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  • il y a 2 semaines
On croyait la connaître par cœur et pourtant... Depuis le 1er juin, il est (quasiment) avéré que "la Joconde" a une petite sœur. Un carton préparatoire à un tableau, qui représente une femme au même soutire énigmatique et dans la même posture que Mona Lisa, mais nue. Convaincu qu’elle est également une oeuvre originale de Léonard De Vinci lui-même, Mathieu Deldicque, conservateur au musée de Chantilly, l’a faite analyser pendant près de trois ans avec son équipe. Pour le 500ème anniversaire de la mort de l’homme d’esprit le plus célèbre de l’histoire, il revient avec nous sur les résultats bluffants de ces recherches et sur l’aventure extraordinaire que tout cela a représenté pour lui. Des histoires racontées par les journalistes de la rédaction ou par celles et ceux qui les ont vécues directement. Un rendez-vous porté par le présentateur Jules Lavie et la reporter Clawdia Prolongeau, à retrouver du lundi au vendredi à partir de 18 heures sur LeParisien.fr ou sur les principales plateformes d’écoute. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Clawdia Prolongeau - Production : Jeanne Boezec - Réalisation et mixage : Alexandre Ferreira - Musiques : François Clos pour Binge Audio - Identité graphique : Upian.

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:05Elle ressemble comme deux gouttes d'eau à Mona Lisa, léger sourire, regard mystérieux.
00:11Depuis le 1er juin, on peut admirer en France une nouvelle joconde,
00:15une joconde nue, probablement dessinée par Léonard de Vinci lui-même.
00:20Cette oeuvre est exposée jusqu'au 6 octobre dans l'Oise au musée Condé du château de Chantilly,
00:24dans le cadre d'une exposition consacrée aux 500 ans de la mort du maître italien.
00:30Conservé sur place depuis le 19e, ce dessin a été attribué à Léonard,
00:35puis désattribué avant de devenir une énigme.
00:38Claudia Prolongeau est partie à Chantilly pour nous raconter cette histoire.
00:46Pour revenir sur le mystère de la joconde nue, je contacte l'un des premiers intéressés,
00:51Mathieu Deldic, conservateur au musée Condé dans le château de Chantilly.
00:56C'est ici, dans les sous-sols de cet immense domaine,
00:59qu'est conservé depuis 1862 ce carton, c'est-à-dire un dessin préparatoire à un tableau.
01:05Acheté par le duc d'Aumal cette année, il fait partie des 4000 oeuvres réunies tout au long de sa
01:10vie
01:11par celui qui reste l'un des plus grands collectionneurs de son temps.
01:15Pendant plusieurs années, Mathieu Deldic a travaillé sur ce carton.
01:18Quand je le contacte, il accepte immédiatement qu'on se rencontre
01:21et ne cache pas son enthousiasme pour le dessin et l'intérêt qu'il suscite dans le monde entier.
01:26Bonjour !
01:28Bonjour !
01:29Vous êtes déjà équipé ?
01:30Oui, toujours enchanté.
01:32Je retrouve Mathieu Deldic deux jours plus tard devant la salle du jeu de paume où sa joconde est exposée.
01:37C'est de l'autre côté de l'étang au bout duquel se dresse le château de Chantilly.
01:41Il est grand, brun, a des lunettes cerclées et seulement 32 ans.
01:45A l'intérieur de la salle, devant le fameux carton, il analyse pourquoi, alors qu'il la connaît par cœur,
01:52cette joconde le fascine toujours autant.
01:54En fait, elle est en communication directe avec nous.
01:57C'est pour ça que c'est si efficace, comme la joconde du Louvre.
02:00Vous avez ici cette dame qui nous regarde, qui est quasiment à grandeur nature, réelle,
02:07qui est entre le masculin et le féminin, donc qui nous interpelle,
02:09et qui expose sa nudité de manière pas du tout cachée, mais décomplexée,
02:16et qui communique avec nous.
02:18Et on a une sorte de sculpture antique, mais qui a pris vie, donc on fait encore mieux que l
02:22'Antiquité.
02:22C'est pour ça qu'elle nous parle encore de nos jours, en fait.
02:24C'est tellement efficace, ce dispositif.
02:26Elle est accoudée face à nous, tranquillement,
02:29et elle déploie ses charmes pour nous interpeller.
