00:00Daphné Burki et sa nouvelle tête.
00:02Et il est 9h50 et nous sommes en direct donc dans le studio de la grande matinale de France Inter.
00:07Ma nouvelle tête ce matin s'appelle Mamadou Sidibé.
00:09Elle est vraiment toute nouvelle sa tête et vous allez en entendre parler.
00:13Il a grandi entre Villejuif et Rony Soubois.
00:16Il voulait devenir footballeur Sonia.
00:18Il était hélié, rapide, percutant.
00:21Et puis un jour, il arrête de courir après la balle.
00:23Il tape sur Google comment devenir acteur.
00:25Et 3 ans plus tard, il décroche donc le premier rôle de la série Un Prophète,
00:29inspiré du film culte Un Prophète de Jacques Odia.
00:32Bonjour Mamadou Sidibé, bienvenue sur France Inter.
00:35Bonjour, merci.
00:36Je vous jure, quand je raconte cette histoire, personne n'y croit.
00:38Même ce matin, je racontais.
00:40C'est vrai, Maria qui réalise cette émission, elle ne me croyait pas.
00:42Donc on fait un flashback.
00:43On est en 2022.
00:45Vous arrêtez le foot, non pas pour une blessure, non pas pour une embrouille sur le terrain,
00:49mais le moment où vous comprenez qu'en fait le rêve professionnel que vous aviez petit,
00:53il ne se concrétisera pas comme vous voulez.
00:55C'est à peu près ça ?
00:56C'est ça, c'est ça.
00:57C'est un peu compliqué à ce moment-là parce que j'avais vraiment envisagé que ça dans ma tête.
01:02Et ouais, non, avec une discussion avec mes proches, ils m'ont juste dit, voilà,
01:07essaie de voir autre chose, essaie de...
01:09Vous vous souvenez du déclic le jour où vous avez dit, c'est bon, je lâche ?
01:13Mais je n'ai jamais lâché en fait, parce que même quand j'ai passé le casting pour Un Prophète,
01:16dans ma tête, l'année prochaine, je reprenais le foot.
01:18C'était juste une année de césure.
01:21De transition ?
01:22Ouais, c'est juste une année où je devais être sans club.
01:23Enfin quand même, une année de transition où vous avez réellement tapé sur Google
01:27comment devenir acteur, ce n'est pas une légende.
01:30Ça vous a proposé d'ailleurs un casting sauvage, trois ans plus tard, ce premier rôle.
01:33Moi, quand je tape comment changer de vie, ça me propose simplement de changer d'oreiller.
01:36Ça ne fait pas la même chose.
01:39Ça s'est passé comme ça ?
01:40Ouais, ouais, ça s'est passé comme ça.
01:41En fait, du coup, je ne savais pas quoi faire, donc tout simplement, j'ai tapé ça sur Google
01:46pour voir des conseils.
01:50Et ouais, j'ai regroupé plein de conseils que je voyais et trois semaines après, j'ai reçu
01:55le casting pour Un Prophète.
01:56C'est complètement dingue cette histoire, vous recevez donc cette annonce, vous viviez
02:00à Orléans, vous avez pris un petit ER, hop là, pour Paris, casting sauvage, donc
02:04des mois d'essai, ça je tiens à le dire, parce qu'un rêve, ça ne se passe pas non
02:07plus, on a un clin d'œil.
02:09Des mois d'essai, des semaines de préparation, vous décrochez le rôle de Malik dans Un Prophète.
02:14Hier soir, c'était l'avant-première à Paris.
02:17Vous êtes comment ce matin ?
02:18Quand on se voit sur grand écran pour la première fois.
02:21Je suis content, mais je m'étais vu à Venise déjà, on était parti à Venise.
02:24Oh là là !
02:26Il se la pète déjà.
02:28Il a raison, il faut se hyper dans la vie.
02:31Il faut mettre un peu de piment là.
02:33Non, non, mais en fait, j'étais content.
02:36Hier, on était content, l'avant-première, enfin, on est soulagé parce que ça faisait
02:40un moment et je suis très reconnaissant, je suis très fier et je suis content d'avoir
02:44participé à ce projet.
