00:01Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Jacques Cardoz.
00:06Et nous sommes avec Toufik Boualag. Bonjour Toufik Boualag.
00:10Bonjour.
00:11Vous avez combattu en Syrie en 2013 et 2014, ancien membre de Daesh.
00:17Vous avez été condamné à nouveau en appel en 2019 à 13 ans de prison
00:21avec une période de sûreté des deux tiers pour association de malfaiteurs, terroristes criminels.
00:26Vous êtes sorti en avril 2026, vous avez donc purgé votre peine en France pour des faits de terrorisme.
00:33Et aujourd'hui, si on a décidé de vous consacrer du temps, c'est parce qu'à la fois vous
00:37nous avez appelé sur Sud Radio
00:39pour alerter sur votre situation qui, il est vrai, est une situation assez particulière.
00:45Vous réclamez votre expulsion vers l'Algérie, mais la procédure est longue et vous avez voulu nous faire part de
00:51cette situation.
00:51D'abord, d'où nous appelez-vous tout de suite ? Vous êtes où actuellement ?
00:56Exactement, au centre de rétention de l'île Lysquin.
00:59D'accord, donc on est bien d'accord que vous êtes encore aujourd'hui en centre de rétention.
01:05On va prendre les faits un par un pour essayer de comprendre.
01:08Vous avez demandé à être déchu de la nationalité française. Pourquoi ? Vous n'aimez pas la France ?
01:15Tout simplement que moi, la nationalité française, je ne l'ai pas demandé, on me l'a imposée.
01:19Je n'ai jamais demandé à être français.
01:20Mais au-delà de ça, vous avez dit, je crois, que vous ne vous sentiez pas français. C'est ce
01:25que vous aviez dit à votre avocat ?
01:27Je n'ai jamais été français, je ne le serai jamais.
01:31Et donc aujourd'hui, vous conservez évidemment la nationalité algérienne.
01:39Vous vous plaignez que vous ne puissiez pas être expulsé. C'est ça ? Racontez-nous.
01:45Écoutez, depuis 2023, la première fois que j'ai demandé une conditionnée d'expulsion, je suis passé exactement le janvier
01:532025.
01:54Je suis passé devant la JAPAD, c'est le juge d'application antiterroriste.
01:58Ils m'ont refusé la conditionnée d'expulsion.
02:02Après ça, j'ai demandé à me rapprocher du consulat.
02:05J'étais à la centrale de Saint-Mort, j'ai demandé à me rapprocher du consulat.
02:09On m'a refusé. J'ai demandé une permission pour faire mes papiers.
02:12On m'a refusé. Au pire de ça, on m'a transféré au centre de rétention de Saône-et-Loire,
02:18à Varennes-le-Grand.
02:19On m'a carrément élodé. On m'a tout refusé.
02:21Et maintenant, aujourd'hui, on est arrivé aujourd'hui là.
02:23Toufique Boualague, vous êtes détenu pour fait terrorisme.
02:26Vous avez purgé votre peine.
02:27Et aujourd'hui, vous demandez à être expulsé après avoir été déchu de votre nationalité française.
02:34Je précise aux auditeurs que l'entièreté de la procédure a été suivie.
02:40On a tout vérifié.
02:41Après la déchéance de nationalité, vous avez été libéré de prison.
02:45Et à ce moment-là, avant que vous soyez à nouveau interpellé,
02:48il y avait un court instant durant lequel vous auriez pu partir par vos propres moyens en Algérie.
02:54Pourquoi ne l'avez-vous pas fait ?
02:57Comment ?
02:57Vous auriez pu partir à ce moment-là en Algérie, juste après la déchéance de nationalité.
03:02Lorsque vous avez été libéré en mars dernier ?
03:11Non, de la prison, on m'a mis directement au centre de rétention.
03:15Je n'ai pas pu sortir.
03:16Il ne s'est pas passé quelques heures durant lesquelles vous auriez pu retourner en Algérie
03:22par vos propres moyens à ce moment-là ?
03:24Non, même pas.
03:24Parce que du greffe, les gendars m'ont attendu, ils m'ont mis les menottes,
03:27ils m'ont ramené au centre de rétention.
03:28Au début, j'ai fait le centre de rétention de Metz.