02:32Son regard est bizarre au premier abord.
02:34Pourquoi ? Parce qu'en fait, on dirait qu'elle louche.
02:37Pourquoi elle louche ? Parce qu'en fait, l'œuvre était abîmée,
02:39donc elle a deux pupilles à chaque fois.
02:41C'est un peu flou, on est un peu perdu, et on dirait qu'elle louche.
02:43Mais en fait, elle n'a pas été créée comme telle.
02:45C'est le retoucheur, une sorte de restaurateur,
02:48plusieurs décennies, voire même siècles plus tard,
02:51qui en a modifié, finalement, la vision.
02:53Ce strabisme n'est pas original.
02:56La première fois que je l'ai vue, c'est vrai que j'ai été un peu décontenancé,
02:58parce qu'en fait, elle nous semble familière.
03:00Pourquoi il nous semble familière, cette joconde nue ?
03:02Parce qu'elle a la même position que la joconde.
03:04Elle a les mêmes dimensions.
03:05Et puis, elle a ce physique très léonardesque.
03:07Mais ensuite, on est aussi un peu perplexe,
03:10parce que c'est une femme, c'est un homme,
03:12elle a un bras très musclé, elle a une poitrine artificielle.
03:14On est un peu perdu.
03:15Vous avez tout l'arrière-plan qui est abîmé.
03:18C'est un dessin qui a vécu, qui a toute une histoire,
03:21qui n'est pas dans l'état de fraîcheur originelle.
03:24Et le deuxième mouvement, c'est qu'on devient fasciné par cette œuvre.
03:27Parce qu'on subodore qu'il y a plein de choses à apprendre
03:30et elle a plein de choses à nous dire.
03:32Quand est-ce que vous, vous avez entendu parler de ce dessin pour la première fois ?
03:36Moi, c'est quand j'ai commencé à travailler en tant que conservateur
03:39au Musée Condé, au Château de Chantilly.
03:42Ça fait partie des dessins qui sont en réserve,
03:45parce qu'on ne peut pas les exposer de manière permanente,
03:48les dessins, la lumière les abîme.
03:49Donc, je l'avais vu en réserve dès que je suis arrivé.
03:53Très vite est née l'idée d'en apprendre davantage,
03:56parce que finalement, il y avait énormément de mystères autour de ce dessin.
03:59Et en prévision de l'année anniversaire de la mort de Léonard de Vinci,
04:03il fallait qu'on exploite ce chef-d'œuvre et qu'on le révèle au grand public.
04:08Ça n'empêche qu'elle est belle, là, quand même.
04:11C'est troublant.
04:12Ouais.
04:12C'est troublant.
04:14Je trouve que ça fait un tableau qui est...
04:16Parce qu'il y a un côté masculin et féminin en même temps.
04:18Si on ne nous disait pas que c'est la Joconde nue,
04:21est-ce qu'on verrait la Joconde ?
04:23En 1504, Léonard de Vinci peint un tableau que vous connaissez forcément.
04:29Cinq siècles plus tard, il est l'objet d'art le plus visité au monde,
04:32avec 20 000 personnes qui viennent l'admirer au Louvre chaque jour.
04:36Après avoir été peinte, la Joconde,
04:38terme tiré du nom de famille de Mona Lisa Giocondo,
04:42devient une posture largement reprise.
04:44D'où le nom du dessin de la Joconde nue,
04:46qui le porte déjà lorsqu'elle arrive au château de Chantilly.
04:50Alors à ce moment-là, en fait, c'est un dessin qui est très disputé.
04:53Il a été acheté comme un Léonard de Vinci,
04:55ça c'est sûr, par le Duc de Mal au XIXe siècle,
04:58qui était comme un Léonard de Vinci préparatoire à un tableau
05:01qui est maintenant à l'ermitage,
05:02et qui était aussi attribué à Léonard, ce tableau.
05:04Et quand le tableau a été désattribué,
05:06parce qu'il a une qualité très importante,
05:08mais moindre par rapport à un vrai Léonard,
05:10le carton aussi a été désattribué.
05:12Mais il y a eu des querelles de chapelle, en quelque sorte.
