Passer au playerPasser au contenu principal
Depuis que cette mère de famille s’est volatilisée le 27 février 2000, son mari Jacques Viguier clame son innocence… Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties. Dans Crime story, la journaliste Clawdia Prolongeau raconte cette enquête avec Damien Delseny, chef du service police-justice du Parisien.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Thibault Lambert et Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network

Archives : INA

#crime #suzanneviguier #crimestory

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast faits divers du Parisien.
00:08Décidément, ce sont les faits divers et leurs conséquences qui ont la vedette aujourd'hui.
00:13Des restes humains ont été retrouvés sur la propriété.
00:17Le préfet de la région Corse a été assassiné de plusieurs balles dans la tête ce soir.
00:21Un couple et ses quatre enfants ont donc disparu. L'enquête se vante aujourd'hui vers un geste criminel.
00:27Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle en m'appuyant sur l'expertise du chef du service police
00:33-justice du Parisien, Damien Delsenis.
00:38Bonjour Damien. Bonjour Claudia.
00:39Aujourd'hui dans Crime Story, la disparition de Suzanne Viguier.
00:43Une épouse qui se volatilise, un mari mystérieux, un amant très présent. L'affaire Viguier, c'est le dossier du
00:49doute perpétuel.
00:52Le mercredi 1er mars 2000, un homme se présente au commissariat du quartier des Ormeaux à Toulouse.
00:58Ce n'est pas n'importe qui.
01:00Jacques Viguier, 42 ans, est une personnalité locale distinguée par le titre honorifique de vice-doyen de la faculté de
01:06droit Toulouse-Capitole.
01:08Enseignant brillant, bachelier à 16 ans, agrégé à 32, respecté et admiré de tous,
01:15Jacques Viguier est aussi considéré comme l'un des plus grands spécialistes de droit public français.
01:19Ce jour-là, il vient signaler au policier que sa femme, Suzanne, s'est évaporée.
01:26Les policiers sont surpris que le mari ne se manifeste que maintenant.
01:30Cela fait quand même déjà 4 jours que Suzanne n'a donné signe de vie à personne.
01:35Pourquoi Jacques Viguier ne s'est-il pas inquiété plus tôt ?
01:39Le professeur explique que les relations avec son épouse sont un peu tendues
01:43et qu'il lui arrivait de passer des journées et des nuits entières en dehors de la maison.
01:48D'ailleurs, voilà plusieurs mois que lui et sa femme faisaient chambre à part.
01:53La veille de sa disparition, Suzanne avait passé l'après-midi et la soirée dehors avec un ami.
01:59Jacques dit l'avoir entendu rentrer vers 4h du matin.
02:03Comme d'habitude depuis quelques mois, elle est allée se coucher dans le canapé-lit du bureau,
02:07qui fait aussi office de chambre d'amis.
02:09Le lendemain, dimanche 27 février, le professeur de droit se réveille vers 8h30 et descend dans la cuisine.
02:17Peu de temps après, les trois enfants du couple, Clémence, 11 ans, et les jumeaux Guillaume et Nicolas, 8 ans,
02:24le rejoignent pour prendre leur petit déjeuner avec lui.
02:27C'est pour eux la première semaine des vacances scolaires.
02:30Vers 10h30, le père de Jacques Viguier vient chercher les enfants pour les emmener se balader.
02:36Il est convenu qu'ensuite, tout le monde se retrouve pour le déjeuner chez les parents de Jacques Viguier,
02:41au sud de Toulouse, dans une commune qui s'appelle Vieille-Toulouse.
02:45Jacques dispose donc d'environ deux heures devant lui.
02:47Il décide d'aller faire un footing.
02:50Quand il part courir, Suzanne n'est toujours pas levée.
02:53Quand il revient, environ une heure plus tard, les volets de la chambre d'amis où elle dormait sont toujours
02:59baissés.
02:59Mais elle n'est plus là.
03:01Jacques en déduit que sa femme est partie entre-temps.
03:05Il se douche, s'habille et prend sa voiture pour aller déjeuner chez ses parents.
