00:00L'invité éco, Fanny Guinachet.
00:04Bonsoir Ilan Wanounou.
00:06Bonsoir.
00:06Vous êtes le directeur général d'Edenrend France.
00:09Alors on ne sait pas forcément ce que c'est, si ce n'est des titres restaurants.
00:13Vous êtes sur ce marché où 5 millions et demi de salariés bénéficient en France de titres restos.
00:19Et cette semaine, Serge Papin, le ministre des PME, du commerce, du pouvoir d'achat,
00:24a annoncé qu'il y aurait une proposition de loi pour pouvoir utiliser ces titres restos le dimanche pour aller
00:31au restaurant ou pour faire ses courses alimentaires.
00:34Est-ce que c'est une bonne chose selon vous cette idée ?
00:37Cette idée c'est évidemment une bonne nouvelle pour les salariés qui pourront utiliser leurs titres restaurants de façon plus
00:42fréquente.
00:43C'est également une bonne nouvelle pour les restaurateurs qui pourront accueillir les titres restaurants de façon plus régulière.
00:48Mais c'est juste l'une des mesures de la réforme qui a été proposée par Serge Papin.
00:54Et qui sera présentée au Parlement a priori d'ici le mois de juin, qui a toutes les chances de
00:58passer je pense.
00:59Et dans cette réforme il y a d'autres choses.
01:01Il y a notamment la dématérialisation totale du titre restaurant et la confirmation de la possibilité de l'utiliser définitivement
01:09en supermarché en plus de l'utilisation en restauration.
01:12Alors justement l'utiliser en supermarché, y compris le dimanche, ça veut dire que le gouvernement cherche à donner du
01:17pouvoir d'achat aux salariés sans que ça lui coûte.
01:21En fait le titre restaurant c'est évidemment un instrument de pouvoir d'achat et évidemment le gouvernement souhaite le
01:26promouvoir parce que c'est aussi un instrument de pouvoir d'achat.
01:29Mais ce n'est pas qu'un instrument de pouvoir d'achat.
01:30Mais on a une idée de ce que ça, quand vous dites c'est un instrument de pouvoir d'achat,
01:33c'est quoi comme gain pour le salarié qui en bénéficie ?
01:36Prenez un salarié au SMIC par exemple, c'est 7% de pouvoir d'achat supplémentaire.
01:41Oui, donc ce n'est pas négligeable.
01:41Donc ce n'est quand même pas négligeable.
01:42Mais c'est du pouvoir d'achat certes, mais c'est surtout du pouvoir d'achat alimentaire.
01:47C'est surtout la capacité de proposer à tous les français, quel que soit leur niveau de revenu, une alimentation
01:52de qualité pendant leur journée de travail.
01:54Et c'est également en fait de l'équité parce que ça permet de rendre équitable le fait d'accéder
02:00à un restaurant d'entreprise et de ne pas accéder à un restaurant d'entreprise.
02:04Et le ticket restaurant vient combler en fait cette inéquité.
02:06Ce sont les salariés qui n'ont pas de restaurant d'entreprise qui bénéficient en général de titres d'entreprise.
02:11En France, vous savez, vous avez 25% de la population active qui accède à un restaurant d'entreprise, 25
02:16% qui accède à des tickets restaurant et 50% qui n'ont rien.
02:18Donc il y a encore beaucoup de potentiel de développement.
02:21Il y a un potentiel de développement parce qu'il y a des vraies différences.
02:23Vous parlez d'équité, mais quand même ce sont essentiellement des grandes entreprises qui proposent des titres restaurant.
02:28Alors pas essentiellement en fait, ça va de la PME jusqu'aux très grands groupes en passant par le secteur
02:34public, hospitalier, territorial, etc.
02:36Il est vrai que dans les PME, il y a moins de salariés qui en bénéficient alors que dans les
02:41grands groupes, il y a plus de salariés qui en bénéficient.
02:43Et donc on a un travail, nous les émetteurs, puisque c'est notre métier en fait, de convaincre les entreprises
02:48d'équiper les salariés, vos auditeurs de titres restaurant.
02:51On a un travail auprès des PME pour les convaincre d'équiper leurs salariés.
02:55Bon, ça veut dire que vous avez une grande marge de progression quand même.
02:57J'espère.
02:58Sur cette idée des courses alimentaires, on rappelle qu'il y a un plafond.
03:04On peut utiliser ces titres restaurant jusqu'à 25 euros de courses alimentaires par jour dans les supermarchés.
03:11On entend que ça devient un titre alimentaire finalement, ou un chèque alimentation.
03:16Alors, les restaurateurs parlent beaucoup de ça.
03:19Ils sont un peu en colère et je les comprends.
03:21Je les comprends. Ils ont raison d'être en colère parce que le titre restaurant, c'est avant tout un
03:25outil pour déjeuner pendant sa journée de travail.
03:28Et donc, si ça s'appelle titre restaurant, c'est que ça doit être ancré dans le monde de la
03:32restauration.
03:33D'ailleurs, aujourd'hui, c'est encore quasiment les deux tiers des volumes qui sont dans la restauration.
03:37Oui, mais ils disent que c'est un manque à gagner pour eux qu'on leur enlève de l'activité.
03:40En fait, ils ont vu leur volume évoluer, partir des restaurants vers les supermarchés.
03:45Pourquoi ? Parce qu'en fait, les usages ont changé.
03:47Parce qu'avec le télétravail, les salariés vont acheter de plus en plus les ingrédients pour faire leur déjeuner à
03:54la maison ou pour emporter leur déjeuner au travail.
03:56Tout ça est une question d'équilibre.
03:58Et d'ailleurs, les restaurateurs que nous soutenons, nous sommes leurs alliés, ont une proposition qui est de différencier les
04:05niveaux de dépense entre le restaurant et le supermarché.
04:08Ça me paraît une mesure d'équilibre.
04:10Par exemple, qu'on puisse dépenser jusqu'à 25 euros en supermarché et 30 euros ou 35 euros du côté
04:16des restaurateurs ?
04:16Oui, alors ce qui est dit aujourd'hui, c'est plutôt 25 euros en restaurant et 15 euros en supermarché.
04:21On soutient cette demande.
04:22Ça se paraît une mesure de justice et d'équité pour équilibrer la restauration et les supermarchés.
04:27Vous parliez du pouvoir d'achat, un certain nombre... Déjà, première question, c'est combien le niveau moyen d'un
04:33titre restaurant aujourd'hui ?
04:34En moyenne, c'est 9 euros et au maximum, c'est 14 euros.
04:37Et vous avez vu changer ce niveau ?
04:40Alors, ça a évolué dans les 3-4 dernières années, ça a évolué globalement au rythme de l'inflation.
04:44D'accord. Est-ce que vous voyez beaucoup d'employeurs se tourner vers vous parce qu'ils n'arrivent pas
04:48à donner du salaire ?
04:49Ils préfèrent proposer des titres restaurant parce que la fiscalité n'est pas la même, il y a une compensation.
04:55En fait, l'un ne remplace pas l'autre. En réalité, on ne remplace pas du salaire par des titres
05:00restaurant.
05:00En revanche, les entreprises qui décident d'avoir une politique sociale développée et en particulier une politique sociale alimentaire développée
05:10ont tendance à ajouter du titre restaurant au salaire.
05:13Il est évident que donner du titre restaurant, ça coûte moins cher que le salaire.
05:16Ça coûte deux fois et demi moins cher que le salaire.
05:19Et donc, ça vient en complément du salaire.
05:22Sur cette histoire de réforme, vous disiez, cette réforme prévoit que ce soit une dématérialisation totale des titres restaurant,
05:31ça veut dire zéro papier. C'est quoi l'avantage pour le salarié ?
05:34En fait, l'avantage pour le salarié, c'est que le papier, pour revenir peut-être juste un instant,
05:39aujourd'hui, votre titre restaurant, vous pouvez l'utiliser de trois manières.
05:42Soit une carte de paiement, soit dans votre téléphone mobile avec Apple Pay, Google Pay, etc.
05:49soit des vieux chèques papier qu'on a depuis très longtemps.
05:52Le papier, c'est pénible. On le perd. Il n'y a pas de rendu monnaie sur le papier.
05:57Le restaurateur doit le trier. C'est pénible pour tout le monde.
05:59Il y a encore 20% des volumes de titres restaurant qui sont sauf format papier.
06:03La dématérialisation, ça va permettre aux salariés d'abord de pouvoir payer au centime près.
06:08Plus d'histoire de rendu monnaie.
06:10De pouvoir commander directement sur son appli sur une plateforme de livraison.
06:14De pouvoir y joindre sa carte bleue pour dépasser le plafond quotidien.
06:19Avoir une application mobile pour gérer son solde, etc.
06:22Enfin, tous les avantages du digital. C'est une très bonne nouvelle.
06:24Eden Red, c'est une entreprise qui est mondialisée.
06:28Ça fait quatre ans que vous y êtes.
06:31Vous êtes arrivé au moment de la guerre en Ukraine.
06:36Après le Covid, à un moment où l'inflation était très élevée.
06:40Mais vous avez fait toute votre carrière dans la grande consommation.
06:43Parce que vous êtes passé par Coca-Cola, par Carrefour.
06:46Justement, là on voit que l'inflation repart.
06:49On s'attend à quoi ?
06:51C'est vrai qu'on est entré dans l'année 2026 avec une hypothèse d'inflation basse.
06:541,5% à peu près.
06:56Là, on parle de 3%.
06:58On n'est pas totalement sûr parce que c'est lié à la situation géopolitique.
07:01Est-ce que c'est conjoncturel ? Est-ce que c'est structurel ?
07:03On ne sait pas trop.
07:04Ce qui est certain, c'est que l'inflation revient.
07:06Et que la problématique du pouvoir d'achat revient.
07:08Et que c'est une préoccupation pour les entreprises.
07:09Dans quelques minutes, Sébastien Lecornu va s'exprimer.
07:12Vous attendez quoi de cette déclaration ?
07:15Je ne voudrais pas parler à sa place.
07:17Je pense qu'il a des propositions pour aider les entreprises et les Français dans cette période difficile.
07:22J'écouterai comme tous mes concitoyens ce qu'il a à dire.
07:24Nous, notre rôle, vous savez, c'est aussi d'aider les entreprises dans ces périodes de forte inflation.
07:30Et on a une série de produits qui permettent de donner du pouvoir d'achat.
07:35Merci beaucoup, Ilan, ou à nous, d'être venu ce soir sur France Info pour nous parler des titres restaurants.
07:41Et on a une série de produits qui permettent de donner du pouvoir d'achat.
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