05:14C'est-à-dire que des gens trouvaient ça tellement étrange
05:17d'avoir une Joconde nue qui pensait que c'était quasiment une blague,
05:21et que finalement c'est peut-être l'école, un suiveur lointain,
05:26voire un dessin du XVIIe ou XVIIIe siècle.
05:28Mais aussi, régulièrement, pendant tout le XXe siècle,
05:32des spécialistes, des grands spécialistes de Léonard,
05:34qui ont dit, qui ont écrit,
05:35« Non, il y a sans doute Léonard là-dessous. »
05:37Et donc, en fait, on était bloqués.
05:39Il y avait une sorte de querelle d'histoire de l'art,
05:41très intéressante,
05:42mais on n'avait pas de nouvelles données.
05:44Et les nouvelles données,
05:45on les a collectées pour l'exposition,
05:47de manière inédite, en 2017 et 2018,
05:50en amenant pour la première fois ce carton
05:52au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France,
05:54dans le sous-sol du Palais du Louvre,
05:57pour collecter toutes les données scientifiques,
05:59la datation du papier,
06:01quel a été l'usage de ce carton,
06:03en quoi est-il fait,
06:05est-ce qu'il y a des traits de gaucher ou de droitier, etc.
06:07Et en fait, les résultats ont été extraordinaires
06:10et ont dépassé nos espérances.
06:13Mais on dit que la joconde, elle,
06:15elle vous suit du regard.
06:17Et elle, elle ne vous suit pas ?
06:19Vous avez l'impression qu'elle vous suit ?
06:20Tu as l'impression, Jacqueline, qu'elle me suit du regard ?
06:24Ah, ben attendez, je vais faire le test.
06:26Ah, ben regardez, c'est parce qu'elle me suit du regard.
06:28Ben là, elle est parée.
06:29C'est une bonne chose.
06:33Ben si, oui, vous avez raison.
06:35Elle me suit du regard quand même.
06:37Ah oui, je n'avais pas fait attention,
06:38mais c'est vrai, très juste.
06:41Dans le musée,
06:43la joconde nue est exposée sous une lumière très faible,
06:45dans une structure rouge foncée,
06:47à l'écart des autres tableaux.
06:50Mathieu Delzic m'explique que même si la luminosité est contrôlée,
06:54elle abîme nécessairement le dessin.
06:56Le 6 octobre, ce carton retournera donc en réserve,
06:59sans doute pour plusieurs années.
07:02Quand on a commencé les analyses,
07:04finalement, je n'attendais pas énormément de choses.
07:07Je savais que c'était un dessin de l'époque de Léonard de Vinci,
07:10ou très très proche de cet atelier.
07:12Je savais que c'était un dessin du XVIe siècle.
07:14Ça, c'est quand on voit la matière,
07:16quand on voit la mise en œuvre.
07:17C'est un dessin de la Renaissance italienne.
07:20Ensuite, c'est vrai qu'on n'avait finalement
07:22pas tellement d'autres espérances,
07:24et on ne savait pas même si on aurait pu en apprendre davantage
07:28sur le fait que ça soit fait bel et bien dans l'atelier,
07:31que d'après ce carton, il y ait eu des tableaux,
07:34et puis que ça soit vraisemblablement même l'œuvre de Léonard.
07:38Ça, ça a été des surprises au fur et à mesure.
07:41Mais c'est vrai que, là aussi,
07:43ça a été un processus au long terme.
07:45Toujours, actuellement, nous avons voulu garder un peu notre sang en froid
07:48et garder du sérieux.
07:49qu'on ne voulait pas révéler le nouveau Léonard, etc.
07:53Non, on a voulu procéder de manière scientifique,
07:55et on garde aussi des nuances,
07:57parce que c'est vrai qu'on ne sera jamais à 100% certain
07:59l'œuvre ayant été usée, abîmée par le temps.
08:03Si on entre dans les analyses,
08:05qu'est-ce qu'on a découvert ?
08:05On a pu dater le papier.
08:07Le papier est contemporain de Léonard de Vinci,
08:10et il est vraisemblablement même italien.
08:12On en a trouvé des exemples à Rome, à Florence, à Venise.
08:15C'est aussi une œuvre qui est une œuvre de création.
08:18On parlait tout à l'heure des modifications, des repentirs.
08:21Vous avez là un artiste qui cherche sa composition,
08:24qui doute, qui corrige.
