L’innovation technologique est devenue le nouveau champ de bataille de la puissance mondiale. Alors que les cycles d'innovation s'accélèrent à une vitesse fulgurante, l’Europe fait face à un constat sans appel : son avance technologique s'érode au profit des géants américains et chinois. Au sein de l’OTAN, cette asymétrie pose une question vitale : comment garantir l’interopérabilité et la souveraineté du Vieux Continent sans devenir un simple client technologique des puissances tierces ?
Du Cloud de combat à la robotique aérienne en passant par la lutte anti-drone, l'urgence est à l'action. Il ne s’agit plus seulement de financer la recherche, mais de passer à l’échelle industrielle pour répondre aux menaces de haute intensité.
🎙️ Intervenant :
Bastien Mancini, PDG de Delair
Arnaud Danjean, homme politique français, ancien président de la sous-commission Sécurité et Défense au Parlement européen
Charlie Pinedo, COO de Cerbair
Modérateur : Ulrich Bounat, chercheur associé à Euro Créative
#Géopolitique #Guerre #Défense #Robotique #Tech #OTAN #Puissance #Europe #Innovation #LePoint
Du Cloud de combat à la robotique aérienne en passant par la lutte anti-drone, l'urgence est à l'action. Il ne s’agit plus seulement de financer la recherche, mais de passer à l’échelle industrielle pour répondre aux menaces de haute intensité.
🎙️ Intervenant :
Bastien Mancini, PDG de Delair
Arnaud Danjean, homme politique français, ancien président de la sous-commission Sécurité et Défense au Parlement européen
Charlie Pinedo, COO de Cerbair
Modérateur : Ulrich Bounat, chercheur associé à Euro Créative
#Géopolitique #Guerre #Défense #Robotique #Tech #OTAN #Puissance #Europe #Innovation #LePoint
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00:15Face à l'urgence géopolitique et technologique, la base industrielle et technologique de défense européenne n'a plus le droit
00:20à l'erreur.
00:21Comment combler notre retard capacitaire, notamment sur les Etats-Unis et la Chine, avant qu'il ne soit trop tard
00:27?
00:27Un enjeu de souveraineté débattu par Bastien Mancini, qui est le PDG de Deleuze, Arnaud Dangean, ancien président de la
00:32sous-commission sécurité et défense au Parlement européen,
00:35et Charlie Pinedo, qui est CEO de Cerber, le tout sous la houlette ou sous la férule de Ulrich Bounard,
00:41chercheur associé à Eurocréative.
00:44On peut les applaudir.
00:50Bonjour à tous, merci à tous de votre présence, merci au Point pour l'organisation de cette conférence.
00:54Comme ça a été dit, le retour de la guerre de haute intensité en Europe, notamment en Ukraine, le fait
01:01qu'on soit de retour dans une espèce d'air des carnivores,
01:03pour reprendre le terme présidentiel, fait qu'effectivement on peut se poser la question de la place de l'Europe
01:08face à ce défi du réarmement,
01:10donc un défi bien évidemment capacitaire, mais aussi et peut-être même surtout aussi d'un point de vue de
01:15l'innovation technologique,
01:17face effectivement à des Américains qui investissent toujours plus, les Chinois aussi toujours plus.
01:21La question, ce qu'on peut se poser, c'est de se dire finalement quel modèle en quelque sorte adopté
01:27en Europe pour permettre à l'Europe de continuer à exister
01:30et d'être un acteur majeur de l'innovation technologique dans le domaine de la défense.
01:34Pour essayer d'aborder cette question, je vous propose de faire trois tours de table.
01:38Le premier sera un petit peu sur le diagnostic, essayer d'identifier certains irritants.
01:41Le deuxième, ce sera essayer d'identifier quelques pistes pour résoudre ces irritants à court terme.
01:46Et un dernier point, ce sera un peu plus sur comment finalement cet effort s'articule ou va peut-être
01:51des fois en contradiction avec un petit peu le cadre UE et autant.
01:55Du coup, pour commencer, je me tourne vers vous, Arnaud Dangean.
01:58Donc, en tant que membre de la sous-commission sécurité et défense au Parlement européen entre 2009 et 2024,
02:04vous avez été aux premières loges des discussions au sein de l'UE sur les questions de défense.
02:08Avez-vous constaté des divergences dans l'approche de la souveraineté, notamment technologique, vis-à-vis des USA ?
02:14Et de même, avez-vous perçu des rivalités entre pays européens sur le sujet de défense,
02:18à même d'expliquer peut-être en partie la difficulté à mettre en place des programmes d'armement commun ?
02:22D'abord, merci de votre invitation.
02:25Alors oui, oui, oui, oui, des divergences, oui, énormes.
02:29Alors, elles ont tendance à se réduire parce que l'actualité récente fait que, notamment, les coups de boutoir du
02:36président Trump,
02:37en particulier sur le Groenland, ont secoué tout l'écosystème européen.
02:44Mais depuis des décennies, c'est même au-delà des années, depuis des décennies, il y a des divergences assez
02:49fondamentales entre Européens sur le concept même de souveraineté.
02:53Le mot même de souveraineté est d'ailleurs un mot qui fait beaucoup débat ou plutôt qui n'a jamais
02:58trop fait débat
02:59parce que c'était un gros mot dans la sphère bruxelloise et dans beaucoup de capitales européennes.
03:04La France s'est trouvée très souvent toute seule à défendre l'idée, alors on appelle ça maintenant l'autonomie
03:09stratégique,
03:10mais enfin toute cette idée qui, depuis le général de Gaulle, tourne autour de la capacité des Européens à faire
03:17les choses par eux-mêmes
03:18et pour eux-mêmes en matière de sécurité et de défense.
03:20C'est une conception très française qui n'a pas été très bien partagée par nos partenaires européens,
03:27avec des raisons, il ne s'agit pas de porter un jugement de valeur, il s'agit simplement de constater
03:32que ce qui apparaît comme des évidences pour nous Français,
03:36parce qu'on a été élevés là-dedans, parce que c'est une doctrine qu'on a créée avec un
03:41fort volontarisme politique dans les années 60,
03:43ce qui apparaît comme des évidences pour nous n'en sont pas pour la plupart de nos partenaires européens
03:48parce que leur trajectoire historique est différente, parce qu'ils sont revenus au réarmement,
03:55c'est le cas de l'Allemagne après la Deuxième Guerre mondiale, grâce et sous parapluie américain,
04:00parce que tous les pays d'Europe centrale et orientale, quand ils se sont libérés du communisme,
04:04l'effet de balancier a fait que la garantie de sécurité était immédiatement américaine.
04:09Donc il y a plein de « bonnes raisons » pour chacun de nos partenaires d'avoir un peu évacué
04:15cette question de la souveraineté.
04:17Juste pour vous donner un exemple qui est anecdotique, mais extrêmement révélateur, et qui date d'il n'y a
04:22pas très longtemps,
04:23justement dans le contexte de l'affaire du Groenland, il y a la commissaire européenne, une des commissaires européennes finlandaises,
04:32qui s'occupent notamment de sécurité technologique, qui prenait la parole dans une interview et on lui demandait
04:38« est-ce que cette crise va un peu inciter les Européens à être plus souverains en matière de technologie
04:44? »
04:44Et sa première réponse, de façon très spontanée, a été de dire « oui mais », et tout de suite
04:52le « mais » était aussi important que le « oui »,
04:54pour dire « oui mais », je la cite de mémoire, « oui mais la souveraineté, ça ne doit pas
04:59dire l'enfermement, l'autarcie, l'isolation,
05:02le protectionnisme, immédiatement, tous nos partenaires partent à fond la caisse sur cette problématique-là,
05:10ce n'est pas ça le problème. Et donc évidemment c'est compliqué de faire des choses en Européen quand
05:14on parle de souveraineté.
05:15Maintenant c'est vrai que le premier choc a été Trump 1, déjà, en 2016, et le deuxième choc, Trump
05:242, est encore plus violent,
05:25et donc c'est un peu malheureux de voir qu'il faut ça aux Européens pour considérer les questions de
05:31souveraineté.
05:32On y vient progressivement. Dernier point, je ne vais pas être trop long là-dessus, dernier point qui me frappe
05:38quand même,
05:38je pense qu'il y a aussi un effet générationnel. Je pense que dans beaucoup de pays européens,
05:44pour des générations qui ont été aux responsabilités ces 20 ou 30 dernières années,
05:48c'est très compliqué de se débrancher, à tout point de vue, du mode de pensée qui a prévalu pendant
05:58des décennies.
05:58Quand vous êtes un homme politique ou un général allemand de 60 ans, vous avez baigné là-dedans depuis votre
06:07formation.
06:09Pendant 40 ans, vous avez été dans un système où on vous explique par A plus B que de toute
06:14façon,
06:15la garantie de sécurité, elle est américaine, que la souveraineté européenne, c'est une illusion.
06:19Et donc c'est compliqué de changer complètement son logiciel.
06:24Dans les jeunes générations qui arrivent, et on en parlera tout à l'heure, en particulier dans les entrepreneurs,
06:29il n'y a pas cette prévention-là.
06:32On part de zéro, mais en tout cas, il y a la volonté de créer un modèle nouveau
06:36qui intègre, lui, naturellement, l'aspect souveraineté européenne,
06:40parce que beaucoup de ces entrepreneurs, ce qui les a amenés à se lancer dans le secteur de la défense,
06:45ça a été, et a proposé des solutions technologiques innovantes et différentes,
06:49ça a été le conflit ukrainien. Et donc il y a une dimension, j'allais dire, naturellement européenne
06:54dans l'ADN de ces nouveaux acteurs.
06:57Merci beaucoup, Arnaud Dangean. Pour enchaîner sur une éventuelle autre difficulté,
07:02je me tourne du coup vers Bastien Mancini. Vous êtes directeur de l'Air,
07:06l'un des leaders européens. En tous les cas, c'est votre mission de devenir un des leaders européens des
07:10drones.
07:11Au-delà, effectivement, de cette différence de perception sur ce qu'est la souveraineté européenne,
07:15il y a une question de financement aussi. Lorsqu'on regarde le financement de grandes entreprises,
07:18de la New Defense, Palantir et autres, on voit que ça se chiffre en milliards de dollars aux Etats-Unis.
07:24Comment est-ce qu'on peut expliquer ces différences de chiffrage entre les deux rives de l'Atlantique
07:29et notamment peut-être d'une certaine appétence beaucoup plus grande des marchés aux Etats-Unis
07:32par rapport au financement de la New Defense ?
07:35Oui, alors déjà peut-être juste pour revenir sur ce que vous venez de dire sur la culture européenne.
07:40J'ai fait Erasmus, donc quelque part, et c'est des programmes longs,
07:44mais moi je me sens européen par mes études.
07:47Je pense que beaucoup de gens de ma génération ont fait ce genre de programme
07:50et ça amène à ressentir les choses différemment en termes de souveraineté.
