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(Suite et fin) Le lundi 1er novembre 2004, les familles de Géraldine Giraud et Katia Lherbier sont inquiètes. En couple depuis peu, les deux trentenaires n’ont pas donné de signe de vie après être parties en week-end dans une des propriétés de la famille Giraud, à quelques kilomètres de Sens (Yonne).
Géraldine, 36 ans, est la fille du comédien français Roland Giraud. Elle a rencontré Katia grâce à sa tante, la cantatrice Marie-Christine Van Kempen, et les deux femmes sont tout de suite tombées amoureuses.
Trois semaines après leur disparition, un homme est arrêté. Garde-chasse dans l’Yonne, il a en sa possession les cartes bleues de Géraldine et Katia. Il reconnaît les avoir rencontrées, mais nie toute implication dans leur disparition.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network
Archives : INA.
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Géraldine, 36 ans, est la fille du comédien français Roland Giraud. Elle a rencontré Katia grâce à sa tante, la cantatrice Marie-Christine Van Kempen, et les deux femmes sont tout de suite tombées amoureuses.
Trois semaines après leur disparition, un homme est arrêté. Garde-chasse dans l’Yonne, il a en sa possession les cartes bleues de Géraldine et Katia. Il reconnaît les avoir rencontrées, mais nie toute implication dans leur disparition.
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NewsTranscription
00:01Vous écoutez Crime Story, Jean-Pierre Trébert, l'homme des bois, deuxième et dernier épisode.
00:10Début novembre 2004, les proches de Géraldine Giraud, 36 ans, et Katia Lherbier, 32 ans,
00:16s'inquiètent de ne plus avoir de nouvelles d'elles.
00:19Géraldine Giraud est la fille du comédien Roland Giraud,
00:22et elle a rencontré Katia Lherbier quelques semaines plus tôt grâce à sa tante.
00:26Les deux femmes sont immédiatement tombées amoureuses et ont décidé de partir ensemble dans Lyon,
00:30dans une maison de la famille Giraud.
00:33Très vite, un homme qui utilise les cartes bleues des disparus est arrêté.
00:37Il s'appelle Jean-Pierre Trébert.
00:40Le jeudi 9 décembre 2004, deux corps sont retrouvés enterrés dans son jardin.
00:46Quatre jours plus tard, le lundi 13 décembre 2004,
00:50les deux autopsies pratiquées sur les corps confirment les intuitions des enquêteurs.
00:53Ce sont bien ceux de Katia Lherbier et Géraldine Giraud.
00:58Le lundi soir, Roland Giraud, le père de Géraldine, monte malgré tout sur scène,
01:03comme il le racontera des années plus tard sur le divan de Marc-Olivier Fougiel sur France 3.
01:08C'est la journée de cauchemar de ma vie, vraiment,
01:10parce que j'étais, comme elle avait disparu, j'étais dans son appartement.
01:14Ils me disent, bon, monsieur Giraud, je pense qu'on a retrouvé les corps en creusant
01:19de votre fille et de son amie.
01:22Il n'y a pas de doute, hein, c'était...
01:23D'un ton comme ça, j'étais évidemment fou, je suis tombé par terre.
01:27Car dans ces cas-là, on ne le sait pas, mais on tombe par terre.
01:30Et je ne sais pas pourquoi je suis tombé par terre.
01:31Pic.
01:32C'était une horreur.
01:33Puis j'allais au théâtre parce qu'on jouait,
01:35et évidemment, toutes les radios l'avaient annoncé,
01:37toutes les télévisions aussi.
01:38Et je ne vous dis pas dans quel état mes camarades m'ont accueilli.
01:43Je me suis dit, on va jouer, on va jouer, on va jouer.
01:47Mais je ne sais pas comment j'ai joué, comme un zombie, quoi.
01:49Mais j'ai joué, j'ai joué.
01:51Ça a été terrible.
01:53Dans la petite ville de Villeneuve-sur-Yonne, c'est l'effroi.
01:57Le département a déjà connu le tueur en série Émile Louis,
02:00surnommé le boucher de Lyonne.
02:02Michel Fourniret a commis quelques-uns de ses crimes atroces dans la région aussi.
02:05Et le tristement célèbre Dr Petiot, qui a tué au moins 27 personnes,
02:10était originaire de Villeneuve-sur-Yonne.