03:10Quand il revient dans l'après-midi avec ses enfants, Suzanne n'est toujours pas là.
03:15Elle ne rentrera jamais.
03:17Cette disparition est tout de suite prise au sérieux par les policiers.
03:21Déjà parce que Jacques Viguier évoque la possibilité que sa femme ait fugué,
03:25pourquoi pas pour rejoindre une secte,
03:26même s'il admet être surpris qu'elle ait pu partir sans se soucier de leurs enfants.
03:31Ensuite, et c'est plus intriguant,
03:33parce que la disparition de Suzanne a en fait déjà été déclarée à deux reprises.
03:39Depuis le dimanche 27 février, un autre homme s'est déjà présenté au commissariat.
03:44Extrêmement inquiet, il a affirmé être l'amant de Suzanne Viguier.
03:53Damien, cet homme s'appelle Olivier Durandet.
03:56Oui, effectivement, il ne fait pas mystère de sa relation avec la disparue.
04:00Olivier Durandet, c'est un homme de 33 ans.
04:03Il est VRP dans les matériaux de construction.
04:06Évidemment, il n'a pas le même statut social que le mari de Suzanne,
04:09mais ils se sont découverts tous les deux une passion commune pour le jeu de tarot.
04:13Depuis l'été 98, ils ont entamé cette relation.
04:16Ils s'aiment, sans vraiment le cacher d'ailleurs.
04:19La veille de la disparition de Suzanne, le samedi soir,
04:22elle était avec lui à un tournoi de tarot, justement organisé dans une ville voisine.
04:26Ils ont gagné ce tournoi en équipe.
04:28C'était la première fois qu'ils gagnaient un tournoi tous les deux.
04:31Et donc, il va expliquer aux policiers cette soirée.
04:33Et il va dire, voilà, moi je l'ai ramené chez elle.
04:36Il était assez tard.
04:37Il était environ 4h30 du matin.
04:39Lorsque les enquêteurs entendent plus longuement Olivier Durandet,
04:43celui-ci réfute la thèse d'une fugue de la part de Suzanne.
04:46Il n'y croit pas du tout.
04:47Il met en avant leur intimité, leur histoire d'amour.
04:50Et surtout, il explique aux policiers que Suzanne,
04:53elle avait pris la décision de divorcer
04:55et qu'elle avait rendez-vous avec un avocat
04:58très peu de temps après sa disparition.
05:00Et que justement, ce divorce, ça allait marquer aussi pour eux
05:03une nouvelle vie, une vie commune.
05:05Ils allaient vivre ensemble.
05:05Donc, il ne voit pas très bien pourquoi elle aurait décidé de partir, de fuguer.
05:09Et il précise aussi immédiatement aux policiers
05:11que le mari de Suzanne, Jacques Viguier,
05:14ainsi qu'une grande partie de la famille,
05:15étaient très hostiles à cette séparation.
05:18Puis, c'est à Jacques Viguier d'être convoqué.
05:20Oui, parce que les policiers, ils se demandent toujours pourquoi.
05:22Il a attendu plusieurs jours pour signaler la disparition de sa femme.
05:27Alors, Jacques Viguier, quand il est interrogé,
05:28il répond relativement calmement.
05:30Il dit qu'il ne s'est pas inquiété
05:31parce qu'elle avait l'habitude de partir comme ça, sans prévenir.
05:34Il va confirmer aussi leur vie maritale un peu chamboulée,
05:39c'est-à-dire qu'ils vivent sous le même toit,
05:40mais qu'ils sont assez libres dans leurs relations,
05:43qu'ils ne dorment pas dans la même chambre, etc.
05:45Et il va dire, de toute façon, son départ, il n'est pas tellement surprenant
05:48puisque c'est le début des vacances scolaires d'hiver.
05:51Elle a dû partir quelques jours.
05:53D'ailleurs, moi-même, je devais accompagner les enfants,
05:55les trois enfants, pour aller faire du ski.
05:59Jacques Viguier est né le 16 octobre 1957,
06:03à Toulouse, d'une mère institutrice et d'un père attaché d'administration.
06:07Suzanne, le 27 novembre 1961, à Aurillac, dans le Massif central.
