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  • il y a 2 jours
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Agnès Pannier-Runacher, députée Renaissance du Pas-de-Calais.

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Transcription
00:02Bonjour à tous, bonjour, Agnès Pannier-Runacher, ancienne ministre de la Transition écologique et de l'énergie, justement.
00:08Parlons-en de l'énergie. Le gouvernement a exclu toute aide générale aux Français pour compenser la hausse des carburants,
00:14mais n'a pas exclu des aides ponctuelles. Qu'est-ce que vous, ancienne ministre de l'énergie, vous proposez
00:18pour aider les Français ?
00:19Bonjour, Géla Borstein. Moi, je rejoins complètement l'analyse du gouvernement parce que quand j'étais ministre de l'énergie,
00:25nous avions mis en place une aide générale de 15 centimes sur le carburant et on s'était aperçu qu
00:31'elle avait augmenté les dépenses de l'État de 9 milliards d'euros.
00:35Donc, en fait, c'est les Français qui payent après 9 milliards. On agite des chiffres, on ne se rend
00:40pas compte, c'est gigantesque.
00:41C'est l'équivalent de 18 ans aujourd'hui de budget pour faire le bonus écologique et donc permettre aux
00:48Français d'avoir une solution durable
00:50qui les mettent à l'abri de l'augmentation du prix du pétrole parce que nous importons 99% de
00:56notre pétrole.
00:57Et en fait, ça n'avait pas beaucoup aidé les Français, ça avait beaucoup aidé les étrangers, beaucoup aidé d
01:03'autres.
01:03Je ne comprends ce que vous ne voulez pas, que voulez-vous ?
01:05Moi, j'ai réuni la semaine dernière l'ensemble des entreprises de mon territoire justement pour faire un point.
01:10Aujourd'hui, ce qu'on voit, c'est qu'effectivement, il y a le sujet des salariés qui se déplacent
01:16pour aller travailler.
01:18Ou des libéraux, des infirmières libérales, etc.
01:21Donc, pour certaines professions, il y a effectivement à regarder, c'est ce que je comprends que le gouvernement fasse.
01:27Le gouvernement n'arrête pas de regarder, il y a un moment où il faut dire ce qu'on fait.
01:30Deuxième chose, la demande pressante des entreprises, c'est la trésorerie.
01:36Troisièmement, comment on accélère justement le fait d'apporter des solutions durables aux Français,
01:40c'est-à-dire changer, sortir de cette dépendance aux énergies fossiles.
01:44Vous n'arrêtez pas de dire, d'accord, vous n'arrêtez pas de dire, il faut regarder comment les aider.
01:48Une fois qu'on a regardé, les infirmières libérales, les marins pêcheurs,
01:51les gens qui ont besoin, qui font 30 ou 40 kilomètres tous les jours pour aller travailler,
01:56qu'est-ce que vous proposez pour eux ?
01:57Alors, vous l'avez entendu, le gouvernement, moi je ne suis plus dans le gouvernement,
02:01propose des mesures, ou travaille sur des mesures de trésorerie.
02:05Trésorerie.
02:06Pourquoi c'est important ?
02:07Parce que c'est le premier sujet auquel ils sont confrontés,
02:11c'est ces tensions sur la trésorerie, sachant qu'ils vont être amenés à augmenter progressivement leurs prix,
02:20et donc à pouvoir passer dans les prix, les hausses auxquelles ils font face dans leur entreprise.
02:29Donc ça, c'est le premier élément, trésorerie.
02:31Deuxième élément, sur ce choc, comment on accompagne monsieur et madame tout le monde ?
02:37Les plus précaires, les plus vulnérables, et ceux qui vont travailler.
02:40Mais voyez bien qu'on parle de mesures ciblées, on ne parle pas de mesures générales,
02:45qui sont derrière remboursées par les Français.
02:48Parce que quand on lâche 9 milliards d'euros sur une mesure de type carburant,
02:52qui c'est qui paye à la FA ?
02:53C'est vous, c'est moi, c'est les classes moyennes, c'est tous ceux qui financent les impôts,
02:59et donc ce sont les Français.
03:01Il n'y a pas d'argent magique.
03:04Il n'y a pas d'argent magique.
03:05Hommage national à Lionel Jospin aujourd'hui.
03:08Est-ce que vous irez ? C'est qui Lionel Jospin pour vous ?
03:11Lionel Jospin, c'est une figure, je dirais, tutélaire de la politique.
03:15C'est un grand monsieur de la politique, rigoureux, dont le sens de l'intérêt général est très clair.
03:21Et pour moi, Lionel Jospin, c'est aussi le 21 avril 2002.
03:25C'est le 21 avril 2002, c'est ce choc du deuxième tour qui oppose Jacques Chirac à Jean-Marie
03:32Le Pen.