02:13À l'apostole, on n'imaginait pas que ce genre de drame pouvait se produire aussi ici.
02:19Retranchée chez elle en Seine-et-Marne,
02:20l'épouse de Jean-Pierre Trébert est elle aussi bouleversée.
02:24« C'est atroce, je suis catastrophée »,
02:26dit-elle aux journalistes qui viennent l'interroger.
02:29Dès le départ, les légistes écartent la thèse d'une mort par balle ou par arme blanche.
02:33« Aucune trace de violence n'est en effet relevée sur les victimes
02:37qui n'ont pas non plus subi de sévices sexuels. »
02:41La piste la plus vraisemblable est celle d'un empoisonnement.
02:44On attend désormais les résultats toxicologiques.
02:46L'enquête n'est donc pas terminée.
02:49Il reste encore à définir les circonstances exactes de la mort des deux jeunes femmes,
02:53mais aussi à comprendre pourquoi elles ont été tuées.
02:56Ont-elles été séquestrées d'abord ?
02:58Et surtout, Jean-Pierre Trébert a-t-il agi seul ?
03:05Damien Delsenis, le samedi 1er janvier 2005,
03:09on apprend que Katia Lherbier et Géraldine Giraud ont bien été empoisonnées.
03:14Oui, parce que les analyses toxicologiques vont révéler que Katia et Géraldine ont inhalé un gaz toxique.
03:21On en trouve dans leur voie respiratoire et on trouve des traces de chloroformes
03:25qui sont en fait issues de la décomposition de la chloropicrine.
03:29C'est un produit extrêmement toxique qui sert notamment à empoisonner des nuisibles,
03:33comme des renards par exemple.
03:35Et on sait qu'une simple bouteille débouchée dans une pièce peut tuer.
03:38D'ailleurs, le procureur dira lors de sa conférence de presse,
03:41Il suffit dans une pièce d'un volume normal d'ouvrir un flacon.
03:45Un quart d'heure plus tard, tout le monde est mort.
03:47Alors c'est un gaz incolore, sous forme liquide,
03:50et qui est d'ailleurs, de par sa dangerosité, interdit à la vente depuis 1989.
03:54Est-ce qu'il y a des raisons de penser que Jean-Pierre Trébert pouvait avoir accès à ce produit
03:59?
03:59Alors oui, vu ses activités de garde forestier, de chasseur,
04:03il peut tout à fait avoir accès à ce produit.
04:05Mais simplement, on ne va pas en retrouver chez lui lorsqu'on va perquisitionner.
04:09Et lui, continue à dire qu'il n'a rien à voir avec tout ça.
04:13Le mardi 1er mars 2005, Damien,
04:15alors que l'enquête patine un peu et que Jean-Pierre Trébert continue à nier,
04:19on assiste à un énorme retournement de situation.
04:22Avec le retour, en fait, au centre de l'enquête d'une femme,
04:26dont on a déjà parlé tout au début de cette histoire,
04:28c'est la tante de Géraldine Giraud,
04:30qui était aussi la colocataire de Katia.
04:32Et en fait, c'est grâce à elle que les deux femmes s'étaient rencontrées,
04:35c'est même chez elle qu'elles s'étaient rencontrées.
04:36Et c'est dans cette maison, donc rue Bourg-Père-Assens,
04:39qu'on va retrouver dans le sous-sol, dans la cave,
04:43des traces de chloropicrine.
04:47Marie-Christine Van Kempen est la sœur de la femme de Roland Giraud,
04:51la tante maternelle donc de Géraldine.
04:54Elle est grande, assez robuste,
04:56a le regard bleu clair, presque transparent,
04:58et les cheveux rouflamboyants.
05:01Elle est chanteuse lyrique, soprano plus précisément.
05:04Au printemps 2004, Katia Lherbier avait voulu s'améliorer en chant.
05:08Et c'est auprès de Marie-Christine
05:09qu'elle avait décidé de prendre des cours.
05:12L'entente entre les deux femmes était telle
05:14que Marie-Christine Van Kempen,
05:16qui cherchait une colocataire,
05:17avait fini par proposer à Katia
05:19de s'installer chez elle.
05:21Marie-Christine vit chichement,
05:23de concerts donnés essentiellement en Allemagne.
05:26Et souvent, c'est Roland Giraud
05:28qui doit payer son loyer.
05:29L'arrivée de Katia l'a donc beaucoup soulagée.