07:54Ensuite, pour revenir à votre question,
07:57en effet, il y a déjà, je pense, c'est un lieu commun,
08:00mais une appréhension du risque aux Etats-Unis qui est très différente.
08:04Mais pour l'illustrer dans le domaine précis où on travaille les drones,
08:09depuis 15 ans, donc de l'air, c'est une société de drones qui a 15 ans,
08:11depuis 15 ans, on a vu défiler un certain nombre d'entreprises de drones.
08:14Aux Etats-Unis, vous avez un nombre incalculable de boîtes de drones qui ont fait faillite,
08:18qui ont levé des centaines de millions de dollars et qui ont fait faillite.
08:21On peut citer 3D Robotics, Airware, mais bon, il y en a plein.
08:26En France, aujourd'hui, j'entends encore parler du grand hiver du drone
08:30qui est lié à Parrot, qui a levé des fonds en 2015,
08:33qui a eu des difficultés, comme tout le monde,
08:36et puis aujourd'hui, ils s'en sortent bien.
08:37Mais encore aujourd'hui, il y a des gens qui sont marqués par ça.
08:40Donc, cette espèce de culture, on a peur du truc qui rate,
08:44ils ont passé aux Etats-Unis, ils sont capables de mettre beaucoup d'argent.
08:48Donc, derrière, il y a évidemment une notion de taille de ticket.
08:51Les montants disponibles aux Etats-Unis sur les investissements
08:54sont beaucoup plus importants.
08:56Les fonds, on va dire qu'en France ou en Europe,
09:00on discute plutôt souvent de l'ordre de quelques millions d'euros,
09:03des dizaines de millions d'euros.
09:05Et quand on arrive dans ces sommes-là,
09:07on sent que les gens commencent à trembler un petit peu.
09:09Alors, des centaines de millions, c'est très, très rare.
09:11Comme vous l'avez dit, c'est des milliards aux Etats-Unis
09:13et les centaines de millions, c'est des lieux communs.
09:16Mais c'est aussi des choses assez rationnelles.
09:20C'est-à-dire qu'une fragmentation du marché européen
09:23qui fait qu'en fait, quand vous pariez des centaines de millions aux Etats-Unis,
09:27alors il y a un risque, mais si vous gagnez,
09:28c'est un marché continental, c'est un gros marché.
09:32En Europe, si vous gagnez, vous allez gagner dans un pays,
09:36puis après vous allez devoir vous battre pour gagner dans le pays d'à côté.
09:38Et donc en fait, vous misez beaucoup,
09:40mais le gain possible, espéré, est faible.
09:44J'ai assisté à une conférence d'Henri Coletta
09:45qui disait sur des domaines comme l'énergie, la finance,
09:50les télécommunications,
09:51en fait, il n'y a pas de champion européen,
09:52parce qu'il y avait des champions nationaux,
09:53et on a des marchés fragmentés,
09:55et on est un peu prisonniers de ça.
09:57Dans le domaine où on est, nous, typiquement, la robotique,
10:00il n'y a pas encore de champions nativement européens.
10:04Et effectivement, je pense que face aux champions mondiaux,
10:08qui sont aujourd'hui américains et chinois,
10:09dans ce domaine-là,
10:11il est encore temps de constituer des champions européens,
10:13mais qu'ils soient natifs.
10:14On ne va pas coller des champions de pays à pays,
10:17ça ne marche pas.
10:18Il faut, je pense, dès le départ,
10:20impulser une culture profondément européenne.
10:23On a la chance.
10:25En tout cas, dans la difficulté,
10:26ça crée aussi des opportunités.
10:27Le contexte actuel pousse les Européens
10:30à se rapprocher sur ces domaines-là.
10:32Je pense qu'il faut saisir cette opportunité.
10:36Merci beaucoup.
10:37Et du coup, pour enchaîner,
10:39sur peut-être une troisième difficulté,
10:40on parlait de marchés nationaux.
10:41C'est bien souvent, effectivement,
10:43une relation que les industriels doivent avoir
10:45avec les donneurs d'ordre, on va dire,
10:48au niveau de l'État.
10:49Chez vous, chez Cerber,
10:50dont vous travaillez notamment
10:51avec plusieurs agences de l'État,
10:53le ministère de la Défense,
10:54l'administration pénitentiaire.
10:56Est-ce que, du coup,
10:57parfois, il y a des processus administratifs
10:59qui sont peut-être un petit peu,
11:00on va dire, inadaptés
11:01par rapport à l'approche
11:02qu'on peut avoir peut-être plus
11:03dans les startups ou les scale-ups
11:05qui sont basés plus sur l'agilité,
11:06l'approche incrémentale ?
11:07Comment est-ce que vous le ressentez, vous ?
11:09Bonjour à tous.
11:11En effet, c'est vrai qu'en première lecture,
11:13on pourrait se penser un peu ça,
11:14de se dire que, en fait,
11:16sur l'approche économique
11:17pour une jeune société,
11:20un cycle d'achat de 2 ans, 3 ans, 5 ans,
11:23c'est un arrêt de mort.
11:25Personne ne financera pendant 5 ans
11:27une procédure d'acquisition.
11:29Donc, ça, c'est un premier point, en fait,
11:31où c'est le capital privé qui vont venir,
11:34c'est la prise de risque des entrepreneurs
11:36pour rentrer sur ces marchés-là
11:37et, on va dire, survivre.
11:39Donc, après, il y a plein de stratégies
11:40que, par exemple, chez Cerber,
11:41on a mis en place.
11:41L'export en premier lieu,
11:43venir sur des urgences opérationnelles
11:45avec un système qui est déjà mature
11:46sur l'étagère
11:48permet de financer la société
11:49le temps d'atteindre ces gros contrats.
11:52Et ce que vous n'avez pas forcément dit aussi,
11:53c'est-à-dire qu'il y a un effet d'escalier
11:55dans nos contrats, on va dire,
11:58européens ou nationaux,
11:59c'est-à-dire qu'on ne va pas vous donner
12:00un contrat à 100 millions d'euros
12:01avant de vous en avoir donné un à 10.
12:03Et on ne vous en aura pas un à 10
12:05avant de vous en avoir donné un à 1.
12:07Donc, il y a tout ce cursus honorum
12:08qu'il faut passer
12:09et qui prend du temps.
12:11Donc, en parallèle,
12:12il faut bien aller se développer ailleurs.
12:14Il faut montrer sa valeur
12:15et continuellement l'approuver.
12:17Ça, ça change.
12:18On le voit également
12:20à la fois sur l'aspect
12:22on va mettre longtemps à certifier,
12:24à écrire un programme
12:26qui doit durer 20 ans.
12:28Ça, ça change.
12:29On voit des choses
12:29sur les drones en particulier
12:31avec des appels d'offres DGA récents,
12:33sur des contrats cadres évolutifs.
12:35Donc, ça, on le voit
12:37de l'incrémentation.
12:38Mais en final,
12:39la vraie problématique
12:40et c'est une problématique
12:42qui s'impose à tout le monde,
12:43c'est que personne,
12:45si je veux dire
12:45d'un point de vue intérêt personnel,
12:47n'a intérêt à des marchés
12:48complètement géométrie variable
12:50et girouette.
12:51Dans une période
12:52d'instabilité budgétaire,
12:54il est bien plus rassurant
12:55pour le donneur d'ordre
12:57de parier sur un contrat à 20 ans
12:58qui lui garantit ses capacités,
13:00qu'il a contractualisé
13:01avec un industriel
13:03plutôt que quelque chose
13:04qui va être remis au pot
13:05tous les ans
13:05et qui risque de faire
13:06l'objet d'un arbitrage défavorable,
13:09des drones ou le porte-avions,
13:10des choses comme ça.
13:12Donc, c'est bien plus rassurant
13:13d'avoir un gros contrat,
13:1420 ans, cadre,
13:15et quitte à sacrifier
13:17un peu d'agilité.
13:18Même chose pour nous
13:19côté industriel.
13:20Un contrat où on gagne
13:22le droit de concourir
13:24et on n'a pas de garantie
13:26de volume,
13:27de financement
13:28pour investir derrière,
13:29c'est très compliqué.
13:30Pour créer des capacités
13:32de production,
13:32c'est compliqué.
13:32Mais voilà,
13:33ces choses-là,
13:34ça commence à changer.
13:35L'autofinancement
13:36avec l'ouverture
13:37des capitaux privés
13:37à la défense
13:38qui est quand même
13:38assez récent,
13:39changeait un peu
13:40la donne sur notre capacité
13:41à pouvoir proposer
13:42des choses sur étagère
13:43aux donneurs d'ordre
13:44et aux donneurs d'ordre
13:45surtout à comprendre
13:46de dire peut-être
13:46que je dois faire
13:47mes propres compromis
13:48et prendre ce qui existe
13:50plutôt que quelque chose
13:51que je vais planifier
13:52pendant longues années.
13:55Merci déjà pour ce premier
13:56tour de table
13:56sur les différents irritants,
13:58peut-être sur les solutions
13:59à court terme.
14:00Pour enchaîner,
14:00on parlait déjà un petit peu
14:01d'évolution,
14:03notamment au sein des donneurs d'ordre,
14:04au sein de la DGA.
14:05Je me retourne vers vous,
14:06Arnaud Dangean.
14:07L'État stratège,
14:08clairement,
14:09c'est sans doute celui
14:10qui est le plus à même,
14:11on va dire,
14:11de définir un peu
14:12les grandes politiques stratégiques
14:16de l'armement.
14:18D'après vous,
14:19quelles mesures
14:20pourraient être prises
14:20à court terme
14:21par l'État
14:22pour fluidifier sans doute
14:23les choses
14:24et permettre justement
14:24à ces entreprises
14:25de se créer déjà d'une part
14:27et de se développer ensuite ?
14:29Moins d'État peut-être.
14:31L'État stratège,
14:32c'est toujours une expression
14:34que je prends avec des pincettes
14:37parce qu'il a été si peu stratège
14:39dans plein de secteurs stratégiques
14:40et puis dans le premier d'entre eux,
14:42c'est-à-dire les finances publiques
14:43depuis des décennies
14:45parce que c'est ça aussi
14:46le problème aujourd'hui.
14:47L'État peut avoir
14:48de très bonnes idées,
14:50peut avoir un rôle éminent
14:52à jouer en matière de défense.
14:54L'acheteur final,
14:55c'est l'État
14:55à travers ses forces armées,
14:56à travers la DGA.
14:57Donc évidemment,
14:58l'État a un rôle majeur à jouer.
15:00Le problème,
15:01c'est qu'aujourd'hui,
15:01l'État est largement nu.
15:04Ce qui fait la différence
15:05en Europe aujourd'hui,
15:07on parlait tout à l'heure
15:08du contexte européen,
15:09indépendamment des conceptions
15:10de la souveraineté
15:11qui sont un peu différentes
15:12dans chacune de nos pays,
15:13le problème,
15:14c'est aussi les capacités
15:15budgétaires et financières.
