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Karine, une jeune fille de huit ans, disparaît à Perpignan un soir de septembre 1993. Très vite, le principal suspect est un repris de justice. Patrick Tissier est un multirécidiviste déjà condamné à trente ans de prison. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en deux parties. Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Anaïs Godard, Thibault Lambert et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network - Archives : INA et 100% docs.

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#crimestory #truecrimepodcast #patricktissier

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News
Transcription
00:00Vous écoutez Crime Story, Patrick Tissier, un cas d'école de récidive, deuxième et dernier épisode.
00:09En septembre 1993, la police arrête Patrick Tissier, un homme de 41 ans soupçonné d'avoir violé et tenté de
00:16tuer une femme
00:17et d'avoir enlevé, violé et tué une petite fille de 8 ans, Karine Volkert.
00:22Mais ce que les enquêteurs découvrent, c'est qu'avant même de commettre ces crimes,
00:26Patrick Tissier avait déjà été arrêté et même emprisonné pour le meurtre de sa petite amie, puis pour le viol
00:33de plusieurs femmes.
00:34Libéré en janvier 1992, il s'est installé à Perpignan pour commencer une nouvelle vie.
00:40Alors que la police vient d'arrêter ce récidiviste et pense avoir le palmarès complet de ces crimes,
00:45un article de journal est publié le vendredi 24 septembre 1993 dans Le Parisien.
00:51En titre, une citation inattendue issue du témoignage d'une femme qui dit
00:57« Je crois que Tissier a aussi tué ma mère ».
01:03Deux photos accompagnent le papier.
01:05Sur la première, on distingue Patrick Tissier en tenue de sport.
01:09Sur l'autre, on voit une femme d'environ 40 ans marchant dans la rue les cheveux au vent.
01:14Il s'agit de Conchetta Lema.
01:16Cette habitante de Perpignan, âgée de 45 ans, vit seule dans un studio situé dans le quartier de la gare.
01:22Au moment où l'article parait, cela fait plus d'un mois et demi qu'elle n'a plus donné
01:26signe de vie à ses proches.
01:27Ses deux filles sont particulièrement inquiètes.
01:30Elles ont signalé sa disparition à la police,
01:33mais Conchetta Lema est l'ex-compagne d'un trafiquant de drogue,
01:36un italien arrêté avec 23 kilos de cocaïne dans les Pyrénées deux ans plus tôt.
01:41Et Conchetta Lema devait être jugée fin septembre pour complicité dans cette affaire.
01:46Pour les enquêteurs, il ne fait aucun doute qu'elle n'a pas disparu,
01:49mais qu'elle s'est enfuie avant son procès.
01:52Après l'arrestation de Patrick Tissier,
01:54les filles de Conchetta Lema, déjà peu convaincues par cette version des faits, n'y croient plus du tout.
02:00Car Conchetta Lema connaissait Patrick Tissier,
02:02et elle le voyait même régulièrement, puisqu'elle était sa voisine.
02:05Il est possible que, ces derniers mois, leur relation soit même devenue amicale.
02:10Les filles de Conchetta Lema pensent cela, car pendant la cavale du meurtrier,
02:14on sait qu'il a utilisé deux voitures.
02:16Une Peugeot beige, dans laquelle il a été arrêté,
02:19et une Peugeot 205 rouge, qui appartient à leur maman.
02:23Une des filles raconte aux Parisiens,
02:25« Jamais nous n'aurions imaginé que c'était un fou.
02:28Aujourd'hui, je n'ai plus d'espoir. Je pense qu'il a tué ma mère. »
02:32À la suite de ce témoignage, Patrick Tissier est interrogé.
02:36Il nie avoir tué sa voisine.
02:37La possibilité d'une nouvelle affaire,
02:39et le récit des précédentes qui s'étalent dans la presse,
02:42choquent une partie de l'opinion publique.
02:44Comment un criminel de cette envergure a-t-il pu agir autant de fois ?
02:52Damien Delsenie, des voix s'élèvent à ce moment-là
02:54pour demander que Patrick Tissier soit exécuté.