03:30Et après, vingt jours après, on m'a transféré ici à Lille.
03:34Alors, comme d'autres...
03:35La première demande de laisser passer consulaire, elle a été faite le 2 mars, avant de sortir.
03:41D'accord.
03:41Le 2 mars, un mois avant de sortir, ils ont fait la première demande de laisser passer consulaire.
03:46Oui.
03:46Ils se sont réveillés, le premier OQTF, ils l'ont fait en janvier 2026.
03:51Ils ont attendu un an pour se réveiller.
03:55En même temps, c'est la procédure, Toufique Boualac, qui a été suivie.
04:01Comme d'autres détenus pour des infractions à caractère terroriste,
04:04vous avez été placés dans des quartiers de déradicalisation.
04:07C'était normal, ça, on est bien d'accord ?
04:10C'est quel quartier ? Vous parlez de quel quartier ?
04:12Les quartiers de déradicalisation.
04:14Je ne sais pas exactement quel est le lieu où vous l'avez été,
04:18parce que c'est en général tenu secret,
04:20mais il y a eu une période durant laquelle la procédure
04:26et l'administration française vous a demandé de vous déradicaliser.
04:29Aujourd'hui, où vous en êtes de ce point de vue-là ?
04:32C'est un mot que vous avez inventé, ça n'existe pas, ça.
04:35Ça n'existe pas ?
04:36Mais vous avez été, monsieur, vous avez fait partie de Daesh quand même,
04:39vous avez combattu avec Daesh, on est bien d'accord.
04:43Comment vous voulez déradicaliser une croyance ?
04:44Pardon ?
04:46Comment vous voulez radicaliser une croyance ?
04:49C'est une croyance.
04:50Si maintenant vous voulez croire à vos bêtises, c'est vos problèmes.
04:53Ça n'existe pas, vous avez inventé un truc.
04:55Je ne parle pas des croyances religieuses, monsieur Boualac,
05:00je ne parle pas de ça, je parle des faits de terrorisme.
05:02Vous avez été condamné pour des faits de terrorisme
05:05et vous avez combattu avec Daesh en Syrie pendant un an,
05:08pendant plus d'un an, près de deux ans.
05:09Vous avez même été considéré par le ministre de l'Intérieur
05:12comme une personne dangereuse.
05:14On est bien d'accord avec tout ça.
05:15C'était normal que vous soyez passé par cette cellule de déradicalisation.
05:20Je n'ai jamais été dans cellule de radicalisation.
05:23Je ne l'ai jamais fait.
05:24Je n'ai jamais accepté un rendez-vous.
05:26Est-ce que je peux vous demander si vous regrettez vos actes
05:28que vous avez pu commettre contre la France ?
05:29Je ne regrette rien du tout.
05:30Je ne regrette rien du tout.
05:32Qu'est-ce que vous avez fait contre la France ?
05:36Je n'ai rien fait.
05:37Je n'ai rien fait en France.
05:37Vous avez commis des actes de terrorisme contre la France.
05:41Vous avez été condamné pour cela.
05:43On m'a condamné, c'est d'être parti en Syrie.
05:46Je n'ai rien fait en France.
05:47On m'a condamné pour les faits en Syrie, pas en France.
05:50Oui, tout à fait.
05:52Mais il faut bien un lieu pour pouvoir les juger, ces actes-là.
05:56Et c'est le cas puisque vous aviez la double nationalité.
05:58Vous avez ensuite été condamné en France.
06:00Et ça a été précisé tout à l'heure également en appel.
06:03Je précieuse que votre avocat, maître Ruiz, que nous avons joint,
06:06nous explique que cette situation est liée au blocage actuel entre la France et l'Algérie.
06:10Qu'il a demandé au juge de constater le blocage du retour en Algérie.
06:14qui, dit-il, est indépendant de la volonté de M. Boualag, donc de vous.
06:18Et je précise également que sur 16 000 ressortissants en attente d'expulsion,
06:23environ un tiers sont de nationalité algérienne.
06:25Donc c'est aussi la raison pour laquelle on a accepté l'idée de s'entretenir avec vous sur Sud
06:35Radio ce matin,
06:36Touhafik Boualag.
06:37Qu'est-ce que vous demandez aujourd'hui ?