08:25Et ça, c'est la preuve que ce n'est pas un élève
08:27qui copie servilement une autre œuvre à côté.
08:29C'est ici un artiste en train de créer une œuvre.
08:32Vous avez aussi l'usage de ce carton.
08:34C'est un carton préparatoire qui a été utilisé
08:37par deux élèves de Léonard, au moins,
08:39pour deux tableaux, deux jeux contenus.
08:40C'est aussi une œuvre d'un artiste talentueux,
08:43avec cette sorte de sfumato qu'on a décrit tout à l'heure.
08:47Et puis, c'est un artiste, enfin, qui est gaucher.
08:49On a trouvé des hachures de gaucher
08:50un peu partout sur le corps de cette joconde nue.
08:53Or, on sait que Léonard de Vinci était gaucher.
08:56Donc, en fait, on a tout un faisceau d'indices
08:57qui permet de nous dire
08:59« Oui, c'est fait dans l'atelier de Léonard. »
09:02Et parce qu'il faut rester nuancé,
09:04et puis parce que c'est aussi un dessin qui reste assez abîmé,
09:07c'est, vraisemblablement, l'œuvre de Léonard lui-même.
09:11L'une des choses qu'on n'a pas réussi à voir,
09:13c'est ce qu'il y a derrière l'arrière-plan.
09:15Vous avez sur l'arrière-plan de la joconde nue
09:17une sorte de badigeon grisâtre, pas très heureux,
09:20qui n'est pas contemporain du carton,
09:22qui est postérieur.
09:24Et en fait, on voulait savoir ce qu'il y avait derrière.
09:25Peut-être qu'il n'y a rien, sans doute qu'il n'y a rien.
09:27Mais en fait, on n'a pas réussi à transpercer cette couche-là,
09:30grâce à toute l'imagerie de laboratoire.
09:33Bon, c'est l'une des seules choses qu'on n'a pas réussi à voir.
09:36Sinon, en fait, les résultats ont été beaucoup plus impressionnants
09:38qu'on ne le supposait à l'origine.
10:00Alors, on a eu des réunions.
10:02C'est des résultats qui ont été dirigés par Bruno Motin,
10:06qui est conservateur général au Centre de Recherche et de Restauration
10:09des Misées de France, qui nous a remis tout un rapport.
10:11Mais c'est vrai que ça a été une digestion plutôt longue,
10:14parce qu'il faut analyser tout ça, il faut aussi digérer.
10:17Ça a été un peu au compte-gouttes et c'était formidable,
10:20parce qu'on allait de révélation en révélation.
10:22Je suis en train d'imaginer, vous deviez être fou en sortant
10:25de ces réunions où vous sentiez que ça se rapprochait
10:27de plus en plus, non ?
10:28On était tout à fait enthousiasmés, on était stimulés.
10:32On avait envie vraiment de continuer à travailler,
10:34parce qu'on voyait qu'il y avait quelque chose de très important
10:37qui se profilait.
10:39C'était aussi l'occasion d'imaginer aussi tout un discours autour de ça,
10:43d'expliquer aussi l'apport de ces analyses au grand public,
10:46la science qui sert l'art.
10:48Donc en fait, le projet a maturé de réunion en réunion
10:51au fil des mois pour aboutir à ce qu'il y a aujourd'hui.
10:56Quand vous avez commencé à préparer ça en 2015,
10:59vous étiez combien dans la confidence ?
11:02On était très peu, parce qu'on est ici deux conservateurs
11:05au Musée des Condés, je travaillais avec quelques spécialistes
11:08au Louvre, au Centre de recherche et de restauration des musées de France.
11:12Donc on était une toute petite poignée, 4-5.
11:15L'intérêt, c'était de ne pas livrer les résultats des analyses tout de suite.
11:19Bon, déjà, parce que les résultats ont été digérés, interprétés,
11:22le travail d'histoire de l'art devait se faire.
11:25Il fallait aussi garder un peu la primeur,
11:27parce que si on révélait tout tout de suite,
11:30c'était dommage, parce que les gens n'auraient pas appris ça face à l'œuvre.
11:33Et l'intérêt, c'est de voir tous ces éléments face au chef-d'œuvre de Chantilly.