05:33Quand la police fouille la maison
05:34de la rue Beaurepère à Sens,
05:36c'est dans le but de trouver des indices
05:38dans les affaires de Katia, justement.
05:40Et c'est toujours dans ce but
05:41qu'ils saisissent des chiffons à la cave
05:44et qu'ils les envoient pour être expertisés.
05:46Quand la présence du produit toxique est révélée,
05:49les enquêteurs eux-mêmes ont du mal à y croire.
05:52Et si les deux femmes étaient mortes dans cette cave ?
05:55Dans la foulée de cette découverte,
05:58la cadrage énerve est placée en garde à vue à Sens
06:00par les policiers de la police judiciaire de Dijon.
06:10Damien, comment réagissent Roland Giraud
06:12et sa femme à l'annonce de cette nouvelle ?
06:14Ils sont plutôt sidérés,
06:16parce que cette piste,
06:17elle les plonge quand même dans une douleur supplémentaire,
06:19puisque cela voudrait dire
06:20que c'est un membre de leur famille,
06:22en l'occurrence la propre sœur
06:24de la maman de Géraldine,
06:25qui pourrait être derrière tout ça.
06:27Que dit Marie-Christine Van Kempen ?
06:29Alors elle, elle nie absolument tout.
06:31Elle va surtout ajouter qu'elle n'a jamais vu
06:33ou même rencontré une fois dans sa vie Jean-Pierre Trébert.
06:36Au-delà de ces analyses,
06:37d'autres éléments retrouvés motivent cette mise en examen ?
06:41En réalité, les enquêteurs et les juges d'instruction,
06:44ce qu'ils cherchent à comprendre,
06:45c'est le mobile de ce double meurtre.
06:46Alors certes, ils ont sous la main Jean-Pierre Trébert
06:48qui utilise des cartes bleues,
06:49mais ça leur paraît un peu léger.
06:51Tuer deux jeunes femmes
06:52juste pour leur piquer la carte bleue
06:54et faire des achats de quelques centaines d'euros,
06:56ça leur paraît pas tenir.
06:57Donc ils essaient de gratter un petit peu autour
06:59et ils trouvent la relation sentimentale
07:02qu'il y a eu entre Katia et Marie-Christine Van Kempen.
07:05Et lors de la perquisition au domicile de Marie-Christine,
07:08ils vont d'ailleurs retrouver une lettre écrite
07:10par la tante de Géraldine à Katia,
07:12une lettre de rupture en fait,
07:14où Marie-Christine Van Kempen évoque son dépit
07:16de voir Katia se rapprocher de sa nièce.
07:18« Lettre à Katia.
07:20Ce fut une jolie rencontre.
07:22Je la garde belle dans mon cœur.
07:24Je lâche entièrement prise
07:25quant à ta rencontre avec Gégé
07:27et vous souhaite de grands moments de bonheur.
07:29Je t'ai ouvert grand mon cœur
07:31et donné toute ma confiance,
07:33mais à présent la fluidité a disparu.
07:35L'ombre de la famille Giraud
07:37pèse trop lourd sur moi
07:39pour ne pas parasiter mon quotidien
07:40à travers votre rencontre.
07:42Nos chemins se séparent là pour l'instant.
07:44Si tu me comprends, respecte. »
07:47Donc là, on arrive sur la jalousie,
07:50le dépit amoureux,
07:51qui sont des mobiles
07:52qu'on retrouve assez souvent dans les meurtres.
07:54Et puis, il semblerait aussi quand même
07:55que Marie-Christine Van Kempen,
07:57elle ait un peu menti sur son alibi.
07:59Alors, elle dit qu'elle était chez sa mère
08:01dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre,
08:03qui semble être la nuit décisive et fatale
08:06où Katia et Géraldine ont été tués.
08:08Et en fait, on s'aperçoit que cet alibi,
08:10il ne tient pas.
08:11Donc, c'est un mensonge
08:12ou en tout cas une inexactitude
08:14qui vient aussi peser un peu contre elle.
08:17La police judiciaire de Dijon
08:19pense enfin détenir la clé de l'énigme.
08:22Marie-Christine Van Kempen,
08:23la tante de Géraldine déjà placée en garde à vue
08:25en mars 2005,
08:27est à nouveau interpellée
08:28et placée en garde à vue
08:29pour complicité d'assassinat
08:31le jeudi 24 novembre 2005 au matin.
