Meurtres sauvages en pleine rue, femmes agressées, voitures piégées… À la fin des années 1970 dans l’Oise, un homme sème la mort et la terreur. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network
Archives : INA.
#meurtre #tueur
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network
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00:01Vous écoutez Crime Story, l'affaire du tueur de l'Oise, deuxième et dernier épisode.
00:08A la fin du premier épisode, un homme qui sème la terreur dans l'Oise depuis six mois
00:13fait une nouvelle victime, le 1er décembre 1978.
00:18Dans la lettre anonyme qu'il a envoyée aux enquêteurs,
00:20il utilise des termes spécifiques à la police ou aux gendarmes,
00:24ce qui leur laisse penser qu'il fait peut-être partie de leur rang.
00:31Avant de mourir, Yolande Razewski a le temps de raconter qu'elle faisait du stop
00:36et qu'elle est montée à bord d'une Citroën GS bleu.
00:39Elle était conduite par un homme d'environ 30 ans, courtois,
00:42mais qui est devenu étrange et agressif.
00:45Elle dit qu'elle a eu peur, qu'elle a voulu ouvrir la portière
00:48et qu'elle a été frappée par cet homme avec la crosse d'un pistolet
00:51et qui lui a ensuite tiré dessus, au niveau du cœur.
00:55Les enquêteurs se rappellent de cette phrase dans la lettre,
00:58« La prochaine fois, je viserai le cœur. »
01:02Les balles sont celles d'un Beretta 9 mm,
01:05la même arme que celle qui a tiré sur Karine.
01:08Yolande meurt vers 17h.
01:10Les enquêteurs réalisent que la voiture est la même que celle qui a servi au braquage de ses narpons.
01:16Deux jours après le meurtre de Yolande Razewski,
01:19la Citroën GS Bleu est retrouvée sur le parking de la gare d'Aurilaville.
01:23Elle est aussi chargée d'explosifs.
01:25Mais il ne fait aucun doute que c'est encore une fois l'œuvre du tueur de l'Oise.
01:30On y retrouve les mêmes mégots, papier de chewing-gum et de bonbons,
01:33et une seringue contenant des traces de morphine.
01:37À ce moment-là, on attribue aux tueurs de l'Oise 17 affaires.
01:41Tous les gendarmes du secteur sont rassemblés pour une réunion exceptionnelle.
01:45À cette occasion, pour la première fois, ils prennent connaissance de la lettre anonyme.
01:50Le capitaine Jean Pinot, qui dirige la compagnie de gendarmerie de Clermont-de-Loise,
01:55se fait exactement la même réflexion que son homologue policier.
01:58La lettre a été écrite par quelqu'un de chez eux.
02:07Ce capitaine propose alors que les empreintes de tous les gendarmes des environs soient relevées
02:12et les emplois du temps de chacun étudiés.
02:15Le chef de la compagnie de Sanlis trouve la proposition insultante
02:18et refuse catégoriquement que ses hommes s'y soumettent.
02:21Le capitaine Pinot vérifie les emplois du temps des membres de sa brigade.
02:25Ça ne donne rien.
02:27Quelques jours après Noël, le vendredi 29 décembre,
02:30le tueur de l'Oise frappa à nouveau.
02:33André, une jeune fille de 19 ans, est prise en stop à la sortie de Compiègne
02:37par un homme au volant d'une 504 verte.
02:40La voiture qui suit la 504 voit la portière avant droite s'ouvrir
02:44et le corps d'une jeune femme tombée sur la chaussée.
02:46Elle est grièvement blessée, mais encore consciente.
02:50Elle raconte qu'un jeune homme, qui s'exprime bien, l'a prise en stop.
02:54Au bout de quelques minutes, il lui a dit qu'il allait lui faire mal.
02:57Elle l'a alors vue sortir une arme, avec laquelle il lui a tiré dessus, trois fois.
03:02Hier matin, à Compiègne, 11h30, une jeune fille élève infirmière est prise en stop.