02:57Oui. Alors, en France, la peine de mort est à ce moment-là abolie depuis un peu plus de dix
03:02ans.
03:02Mais c'est un sujet, parfois un combat,
03:06qui en réalité n'a jamais vraiment quitté l'actualité,
03:10ni avant ni après l'abolition.
03:12Et il y a de nombreuses personnes qui considèrent,
03:14à l'examen de cette affaire Tissier,
03:17que c'est le châtiment qu'on devrait adopter le concernant.
03:20Le père de la petite Karine s'exprime en ce sens.
03:24Oui. Alors, le lendemain des aveux de Tissier,
03:26qui vient de reconnaître qu'il a effectivement tué Karine,
03:29Marcel Volkert va donner une conférence de presse
03:32dans laquelle il s'en prend à la justice française
03:35qui dit-il « laisse sortir des gens qui ne méritent pas de vivre ».
03:39Il demande lui à ce qu'une peine de mort pour crime d'enfant soit rétablie.
03:44Donc, ce sera un « rétablissement partiel » de la peine de mort.
03:47Quelques jours plus tard, au moment des obsèques de Karine,
03:50il y a une grande manifestation qui va être organisée dans les rues de Perpignan.
03:54L'un des mots d'ordre, c'est le « rétablissement de la peine de mort ».
03:59Ce qui est particulièrement choquant pour l'opinion publique,
04:02c'est que Patrick Tissier est un récidiviste.
04:04Presque une caricature de récidiviste.
04:06On le sait, avant d'arriver, de s'établir à Perpignan
04:09et de commettre de nouveaux crimes,
04:11Patrick Tissier a déjà été condamné deux fois à des peines de prison
04:15pour des faits criminels.
04:16Il a tué l'une de ses premières compagnes lorsqu'il avait 18 ans,
04:19simplement parce qu'elle s'est refusée à lui.
04:22Et alors même qu'il était en permission de sortie
04:24de cette première peine de prison de 20 ans,
04:27il en a profité pour aller violer une femme dans les environs de Toulouse.
04:31Il a donc été recondamné à 10 ans de prison.
04:34Donc, il y a deux fois déjà un passage devant une cour d'assises,
04:38deux fois des peines très lourdes.
04:39Et malgré tout, par le jeu des remises de peine,
04:42parce qu'il n'a pas bénéfié d'un traitement de faveur,
04:44il a simplement bénéficié des remises de peine
04:46qui sont prévues par la loi en France.
04:48Mais évidemment, c'est totalement inaudible
04:51et difficilement compréhensible,
04:53à l'aune de ce nouveau crime,
04:54de ces nouveaux crimes potentiels de Tissier,
04:56de savoir qu'un homme qui a déjà normalement
04:59totalisé 30 ans de prison,
05:00il est dehors, il continue, entre guillemets,
05:03à commettre ses crimes.
05:04Et surtout, on a l'impression que le suivi
05:06est quand même assez minimaliste
05:07après sa sortie de prison.
05:09Donc, de nombreux articles de presse
05:10vont s'interroger sur ce sujet.
05:12Il y a même un dossier de François qui va titrer
05:14« Mais que faut-il en faire ? »
05:16D'après le ministre de la Justice de l'époque,
05:18Pierre Méniori, je le cite,
05:20« Les lois actuelles ne permettent pas
05:22de prendre en compte l'état dangereux
05:24de ce type de meurtrier. »
05:26Alors, sans doute que lorsqu'il parle
05:28de ce type de meurtrier,
05:30il entend, lui, désigner
05:31les violeurs et les assassins d'enfants.
05:34Donc, il va mettre au point,
05:36mettre sur la table,
05:37un projet de loi
05:38visant à instituer,
05:40dans le droit français,
05:41la perpétuité réelle.
05:43Alors, jusque-là et depuis
05:45l'abolition de la peine de mort,
05:46la peine maximale,
05:47c'est déjà la perpétuité.
