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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

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00:00Sandra Thiambo pour le JT de 19h, elle est très sérieuse. Bonsoir Sandra.
00:04Bonsoir Christine, bonsoir à tous.
00:06A la lune de l'actualité, en bref et en image, vous l'avez suivi sur notre antenne,
00:09Bruno Retailleau a annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027.
00:14Résolu à imposer par toute l'autorité de la République,
00:18l'ex-ministre de l'Intérieur promet des référendums sur l'immigration et la justice.
00:22Il veut engager une véritable révolution et assure qu'il ne cèdera pas aux dérives de l'État de droit.
00:27Neuf personnes ont été interpellées ce mardi, soupçonnées d'escroqueries à la billetterie du Louvre et du Château de Versailles.
00:34Le préjudice pour le site parisien est estimé à plus de 10 millions d'euros.
00:38La fraude débutée à l'été 2024 a été signalée par le musée.
00:42Elle impliquerait des guides extérieurs, des tours opérateurs et des agents du Louvre.
00:47Et puis à l'international, la Suède va envoyer des avions de combat patrouillés au Groenland
00:51dans le cadre de la mission de l'OTAN dans l'Arctique.
00:54Il serait basé en Islande où six appareils sont stationnés depuis le début du mois.
00:59Les forces spéciales suédoises seront également envoyées sur l'île pour participer à des entraînements.
01:05Merci ma chère Sandra Thionbourg.
01:08On vous retrouve pour le journal de 20h.
01:10Au sommaire ce soir, l'ancien chef d'état-major des armées, le général Pierre Devilliers,
01:16a sorti chez Fayard il y a quelques semaines son livre pour le succès des armes de la France.
01:21Un essai dans lequel il salue l'excellence des soldats français tout en alertant sur nos fragilités capacitaires.
01:28Il plaide pour un sursaut stratégique, budgétaire mais aussi moral.
01:32Face au retour des guerres et aux incertitudes autour de l'OTAN et de l'Europe de la défense,
01:38la France est-elle réellement prête à affronter un conflit majeur ?
01:41Et surtout avons-nous encore la volonté collective d'en assumer le prix ?
01:46Le général Devilliers est l'invité de Face à l'Info.
01:50L'annonce est officielle.
01:52Bruno Rotaillot, président des Républicains, se lance dans la course à la présidentielle de 2027.
01:58Il dit avoir mûri sa décision et promet un cap fondé sur l'ordre, la prospérité, la fierté française pour la droite classique.
02:06C'est peut-être l'heure de la clarification après des années d'effacement.
02:09Mais cette candidature suffira-t-elle à rassembler son camp et à convaincre au-delà de son socle électoral ?
02:16Beaucoup de choses à dire avec l'édito de Mathieu Bocoté ce soir.
02:20Le gouvernement veut limiter la consommation de viande via sa stratégie climat.
02:25Et Marine Tondelier affirme que l'État devrait dire aux Français quoi manger.
02:30Les éleveurs, déjà fragilisés, dénoncent une pression idéologique et une menace sur leur activité.
02:37Entre écologie, liberté individuelle, survie agricole, le débat s'enflamme.
02:44L'État doit-il vraiment décider de ce qu'il y a dans nos assiettes ?
02:48L'analyse de Gabriel Cluzel.
02:50Tristan Valex, rédacteur en chef de complément d'enquête, a été auditionné par la commission sur l'audiovisuel public.
02:57Il a assumé deux positions fortes, notamment le refus de rendre public les salaires de l'équipe
03:03et aussi l'affirmation qu'il n'existe pas de lien, de causalité entre immigration et criminalité.
03:10Les auditions se poursuivent dans un climat tendu,
03:12tandis que le député Charles Aloncle est visé par une tribune signée par 350 personnes.
03:18Pourquoi mettre une pression sur un député ?
03:20Pourquoi mettre une telle pression sur un député en pleine démocratie ?
03:24Le regard de Marc Menon.
03:25Lors du carnaval de Limoux, un char représentant une salle de classe
03:32avec des mises en scène à connotation pédopornographique,
03:36a choqué habitants et autorités.
03:39La procureure de Carcassonne a ordonné son retrait et ouvert une enquête.
03:46Les organisateurs parlent, je cite, de « grivoiserie satirique ».
03:50D'autres dénoncent une banalisation obscène et surtout dangereuse pour les enfants les plus vulnérables.
03:55Jusqu'où peut aller la provocation au nom de l'art ?
03:58Et pourquoi cette volonté d'associer les enfants, l'école et les objets sexuels ? »
04:03Le décryptage de Charlotte Dornelas.
04:06Après les propres polémiques de Jim Ratcliffe sur une supposée colonisation du Royaume-Uni
04:11par l'immigration, soutenue par Nigel Farage,
04:15le débat sur une des transformations démographiques sort du tabou.
04:20Longtemps associé à la théorie du grand remplacement de Renaud Camus,
04:24cette idée entre dans le débat public.
04:26Est-ce qu'on assiste à un simple constat démographique
04:29ou bien à un basculement politique majeur ?
04:32Voilà, ça fait polémique et on en parle.
04:33Édito de Mathieu Bocout.
04:35Une heure pour tout se dire et sans tabou.
04:37C'est parti.
04:41Alors, vous êtes viande ou poisson ?
04:52Qu'est-ce que vous aimez manger ?
04:53Vous n'avez envie que l'État...
04:55Ah, t'en faisons !
04:56En fait, je suis passionnément viande et raisonnablement trop souvent poisson.
05:01Ça, c'est pour la santé, ça.
05:02Oui, ça me déprime.
05:03Et vous, Gabriel ?
05:05Les deux.
05:05Les deux, les poissons.
05:07Ils ne vont pas ajouter le fromage.
05:09Non, c'est pas vrai.
05:10Oui, est-ce que le gouvernement, il a le droit de décider de ce qu'on doit manger ?
05:14Non.
05:14OK, allez, on ajoute le fromage.
05:15Non, ça suffit, le gouvernement, on arrête.
05:17Oui, c'est clair.
05:18Non, mais c'est vrai.
05:19Non, vous, c'est des graines.
05:20OK.
05:20Voilà, moi, ça se termine en queue de poisson.
05:22C'est des graines.
05:25En tout cas, on va en parler avec Gabriel Clusel.
05:27C'est quand même important.
05:28On en est là, aujourd'hui.
05:30On en est là.
05:31On en parle.
05:32Et dans un instant, on va recevoir le général Pierre Devilliers.
05:35De Villiers.
05:35D'abord, Bruno Rotaillot vient d'annoncer sa candidature à la présidentielle.
05:40Mathieu Bocoté.
05:42Est-ce une surprise ?
05:43Alors, tous s'attendaient à ce qu'il se déclare tôt ou tard.
05:47Mais dans les circonstances, certains diront, y avait-il un bon moment ?
05:50On y reviendra dans un instant.
05:52Mais il faut d'abord chercher à comprendre la trajectoire du personnage.
05:55Qu'est-ce qui fait en sorte qu'il s'est imposé à lui l'idée d'une candidature presque naturelle ?
06:00Alors, point de départ, si on fait le parcours de Rotaillot, d'où vient-il ?
06:04Alors, je ne ferai pas le parcours de sa vie.
06:06Mais politiquement, à quel moment surgit-il ?
06:08On le sait, il y a presque deux temps là-dedans.
06:10Premier élément, c'était un compagnon de route de Philippe Devilliers au temps du MPF, le Mouvement pour la France.
06:16Donc, la droite souverainiste et conservatrice.
06:18La droite sceptique à l'endroit de l'Union européenne.
06:22La droite sceptique à l'endroit de la submersion, plus que sceptique à l'endroit de la submersion migratoire.
06:26La droite qui, par ailleurs, ne voit pas dans la République la seule expression légitime de la France.
06:32Bruno Rotaillot est un homme qui vient du Puy-du-Fou.
06:34Et venant du Puy-du-Fou, il se rappelle que l'histoire de la Révolution française n'est pas une histoire simplement enchantée.
06:41Donc ça, c'est le point de départ avec le MPF.
06:43Il va rompre, nous le savons, avec Philippe Devilliers ensuite.
06:45Et il ressurgit véritablement comme figure politique majeure autour de la campagne présidentielle de 2017.
06:52Parce qu'il est alors le bras droit de François Fillon.
06:55On sait à l'époque, si Fillon ne l'emporte à la présidence, il sera son premier ministre.
07:00D'ailleurs, il lui sera fidèle jusqu'à la fin au meeting du Trocadéro, on le sait.
07:04Et donc cette idée qu'on ne lâche pas son chef lorsque tous se jettent sur lui, il y aura chez lui une véritable...
07:09Il était l'indérance.
07:10Il s'est tenu véritablement avec Fillon à ce moment-là.
07:13Et ensuite, après le départ de Fillon, il se voudra un peu l'héritier du tournant conservateur de la droite.
07:19Le tournant conservateur de la droite, c'est-à-dire une droite qui se veut décomplexée.
07:23Une droite qui n'est plus qu'une gauche au ralenti.
07:25Une droite qui assume, en fait, un désaccord de fond avec la gauche.
07:29Et il va incarner ça à la tête d'un petit parti qui s'appelle Force républicaine, on l'a un peu oublié,
07:33où il marque un virage conservateur, mais à l'intérieur même de la droite française.
07:37Il ne s'agit pas, il faut le dire chez lui, d'un conservatisme strictement affectif, c'est-à-dire j'aime les traditions, j'aime...
07:44Non, il y a quelque chose chez lui qui est construit intellectuellement pour ceux qui l'ont rencontré, pour ceux qui le connaissent.
07:50On est devant des rares hommes politiques français qui lient vraiment.
07:53C'est-à-dire la plupart...
07:54Vous savez, c'est une de mes études préférées aujourd'hui pour parler des gens, c'est le lecteur de tweets.
07:57C'est des gens qui sont capables de lire environ cinq lignes et après, leur cerveau passe en surchauffe, où ils ne savent plus quoi.
08:03Alors, on n'est pas avec ce type-là.
08:05On est avec un vrai lecteur et quand vous rencontrez Retailleau, assez rapidement, la conversation, c'est « Qu'avez-vous lu récemment? »
08:10Et là, le sujet, donc les lectures alimentent sa réflexion, ce n'est pas un détail dans le paysage politique français d'aujourd'hui.
08:16Ensuite, donc, il a réussi à devenir chef des LR, mais pas que.
08:21On sait qu'il est propulsé, en fait, il change de dimension au moment d'entrer, puisque c'est un sénateur aussi.
08:26Ça, je pense que ça vaut la peine de le dire, ne pas l'oublier.
08:29On est devant quelqu'un qui est politiquement droite, souverainiste, conservatrice, mais une psychologie plus centriste.
08:35J'entends par là que c'est un homme de compromis.
08:36Il a la culture politique du Sénat, qui est une culture du compromis, où il faut s'entendre, où les désaccords idéologiques n'impliquent pas qu'on se lance des chaussures à la tête.
08:45Donc ça, il n'a pas la culture de l'Assemblée sous le signe du chaos LFI.
