre Paris vivable.
56:53Après des décennies
56:54de socialisme municipal,
56:56il faut que la ville
56:56redevienne propre,
56:58il faut que la ville
56:58redevienne sécuritaire,
57:00il faut que les Parisiens
57:01ne soient plus taxés
57:02de manière démesurée
57:03par les autorités,
57:05il faut que Paris
57:06redevienne une ville
57:07heureuse, dit-elle.
57:08Et c'est assez intéressant.
57:09Donc il y a même
57:09dans la tonalité proposée
57:11de la campagne
57:11quelque chose
57:12comme une espèce
57:13de côté jovial.
57:14Donc on passe
57:15de l'épopée au jovial
57:16sur le mode
57:17« Retrouvons un peu
57:18de sérénité en cette ville ».
57:19À tout le moins,
57:20c'est ainsi qu'elle construit
57:21pour l'instant
57:21sa candidature
57:22et qui a été commentée
57:23par tout le monde.
57:24C'est le moins
57:24qu'on peut se dire.
57:25Mais cette candidature
57:26j'arrive dans un contexte
57:27où Rachida Dati
57:28occupait déjà
57:28beaucoup d'espace à droite.
57:30La droite ne risque-t-elle
57:31pas de se diviser
57:33exagérément?
57:34Ça, c'est un argument
57:35normalement
57:35qu'on impose à quelqu'un
57:37qu'on ne voudrait pas
57:38qu'il se présente.
57:39Donc tu vas nous diviser.
57:40Dans les faits,
57:40je pense que tout le monde
57:41convient que Rachida Dati
57:43est la candidate
57:43qui a le plus de chances
57:44de gagner à droite.
57:45Je pense que personne
57:45ne dira le contraire.
57:46Mais la multiplication
57:47des candidats,
57:48contrairement à ce qu'on dit
57:49quelquefois,
57:49est moins une force
57:50de division
57:51qu'une multiplication
57:52des forces.
57:53C'est-à-dire
57:53que les candidatures
57:54qui se multiplient
57:54permettent de rejoindre
57:55des électorats autres,
57:56d'autres tendances,
57:57des gens qui autrement
57:58ne s'intéresseraient pas
57:59à la vie politique.
58:00On verra bien
58:00ce que ça représentera
58:01pour elle,
58:01cette campagne.
58:02Je pense que le seuil
58:02de réussite pour elle,
58:03c'est 10 %.
58:04Si elle fait 10 %,
58:06elle réussit à créer
58:07l'événement.
58:08Elle ne deviendra pas
58:08maire le lendemain,
58:09mais elle crée l'événement.
58:10Je pense que de ce point de vue,
58:12ce qu'on va suivre
58:12dans les prochaines semaines,
58:14est-elle capable
58:14de franchir ce seuil?
58:15Et à ce moment-là,
58:16comment réagira Rachida Dati?
58:18Tendra-t-elle la main?
58:19Comment opérera
58:20l'Union des droites
58:21aux municipales
58:21si jamais Sarah Cnafot
58:23faisait son 10 %,
58:24ce sera une candidature
58:25à suivre dans les prochaines semaines.
58:26À suivre, absolument.
58:27Merci à tous
58:28pour cette émission.
58:29Tout de suite,
58:29Pascal Proleur-Dépendu.
58:30Je ne sais pas si ça m'irait.
58:31Je ne sais pas.
58:32Oui!
58:32Vous pensez?
58:33Mais oui!
58:34Non, mais rendez l'antenne,
58:35rendez l'antenne.
58:36J'essaye, mais je ne sais pas.
58:37Ça me va ou pas?
58:37On a un maillot jaune.
58:39Anthony Coupechou,
58:40ça me va.
58:40Vous trouvez ou pas?
58:42Je peux rejoindre
58:43les agriculteurs?
58:48Eh bien, ça représente
58:49l'union de tous les syndicats
58:51pour moi.
58:52Tout de suite,
58:52l'un des pros de Pascal Proleur
58:54et je vais avec vous
58:54sur le terrain.
58:55Voilà.
58:55Pas de problème.
58:56Merci.
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