06:12Ils se sont rencontrés à l'université.
06:15Elle était étudiante en droit et lui, tout jeune maître de conférences.
06:18Il a l'air sérieux, la carrure athlétique de l'ancien champion de Brasse
06:22qu'il fut plus jeune, des yeux bleus, et il est rasé de près.
06:26Suzy, comme ses proches l'appellent, a de longs cheveux châtains,
06:30est toujours souriante et a le regard pétillant.
06:33Leurs caractères sont assez éloignés.
06:35Jacques est brillant, mais rigoureux, plutôt fermé.
06:38Suzanne est gracieuse, lumineuse, elle rêve de liberté.
06:43Étudier le droit est la décision de ses parents plutôt que la sienne.
06:46Ce qu'elle aime vraiment, elle, c'est la danse.
06:49Ils se marient le samedi 20 août 1988.
06:53Suzy se lance et devient professeure de danse.
06:56Elle enseigne le classique à des enfants dans une école de ville franche de Loraguet
07:00et au foyer rural de Basiège, au sud-est de Toulouse.
07:04Elle monte aussi des spectacles dans un cabaret transformiste.
07:07Un an après leur mariage, en 1988, le couple accueille son premier enfant,
07:12une fille, Clémence.
07:13En 1992, deux garçons, des jumeaux, Nicolas et Guillaume, agrandissent la famille.
07:20Entre ces deux moments de bonheur, le couple a vécu un drame,
07:23Romain, un enfant mort-né, en 1991.
07:27Suzy est terrassée, alors que Jacques semble plus distant.
07:31C'est le premier coup de pioche qui va creuser le fossé entre deux.
07:35A l'hiver 2000, les Viguets habitent depuis trois ans une petite villa du quartier Prisé de Lormeau, à Toulouse.
07:41C'est une maison au mur beige, derrière un portail en fer noir qui donne sur la rue,
07:46avec une véranda, un balcon, des volets roulants et un jardin plein d'arbres.
07:50Le tableau paraît idyllique.
07:52Pourtant, dès l'année 1995, les relations dans le couple s'enveniment.
07:58Suzanne apprend que, même en l'épousant, Jacques n'a rien perdu de son attirance pour les étudiantes.
08:03Souvent austère à la maison, il sait se montrer charmeur et séduisant à la fac,
08:07et il collectionne les aventures et les liaisons.
08:10Ce n'est un secret pour personne, et surtout pas pour ses collègues,
08:13qui, des années après, continuent à évoquer, un sourire aux lèvres,
08:18le caractère dragueur de ce prof de droit.
08:21Pour autant, le couple ne se sépare pas.
08:24Aussi blessée soit-elle, il n'est pas question pour Suzanne de détruire sa famille.
08:28Mais en 1998, la donne change.
08:31La danseuse fait la connaissance d'Olivier Durandet.
08:34Il a six ans de moins qu'elle, et il tombe fou amoureux.
08:38Mais ça, Jacques Viguier ne le sait pas.
08:40C'est du moins ce qu'il dit aux enquêteurs qui le convoquent pour un interrogatoire,
08:44le vendredi 10 mars, près de deux semaines après la disparition de Suzanne.
08:49Les enquêteurs décident de perquisitionner la maison du couple
08:52et se rendent aux 19 rues des Corbières, accompagnées de Jacques Viguier.
08:56Dans l'allée, il y a encore la Peugeot 106 de sa femme.
09:00Première surprise pour les policiers qui imaginaient qu'elle aurait fugué avec.
09:04Ils font le tour de la bâtisse, aucune trace d'effraction récente n'apparaît.
09:09À l'intérieur, la maison est propre, rangée, il n'y a pas de traces de lutte.
09:14Deuxième surprise, les enquêteurs trouvent le sac de Suzanne dans un placard.
09:21Damien, il présente ce sac à Jacques Viguier, qui n'est pas du tout surpris de le voir ici.
09:27Non, il va même dire aux policiers qu'ils l'avaient vu effectivement dans ce placard,
09:30mais qu'ils ne leur en avaient pas parlé.
