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Les conseils de notre docteur Brigitte Milhau sur les sujets santé qui vous concernent dans #LaMatinale

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Transcription
00:00Docteur Millau avec nous, bonjour Brigitte.
00:01Bonjour.
00:02A l'occasion de la sortie aujourd'hui du film « Plus fort que moi »
00:05qui retrace l'histoire vraie d'un jeune homme atteint du syndrome Gilles de la Tourette,
00:09vous nous parlez ce matin de ce syndrome souvent caricaturé.
00:12Oui, c'est vrai. On imagine souvent des comportements spectaculaires.
00:16En fait, c'est beaucoup plus nuancé que ça.
00:18Il existe des formes avec des comportements un peu spectaculaires,
00:21mais c'est vraiment très nuancé.
00:22On a des formes légères, moyennes.
00:24Et alors ça, c'est une maladie neurologique qui arrive pendant la petite enfance,
00:30qui va évoluer et généralement augmenter à l'adolescence
00:35et qui peut régresser, voire disparaître à l'âge adulte.
00:39Donc vous voyez, il y a des formes vraiment très variées.
00:41Ça touche tout de même 0,5% de la population.
00:44Ce n'est pas si rare que ça.
00:45Ça consiste en quoi ?
00:48Pour moi, on dit des gros mots et on ne maîtrise pas son langage.
00:51Alors ça, c'est à peu près 20% seulement.
00:53C'est déjà trop.
00:55C'est beaucoup, oui.
00:56Alors en fait, ce qui va caractériser cette maladie,
00:58ce sont des tics moteurs.
01:01Vous allez avoir, par exemple, avec des petits groupes de muscles,
01:04que ça peut être des clignements, on cligne les yeux comme ça.
01:06Ça peut être on sort la bouche comme ça.
01:08Ça peut être on hausse les épaules comme ça.
01:10Mais ça peut être aussi des gestes inappropriés,
01:15comme toucher quelqu'un, sentir quelqu'un.
01:17On va voir tous les symptômes qui vont apparaître.
01:19Comme toucher quelqu'un, ça fait partie des troubles moteurs.
01:22Toucher quelqu'un, sentir quelqu'un, voir des troubles obscènes.
01:26Et puis après, il y a des tics sonores.
01:28Alors dans les tics sonores, là aussi, une grande variété de tics.
01:31Ce peut être des reniflements, des raclements de gorge,
01:34mais aussi ce qu'on appelle l'écolalie.
01:36C'est-à-dire que vous êtes en train de parler et que je répète ce que vous dites.
01:39Et ça peut être aussi des insultes et des gros mots.
01:42Ça s'appelle la coprolalie.
01:44Et là, c'est environ, dans 20% des cas, on a cette coprolalie.
01:47Mais comme vous le disiez, c'est important ce que vous dites.
01:49Dans la tête des gens, le syndrome de Gilles Latourette, c'est vraiment ça.
01:53On insulte les gens, on dit des gros mots.
01:57Après, il peut y avoir aussi, et ça c'est important,
02:00des troubles du comportement associés.
02:02Avec notamment un déficit de l'attention,
02:05qui peut aussi être associé à une hyperactivité.
02:08Vous savez, on en parle beaucoup avec les TDAH.
02:12Des troubles obsessionnels compulsifs.
02:14Là, c'est différent.
02:15Ce n'est pas comme les tics, les troubles obsessionnels compulsifs.
02:18Là, c'est les tics, ça survient, c'est involontaire.
02:21Ça survient en rafale.
02:23Vous n'y pouvez rien.
02:24Les tics, c'est en fait des rituels qui sont là pour apaiser une grande anxiété.
02:29Vous avez des idées comme ça qui sont obsédantes.
02:32Et le seul moyen de vous apaiser, ça va être avec des troubles obsessionnels compulsifs.
02:36Un petit peu des rituels pour apaiser tout ça.
02:39Vous allez nettoyer en permanence.
02:41On connaît les troubles obsessionnels compulsifs.
02:44Ce peut être aussi des changements d'humeur.
02:47Parfois, certains font des crises de panique,
02:50voire des crises de rage s'énervent.
02:53Et ça peut entraîner des troubles de l'apprentissage.
02:56Donc, vous comprenez bien que les formes étant tellement variées,
03:00on va avoir aussi un accompagnement qui va être très différent.
03:04Si vous avez des formes légères qui vont disparaître,
03:07si ce n'est pas trop gênant, ça va aller.