05:49Mais, dans les faits,
05:50en réalité,
05:51cette perpétuité,
05:52elle correspond à 30 ans de prison.
05:54En fait, on fait 30 ans
05:55et quasiment de manière mécanique,
05:57on est libéré.
05:59Pierre Méniori, lui,
06:00veut que pour les auteurs de viol
06:02suivant ou précédant
06:03le meurtre d'enfant,
06:05on instaure un régime d'exécution
06:07qui soit durci
06:08et que la personne
06:10qui est condamnée
06:10à la réclusion criminelle
06:12à perpétuité
06:13passe réellement
06:14le restant de ses jours
06:16en prison,
06:17sauf à bénéficier
06:18d'une grâce présidentielle.
06:21Mais ce serait,
06:22selon sa proposition,
06:23le seul cas
06:24dans lequel
06:25on pourrait imaginer
06:26qu'un homme condamné
06:27à perpétuité
06:28pour le meurtre
06:29et le viol d'un enfant
06:30soit remis en liberté.
06:34Dans les médias,
06:35cette potentielle nouvelle peine
06:37est surnommée
06:38par ses détracteurs
06:38la mort lente.
06:40De nombreux activistes
06:41dénoncent le projet de loi,
06:43lui reprochant
06:43d'être ultra répressif
06:45et de ne donner
06:45aucune perspective
06:46aux prisonniers
06:47condamnés à finir
06:48quoi qu'il arrive,
06:49leur vie en prison,
06:51sans pouvoir nourrir
06:52aucun espoir
06:53de sortir un jour
06:53ni même bénéficier
06:55d'une permission
06:55de sortie ponctuelle.
06:57L'annonce de ce projet de loi
06:58par le ministre de la Justice
06:59trouve en revanche écho
07:00dans la famille de Karine.
07:02Dans la foulée,
07:03ses parents créent
07:04une association
07:04portant le nom
07:06de leur petite fille
07:06pour soutenir
07:07la mise en place
07:08de cette nouvelle peine.
07:10C'est finalement
07:11un projet édulcoré
07:12qui est voté.
07:13Le mardi 1er février 1994,
07:16la perpétuité réelle
07:17est instaurée
07:18par la loi
07:18numéro 1994-89.
07:21Elle prévoit
07:22que chaque personne
07:23condamnée à cette peine
07:24effectue 30 années
07:26incompressibles en prison.
07:27Après quoi,
07:28le détenu peut formuler
07:30une demande de libération
07:30sans aucune certitude
07:32de l'obtenir.
07:33Cette peine devient
07:35et est encore aujourd'hui
07:36la sanction la plus sévère
07:38de notre justice pénale.
07:44Damien,
07:44depuis son instauration
07:46en 1994,
07:47qu'est-ce que cette peine
07:49a changé ?
07:50Cette forme de perpétuité
07:52incompressible,
07:53son périmètre a été
07:54progressivement étendu
07:56au cours des 30 dernières années.
07:57En mars 2011,
07:58par exemple,
07:59on l'a étendu
07:59aux meurtres
08:00qui touchaient
08:01des personnes dépositaires
08:02de l'autorité publique,
08:03comme par exemple
08:03des meurtres de policiers.
08:04Ça a été également
08:05étendu aux auteurs
08:07d'attentats terroristes.
08:08Ça va être évidemment
08:09étendu aux auteurs
08:11d'attentats
08:11après la vague
08:12d'attentats terroristes
08:13qui ont frappé Paris
08:14et la France en 2015.
08:16Malgré tout,
08:17cette peine
08:17de perpétuité
08:18incompressible,
08:19de perpétuité réelle,
08:20ça dépend comment
08:20on l'appelle,
08:21elle reste assez limitée.
08:23Elle est prononcée
08:24mais de manière
08:24assez rare,
08:25notamment depuis 1994.
08:27C'est environ
08:28une dizaine de cas
08:29qui concernent d'ailleurs
08:30les terroristes
08:31et le terroriste
08:32survivant
08:33du Bataclan
08:33Salah Abdeslam
08:34qui lui a été condamné
08:35à cette fameuse
08:36perpétuité incompressible.
