Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 8 minutes

Lors des questions au gouvernement au Sénat, la présidente du groupe RDSE, Maryse Carrère, a interpellé le Premier ministre Sébastien Lecornu sur les conséquences économiques et sociales de la guerre au Moyen-Orient, dans un contexte de fortes tensions internationales et de hausse des prix de l’énergie.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Merci monsieur le président du Sénat, mesdames et messieurs les sénateurs, madame la présidente, au nom du gouvernement évidemment, je
00:06m'associe aux hommages qui ont été rendus en ce début de séance.
00:11Alors peut-être pour prendre le temps devant le Sénat, même si nous allons nous retrouver nuitamment pour le débat
00:1650-1, qu'un certain nombre de présidents de groupes ici présents ont demandé,
00:20et évidemment que le gouvernement a accepté, qui nous permettront de détailler les impacts énergétiques, donc je vais le faire
00:25de manière succincte pour y revenir de manière plus documentée ce soir auprès de vous,
00:28mais aussi d'ailleurs les impacts militaires, géopolitiques de manière globale, intérieure et extérieure, dans ce que nous pouvons connaître.
00:35Alors c'est intéressant ce que vous avez dit comme un air de déjà vu, on pourrait repartir de cette
00:40phrase-là, certaines choses sont déjà vues, d'autres non.
00:43La différence de la crise liée à l'Ukraine, qui était une crise d'accès à l'énergie, là on
00:49a une crise de la volatilité des prix, et pour cause, parce que nos approvisionnements ne se font pas particulièrement
00:54dans le Golfe, comme vous le savez.
00:56Deuxième chose, et la même réponse à la même question au gouvernement hier, je suis encore plus prudent cet après
01:04-midi qu'hier, on a une crise militaire sur le registre de la circulation maritime.
01:11On voit qu'on a un début d'escalade horizontale et verticale, qui peut mener à des frappes répétées sur
01:18des installations de production.
01:19Et donc c'est la différence avec l'air de déjà vu, parce que ça nous mettrait dans une dynamique
01:23de crise qui serait complètement différente.
01:25Au moment où on se parle, crise de la volatilité des prix, crise de la circulation maritime.
01:29C'est clé, parce que ça amène donc à s'adapter au mot, MAUX, pour trouver des solutions, à la
01:35différence de 2022-2023, où il fallait sortir de la dépendance au gaz russe avec l'inflation qui allait avec.
01:41Là, on est sur une inflation qui est importée. On y reviendra ce soir, mais si on ne s'accorde
01:45pas sur le constat, on a du mal, évidemment, à s'accorder sur les solutions.
01:48J'ajoute qu'on est en sortie d'hiver et surtout que notre parc nucléaire français crache autrement plus d
01:53'énergie maintenant qu'en 2022, ce qui nous permet aussi d'avoir une décorrélation des prix de l'énergie.
01:58Mais les ministres y reviendront aussi. Ça, c'est pour les différences, pour réagir comme un air de déjà vu.
02:03Bon, ensuite, une fois qu'on a dit tout ça, il faut se mettre à la place de nos concitoyens
02:06et de nos concitoyens.
02:08activité privée, activité économique aussi. Vous en avez cité un certain nombre. Il va sans dire qu'il faut amortir
02:15le choc sans faire n'importe quoi avec l'argent du contribuable.
02:18Pour résumer, évidemment, l'équation qui est la nôtre et je le crois ici que nous partageons de manière globale.
02:23La première des choses, c'est de jouer sur les stocks stratégiques. On y reviendra. Ça a eu un premier
02:26effet. C'est systémique. Ça fonctionne.
02:29Deuxième chose, jouer sur les capacités de production. On a annoncé en début de semaine les capacités pour le site
02:35de Gravenchon.
02:37A augmenter, non pas la production, pardon, mais la transformation, le raffinage. Et donc, un certain nombre de décisions seront
02:42mises en application dès la semaine prochaine.
02:45Madame la présidente, ce qui va nous permettre, évidemment, d'essayer de jouer sur l'ensemble des prix qui sont
02:51à la pompe.
02:51Troisième chose, la distribution. Objectivement, deux voies sont devant nous. La coercition par voie réglementaire. Je l'ai dit, les
02:58décrets sont prêts.
03:00Ou alors le dialogue de place et la confiance. Serge Papin, le ministre en charge de la consommation, s'est
03:05livré avec Roland Lescure à un travail.
03:07important sur le sujet. On a laissé sa chance au dialogue et ça fonctionne. Pour être très clair et très
03:12direct, quand les prix augmentent, ils sont répercutés vite.