03:08Un quart d'heure plus tard, le conducteur tire sur elle et l'éjecte de la voiture à ce carrefour,
03:14non loin de Crépy-en-Valois.
03:17Grièvement atteinte, elle reste tout de même lucide.
03:19« J'ai été agressée », dira-t-elle à un témoin.
03:21« Je me suis jetée par la portière ».
03:23L'homme qui l'a prise, elle peut le décrire, « grand brun moustachu ».
03:27La voiture, une 504 Verpa, l'immatriculée dans la Somme, elle a été volée à Abbeville.
03:33Lui a pris la fuite.
03:35Elle tombe dans le coma et restera paralysée à vie.
03:40Damien Delsenis, cette fois-ci, les gendarmes réagissent vite.
03:44Oui, alors il faut dire que là, ça commence quand même à faire beaucoup.
03:46Donc effectivement, ils vont mettre en place des barrages dans le secteur géographique
03:51où vient de se dérouler cette nouvelle agression.
03:53Et dans l'après-midi, la Peugeot 504 en question, elle est repérée par une patrouille.
03:58Elle est prise en chasse.
03:59Il y a une espèce de course-poursuite.
04:01Et cette course-poursuite, elle va s'achever dans un marais.
04:04Et là, la Peugeot 504 s'enlise.
04:06Les gendarmes sont un peu loin.
04:07Ils la voient effectivement qui a l'air de ne plus bouger.
04:10Ils s'approchent.
04:12Mais quand ils arrivent, la voiture est vide.
04:14Ils essayent de le retrouver ?
04:15Oui, alors ils font appel à des chiens pisteurs.
04:19Donc ils essaient de voir un petit peu si autour de la voiture,
04:23il peut y avoir une présence humaine ou si quelqu'un a pu se cacher à côté.
04:26Mais bon, ils se rendent compte aussi qu'on est tout près de la rivière,
04:28on est tout près de l'Oise et qu'il y a un pont à cet endroit-là
04:31qui passe au-dessus de l'Oise et qui va évidemment de l'autre côté.
04:34Et donc, après avoir cherché dans les environs directs de la voiture,
04:38ils sont bien obligés de conclure à la fin de la journée
04:40que l'occupant de cette voiture leur a encore échappé,
04:43qu'il a dû prendre la fuite apparemment par ce pont,
04:45ou en tout cas qu'il est passé de l'autre côté, sur l'autre rive.
04:47Le 31 décembre, l'agence France Presse révèle pour la première fois
04:51qu'on soupçonne le tueur de l'Oise d'être un policier ou un gendarme
04:55et ça fait réagir le ministère de l'Intérieur.
04:57La première réaction de l'État et des autorités, c'est de les démentir,
05:01c'est de dire tout ça, ce sont des rumeurs, c'est des conjectures,
05:03on n'a pas de preuves, etc.
05:05En revanche, l'effet que ça a, c'est quand même que localement,
05:08en tout cas dans l'Oise, les policiers et les gendarmes,
05:11ils commencent à se regarder vraiment aux chiens de faïence
05:13et à devenir très suspicieux les uns envers les autres.
05:17Quand elle sort du coma, quelques jours après l'agression,
05:20André parvient à donner de nouveaux détails physiques
05:22sur l'homme que tout le monde recherche.
05:24Il est soigné, brun, et porté ce jour-là un blouson d'aviateur.
05:29Un nouveau portrait robot est effectué.
05:32Les enquêteurs reçoivent une deuxième lettre anonyme.
05:35Dans celle-ci, cette fois, il évoque André,
05:38qu'il dit avoir trouvé jeune et gentille.
05:41Il écrit aussi
05:55Le tueur de l'Oise menace également de récidiver,
05:58en assassinant d'autres filles et des policiers.
06:02Les mois qui suivent, des voitures sont encore volées,
06:04mais aucune agression du tueur de l'Oise n'est recensée.
06:08Le samedi 17 mars 1979,
06:11le tueur vole la voiture d'un ancien ministre à Rambouillet.
06:15A quelques kilomètres de Saint-Lys,
06:17il tombe en panne sur l'autoroute.