08:38Ça concerne aussi
08:39certains tueurs
08:40en série
08:40mais ça reste une peine
08:42évidemment d'exception
08:43puisque c'est une peine
08:44qui permet
08:45d'imaginer
08:46que cette personne
08:46ne sortira jamais
08:47de prison.
08:48Il y a aussi
08:49une autre réforme
08:50qui a été menée
08:50un peu plus discrète
08:51c'est la rétention
08:52de sûreté
08:52qui est une mesure
08:54un peu compliquée
08:55mais qui permet
08:55à la fin d'une peine
08:57d'un criminel
08:57condamné à une très longue peine
08:59et qui est en passe de sortir
09:00de lui imposer
09:01en quelque sorte
09:02ce qu'on appelle
09:03une rétention de sûreté
09:04qui est une forme
09:05de nouvelle incarcération
09:07dans des conditions différentes
09:08mais qui permet
09:09en gros
09:09de contourner
09:11la libération
09:11possible de quelqu'un
09:13qu'un tribunal
09:14va estimer encore dangereux
09:16encore nuisible
09:17à la société.
09:21Incarcéré
09:22en détention provisoire
09:23Patrick Tissier
09:24prend la plume
09:24depuis sa prison
09:25et se met à écrire
09:26de nombreuses lettres
09:27à la juge d'instruction
09:28Daniel Brault.
09:29Il se confie,
09:31parle de sa violence
09:32et de sa sexualité.
09:34Il m'écrivait
09:36quasiment tous les jours
09:37en donnant 50 versions,
09:39en entrant à nouveau
09:40dans les détails
09:41des faits qu'il avait commis,
09:42des détails inventés,
09:45en se déclarant amoureux de moi.
09:47Je sais que de toute façon,
09:48ce bonhomme,
09:49la seule chose
09:50qui l'intéresse,
09:50c'est de faire du mal
09:52et de jouir du mal
09:53qu'il fait.
09:54C'est la définition
09:55qu'on donne du pervers.
09:57Le mardi 19 septembre 1995,
09:59plus de deux ans
10:00après le meurtre de Karine
10:02et la disparition
10:03de Concheta Lema,
10:04la voisine de Patrick Tissier,
10:06ce dernier est extrait
10:07de sa cellule
10:08pour rencontrer la magistrate.
10:10Après s'être plein
10:11de ses conditions
10:11d'incarcération,
10:12il formule
10:13pour la première fois
10:15des aveux
10:16concernant la disparition
10:17de Concheta Lema.
10:19Patrick Tissier
10:20avoue l'avoir tué
10:21en l'étranglant
10:22et indique
10:23où il a dissimulé son corps
10:25dans un étang de Fitou,
10:26une commune de l'Aude.
10:28Il est mis en examen
10:29pour ce meurtre
10:30et les recherches
10:31pour retrouver la victime
10:32commencent.
10:33Mais elle ne donne rien.
10:35En septembre 1996,
10:37un an plus tard,
10:39Patrick Tissier
10:39donne de nouveaux éléments.
10:41Des fouilles
10:41sont une nouvelle fois
10:42organisées,
10:43mais ce coup-ci
10:44à Canoës,
10:45en périphérie de Perpignan.
10:47Après quelques heures
10:48de recherche,
10:49les enquêteurs
10:49trouvent un corps
10:50dissimulé dans un puits
10:51qui mène à un souterrain
10:52au milieu des vignes.
10:54Les empreintes dentaires
10:55du cadavre
10:56confirment
10:57ce que les enquêteurs
10:58pensaient.
10:59C'est bien le corps
11:00de Concheta Lema,
11:01disparu
11:02il y a trois ans.
11:04Un an et demi plus tard,
11:05le procès
11:06de Patrick Tissier
11:07s'ouvre devant
11:07la cour d'assises
11:08des Pyrénées-Orientales
11:09à Perpignan.