15:16Et aujourd'hui,
15:17la France,
15:19je le dis un peu brutalement,
15:20n'a pas les moyens
15:21de ses ambitions.
15:22C'est-à-dire que même
15:22si on a un État stratège
15:23sur la définition
15:24d'un certain nombre
15:25de programmes prioritaires,
15:26on va quand même
15:27continuer à privilégier
15:29des programmes pluriannuels
15:32sur très long terme,
15:33bien encadrés
15:34par des procédures
15:35qu'on connaît,
15:36des procédures d'acquisition,
15:37de consolidation,
15:38tout ça,
15:38plutôt que de faire confiance
15:41à des nouveaux acteurs,
15:43parce que les nouveaux acteurs,
15:44c'est risqué.
15:44Et puis,
15:45on n'a pas la marge
15:45de manœuvre aujourd'hui
15:46pour se permettre du risque,
15:47j'allais dire.
15:48Pardonnez-moi,
15:48sur le plan budgétaire,
15:49c'est criant.
15:50Donc, moi,
15:51je vois les efforts
15:52d'adaptation qui sont faits
15:53au sein du ministère des Armées,
15:54au sein de la DGA.
15:54C'est tout à fait louable,
15:56c'est nécessaire,
15:56c'est indispensable.
15:57Tout le monde tire
15:58les enseignements
15:59du conflit ukrainien
16:00avec la boucle
16:01très, très, très courte.
16:03Comment ça va se retranscrire
16:04dans la réalité ?
16:05Je ne vais pas dire
16:06que je reste circonspect,
16:07mais je pense qu'il faut
16:08être assez prudent,
16:09parce qu'il y a encore
16:10beaucoup, beaucoup,
16:11beaucoup d'efforts à faire,
16:12beaucoup de mauvaises habitudes
16:13à perdre.
16:14Effectivement,
16:16l'intrusion aujourd'hui
16:17du financement privé
16:20secoue un peu les choses,
16:22évidemment.
16:23Mais là aussi,
16:24il y a beaucoup
16:25d'investisseurs privés
16:25qui manifestent un intérêt,
16:29voire un appétit
16:29pour les questions de défense.
16:31J'espère que leur engagement
16:33va être de long terme,
16:34suffisamment long terme,
16:35parce que le problème,
16:36c'est que beaucoup d'entre eux
16:36vont vouloir de la rentabilité
16:38à court terme.
16:39Et ça,
16:40ce n'est pas exactement
16:41compatible avec les cycles
16:42en matière de défense.
16:44Donc voilà,
16:44premier point d'attention.
16:46Autre chose,
16:47alors qu'il y a peut-être
16:48moins trait à l'organisation
16:49proprement dite
16:50de l'État
16:51et de ses services,
16:54je mets toujours en garde
16:55contre l'idée
16:57que nous sommes,
17:00par définition,
17:01pratiquement toujours
17:01en retard d'une guerre.
17:03C'est-à-dire que souvent,
17:04l'horizon stratégique
17:05qu'on se fixe
17:06est un peu obstrué
17:08par l'immédiateté.
17:10C'est vrai qu'aujourd'hui,
17:11l'immédiateté,
17:11alors aujourd'hui,
17:12même,
17:13c'est le Moyen-Orient,
17:14mais avec des caractéristiques
17:16qui sont aussi assez proches
17:17de la guerre en Ukraine,
17:18donc qui a fait la part belle
17:20à un certain nombre
17:20de types d'armements ou autres,
17:22ça ne veut pas dire
17:23que le prochain conflit
17:24auquel nous serons,
17:25nous, Français,
17:26confrontés plus directement
17:28sera exactement
17:28selon les mêmes caractéristiques.
17:30Donc je pense
17:31qu'il faut faire attention aussi
17:32à ne pas se couper
17:33d'un certain nombre
17:34de capacités
17:35parce que,
17:37pardonnez-moi l'expression,
17:38l'effet de mode
17:39serait de dire
17:40qu'il faut tout miser
17:41sur tel type d'équipement.
17:42Je pense qu'il n'est pas exclu
17:44que dans les années à venir,
17:45on ait de nouveau
17:46à refaire
17:46de l'expéditionnaire
17:47contre-terroriste
17:49dans certains coins
17:49d'Afrique,
17:50de Moyen-Orient
17:51ou d'Asie.
17:52Je pense qu'il n'est pas
17:53totalement exclu
17:54qu'on ait de nouveau
17:56des guerres asymétriques
17:57à conduire,
17:58alors que depuis maintenant
17:59quatre ans,
18:00tout le monde planche
18:01sur des scénarios
18:01de haute intensité
18:03interétatique
18:03en se fiant
18:04sur ce qui se passe
18:04en Ukraine.
18:05Donc attention
18:06à la surprise stratégique
18:07qui fait qu'il faut
18:09se tenir prêt
18:10et donc ça plaide
18:11pour une chose,
18:11ça plaide pour de,
18:12alors c'est le mot valise,
18:14pardonnez-moi,
18:14mais ça plaide pour de l'agilité,
18:16pour vraiment être capable
18:17de se reconfigurer très vite.
18:19Je ne suis pas certain
18:20aujourd'hui
18:20que notre état stratège,
18:22selon l'expression,
18:23soit exactement à même
18:24de bifurquer
18:26comme ça
18:26sur des changements
18:28très rapides
18:28et un peu soudains
18:29de l'environnement stratégique.
18:31Alors la transition
18:32est magnifique
18:33puisque pour le coup,
18:34je me tourne du coup
18:34vers Bessil Mancini,
18:36justement,
18:37Deleur participe
18:37notamment via une agence
18:39de la DGA
18:39qui s'appelle la ID
18:40à deux projets
18:40qui sont pour le coup
18:41beaucoup plus agiles,
18:42beaucoup plus incrémentaux,
18:43qui correspondent beaucoup plus
18:44à la façon dont
18:45les matériaux militaires
18:46sont conçus,
18:48déployés,
18:48utilisés,
18:49améliorés en Ukraine.
18:50Donc le projet Colibri
18:51et le projet Larina
18:52est de votre côté.
18:53Est-ce que justement,
18:53vous pouvez nous en dire
18:54peut-être un peu plus
18:54sur ces deux sujets
18:55et dire comment ça colle
18:58Oui, c'est très intéressant
19:00que vous parliez de ça
19:01parce que, en fait,
19:02c'est des projets
19:03qui ont quatre ans
19:04et le fait qu'on en parle encore,
19:06ça dit quelque chose,
19:07je pense,
19:07du caractère radicalement différent
19:10de cette approche.
19:12C'est effectivement
19:13des projets emblématiques
19:14pour faire des munitions
19:15téléopérées
19:16qui ont été déclenchées
19:18une phase de consultation
19:19de trois mois de mémoire,
19:20des choix, pareil,
19:21en trois mois,
19:22des projets qui ont été déroulés
19:23sur quelques mois derrière.
19:24Et nous qui nous ont conduits,
19:26donc nous, on a fait Colibri
19:27avec KNDS,
19:29Larinae avec MBDA
19:30et le produit de Colibri
19:32qui était un prototype,
19:33donc un projet lancé par l'AID,
19:35a été industrialisé
19:36et livré en Ukraine
19:37et utilisé depuis,
19:39je crois,
19:39plus d'un an en Ukraine
19:40avec succès
19:41avec des retours opérationnels
19:42ukrainiens.
19:43Donc ça,
19:43c'est une manière
19:44radicalement nouvelle
19:44et c'est vrai que,
19:46bon,
19:46on en parle encore,
19:47mais les projets Colibri
19:48et Larinae,
19:49en l'occurrence,
19:49sont terminés.
19:50Mais dans le domaine
19:52des drones,
19:53la DGA
19:54et le ministère des armées,
19:55plus généralement,
19:56il y a la DMAE,
19:56l'AID,
19:57la DGA,
19:57chacun a fait évoluer des choses
20:00en effet vers de l'organisation
20:02d'achats sur étagère
20:04avec des développements,
20:05donc des industriels
20:05faits sur fonds propres.
20:06Nous, de l'air,
20:07c'était ce qu'on faisait
20:07naturellement dans le milieu civil.
20:09On vient de là.
20:10C'était un peu novateur,
20:11on va dire,
20:11dans le milieu défense.
20:13Et cette manière de...
20:15Parce que la manière classique,
20:18traditionnelle d'acheter
20:18dans la défense,
20:19c'est une force
20:20qui fait une expression de besoin,
20:21le transformer à la DGA
20:22qui fait une spec technique,
20:23qui organise une consultation.
20:25Tout ça,
20:25ça prend déjà cinq ans.
20:26Ensuite,
20:27il faut choisir un industriel
20:27qui va développer un truc
20:29exprès là-dessus.
20:30Ça reprend encore trois à cinq ans.
20:31Et donc,
20:31vous avez dix ans
20:32entre l'expression de besoin
20:33et la livraison sur le marché,
20:34ce qui peut bien marcher
20:35pour un sous-marin
20:36ou des gros objets.
20:38Mais pour les drones,
20:39ça ne marche pas du tout.
20:40Et donc,
20:41la solution,
20:42c'est l'industriel finance.
20:45Il y a un inconvénient
20:46pour l'industriel,
20:47c'est qu'il ne se fait pas tout payer.
20:49Donc, il prend des risques.
20:50On développe des produits
20:51et puis, ça se trouve,
20:51on ne fait pas le bon produit
20:52et puis, voilà,
20:53on ne se le fait pas acheter.
20:54Et l'État doit aussi renoncer
20:55à quelque chose.
20:56Il doit renoncer
20:57à tout contrôler.
20:58L'État doit, en effet,
20:59accepter qu'il achète
21:01ce qui est là disponible
21:01sur le marché.
21:02Et même s'il avait plutôt envie
21:04d'avoir un truc
21:04comme ci ou comme ça,
21:05il doit renoncer à ça.
21:07Mais ça, c'est vertueux.
21:08Et je pense que c'est la manière...
21:10Donc, ça a été mis
21:10sur les drones
21:11avec le pacte drone,
21:13le marché d'achat
21:14sur étagère de la DMAE.
21:15Donc, c'est des objets
21:16assez nouveaux
21:17qui permettent
21:18des achats rapides,
21:19des développements
21:19très rapides.
21:20Il y a une part de risque
21:21à gérer par l'industriel.
21:23Encore une fois,
21:23il y a une part
21:25pour l'État
21:25et les forces
21:26d'accepter
21:27de prendre ce qui est là.
21:28Mais je pense que c'est vertueux
21:29et ça permet
21:30de créer des objets
21:32industriellement
21:32qui sont utiles,
21:34donc qui sont produits
21:35en plus grand nombre.
21:36Comme ils sont produits
21:36en plus grand nombre,
21:37ils sont moins chers
21:38donc ils sont compétitifs
21:39à l'export
21:40et c'est comme ça
21:41qu'on arrive, je pense,
21:42à créer des champions
21:43à l'international.