06:19Des CRS interviennent
06:20et appellent un dépanneur
06:21qui vient remorquer la voiture
06:23et emmène avec lui le conducteur.
06:26Une fois au garage,
06:27celui-ci prend la fuite.
06:29Mais cette fois-ci,
06:31le tueur de l'Oise a été vu par plusieurs personnes,
06:33dont des CRS.
06:35Le nouveau portrait robot qu'on dresse de lui
06:37est publié dans les journaux le mardi 3 avril 1979.
06:42Un gendarme de Clermont croit reconnaître un autre gendarme
06:46qui habitait la même caserne que lui l'année précédente.
06:49Le jeudi 5 avril,
06:51cet homme prend le petit déjeuner avec sa femme
06:53et lui montre le portrait robot dans Le Parisien.
06:56Sa compagne, Christiane, réagit immédiatement.
06:59Selon elle,
07:00c'est le jeune gendarme qui habitait au-dessus de la salle d'études.
07:04Il s'appelle Alain Lamarre.
07:12Damien, qui est Alain Lamarre ?
07:14Alors, à ce moment-là,
07:15ce qu'on sait d'Alain Lamarre,
07:16c'est que c'est un jeune gendarme,
07:17plutôt brillant,
07:19qui a commencé en brigade territoriale
07:21à Clermont-de-Loise.
07:22Et à 22 ans,
07:23il s'est retrouvé dans ce peloton de surveillance
07:27de la gendarmerie,
07:29qui était en fait à l'époque
07:30ce qui avait été créé par la gendarmerie
07:32pour être l'équivalent des brigades anticriminalités,
07:35de la PAC,
07:36de la police.
07:36Donc, ce sont des sections,
07:38des services,
07:39où on est sur de l'intervention en flagrant délit.
07:41Donc, c'est plutôt un service,
07:42sans être un service d'élite,
07:44c'est plutôt un service recherché,
07:45en tout cas,
07:45qui demande à la fois des capacités physiques,
07:47psychologiques un peu particulières.
07:49Et puis, lui, vraiment,
07:50c'était ce qu'il voulait faire.
07:51Il voulait de l'action dans son métier.
07:53Ce gendarme qui pense l'avoir identifié,
07:55qu'est-ce qu'il fait ensuite ?
07:56Alors, le capitaine de la brigade de Clermont,
07:59où ce Lamar a fait un passage,
08:01le capitaine Jean Pinot,
08:02il va descendre aux archives
08:04pour comparer l'écriture de Lamar
08:06avec celle des lettres anonymes.
08:08Et il se trouve que ça colle.
08:09Alors, il en parle au supérieur de Lamar,
08:11à ce moment-là,
08:12qui lui va complètement tomber de l'armoire,
08:14tomber des nues,
08:15et qui va lui dire,
08:15mais Lamar, c'est mon meilleur élément,
08:17c'est mon meilleur homme.
08:18Mais bon,
08:19il va quand même accepter de vérifier
08:21l'emploi du temps de Lamar,
08:23et en faisant ces vérifications,
08:25il va se rendre compte
08:26qu'effectivement,
08:27à chaque fois qu'un crime,
08:29qu'un vol de voiture
08:30ou qu'un braquage est commis,
08:32ça tombe bizarrement un jour
08:34où Lamar est de repos,
08:35où il ne travaille pas.
08:38Le dimanche 8 avril,
08:40passé minuit,
08:41un message radio annonce aux gendarmes
08:43que tous les équipages de patrouille
08:45doivent converger vers Sanlis.
08:47C'est un leurre
08:48pour attraper Lamar.
08:50Il n'est pas idiot,
08:51il sait que l'étau se resserre
08:53et que s'il veut tenter
08:54de frapper une dernière fois,
08:56c'est le moment.
08:58Quand il sort de sa voiture,
09:00Alain Lamar avance vers ses collègues
09:02et glisse ses mains dans ses poches.
09:05Ses collègues le ceinturent immédiatement
09:07et découvrent qu'il s'apprêtait
09:08à utiliser deux pistolets contre eux.