08:34Au même moment qu'elle,
08:35une autre femme est aussi interpellée.
08:38Il s'agit de Patricia Darbo,
08:39une amie de Jean-Pierre Trébert.
08:41Elle a utilisé les cartes bleues des victimes
08:43et est soupçonnée de recel d'escroquerie.
08:46Les deux femmes sont écrouées dans la foulée.
08:48Présentée hier au juge d'instruction de sens,
08:51Marie-Christine Van Kempen et Patricia Darbo
08:53ont été incarcérées en fin d'après-midi.
08:56La tante de Géraldine Giraud
08:58est mise en examen
08:59pour complicité d'assassinat.
09:01L'ami du principal suspect,
09:03Jean-Pierre Trébert,
09:04pour recel d'escroquerie.
09:07Les policiers pensent que Patricia Darbo,
09:09par l'intermédiaire de son ami Jean-Pierre Trébert,
09:12a utilisé les cartes bancaires des deux victimes
09:14pour acheter des laillettes
09:15et des produits pour son enfant en bas âge,
09:17mais aussi pour manger au restaurant.
09:19Les charges qui pèsent sur Marie-Christine Van Kempen
09:22sont plus lourdes,
09:23puisqu'elle est soupçonnée d'avoir participé,
09:25au moins indirectement,
09:27à la séquestration
09:28et aux deux meurtres de sa nièce et de Katia.
09:31Marie-Christine Van Kempen
09:32et Patricia Darbo
09:33affirment pourtant ne pas se connaître.
09:36Mais les enquêteurs,
09:37après une vérification dans un bar de Fontainebleau,
09:40pensent qu'elles mentent.
09:41Quelqu'un aurait confirmé
09:43que les trois suspects
09:44se seraient rencontrés dans ce café
09:46où Patricia Darbo avait ses habitudes.
09:48Ce qui permet désormais
09:49de faire apparaître en pointillé un mobile.
09:52Marie-Christine Van Kempen
09:53aurait très mal vécu la liaison
09:56entre son ancienne petite amie Katia
09:57et Géraldine Giraud.
09:59Selon les enquêteurs,
10:01Marie-Christine Van Kempen
10:02aurait pu demander à Jean-Pierre Trébert,
10:04par le biais de Patricia Darbo,
10:06de faire peur à sa nièce.
10:08Les choses ensuite
10:09ne se seraient peut-être pas déroulées
10:11comme prévu.
10:15Damien,
10:16finalement,
10:16les deux femmes
10:17bénéficient d'un non-lieu.
10:18Oui, trois ans plus tard,
10:20en octobre 2008.
10:21Alors, pourquoi un non-lieu ?
10:22Parce qu'en réalité,
10:24les éléments à charge
10:25et contre Marie-Christine
10:26et contre Patricia Darbo
10:27ne sont pas suffisants.
10:29Les enquêteurs n'arriveront pas
10:30à établir le lien
10:32entre Jean-Pierre Trébert
10:33et Marie-Christine Van Kempen.
10:35On l'a dit,
10:35elle, elle dit ne pas le connaître.
10:37Lui, il dit ne pas la connaître.
10:39Le seul élément qu'ils avaient,
10:40c'était ce fameux bar de Fontainebleau
10:42où ils se seraient rencontrés,
10:43qui aurait été une sorte de bar conspiratif
10:45avant de passer à l'acte.
10:47Mais les témoignages
10:48qui valident la présence
10:50et de Marie-Christine
10:50et de Trébert dans ce bar,
10:52ils sont trop fragiles.
10:53Et donc,
10:53on ne peut pas asseoir
10:54des poursuites aussi graves
10:56que celles de complicité d'assassinat
10:57sur un simple témoignage
10:59qui n'a pas réussi
11:00à être bien vérifié.
11:01Donc, non-lieu en octobre 2008
11:03et elles sont ensuite libérées.
11:05Elles sortent de prison
11:06en janvier 2009.
11:07Et quelques mois plus tard,
11:08il y a encore
11:09un rebondissement dans cette affaire.
11:11Alors, celui-là,
11:12il va avoir tout le parfum du scandale
11:13puisque le mardi
11:148 septembre 2009,
11:16dans la soirée,
11:17la maison d'Arré-Dosser
11:19se rend compte
11:19que Jean-Pierre Trébert
11:20s'est évadé de prison
11:21dans la matinée.
