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  • il y a 12 heures
Thomas Reynaud, directeur général d'Iliad, était l'invité de Laure Closier dans French Tech, ce jeudi 26 mars. Il est revenu sur leurs résultats annuels, marqués par une hausse du chiffre d’affaires de 3,2 % et un gain de 200 000 abonnés supplémentaires en France, dans Good Morning Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 8h20 sur BFM Business et sur AMC Life, notre invité c'est Thomas Reynaud.
00:03Bonjour, vous êtes le directeur général d'Iliad, vous avez publié vos résultats annuels mardi.
00:08Chiffre d'affaires en hausse de 3,2%, 62 millions d'abonnés en Europe.
00:13Vous en avez gagné même en France où le marché est quand même assez abouti,
00:18où il faut aller chercher chez les concurrents, plus 200 000.
00:21Où est-ce que vous allez les chercher ? Est-ce que c'est toujours le prix qui fonctionne chez
00:25Free
00:25où désormais vous arrivez à faire venir sur autre chose et peut-être avec des offres à valeur ajoutée ?
00:31Free c'est un peu une triple promesse, vous l'avez dit, c'est une promesse de pouvoir d'achat,
00:34c'est aussi une promesse d'innovation et on a beaucoup bousculé le marché français en 2025 avec des innovations.
00:39On a désormais un VPN gratuit dans son offre mobile Free,
00:42on a une nouvelle application Free TV qui fait un carton et l'investissement.
00:49On a énormément investi, on a beaucoup plus investi que nos concurrents.
00:52On réinvestit l'équivalent de quasiment 20% de notre chiffre d'affaires dans nos réseaux
00:57et on a désormais 41 millions de foyers qui ont accès à la fibre Free.
01:00On a plus de 30 000 points hauts et on est le numéro 1 de la 5G.
01:03Et c'est ce que les Français reconnaissent et c'est pour cela qu'ils nous plébiscitent,
01:07à la fois pour la qualité de nos réseaux, notre innovation et cette promesse de pouvoir d'achat.
01:12Alors avant qu'on arrive sur les sujets tech avec Anthony Morel,
01:14puisque c'est ça qui l'intéresse, le rachat de SFR et cette consolidation dont on parle,
01:19le passage à trois opérateurs, je ne sais pas, depuis 20 ans, 15 ans,
01:21enfin le passage à trois opérateurs attendu.
01:24Selon les informations de BFM Business, il y aurait une offre qui serait en train de se constituer.
01:28Alors est-ce que c'est 20, 22 milliards ? Est-ce que c'est le chiffre autour ?
01:32C'est juste une question de prix aujourd'hui, la question du rachat des SFR ou c'est plus compliqué
01:37que ça ?
01:38C'est un tout petit peu plus complexe.
01:41Vous savez, c'est comme dans un marathon, ce sont les derniers kilomètres qui sont les plus difficiles.
01:45Nous sommes dans la dernière ligne droite des discussions, mais ces discussions,
01:49même si on parle de la consolidation depuis 2014, ces discussions, en tout cas dans ce cycle de négociations,
01:55n'ont débuti que début janvier, lorsqu'on a commencé l'audit de SFR.
02:00Donc on se retrouve autour de la table, le vendeur, les potentiels acheteurs, uniquement depuis quelques semaines.
02:06Mais vous avez raison, on est sur le point de rentrer dans les arrêts de jeu.
02:10Et si ça ne se fait pas, c'est grave ? Il faut absolument que ça se fasse ou pas
02:14?
02:14Quelle est l'idée de la consolidation ? C'est assurer la pérennité des investissements, la pérennité des réseaux.
02:22Le marché français est probablement le marché le plus exigeant au monde.
02:26Pourquoi ?
02:26IAD opère dans 19 pays dans le monde, mais en termes d'obligations d'investissement,
02:30de surfiscalité sectorielle, de concurrence entre les opérateurs,
02:35on est aujourd'hui dans le marché le plus exigeant au monde.
02:38Et on a le sentiment que dans un marché en plus qui devient mature,
02:41que cette consolidation apparaît inévitable à terme.
02:46Ça compenserait tout ça ?
02:47Comment elle va intervenir ? Je ne sais pas.
02:49En tout cas, moi ce que je peux vous dire pour Free, c'est que ce n'est pas une
02:51fin en soi.