09:11Pour les gendarmes du département,
09:13c'est une onde de choc.
09:15Certains racontent que cette nuit-là,
09:17dans les locaux du PSIG,
09:18beaucoup fondent en larmes.
09:25Le tueur de l'Oise a été arrêté.
09:28C'est un gendarme de Chantilly.
09:30Il a 23 ans.
09:31Il s'appelle Alain Lamar.
09:32Il a tout avoué.
09:34Son unité était précisément chargée
09:35de rechercher le tueur.
09:38Alain Lamar est emmené
09:39à la gendarmerie de Chantilly,
09:40où il est placé en garde à vue.
09:42Il nie.
09:44Pourtant,
09:45ses empreintes digitales
09:46ne laissent aucune place au doute.
09:47Elles coïncident parfaitement.
09:49Il est bien le tueur de l'Oise.
09:52Le lendemain,
09:53lundi 9 avril,
09:54à 6h du matin,
09:56son appartement est perquisitionné.
09:58Il vit dans un ensemble HLM,
10:00situé à 500 mètres de la gendarmerie,
10:03la cité Lefébure.
10:05Quand les enquêteurs arrivent avec le suspect,
10:08des dizaines de journalistes
10:09sont déjà au pied de l'immeuble.
10:11C'est ici,
10:11dans son appartement de fonction,
10:13au 3ème étage,
10:14que le gendarme Alain Lamar
10:15a été arrêté la nuit dernière.
10:16Et puis,
10:17on l'a ramené chez lui,
10:18aujourd'hui,
10:18en 11h,
10:19pour une longue perquisition
10:20qui a permis la saisie,
10:21d'ailleurs,
10:21d'un important matériel.
10:2316h15,
10:24il sort enfin,
10:25le tueur de l'Oise,
10:26pour être conduit
10:26chez le juge d'instruction.
10:27Le voilà,
10:28une silhouette courbée en deux,
10:30un imperméable sur la tête,
10:31c'est tout ce qu'on verra.
10:32Pour ses voisins de la cité HLM,
10:37dans le 3 pièces où il pénètre,
10:39il trouve des preuves.
10:41Au milieu d'une chambre,
10:43une tente militaire est installée,
10:44avec autour des cartes,
10:46des boussoles,
10:47des armes avec leurs cartouches,
10:49des mégots de gitane blanche.
10:50Dans un cahier,
10:52on retrouve le nom
10:53de certains de ses collègues,
10:54et en face,
10:56la date prévue de leur meurtre.
10:58Le premier devait avoir lieu
11:00le 18 avril.
11:08Damien,
11:08comment réagit Alain Lamarre
11:10à cette perquisition
11:11qui est accablante ?
11:12Il est assez froid,
11:13en fait,
11:13par rapport à ce qui se passe.
11:15Il n'y a pas vraiment d'émotion.
11:16Il y a un contraste
11:17avec ses collègues,
11:18avec ses supérieurs,
11:18qui sont sidérés
11:19par ce qu'ils viennent d'apprendre
11:20quelques heures plus tôt.
11:21Et lui,
11:22on a l'impression que
11:24il n'y a pas grand-chose
11:25qui le touche à ce moment-là,
11:26même s'il est certainement
11:27dans la nasse,
11:28mais là,
11:29il n'a pas de réaction particulière.
11:31Ses collègues,
11:32ils sont d'autant plus sidérés
11:33et choqués
11:34que ça aurait pu être évité.
11:35Bah oui,
11:36surtout,
11:37rappelons-nous
11:38de ce qu'on a dit plus tôt.
11:39Cette décision
11:40qui avait été suggérée
11:42par un des gendarmes
11:43quelques mois auparavant
11:44de tester,
11:45en fait,
11:45tous les gendarmes
11:46de ces brigades de l'Oise
11:48en question
11:49pour essayer de voir
11:49si les empreintes digitales
11:50du tueur de l'Oise
11:51ne pouvaient pas correspondre
11:52à celles d'un gendarme
11:54affecté dans l'Oise.