11:11Le lundi 26 janvier 1998,
11:13de nombreux journalistes
11:14sont présents
11:15pour assister
11:16à ce premier jour
11:17d'audience.
11:17D'un côté,
11:18la froideur,
11:19Patrick Tissier,
11:20droit dans son box
11:21par balle,
11:22comparait pour
11:22le meurtre
11:23de la petite Karine,
11:24celui de Concheta Lema,
11:26sa voisine,
11:27et également
11:27pour la tentative
11:28d'assassinat
11:29de Marie-Josée Gauze.
11:30De l'autre,
11:31la douleur,
11:31celle de la maman
11:32de Karine,
11:33violée et tuée
11:34à l'âge de 8 ans,
11:35et celle de Marie-Josée
11:36elle-même,
11:37qui porte encore
11:38les traces
11:38de son calvaire.
11:39Patrick Tissier
11:40comparait pour
11:40les trois affaires
11:41datant de l'été
11:421993.
11:44L'agression
11:45de Marie-Josée Gauze,
11:46le viol
11:47et le meurtre
11:47de Karine Volkert
11:48et le meurtre
11:49de Concheta Lema.
11:51C'est un homme
11:52désormais âgé
11:53de 45 ans
11:53qui arrive menotté
11:54à l'audience.
11:55Il s'installe
11:56dans le box des accusés,
11:58un box spécialement
11:59aménagé
11:59et protégé
12:00de vitres pare-balles.
12:02Patrick Tissier
12:02porte un pull blanc
12:03avec des torsades
12:04sur le devant
12:05dont le col
12:06de sa chemise bleue
12:06dépasse.
12:07Son visage
12:08n'a pas beaucoup changé.
12:09Il a seulement
12:10perdu quelques cheveux,
12:11et rasé sa moustache.
12:13Pendant que le président
12:14énumère l'ensemble
12:15des faits
12:16qui lui sont reprochés,
12:17l'accusé triture
12:18un mouchoir.
12:19Sur le banc
12:20des partis civils,
12:21Marie-Josée Gauze,
12:22la femme
12:22qui l'avait violemment
12:23agressée 5 ans plus tôt,
12:24a toujours sa minerve
12:25et ses béquilles.
12:27À quelques mètres d'elle,
12:28la mère de Karine
12:29s'évanouit
12:30à l'écoute
12:30des résultats
12:31d'autopsie
12:31de sa fille.
12:33Dans l'assemblée,
12:34certaines personnes
12:34se lèvent
12:35et quittent
12:35la salle d'audience.
12:37Après les faits,
12:38la personnalité
12:38de l'accusé
12:39est passée en revue.
12:40Et c'est l'occasion
12:41pour tous
12:42d'en apprendre plus
12:43sur l'enfance
12:44de Patrick Tissier.
12:45On l'a déjà dit,
12:46il a grandi à Bourges
12:48et il est le dernier
12:48d'une fratrie
12:49de 6 enfants.
12:50Face au président
12:51d'audience
12:51qui lui pose des questions,
12:53Patrick Tissier
12:53se confie.
12:54Il explique que ses parents
12:56ne se sont jamais entendus,
12:57que son père frappait
12:58et violait sa mère.
13:00Elle-même
13:00n'a pas beaucoup
13:00été présente,
13:01précise Patrick Tissier,
13:02car elle était
13:03trop occupée,
13:04selon lui,
13:04avec ses amants.
13:05Puis,
13:06à partir de 1962,
13:08elle les a abandonnés.
13:10Patrick Tissier
13:11avait 10 ans.
13:16Damien,
13:16Patrick Tissier raconte
13:18qu'à partir de ce moment,
13:19leur père se met
13:20à taper
13:20deux fois plus fort,
13:21ce sont ses mots,
13:23sur ses enfants,
13:24sur eux.
13:24Oui,
13:25alors c'est un enfant
13:25qui non seulement
13:26ne reçoit pas d'affection,
13:27mais qui,
13:28à la place de l'affection,
13:29reçoit effectivement
13:29des corrections,
13:30une violence terrible
13:32qui est humiliée
13:32en permanence.