02:45Et la série s'appelle donc Un Prophète.
02:46Elle est réalisée par Enrico Maria Artal, écrit par Abdelraouf Daffry et Nicolas Pofailly.
02:53Je le dis parce qu'il est directement, cette série est directement inspirée de ce film
02:57culte que vous avez peut-être vu, Un Prophète de Jacques Odia.
02:59Là, nous sommes à Marseille, un immeuble s'effondre, un seul survivant, il s'appelle
03:03Malik, un jeune homme qui va être plongé dans un système mafieux où la prison devient
03:07une école de pouvoir, bande-annonce.
03:09Je m'appelle Malik Al-Jabna, malgré mes difficultés.
03:14T'as compris que t'allais aller en prison là ?
03:16Je crois qu'aucun homme ne s'est trouvé dans une position semblable à la mienne.
03:23C'est qui ?
03:26Un mélange de loups et de renards, l'Empire des races.
03:30Avec Massoud, soit t'es associé en affaires, soit t'es un obstacle.
03:35Si !
03:36Non, guère.
03:38Il faut choisir son coup.
03:43Inutile de vous dire, Sonia et Charline, que j'étais à fond avec Malik pendant 8 épisodes.
03:49Mais les auteurs disent que Malik, ce n'est pas un héros et ce n'est pas un repenti.
03:53Il incarne en fait la survie à tout prix.
03:56Quand vous l'avez rencontré ce personnage, vous qui n'aviez jamais joué d'ailleurs avant,
03:59qu'est-ce qui vous a le plus troublé ?
04:02C'est de voir à quel point il a un instinct de survie.
04:08Justement, son instinct, il écoute beaucoup son instinct.
04:10Il est hyper intelligent et il a le sens de l'observation.
04:14Et ça, ça m'a épaté.
04:16Mais aussi parce qu'il y a des choses en lui que j'ai reconnues chez moi.
04:19Par exemple ?
04:20Juste le sens de l'observation, par exemple.
04:22Et je suis beaucoup mon instinct dans la vie.
04:24Je pense que ça, c'est du coup.
04:25Ce qui fait qu'on est très très bon sur un terrain de foot.
04:27On sait toujours où est le ballon, où est l'adversaire et où se placer, c'est ça ?
04:31C'est ça.
04:32C'est des choses qu'on nous apprend très jeunes en plus en école de foot.
04:36Et ouais, non, c'est des choses qui m'ont épaté.
04:38Il est très sensible aussi, il a une belle sensibilité.
04:41Et c'est un beau personnage, il est hyper complexe.
04:43On va en parler de votre sensibilité.
04:45Sauf que pour revenir quand même, le film Le Prophète, il est sorti en 2009.
04:48Il avait reçu le grand prix du jury à Cannes.
04:51Et Tahar, Rahim, pardon, avait remporté deux prix.
04:54Ce qui n'existe plus, révélation et interprétation masculine.
04:58Est-ce que vous avez échangé avec Tahar ?
05:01Je crois que vous n'aviez même pas vu le film quand vous avez passé l'essai.
05:04J'avais pas vu le film.
05:05Du coup, je l'ai regardé pendant le casting, parce que je ne le connaissais pas, le film.
05:10Et Tahar, oui, on a échangé quelques fois.
05:13Très rapidement, il est très gentil.
05:15Il m'a envoyé beaucoup de soutien.
05:18Et en avant.
05:19Parce qu'en effet, vous avez passé des années à courir sur un terrain de foot,
05:24puis des semaines, et des semaines, presque quatre mois pour tourner cette série,
05:29dans une cellule de prison.
05:30C'est quand même pas le même corps aussi.
05:32Est-ce que vous avez dû désapprendre aussi des choses ?
05:35Oui, justement, j'ai appris à utiliser mon corps pendant la préparation.
05:40Déjà, avec une coach qui s'appelle Karine Uris, on a beaucoup travaillé sur plusieurs bases de la jing, de
05:46la respiration, de la relaxation.
05:48Beaucoup mangé de yaourt aussi.
05:49Non, je n'ai pas mangé là-bas.
05:50Je mangeais beaucoup de potes parce qu'on a tourné en Italie.