21:45Merci beaucoup.
21:45Vous l'avez évoqué
21:46justement des partenariats
21:48un petit peu
21:48entre entreprises
21:49un peu établies,
21:50Prime,
21:50et des entreprises
21:51un peu plus innovantes
21:52ou en tout cas
21:52plus récentes
21:53dans leur marché
21:53des Néo Prime.
21:55Et du coup,
21:55Charlie, vous de votre côté,
21:56je sais que vous avez aussi
21:57quelques partenariats
21:58justement entre Céaber
21:58et des entreprises
21:59on va dire un peu plus anciennes
22:01de la BITD.
22:02on a tendance
22:03un petit peu
22:03à opposer les deux modèles.
22:04Du coup, vous,
22:05de votre expérience,
22:06est-ce que finalement
22:06cette opposition
22:07n'est pas un petit peu
22:07justement peut-être
22:09inadéquate, on va dire,
22:10mais on serait peut-être
22:10plus sur une tendance
22:11de partenariat
22:12ou en tout cas
22:12peut-être les uns
22:13ont des choses
22:14à apporter aux autres ?
22:15Oui, tout à fait.
22:17Je pense que c'est vraiment
22:18la chance
22:18de l'écosystème français
22:19d'avoir en fait
22:21cette verticale,
22:22cette colonne vertébrale
22:24qui est extrêmement robuste.
22:26Je pense même
22:27que c'est unique en Europe,
22:28ça tient à des choix
22:30de souveraineté
22:30qui ont été faits
22:31depuis les 50 dernières années.
22:33C'est aussi un tissu
22:34qui a fait ses preuves
22:35à l'export
22:36parce que ça,
22:36je pense qu'on n'en parle
22:37pas assez également,
22:38mais l'horizon opérationnel,
22:43commercial, industriel,
22:44c'est le monde
22:45et le marché le plus libre
22:48qu'on puisse trouver
22:48en défense,
22:49en fait,
22:49c'est la concurrence mondiale,
22:51c'est le grand export
22:52et c'est ça qui révèle
22:53vraiment les valeurs
22:54des technologies
22:55et des produits.
22:56Donc, c'est un premier point
22:58et en fait,
22:59à la rigueur,
23:00à ce moment-là,
23:01tout le monde
23:01a quelque chose à jouer.
23:02Je pense qu'importer
23:03un espèce de modèle
23:05qui tient à dire
23:06qu'il faut quelques
23:08très grands champions
23:09et on ne fait pas
23:10une BITD
23:10avec une slide
23:11avec trois logos
23:12de décacornes,
23:12ça ne marche pas.
23:14On a tous à gagner,
23:17tous à jouer.
23:18Nous, Cerber,
23:19on a vraiment fait le choix
23:20du tissu écosystémique.
23:22On a des gens
23:23qui font de la fabrication
23:24pour nous
23:24avec de très haute qualité.
23:26On a des gens
23:27qui vont faire intervenir
23:28sur nos produits
23:29avec des expertises techniques
23:30très pointues
23:31qu'on ne pourrait pas
23:32se payer à l'année.
23:33On n'a pas le flux
23:34de produits,
23:35de projets suffisants.
23:36Mais on arrive
23:37à monter une équipe
23:39France,
23:39mais également européenne.
23:41Je tiens ce que dit Bastien,
23:43c'est-à-dire que la bonne échelle
23:45de croissance,
23:45la bonne échelle
23:46de base industrielle
23:48et technologique,
23:48c'est bien l'Europe
23:49et les Baltes,
23:52les pays d'Europe centrale,
23:54de l'Est,
23:55même les Iber,
23:56ont beaucoup de choses
23:57à nous apporter
23:57et il serait dangereux
23:59de les opposer.
24:00De même qu'il est dangereux
24:01d'opposer un Thalès
24:02ou un MBDA
24:03avec une société comme nous.
24:05C'est-à-dire que nous,
24:05on va travailler,
24:06par exemple,
24:06avec un Thalès
24:07sur le programme Parade
24:08qu'on avait pour les JO,
24:09extrêmement agiles également.
24:13La fiche de besoin,
24:14donc le cahier des charges,
24:15tombe en août
24:15pour une démonstration
24:17de produits finales
24:17en octobre
24:19pour une livraison
24:20et une mise en opération
24:22à la série d'ouverture
24:23des JO
24:23dix mois plus tard.
24:25Le retard n'est pas possible.
24:26On n'avait pas retardé les JO
24:26parce que nous,
24:27on avait une mise à jour à faire.
24:29Donc là-dessus,
24:30on montre aussi
24:30que notre base,
24:31on sait travailler
24:32entre gros,
24:34entre petits,
24:35entre moyens
24:36pour faire de belles choses.
24:37On travaille aussi
24:38avec un MBDA,
24:38par exemple,
24:39à l'export.
24:41Mais ces gros-là
24:42ne peuvent pas
24:43adresser tous les marchés.
24:43Donc aussi,
24:44Cerber va développer
24:45une offre en direct
24:46pour l'export,
24:47pour du tactique,
24:47pour des marchés
24:49de plus petite taille
24:50qu'un prime
24:51ne peut pas forcément
24:52se faire.
24:54Donc voilà,
24:54je t'aimerais juste
24:55de dire parfois
24:55un peu les néo-primes
24:56ne sont pas ceux
24:57qu'on pense.
24:59Quand on regarde
25:00un peu les US,
25:00au final,
25:02la DOXA qui tend à dire
25:03que les primes historiques
25:04et Rita et la guerre froide
25:05font le C2,
25:06font la surcouche
25:07d'intégration.
25:09On ne va pas l'entir,
25:09regardez Enduril,
25:10le marché de 20 milliards
25:11d'Enduril,
25:12c'est du C2.
25:13Donc finalement,
25:13ceux qui font du capteur,
25:14ceux qui font vraiment
25:16la techno qui opère
25:18sur la bataille,
25:19c'est avant tout
25:20que c'est des PME,
25:20des ETI.
25:21Là, la France,
25:21elle est très bien dotée.
25:23Merci beaucoup.
25:24Du coup,
25:25effectivement,
25:25Bastien et Charlie
25:26l'évoquaient un petit peu,
25:27je me retourne vers vous,
25:28Arnaud.
25:29On évoquait le fait
25:30que ce soit finalement
25:31l'Europe qui soit
25:32en quelque sorte
25:32le bon échelon
25:33pour aborder
25:35cette innovation technologique
25:36et ce marché européen
25:38de la défense
25:38et de la new defense.
25:40On voit que l'Europe
25:41commence un petit peu
25:42à bouger,
25:42la facilité safe,
25:43la nomination déjà
25:44d'un commissaire à la défense.
25:46Il y a des choses
25:46qui bougent au niveau européen.
25:48Du coup,
25:48effectivement,
25:49comment vous,
25:49vous ressentez
25:50cette posture européenne
25:52et est-ce que finalement,
25:53c'est cette échelle-là,
25:54même si on l'a un petit peu
25:55abordée,
25:55qui permettrait effectivement
25:56à l'Europe
25:57de véritablement
25:58ouvrir son marché
25:58et d'être complètement,
26:00de devenir vraiment autonome
26:01des Etats-Unis ?
26:02Alors,
26:03je suis toujours un peu prudent
26:05avec cette notion
26:06d'européanisation
26:07parce qu'autant je pense
26:09que l'échelle géographique
26:10et j'allais dire
26:11l'échelle géopolitique
26:12est la bonne,
26:12c'est bien celle
26:13du continent européen
26:14et ce qui vient d'être dit
26:16sur les partenariats
26:16qui peuvent être faits
26:17avec des boîtes
26:18qui ont le même ADN,
26:19j'allais dire
26:20que les nouveaux acteurs
26:22de la défense
26:23prouvent ça tous les jours.
26:26Autant,
26:26je pense également
26:27que les instances européennes
26:29avaient un rôle à jouer
26:30pour fluidifier les choses,
26:32notamment en termes
26:32de financement.
26:33On a parlé
26:34des financements privés
26:35mais aussi des financements
26:35institutionnels
26:36qui se débloquent
26:37et qui hésitaient
26:38à venir dans la défense
26:39et là,
26:40il y avait un rôle incitatif
26:42à jouer de la part
26:43des instances européennes.
26:44Autant,
26:45je suis très réservé,
26:46je suis très français
26:47en cela,
26:49mais je suis très réservé
26:51sur un rôle excessif
26:53qui pourrait être pris
26:54par certaines instances européennes
26:55et en particulier,
26:56je trouve que la Commission européenne,
26:58je la connais bien,
26:59je l'ai pratiquée pendant 15 ans
27:00en tant que parlementaire,
27:01la Commission européenne,
27:03vous savez,
27:03vous lui donnez une tâche,
27:06elle ne va pas s'en satisfaire.
27:08Elle va avancer
27:09jusqu'à ce qu'elle bute
27:10sur un obstacle
27:11qui va lui dire
27:11« Attends,
27:11là,
27:12ce n'est pas à toi de faire »
27:13mais elle déroule.
27:15Et donc,
27:16je vois bien
27:16la tentation
27:17en matière de défense
27:18en particulier
27:19de la Commission européenne
27:20de s'arroger
27:20beaucoup de prérogatives
27:22qui sont quand même
27:23encore dans le domaine
27:24des États,
27:25alors peut-être
27:26avec leur pesanteur,
27:27peut-être avec leur lourdeur,
27:28mais encore une fois,
27:29le marché de la défense
27:29n'est pas un marché
27:30comme un autre.
27:31Encore une fois,
27:32il y a un seul client,
27:33ce n'est pas un vrai marché d'ailleurs,
27:34le terme de marché
27:35est assez impropre
27:36parce qu'in fine,
27:37il n'y a qu'un seul acheteur,
27:38c'est l'État
27:40et il y a un seul utilisateur,
27:41c'est les forces armées
27:42quand on parle vraiment
27:43de matériel de défense.
27:44Et donc,
27:45il faut faire attention
27:46à ce que la Commission européenne
27:47ne se mêle pas de tout
27:48parce qu'elle n'est pas faite pour ça.
27:51Elle a un manque aussi
27:53d'expertise en la matière.
27:54Moi,
27:54je vois des fonctionnaires européens
27:55extrêmement compétents
27:56qui passent,
27:58ils ont fait 15 ans
27:59à la DG agricole
28:00et puis là,
28:01ils deviennent des experts
28:02à la DG défense.
28:03Ça ne marche pas exactement
28:04de la même façon.
28:05Et je vois bien
28:06la tentation
28:07qu'il y a en ce moment
28:07au sein des instances européennes
28:08de dire
28:09oui,
28:10alors on a un problème
28:11effectivement
28:11de fragmentation
28:12du marché européen.
28:13C'est vrai.
28:14Cela étant,
28:15on n'est pas les États-Unis.