13:33À 10 ans d'ailleurs,
13:34devant sa nouvelle belle-mère,
13:35son père va dire
13:36que de toute façon,
13:37Patrick,
13:38ce n'est pas son fils,
13:39mais c'est celui
13:39du propriétaire
13:40de l'appartement
13:41qu'ils avaient à l'époque.
13:42Donc,
13:42on voit bien
13:42l'ambiance familiale
13:45extrêmement dysfonctionnelle.
13:46Dans la salle d'audience,
13:46d'ailleurs,
13:47il y a une seule personne
13:48de la famille
13:49de Patrick Tissier,
13:50c'est sa sœur Viviane
13:51qui va venir témoigner
13:53à la barre.
13:53Elle va expliquer effectivement
13:54que cette enfance
13:56l'a elle-même poussée
13:57à faire une tentative
13:58de suicide
13:58et qu'un autre
13:59de leurs frères,
14:00Lionel,
14:01s'est suicidé.
14:02Il n'est plus là
14:02pour témoigner.
14:03Donc,
14:03c'est vraiment
14:03le récit
14:04d'une famille
14:05où ne règne que
14:06la violence
14:07et l'aspect
14:08totalement dysfonctionnel.
14:09On découvre aussi
14:10que les enfantissiers
14:11ont grandi
14:12dans un climat
14:12plus ou moins incestueux
14:14avec des agressions
14:16sexuelles
14:16à répétition.
14:17C'est malheureusement
14:18le tableau
14:18qui est souvent dressé
14:19des familles de meurtriers,
14:21notamment de meurtriers
14:21en série.
14:22On se rend compte
14:22qu'il y a toujours eu
14:23un voire plusieurs problèmes
14:25assez lourds
14:26dans l'enfance.
14:27Et là,
14:27ça se confirme.
14:28La sœur qui prend la parole,
14:29la sœur de Patrick Tissier,
14:31elle raconte
14:31qu'ils auraient subi
14:33certains des attouchements
14:34de la part
14:35et des compagnes
14:36et des compagnons
14:37de leurs parents.
14:38Il y a aussi
14:38un ami de son père
14:39qui leur imposait
14:40des caresses,
14:41qui se masturbait devant eux.
14:43Et puis surtout,
14:43elle va raconter
14:44que la première victime
14:46de Tissier,
14:46qui est en quelque sorte
14:47une victime inconnue,
14:48c'est sa propre belle-mère.
14:50Elle s'appelait
14:50Marie Luna.
14:51Lui,
14:52il avait seulement 16 ans
14:53à l'époque,
14:53Patrick Tissier,
14:54elle en avait 48.
14:55Et d'après la sœur,
14:56il a tenté deux fois
14:57de la violer
14:58et de l'étrangler.
15:00Alors quand les juges
15:00vont l'interroger là-dessus,
15:02on sent bien
15:03qu'il y a un malaise évident.
15:05Et lui,
15:05il va se justifier
15:06en disant seulement
15:07qu'il avait voulu
15:08avoir des rapports
15:09avec elle.
15:11Que dit l'expertise psychiatrique
15:12qui a été menée
15:13sur Patrick Tissier ?
15:14Alors,
15:15trois experts
15:15vont être entendus
15:16pendant l'audience.
15:18Globalement,
15:19ce qui ressort
15:19de leur expertise,
15:20c'est que Patrick Tissier
15:21est un pervers.
15:23Donc quelqu'un
15:23qui va tirer
15:25de la jouissance
15:25dans la souffrance
15:26d'autrui
15:27et dans l'accomplissement
15:28de ses crimes.
15:29Alors,
15:29il y a même
15:30des détails
15:30assez troublants
15:31qui vont être donnés.
15:32Un expert raconte
15:34que Tissier
15:35lui a confié
15:35pendant leurs échanges
15:36que
15:37quand je le fais,
15:39l'autre,
15:39c'est plus rien.