03:16Ça veut donc dire que lorsqu'ils diminuent, ils doivent être répercutés tout aussi vite. Et ça, on le voit
03:20bien. C'est tout l'enjeu qui est devant nous,
03:21surtout avec les différentes déclarations telles qu'on a pu les avoir depuis la Maison-Blanche, depuis hier, à surveiller
03:27sur l'ensemble des cours,
03:28y compris sur les places asiatiques dans les heures qui viendront. Enfin, pour ne pas être trop long, ça veut
03:33donc dire qu'il faut continuer les contrôles.
03:35Contrairement à ce que disent certaines formations politiques extrême droite, extrême gauche, ils ont fonctionné. Et surtout, il faut désormais
03:41produire des mesures
03:43ciblées. Je le dis tout de go. Les grandes mesures généralistes à l'aveugle, le chèque en blanc ne fonctionnera
03:50pas. Enfin, si, pour les finances publiques,
03:52ça fonctionnera bien. Mais pour le pouvoir d'achat des Françaises et des Français, ça ne fonctionnera pas. Donc là,
03:58on a un enjeu de ciblage important.
04:01agriculteurs, carburants, mais pas que. Engrais. Annie Gennevard accélère aussi notre plan sur des engrais décarbonés.
04:09Il faut reconnaître que nous avons pris un peu de retard en la matière. La ministre est en train de
04:12le rattraper.
04:13Les pêcheurs, vous êtes nombreux à nous avoir saisis. Les premières mesures, nous le savons, sont importantes, mais non suffisantes.
04:21Et les discussions à Bruxelles, Conseil lundi, Commission dès aujourd'hui, doivent nous permettre d'aller plus loin sur la
04:29modernisation de la flotte.
04:30Je veux dire à l'ensemble des pêcheurs de ce pays que nous avons bien entendu le message et que
04:35ce qui a été annoncé cette semaine n'est pas pour solde pour tout compte,
04:38mais on essaie de s'adapter en conduite. Et de grâce, il faut évidemment que les institutions européennes comprennent qu
04:43'il faut qu'elles nous autorisent
04:44à certaines aides qui, aujourd'hui, sont interdites, mais sur lesquelles, moi, je souhaite bouger.
04:48Donc il faut que la Commission européenne, maintenant, bouge. Je sais que c'est un des points aussi qui comptait
04:52beaucoup pour vous.
04:54Transporteur, le ministre Tabarro est mobilisé. Je ne veux pas ne pas citer les infirmières, les taxis. Bref, chaque ministre
04:59est mobilisé pour avoir un plan de ciblage
05:01qui soit le plus efficace possible. Et puis enfin, si on doit mettre de l'argent public, et vous l
05:06'avez appelé dans votre question,
05:07c'est le complément aussi de la discussion que nous avons eue sur la PPE, comment on accélère l'électrification
05:12de nos usages ?
05:13On a encore un quart de nos boulangers en France qui sont fours à gaz et non pas fours électriques.
05:19On ne peut pas d'un côté défendre le renouvelable et le nucléaire,
05:22le nucléaire et le renouvelable, et de l'autre, avoir encore une partie de la profession de boulangerie, pour prendre
05:26un exemple populaire et de proximité territoriale,
05:28qui soit encore dépendant du gaz. Je ne parle même pas du logement social. Grosse dépendance au gaz. Évidemment, les
05:34voitures.
05:35Bref, on a des enjeux aussi, d'ailleurs, sur certains intrants pour l'industrie. Et donc, ce que je vous
05:40propose, au-delà des outils qui existent déjà,
05:43c'est d'accélérer ce plan d'électrification. Il doit aller de pair avec un plan de sobriété, pas la
05:48sobriété pour faire la morale aux Français et aux Français.
05:50Ils savent très bien faire sans nous, sans les politiques. Ils n'ont pas besoin qu'on leur explique comment
05:54il faut faire.
05:55Néanmoins, des mesures structurelles de sobriété, un certain nombre de mesures avaient été prises à l'automne dernier.
05:59Ça avait fonctionné. Et donc, là aussi, le mandat est donné. Ce que je propose au Sénat, c'est d
06:03'évaluer tout ça en conduite.
06:04Nous ne serons pas immobiles. Nous sommes complètement conscients de la situation dans laquelle se trouvent nos concitoyens.
06:10Néanmoins, on se doit de faire des choses les plus efficaces possibles. Et je crois que tous celles et ceux
06:13qui ont essayé des aventures
06:15comme la baisse de la TVA, par exemple, comme en Pologne, je crois, s'en sont mordu les doigts.
06:20Et donc, de grâce aussi, il faut que la classe politique française regarde aussi ce qui a fonctionné dans le
06:23passé,
06:23mais aussi ce qui n'a pas fonctionné pour essayer de prendre les meilleures possibilités, les meilleures options.
06:27Merci beaucoup, la présidente.
Commentaires

Recommandations