05:56Et après, avec le réalisateur Enrico Maria Artalli, on a travaillé sur le corps.
06:00Je crois que ça s'appelle la bio-énergie.
06:03Et en fait, c'est de trouver l'énergie dans le corps, s'il y a les basses, hautes, en
06:08avant, en arrière, pour trouver la position du personnage et comment il marche, etc.
06:12Alors, on commence à connaître un peu le personnage, Malik, mais on connaît beaucoup moins Mamadou.
06:17Alors que dans les films qui vous ont marqué, j'ai essayé de chercher parce que ça fait partie de
06:20vos premières interviews.
06:21Ce matin, au micro de France Inter, il y a In the Mood for Love, il y a Le Parrain
06:24et puis les comédies d'Eddie Murphy comme Le Professeur Folldingue.
06:29Ça, c'est la BO de ce film.
06:31Vous dites que si vous n'aviez pas été obsédé par le foot, vous seriez peut-être allé vers l
06:37'humour.
06:37Ouais, c'était le premier métier que j'avais en tête quand j'étais petit.
06:42Faire du stand-up.
06:43Ouais, c'était être humoriste.
06:45Parce qu'en fait, j'ai été bercé par les comédies.
06:48Eric et Ramsey, Franck Dubosc, Louis de Funès, Eddie Murphy, les frères Wayans.
06:56Eric Chiotti aussi, vous m'avez dit.
06:59Et du coup, les comédies, ça a toujours été là et j'ai toujours aimé rire.
07:04Depuis petit, j'ai toujours aimé rire.
07:06Et ouais, c'était un premier plan.
07:08Et je vous ai demandé aussi si vous aviez un talent caché.
07:10Vous m'avez dit que vous n'en aviez pas.
07:12Sauf que quand j'ai proposé une carte blanche à Mamadou, il m'a parlé de poésie.
07:16Il m'a dit qu'il aimerait bien même publier un recueil de poésie.
07:19Et ce matin, vous aviez envie de partager un texte.
07:22Je vous en prie, prenez-le.
07:23Un texte que vous avez écrit en hommage à votre père.
07:25C'est ça.
07:27Et vous avez quand même beaucoup de talent.
07:29Le studio de France Inter est à vous.
07:41Dès mes premiers pas, je fus envahi par un manque, une absence.
07:48Tu n'étais pas à deux pas, mais je t'avais dans le sang, dès la naissance.
07:54Noyé par la haine et la souffrance, je n'ai su délivrer que de hautes vagues d'insouciance.
07:59Sur ces belles plages d'amour, aux sables fins et aux hectares sans fin.
08:06Depuis bien des années, cela me semble être un mauvais rêve.
08:09Et pourtant, chaque jour, je demande à Dieu de m'accorder une autre rêve.
08:14Quel tourment de frustration, que de penser au court temps passé à tes côtés.
08:19L'impression que ça n'est que fumée envolée.
08:22Impossible à toucher.
08:25Aujourd'hui, plus que jamais, je ressens ta présence.
08:30Fait-elle office de luisance ?
08:33Quoi qu'il en soit, c'est avec paix et sincérité
08:36que j'aspire à te submerger de fierté.
08:39Là-haut, dans ton nuage doré.
08:43Bravo.
08:44Merci beaucoup.
08:45Merci pour ce cadeau.
08:47C'est pour ça que j'adore vous présenter des nouvelles têtes chaque matin.
08:49Vous pouvez regarder cette série, Un prophète.
08:51À partir du 2 mars, vous pouvez lire de la poésie ou encore écouter de la musique.
08:55Celle qui vous accompagne, d'ailleurs, souvent, c'est le piano de Ludovico Enodi.
09:00Exactement.
09:00Est-ce que vous avez une dernière dédicace ce matin au micro de France Inter ?
09:05Dédicace à mes proches, aux personnes que j'ai rencontrées grâce au cinéma
09:08et à tous les Français qui nous écoutent ce matin.
09:13Mamadou Sidibé au micro de France Inter.
09:15Merci beaucoup.
09:15Merci beaucoup.
09:16Merci beaucoup.
09:16Merci.