11:37Dès les analyses, lorsqu'on a mené les analyses dans les sous-sols du Palais du Louvre,
11:42nous avons fait une première campagne de médias,
11:45en fait, une campagne de presse,
11:47pour expliquer les premiers résultats.
11:49Donc ça, ça s'est passé à la fin de l'année 2017.
11:52Ensuite, la deuxième étape, ça a été il y a quelques mois,
11:55au mois de mars dernier,
11:56pour annoncer vraiment l'exposition,
11:58pour annoncer aussi tous les prêts exceptionnels
12:00qui nous ont été accordés,
12:01depuis la Russie, les États-Unis, la Reine d'Angleterre,
12:04l'Italie, l'Allemagne, etc., etc.,
12:07annoncer cela et annoncer vraiment les résultats quasiment définitifs.
12:10C'est-à-dire que, oui, il y a vraisemblablement du Léonard derrière.
12:13En tout cas, c'est sûr, c'est l'atelier,
12:15c'est une œuvre très importante.
12:17Donc ça, ça s'est passé il y a quelques mois,
12:18une deuxième campagne de communication.
12:20Et pour annoncer cette exposition qui vient d'ouvrir,
12:22là, au 1er juin,
12:24et qui ouvrira jusqu'au 6 octobre 2019.
12:27Vous êtes venue spécialement la voir, elle ?
12:29Oui, bien sûr, tout à fait.
12:31Vous venez d'où ?
12:33En ce moment, je suis chez ma sœur qui habite dans la région,
12:36mais j'habite à l'étranger.
12:38Donc j'avais entendu parler de la joconde nue,
12:41et c'est l'occasion de venir.
12:43Vous habitez où ?
12:44J'habite en Californie.
12:46Ah oui, vous êtes loin.
12:48Et vous avez fait exprès de faire correspondre
12:50les dates de votre voyage avec l'exposition ?
12:52Exactement, oui.
12:53Je savais que c'était début juin,
12:54donc je suis arrivée chez ma sœur juste à temps.
13:00Pour l'équipe du musée de Chantilly,
13:02il s'agit alors de créer l'événement.
13:04Peu à peu, Mathieu Deldic et ses collègues
13:07distillent des informations dans la presse,
13:09espérant susciter l'emballement.
13:10Et ça fonctionne.
13:12C'est un souvenir extraordinaire,
13:14c'est surtout une expérience unique.
13:15Je ne pense pas que ça se reproduise
13:17deux fois dans ma carrière.
13:19On a une sorte d'engouement exceptionnel,
13:21où on en parle depuis l'Amérique du Sud
13:24jusqu'en République tchèque.
13:26On a beaucoup de Japonais,
13:27de télés japonaises qui viennent aussi,
13:29parce qu'ils apprécient beaucoup Léonard de Vinci.
13:32On a même un partenariat avec la télévision NHK,
13:35la télévision japonaise,
13:36qui a dépêché en septembre dernier
13:37la caméra la plus puissante du monde,
13:398K,
13:40pour filmer la joconde sous toutes ses coutures.
13:43Donc c'était très intéressant,
13:44très instructif,
13:45et puis très amusant aussi.
13:47Léonard de Vinci,
13:48c'est l'artiste avec un grand A
13:50que tout le monde connaît.
13:51Vous interrogez quiconque dans la rue,
13:53même si cette personne
13:55n'apporte aucun intérêt à l'art
13:57ou même à l'histoire,
13:58c'est le nom qui vient tout de suite.
14:00Et s'il y a bien une œuvre
14:01qui est connue aussi de par le monde,
14:02c'est la joconde.
14:04L'œuvre majeure
14:05ou la plus emblématique de Léonard de Vinci.
14:07Et ici, nous avons la chance
14:08d'avoir une joconde
14:09qui est nue en plus
14:11et qui est sans doute due
14:12à Léonard de Vinci.
14:12Donc vous voyez,
14:13tous les ingrédients sont rassemblés.
14:15Alors Léonard de Vinci,
14:15pourquoi c'est un tel mythe ?
14:17Parce que déjà,
14:18dès son époque,
14:19c'est une sorte de star.
14:20C'est-à-dire,
14:20tous les commanditaires se l'arrachent.
14:22C'est l'un des plus grands peintres,
14:24artistes, ingénieurs de son temps.