11:23Alors, c'était jusqu'ici
11:24un détenu modèle, calme.
11:25Il était même devenu
11:26chef d'atelier.
11:27Vous savez, en prison,
11:29il y a des ateliers
11:30où on travaille,
11:31où on fait travailler les détenus.
11:32Et lui, il était chef
11:33de l'atelier
11:34qui confectionnait
11:35des cartons
11:35au rez-de-chaussée de la prison.
11:38Des cartons
11:38qui étaient ensuite
11:39destinés à être chargés
11:40dans un camion
11:41qui rentrait dans la prison
11:42pour venir prendre
11:43livraison de ces cartons.
11:44qui devaient ensuite
11:45les livrer
11:45dans une autre commune
11:46de Lyon.
11:47Et plus précisément,
11:48comment il a fait
11:48pour s'évader ?
11:49Presque tout simplement,
11:50j'allais dire,
11:51il s'est enfermé
11:52lui-même dans un carton.
11:54Il avait un peu prévu son coup.
11:55Il est arrivé le matin
11:56à l'atelier.
11:56Il avait conçu déjà
11:57un carton qui était prêt.
11:59Il s'est mis à l'intérieur.
12:00Il a demandé...
12:00Évidemment,
12:01il avait besoin d'une complicité.
12:02Il a demandé à un autre détenu
12:03de l'enfermer dans ce carton.
12:05Ce carton,
12:05il a été posé sur une pile
12:06avec d'autres.
12:07Et effectivement,
12:07quand le camion de livraison
12:08est arrivé
12:09pour prendre en charge
12:10ses cartons
12:11sur une palette,
12:12le livreur,
12:13il a emmené
12:13sans le savoir
12:14Jean-Pierre Trébert
12:15à l'intérieur d'un carton.
12:16Comment est-ce qu'on explique
12:17que le personnel de la prison
12:18ne s'en rende compte
12:19que dans la soirée ?
12:20Alors,
12:21c'est pas normal déjà,
12:22mais il avait bien,
12:23bien préparé son coup.
12:24Il avait expliqué
12:25au surveillant
12:26qu'il avait une grosse confiance
12:28en lui,
12:28parce qu'encore une fois,
12:29c'était plutôt
12:29le détenu calme modèle
12:31et c'est pour ça
12:32qu'il était chef
12:32de cet atelier.
12:33Et il leur a dit
12:34le matin,
12:35en arrivant dans l'atelier,
12:36vous n'en faites pas
12:37si je ne suis pas là
12:37cet après-midi,
12:38j'ai rendez-vous
12:39avec un magistrat.
12:39Bon,
12:40le problème,
12:40c'est que les surveillants,
12:41ils n'ont rien vérifié
12:42et qu'effectivement,
12:43quand il ne s'est pas présenté
12:44l'après-midi à l'atelier,
12:45personne ne s'est inquiété
12:47de son absence
12:47et en fait,
12:48cette absence,
12:49elle est découverte très tard
12:50à la fin du travail quotidien.
12:52Là,
12:52ça fait déjà quelques heures
12:53que Jean-Pierre Trébert
12:54il est parti,
12:55donc on donne l'alerte
12:56mais les premières fouilles
12:57qui sont faites
12:58autour de la prison
12:59et dans les forêts
13:01immédiatement alentour
13:01ne vont rien donner.
13:06Pendant dix jours,
13:07aucune trace
13:08de Jean-Pierre Trébert
13:09et le jeudi 17 septembre 2009,
13:12le tueur présumé
13:13s'offre le luxe
13:14de narguer la police.
13:16Il envoie une lettre
13:17au chroniqueur gastronomie
13:19du journal hebdomadaire Marianne.
13:21Dans cette lettre,
13:22Jean-Pierre Trébert
13:23clame son innocence.
13:24Le courrier est arrivé
13:26sur le bureau
13:26d'un journaliste
13:27de l'hebdomadaire Marianne.
13:29Deux feuilles manuscrites
13:30signé Trébert Jean-Pierre
13:32et qui pourrait
13:33avoir été envoyé
13:34du Jura.
13:35Et donc je l'ai ouverte
13:36et j'ai vu tout de suite
13:37Jean-Pierre Trébert,
13:38je connais l'affaire,
13:38je la suis évidemment.
