00:00Victor Wembanyama, le basketteur français, joueur des Spurs, a été victime d'une commotion cérébrale mardi dernier,
00:06ce qu'il a privé d'un match avant une reprise brillante dimanche.
00:11L'occasion pour vous de nous rappeler, de nous parler des commotions cérébrales dans le sport.
00:16Qui sont très fréquentes dans le sport.
00:18Alors, on va rappeler un petit peu tout ce qui se passe là-dedans.
00:21Dans votre crâne, Romain, vous avez quelque chose d'essentiel.
00:25Le cerveau.
00:25Le cerveau. Donc, il y a le cerveau qui baigne dans un liquide céphalo-rachidien, qui est protégé par trois
00:31membranes que l'on appelle les méninges.
00:32Et après, il y a la boîte crânienne qui est là pour bien protéger tout ça.
00:36Que se passe-t-il ? Alors, attention, il y a commotion cérébrale et commotion cérébrale.
00:39Ça va dépendre, évidemment, de l'intensité du choc, de la localisation, si vous tapez à droite, à gauche, devant,
00:47etc.
00:47Et de la répétition. Et je reviendrai sur la répétition.
00:50Alors, on va voir en image. En même temps, tout le monde a compris ce qui se passait.
00:54Regardez, vous voyez, vous tapez, hop, un coup de tête.
00:57Mais ça peut être un coup de tête. Ce peut être un coup de tête.
00:59Ou ce peut être, là, justement, Wemby, c'est sur le parquet du terrain de basket.
01:05Donc, ça peut être n'importe quel choc qui va provoquer.
01:08Le cerveau va se mobiliser d'arrière en avant.
01:11Il va revenir comme ça. Donc, on va avoir des commotions.
01:13Alors, quand les signes sont importants, vous perdez connaissance, vous vomissez, vous avez des troubles sensitifs ou moteurs.
01:21Là, on le sait tout de suite, hop, vous sortez, vous êtes rapatrié en urgence.
01:24Mais là où c'est très compliqué, c'est quand on n'a pas réellement de signe.
01:30C'est-à-dire qu'en fait, on sort, on va bien, on marche un peu de travers, mais sans
01:35signe important.
01:36Donc, il y avait le professeur Sherman, qui travaille beaucoup sur les commotions cérébrales, qui comparaît ça.
01:43Vous voyez une boîte de pâté ? Une boîte de conserve ?
01:45Oui.
01:46Oui, tout le monde le voit. Une boîte de conserve.
01:48Dedans, il y a du pâté. Il y a un peu de gelée.
01:50Eh bien, quand vous tapez sur la boîte de conserve, dedans, ça va bouger un petit peu.
01:55Ça va un petit peu désorganiser le pâté, quoi.
01:57Mais quand vous tapez plusieurs fois comme ça, il va finir par se désorganiser de plus en plus.
02:03Eh bien, c'est un petit peu ce qui se passe dans le cerveau.
02:05Votre cerveau, même si vous n'avez aucun signe, les neurones, ils vont commencer, les membranes des neurones, elles vont
02:13commencer à s'étirer.
02:15Vous savez que les neurones, ils communiquent entre eux, notamment avec du calcium, du potassium, du sodium.
02:20Là, ça va être désorganisé aussi.
02:21Donc, la communication entre les neurones, les membranes des neurones, et puis voir du glutamate qui va sortir.
02:27Ça désorganise tout ça, mais sans réels symptômes.
02:31Et c'est là la difficulté.
02:32Encore une fois, malheureusement, quand c'est beaucoup plus grave, on le sait.
02:37Alors que là, dans les commotions cérébrales sans symptômes, on ne sait pas.
02:41Alors, ce que l'on fait maintenant, on a changé les protocoles.
02:44Lorsqu'une personne, un joueur ou une joueuse subit un choc, une commotion, qu'est-ce qu'on fait ?