03:33Et au fond, c'est une façon de nous rappeler aussi le scénario catastrophe
03:37que nous devons absolument éviter en 2027,
03:40c'est-à-dire une élection qui opposerait au deuxième tour Jordan Bardella à Jean-Luc Mélenchon,
03:47avec, je peux vous raconter la soirée,
03:49et Jordan Bardella gagne, parce qu'il n'y a aucun doute que Jean-Luc Mélenchon
03:53n'a aucune chance de gagner l'élection.
03:56Nous avons 30 minutes après les groupes d'extrême droite qui manifestent dans la rue
04:01en disant « nous sommes chez nous ».
04:03Et puis, 30 minutes après, Jean-Luc Mélenchon qui appelle à un grand mouvement de blocage du pays
04:09au nom de la résistance contre l'extrême droite.
04:12Et le lendemain, c'est la dette de la France qui est attaquée sur les marchés financiers
04:18et on voit le budget qui commence à déraper.
04:21C'est ça le scénario catastrophe et nous devons faire en sorte qu'il n'y a pas.
04:25Qui est le meilleur candidat ou la meilleure candidate pour éviter ce scénario catastrophe ?
04:29C'est clair que ce candidat, il se situe aujourd'hui dans l'arc, je dirais, républicain,
04:37même plus resserré, entre la droite raisonnable et la gauche responsable.
04:41Vous avez dit de Raphaël Glucksmann à Xavier Bertrand.
04:44Oui, probablement dans cet arc-là.
04:47Il y a beaucoup de monde dans cet arc-là qui est le meilleur.
04:50Je crois que c'est trop tôt.
04:52Édouard Philippe est rentré en campagne au 20h de France 2.
04:54Beaucoup dans votre camp ont dit « le meilleur c'est lui ».
04:56Est-ce que vous êtes d'accord que le meilleur c'est lui ?
04:58Non, je pense qu'aujourd'hui, c'est trop tôt pour le dire.
05:00Je me réjouis qu'Édouard Philippe ait remporté au Lamin l'élection au Havre.
05:04Je pense que c'est important d'avoir plusieurs prétendants à la candidature
05:09parce que ça permet de nourrir le débat public.
05:11Ça permet d'amener des idées.
05:13On ne peut pas rester dans un débat public
05:16où on aurait une espèce de candidat
05:18dont les Français auraient le sentiment qu'ils ne l'ont pas vraiment choisi,
05:22coincé entre l'extrême droite et l'extrême gauche.
05:24On a différentes sensibilités entre la droite modérée et la gauche raisonnable.
05:30Gabriel Attal, vous préférez ?
05:31Gabriel Attal, aujourd'hui, n'a pas déclaré sa candidature.
05:35C'est le patron de mon parti.
05:38Moi, je travaille au sein de mon parti pour que nous ayons une candidature qui soit crédible.
05:44Mais le sujet, c'est qu'à la fin, on ait un candidat qui soit aussi choisi par les Français
05:51et qu'on puisse faire vivre le débat public entre les différentes sensibilités dans ce camp des modérés.
05:56Parce qu'on ne peut pas être écrasé dans un débat où on a le sentiment qu'il n'y
06:00a que l'extrême droite et l'extrême gauche.
06:02L'extrême droite et l'extrême gauche n'ont pas remporté les municipales.
06:05Pourtant, on n'a entendu parler que d'eux.
06:08Et ce despacement qu'a mis en place le président de la République en 2017,
06:12ce n'est jamais que les maires qui l'ont inventé avant.
06:14Si vous regardez dans le détail les élections, une partie très large des maires sont élus
06:20sur des listes qui vont effectivement de cette gauche modérée à cette droite raisonnable.
06:27Vous avez rendu hommage à Lionel Jospin en disant que c'était la rigueur, l'honnêteté.
06:31Mais en même temps, Lionel Jospin, c'est les 35 heures.
06:33Et beaucoup dans votre camp disent que les 35 heures ont ruiné la France.
06:38Il faut travailler plus.
06:39Moi, je crois surtout que les 35 heures, lorsqu'elles ont été lancées initialement
06:44sous forme d'expérimentation, de réorganisation du travail,
06:47c'était très intéressant parce que chaque entreprise pouvait adapter son organisation du travail
06:53et nourrir le dialogue social.
06:55Lorsque ça a ensuite été généralisé et imposé,
06:58moi je l'ai vécu à l'endroit où je travaillais à l'époque,
07:00qui était l'assistance publique au hôpitaux de Paris,
07:03ça s'est traduit par 7h36.
07:05C'est-à-dire qu'on a donné de la valeur à la minute de travail.
07:09Et ça, c'est une façon d'organiser le débat public qui n'était pas bonne
07:13puisqu'en fait, on n'a pas eu ce dialogue social qui s'imposait,
07:17on n'a pas repensé les organisations du travail,
07:19on a fait une mesure descendante et qui s'est avérée dans la mise en œuvre.
07:24Pardon de le dire, et pourtant j'ai énormément de respect pour Lionel Jospin, idiote.
07:28Et bien voilà, c'est dit.
07:30Agnès Pannier-Runacher, députée Renaissance du Pas-de-Calais,
07:33invitée des 4V.
07:34Bonne journée à tous.
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