28:16Donc,
28:17le degré de comparaison
28:18avec les États-Unis,
28:19il est à la fois juste
28:20en termes d'échelle,
28:22en se disant
28:22bon,
28:23et puis c'est nos compétiteurs aussi,
28:25mais d'un autre côté,
28:26en termes d'organisation sociopolitique,
28:28on n'est pas des États-Unis.
28:30On est l'Union européenne,
28:32c'est-à-dire une union
28:33d'États souverains.
28:34Et ça ne va pas changer
28:34du jour au lendemain.
28:35Et donc,
28:36je vois bien
28:36la tentation
28:37de la Commission
28:38de dire bon,
28:38allez,
28:39il faut tout faire
28:39à l'échelle européenne,
28:41on va tout décloisonner.
28:42Mais il y a des questions
28:44importantes aussi
28:45qui font,
28:46on parlait de l'organisation
28:47de la défense française,
28:48qui font que la défense française
28:50n'est pas exactement
28:51la défense allemande,
28:52qui n'est pas exactement
28:52la défense portugaise.
28:54Là encore,
28:54il y a des bonnes raisons
28:55à ça,
28:55à cette fragmentation.
28:56Il y a des raisons
28:57bêtes et méchantes
28:58qu'il faut essayer de lever
29:00quand on le peut,
29:01mais il y a aussi
29:02des vraies raisons stratégiques
29:03qui font qu'on ne pense pas
29:05exactement de la même façon
29:06à Tallinn et à Lisbonne.
29:09Et j'allais dire,
29:09à Miami et à Seattle,
29:10on pense in fine
29:11la même chose
29:11parce qu'on est dans
29:12le même état.
29:13Donc quand il y a
29:13une doctrine stratégique
29:14qui est fixée
29:15pour les États-Unis,
29:15tout le monde est logé
29:17à la même enseigne.
29:18En Europe,
29:19ce n'est pas exactement
29:19la même chose.
29:20Vous ne pourrez pas empêcher
29:20les Baltes,
29:21quel que soit
29:22le contexte international,
29:23de considérer
29:24que la principale menace,
29:25elle vient de l'Est.
29:26Vous ne pourrez pas
29:26empêcher les Italiens
29:27de penser
29:28que leur principal défi
29:29sécuritaire,
29:30il est quand même
29:30au sud et dans la Méditerranée.
29:32C'est comme ça.
29:33Et donc,
29:33ça crée malgré tout
29:35un certain nombre
29:35de pesanteurs
29:36dans l'organisation
29:37du tissu industriel,
29:39dans la priorisation,
29:41la hiérarchie des priorités
29:42sur les commandes
29:43ou sur les programmes.
29:44Donc voilà.
29:45Et de ce point de vue-là,
29:46la Commission,
29:48elle fait fi
29:48de toutes ces différences.
29:49La Commission,
29:50c'est un organisme
29:51supranational en soi.
29:53Je ne dis pas
29:53que c'est un gros mot en soi.
29:55Mais évidemment,
29:56elle n'a pas
29:57cette approche
29:59différenciée
29:59par rapport
30:00à des stratégies
30:03différentes,
30:03par rapport
30:04à des perceptions
30:05différentes,
30:05à des organisations
30:06différentes.
30:06Vous avez des pays
30:07en Europe
30:07qui ont un écosystème
30:08à la française
30:09avec quelques gros primes,
30:11beaucoup de sous-traitants
30:12de la New Defense,
30:13c'est-à-dire un peu de tout.
30:14Vous avez des écosystèmes
30:16européens
30:16qui sont soit quasiment
30:17inexistants
30:18sur le plan industriel,
30:18soit c'est que un ou deux gros primes.
30:21Vous avez plein de configurations
30:22différentes en Europe.
30:24C'est parfois frustrant
30:25et je comprends
30:26que pour un organisme
30:27normatif
30:27comme l'est la Commission européenne,
30:29ça soit extrêmement frustrant.
30:30On aurait envie
30:31de tout mettre
30:31au même standard,
30:32ça serait beaucoup plus simple,
30:33la même règle pour tout le monde,
30:34les mêmes financements
30:35pour tout le monde,
30:36la même stratégie pour tout le monde.
30:37L'Europe,
30:38ce n'est pas ça,
30:39malheureusement.
30:39On a une identité européenne,
30:41qu'est-ce qu'elle est ?
30:42Il faut faire avec.
30:42C'est un peu un handicap.
30:43C'était juste le petit point
30:46de vigilance
30:46que je voudrais accorder
30:47par rapport à la vision
30:48qui se développe aujourd'hui
30:50à Bricelle
30:51du nivellement.
30:53Et j'ai peur
30:53que dans ce nivellement,
30:54qui a beaucoup de vertus
30:56sur le plan
30:57de l'accessibilité au marché
30:59ou des choses comme ça,
31:00il y ait des économies d'échelle
31:01ou autre,
31:01il y ait aussi
31:03qu'on mésestime
31:05et on néglige,
31:07parfois même
31:08on méprise un peu trop,
31:09des singularités nationales
31:11qui font aussi
31:13la richesse
31:14et la force
31:15du continent européen.
31:16La dissuasion nucléaire française,
31:18par exemple,
31:19qui irrigue
31:20totalement l'industrie française
31:21depuis 60 ans,
31:23et j'allais dire
31:23pour le meilleur,
31:24que ce soit
31:25sur le plan civil
31:26ou militaire,
31:27eh bien,
31:28d'autres pays
31:29ne peuvent pas
31:29s'en prévaloir.
31:30C'est simplement
31:31cette spécificité-là
31:33qui est massive
31:34en France,
31:35vous ne pouvez pas
31:36la niveler
31:37à l'échelle européenne.
31:38Donc voilà
31:38un certain nombre
31:39de points de vigilance
31:40qu'il faut avoir.
31:41Maintenant,
31:41encore une fois,
31:42quand l'Europe
31:43est dans son rôle,
31:44j'allais dire,
31:45notamment d'incitation
31:47sur le plan normatif,
31:49sur le plan financier,
31:50ça,
31:51c'est une bonne chose.
31:51Et les financements
31:52qui se dégagent aujourd'hui,
31:54je trouve que
31:54c'est particulièrement bienvenu.
31:56Et un État seul
31:57n'était pas en mesure
31:57de répondre à ce défi.
31:58Donc ça,
31:59c'est très bienvenu
31:59et j'espère que ça va
32:00ouvrir aussi les vannes
32:01pour que nous en profitions.
32:03Parce que là encore,
32:03on retombe sur le sujet précédent,
32:05votre question précédente,
32:06c'est les capacités financières
32:07et budgétaires
32:08qui font quand même
32:08la différence in fine.
32:10Et aujourd'hui,
32:10on voit quand même
32:11que le centre de gravité,
32:13il est beaucoup plus
32:14en Allemagne qu'en France.
32:15Je dis ça,
32:16voilà,
32:18c'est pour moi français,
32:19c'est un vrai problème
32:20de voir le déséquilibre
32:22qui est en train
32:22de s'instaurer
32:23entre l'irrigation
32:25du système industriel allemand
32:27par un budget colossal
32:28et nous,
32:29quand on augmente
32:30de 3 milliards,
32:31c'est-à-dire un bout
32:32de chandelle dans tout ça,
32:33on parle comme si
32:36on avait complètement
32:37révolutionné
32:38la trajectoire
32:39du budget de la défense.
32:41Oui,
32:41en Allemagne,
32:42ils mettent 100 milliards
32:43sur la table.
32:43Je ne sais pas
32:44si on a bien pris
32:44la mesure
32:45de l'échelle
32:46de différence
32:47qui explique
32:48beaucoup de choses
32:48d'ailleurs
32:48dans les tensions actuelles
32:50entre industriels français
32:51et allemands.
32:52Merci beaucoup.
32:54Vous parliez de l'UE
32:55comme éventuellement
32:56organisme normatif.
32:57Il y a un autre organisme
32:58normatif extrêmement important
32:59pour la défense d'Europe
33:00qui est l'OTAN
33:02qui est bien évidemment
33:03un peu le pilier
33:04de la sécurité
33:05en Europe,
33:05notamment en Europe centrale.
33:06C'est comme ça
33:07que c'est vu en Europe centrale
33:08depuis la chute du mur.
33:11Mais finalement,
33:11le risque un petit peu
33:12de s'inscrire
33:13dans cette perspective
33:14otanienne,
33:14c'est qu'effectivement,
33:15l'OTAN est une machine
33:16à normer.
33:17Ça peut être parfois
33:18un peu les Américains
33:18qui imposent leurs normes
33:19en quelque sorte.
33:20Et donc du coup,
33:21finalement,
33:21la question que j'ai envie
33:22de vous poser,
33:22Bastien,
33:23c'est comment est-ce qu'on renforce
33:24le pilier européen
33:24de l'OTAN
33:25sans tomber justement
33:26dans cette espèce
33:27de dépendance normative
33:28aux Américains ?
33:29Je vous remercie
33:30de me poser une question
33:31sur l'OTAN en ce moment
33:32qui est un sujet
33:33pas évident.
33:36Je pense,
33:37mais c'est valable aussi
33:38au niveau européen
33:39et d'ailleurs aussi
33:39dans la compétition mondiale
33:40que c'est en ayant
33:42des acteurs économiques
33:43puissants
33:43qu'on arrive à imposer
33:46quelque part
33:46les aspects normatifs
33:47qu'on veut.
33:49On a sans doute tendance
33:50en France,
33:51en Europe,
33:52d'abord vouloir normer
33:54et puis laisser
33:55c'est un peu la caricature
33:56et puis laisser les autres
33:57développer des produits
33:58mais après 15 ans
34:00d'expérience dans de l'air
34:01je le vois bien
34:02donc aujourd'hui
34:03les leaders mondiaux
34:05américains,
34:05chinois
34:05qui font entre 500 millions
34:07et 5 milliards
34:07de chiffre d'affaires
34:08c'est eux qui influencent
34:10la réglementation européenne
34:11sur les drones
34:11parce qu'ils sont
34:12plus puissants économiquement.
34:14Les acteurs économiquement
34:15puissants
34:17influencent les normes,
34:18influencent les réglementations.
34:19On peut dire
34:20et faire ce qu'on veut
34:20c'est comme ça
34:21que ça se passe.