11:55Et à l'époque,
11:55cette proposition,
11:56elle avait été refusée
11:58par la hiérarchie
11:59de la gendarmerie.
12:00Et effectivement,
12:00on se dit à ce moment-là,
12:01si des tests avaient été faits,
12:05la marre,
12:05il aurait forcément
12:06été confondu à ce moment-là.
12:08On se rappelle qu'au début,
12:09on avait retrouvé
12:10cette voiture
12:10au carrefour des Ripailles
12:12en forêt de Chantilly
12:12avec des armes,
12:14des cartouches
12:15et tout un tas d'éléments
12:16à l'intérieur.
12:17Ça n'a a priori
12:18rien à voir
12:19avec les agressions
12:20et le meurtre
12:20qu'il y a eu ensuite.
12:21Est-ce qu'on sait
12:22pourquoi il avait volé
12:23cette voiture ?
12:24Alors effectivement,
12:24cette voiture
12:25qui avait été retrouvée
12:25dans un rond-point
12:26près de la forêt de Chantilly
12:27en mai 78,
12:29alors en fait,
12:30c'était une espèce
12:30de mise en scène.
12:31Il espérait, lui,
12:32pouvoir travailler
12:33sur cette enquête,
12:34c'est-à-dire qu'il crée
12:35lui-même
12:35une sorte d'infraction
12:37et de délit
12:38pour pouvoir enquêter dessus
12:39et se faire mousser
12:41en quelque sorte
12:42auprès de sa hiérarchie.
12:43Mais comme c'était
12:44une enquête
12:44qui avait été classée
12:45en banditisme,
12:46entre guillemets,
12:47et à cette époque-là,
12:48le banditisme,
12:48c'était la chasse gardée
12:50de la police judiciaire
12:51et non pas de la gendarmerie.
12:52Donc l'enquête,
12:53en fait,
12:53elle n'a pas été confiée
12:54à la gendarmerie
12:55et donc à la marre,
12:55elle est partie à la PJ.
12:56Il y a un autre élément
12:58sur lequel on s'interroge.
13:00Pourquoi est-ce qu'il a écrit
13:01dans la première lettre anonyme
13:02que Karine le connaissait ?
13:05Eh bien parce qu'en réalité,
13:06on va s'apercevoir
13:07qu'il a fait partie
13:08des gendarmes,
13:09puisqu'à l'époque,
13:09il était au PSIG,
13:10au fameux PSIG.
13:11Il a fait partie des gendarmes
13:12qui l'ont entendu,
13:14cette Karine,
13:14sur l'agression
13:15dont elle avait été victime.
13:19Plus tard dans la journée,
13:20un peu après 16h,
13:21la perquisition est terminée.
13:23Quelques minutes plus tard,
13:25la 504 transportant le tueur
13:27emprunte un chemin détourné
13:28sur une petite route
13:29à Apremont.
13:31A l'entrée du village,
13:32le bord de la chaussée
13:33est encombré
13:34par des voitures mal garées.
13:36La Peugeot des gendarmes
13:37se déporte
13:38et vient percuter
13:39une mobilette
13:40qui arrive en face
13:41avec deux adolescents.
13:43Ils sont projetés au sol.
13:45L'un d'entre eux
13:46Gérard Bastien,
13:4816 ans,
13:49meurt sur le coup.
13:52Depuis,
13:53la famille de l'adolescent
13:54a écrit des milliers
13:55de lettres aux gendarmes,
13:56aux pouvoirs publics,
13:57aux journalistes
13:58pour essayer de faire
13:59la lumière sur cet accident.
14:00Mais ils n'ont jamais réussi
14:02à savoir
14:03ce qu'il s'est passé exactement.
14:08Damien,
14:09est-ce qu'Alain Lamarre
14:10à un moment dit
14:11pourquoi il a fait tout ça ?
14:12Pas vraiment.