14:26C'est un peu l'image
14:27du génie de la Renaissance
14:28ou de la curiosité universelle
14:31de cette époque-là.
14:32En fait,
14:32qui dit Renaissance,
14:33dit Léonard,
14:33dit Léonard, dit Renaissance.
14:35C'est un artiste,
14:36Léonard de Vinci,
14:37qui travaille de manière
14:38très lente,
14:40notamment pour ses peintures.
14:42C'est un artiste perfectionniste.
14:43Et donc,
14:44il prend beaucoup de temps.
14:45Et d'ailleurs,
14:45ça décourage ses commanditaires.
14:47Et c'est pour ça
14:47qu'il a très, très peu peint.
14:48C'est-à-dire qu'il a très peu
14:49d'oeuvres conservées.
14:50Il est tellement lent.
14:51Par contre,
14:51il dessine beaucoup.
14:52D'où tous les dessins
14:53qu'on conserve
14:54de par le monde.
14:55Un artiste
14:56qui peint lentement,
14:58qui est entouré aussi
14:59par un atelier.
15:00Pas un atelier nombreux,
15:01mais un atelier
15:02où il y a quelques élèves
15:02régulièrement.
15:03Et puis,
15:04c'est un artiste aussi
15:04qui va voyager.
15:06Il va évidemment
15:07commencer à Florence.
15:08Il ira à Milan.
15:09Il ira un peu à Venise.
15:11Il ira à Rome.
15:12Il retournera plusieurs fois
15:13à Florence et Milan.
15:14Et il finira sa carrière
15:15en France.
15:16Donc,
15:16aussi un artiste
15:17un peu cosmopolite.
15:18C'est une bonne surprise ?
15:20C'est fantastique, oui.
15:22Je ne savais pas
15:23que ça existe.
15:24C'est une bonne surprise,
15:26bien sûr.
15:27Vous pensez quoi, vous ?
15:28Je pense que c'est
15:29de l'école de Léonardo.
15:32Non ?
15:32Non ?
15:33Je ne vois pas
15:34la main de Léonardo,
15:36non ?
15:36Mais je ne sais pas.
15:39L'explication actuelle
15:41de l'œuvre indique
15:42Léonard de Vinci,
15:43point d'interrogation,
15:44où son atelier ?
15:45Mon intime conviction,
15:46c'est que c'est Léonard.
15:47C'est une œuvre abîmée,
15:48mais qui est due à Léonard,
15:49en tout cas en partie.
15:50Mais c'est quasiment
15:51invérifiable à 100%.
15:53Et donc,
15:54c'est pour ça qu'on dit
15:54que c'est dû à l'atelier,
15:56avec certitude,
15:57et très vraisemblablement
15:58par le maître lui-même.
16:04Claudia,
16:04qu'est-ce que tu as ressenti
16:05en admirant cette joconde nue ?
16:08Moi, je l'ai trouvée
16:08très très belle.
16:09Il se trouve que je m'étais
16:09renseignée avant d'aller la voir,
16:11donc je connaissais son histoire
16:12et je pense que ça la rendait
16:13d'autant plus touchante.
16:14On l'a bien compris,
16:15Claudia,
16:15il y aura toujours un petit doute
16:17sur la paternité de cette œuvre.
16:18Il y aura effectivement
16:19toujours un petit doute.
16:21Mathieu Deldic,
16:21lui,
16:22n'en a quasiment pas,
16:23mais c'est vrai
16:23qu'on ne pourra jamais prouver
16:24à 100% que ce dessin
16:26est bien de Léonard de Vinci.
16:28Notamment parce que
16:28si on a prouvé
16:29qu'il était l'œuvre d'un gaucher,
16:31il avait un élève
16:32qui était gaucher
16:32qui s'appelle
16:33Francesco Melzi.
16:34D'après Mathieu Deldic
16:36et d'autres spécialistes,
16:37c'est vraiment plus
16:38le trait de Léonard de Vinci
16:39que de son élève,
16:40mais on ne pourra jamais
16:41le prouver parfaitement.
16:47Merci Claudia Prolongeau.
16:53Code Source
16:54est le podcast
16:55d'actualité du Parisien,
16:57production Jeanne Boézek,
16:59réalisation et mixage
17:00Alexandre Ferreira.
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17:12codesource
17:13at leparisien.fr
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