34:22Donc effectivement
34:23je pense qu'il y a
34:23un intérêt à arriver
34:25à faire émerger
34:26des acteurs économiques
34:27puissants
34:27donc on en a parlé
34:28tout à l'heure
34:28dans le financement
34:29il y a aussi ce sujet
34:30d'ailleurs que je n'ai pas évoqué
34:31mais qui est la souveraineté
34:32dans l'exit
34:33en fait un fonds
34:34quand il rentre
34:34il a envie
34:35à un moment de revendre
34:36de sortir
34:37et donc si son champ
34:39des possibles
34:40dans la revente
34:40c'est que la France
34:43c'est plus petit
34:43que si c'est toute l'Europe
34:45et donc là
34:45il faut trouver
34:46quelque chose
34:47qui fonctionne
34:49et donc faire
34:50arriver des acteurs
34:51puissants
34:52qui ont cette taille
34:54ça permet aussi
34:54je pense
34:55de maîtriser
34:57l'éthique
34:57des systèmes
34:59robotiques
35:00qui est aujourd'hui
35:01dominé par les Chinois
35:02et les Américains
35:02est-ce qu'on a envie
35:03que ce soit ça
35:04et leur vision
35:06de ces objets-là
35:06qui dominent le monde
35:07dans les années à venir
35:08j'en suis pas sûr
35:09mais si on se dit ça
35:10ça veut dire qu'en effet
35:11il faut mettre les moyens
35:12il faut se donner les moyens
35:13de créer des acteurs puissants
35:15vous parlez à l'échelle politique
35:17donc 100 milliards
35:17moi je parle juste
35:18au niveau des drones
35:19mais en Allemagne
35:22ils ont acheté du matériel
35:24à des acteurs économiques
35:26pour des centaines de millions
35:28quand en France
35:29on était encore plutôt
35:30en dizaines de millions
35:32alors la France a progressé
35:33le budget en France
35:36sur les petits drones
35:36est passé de 10 à 100 millions
35:38en quelques années
35:38il est encore en train de monter
35:40donc il se passe vraiment des choses
35:41et voilà
35:42c'est une bonne chose
35:43mais c'est vrai que l'Allemagne
35:44est à peu près 10 fois
35:46investie 10 fois plus
35:47aujourd'hui dans ce domaine
35:49et donc ça c'est important
35:51et puis en fait investir
35:53ils achètent du matériel
35:54ils payent pas des programmes
35:56de développement
35:57ça permet de créer
35:58des capacités industrielles
35:59ça je crois que c'est assez important aussi
36:02cette notion de fabriquer les objets
36:05industriellement
36:06sur les territoires
36:07qui a longtemps en France
36:09notamment été mise de côté
36:11en disant
36:11nous on est les gens intelligents
36:12on conçoit
36:13et puis on fait fabriquer
36:14ces trucs là
36:15par des pays à bas coût
36:16non en fait
36:16bien fabriquer des objets
36:18industriellement
36:20il y a un savoir-faire
36:21il y a de l'ingéniosité
36:22c'est ce qui permet
36:23d'améliorer les produits
36:24au cycle d'après
36:25nous on le voit bien
36:25on a notre usine
36:26qui est collée
36:26avec notre bureau d'études
36:28et en fait
36:28les techniciens de production
36:29font leur retour
36:30directement au bureau d'études
36:31on accélère les cycles
36:32un produit bien fait
36:33il est facile à produire
36:34et ça on l'avait un peu perdu
36:36je pense qu'on le retrouve
36:37mais ça ça vient par de la commande
36:39publique
36:40en l'occurrence dans la défense
36:41d'objets massivement
36:43et donc créer ces capacités
36:45industrielles
36:45il ne faut pas se voler la face
36:47ça ne se fait pas en trois mois
36:49faire une usine efficace
36:50qui fait des produits fiables
36:51etc. ça prend des années
36:52et des années
36:53il faut à la fois gérer ça
36:54et en même temps
36:55être capable de créer
36:57des produits
36:57en quelques semaines
36:58ou quelques mois
36:59parce que
37:00effectivement dans notre domaine
37:01je ne pense personne
37:03ne sait dire
37:03quel sera le drone
37:05dont on aura besoin
37:05dans trois ans
37:06et donc avoir à la fois
37:07des capacités industrielles
37:09fortes pour faire des objets
37:10par dizaines de milliers
37:11et en même temps
37:12des bureaux d'études
37:13capables de créer des objets
37:14en quelques semaines
37:15ou quelques mois
37:16il faut arriver à avoir
37:17cette dualité là
37:18et ça ça nécessite
37:20à mon avis aussi
37:20d'avoir des acteurs
37:21puissants économiquement
37:23merci beaucoup
37:23et du coup
37:24vous l'avez évoqué
37:25un peu ces capacités
37:26industrielles
37:26il y a une espèce
37:27de parfois
37:28une attitude un peu paradoxale
37:29qui est que
37:30la menace
37:31elle est extrêmement présente
37:32extrêmement prégnante
37:33extrêmement court terme
37:34notamment aux frontières
37:35est de l'Europe
37:36c'est perçu comme ça
37:37par les Pays-Bas
37:37avec la Pologne
37:38etc
37:38et d'un autre côté
37:39finalement
37:40il y a peut-être
37:41cette tentative
37:42on a dit
37:42ça prend du temps
37:42de construire des usines
37:43etc
37:43donc il peut y avoir
37:44des fois cette tentative
37:45chez certains
37:46d'acheter un peu
37:47des produits sur étagère
37:48qui se trouvent
37:48en général aux Etats-Unis
37:49et donc finalement
37:50la question que j'ai envie
37:51de vous poser
37:51Charlie Pinedo
37:52c'est comment est-ce
37:52qu'on peut éventuellement
37:53éviter cet écueil
37:54de se dire
37:54on va acheter sur étagère
37:56pour répondre à la menace
37:57d'aujourd'hui
37:57et puis on verra plus tard
37:59pour le reste
38:01bah en fait
38:02c'est plutôt une bonne chose
38:04acheter tout de suite
38:04sur étagère
38:05et on verra plus tard
38:06ça évite de se poser
38:06des questions
38:07pendant 5 ans
38:07et de rien faire à la fin
38:08donc moi je dis bravo
38:10déjà je pense également
38:11comme le disait
38:12monsieur Dangean
38:12c'est de dire que
38:14c'est très facile
38:15depuis Paris
38:15de juger
38:17que les Etats-Baltes
38:18que la Pologne
38:19a un peu
38:21voilà
38:21a tort
38:22d'acheter américain
38:23parce qu'ils
38:24préçoivent une menace
38:25oui c'est leur frontière
38:27c'est leur choix
38:28et donc
38:29l'achat sur l'étagère américain
38:31a une vraie rationalité
38:32pour ces pays là
38:33et il faut plutôt
38:34le voir comme un échec
38:35de notre côté
38:35de ne pas avoir
38:37proposé une option viable
38:39pour eux
38:40et en fait
38:40un des points
38:41qu'on voit beaucoup
38:41c'est à dire que
38:42ces pays là
38:43ils ont bien compris
38:44que ce qui prévaut
38:45c'est la masse
38:45la masse
38:46la masse
38:47aller voir une PME française
38:50pour acheter
38:51c'est à dire que
38:52200-300 unités
38:53d'un système anti-drône
38:54ou ainsi de suite
38:56qui serait déjà
38:57un beau contrat
38:58en soi
38:59en fait
38:59eux ils se projettent
39:00sur dire
39:00oui mais ça
39:01les 200-300
39:02c'est mon besoin
39:02opérationnel aujourd'hui
39:04mais si vraiment
39:05ça se passe mal
39:06il va falloir 3000
39:08est-ce que tu es capable
39:09d'en faire 3000
39:10notre réponse
39:10à notre échelle
39:11c'est non
39:12quand la France
39:12en achète 12
39:14non on ne sait pas
39:14en faire 300
39:16donc à ce moment là
39:17qui c'est qui répond
39:18oui
39:18c'est les américains
39:19parce qu'eux
39:19ils en produisent 3000
39:21en achat pur
39:22donc il y a vraiment
39:23cet aspect là
39:24de dire en fait
39:25l'outil industriel
39:26comme disait Bastien
39:27c'est la primauté
39:28l'arsenal d'aujourd'hui
39:30c'est l'usine
39:31l'arme ultime
39:33c'est la capacité industrielle
39:36donc le problème
39:37pour nous européens
39:37c'est de se dire
39:38que la réalité
39:39des budgets
39:41c'est qu'on n'est pas
39:42en guerre
39:42c'est que c'est pas
39:43une économie de guerre
39:43ce serait
39:45ce serait
39:46profondément
39:47outrancier
39:49de dépenser
39:50des milliers
39:51de milliards
39:51sur la défense
39:53à l'heure
39:54d'aujourd'hui
39:55par contre
39:56tout le monde
39:57aimerait avoir
39:58une capacité de production
39:58à hauteur de
39:59comme si on dépensait
40:003000 milliards
40:00donc finalement
40:02il y a un peu
40:03une dichotomie
40:03qui se passe là
40:04pour nous industriels
40:05nous on sait
40:06produire à hauteur
40:07de ce qu'on a besoin
40:09on prend tous du risque
40:10pour avoir des capacités
40:11qui dépassent
40:12assez largement
40:13notre volume
40:14de commande maintenant
40:15parce qu'on anticipe
40:15de la croissance
40:16on anticipe
40:17des besoins urgents
40:18mais passer le cliquet
40:20fois 10
40:20fois 100
40:22nous
40:23nos actionnaires
40:23nous ne le financerons pas
40:24à nos fonds propres
40:25ce qu'il y a toujours
40:27je ne vais pas embaucher
40:28des gens
40:28à boire le café
40:30mais par contre
40:31si l'état
40:33si les instances
40:33pré-nationales
40:34se disent
40:34mais en fait
40:35ça c'est une réserve stratégique
40:36on a besoin
40:37d'avoir
40:37ces machines outils
40:39ces bandes test
40:40ce personnel
40:41une réserve citoyenne
40:42entre guillemets
40:43d'ouvriers
40:44et ça
40:45ça se va former régulièrement
40:46ça se finance
40:47et ça on va le financer
40:48donc vous allez produire
40:50à hauteur de 200 par an
40:51parce que c'est ce qu'on recommande
40:52mais vous avez un outil
40:54dimensionné à 2000
40:55ça c'est une vraie solution
40:58et comme disait Bastien
40:59après le reste
40:59c'est la concentration européenne aussi
41:01il faut que
41:02entre guillemets
41:02les best athletes
41:03se ressemblent
41:04ceux qui ont le même ADN
41:05se ressemblent
41:06et fassent des champions
41:07qui montent
41:08l'échelon de 200 à 2000
41:10parce qu'en fait
41:10leur carnet de commande
41:12naturellement augmente
41:12et se concentre
41:14mais ça ne fera pas
41:15le 20 000 ensuite
41:17un des points
41:18où je trouve quand même important
41:18et je vais faire un peu
41:20une porte ouverte
41:21un milliard d'achetés aux US
41:22c'est un milliard