02:51C'est juste un moyen de faire grandir notre modèle avec plus d'abonnés.
02:56Nous sommes dans un métier avec des effets d'échelle.
02:58Et aussi, et c'est ça qui nous intéresse, un moyen d'accélérer,
03:01d'accélérer nos investissements dans l'IA, dans le cloud,
03:05dans la puissance de calcul dédiée à l'intelligence artificielle.
03:0822 milliards, c'est à peu près le prix ?
03:11On ne va pas avoir cette négociation ici, ça sera autour d'une autre table.
03:14Anthony ?
03:15Vous avez prononcé les mots-clés, cloud, puissance de calcul,
03:18ça c'est extrêmement intéressant.
03:19Est-ce que dans quelques années, Free sera encore un opérateur ?
03:22Ou sera encore principalement un opérateur ?
03:24Ou est-ce que ce sera plutôt justement tout ce que vous êtes en train de mettre en place
03:27dans le domaine des data centers avec Scaleway,
03:30dans le domaine de l'intelligence artificielle qui va prendre le pas ?
03:33Dans quelles mesures ça va devenir important dans les années qui viennent ?
03:36Free continuera, il y a, il continuera à être un opérateur télécom avant tout.
03:40On est présent dans 19 pays dans le monde, on a plus de 110 millions d'abonnés.
03:45Mais depuis 5-6 ans, avec une conviction très forte
03:47qui est portée par le fondateur de Free, par Xavier Niel,
03:51on investit dans des nouveaux métiers qui nous semblent essentiels.
03:53D'une part, parce que, comme on vient de le dire,
03:55le marché des télécoms devient de plus en plus mature.
03:57Et nous, on est un peu une boîte de développeurs, une boîte d'ingénieurs.
04:01On a développé des véritables expertises.
04:03À la différence de nos concurrents, on construit nos propres Freebox,
04:06on construit certains réseaux télécoms.
04:08Et on a une véritable expertise que l'on est en train de redéployer
04:10dans des sujets qui nous sommes essentiels pour le développement de notre groupe.
04:14Mais pour l'Europe, la puissance de calcul dédiée à l'intelligence artificielle,
04:19on a besoin de puissance de calcul localisée en France.
04:23C'est une question de souveraineté.
04:25C'est une question qui est tout aussi importante que l'énergie ou les réseaux.
04:27Là, vous avez un gros projet avec EDF.
04:30C'est ça, c'est 4 milliards d'euros pour développer un data center
04:32de plusieurs centaines de mégawatts.
04:35C'est à la fois hyper impressionnant.
04:37Et en même temps, quand on compare avec les annonces
04:39que les Américains font tous les jours,
04:41où c'est des puissances en gigawatts,
04:42avec des sommes qui sont pour le coup pas en milliards,
04:45mais en dizaines, voire en centaines de milliards,
04:47on se dit qu'on est encore des nains.
04:48Est-ce qu'on a les armes quand même pour mener cette bataille-là ?
04:51Moi, je considère qu'il n'est pas trop tard.
04:52On est au tout début de cette bataille.
04:55L'investissement que vous mentionnez,
04:57c'est un investissement qui est important.
04:58Ça pourrait devenir le premier data center en Europe
05:01en termes de puissance de calcul dédié à l'intelligence artificielle.
05:04On parle d'un site de 250 à 300 mégawatts
05:07qui s'installe sur une ancienne friche industrielle,
05:10une ancienne centrale à charbon sur 24 hectares.
05:14Et c'est essentiel.
05:15Aujourd'hui, le projet est bien avancé.
05:18On a les financements, on a les compétences,
05:21le design est prêt.
05:23On a beaucoup de clients qui viennent taper,
05:25et notamment d'acteurs européens de l'intelligence artificielle
05:27qui viennent taper à notre porte.
05:28Aujourd'hui, le principal enjeu,
05:29c'est les autorisations administratives.
05:31Et c'est sur quoi nous sommes très concrètement en train de se battre.
05:35Mais sur les questions de souveraineté,
05:36vous avez vraiment l'impression qu'il se passe quelque chose.
05:38On voit aujourd'hui l'État qui fait des appels d'offres
05:40pour passer d'un acteur américain à des acteurs européens.
05:43On en est là, vraiment, au-delà des réflexions, à faire des contrats ?