08:49Alors, son moment où il change d'ampleur, il change de dimension, c'est lorsqu'il arrive au ministère de l'Intérieur.
08:54Au ministère de l'Intérieur, on découvre quelqu'un qui, comprenant qu'il n'a pas tout le pouvoir, marque néanmoins, et je reviendrai dans un instant, une rupture idéologique avec tous les dogmes.
09:04Donc le tabou de l'État de droit, le tabou de l'immigrationnisme, le tabou du lien entre l'immigration et l'insécurité.
09:11Donc il décide de briser tous les tabous, et c'est à ce moment qu'il change de dimension, et que plusieurs commencent à se dire,
09:17parce que ses proches lui disaient souvent, la présidentielle peut-être un jour, ça ne semble pas le dévorer.
09:22Mais à partir de ce moment-là, l'idée de la présidentielle commence à le travailler.
09:25Et d'ailleurs, on voit un livre apparaître sur lui, d'une journaliste du Point, je crois, Nathalie, je n'ai pas son nom en tête exact, mais un livre qui était assez bien fait.
09:32Les portraits commencent à se multiplier dans la presse, et si c'était lui.
09:37Le drame, c'est qu'il va rater sa sortie.
09:39On le sait, donc plusieurs s'attendaient à une démission forte, soit sur l'Algérie, une démission forte sur l'immigration.
09:45Il va quitter sur ce sujet improbable qui était Bruno Le Maire, à la fois l'homme politique et le romancier.
09:51Et il va démissionner sur cette question, et plusieurs se disent à ce moment, mais c'est la démission qui gage son parcours.
09:58De son point de vue, tout n'est pas terminé, avec raison. Il continue de peser dans le jeu politique.
10:04Et il se dit maintenant, c'est le calcul que je fais, il se dit, il y en a plusieurs que les ambitions à droite,
10:10Wauquiez, Bertrand, Lysnard, et ainsi de suite, si je n'y vais pas maintenant, je ne serai qu'un parmi d'autres.
10:15Maintenant, je serai le candidat de la droite classique, de la droite historique française.
10:19C'est moi qui l'incarnera. Et bien, aujourd'hui, il s'est lancé.
10:22– Le livre écrit par Nathalie Chuc, Bruno Rotaillou, le cardinal.
10:27Bruno Rotaillou se veut, vous le disiez, l'héritier de la droite française historique.
10:32Est-ce que cette droite est encore dans le jeu politique?
10:36– On se demande, est-ce que c'est son dernier sursaut ou son chant du signe?
10:40C'est-à-dire que la droite, quand je dis droite française historique, c'est la droite issue de la Ve République.
10:44Donc ça, on peut dire, et là, il faut s'entendre, ce n'est pas que le gaullisme, contrairement à ce qu'on pense.
10:48Dans la droite française historique, avant l'avènement de l'UMP, DLR et tout ça, il y a deux grandes tendances.
10:53Il y a le RPR, la droite, on pourrait dire, gaulliste, qui a la tripatriote, la droite qui aime les banquets,
10:59la droite avec, vous savez, le côté un peu viriliste à la Chirac.
11:02Il faut dire que le personnage Chirac, il y avait davantage la personnalité d'un homme de droite que les idées d'un homme de droite.
11:07Donc le côté un peu populiste dans le bon sens du terme.
11:09Et il y avait l'UDF. On l'a un peu oublié, c'est un parti un peu oublié, mais l'UDF, il y avait deux branches.
11:13Il y avait la droite centriste, appelons-ça comme ça, mais il y avait aussi une droite très à droite à l'UDF.
11:18Une droite très conservatrice, une droite, un peu c'est l'héritage qui était porté par Villian.
11:22Donc une droite décomplexée, vraiment.
11:24Et je crois que Retailleau est fait synthèse de ses différentes familles.
11:28Mais il est probablement davantage, je ne sais pas, on le dit, UDF.
11:30Donc il n'a pas le côté populiste, il n'a pas le côté romanesque et romantique en politique.
11:35Il a un côté homme de gouvernement, il a un côté homme de programme,
11:39et il est l'héritier, je dirais, de cette droite UDF décomplexée.
11:42Ensuite, sur le plan du programme, et il faut le mentionner,
11:46je le disais il y a un instant, quelle est sa grande rupture lorsqu'il est à l'intérieur?
11:50Il dit l'état de droit nous cause problème.
11:52L'état de droit ne doit plus être un tabou.
11:54Il a osé.
11:55Il a osé, et là d'ailleurs, ensuite, il y avait une armée de correcteurs,
12:00des gens qui trouvent que tout est toujours trop dur, tout est toujours trop ferme.
12:03Il dit non, il n'a pas dit état de droit, il a dit état du droit.
12:05Non, il avait dit état de droit parce qu'il avait compris que l'état de droit tel qu'il était devenu
12:10était une machine à programmer l'impuissance de l'État autour de ses missions régaliennes.
12:16Que nous dit-il?
12:17Et d'ailleurs, on peut dire que son passage à l'intérieur l'a probablement convaincu des limites de l'action politique
12:21dans le présent régime.
12:23Dans le présent régime, il n'est pas possible d'agir au-delà d'un certain seuil.
12:26Que dit Rotaillot dans les circonstances?
12:28Il dit je ferai un référendum sur l'immigration.
12:30Le référendum interdit, le référendum que le Conseil consulé le veut verrouiller à tout prix.
12:33Ce référendum, je le ferai. Pourquoi?
12:36Parce qu'immigration, insécurité, identité, tout passe par la remise en question du gouvernement des juges.
12:42Tout passe par la remise en question de cette caste qui, derrière l'État de droit,
12:45maquille ses privilèges, ses intérêts et impose des choix idéologiques forts aux Français.
12:50Donc c'est une candidature qui se veut de rupture sur le plan idéologique.
12:54Reste à voir si cette rupture peut aller jusqu'à la prochaine étape,
12:57c'est-à-dire le changement d'alliance de la droite classique.
12:59Est-ce qu'il est appelé au terme de cette candidature à accepter une alliance
13:04avec d'autres composantes de la droite aujourd'hui?
13:07C'est la grande question.
13:08La première, évidemment, il se lance pour gagner.
13:10Tenons pour acquis qu'il se lance pour gagner.
13:13Son scénario est probablement le suivant.
13:15Si Marine Le Pen n'est pas candidate, Jordan Bardella se prend le relais.
13:19Probablement se dit-il, Bardella, trop jeune, trop ci, trop ça,
13:22donc sa candidature se fragilise.
13:24Dès lors, un espace s'ouvre à droite.
13:25Il est réussi à s'en emparer.
13:27Et dès lors, il est propulsé.
13:28Il se dit, c'est ma chance.
13:29Premier élément, ce n'est pas impossible.
13:31Deuxième élément, il peut se dire, j'y vais, je fais un bon score
13:34et ensuite, je pèse au deuxième tour.
13:36Mais je dois choisir mon alliance.
13:37Mais là, ce sera la grande question pour lui.
13:39Quelle alliance fera-t-il?
13:40Est-ce que c'est une alliance avec un Édouard Philippe,
13:42si il est au deuxième tour?
13:43Bon, on verra.
13:44Que dirait-il entre Olivier Faure, par exemple, ou François Hollande,
13:47et Bardella au deuxième tour?
13:48Ça, c'est la question qu'on peut se poser.
13:50Quel type d'alliance déciderait-il de privilégier?
13:52À la rigueur, on pourrait dire qu'aujourd'hui, Bardella, c'est le RPR.
13:55Et Retailleau, c'est l'UDF, je dis, dans son aile droite.
13:58Peut-être que l'union historique des droites se reconstituerait
14:01dans cette espèce d'alliance.
14:03Retailleau-Bardella, reste à voir.
14:05Ou est-ce que finalement, certains disent, en chemin,
14:07il pourrait décider de quitter s'il considère que sa campagne ne lève pas.
14:10Ça, on verra.
14:11Mais ce qui est certain, c'est que là, désormais,
14:12il est un sujet de conversation politique.
14:14Il vient de se remettre au cœur du jeu politique
14:16avec une proposition de rupture.
14:18Reste à voir jusqu'où il portera sa rupture,
14:19jusqu'à l'alliance avec les infréquentables.
14:22Ou en dernière instance, je le résumerai avec un mot,
14:24est-ce que la droite historique française
14:26veut être le greffon gouvernemental du camp national
14:29ou le surmoi conservateur de l'extrême-centre?
14:31Tout est dans le mot rupture.
14:33Charlotte Dornela, s'autregard sur la candidature de Bruno Retailleau.
14:37En effet, je pense que la rupture qui est attribuée à Bruno Retailleau
14:41est une rupture qui est partagée par d'autres aujourd'hui
14:43dans l'échec qui est politique.
14:44Donc, que va-t-il faire?
14:45Comment va-t-il se positionner, certes, au moment du premier tour
14:49dans les discussions et sur les sujets,
14:53et en effet, dans l'avenir, on va dire, de la vie politique
14:55dès le second tour?
14:57S'il n'y a pas.
14:58Alors, ce qui m'étonne, c'est que depuis longtemps,
15:00il doit mûrir son annonce.
15:03Et aujourd'hui, il apparaît, tout petit bonhomme,
15:07dans un décor bleu pâle.
15:09C'est même pas une estrade de fêtes foraines.
15:12On a envie de rage, on a envie de quelque chose qui prenne.
15:16On dit, tiens, il y a quelqu'un qui me...
15:18Tandis que là, au lieu d'être réveillé,
15:21soudain, vous aviez un petit coup d'assoupissement,
15:23vous endormez complètement.
15:25Il a raté l'entrée.
15:26La forme n'était peut-être pas là, peut-être le fond.
15:29Voilà, ça, je ne sais pas.
15:30Mais est-ce qu'on n'a pas jusqu'à écouter le fond
15:32quand on tombe en l'écoutant?
15:35Et peut-être que la France a besoin d'énergie et de rage.
15:38Il y a deux questions.
15:39Bruno Retailleau vous remette de la droite dans la droite.
15:41Ça, c'est évident.
15:42Première question, est-ce qu'il est parti assez tôt de son poste?
15:46Est-ce qu'il n'est pas sorti abîmé?
15:48C'est-à-dire qu'il aurait sans doute fallu qu'il parte
15:50au moment de l'affaire Boilem-Sensal.
15:51Vous savez, quand on doit sauter d'un train,
15:53il faut choisir le bon moment pour ne pas se faire mal.
15:55C'est une question.
15:56Et la deuxième, évidemment, a été soulevée par Mathieu.
16:00C'est-à-dire qu'il y a quand même peu de chances,
16:02sauf retournement, que les LR se retrouvent au deuxième tour.
16:06Quelles décisions prendront-ils à ce moment-là?
16:08Et c'est ce que tout le monde regardera.
16:09On marque une pause, on revient.
16:11Dans un instant, nous recevons le général Pierre Devilliers.
16:15Entretien exceptionnel.
16:16C'est la première fois que nous allons le recevoir dans Face à l'Info.
16:19Beaucoup de questions à lui poser dans ce contexte géopolitique,
16:23international, passionnant.
16:25D'abord, Gabriel Cluzel.
16:26On va s'interroger sur le gouvernement
16:29qui a publié une stratégie nationale pour l'alimentation,
16:32la nutrition et le climat.
16:34Il appelle à limiter la consommation de viande.
16:37Et dans une matinale sur notre chaîne TF1,
16:40la question suivante a été posée à Marine Tondelier.
16:43Est-ce à l'État, aux politiques,
16:45de dire ce qu'ils doivent manger ou pas?
16:48Elle a répondu.
16:50Personnelles, je ne mange pas de viande depuis 2009.
16:52Je n'ai jamais demandé à tous les Français de faire comme moi.
16:55Je dis juste que globalement, pour notre santé,
16:57aussi pour la santé humaine, on dit des fois,
16:58si on ne mange pas de viande, on va être en mauvaise santé.
17:00La réalité, c'est que pour les normes sanitaires aujourd'hui,
17:02les Français mangent trop de viande,
17:03ce qui n'est pas bon pour leur santé.
17:04On n'a pas le mot juste avant, si je peux me permettre.
17:07Le mot juste avant, c'était exactement.
17:09Exactement.
17:09Donc, on lui dit, est-ce que l'État doit dire
17:12ce que les Français doivent manger ou pas?
17:15Elle dit exactement.
17:16Comme ça, elle mérite d'être claire.
17:18Voilà, exactement, c'est très clair.
17:20Les éleveurs sont très en colère.
17:22Est-ce qu'on peut les comprendre, Gabrielle Cluzet ?
17:24Oui, exactement.
17:25On peut les comprendre aussi, on peut dire exactement.
17:28C'est une fois de plus le comte French Carcan
17:30qui a déniché cette perle qui a beaucoup circulé.
17:33Donc, après l'atteinte à la liberté d'expression,
17:36l'atteinte à la liberté de circulation,
17:38avec les ZFE, il y a l'atteinte à la liberté d'alimentation.
17:43Donc, Marie Tondelier déclare qu'elle ne mange pas de viande
17:45depuis 2009.
17:47Est-ce que c'est une...
17:48Et donc, voilà, on ne va pas tout se faire comme Marie Tondelier.
17:52Elle porte une veste verte.
17:54Comme vous.
17:54Il faut tous que nous mettions une veste verte.
17:56Moi aussi, je me prépare à la dictature vestimentaire
18:00après la dictature alimentaire.
18:01Je suis venue avec une veste verte.
18:03Donc, non, mais ces gens sont assez incroyables.
18:06Il faut quand même se souvenir que s'agissant du voile islamique,
18:09Marie Tondelier avait dit il y a un peu moins d'un an,
18:12lâchez la grappe aux femmes, lâchez la grappe aux musulmans.
18:16En revanche, lâchez la grappe aux Français, ça non,
18:19là, tiens bien, c'est pas prévu.
18:21Et lâchez la grappe aux agriculteurs, non plus.
18:24Souvenez-vous, il y a quelques mois aussi,
18:26Sandrine Rousseau avait dit qu'elle n'en avait rien pété
18:28de la rentabilité agricole.
18:31Elle avait tenté de se justifier,
18:32avait dit qu'elle parlait de l'agroalimentaire.
18:34Néanmoins, les mots sont restés.
18:36Donc, finalement, pourquoi les écolos en auraient assiré
18:39des ventes du chiffre d'affaires des éleveurs ?
18:42Ceux-ci sont vent debout, mais vous l'avez dit,
18:45pas spécialement contre Marine Tondelier,
18:48mais devant ce qu'ils appellent la dernière macronerie.
18:51Car, évidemment, derrière cette question posée à Marine Tondelier,
18:54il y a cette actualité qui n'est pas sortie de nulle part.
18:57Cette actualité, donc cette stratégie nationale
19:00pour l'alimentation, la nutrition et le climat,
19:03SNANC, ça s'appelle,
19:04et ça définit l'action du gouvernement d'ici 2030
19:09pour être moins émettrice de gaz à effet de fer.
19:13C'est issu de la Convention citoyenne sur le climat
19:16et de la loi climat et résilience qui a suivi en 2021.
19:20Donc, en fait, vous l'avez compris,
19:21tout ça est écrit par les écolos.
19:23Les écolos, c'est un peu comme les socialistes.
19:25Ils font moins de 5% aux élections,
19:27mais ils dirigent pour le pays.
19:29François Hollande, souvenez-vous aussi,
19:31a sacrifié le nucléaire français pour un accord électoral
19:34avec les verres lourds de conséquences,
19:37ce largage du nucléaire.
19:39Est-ce qu'on ne peut pas s'interroger déjà sur le calendrier ?
19:42Oui, vraiment, ça frise la provocation.
19:45On se demande quand même si ces gens-là,
19:48au plus haut sommet de l'État,
19:49ne vivent pas dans une capsule sur la Lune
19:50ou dans une cave sans aucun moyen de communication.
19:54Il vient d'avoir successivement,
19:56l'an passé, le mouvement des agriculteurs en colère,
19:58la crise cette année de la dermatose nodulaire,
20:01la signature du Mercosur.
20:02Je rappelle que les terres d'élevage,
20:04comme par exemple l'Aveyron,
20:05étaient en tête dans les cortèges de tracteurs.
20:07Qu'à cela ne tienne,
20:09agitons un peu plus le chiffon rouge
20:11devant les agriculteurs.
20:13Mais c'est devenu une méthode de gouvernement,
20:15là aussi, au plus haut sommet de nos institutions,
20:18puisque les Français trouvent qu'il y a trop d'impôts.
20:20Qu'à cela ne tienne, mettons plus d'impôts.
20:23C'est quand même le pays le plus taxé de l'OCDE.
20:25On peut parler de l'immigration.
20:27Les Français veulent stopper l'immigration.
20:29Qu'à cela ne tienne,
20:30le Conseil d'État va en remettre une louche
20:32avec d'autres pompes aspirantes.
20:33Vous n'arrivez pas à vous faire soigner en Grèce.
20:35Venez donc chez nous.
20:37Et ce qui est quand même fou,
20:39c'est que le 3 février dernier,
20:40Emmanuel Macron, étant dans la Saône,
20:43il a expliqué,
20:44s'agissant du salon de l'agriculture qui approche,
20:47il a dit qu'il faut soutenir nos paysans.
20:50Il s'était fixé trois objectifs.
20:52Et le premier, il disait, ça doit être, je le cite,
20:55ça doit être de produire.
20:57Ce n'est pas un gros mot de produire.
21:00Mais les pousser à produire en supprimant les débouchés,
21:03c'est vraiment d'une logique imparable.
21:06Et dans ce temps, vous pensez qu'au Brésil,
21:08il pense aux effets de serre.
21:10Souvenons-nous de Flavio Bolsonaro,
21:13qui a parlé de la formidable viande brésilienne.
21:16L'indice, non, face à l'info.
21:17Exactement, sur ce plateau.
21:19Donc, on impose des normes à nos éleveurs
21:21et on recommande ensuite aux Français
21:24de tordre le nez et de faire la fine bouche.
21:27Alors, c'est vraiment l'État Big Mother
21:28qui vient se mêler de notre assiette,
21:30mais Big Mother façon Folcoche.
21:32Folcoche, vous savez,
21:33elle supprimait la viande dans les assiettes de ses enfants.
21:36On somme les Français de ne pas trop s'éclairer,
21:39ni de se chauffer.
21:40Mais en revanche, c'est une Big Mother
21:41qui est incapable d'assurer la sécurité de ses enfants,
21:44ce qui devrait être le premier devoir du parent.
21:48Alors, mais si les Français ont envie de consommer
21:50moins de viande, c'est leur droit.
21:51Exactement, encore une fois, exactement.
21:54Mais c'est ce que disent du reste les agriculteurs.
21:57Ils disent que si ça vient d'une loi de l'offre
21:58et de la demande des consommateurs, c'est ainsi.
22:00Mais là, c'est une pression de l'État.
22:04Et il faut se rendre compte du glissement politique
22:05sur ce sujet.
22:07La viande, avant, c'était neutre,
22:08c'était ni de droite ni de gauche.
22:10Aujourd'hui, c'est comme les enfants,
22:11comme la voiture, c'est devenu de droite.
22:13Vous voyez, pour Sandrine Rousseau,
22:15la viande, c'est synonyme du barbecue
22:18et donc de virilité toxique.
22:21Pour la droite, c'est la blanquette de veau,
22:23le bœuf bourguignon, le filet mignon,
22:25bref, la culture française.
22:27C'est pour Mathieu.
22:27Bref, c'est réac.
22:30Et j'ai un fan à côté.
22:33Et le seul à avoir une partition un peu divergente,
22:38c'est, façon Georges Marchais, du reste,
22:40c'est Fabien Roussel.
22:41Je ne sais pas si vous vous souvenez.
22:43Il avait dit un bon vin, une bonne viande,
22:45un bon fromage.
22:46Pour moi, c'est la gastronomie française.
22:48Il avait été conspué.
22:50Précisons au passage qu'il n'avait pas tort
22:52de parler de fromage.
22:53Vous en avez parlé tout à l'heure.
22:54Mathieu, voilà.
22:57Car en avril dernier, sur France Inter,
22:59un militant écologiste était venu dénoncer
23:02tout simplement le comté.
23:04Donc, vous voyez, après la viande,
23:05il va y avoir les fromages.
23:07Alors, on peut trouver ça un peu absurde.
23:09On peut en rire, vous voyez,
23:10les airs impérieux et doctes de maîtresses d'école
23:12de Marine Tandelier et de Sandrine Rousseau.
23:14Mais en fait, il faut les prendre très au sérieux.
23:16C'est les dernières maîtresses d'école
23:18qui sont entendues dans ce pays et obéies.
23:21Parce que selon un sondage pour elles
23:23de l'IFOP en 2022,
23:24parmi les femmes qui disent ne pas vouloir d'enfants,
23:2839% d'entre elles évoquent les risques
23:30liés à l'évolution du climat,
23:3235% à la crainte de la surpopulation.
23:35Qui leur a beau et le mot, sinon les écolos ?
23:38Qui les a convaincus qu'en sacrifiant
23:39leur maternité à Gaïa,
23:41comme à ces déesses antiques ?
23:42Vous savez, autrefois, on offrait des enfants
23:44pour calmer la colère des déesses.
23:46Eh bien, Gaïa, c'est ça, la Terre.
23:48On allait sauver la planète.
23:49Eh bien, les écolos, bien sûr.
23:51On peut tirer le fil.
23:52Dans l'Obs en 2019, Yves Cochet,
23:55mais c'est une sommité d'Europe Écologie des Verts.
23:57Il a écrit d'ailleurs un bouquin avec Sandrine Rousseau.
23:59Il disait renverser notre politique d'incitation à la natalité.
24:03Il faut inverser la logique des allocations familiales.
24:05Donc, en fait, ce qu'il voulait, c'est qu'on fasse diminuer
24:08les allocations avec chaque enfant supplémentaire.
24:10Sandrine Rousseau, aussi, de son côté,
24:13sur Sud Radio, il y a quelques mois,
24:15elle disait qu'il ne faut pas encourager les Français
24:16à avoir des enfants.
24:17Il ne faut pas mettre en place de politique familiale.
24:19Et ça, c'est la partie émergée de l'iceberg
24:21pour ce sujet comme pour d'autres.
24:23Parce qu'il y a les politiques, ceux-là, on les voit, on va dire.
24:25Et puis, il y a les experts militants.
24:27Vous savez, les experts militants, c'est une catégorie un peu cachée
24:31qui écrit, par exemple, les livres scolaires,
24:33enfin, pour certains, les livres scolaires,
24:35des livres scolaires de SVT,
24:37et qui glissent comme ça, l'air de rien,
24:39sans que les parents s'en rendent compte,
24:40que pour améliorer la planète,
24:42il faut éteindre son sache-linge,
24:45éteindre les lumières,
24:46et éteindre l'espèce humaine en n'ayant pas trop d'enfants.
24:49Voilà, donc, les parents sont prévenus.
24:52Tout cela n'est pas neutre.
24:53Ces gens-là sont dangereux.
24:55On en est là, effectivement.
24:57Et en plus, on se demande, effectivement,
24:59si on est encore en démocratie
25:01lorsqu'on veut vous dire ce qu'il faut manger,
25:03comment laver votre jean, on en avait parlé,
25:05comment laver vos sous-vêtements,
25:06combien de fois il faut porter ses sous-vêtements,
25:08dans ses chaussettes, etc.,
25:09c'est quand même assez...
25:10Comment prendre le métro en toute sécurité,
25:11ça, on a plus de mal.
25:12Excellent.
25:13Il n'y a pas la méthode.
25:15Exactement.
25:16Bon, Marc Menon, Tristan Vallex,
25:18rédacteur en chef de complément d'enquête,
25:19a été auditionné à la commission d'enquête
25:22sur l'audiovisuel public cet après-midi.
25:23On écoute un extrait ?
25:25Si vous voulez.
25:25Un extrait.
25:26Il faut penser contre soi-même.
25:32Pour nous, c'est une boussole.
25:34C'est presque devenu la devise de l'émission.
25:38Et même le moment un peu particulier
25:40que l'on vit avec cette commission,
25:41je vous l'avoue,
25:42est l'occasion pour nous de nous interroger plus encore
25:44pour essayer de nous améliorer.
25:47Parmi ces préoccupations,
25:49ces obsessions même,
25:50celle de donner l'information
25:51la plus rigoureuse possible.
25:53Nous vivons avec l'angoisse permanente
25:55de nous tromper, de mal faire.
25:58Complément d'enquête est évidemment
25:59une émission non-partisane.
26:01J'ai coutume de dire
26:02que nous ne sommes pas des journalistes militants,
26:04mais en revanche,
26:05je revendique le fait
26:06que nous sommes des militants du journalisme
26:08et d'un journalisme totalement indépendant.
26:12On a perdu Mathieu Bocoté.
26:14Ça va, Mathieu ?
26:15Il y a des limites à dire n'importe quoi.
26:17Pourquoi ça vous choque comme ça ?
26:18C'est pas que ça me choque,
26:19c'est comme si il voit un cheval
26:22et puis il se dit
26:23c'est pas le cheval,
26:23c'est un train.
26:24Ils ont amené des limites
26:25à ne pas voir la réalité.
26:27Le cheval a un arrière-train.
26:29Pas mal.
26:29Marc Menon,
26:30effectivement vous aussi
26:31vous réagissez comme Mathieu,
26:32c'est-à-dire que c'est assez surprenant ?
26:35Alors il faut mettre en parallèle
26:38une tribune avec 350 signataires.
26:43Alors il y a des gens prestigieux,
26:45je ne vais pas les citer.
26:46En revanche, un petit résumé.
26:48Ils parlent à propos...
26:49Signataires contre le rapporteur.
26:50Contre le rapporteur.
26:51Les méthodes inquisitoriales,
26:54diffamatoires et menaçantes
26:56employées par le rapporteur
26:58et certains députés.
27:01Le taux de Charles-Henri Alloncle
27:03nous a profondément choqués.
27:06Posture de procureur,
27:08mise en cause,
27:09appui.
27:10Alors, quand j'ai lu ça,
27:12je me dis, mais je n'ai pas compris.
27:14En réalité, on parle de compléments d'enquête.
27:18Parce que si quelqu'un,
27:20si une façon de pratiquer le journalisme
27:24est bien celle d'un ton de procureur,
27:27d'une inquisition,
27:28c'est complément d'enquête.
27:30Voyons leur méthode.
27:32À un moment donné,
27:33dans la comparution,
27:35on lui demande
27:36combien il gagne.
27:38Alors, il répond,
27:39mon salaire,
27:41je ne peux pas donner
27:41parce qu'un engagement
27:43a été pris
27:43de ne pas le publier.
27:45Si,
27:46ça avait été
27:46complément d'enquête
27:47qui se charge
27:48de savoir
27:49combien,
27:50à la fin du mois,
27:51il touche.
27:52On se serait mis en embuscade,
27:54on l'aurait traqué
27:55un peu partout.
27:56Parlez !
27:57Combien vous touchez ?
27:58Et on aurait rejaillé nos droits.
27:59Parlez !
28:00Combien vous touchez ?
28:01Ce n'est pas de l'inquisition,
28:02c'est leur méthode.
28:04C'est comme ça
28:05que toutes,
28:07depuis maintenant
28:08pratiquement 24 ans,
28:10ils exercent
28:11ce qu'ils appellent
28:12être le journalisme.
28:15Et alors,
28:15avec des méthodes
28:16très particulières,
28:18c'est là déjà,
28:20mais aussi,
28:22il aurait été reproché
28:24sur un reportage
28:24du 20 janvier.
28:26La guerre secrète
28:27France-Algérie.
28:28Et on leur dit
28:29mais c'est quand même incroyable
28:30parce que
28:30vous avez interviewé
28:32l'ancien ambassadeur
28:33Xavier Driancourt
28:34et vous n'avez pas gardé
28:35une seule seconde
28:37de cette interview.
28:38Alors là,
28:38il dit
28:39ben non,
28:39il y avait déjà,
28:41il y avait déjà
28:42la voix la plus dure
28:44à l'égard de l'Algérie,
28:45Julien Aubert.
28:46Alors s'il y avait déjà,
28:47pourquoi on va l'interviewer ?
28:49On perd son temps.
28:50Et puis après,
28:50il dit
28:51mais vous savez,
28:51nous,
28:52on fait des dizaines
28:53et des dizaines d'interviews.
28:55Et puis à la fin,
28:55on les met au panier.
28:56Alors moi,
28:57j'ai découvert ça
28:57il y a quelques années
28:58quand j'étais retourné
28:59au grand reportage.
29:01J'étais arrivé
29:01dans une rédaction
29:02d'une très grande maison
29:03et on m'a dit
29:04maintenant on fait
29:05le panier d'aménagère.
29:06Bon, c'est quoi
29:07le panier d'aménagère ?
29:08Eh bien on tourne,
29:08on tourne,
29:09on tourne,
29:09on tourne
29:09et puis après
29:10on voit ce que l'on garde.
29:11Et moi,
29:11ça me changeait
29:12des méthodes
29:12que j'avais tournées avant
29:14parce que quand on partait
29:15en tournage,
29:17c'était avec du film
29:18et vous ne pouviez pas
29:19tourner, tourner, tourner
29:20parce que sinon,
29:22on n'aurait jamais pu développer
29:23et puis ensuite,
29:24il fallait couper
29:25morceau par morceau
29:26donc ça exigeait
29:28le mot que tout à l'heure
29:30Tristan Valex
29:31utilise,
29:33la rigueur.
29:34La rigueur,
29:34c'était déjà
29:35de camberger
29:36sur ce que nous allions faire.
29:38C'était de savoir
29:39comment,
29:40eh bien sur une pré-enquête,
29:43il fallait cibler
29:44tel ou tel personnage.
29:45Et si vous n'avez pas
29:46l'opportunité
29:48de tourner
29:49une personne,
29:51qu'elle vous refuse
29:52une interview,
29:53eh bien on ne le fait pas
29:55parce que sinon
29:56ça signifie quoi ?
29:57Ça signifie
29:58que l'intervieweur
30:00n'a pas pour premier talent
30:02la capacité
30:03de convaincre quelqu'un
30:05d'apparaître devant lui
30:06et d'être dans un combat
30:08contradictoire.
30:09Donc on est bien là
30:10dans un principe
30:11d'inquisition.
30:13Après je vais vous raconter
30:13une petite histoire
30:14qui m'est arrivée
30:15en 2007.
30:16Tout le monde
30:16se fout de mes histoires.
30:17Mais là,
30:17elle a rapport direct
30:18avec complément d'enquête.
30:20C'est l'anniversaire ça.
30:21Ah !
30:22C'est avec mon petit...
30:24Attention,
30:24le général qui nous attend.
30:26D'accord, pardon.
30:27Racontez-nous.
30:27Non, non.
30:282016,
30:29on m'appelle,
30:29on me dit,
30:29voilà,
30:30on fait un reportage
30:31sur Vincent Bolloré.
30:33Vous qui avez travaillé
30:35avec Vincent Bolloré,
30:36est-ce qu'on peut
30:36vous interviewer ?
30:37Je dis,
30:37oui, bien sûr.
30:38Non, parce que
30:39les méthodes
30:40qu'il utilise,
30:41etc.,
30:41puis vous vous êtes fâché
30:43avec vous.
30:43Non, je ne me suis pas fâché.
30:45Et si je dois répondre,
30:46je répondrai avec vos questions.
30:47Mais je ne dirai que du bien
30:49qui m'ont vécu
30:50avec Vincent Bolloré.
30:51Ah oui,
30:52bon,
30:53on vous a rappelé.
30:55Ils ne m'ont jamais rappelé.
30:57C'est quand même extraordinaire.
30:58Ça signifie que ces gens
30:59qui disent
31:00qu'il n'est pas question
31:02pour eux
31:03d'être partisans,
31:05si vous ne tenez pas
31:06dans une pré-interview
31:08ce qu'ils attendent
31:10comme propos,
31:11pouf,
31:11vous passez à la trappe.
31:13Et puis,
31:14s'il n'y a pas véritablement
31:15à ce moment-là,
31:16l'autre truc,
31:17c'est la caméra cachée.
31:19Ah, c'est extraordinaire
31:20la caméra cachée.
31:21Parce que c'est l'outil
31:22qu'on utilise comme ça,
31:24mais on est contrarié.
31:26Et alors,
31:27on leur cite un cas précis.
31:29Comment ?
31:30La personne,
31:31elle est là.
31:31On ne peut pas la reconnaître.
31:33Ils disent,
31:33ben oui,
31:33mais c'était la seule manière
31:35de pouvoir lui permettre
31:37d'être devant la caméra
31:38sans être repéré.
31:40Donc là,
31:41revenons à l'analogie
31:42avec la justice.
31:44Si vous avez un enquêteur
31:47qui donne un élément
31:49à charge
31:50dans une enquête
31:51qui puisse théoriquement
31:52confondre X ou Y,
31:55cette charge-là
31:55ne s'agira jamais rendue
31:57si elle est dans l'anonymat.
31:59Donc,
32:00elle n'a aucune force
32:02de conviction
32:03et surtout,
32:04elle ne doit pas être retenue.
32:05Eh bien si,
32:06pour eux,
32:07c'est une manière
32:08de donner de la force
32:09au reportage.
32:11Voilà la façon
32:12non-partisane,
32:14la façon très objective,
32:16on est bien loin
32:17de cinq colonnes à la une
32:18de ceux qui restent pour moi
32:20les références
32:21dans ce métier.
32:22Merci beaucoup.
32:24Ça date.
32:25Marc Menon,
32:26dans un instant,
32:27recevra le général
32:28de Villiers
32:29pour son livre.
32:30Mais d'abord,
32:31hier,
32:32Gabriel Clusel évoquait
32:33une effigie
32:34de Jordan Bardella
32:35brûlée lors d'un carnaval.
32:37Cette fois,
32:37Charles-Antonéas,
32:38on va s'arrêter
32:38sur une mise en scène
32:39accusée de pédocriminalité
32:41qui était exposée
32:42au carnaval de Limoux
32:44et qui a beaucoup fait parler
32:45de quoi s'agit-il.
32:47En effet,
32:47ça a été relayé.
32:49D'ailleurs,
32:49la scène
32:50dont nous allons parler
32:52a été retirée
32:53très rapidement
32:54après la polémique.
32:56Donc,
32:56c'est à Limoux,
32:57vous l'avez dit,
32:57c'est en Occitanie.
32:59Limoux qui est connu
32:59pour son carnaval
33:00qui est le plus long du monde.
33:02C'est comme ça
33:03qu'il est qualifié
33:03et pendant lequel
33:04vous avez différentes confréries
33:06qui réalisent différents chars
33:08et les exposent
33:09donc au public.
33:11Et alors,
33:11c'est un carnaval
33:12qui par ailleurs revendique
33:14et c'est écrit
33:14sur à peu près
33:15tous les sites
33:17et comment dire,
33:18confessé par tous les habitants
33:19qui revendique
33:20sa grivoiserie
33:21et un esprit
33:22qu'on pourrait résumer
33:23un esprit Charlie Hebdo,
33:25un esprit de satire
33:26permanent.
33:28Les organisateurs
33:28le revendiquent aussi
33:29et l'une de ses confréries
33:31a décidé de mettre en scène
33:32une classe
33:33du début du XXe siècle.
33:35Alors,
33:35c'est une petite installation
33:36qui est au cœur de la ville
33:38à côté d'un manège
33:38pour enfants.
33:39Vous allez voir
33:39pourquoi ça compte.
33:41La scène est intitulée
33:42l'école de garçons Jules Verne
33:43et entre parenthèses
33:45et de filles gentilles
33:46et à l'intérieur
33:47de ce char
33:47qui est présenté
33:48comme une vitrine,
33:49vous voyez sur la photo,
33:50eh bien,
33:51on voit à première vue
33:52des élèves
33:53derrière leur bureau
33:54en uniforme.
33:55Très bien,
33:56mais le diable se cache
33:57dans les détails
33:57en l'occurrence
33:58et en effet,
33:59le nez
33:59et le menton
34:00de l'instituteur
34:01sont transformés
34:02en sexe d'homme.
34:03Il y a un petit enfant
34:03qui est agenouillé
34:04fesses nues
34:05près du bureau
34:06et une écolière
34:07qui est tout simplement
34:08en train de lire
34:08un livre pornographique,
34:10le tout avec un soutien-gorge
34:11qui est accroché
34:12au porte-manteau
34:13de cette petite classe
34:14donc du début du siècle.
34:16Donc forcément,
34:17les réactions
34:18ont été immédiates,
34:19vives
34:19et je mets de côté
34:20ce que certains
34:22m'ont signifié,
34:23les règlements
34:23de comptes politiques
34:24à l'intérieur,
34:26à l'intérieur
34:27à la fois de la ville
34:28et à l'égard
34:29de ce carnaval.
34:30Je mets ça de côté
34:31et je m'attarde
34:32simplement sur la scène
34:33qui a choqué
34:33bien au-delà
34:34des frontières de Limoux
34:35et peut-être d'ailleurs
34:36plus encore
34:36en dehors
34:37des frontières de Limoux.
34:38Mais comment
34:39ont réagi
34:39les autorités
34:40puisque ce char
34:41a été depuis retiré
34:43sur demande
34:44de la préfecture ?
34:45Je vous le disais,
34:46il y a des habitants
34:46qui ont été choqués
34:47et qui l'ont rapporté,
34:49qui ont fait des signalements
34:50au maire de la commune,
34:51auprès des autorités
34:52et la procureure de Carcassonne
34:54que vous citiez tout à l'heure
34:55a expliqué
34:55qu'une enquête
34:56était diligentée
34:57du chef de,
34:58je cite,
34:58un provocation,
34:59un crime ou un délit
35:00non suivi des faits
35:01et il a requis
35:02le retrait immédiat
35:03de tous les éléments
35:04susceptibles d'évoquer
35:05une mise en scène
35:05pédopornographique.
35:07Alors il y a un des coprésidents
35:08du comité du carnaval
35:09qui a parlé immédiatement,
35:11qui explique
35:11qu'il n'avait pas vu le char
35:12avant qu'il soit dévoilé
35:13mais surtout
35:13qui a tenté d'expliquer
35:17dans quel contexte,
35:18c'est-à-dire le carnaval de Limoux,
35:19cette scène existait.
35:20Je le cite,
35:20l'intention première
35:21était plutôt
35:22de dénoncer
35:22les pratiques pédopornographiques
35:24en les caricaturant
35:26de façon grivoise.
35:27Le côté grivois
35:27est un trait dominant
35:28du carnaval de Limoux.
35:30Bon,
35:31les organisateurs eux-mêmes
35:32ont compris
35:32qu'il y avait un énorme raté
35:33même sur le terrain
35:34de la grivoiserie
35:35puisque tout a été retiré.
35:37Évidemment,
35:37c'est déjà étrange
35:39comme scène
35:40en temps normal
35:40et en ce moment
35:41avec l'affaire Epstein
35:42et compagnie,
35:43c'est sûr que c'était
35:44plus qu'original
35:46comme idée.
35:48Mais ce qui est intéressant,
35:49c'est les réactions
35:49que ça suscite
35:50de gens
35:51et encore une fois,
35:52je mets de côté
35:52les éventuels règlements
35:53de comptes
35:53ici ou là,
35:54locaux ou politiques.
35:57Simplement,
35:58pourquoi ça a généré
35:59des...
36:01Comment dire ?
36:02Une polémique ?
36:03Je voulais dire
36:04de l'incompréhension,
36:05c'est même pas de l'incompréhension.
36:06On est outré
36:06devant une scène pareille
36:07de la stupeur.
36:09Devant cette scène-là,
36:11parce que les réactions
36:13en réalité,
36:14elles révèlent
36:15ce que produit
36:17le relativisme ambiant.
36:18Je m'explique,
36:19ce n'est pas la société
36:20qui se régule
36:21elle-même
36:21par des mœurs
36:22évidentes
36:23et des rappels
36:24à ceux qui,
36:25comment dire,
36:26à ceux qui contreviendraient
36:27à ces règles évidentes.
36:29Donc,
36:29on mobilise la justice
36:30d'un côté
36:30et on tente de répondre
36:32en relativisant
36:33la gravité
36:33de la scène
36:34ou ce qu'elle a
36:35provoqué
36:36chez les gens
36:37qui l'ont vue
36:37de l'autre.
36:39Parce que tout porte à croire
36:39évidemment que ce n'est pas
36:40l'œuvre d'un malade
36:41qui a exposé ses déviances
36:42au grand jour
36:43à Limoux,
36:45mais l'idée d'une bande
36:45qui croient que l'art
36:46et l'agrivoiserie
36:47permettent tout,
36:48même d'offrir un spectacle
36:49en l'occurrence
36:50pornographique
36:51à la population
36:52et à ses enfants.
36:53Évidemment,
36:53beaucoup de gens
36:53ont évoqué
36:54le spectacle
36:55proposé aux enfants.
36:58Et on revient
36:59inlassablement
36:59et je pense que c'est pour ça
37:01que ça choque
37:01et ça choque
37:02de plus en plus
37:03à la pauvreté
37:04d'une conception
37:04de l'art
37:05d'abord
37:05qui confond tout
37:06avec la provocation
37:08parfois idiote
37:08et en l'occurrence
37:09obscène
37:10et on arrive aussi
37:11à ce relativisme moral
37:12qui lui aussi
37:13confond tout,
37:14qui relativise tout
37:16au détriment
37:17de notre bien commun
37:18à tous évidemment
37:19et en particulier
37:20des enfants
37:21les plus défavorisés.
37:23Et je pense
37:23que ces violences
37:25sans cesse
37:26faites aux enfants
37:26que l'on découvre
37:28depuis des années
37:28de manière particulièrement
37:30insistante,
37:30elles existaient évidemment
37:31avant,
37:32mais que l'on découvre
37:32depuis des années
37:33rendent ce genre
37:34de spectacle
37:34absolument insupportable.
37:37Parenthèse,
37:37on voit une des enfants
37:38et des mannequins
37:39qui lit le JDD
37:40à la page de ma chronique.
37:42Pourquoi parlez-vous
37:44des enfants défavorisés ?
37:46Charlotte,
37:46pourquoi seraient-ils
37:47particulièrement exposés
37:48alors que le spectacle
37:49s'offre en l'occurrence
37:50à tous ?
37:51Alors là,
37:52je m'écarte
37:54du sujet de l'Immu
37:55où je dézoome
37:57par rapport
37:57à cette question
37:59en particulier.
38:01Mais parce que
38:01pourquoi j'évoque
38:02les enfants défavorisés
38:03par rapport à ce qui est
38:04offert à leurs yeux
38:05en l'occurrence,
38:06mais aux tristes spectacles
38:07ou même aux actes
38:08qui sont posés
38:09à leur rencontre ?
38:10Parce que les autres enfants,
38:11ceux qui ne sont pas défavorisés,
38:13ont des parents
38:14pour les protéger
38:15de ce qu'ils voient,
38:16leur expliquer
38:17ce qu'ils lisent
38:18et les contraindre
38:19dans ce qu'ils peuvent faire.
38:21L'heure de sortie,
38:22le temps passé devant
38:23les écrans,
38:24par exemple.
38:24C'est vrai sur absolument
38:25tous les sujets
38:26qui touchent la protection
38:27de l'enfance
38:28et je pense encore une fois
38:29que ça explique
38:30des réactions épidermiques,
38:33notamment sur ce sujet.
38:34Ce sont des enfants
38:35dont les parents
38:36sont défaillants
38:37dans l'éducation,
38:38volontairement
38:38ou involontairement d'ailleurs,
38:41qui sont les plus exposés.
38:43Et c'est pour ça
38:43que j'utilise le mot défavorisé
38:45parce que s'il y a bien
38:46un droit de l'enfant
38:47qui devrait être défendu,
38:48c'est celui
38:48d'une bonne éducation,
38:50c'est-à-dire
38:50une éducation
38:51qui élève
38:52et qui protège.
38:54Un enfant pour grandir
38:55a besoin d'être protégé
38:56de certaines choses
38:57qu'il peut voir,
38:58avoir envie de voir,
38:59avoir envie de lire
39:00ou avoir envie de faire.
39:01Et notre relativisme moral
39:03qui est un jeu de massacre
39:05pour la jeunesse
39:06dans son ensemble
39:07et tant d'affaires récentes,
39:08encore une fois,
39:09nous le prouvent quotidiennement,
39:11mais il existe une jeunesse
39:12qui est plus exposée
39:13par manque de parents attentifs
39:14et c'est pour ces enfants
39:16que la société
39:17doit être particulièrement vigilante.
39:20Et on prend des exemples
39:21et on en parle souvent
39:22sur ce plateau,
39:23ce sont dans les foyers
39:24de protection de l'enfance
39:25qui sont littéralement débordés,
39:26qu'on trouve le plus de gamines
39:28qui se prostituent
39:29à 12, 13, 14 ans.
39:31C'est sur les réseaux sociaux
39:32que les prédateurs virtuels
39:33vont chercher les gamins
39:34que personne ne surveille.
39:36C'est dans les familles dysfonctionnelles
39:38que les prédateurs
39:39vont chercher leurs proies
39:40et ce qui est généralement vrai,
39:42évidemment,
39:42ne l'est pas forcément
39:43dans le détail.
39:44On trouve des enfants
39:45qui souffrent
39:45ou qui sont exposés
39:46à ces souffrances
39:47dans tous les milieux
39:48et dans toutes les familles,
39:49mais ça reste une tendance générale
39:51qui se vérifie
39:52absolument partout.
39:52l'affaire Epstein
39:53qui secoue absolument tout le monde.
39:55Il faut voir
39:56comment il allait chercher
39:56ses victimes
39:57dans les quartiers
39:58les plus défavorisés,
39:59dans des familles éclatées
40:01avec des gamines
40:02qui étaient déjà
40:04des victimes
40:05de à peu près tout
40:06dans la vie
40:06et donc qui étaient fragiles
40:08et qui n'avaient pas
40:08de parents pour les protéger.
40:10C'est donc encore une fois
40:11à nous de le faire.
40:12Et si j'ai l'air
40:12d'aller trop loin,
40:13on va dire,
40:14sur le sujet
40:15par rapport
40:16au sujet initial,
40:18c'est parce que
40:19on passe notre temps
40:20à se poser la question
40:21de comment imposer
40:23aux enfants
40:24la distinction
40:25entre le bien
40:26et le mal
40:26dans les actes
40:27qu'ils posent.
40:27On se pose la question
40:28toujours sur le terrain
40:29des violences,
40:30mais je pense qu'il faut
40:31que les adultes
40:33et la société
40:33dans son ensemble
40:34se posent la question
40:35de l'exemple
40:36qu'elles donnent
40:36dans le relativisme
40:38qu'elles exposent
40:39en permanence
40:39sur certains sujets
40:40aux yeux de tous.
40:41Et là,
40:42je me suis écartée
40:42évidemment
40:43de la question particulière
40:44de Limoux,
40:44mais je pense que
40:45ça explique très largement
40:46la réaction
40:47en effet épidermique
40:48à ce genre de scène
40:49aujourd'hui
40:50dans la société.
40:51Merci beaucoup
40:52Charlotte Nornelas.
40:54Dans un instant
40:55avec Mathieu Bocoté,
40:56on parlera
40:57d'une polémique
40:57au Royaume-Uni
40:58avec cette phrase
41:00« Le Royaume-Uni
41:01a été colonisé
41:02par les immigrés ».
41:03Oula !
41:04Ça fait scandale.
41:05On en parle
41:05dans un instant.
41:06Mathieu Bocoté,
41:07d'abord on va recevoir
41:08l'ancien chef
41:09d'état-major
41:09déjà armé,
41:10le général Pierre Devilliers
41:12qui a sorti
41:12chez Fayard le livre
41:13pour le succès
41:14des armes
41:15de la France.
41:16Merci infiniment
41:17chère générale
41:19d'être avec nous
41:20sur ce plateau.
41:21Je sais que vous vous faites
41:21rare et on profite
41:23du fait que vous ayez
41:24sorti ce livre
41:25pour vous avoir
41:26et c'est un honneur
41:27et c'est une toute première
41:28dans Face à l'Info.
41:29C'est un essai stratégique
41:31où vous appelez
41:32à revaloriser
41:33et à réarmer la France
41:35non seulement
41:36par des moyens militaires
41:37mais aussi
41:38par une cohésion morale,
41:41cohésion civique,
41:42patriotique,
41:43renouvelée
41:44face à un contexte
41:45international
41:46incertain
41:47et des menaces
41:48croissantes.
41:50Même si on sait
41:50pourquoi vous avez écrit
41:51le livre,
41:51j'ai envie de vous l'entendre dire.
41:53Pourquoi vous avez écrit
41:54ce livre ?
41:55Alors j'ai repris ma plume
41:56au printemps dernier,
41:58ce n'était pas prévu
41:59et je l'ai fait
42:00parce que je voyais
42:01la situation internationale
42:03se dégrader,
42:05en accélérer
42:05et je me suis retrouvé
42:08face à ma démission
42:10en 2017
42:10dans laquelle
42:11j'avais pressenti
42:13cette situation
42:14et je la voyais
42:16devant moi
42:17et nous ne sommes pas prêts.
42:20Donc je me suis dit
42:21qu'il fallait
42:22pour les élections
42:23présidentielles à venir
42:24mettre ce sujet
42:26sur la table.
42:26Enfin,
42:27parce que ça sera
42:28la première fois
42:29depuis des décennies,
42:30qu'on parlerait
42:31défense,
42:34relations internationales,
42:35place de la France,
42:36place de l'Europe
42:36dans une situation
42:38internationale
42:39sous la pression
42:40des États puissances
42:41qui réarment
42:42de 5 à 10% par an
42:44depuis plus de 20 ans
42:45et du terrorisme
42:46islamiste radical
42:47qui est loin
42:48d'avoir disparu
42:49et qui est une idéologie
42:50qui vise à éradiquer
42:51nos organisations
42:52et nos sociétés.
42:54Dans ce contexte
42:55de migration massive
42:56avec ce décalage
42:57de population
42:58entre l'Europe
42:59et notamment
43:00les pays du Sud,
43:02on a un monde
43:02explosif,
43:04volatile,
43:04incertain
43:05et ce qui me fait peur
43:08ce serait que
43:09l'Europe
43:10et singulièrement
43:10la France
43:11soient les faibles
43:12du monde.
43:14Le fort attaque
43:14le faible.
43:15C'est une vieille
43:15leçon de l'histoire.
43:17Seule la force
43:17fait reculer la violence
43:18vous dites.
43:19Pardon ?
43:20Seule la force
43:21fait reculer la violence
43:22vous dites.
43:22Oui, exactement
43:23et moi je suis
43:25un amoureux de la paix.
43:27Nous sommes des pacifiques
43:28les militaires,
43:28pas des pacifistes
43:29parce que nous savons
43:30les dégâts de la guerre.
43:32En Ukraine,
43:33il y a 1000 morts par jour.
43:34Il faut s'imaginer
43:35ce que ça représente.
43:37Eh bien,
43:37pour préserver la paix,
43:39s'il vise Pachem,
43:40parabellum,
43:41il faut préparer la guerre.
43:43Pour préparer la paix,
43:45il faut préparer la guerre.
43:47Général de Villiers,
43:48vous louez dans votre livre
43:49l'excellence des soldats français
43:50mais vous dites en même temps
43:52que notre armée
43:53ne serait pas capable
43:54de mener une guerre
43:55et on le sait.
43:56N'est-ce pas contradictoire ?
43:58Alors,
43:59c'est paradoxal
43:59mais nous sommes capables
44:01de mener des opérations
44:02de guerre.
44:03C'est ce que nous faisons
44:04depuis des décennies.
44:06Nous l'avons fait
44:06en Afghanistan,
44:07en Afrique,
44:08au Moyen-Orient
44:09et j'ai eu cet honneur
44:11de commander
44:12ces soldats,
44:12marins,
44:13aviateurs magnifiques
44:14et je n'ai aucun doute
44:15sur le fait
44:16qu'ils iraient
44:16jusqu'au sacrifice suprême
44:17pour la France.
44:20La seule chose,
44:20c'est que là,
44:21nous ne sommes plus
44:21dans les opérations de guerre.
44:22Nous avons changé de monde
44:24et j'ai l'impression
44:25que nos dirigeants
44:26n'ont pas les bonnes lunettes
44:27pour voir ce changement
44:29de monde
44:29et nous devons donc
44:31nous repréparer
44:32à faire la guerre.
44:33Ce que nous faisions
44:34avant la chute
44:35du mur de Berlin.
44:37Mais ce n'est pas
44:37la même armée,
44:38ce n'est pas le même modèle
44:39d'armée
44:39qu'il faut construire.
44:41Et j'ai peur
44:42que la remise à jour
44:44de la loi de programmation
44:45militaire
44:46qui est en cours
44:46aujourd'hui
44:47et qui va probablement
44:49être votée
44:50avant le 14 juillet prochain
44:52ne prenne pas en compte
44:54cette nécessaire rupture.
44:56Il faut rompre
44:57avec ce que nous faisons
44:58et nous préparer
44:59à la guerre.
45:00C'est autre chose,
45:01c'est un autre modèle.
45:03Il faut passer
45:03à l'économie de guerre,
45:04il ne faut pas en parler,
45:05il faut la faire,
45:06il faut renforcer
45:07nos équipements,
45:08notre logistique,
45:09nos munitions,
45:10nos pièces de rechange.
45:11La guerre c'est dur
45:12et c'est long,
45:13ça dure.
45:14Vous n'êtes donc pas
45:16satisfait des efforts budgétaires
45:17considérables
45:18qui sont en train
45:19d'être mobilisés
45:20pour incroître
45:20nos capacités de défense ?
45:21Considérable,
45:23excusez-moi,
45:23mais nous sommes
45:24à 50 milliards
45:25aujourd'hui,
45:26nous étions à 32 milliards
45:27quand je suis parti
45:28en 2017.
45:30Je rappelle que les Allemands
45:31sont sur 150 milliards,
45:33ils vont vers 150 milliards.
45:35Donc vous voyez un peu
45:36la comparaison.