41:23qu'on ne dépense pas en Europe
41:23donc à la fin
41:25c'est compliqué
41:27quand les mêmes
41:28nous expliquent
41:28qu'on n'a pas les capacités
41:30quand ils ont dépensé
41:31l'argent ailleurs
41:32donc il y a aussi
41:33un vrai aspect
41:35qui finalement a changé
41:36dans les 10-15 dernières années
41:38c'est la centralité
41:40du logiciel
41:40dans l'armement
41:42et ça c'est un des points
41:43où on en a beaucoup parlé
41:44que le F-35
41:45mais c'est vrai
41:47au même niveau
41:47de la radio tactique
41:48c'est vrai au niveau
41:49de la tablette
41:50de chaque combattant
41:51de chaque véhicule
41:51qui contrôle le logiciel
41:53contrôle l'évolutivité
41:54contrôle sa capacité
41:56à être adapté aux besoins
41:57et si c'est le pentagone
41:59la Silicon Valley
42:00qui le fait
42:02pas de certains
42:03qu'on se batte
42:05dans les conditions
42:05où on veut le faire
42:06donc rien que pour ça
42:08acheter à l'européen
42:09c'est aussi la garantie
42:10d'acheter
42:11notre capacité
42:12d'autonomie stratégique
42:13à un niveau
42:14extrêmement micro
42:16et ça je pense
42:16c'est sous-estimé
42:17dans les débats actuels
42:18complètement d'accord
42:19et de toute façon
42:20on le voit en Ukraine
42:20cette capacité à frapper
42:22à utiliser du matériel
42:23qui utilise des composants américains
42:24des fois c'est problématique
42:26juste peut-être
42:26avant de passer la parole
42:27au public
42:28je voulais voir
42:29si l'un de vous
42:30souhaitait rajouter
42:30un dernier point peut-être
42:31en guise de conclusion
42:33peut-être juste
42:34pour rebondir
42:35sur ce qui vient de dire
42:36et ma question
42:36sur Colibril Arenae
42:37donc l'histoire de Colibril Arenae
42:39c'est quand même la DGA
42:40donc il y a 4 ans
42:41qui a fait une demande
42:42aux industriels
42:43pour dire
42:43est-ce qu'il y a
42:44des munitions téléopérées
42:45donc ils ont consulté
42:46les industriels
42:47dont nous
42:47personne n'avait
42:48le truc complet
42:49donc la DGA
42:50a acheté le truc américain
42:51les Switchblade
42:52à Aerovironmont
42:54en même temps
42:55ils ont lancé
42:56la idée a lancé
42:56Colibril Arenae
42:57et la DGA
42:58a lancé des programmes
42:59de munitions téléopérées
43:00pour l'anecdote
43:03Colibril Arenae
43:04et MTOCP
43:05qu'on a fait
43:05qui est aussi le programme de DGA
43:06ont été livrés
43:07avant les Switchblade
43:09parce que finalement
43:09ces trucs américains
43:10étaient là sur étagère
43:11mais quand il faut régler
43:12les problématiques d'export
43:13les problématiques
43:15entre états
43:16etc
43:17finalement le résultat
43:18c'est que sur ce coup là
43:19je ne dis pas que c'est
43:20à tous les coups
43:20mais en 2-3 ans
43:22la France a résolu
43:24industriellement le problème
43:26mais elle a mené
43:27les trois démarches
43:27en parallèle
43:29ok
43:30je ne sais pas si Arnaud
43:31vous souhaitez rajouter
43:31un dernier point
43:32ou donc la parole
43:35non
43:35peut-être
43:36juste
43:37pour
43:39rebondir aussi
43:39sur ce qu'on avait dit
43:40dès le départ
43:41c'est que
43:42bien trop souvent
43:43vous m'interrogez
43:44sur la conception
43:44de la souveraineté
43:45en Europe
43:45bien trop souvent
43:47je trouve qu'industriellement
43:48nous français
43:49on a
43:50on a zappé
43:51la case
43:52européenne
43:53au sens géographique
43:54du terme
43:54c'est à dire
43:54qu'on a une industrie
43:56nationale très puissante
43:57dans la défense
43:58qui s'est développée
43:59par rapport à des programmes
44:00purement souverains
44:01dans les années 60
44:0270 80
44:03pour nous-mêmes
44:04et donc on a
44:05un marché captif
44:06national
44:06très dynamique
44:08puisque l'Etat
44:09a une commande publique
44:11très forte
44:11vis-à-vis des grands acteurs
44:12de la défense
44:13et puis ces grands acteurs
44:14de la défense
44:15se sont développés
44:15avec succès d'ailleurs
44:16il faut le souvenir
44:17à l'export
44:18l'export dans le vaste monde
44:21le golfe Persique
44:23l'Indonésie
44:24l'Inde
44:24voilà
44:25et dans ce
44:26on fait un peu
44:27le grand écart
44:28entre le national
44:29et le vaste monde
44:30et le grand oublié
44:31c'est l'Europe
44:32et donc
44:33on est
44:34je ne veux pas dire
44:34qu'on est un peu
44:35responsable aussi
44:35d'avoir laissé
44:36le champ européen
44:37aux autres
44:37aux américains
44:38ou à d'autres compétiteurs
44:40donc aujourd'hui
44:41on se retourne
44:41vers les européens
44:42en leur disant
44:42c'est pas bien
44:43vous achetez pas
44:43vous achetez pas européen
44:44sous-entendu
44:45vous achetez pas français
44:47on a à notre part
44:47de responsabilité
44:48aussi là dedans
44:49et puis
44:49je pense qu'il faut
44:51qu'on soit aussi
44:52vigilant dans le message
44:53qu'on adresse
44:54pour beaucoup de ces pays là
44:56qui prennent conscience
44:59des vulnérabilités
45:00des dépendances excessives
45:01qu'implique
45:02l'achat américain
45:04si on les débranche
45:05de l'achat américain
45:06pour leur dire
45:08achat européen
45:08eux
45:09si on leur dit
45:10l'achat européen
45:10c'est l'achat français
45:11ils vont dire
45:12on va pas passer
45:13d'une dépendance excessive
45:14à une autre dépendance excessive
45:15vis-à-vis d'un seul fournisseur français
45:17donc tout ça pour dire
45:19il faut qu'on soit aussi
45:21comment dire
45:21lucide
45:22sur la façon
45:23dont les autres
45:24perçoivent
45:24les efforts français
45:26d'aboutir à une autonomie européenne
45:28effectivement
45:29je pense que c'est fondamental
45:30cette notion de souveraineté
45:31je pense qu'on peut peut-être
45:32ouvrir
45:33prendre deux trois questions
45:34oui on peut déjà les applaudir
45:36bravo à vous
45:36pour ces échanges
45:40on va prendre
45:41qui avait levé
45:42on va vous donner un micro
45:43merci beaucoup
45:49je suis ingénieur
45:51chez l'entreprise français
45:52mais je suis ukrainien
45:54d'origine
45:55ma famille est là-bas
45:56mes amis aussi
45:57la question que je me pose
45:59et ainsi qu'il se la pose
46:00c'est pourquoi
46:01est-ce qu'on s'entête
46:03à confier
46:04la résolution de ce conflit
46:06aux américains
46:07qui ont systématiquement
46:08foutu le bordel partout
46:09il faut quand même le reconnaître
46:10ils sont en train d'en faire autant
46:13au Moyen-Orient
46:14pourquoi est-ce que les européens
46:16ne trouvent pas une solution
46:18pour régler ce problème
46:21vous avez une minute
46:26on joue à la patate chaude
46:28c'est complexe quand même
46:29comme question
46:29monsieur
46:32je ne sais pas qui veut répondre
46:33à cette question
46:34c'est relativement complexe
46:36je ne sais pas si
46:36monsieur Dangean
46:39j'aimerais bien vous trouver
46:40une réponse satisfaisante
46:42d'abord
46:43y a-t-il une solution
46:46à cette crise
46:47c'est quand même
46:48quelque chose
46:48d'expressivement complexe
46:49quand on voit
46:50les points de départ
46:50des deux parties
46:52en présence
46:54pourquoi les européens
46:55ne proposent rien
46:57les européens
46:58j'allais dire
46:58dans la solidarité
47:00qu'ils ont manifesté
47:01envers l'Ukraine
47:01et dont on peut se féliciter
47:02ils proposent une solution
47:04très simple
47:04qui est de dire
47:05il y a un agresseur
47:06qui a pris la responsabilité
47:08d'agresser un autre pays souverain
47:09si l'agresseur
47:10retire ses troupes
47:11on pourra peut-être
47:11commencer à discuter
47:13je schématise
47:14mais le problème
47:16c'est qu'aujourd'hui
47:16les Etats-Unis
47:17se sont saisis
47:18enfin Trump
47:18Trump en particulier
47:20s'est saisis
47:20de cette question
47:21en disant
47:22je vais y mettre fin
47:23je vais résoudre
47:24ce conflit
47:26il ne sait pas très bien
47:27comment s'y prendre
47:28et ça ne donne rien
47:29quelle est l'alternative
47:30que pourraient proposer
47:31les européens
47:32malheureusement
47:32dans un conflit
47:34quand vous voulez être
47:35un apporteur de solutions
47:37à un conflit
47:38et là je ne parle pas
47:39en termes de jugement de valeur
47:40qui est l'agresseur
47:41qui est l'agressé
47:41dans un conflit
47:42vous avez deux parties en présence
47:43si d'entrée de jeu
47:45il y a une partie
47:46qui ne vous reconnaît pas
47:47ce qui est le cas
47:48de la Russie
47:48vis-à-vis de l'Europe
47:49qui ne vous reconnaît pas
47:50comme un acteur
47:51ou un médiateur honnête
47:53vous pouvez proposer
47:54ce que vous voulez
47:55ça ne sera pas retenu
47:57donc malheureusement
47:59j'allais dire
48:00pour le meilleur
48:00et pour le pire
48:01l'Europe a choisi son camp
48:03si vous me permettez l'expression
48:04et je pense que c'était le bon
48:06qui était la défense
48:07de la souveraineté ukrainienne
48:09et dès lors
48:10pour Moscou
48:11ça disqualifie l'Europe
48:12de jouer un rôle constructif
48:13dans la résolution du conflit
48:14donc c'est extrêmement compliqué
48:16pour l'Europe
48:17de trouver sa place
48:19dans des pseudo-résolutions diplomatiques
48:21je crois que Trump
48:22pour l'occurrence
48:23a fait une promesse
48:24intenable
48:24de résoudre le conflit
48:26en 24 heures
48:27il doit
48:28j'allais dire
48:29il s'en mord les doigts
48:30non parce qu'il s'en fout
48:30il n'a aucun scrupule
48:31il n'a aucun surmoi
48:32donc je pense que
48:35si vous voulez
48:36ce qui est quand même
48:37juste pour passer là-dessus
48:38mais vous disiez
48:40le bazar
48:40qu'ils sont en train
48:41de semer ailleurs aussi
48:42ce qui est quand même
48:42absolument invraisemblable
48:44avec Trump
48:44c'est qu'il vous assène
48:46des trucs
48:48des mensonges
48:49la stratégie
48:50de sécurité américaine
48:51qui a été publiée
48:52au mois de décembre
48:53la première page