13:40J'ai cru plutôt
13:40à une blague
13:41ou un canular
13:41et puis il y avait
13:42sa carte de détenu
13:43à l'intérieur.
13:45Numéro d'écrou
13:4513 855,
13:47la carte de détenu
13:48difficilement falsifiable
13:49est en cours
13:50d'authentification.
13:52Dans sa lettre,
13:53l'homme explique d'abord
13:53pourquoi il s'est évadé
13:54de la prison d'Ausserre.
13:56Je ne supportais plus
13:57la détention
13:58étant au bord du suicide
13:59décrit-il.
14:00Il clame son innocence
14:01avant de conclure.
14:03J'ai donc choisi
14:04cette solution d'évasion
14:05qui n'est pas la meilleure
14:06mais c'est peut-être
14:07le seul moyen
14:08de me faire entendre
14:08avant le procès
14:09où je serai présent.
14:12L'homme des bois
14:13correspond aussi
14:13avec une de ses amies
14:14à laquelle il parle
14:16d'un arbre boîte aux lettres.
14:18Les enquêteurs
14:18finissent par comprendre
14:19qu'il s'agit
14:20d'un arbre bien précis
14:21situé dans la forêt
14:22de Bonbon
14:23et sur lequel un cœur
14:24a été gravé
14:25pour le rendre repérable.
14:27C'est en fait un endroit
14:28où Jean-Pierre Trébert
14:30dépose des messages
14:31et réceptionne
14:32ceux de son ami.
14:33Cela lui permet
14:34d'éviter de passer
14:35des coups de téléphone
14:36et de trop se déplacer.
14:38Évidemment,
14:39cet arbre est repéré
14:40par les policiers du RAID
14:41qui planquent autour
14:42pendant plusieurs jours.
14:44Ils se camouflent,
14:45s'enterrent dans le sol
14:46et depuis leur cachette,
14:49guettent les allées et venues
14:50de Jean-Pierre Trébert.
14:52Mais c'est surtout
14:53celle des journalistes
14:53qu'il remarque.
14:55Désireux de dénicher
14:56des lettres du suspect
14:57numéro 1,
14:58voire de trouver
14:59Jean-Pierre Trébert lui-même,
15:00ils viennent fureter
15:01autour de l'arbre
15:02et gênent le travail
15:03des policiers
15:03qui s'en plaignent.
15:05Malgré tout,
15:06les enquêteurs apprennent
15:07que le 8 octobre,
15:08Jean-Pierre Trébert
15:09a un rendez-vous
15:10à côté de cet arbre.
15:12Les policiers d'élite
15:13sont prêts à l'interpeller.
15:14Mais peu de temps
15:15avant l'heure du rendez-vous,
15:17un couple en voiture
15:17vient s'installer
15:18juste à côté.
15:19Ça les gêne.
15:21Mais surtout,
15:22il pleut des cordes.
15:23Si bien que
15:24quand ils sortent
15:25pour interpeller
15:26Jean-Pierre Trébert,
15:27celui-ci arrive
15:28à les semer.
15:29Il saute dans un roncier
15:31et disparaît.
15:33Ce n'est pas
15:33le premier échec
15:34pour les enquêteurs.
15:36Quelques jours plus tôt,
15:37un homme a signalé
15:38avoir vu
15:38l'homme des bois
15:39dans une petite ville
15:40de Seine-et-Marne
15:41à Bréau.
15:42Des caméras
15:43ont effectivement
15:44enregistré
15:44une image
15:45de Jean-Pierre Trébert
15:46qui est bien passée
15:47par là
15:47mais qui court toujours.
15:51En plaçant sur écoute
15:52un ami
15:52de Jean-Pierre Trébert,
15:54les enquêteurs
15:54finissent par comprendre
15:56que l'homme des bois
15:57ne vit peut-être
15:58plus en forêt.
15:59Oui,
15:59on va apprendre
15:59que le samedi 10 octobre,
16:01c'est-à-dire après
16:02un peu plus d'un mois
16:03de cavale,
16:03il s'est présenté
16:05chez des amis
16:05qui habitent tout près
16:06en lisière
16:07de cette fameuse forêt
16:07de bonbons.
16:08On le sait,
16:09il vient juste
16:10à ce moment-là
16:10d'échapper
16:11de justesse
16:11aux hommes du raide
16:12là sous les trompes d'eau
16:13quand il a été poursuivi.