14:13En fait,
14:14les seules explications
14:15d'Alain Lamarre,
14:16elles sont dans
14:16les lettres anonymes
14:17qu'il a envoyées
14:18pendant l'enquête
14:20quand il n'était pas
14:20encore identifié
14:21et qui sont assez
14:24curieuses
14:24parce qu'on a l'impression
14:25qu'à la fois
14:26il en voulait aux femmes,
14:27qu'il en voulait peut-être
14:28aussi d'une certaine manière
14:29à sa hiérarchie
14:30ou en tout cas
14:32même à la police
14:33puisqu'il avait prévu
14:34de tuer des policiers.
14:34Donc à part ces explications-là,
14:36pour le reste,
14:36on n'a pas vraiment
14:37de justification de Lamarre
14:38quand il est arrêté en tout cas.
14:39Comment est-ce qu'on explique
14:40qu'un gendarme
14:41qui était à priori
14:43le meilleur élément
14:44de sa brigade
14:45devienne un criminel ?
14:46En fait,
14:47ce sont les experts psy
14:48qui vont donner
14:48la réponse à cette question
14:49parce que quand il va être
14:50inculpé,
14:51parce qu'à l'époque
14:51on n'était pas mis en examen,
14:52on était inculpé,
14:53quand il va être inculpé
14:53et qu'il va partir en prison,
14:55il va être vu
14:55par des experts,
14:56par des médecins.
14:57Et en fait,
14:58ils vont diagnostiquer
14:59une pathologie
15:00assez précise
15:01qui est une forme
15:02de schizophrénie
15:03alors qui s'appelle
15:04l'éboidophrénie
15:06et qui est une maladie
15:07caractérisée
15:08par des comportements
15:09antisociaux
15:10et impulsifs.
15:11Donc en réalité,
15:12la seule explication
15:13qu'on va pouvoir donner
15:14au comportement
15:16de ce Alain Lamarre,
15:19gendarme d'élite
15:20et gendarme modèle
15:21la journée
15:22et quand il ne travaille
15:23pas à criminel,
15:24c'est qu'en fait
15:25il a une maladie mentale.
15:26Après ce diagnostic,
15:27il va y avoir
15:28plusieurs expertises psychiatriques
15:30et il finit
15:31par être considéré
15:32comme irresponsable
15:33pénalement
15:34en 1983.
15:35Donc,
15:36il ne sera pas jugé.
15:37Non,
15:38il ne sera jamais jugé.
15:39Il a depuis été soigné
15:41en hôpital psychiatrique
15:42où il est toujours
15:43aujourd'hui,
15:44c'est-à-dire qu'il est
15:44toujours soigné
15:45sous contrainte
15:46dans un hôpital psychiatrique.
15:47Il a 66 ans
15:48donc il n'est pas en liberté.
15:50Mais c'est vrai
15:50que l'absence de procès,
15:53on peut considérer
15:54que ça a un petit peu
15:54arrangé tout le monde.
15:55Alors sans doute pas
15:56les victimes et leurs proches
15:57mais en tout cas
15:58pour ce qui était
15:58de la hiérarchie
15:59de la gendarmerie,
16:00ça permettait surtout
16:01d'éviter
16:01d'avoir à remettre
16:03un petit peu
16:04sur la place publique
16:05tous les errements,
16:06c'est-à-dire
16:07toutes les hésitations
16:09puisque l'intuition
16:10quand même
16:10des tout premiers enquêteurs
16:11était bien que ce tueur
16:12était soit un policier
16:13soit un gendarme
16:13qu'il a fallu des mois
16:14et des mois
16:15pour que cette intuition
16:16elle se matérialise
16:18dans les faits
16:18et dans l'enquête.
16:19Donc effectivement
16:20l'absence de procès
16:21ça a permis un petit peu
16:22de garder une forme
16:23de huis clos
16:23sur toute cette histoire
16:24et de dire
16:25bon en fait
16:25c'est pas la gendarmerie
16:27qui est en cause
16:27parce que voilà
16:28il a une maladie mentale
16:29en gros il est fou
16:30entre guillemets
16:30et il doit être soigné
16:32et la gendarmerie
16:33n'a rien à voir là-dedans.
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