09:32Alors qu'en fait, ça fait quand même plusieurs heures qu'ils sont tous à la recherche du moindre indice
09:36permettant de se mettre sur la trace ou d'avoir des indications sur les conditions de fuite de Suzanne.
09:41En plus, dans ce sac, il y a tous ses papiers d'identité, il y a ses clés.
09:45Donc là, pour une fugue, c'est quand même très étonnant.
09:47Elle n'a pas pris la voiture, elle n'a pas pris ses papiers, elle n'a pas pris ses
09:49clés.
09:51Autre découverte que vont faire les policiers dans la maison,
09:53les lentilles de contact de Suzanne qui sont posées dans la salle de bain.
09:57Or, elle souffre d'une très forte myopie et elle ne peut pas sortir,
10:01elle ne peut pas conduire, elle ne peut pas marcher si elle n'a pas ses lentilles.
10:05Les enquêteurs emmènent Jacques Viguier dans la chambre d'amis
10:08où il dit que Suzanne dormait depuis quelque temps.
10:11Et là, ils vont découvrir que le canapé-lit est replié.
10:14C'est effectivement là qu'elle s'est couchée dans la nuit du samedi au dimanche
10:18quand elle est rentrée après son tournoi de tarot.
10:20Les enquêteurs, ils décident de déplier le clic-clac.
10:23Et là, surprise, il n'y a plus de matelas.
10:25Un policier présent à cet instant se souvient très bien
10:28qu'à ce moment-là, Jacques Viguier est devenu, comme il dit, blanc comme un linge
10:32et qu'il s'est précipité à l'extérieur de la maison comme un fou, dit le policier.
10:38Jacques Viguier est ramené au commissariat où il est placé en garde à vue.
10:42Sommé de répondre aux questions des enquêteurs,
10:44il explique que le matelas du canapé-lit du bureau était sale
10:48et qu'il est allé le jeter à la décharge.
10:51La chronologie interroge les policiers qui ont de plus en plus de mal à croire
10:54que l'homme qui se tient devant eux est aussi étranger qu'il le dit
10:58à la disparition de sa femme.
11:00D'autant qu'il dispose des déclarations,
11:02elles très précises, d'Olivier Durandet, l'amant.
11:06Il dit qu'il est passé chercher Suzanne en fin de matinée le samedi
11:09pour qu'ils se rendent ensemble dans un club de tarot à Montauban,
11:13dans le Tarn-et-Garonne.
11:14La compétition gagnée, sur le retour,
11:17il s'arrête chez Olivier quelque temps.
11:19Puis ils reprennent la route
11:20et Olivier dépose Suzanne chez elle vers 4h du matin.
11:29Damien, pour les enquêteurs qui soupçonnent Jacques Viguier,
11:32le mobile serait l'imminence du divorce.
11:35Oui, parce que les policiers, on l'a dit,
11:37ils sont depuis le départ très intrigués
11:39par le comportement de Jacques Viguier,
11:42la façon qu'il a de signaler cette disparition,
11:44ses incohérences.
11:46Il ne croit pas du tout à la fugue.
11:48Et surtout, ils savent maintenant que Suzy n'aurait jamais disparu
11:52sans donner de nouvelles à ses enfants.
11:53Et puis, il y a eu cette perquisition,
11:55le matelas qui disparaît,
11:57les lentilles,
11:58la voiture qui est toujours là.
11:59Et puis, effectivement,
12:00ce calendrier,
12:01avec ce divorce qui doit se matérialiser la semaine suivante,
12:04il va devenir concret, ce divorce.
12:06Et bizarrement, elle disparaît à ce moment-là.
12:08Donc, tout converge vers Jacques Viguier.
12:11Surtout qu'il reste, selon ses propres déclarations,
12:13le dernier à avoir vu Suzy vivante,
12:16endormie certes, mais vivante,
12:17le dimanche matin.
12:18Enfin, et on sait que statistiquement,
12:20celui qui est le dernier à avoir vu une personne disparue
12:23est souvent le responsable de sa disparition.
12:26Il y a un autre élément qui interroge les policiers,
12:28c'est le fait que Jacques Viguier
12:29a signalé très tard la disparition de sa femme.