45:37Sur les 50 milliards
45:38en plus,
45:39comme d'habitude,
45:40les chiffres
45:41ne sont pas exactement
45:43les vrais chiffres
45:44puisque nous avons
45:458 milliards
45:45de report de charge,
45:46c'est-à-dire
45:46qu'est-ce que nous devons
45:47payer aux industriels,
45:49nous n'avons pas pris
45:50l'inflation en compte
45:51et l'aide à l'Ukraine
45:52de l'ordre de 1 milliard
45:53par an depuis 4 ans.
45:55Donc ces 50 petits milliards,
45:57non,
45:58nous n'y sommes pas.
45:59Je salue cet effort
46:00qui a été fait
46:01depuis 2017,
46:02peut-être modestement,
46:03ma démission
46:03y a contribué.
46:04En tout cas,
46:05il faut passer
46:06à la vitesse supérieure.
46:07Moi,
46:07je prône dans mon livre
46:08et c'est pour ça
46:09que je l'ai écrit,
46:10un modèle d'armée
46:10à 100 milliards
46:11en 2035,
46:135 milliards par an,
46:14ça tombe bien,
46:14c'est le même chiffre
46:15que celui
46:16que M. Lecornu
46:17écrivait dans son livre
46:19Vers la guerre
46:19paru il y a 18 mois,
46:21excellent livre.
46:22Maintenant,
46:22il ne faut pas le dire,
46:23il faut le faire.
46:24Alors je me réjouis
46:25du chiffre
46:26pour l'année prochaine
46:27qui est de 6,7 milliards
46:28mais le budget
46:29ayant été voté
46:29très récemment,
46:31ils ne seront pas dépensés,
46:32j'en prends le pari,
46:33parce que notre système
46:34français bureaucratique
46:36aux ordres de Bercy
46:37est très très long
46:38et avant que les commandes
46:40ne parviennent aux industriels
46:41et que les industriels
46:42ne commencent à dépenser
46:44ces crédits,
46:45eh bien il y a longtemps
46:46que l'année sera terminée.
46:48Non, je crois qu'il faut
46:50accélérer, vraiment.
46:51C'était une nécessité
46:52en 2017
46:52mais c'est une urgence
46:53aujourd'hui,
46:54en 2026.
46:55C'était une nécessité,
46:56c'est une urgence
46:57mais on a l'impression,
46:59on sent qu'à la fois,
47:00vous le dites,
47:01qu'on n'est pas prêt
47:02mais il y a aussi
47:03un réarmement moral
47:04à avoir,
47:05vous le dites.
47:06Est-ce qu'on est prêt
47:07à avoir ce réarmement moral ?
47:08Est-ce que la France
47:09est prête
47:10pour aller vers la guerre ?
47:12Et comment faire ?
47:13La force,
47:14c'est la force militaire
47:16et vous avez raison,
47:17je consacre le plus important
47:19de mon livre,
47:20le dernier chapitre,
47:22au réarmement
47:23des forces morales
47:24parce que la question
47:25que je me pose
47:26depuis quelques mois,
47:28c'est que se passerait-il
47:30en France
47:30si nous étions
47:31à la place des Ukrainiens ?
47:32Il faut se la poser
47:33cette question.
47:33Alors on me répond,
47:35mon général,
47:35c'est une question
47:36qui n'a pas lieu d'être.
47:37Personne ne va nous envahir.
47:38Mais qui peut me dire
47:39ce soir,
47:40ici,
47:41que personne ne va nous envahir
47:43avec l'État du monde,
47:45avec ces États-puissances
47:46qui ont des stratégies
47:47de long terme,
47:48qui sont hyper armés,
47:50qui ont des systèmes
47:51industriels prêts ?
47:52Eux,
47:53ils sont en économie de guerre.
47:54La Chine,
47:55la Russie,
47:56l'Iran,
47:57regardez même l'Inde,
48:00regardez tous ces pays
48:01qui ont une capacité
48:04à se regrouper ensemble
48:05avec un seul ennemi
48:07en commun.
48:08L'Occident
48:09et singulièrement
48:10le grand Satan américain.
48:12Alors qui peut me dire
48:12qu'un jour,
48:13ils ne vont pas en venir,
48:15c'est ce que j'évoque
48:16dans mon livre,
48:17à envoyer un missile
48:18de croisière
48:19sur un pays européen
48:20et pourquoi pas la France ?
48:22Puisque eux savent très bien
48:23le rôle que doit jouer
48:25la France en Europe.
48:26Moi, j'étais le chef
48:27d'état-major des armées françaises,
48:29j'étais la meilleure armée
48:30en Europe et j'entendais bien
48:32qu'il en soit ainsi
48:32un peu le chef de file.
48:34Et sur ce plan,
48:35le Président a réalisé
48:37la coalition des volontaires,
48:39c'est une bonne chose.
48:41Voilà l'Europe
48:41qu'il faut construire.
48:43L'Europe inter-étatique,
48:45on respecte
48:45les souverainetés des pays.
48:48On respecte la souveraineté.
48:49Vous dites effectivement
48:50que c'est remarquable,
48:52c'est ce vers quoi
48:53il faut aller
48:54pour faire une industrie
48:55de défense européenne.
48:59Qu'est-ce que vous pensez
49:00de, j'entends bien,
49:02l'industrie de défense européenne,
49:03qu'est-ce que vous pensez
49:04d'une armée de défense européenne ?
49:06Première question.
49:07Et qu'est-ce que vous pensez aussi
49:09du fait que,
49:11vous parlez effectivement
49:13de ce retour
49:13des États-puissances
49:14un peu partout,
49:15mais la France,
49:16elle a quand même
49:16cette arme nucléaire
49:17qui voudrait être partagée
49:19un peu avec l'Allemagne.
49:20On en a parlé ici.
49:22Emmanuel Macron voudrait
49:23peut-être partager
49:24l'arme nucléaire.
49:25Mais voilà,
49:25beaucoup de questions.
49:25– Oui,
49:26alors,
49:27l'arme nucléaire,
49:29moins on en parle,
49:29mieux on se porte.
49:30– Et pourtant ?
49:31– Vous savez,
49:31c'est le dernier secret
49:32de la République.
49:33Il n'y a que deux personnes
49:34qui savent exactement
49:36de quoi il s'agit
49:36du début jusqu'à la fin.
49:40Depuis celui qui appuie
49:41sur le bouton
49:42jusqu'à celui
49:43qui met en œuvre.
49:45Il y a deux personnes.
49:46Donc, moi,
49:47je crois que moins on en parle,
49:48mieux on se porte.
49:48Les intérêts vitaux,
49:50c'est un concept
49:50suffisamment flou
49:52pour être clair
49:53vis-à-vis des adversaires potentiels.
49:55La crédibilité,
49:57c'est le centre
49:58du concept
49:59de la dissuasion nucléaire.
50:00Moi, je vous assure
50:01que notre dissuasion
50:02est crédible
50:02et est totalement indépendante.
50:04Après,
50:05le général de Gaulle
50:06était quand même
50:06un esprit intelligent
50:07et visionnaire,
50:09mais intelligent.
50:10Il a prévu
50:11que le jour
50:12où nous utiliserions
50:13l'arme nucléaire,
50:14ça concernerait quand même
50:16directement ou indirectement
50:17les autres pays européens.
50:19Moi, je crois que
50:20dans les textes actuels,
50:21tout est dit.
50:23Il ne faudrait pas considérer
50:24la dissuasion nucléaire
50:26comme un élément
50:26de langage
50:28ou de communication.
50:30C'est trop sérieux
50:31pour en rajouter.
50:33Alors,
50:34sur la coopération européenne
50:35en matière
50:36de défense,
50:38je consacre un chapitre
50:40dans mon livre
50:40parce que j'en ai marre
50:41des ambiguïtés.
50:42Vous savez,
50:42l'ambiguïté,
50:43c'est la mort du stratège.
50:44Il faut être clair.
50:45Nous, on est des gens clairs
50:46pour emmener les gens à la mort.
50:47Et l'armée européenne,
50:48c'est une expression impropre.
50:51Ça signifie implicitement
50:53qu'on fusionnerait
50:54des troupes
50:54pour partir ensemble
50:56à la guerre
50:56aux ordres
50:57d'un état-major
50:57européen virtuel.
50:59Mais ça n'aura jamais lieu.
51:01C'est un rêve
51:02qui se terminera
51:03en cauchemar.
51:04Et cette Europe fédérale
51:05qui ne dit pas son nom,
51:07je trouve que c'est
51:08extrêmement grave.
51:08C'est le moment,
51:09aujourd'hui,
51:10dans la situation
51:11dans laquelle nous sommes,
51:12de lever le doute.
51:14De lever le doute
51:15sur l'Europe
51:15que l'on veut construire.
51:16C'est l'Europe
51:17de la défense
51:18qui fonctionnera.
51:19Celle que j'ai utilisée
51:21en Afghanistan
51:21quand je commandais
51:2215 pays,
51:23c'est celle
51:24qui respecte
51:25les logiques
51:26de pays,
51:27les logiques nationales,
51:29la souveraineté du pays.
51:30Quand un des soldats
51:32d'une nation
51:33que je commandais
51:34avait un souci
51:36quelconque
51:37qui avait un blessé,
51:38un mort,
51:39on appelait
51:40la capitale
51:41d'abord
51:41de ce pays
51:42parce qu'on respectait,
51:44on ne fusionne pas
51:45des troupes,
51:46on les accole
51:47et on les met
51:47avec un but commun.
51:49Ça c'est possible.
51:50C'est la coalition
51:50des volontaires.
51:52Mais d'un côté,
51:53le président décide
51:54la coalition des volontaires,
51:56ce qui est une bonne chose,
51:57et de l'autre,
51:59au début de la semaine,
52:00il parle
52:00de l'armée européenne.
52:01Donc on ne sait pas
52:02quelle Europe
52:02on doit construire.
52:03Moi je sais
52:04l'Europe qui fonctionne.
52:05C'est l'Europe
52:06inter-étatique
52:07sur des projets
52:08concrets
52:09à géométrie variable
52:10qui respecte
52:11les souverainetés
52:11des pays.
52:12Voilà ce qu'il faudrait
52:13lever comme ambiguïté.
52:15Général De Villiers,
52:17deux minutes,
52:18deux questions.
52:19L'OTAN est-il aujourd'hui
52:20en état de mort cérébrale
52:21et si oui,
52:22l'Union européenne
52:23peut-elle assurer
52:24la défense
52:24de ses membres
52:25en mettant en commun
52:26ses moyens
52:27et ses hommes ?
52:28Et deuxième question,
52:29si vous deviez
52:29intervenir au Forum
52:31de Munich,
52:32quel message
52:32adresseriez-vous
52:34aux chefs d'État
52:34qui vont y assister ?
52:36Alors,
52:37l'Europe qu'il faut
52:38construire,
52:38c'est celle
52:39que je viens de décrire
52:40en commençant
52:40par la coopération
52:42industrielle
52:42parce qu'avec la préférence
52:44européenne
52:44ça doit être possible
52:45quand on voit
52:46qu'on n'est pas capable
52:46de construire
52:47un avion
52:48ensemble,
52:49un char,
52:50une frégate
52:51ou des drones,
52:52on peut quand même
52:52s'interroger
52:53sur l'efficacité
52:54de cette fameuse
52:54défense européenne
52:56du couple franco-allemand
52:57et tout ça.