16:14Donc quand il arrive
16:15dans cette ferme,
16:16il est trempé,
16:17il est affamé,
16:18il est amaigri.
16:19Donc ses amis
16:20vont décider de l'héberger
16:22pour lui porter secours
16:23en quelque sorte
16:24mais aussi parce que
16:25comme pas mal d'autres gens
16:26il croit encore
16:27en son innocence.
16:28Mais au bout de quelques jours
16:29la présence
16:30à leur domicile
16:32de l'homme
16:32le plus recherché
16:33de France
16:33ça commence quand même
16:34à devenir pesant
16:35pour eux
16:35donc ils cherchent
16:36à savoir comment
16:37ils peuvent
16:38en quelque sorte
16:39refiler la patate chaude
16:40à quelqu'un d'autre
16:41et ils vont s'adresser
16:42à un ami
16:42qui s'appelle
16:43Régis Charpentier
16:44qui lui se dit
16:45qu'il y a peut-être
16:45un petit billet à prendre
16:46en offrant son aide
16:47en quelque sorte
16:48à Trébert et à ses amis
16:49et lui va accepter
16:50de l'héberger
16:51dans un studio
16:53qu'il possède
16:54à Melun
16:54en Seine-et-Marne
16:55c'était un studio
16:55qui était dédié
16:56à sa fille
16:57mais qui vient de le quitter
16:58donc l'appartement
16:59est vide
16:59il est libre
17:00et c'est là
17:01dans ce studio
17:02ce petit studio de Melun
17:03que les policiers
17:04du Red
17:04vont venir cueillir
17:05Trébert
17:06le 20 novembre 2009
17:07à 16h25
17:08L'homme le plus recherché
17:10de France
17:11Jean-Pierre Trébert
17:11a donc été arrêté
17:12cet après-midi
17:13en Seine-et-Marne
17:14il était en cavale
17:15depuis son évasion
17:16de la prison d'Ausserre
17:17c'est une traque
17:18de 74 jours
17:19qui prend fin
17:20le double assain
17:21présumé
17:22devrait être déféré
17:23au palais de justice
17:24d'Ausserre
17:24puis être réincarcéré
17:26Les 4 amis
17:26qui l'ont aidé
17:27seront jugés
17:28et condamnés
17:29des années plus tard
17:30pour complicité
17:31De retour en prison
17:32en novembre 2009
17:34Jean-Pierre Trébert
17:35continue à clamer
17:36son innocence
17:36dans les meurtres
17:37de Katia Lherbier
17:38et Géraldine Giraud
17:39Il affirme toujours
17:41que les 2 femmes
17:41lui ont bien donné
17:42leur carte bancaire
17:43et qu'il ne sait pas
17:44ce qu'il s'est passé ensuite
17:45C'est dans la prison
17:47de l'Essonne
17:48Fleury-Mérogis
17:48cette fois-ci
17:49qu'il attend son procès
17:51Le samedi 20 février 2010
17:53deux mois jour pour jour
17:55avant l'ouverture du procès
17:56Jean-Pierre Trébert
17:57se suicide dans sa cellule
17:58au petit matin
17:59en portant avec lui
18:00ses secrets
18:01L'action judiciaire s'éteint
18:03et met un terme
18:04à l'une des affaires criminelles
18:06les plus médiatisées
18:07des années 2000
18:17Vous venez d'écouter
18:18Crime Story
18:18le podcast
18:19fait divers du Parisien
18:20avec à la production
18:22Emma Jacob
18:23et Thibaut Lambert
18:24à la réalisation
18:25Julien Moncouquiol
18:26et à la rédaction en chef
18:28Jules Lavi
18:29Si vous avez aimé
18:30cet épisode
18:31vous pouvez nous le dire
18:32avec des petites étoiles
18:33ou en nous laissant
18:34des commentaires
18:34Vous pouvez également
18:36vous rendre sur notre site
18:37si vous voulez connaître
18:39les références
18:39qui nous ont permis
18:40d'écrire cet épisode
18:41Crime Story
18:42est un podcast raconté
18:44avec Damien Delsenis
18:45et à retrouver chaque samedi
18:47sur leparisien.fr
18:49et sur toutes les plateformes
18:50d'écoute
18:50Sous-titrage Société Radio-Canada
18:53Sous-titrage Société Radio-Canada
18:56Sous-titrage Société Radio-Canada
18:58Sous-titrage Société Radio-Canada
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