Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 40 minutes
Il est créateur de mode et directeur artistique de la marque 3.Paradis. De ses débuts à la reconnaissance internationale, Emeric Tchatchoua retrace avec nous son chemin, et revient notamment sur l'influence du surréalisme sur ses collections.

Retrouvez « Nouvelles têtes » présenté par Daphné Bürki France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/nouvelles-tetes

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00La grande matinale sur France Inter.
00:04Allez, Daphné Burki et sa nouvelle tête.
00:06Eh oui, parce qu'il est 9h50 et que nous sommes en direct dans le studio de la grande matinale
00:10de France Inter.
00:11Ce matin, ma nouvelle tête s'appelle Aymeric Chachua.
00:14Il est créateur de mode et sa maison s'appelle Trois Paradis.
00:18Son emblème, ce sont des colombes blanches comme chez l'artiste Magritte en train de prendre leur envol.
00:22Et en parlant d'envol, ses vêtements voyagent plus vite que les avions.
00:25De Justin Bieber à Kylian Mbappé, de Billie Eilish à Bella Hadid, de Lewis Hamilton à Omar Sy.
00:31Tout le monde veut porter Trois Paradis, c'est délirant.
00:34Aymeric Chachua, il est né en 88 dans un quartier populaire de Paris.
00:37Et c'est à 10 ans que sa mère l'a inscrit à des cours de beaux-arts et de
00:40théâtre.
00:40Alors il voulait faire de la poésie au début, jusqu'au jour où, adolescent, il découvre le streetwear japonais.
00:46Sa maison sera donc à la croisée des arts, du surréalisme et du style.
00:50Bonjour Aymeric Chachua, bienvenue sur France Inter.
00:52Bonjour, bonjour, merci de m'avoir aujourd'hui.
00:54Merci d'avoir accepté l'invitation, puisque vous avez créé votre marque avec l'idée d'apporter de la douceur
01:00et de la poésie au monde.
01:01Mais sincèrement, je ne sais pas pourquoi ça s'appelle Trois Paradis.
01:05Le Trois, ça signifie en fait le corps, l'âme et l'esprit, donc tout ce qui représente l'être
01:09humain.
01:10Et le paradis, c'est un monde du meilleur, un peu cette utopie.
01:13Donc c'était comment, à travers la mode, à travers la culture, on aurait pu créer un monde meilleur pour
01:18les humains.
01:19Oui, parce qu'il faut raconter votre mode à ceux qui nous écoutent.
01:22Vous dites d'ailleurs, la mode, c'est qu'un véhicule.
01:25Ça sert à quoi alors, la mode, selon vous ?
01:27Pour moi, ça sert à raconter des histoires, à inspirer les gens, à leur permettre de sentir autrement et à
01:33leur permettre de devenir la personne qu'ils veulent être.
01:36Donc ça peut servir à toutes ces choses-là, selon moi.
01:38Vous vous souvenez du premier vêtement qui a compté pour vous alors ?
01:41Je pense que c'était une paire de chaussures, c'était pas la mienne, c'était à mon grand frère.
01:46C'était un très très bon joueur de basket, c'était une paire de Air Jordan.
01:50Ah bah oui, forcément !
01:51C'est toujours en vogue aujourd'hui.
01:53Exactement.
01:54Alors si on devez vous décrire, vous êtes quand même très marqués par le surréalisme.
01:57Vous citez dans vos vêtements, il y a du André Breton, il y a du Dali, il y a du
02:01Magritte.
02:01Il y a souvent ces grands motifs de ciel bleu, ces colombes, je le disais, qui s'envolent.
02:06On a vraiment l'impression que le rêve, il déborde sur la réalité, sur le vêtement à chaque fois.
02:10Qu'est-ce que ce mouvement vous a permis d'exprimer ?
02:13Que votre propre histoire à vous, Emmerich, vous ne pouvez peut-être pas dire frontalement.
02:17Pourquoi ça vous a aidé, le surréalisme ?
02:19Ça m'a permis d'exprimer une réalité nouvelle.
02:22Donc c'est un peu ce monde des rêves où on est capable de réinterpréter, de réinventer sa réalité.
02:27Et ça a été un peu mon histoire.
02:30Donc à travers le surréalisme, j'ai pu recréer, remodeler tout un univers autour de moi.
02:35Et vivre mes rêves, tout simplement.