48:54c'est une préface de Trump
48:55et dans la première page
48:57au bout de 10 lignes
48:57il vous dit
48:58j'ai mis fin
48:59à 8 conflits
49:00et des conflits ouverts
49:01raging wars
49:03mais c'est faux
49:04mais c'est pas vrai
49:04c'est juste pas vrai
49:05et les exemples qu'il donne
49:06sont pas vrais
49:07mais le type
49:07il balance ça
49:08dans un document
49:09estampillé
49:10publié
49:10officiel
49:11c'est un truc
49:13incroyable
49:14donc vous voyez
49:15la capacité
49:16à dire des choses
49:17énormes
49:18et à imposer
49:19le narratif
49:19comme on dit
49:20dans le langage
49:21d'aujourd'hui
49:21fait que
49:22pour les européens
49:23qui sont dotés
49:24d'une autre rationalité
49:26et qui ont une autre
49:28grise d'analyse
49:28sur un tel conflit
49:29c'est très compliqué
49:30de trouver sa place
49:32donc je crois
49:32que malheureusement
49:33aujourd'hui en Europe
49:33personne n'a la clé
49:34pour débloquer
49:37ce conflit
49:38sur le plan diplomatique
49:39en tout état de cause
49:41on va prendre
49:41la question de madame
49:45bonjour
49:45merci beaucoup
49:48récemment
49:48j'ai eu un essai
49:50à faire
49:50sur le paquet
49:51législatif
49:53omnibus
49:54et c'est donc
49:55en lien avec
49:55toutes les normes
49:56dont vous parlez
49:57de la commission européenne
50:00vous avez dit
50:00vous avez parlé
50:01de nivellement
50:02normatif
50:04je me demandais
50:05du coup
50:05est-ce que
50:06c'était souhaitable
50:07ce paquet
50:08omnibus
50:09puisque
50:11la commission européenne
50:12dit
50:12que c'est pour
50:13la compétitivité
50:14de l'Europe
50:14etc
50:15que c'est pour éviter
50:17que tout le monde
50:17parte
50:18à l'étranger
50:19soit pour étudier
50:21soit pour investir
50:22parce que c'est plus facile
50:23aux Etats-Unis
50:25et en même temps
50:26ces normes
50:27c'est un peu
50:27ce qui faisait
50:28la fiabilité
50:29de l'Europe
50:29donc est-ce que
50:31ce paquet
50:31omnibus
50:32qui touche
50:32en fait
50:33plein de secteurs
50:34que ce soit
50:34l'environnement
50:35toutes les normes
50:37CSRD
50:38etc
50:39je ne sais pas trop
50:40si ça touche
50:41la défense
50:41mais est-ce que
50:42vous pensez
50:42que c'est souhaitable
50:43parce que
50:44je trouve
50:44qu'on en entend
50:45finalement
50:45assez peu parler
50:47dans les infos
50:50il y a effectivement
50:51plusieurs
50:51dans le langage
50:52européen
50:52omnibus
50:53c'est effectivement
50:54les trains
50:54de simplification
50:56pour faire court
50:57et donc
50:58effectivement
50:58la commission européenne
50:59depuis un an et demi
51:01sur demande
51:02des Etats membres
51:03et sous pression
51:03politique
51:04de la nouvelle majorité
51:05politique
51:06qui s'est dégagée
51:06en Europe
51:07à l'issue
51:07des élections
51:08de 2024
51:09auquel je n'ai pas
51:10pris part
51:10puisque j'ai pris
51:11ma retraite
51:12de ce monde là
51:12donc je ne suis pas
51:13forcément le mieux
51:14placé pour commenter
51:15ce qui se fait
51:15actuellement
51:15mais en tout état
51:16de cause
51:17c'était une revendication
51:18qui prenait racine
51:20déjà de façon
51:21plus ancienne
51:23d'une façon générale
51:24il y avait quand même
51:25une énorme demande
51:26de la part en particulier
51:27des acteurs économiques
51:28des industriels
51:29pour simplifier
51:33un certain nombre
51:34de règlements européens
51:35qui avaient été
51:35édictés
51:36les dernières années
51:37voire décennies
51:37ça touche la défense
51:39partiellement
51:40mais ça touche
51:41plein d'autres secteurs
51:42et honnêtement
51:43on pourrait rentrer
51:44dans le détail
51:45de chacun
51:45de ces paquets
51:46omnibus
51:47moi je trouve
51:48que c'était bienvenu
51:49et ça correspondait
51:50vraiment à une demande
51:51très rationnelle
51:52des acteurs économiques
51:53juste pour donner
51:54un exemple
51:55sur tous les paquets
51:57qui ont été votés
51:58avant que je quitte
51:59le Parlement
52:00et moi j'avais voté
52:01en partie contre
52:01ces réglementations
52:03toutes les réglementations
52:04qui sont passées
52:06sur la due diligence
52:07les choses comme ça
52:07c'est à dire
52:08les contrôles
52:09de conformité
52:11c'était insensé
52:13parce qu'on était
52:13descendu à des seuils
52:14qui faisaient
52:15qu'on allait étouffer
52:16nos PME
52:17et nos start-up
52:18sous d'une paperasserie
52:20sous des démarches
52:21administratives
52:22alors l'objet
52:23comme toujours en Europe
52:25l'objet final
52:26il est très noble
52:27il est tout à fait respectable
52:28mais on se soucie pas
52:30le législateur européen
52:32et j'en ai fait partie
52:32pendant 15 ans
52:33ne se soucie malheureusement
52:35pas assez
52:35de l'applicabilité
52:37de ce qu'il vote
52:38on me dirait
52:38c'est souvent pareil
52:39en France
52:40mais à l'échelon européen
52:41c'est encore plus grave
52:43parce que l'échelle
52:44est plus grande
52:44par définition
52:45et donc on vote
52:46des trucs
52:48en se contrefichant
52:49de la façon
52:50dont ça va être appliqué
52:51ou pas
52:51et de la façon
52:52dont ça peut être appliqué
52:53et là en l'occurrence
52:54les 5 dernières années
52:55on avait voté
52:56des trains de mesures
52:57qui se justifiaient
53:00moralement
53:01éthiquement
53:02toutes mieux
53:02les unes que les autres
53:03mais qui étaient
53:04totalement inapplicables
53:05et contraires
53:06à la respiration
53:07économique nécessaire
53:08donc d'un point de vue général
53:09les omnibus
53:11à mon avis
53:11étaient tout à fait souhaitables
53:14on va prendre une dernière question
53:15monsieur
53:20bonjour
53:20merci beaucoup
53:21je m'excuse par avance
53:23pour l'imprécision
53:24de ma question
53:24je suis étudiant en droit
53:25mais c'est des questions
53:26qui m'intéressent
53:27alors ma question
53:28c'est pour monsieur Mancini
53:30dans le théâtre des opérations
53:32on voit qu'il y a
53:34une certaine tension
53:35entre l'exigence
53:36de massification
53:36pour certains produits
53:38comme les drones
53:39et les missiles aussi
53:40et en même temps
53:41des produits
53:42qui montent
53:43de plus en plus
53:43en intensité technologique
53:45et je voulais savoir
53:46si vous en tant qu'industriel
53:48vous perceviez aussi
53:49cette tension là
53:50dans votre planification
53:52au niveau de la production
53:53et de la R&D
53:56oui en effet
53:58donc comme vous l'avez dit
53:59il y a cette massification
54:01qui arrive
54:02moi je dis souvent
54:05dans la défense
54:06il y a un marketing
54:07un peu naturel
54:08qui est de dire
54:08les trucs coûtent très cher
54:09parce que c'est de la défense
54:11donc c'est très performant
54:13je pense que c'est du marketing
54:14en fait
54:14les trucs coûtent cher
54:15parce qu'ils sont faits
54:15en petite quantité
54:17une caméra thermique
54:18infrarouge
54:19ça n'a pas de raison technologique
54:20de coûter plus cher
54:21qu'une caméra dans le visible
54:22ça coûte beaucoup plus cher
54:23mais c'est parce qu'ils s'en fabriquent
54:25beaucoup moins
54:26une voiture
54:27aujourd'hui c'est un bijou technologique
54:29qui se vend 30 000 euros
54:31mais parce qu'il est fait
54:33en série énorme
54:34le programme de développement
54:35a coûté un milliard
54:36et donc ça c'est toute l'industrie
54:38je pense
54:38mettre de la technologie
54:39faire de la grande série
54:40un smartphone
54:41ça coûte rien
54:42par rapport à toute la technologie
54:44que ça contient
54:44donc le domaine de la défense
54:46y échappe pas
54:47il y a échappé pendant un moment
54:50où on essayait surtout
54:51et notamment en France
54:53je pense
54:54la France a une particularité
54:56c'est que c'était un choix stratégique
54:57de maintenir une capacité
54:59sur l'ensemble du spectre industriel
55:02alors que des pays
55:03ont fait un choix différent
55:03qui a été de dire
55:04ok je garde certains champs
55:06et puis les autres
55:07je les coupe
55:07et donc
55:09aujourd'hui
55:10on arrive dans un autre moment
55:11où il faut refaire de la masse
55:13et je pense qu'il y a une opportunité
55:14pour les entreprises françaises
55:16d'ailleurs
55:16parce qu'il y a tout un écosystème de PME
55:19qui en effet
55:20aujourd'hui
55:21leur client naturel
55:22c'est les grands maîtres d'oeuvre français
55:24et en fait
55:25ils pourraient aller à la conquête
55:26du marché européen
55:27aller chercher des maîtres d'oeuvre
55:29ailleurs en Europe
55:29parce que pour le coup
55:31même si c'est des entreprises
55:31qui sont petites
55:32on couvre tout le spectre
55:33et il y a des pays d'Europe
55:35qui aujourd'hui
55:36cherchent à reconquérir
55:37une capacité sur certains domaines
55:39ils n'ont pas la capacité
55:40on a les PME
55:41qui ont cette capacité
55:42qui n'ont souvent pas la culture
55:43d'aller à l'export en Europe
55:44et je pense que ça
55:45c'est quelque chose
55:46qu'il faut construire
55:47dans les prochaines années
55:48en tout cas
55:48c'est une vraie opportunité
55:50qu'on a en France
55:50et à mon avis
55:51dans laquelle on devrait tous aller
55:53Merci et bravo encore
55:54à tous les trois
55:55merci beaucoup
55:59Je vous propose
56:00et je vous donne rendez-vous
56:01dans quelques instants
56:02pour notre dernière session
56:03IA
56:03espace
56:04drone
56:04industrie navale
56:05quand les entreprises
56:06arment la France
56:07de demain
56:08à tout de suite
56:08A tout de suite
56:09A tout de suite
56:09A tout de suite
56:09A tout de suite
56:09A tout de suite
56:09A tout de suite
56:10A tout de suite
56:11A tout de suite
56:11A tout de suite
56:17A tout de suite
56:20A tout de suite
56:21– Sous-titrage FR 2021
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