05:47Oui, nous sommes dans un moment véritablement européen.
05:49Je pense qu'il y a eu un avant et un après
05:51les mesures protectionnistes décidées par Donald Trump,
05:54le Liberation Day.
05:55Et nous, on le voit à travers Scaleway.
05:57Scaleway, c'est notre société de cloud
06:00qui n'est pas du tout exposée aux législations extra-européennes.
06:04C'est vraiment un cloud souverain.
06:05Et on a vu, depuis le Liberation Day,
06:08une multiplication de grands contrats.
06:10On a signé la mairie de Copenhague,
06:13je pense que c'est lié avec le Groenland,
06:15pour la gestion des données des administrés
06:18qui vivent à Copenhague.
06:19On a signé la Commission européenne sur son projet
06:22d'euro numérique.
06:23Vous allez faire quoi là-dessus ?
06:24Et enfin, on a signé un certain nombre de contrats
06:28avec des grandes sociétés du CAC 40.
06:31Et il y a ce moment de prise de conscience
06:35extrêmement importante
06:36et qui, quelque part, vient valider
06:37nos investissements depuis 5-6 ans sur ces sujets-là.
06:40Vous allez faire quoi sur l'euro numérique ?
06:42Sur l'euro numérique, on va mettre à disposition
06:44de la Commission européenne
06:46toute l'infrastructure de calcul,
06:49d'hébergement des données.
06:50Sur la partie intelligence artificielle,
06:53ce qui est intéressant également,
06:54c'est que vous travaillez avec Mistral,
06:56vous travaillez avec Qtai aussi,
06:57dont on parle souvent,
06:58un laboratoire de recherche.
06:59Donc là, on a l'impression qu'en fait,
07:00il y a peut-être une possibilité
07:02de début d'écosystème
07:03qui est en train de se mettre en place.
07:04C'est plus seulement les briques,
07:05on a le modèle de langage Mistral,
07:07les datacenters avec Scaleway,
07:08les laboratoires de recherche,
07:09tout est en train de s'imbriquer.
07:11Et peut-être là, pour le coup,
07:12une vraie réponse
07:12à ce que font les Américains
07:13et les Chinois aujourd'hui.
07:14C'est peut-être comme ça, en fait,
07:15que la riposte française et européenne
07:16peut se mettre en place.
07:17Non, l'écosystème, il est là.
07:19Et ce qui est important,
07:20c'est qu'il soit là,
07:20non pas uniquement à l'échelle française,
07:23mais à l'échelle européenne,
07:24parce que je ne crois pas
07:24à une souveraineté numérique française.
07:26Ce sera une souveraineté numérique européenne.
07:29L'écosystème est là,
07:30les acteurs sont là,
07:30ce dont on a besoin,
07:31c'est d'un changement d'échelle.
07:33Et le changement d'échelle,
07:33il passe par des décisions politiques,
07:35par une volonté politique.
07:37Les entreprises font beaucoup,
07:38mais on a besoin, selon moi,
07:40de trois choses.
07:41Mais on l'a aujourd'hui ou pas,
07:41cette volonté politique européenne
07:43de changer les choses ?
07:44Vous la ressentez ?
07:45Alors, il y a eu ces rapports,
07:47Draghi, l'État,
07:48pendant qu'on voit passer
07:49des rapports à l'action.
07:51On commence à voir les lignes bouger,
07:53notamment sur la commande publique,
07:55fléchées vers des acteurs européens,
07:57ce que l'on appelle
07:57un European by Act.
07:58Le commissaire français Stéphane Séjourné
08:01travaille sur ces enjeux-là.
08:04On doit aussi faire tomber
08:06les barrières administratives
08:08et avoir un réel marché européen.
08:11On a besoin d'un marché unique.
08:13Et donc ça, ça passe par un gros travail,
08:15un choc de simplification administrative.
08:18Il ne faut pas pointer du doigt Bruxelles.
08:19Le législateur français
08:20a une part de responsabilité aussi importante
08:23dans la surtransposition
08:24du droit européen en droit français,
08:26en étant parfois
08:27beaucoup plus exigeant
08:29que ce qu'impose
08:29le droit européen
08:31et l'union des marchés de capitaux.
08:33Merci beaucoup Thomas Reno
08:34d'être venu ce matin
08:35directeur général d'Iliad.
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