15:40Je vois un tas
15:41de chair et d'os.
15:42Alors,
15:42c'est un témoignage
15:43évidemment assez glaçant
15:44mais qui fait aussi écho
15:45à une autre confession
15:47qu'avait reçu
15:48un des avocats
15:49de Patrick Tissier
15:50un jour en prison
15:50qui lui avait dit
15:51« il y a une bête
15:53en moi ».
15:53D'ailleurs,
15:54un de ses avocats
15:55toujours va dire
15:56quelque chose
15:56d'assez intéressant
15:57sur son client.
15:59C'est maître
15:59Henri Villanova
16:00qui souhaite
16:01que l'on évoque
16:02au moins l'absence
16:03de traitement psychiatrique
16:05de son client
16:05et des criminels
16:07de son calibre
16:08en général.
16:09Ces affaires montrent,
16:10dit l'avocat,
16:11qu'on ne peut pas
16:12se contenter
16:13d'enfermer les gens.
16:14Ce que veut dire
16:15l'avocat par là
16:15quand il dit
16:16qu'on ne peut pas
16:16se contenter
16:17d'enfermer les gens
16:18c'est que Tissier
16:19il a été enfermé
16:19assez longtemps
16:20au cours de sa vie déjà
16:22mais qu'effectivement
16:23à chaque fois
16:23qu'il est ressorti
16:24il est ressorti
16:25de manière
16:25ce qu'on appelle
16:26des sorties sèches
16:27c'est-à-dire
16:27sans aucun suivi
16:29psychologique,
16:30psychiatrique,
16:30social.
16:31On l'a remis dehors
16:32comme ça
16:32et effectivement
16:33ce que dit l'avocat
16:34c'est que la remise
16:35en liberté
16:36sans suivi,
16:37sans surveillance,
16:37sans contrôle
16:38c'est forcément
16:39non pas une incitation
16:41mais en tout cas
16:41ça facilite
16:42la récidive.
16:45Le vendredi
16:4630 janvier 1998
16:47devant la cour d'assises
16:49Patrick Tissier
16:50est invité
16:51à prendre la parole.
16:52Je voulais dire
16:53que je n'ai jamais demandé
16:54pardon à ceux
16:55qui souffrent
16:55de tout ce que j'ai fait
16:56dit-il.
16:57Je ne veux pas le faire
16:58de peur qu'ils le prennent
16:59pour un affront.
17:01Ces derniers mots
17:02sont pour Karine
17:03qu'il décrit comme
17:04la merveille des merveilles
17:05après avoir dit
17:06qu'il était lui-même
17:07le dernier des derniers.
17:09A l'issue de cette intervention
17:11la cour se retire
17:12pour délibérer.
17:13Patrick Tissier
17:14est condamné
17:15à la nouvelle peine maximale
17:16la réclusion criminelle
17:18à perpétuité
17:18assortie d'une période
17:20de sûreté de 30 ans.
17:21Pour Karine
17:22je suis le dernier
17:23des derniers.
17:25Étonnement dans la salle
17:26Patrick Tissier
17:26a donc exprimé
17:27des regrets
17:28mais le verdict
17:29lui est sans surprise.
17:31Après une heure
17:31et demie
17:32de délibération
17:33les jurés
17:34se prononcent
17:34pour la peine
17:35maximale
17:36la réclusion criminelle
17:37à perpétuité
17:38assortie
17:39d'une période
17:40de sûreté
17:41de 30 ans.
17:41Peu de temps
17:42avant sa condamnation
17:43il avait écrit
17:44à sa mère
17:45je cite
17:45qu'il se foutait
17:46de la peine maximale
17:47assez convaincu
17:49qu'il sortirait un jour.
17:51Patrick Tissier
17:51emprisonné
17:52en septembre 1993
17:54est libérable
17:55depuis le mois
17:56de septembre 2023.
17:58Il n'a
17:59à ce jour
17:59pas demandé
18:00à sortir.
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18:20et à la rédaction
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18:22Jules Lavi.
18:23Cet épisode
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