02:37Moi je ne m'attendais pas, et je vais faire une phrase un peu cliché, je ne m'attendais pas
02:41à ce que des hommes foncent sur un portant avec des vêtements bleu ciel et des grandes colombes qui volent
02:46dans le ciel.
02:47Et c'est ce qui s'est passé, ça a été un carton ce motif-là.
02:49Oui, c'est vrai.
02:51C'était quand même étonnant. Moi je me souviens, je vous ai écrit une fois, parce que j'étais obsédée
02:56par une de ses pièces emblématiques de sa maison.
02:59C'est un jean multi-ceinture.
03:01Il faut imaginer un pantalon dont la ceinture se multiplie, se multiplie, presque comme une illusion, 5-6 fois, je
03:06ne saurais pas calculer, comme si on portait 5 ou 6 fois une ceinture.
03:10Cette pièce a même été exposée au Musée des Arts Décoratifs, tellement elle est étonnante.
03:14C'est l'un des emblèmes de votre maison.
03:16Qu'est-ce qu'elle dit, cette pièce ?
03:18Cette pièce, elle parlait de...
03:20C'était une histoire que je racontais sur le multiculturalisme qui est le mien, parce que je suis français, mes
03:27parents sont d'origine camerounaise, donc je suis aussi camerounais.
03:29Et j'ai grandi la moitié de ma vie au Canada, donc je suis aussi canadien.
03:32Donc j'ai un peu cette trinité de trois cultures différentes, l'Afrique, l'Europe et l'Amérique.
03:39Et donc cette pièce, elle parlait de toute cette amalgamation, de toutes ces strates de culture qui font partie de
03:47ma personne et de beaucoup d'autres gens.
03:49Je pense qu'on est de plus en plus de personnes à être, comme on appelle les third culture kids,
03:54avec la mondialisation, avec toutes ces choses-là.
03:58On est capable de se sentir et d'appartenir à différentes cultures.
04:03Charline Vanhoenacker vous regarde totalement médusée.
04:06Elle est en train de compter dans sa tête le nombre de ceintures auxquelles elle aurait droit.
04:10J'ai eu la chance de porter ce pantalon et il faut réfléchir avant d'aller faire la petite pause
04:14au petit coin.
04:15Ça m'intriguait, effectivement, je t'ai concentrée.
04:18Alors, je n'ai pas pu m'empêcher au début de faire du nine-dropping.
04:21J'en ai fait à Sonia qui rigolait au début, mais vraiment, Sonia, c'est délirant.
04:24La liste de ceux qui adhèrent à cette maison française, elle est complètement folle.
04:29Il y a Justin Bieber, DJ Snake, qu'on entend d'ailleurs dans ce duo.
04:32Il y a Usher, il y a Kylian Mbappé, il y a Migos, il y a George Smith, il y
04:35a Bernaboy,
04:36Lewis Hamilton, Gigi Hadid, Lionel Messi, Bella Hadid, Doali Pa...
04:40Omar Sy porte régulièrement...
04:41Roselyne Bachelot, souvent.
04:43Sûrement pas.
04:44En vrai, ça fait quoi quand on voit ces personnalités portant vos vêtements ?
04:48Est-ce que ça fait la même chose finalement que quelqu'un que vous croisez dans la rue et qui
04:51porte vos vêtements ?
04:52Au début, non. Au début, on ressent beaucoup de fierté.
04:55C'est sûr, de voir une personne qu'on admire de loin ou des personnes qu'on avait l'habitude
05:03d'écouter étant enfant portant nos vêtements, c'est une fierté.
05:06Après, on s'habitue, puis c'est quelque chose d'important.
05:09Mais aussi, je pense que je suis encore plus content quand je vois quelqu'un dans la rue qui porte
05:13mon vêtement et qui lui a vraiment aussi l'acheté parce qu'il aime vraiment la marque et pas pour
05:22être cool ou pour être à la page.
05:23Et donc, c'est quelque chose qui me plaît beaucoup.
05:25Mais ça reste toujours...
05:27Et j'ai des relations avec beaucoup de gens qui portent mes vêtements.
05:31Donc, maintenant, c'est plus un échange et c'est un peu différent qu'au début, on va dire.
05:38Parce qu'on va raconter votre histoire.
05:40Il y a Billy Elish aussi qui porte vos vêtements.
05:43Et forcément, j'avais envie de mettre cette chanson.
05:44Vous vous en souvenez, elle était entre autres dans le film Barbie.
05:47Mais surtout, cette chanson, elle parle de ce qu'il y a au fond de nous, des rêves d'enfant.
05:51Et vous, vous avez commencé dans la mode alors que vous ne vous sentiez pas du tout représenté.
05:56Il n'y avait pas de modèle comme vous.
05:58C'est vrai. C'est vrai que quand j'ai commencé, j'étais un ovnier.
06:01Et on me l'a fait remarquer implicitement, explicitement à de maintes reprises.
06:05Et je pense que c'est aussi ça.
06:07Pourquoi vous étiez un ovni ?
06:08Parce que de l'endroit d'où je viens, j'ai grandi dans une cité.
06:11Je n'ai pas forcément tout, on va dire, les codes à la base nécessaires dans la mode.
06:19La mode, c'est un milieu très, très fermé.
06:20On ouvre très, très peu la porte à des gens qui ne viennent pas d'un certain milieu.
06:27Et à force de travail et aussi, je pense que d'un message qui parle.
06:34Et de beaucoup de gens aussi qui se reconnaissent à travers moi.
06:36Parce qu'il y a beaucoup de gens qui ne viennent pas forcément d'un milieu privilégié.
06:41Et qui aiment la mode et qui aiment la culture et qui aiment l'art.
06:44Et je pense qu'ils se sont vus à travers moi.
06:47L'un des derniers défilés, il était assez extraordinaire parce qu'il s'est passé dans le square Georges Brassens.
06:53C'est là où vous avez grandi.
06:55Et on n'a pas l'habitude pour la Fashion Week d'aller dans le square Georges Brassens de cette
06:58cité, dans le 15e.
07:00Est-ce que c'était une manière de dire, regardez, c'est possible en fait ?
07:03Oui, ça, mais après je fais beaucoup de choses où je reviens dans le 15e arrondissement.
07:08C'est un endroit qui est cher à mes yeux.
07:11Mais je pense que c'était aussi un moyen de rendre hommage à beaucoup de gens que je connais,
07:16qui sont partis et avec qui je jouais là-bas quand j'étais plus jeune.
07:19Donc c'était plus un moment d'apaisement, de recueillement et de célébration en fait.
07:24C'était une façon de célébrer, pas vraiment mon parcours, mais plus notre parcours
07:30parce qu'il y a beaucoup de gens derrière moi qui me supportent et avec qui j'ai grandi.
07:34Et donc c'était un peu ça l'idée.
07:36On entend une des chansons qui vous aident à vivre aujourd'hui, que vous m'avez filé.
07:41Toujours bon.
07:42Je suis Little Bird de Bob Marley.
07:44Si vous aviez le petit garçon Aymeric, je suis désolée de vous poser la question en face de vous,
07:49qui ne trouvait pas toujours sa place et qui aujourd'hui est un des créateurs français reconnus dans le monde
07:53entier,
07:53et vous lui dites quoi Aymeric ?
07:55Continue de rêver, vas-y à fond et personne ne peut t'arrêter, il n'y a que toi-même
08:01qui peut t'arrêter, donc vas-y.
08:05Une petite dédicace au micro de France Inter avant de s'équiter ?
08:08Oui, je dédicace à mes parents, à Néo, à Sarah, à Eden et à Dove.
08:16Ils se reconnaîtront alors ?
08:17Exactement.
08:19Ça s'appelle Trois Paradis, merci Aymeric.
08:21Merci beaucoup.
08:22Ils vous ont déjà vu sans vos lunettes de soleil ?
08:25De temps en temps, ça arrive.
08:27De temps en temps, ça arrive.
08:28À la maison.
08:30Merci les amis, c'est la fin de la grande matinale.
08:32Moi, je voudrais saluer tous les garçons, tous les filles qui préparent ces trois heures de radio cette semaine.
08:37Anne-Laure Cochet, Théo de Lobadère, chaque semaine, je me trompe.
08:44Merci les amis, vous êtes à la technique, à la réalisation.
08:46Il y a Maria Pasquet, il y a Christophe Imbert à la programmation et à la documentation.
08:50Charlotte Matou, Amélista Delman, Périne Malinge, Mathilde Clatt, Romain Bonifaci, Capucine Aubert, Jean Brossier, Juliette Drône, Alexandra Brouillet, Emma Guillaumard
08:59et Maude Butler à la coordination.
09:01Merci aussi à tous les standardistes de France Inter.
09:03Juste après les infos, à l'Irébéi, vous êtes là.

Recommandations