52:58maintenant,
52:59les paroles,
52:59il y en a marre,
53:00il faut y aller,
53:01il faut agir,
53:02il faut faire du concret,
53:03des projets
53:04intérétatiques
53:04et pour ça,
53:06il faut savoir
53:06qu'est-ce qu'on veut
53:07faire ensemble,
53:08quelle efficacité
53:10opérationnelle
53:11supplémentaire,
53:12est-ce que ça sera
53:13moins cher ensemble
53:14parce que si c'est plus cher
53:15ce n'est pas la peine
53:16et que chacun respecte
53:17sa souveraineté industrielle.
53:19Il faut ces trois conditions.
53:21Sur l'OTAN,
53:22évidemment que
53:22le jour où les États-Unis
53:24quittent l'OTAN,
53:25l'OTAN est morte
53:26parce qu'ils financent
53:2760% de l'organisation
53:28mais surtout,
53:29ils en pilotent
53:30l'organisation.
53:32C'est la cheville
53:32oubrière de cette organisation.
53:34C'est pour ça
53:35que cette hypothèse,
53:36nous devons évidemment
53:37l'envisager depuis longtemps
53:39et se préparer,
53:40nous les Européens,
53:41à être orphelins
53:42du grand frère.
53:43Aujourd'hui,
53:44le parapluie,
53:45il est rangé,
53:46on est sous la flotte
53:47parce qu'ils sont
53:48susceptibles
53:49de nous laisser tomber.
53:51Et donc,
53:51on ne saura pas faire
53:52la protection
53:53de la France
53:54et des Français
53:54en l'État
53:55sans une coopération européenne
53:57telle que je l'ai décrite
53:58et si les Américains
54:00s'en vont,
54:00il y a urgence.
54:0130 secondes
54:02pour intervenir
54:03ou pas au Forum Dominique.
54:04Quel message
54:05vous auriez adressé
54:06aux chefs d'État
54:07qui vont y assister ?
54:08Eh bien,
54:08qu'il faut lever l'ambiguïté
54:10de cette Europe
54:11de la défense à construire
54:12et puis,
54:13je dirais,
54:14la peur fait réagir.
54:15Aujourd'hui,
54:15j'ai le sentiment
54:16que les Européens,
54:17les Français
54:17commencent à avoir peur.
54:19Le courage fait décider.
54:20On attend le courage
54:21et puis,
54:22le sursaut fait gagner.
54:24Mais il le faudra,
54:25le sursaut.
54:25La peur fait réagir.
54:27Le sursaut fait gagner.
54:28Le courage fait décider.
54:29Et le courage fait décider.
54:30Parce qu'il faut décider maintenant
54:31et ensuite,
54:33le sursaut fait gagner.
54:34Voilà ce que je dirais.
54:35Général Pierre Devilliers,
54:37je vous donne le mot
54:37de la fin
54:38dans un instant
54:39après le JT,
54:40après la dernière chronique
54:41de Mathieu Bocoté,
54:42le mot de la fin
54:43de cette émission
54:43dans un instant.
54:45Il est 20h.
54:45Sandra Thiambo
54:46pour les infos.
54:47Soyez prudents,
54:48la tempête lisse
54:49continue à se déplacer
54:51vers l'est ce soir
54:52après avoir balayé
54:53le sud-ouest
54:54où la vigilance
54:55reste aussi de mise,
54:56notamment dans l'Aude,
54:57malgré la baisse
54:58d'intensité des vents
54:59en cause des risques
55:00de débordements
55:01dans le bassin
55:02de la Garonne.
55:03L'une des rives
55:03est inondée
55:04mais le pic
55:04n'est pas encore atteint.
55:05Au moins une personne
55:06a été tuée
55:07et quelques 900 000 foyers
55:08restent privés
55:09d'électricité.
55:10L'adolescent
55:11qui comparaissait
55:12pour le meurtre
55:12de Nessim Ramdam,
55:13ce chauffeur VTC
55:14tué à Marseille
55:15en octobre 2024,
55:16a été condamné
55:17à 17 ans de prison.
55:19À l'issue de trois jours
55:19de procès à huis clos
55:20au tribunal
55:21pour enfants de Paris
55:22après quatre heures
55:23de délibéré,
55:24le mineur de 15 ans
55:24a été déclaré coupable
55:26domicile volontaire
55:27en bande organisée.
55:28Il avait été recruté
55:29sur Internet
55:29pour un règlement de compte
55:31lié au narcotrafique.
55:32Et puis à l'international,
55:33la fin des opérations
55:34anti-immigration
55:35est une question de jour
55:36selon le gouverneur
55:37du Minnesota.
55:38Il a échangé à ce sujet
55:40avec l'émissaire
55:40de Donald Trump
55:41à Minneapolis.
55:42La mort de deux Américains
55:43le mois dernier
55:44tués par des agents fédéraux
55:45dans la plus grande ville
55:46de l'État
55:46ont suscité l'indignation
55:48mettant la pression
55:49sur le gouvernement Trump.
55:51Merci beaucoup Sandra Thiambeau.
55:53Avant de vous donner
55:54le mot de la fin,
55:55général Pierre De Villiers
55:56la chronique coup de poing
55:57de Mathieu Beaucoté
55:58ça a beaucoup fait parler
55:58le Royaume-Uni, Mathieu
55:59a été colonisé
56:01par les immigrés.
56:02C'est la déclaration
56:03de Jim Radcliffe
56:04le propriétaire
56:05de Manchester United.
56:07Elle fait réagir
56:07et c'est à ses réactions
56:08que vous voulez vous intéresser
56:09ce soir.
56:10Oui parce que nous sommes
56:10devant une somme
56:11de situations paradoxales.
56:12D'un côté
56:13ce que dit Radcliffe
56:14est une forme d'évidence
56:15c'est-à-dire
56:15la submersion migratoire
56:17constatée par tous.
56:18L'Europe s'est déployée
56:19à travers le monde
56:20aujourd'hui c'est le monde
56:21qui s'installe en Europe
56:23partout en Occident
56:24et nous constatons
56:25que dans nos sociétés
56:26les peuples historiques
56:27deviennent minoritaires
56:28de plus en plus.
56:30C'est une évidence telle
56:31qu'elle est tellement évidente
56:32qu'on a tout fait
56:33pour nous empêcher
56:33de la nommer
56:34pendant des années.
56:36Qui nommait cette évidence
56:37était accusé
56:37de basculer
56:38dans une théorie
56:38conspirationniste
56:39et raciste d'extrême droite.
56:41Qui nommait cette évidence
56:42était frappé d'anathème
56:43frappé d'interdit
56:44sur la place publique.
56:45Donc tout a été mis en place
56:47pour interdire
56:48de nommer
56:49le phénomène
56:50le plus important
56:50de notre temps.
56:51Mais là qu'est-ce qui se passe ?
56:53Cette contre-colonisation
56:54partout visible
56:56étant fait nommée
56:57par des figures
56:58qui encore hier
56:59se taisaient.
56:59On est ici devant
57:00le grand chef d'entreprise
57:01un homme immensément puissant
57:03qui décide
57:03de nommer cette réalité.
57:05Il y a
57:06Nigel Farage
57:07qui est le chef
57:08de Reform UK
57:08qui est le premier parti
57:10aujourd'hui en Grande-Bretagne
57:11qui hier encore
57:12droite souverainiste
57:13hier encore
57:14refusait vraiment
57:15de parler d'immigration
57:15il en parlait
57:16avec beaucoup de réserve
57:17maintenant
57:17se porte à la défense
57:19de Ratcliffe
57:20dans les circonstances.
57:21Donc que s'est-il passé
57:23en si peu de temps
57:24pour que l'interdit d'hier
57:25devienne la transgression
57:26presque autorisée
57:27d'aujourd'hui ?
57:28Peut-être y a-t-il un lien
57:29avec le fait qu'aujourd'hui
57:30Jean-Luc Mélenchon
57:32en France
57:32je fais le lien
57:33nous dit la théorie
57:34du grand remplacement
57:34bien sûr qu'elle existe
57:35bien sûr c'est vrai
57:36et je m'en réclame
57:37et c'est une bonne chose
57:38et ces changements démographiques
57:40que tout le monde contestait
57:41aujourd'hui
57:42nous nous en réclamons
57:45et c'est
57:45rappelez-vous
57:46la déclaration de Donald Trump
57:47Donald Trump
57:47qui dit
57:48l'Europe change de population
57:49elle change de civilisation
57:50l'Europe ne sera plus
57:51l'Europe demain
57:52donc pourquoi est-il permis
57:54aujourd'hui
57:54de commencer à le mentionner ?
57:56Peut-être parce que
57:57c'est devenu irréversible
57:58et dès lors que c'est irréversible
58:00nous sommes autorisés
58:01à pleurer nos pays
58:02à condition de renoncer
58:03à les reconquérir
58:04Merci beaucoup Mathieu
58:07pour cette colonisation
58:08par les immigrés
58:11dit le propriétaire
58:13de Manchester United
58:14général Pierre De Villiers
58:15c'est un immense honneur
58:17de vous accueillir sur le plateau
58:18je vous donne le mot de la fin
58:19parce que vous dites
58:20qu'il faut avoir peur
58:21nous avons peur
58:22nous
58:22mais lorsqu'on pense
58:23qu'il faut des années
58:24pour former un pilote de chasse
58:25lorsqu'on pense
58:26que le patriotisme
58:27est devenu ringard
58:28on se dit
58:29mais on a
58:30on ne peut pas faire la guerre
58:33on ne peut pas aller en guerre
58:35Alors le patriotisme
58:36précisément
58:37c'est là-dessus
58:38que je voudrais terminer
58:38c'est pas ringard
58:40et les jeunes d'aujourd'hui
58:42en ont besoin
58:43ils ont soif
58:43ils ont soif
58:44de quelque chose de grand
58:45ils ont soif
58:46de gloire
58:46d'honneur
58:47de patrie
58:48de drapeau
58:49de France
58:50et on leur parle
58:51de 35 heures
58:52de bien-être matériel
58:54je crois qu'il faut les tirer
58:56vers le haut
58:57et vers l'amour
58:58de ce pays
58:59moi j'ai consacré
59:0143 ans de ma vie
59:02pour la France
59:03et je vous avoue
59:04que j'en ai un peu marre
59:06que le patriotisme
59:07soit cadenassé
59:09et qu'on soit accusé
59:11d'être un extrémiste
59:12ou un nationaliste
59:13quand on aime
59:14tout simplement son pays
59:15moi je rencontre
59:16toute la semaine
59:17des français
59:18qui aiment leur pays
59:19et ça c'est un signe
59:20d'espérance pour moi
59:22je pense que
59:23la France
59:23ça rime avec espérance
59:25tout simplement
59:25France rime avec espérance
59:27merci à général Pierre
59:29de Villiers
59:29nous avons fait l'honneur
59:30d'être notre invité
59:31Pascal Proulard
59:32des Pro2
59:32merci à tous
59:33merci à tous
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