02:51On le sort tout de suite.
02:52Et là, on va lui demander des questions toutes simples.
02:54Lui poser des questions toutes simples.
02:55Comment tu t'appelles ? Quel jour on est ? Contre qui nous jouons ? À combien est le score
02:59?
03:00On lui fait faire des petites tests d'équilibre.
03:02Mais surtout, on le sort.
03:03Juste après le match ?
03:05Non, quand il a sa commotion, après la commotion, après le choc, on le sort tout de suite, on lui
03:11pose ces questions.
03:12Parce qu'encore une fois, bien souvent, il n'y a pas de symptômes.
03:17Et c'est la seule chose qui peut soulager cette désorganisation, c'est le repos.
03:25Mais le repos total.
03:26Le temps que toutes les membranes se remettent en place, que toute la désorganisation se réorganise.
03:31Et c'est la seule chose qui fonctionne.
03:33Et quand je dis le repos, certaines études ont montré que même, ne serait-ce que le fait de leur
03:38montrer, par exemple, en vidéo des matchs,
03:39ralentissait la récupération de l'organisation cérébrale.
03:44Donc, il y a des protocoles qui sont mis en place.
03:47Pour certains sports, on va dire qu'une commotion cérébrale, on vous arrête 20 jours.
03:53Deux commotions cérébrales, parce que vous rejouez, vous refaites une commotion sur quelque chose qui est déjà désorganisé.
03:59C'est cumulatif, mais c'est synergique.
04:01Ça amplifie énormément la désorganisation.
04:04Donc, l'idée, c'est réellement une commotion 20 jours d'arrêt, par exemple, deux commotions 80 jours d'arrêt,
04:12trois commotions un an d'arrêt.
04:14Vous voyez, dans certaines recommandations, c'est vraiment très important.
04:18Et justement, Wemby, et c'est plus facile pour moi, lui était en colère, parce qu'en fait, il a
04:24eu une commotion cérébrale.
04:25On l'a privé d'un match et il a rejoué dimanche.
04:30Donc, il ne s'est pas encore totalement exprimé, mais il avait l'air mécontent du protocole, justement, de récupération
04:36de commotion cérébrale.
04:37Ce qui est important, surtout, c'est de comprendre la difficulté, parce que vous ne ressentez rien.
04:43Vous faites une IRM, de toute façon, ça ne sert à rien d'en faire une, il n'y aura
04:46rien.
04:46On ne va pas voir la désorganisation au niveau infinitaire.
04:51Enfin, c'est tout petit, petit, petit.
04:52Donc, on ne va pas l'avoir.
04:53Donc, aucun examen qui permet de dire comment ça va.
04:57Vous ne ressentez pas grand-chose, vous avez l'impression d'aller bien.
05:00Les entraîneurs, derrière, ils ont quand même intérêt à vous voir sur le terrain.
05:03Donc, c'est très difficile.
05:05C'est un sujet très complexe.
05:06Il y a plein de choses à mettre en place.
05:08C'est quand même dommage que nos tout-petits, même les plus grands, d'ailleurs, en parlant de taille, oui,
05:15subissent des lésions comme ça, qui peuvent s'avérer, après, à long terme, souvenez-vous de Sébastien Chabal.
05:21Alors, je ne dis pas que ça.
05:23Il y avait des histoires de mémoire.
05:24Après, on peut avoir des confusions, des pertes de mémoire, etc.
05:28Encore une fois, je ne reviens pas sur le cas de Chabal, parce qu'on ne sait pas exactement si
05:31c'est lié à ça ou pas.
05:32Mais voilà, donc, on ne met pas nos enfants sur des terrains de sport pour qu'ils aient des problèmes
05:38neurologiques plus tard.
05:39Merci beaucoup, Brigitte Millot.
05:41Merci.
05:41Merci.
05:43Merci.
05:44Merci.
05:46Merci.
05:46Merci.
05:46Merci.
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