06:40Moi, je mange juste simplement à quitter la France.
06:43Peu importe le pays, moi, c'est quitter ce pays.
06:46J'ai rien à voir avec vous.
06:47J'ai désavoué de vous en vous redolant votre nationalité.
06:51On n'a pas le même mode de vie.
06:53On n'a pas les mêmes croyances.
06:56Pourquoi vouloir me garder ici ?
06:59Est-ce que vous êtes à l'isolement aujourd'hui,
07:01lorsque vous êtes au centre de rétention de l'Esquin,
07:04d'où vous nous appelez,
07:05ou bien est-ce que vous êtes avec d'autres détenus ?
07:10Non, non, je ne fais pas l'isolement.
07:11C'est un centre de rétention, ce n'est pas une prison.
07:13Par contre, en prison, j'ai fait toute ma peine à l'isolement.
07:15En prison, j'ai fait toute ma peine à l'isolement.
07:20Alors, cette situation, pour vous,
07:22est-ce qu'effectivement, elle est liée à la complexité des relations entre les deux pays,
07:27entre la France et l'Algérie ?
07:29L'Algérie, elle n'a rien à voir avec tout ça.
07:31Là, pour l'instant, aujourd'hui, c'est les préfectures.
07:33Comment ça se fait ?
07:34C'est moi qui dois prendre les rendez-vous au niveau du consulat,
07:37et ce n'est pas la préfecture de Lille.
07:40Là, j'ai pris un rendez-vous le 6.
07:42Je suis parti le 6 au consulat de Nanterre.
07:45La police, elle ne m'a même pas laissé rentrer au consulat.
07:48Elle m'a dit qu'on ne peut pas vous laisser rentrer, Moussel.
07:50Je lui ai dit que ça sert à quoi je rentre ?
07:51Là, j'ai rendez-vous mercredi pour faire mon passeport,
07:53pour faire la biométrie.
07:54On ne va pas me laisser rentrer.
07:55Comment je voulais que je fasse la biométrie ?
07:57Ce n'est pas les Algériens qui bloquent.
07:59Mais vous êtes dans une situation, en effet, paradoxale,
08:01tout Afik Boualag.
08:03En même temps, je précise quand même que,
08:06en raison de la condamnation pour des faits liés au terrorisme,
08:09votre rétention peut, selon la procédure,
08:12durer jusqu'à 280 jours.
08:13Or, vous êtes en centre de rétention depuis le 10 avril.
08:16Donc, c'est un peu normal.
08:18Il va falloir peut-être attendre jusqu'à la fin de l'année,
08:21jusqu'à fin 2026, début 2027,
08:24pour être expulsé vers l'Algérie.
08:25Pour ça, il n'y a pas de souci.
08:26Mais ne dites pas que c'est l'Algérie qui bloque.
08:28Là, aujourd'hui, c'est l'administration française
08:31qui bloque mon départ.
08:33Parce que moi, le consulat, il m'a dit rentre.
08:36Il m'a invité de rentrer.
08:37Mais c'est la police qui m'a refusé de rentrer au consulat.
08:39Là, mercredi, ça sera pareil.
08:41À partir de là, c'est les Français qui bloquent.
08:43Ce n'est pas l'Algérie.
08:44Toufique Boualag, on voulait faire le point sur votre situation.
08:47Merci.
08:48Je vous posais la question concernant l'Algérie,
08:51parce qu'effectivement, les relations sont complexes actuellement
08:54entre la France et l'Algérie.
08:55Et pour pouvoir expulser et obtenir des laissés-passés,
08:59il faut que l'Algérie puisse l'accepter.
09:01Merci d'avoir témoigné sur Sud Radio.
09:03Je rappelle que vous êtes détenu en centre de rétention
09:05pour fait de terrorisme.
09:07Et si vous souhaitez, vos auditeurs, réagir, témoigner,
09:10commenter ces informations,
09:12vous pouvez le faire au 0800 26 300 300.
09:15Bien sûr, j'attends vos appels.
09:16Il est 7h16 à suivre le rappel des titres.
09:19Et puis, notre rubrique sur la France qui travaille
09:22avec cette question.
09:23Quel avenir pour la filière bois ?
09:25A tout de suite.
09:25Bon réveil à tous sur Sud Radio.
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