03:08Sinon, il va falloir réellement accompagner les gens.
03:11L'important, c'est d'arriver à le diagnostiquer.
03:15Après, l'idée, c'est d'informer.
03:18Il ne faut pas oublier que c'est important.
03:20Une fois que vous l'avez diagnostiqué, il faut informer les proches,
03:23il faut informer l'école, il faut informer la famille,
03:28il faut informer tout ça.
03:29Et après, avoir un regard bienveillant et beaucoup d'accompagnement.
03:35Donc après, il y a des thérapies.
03:36Alors, à quoi c'est dû ?
03:38En fait, on sait qu'il y a une composante génétique,
03:41mais pas avec un seul gène.
03:42C'est polygénique, il y a plusieurs gènes.
03:45Donc, difficulté après de pouvoir traiter.
03:47Si avec un seul gène, c'est plus facile.
03:49Là, il y en a plusieurs.
03:50Parfois, il y a une petite cause environnementale.
03:52On imagine qu'après une infection, l'immunité peut agir.
03:57Et surtout, ce qui se passe, c'est...
03:59Vous savez, dans le cerveau, on a des noyaux gris centraux,
04:03peu importe, avec des libérations, notamment de dopamine,
04:06qui jouent un rôle important dans le mouvement.
04:09Et là, en fait, il va y avoir ces problèmes
04:11au niveau de ces noyaux gris centraux,
04:13c'est une zone profonde du cerveau,
04:14et qui vont agir au niveau du lobe frontal.
04:18Le lobe frontal, Romain, c'est ce qui nous permet de vivre en société.
04:21C'est ce qui nous permet de ne pas dire de gros mots,
04:23de ne pas s'insulter.
04:24Ce qui nous permet d'être connectés.
04:25Même quand on en a envie, on ne va pas le faire.
04:28C'est ce qui nous permet...
04:29On n'a jamais envie le matin.
04:32Parfois au volant, peut-être.
04:33C'est ce qui nous permet, justement, de pouvoir...
04:36C'est l'autocontrôle, si vous voulez.
04:38Et donc là, cette zone, malheureusement, est atteinte.
04:41C'est ce qui nous permet aussi de planifier les choses.
04:44Et donc, il y a plusieurs causes.
04:47C'est un dysfonctionnement biochimique dans le cerveau.
04:50Vous vouliez qu'on écoute quelqu'un, je crois.
04:52Pardon ?
04:52Vous vouliez qu'on écoute quelqu'un, je crois.
04:54Je voulais qu'on regarde un petit extrait de la Bondanon.
04:56Ah bah oui, voilà.
04:56C'est quand même important, ce film qui sort.
04:58Il n'a que des critiques remarquables.
05:00Ah bah on y va, alors.
05:01On ne va pas attendre plus.
05:03Et alors, moi, j'aime bien.
05:05C'était un tic ?
05:06Bah oui, à ton avis.
05:09Et ça, c'est moi qui fais le con.
05:13Quand t'es occupé, tu vas beaucoup mieux.
05:15Ce serait bien que t'aies un boulot.
05:17Je ne t'aurais jamais pris.
05:19On a besoin de 216 pour un spectacle pour enfants.
05:22Ou une représentation scolaire.
05:23Coupé d'au fil !
05:26Désolé, c'était un tic.
05:28Ah !
05:35Excuse-moi, mon copain !
05:38Là, c'est une comédie, donc c'est sympa et plein de bienveillance.
05:42Mais c'est extrêmement handicapant.
05:44C'est très handicapant.
05:46C'est plus que ça.
05:46Voilà, il faut vraiment...
05:47Alors, il y a des traitements, on peut essayer, mais on ne sait pas encore guérir.
05:51Mais vous savez, plus la connaissance sur les mécanismes avance, plus les traitements ont des chances aussi d'arriver.
05:57Donc, c'est vrai qu'on connaît de mieux en mieux le mécanisme intime.
06:00Juste, je n'ai pas vu le film, mais j'ai lu beaucoup de choses dessus.
06:03Il paraît qu'à un moment, parce qu'il est décoré par la reine Elisabeth II,
06:06et quand il arrive dans la salle, il dit « putain de reine ! »
06:11C'est pas mal.
06:13Gilles Delatourette, c'est le médecin qui a décoré cette maladie.
06:15C'est le neurologue qui a trouvé la maladie.
06:17La maladie. Merci beaucoup, Brigitte.
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