12:32Oui, tardivement, un peu mollement,
12:34il est quand même prof de droit à la fac de Toulouse
12:37et il agit comme quelqu'un
12:39qui ne connaîtrait absolument pas
12:41les rouages du monde judiciaire.
12:42Le dimanche 27 février,
12:44il dit être allé faire un jogging,
12:46mais cet alibi n'est pas très convaincant.
12:48Il est très important, ce jogging,
12:49parce qu'en effet, il part courir
12:51justement dans le créneau
12:52où Suzy a soi-disant quitté la maison.
12:55Ensuite, les enquêteurs se disent
12:57que si vraiment il avait une envie irrépressible
12:59de faire un jogging,
13:00il aurait très bien pu le faire plus tard,
13:02notamment chez ses parents,
13:03à la campagne,
13:03où il devait se rendre dans l'après-midi.
13:06Mais il y a encore plus troublant,
13:07parce que personne dans le quartier
13:09ne l'a jamais vu courir,
13:10ni le dimanche en question,
13:12mais ni les autres jours.
13:13D'ailleurs, les policiers vont lui dire
13:14« Mais alors, ils sont où ?
13:15Vos habits de sport, de footing ? »
13:17Et il va leur répondre « Bah, j'en ai pas. »
13:19En plus, on sait qu'il est arrivé en retard
13:21chez ses parents par rapport à l'horaire habituel.
13:23Il est arrivé vers 13h.
13:24Il dit au début au policier
13:26« Bah, mon jogging, il a duré une heure,
13:27puis en fait, il n'a duré que 30 minutes. »
13:30Donc tout ça, en fait,
13:31ça laisse un créneau d'environ 2h30
13:33dans lequel il a parfaitement pu
13:35faire disparaître Suzanne,
13:37la tuer et se débarrasser du corps.
13:38Donc les policiers, eux,
13:39ils pensent qu'ils ont les cartes en main,
13:41mais il leur manque toujours l'atout maître.
13:44Ils ne trouvent pas le corps de Suzanne Viguier.
13:46Ils n'ont pas de preuves absolues.
13:48Alors, en toute fin de garde à vue,
13:49le commissaire Sabi,
13:50qui dirige à l'époque l'enquête
13:53à la police judiciaire de Toulouse,
13:54il va abattre une dernière carte.
13:56Il va mettre Jacques Viguier
13:57en face de lui, dans son grand bureau.
13:59Et il pressent que le prof de fac
14:01a compris que les policiers savaient,
14:04en tout cas qu'ils étaient sûrs
14:05de sa culpabilité.
14:06Il sent Jacques Viguier un peu torturé.
14:08Alors il va attaquer.
14:09Et il va lui dire, voilà,
14:10votre fille, elle a besoin de savoir
14:12pourquoi sa mère, qui l'adore,
14:14l'a quittée, ne lui a plus donné de nouvelles.
14:16Et votre femme, elle a besoin
14:17d'une sépulture décente.
14:19Donc la question, elle est très claire.
14:20Le commissaire Sabi, il accuse Viguier,
14:23il lui demande de passer aux aveux.
14:24Il sent que son coup de poker
14:26est presque en train de marcher
14:27parce que Viguier va lui dire,
14:28écoutez, j'ai besoin de réfléchir un instant.
14:30Il va garder le silence.
14:32Il va juste lâcher ensuite.
14:33Ça doit être dur d'avouer
14:35quand on a tué.
14:36Rien d'autre, rien d'autre
14:37que cette phrase un peu énigmatique.
14:38Pas d'aveu donc.
14:39Et il est relâché
14:41au bout de 36 heures de garde à vue.
14:46Vous venez d'écouter
14:47le premier épisode de Crime Story
14:49consacré à la disparition
14:50de Suzanne Viguier.
14:52Suite et fin de ce podcast
14:53dans le deuxième épisode,
14:55déjà disponible sur le site
14:56leparisien.fr
14:57et sur toutes les plateformes d'écoute.
14:59Crime Story
15:00est le podcast fait divers du Parisien.
15:02Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations