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Une exposition actuellement au Musée d’Orsay, à Paris, se concentre sur l'œuvre prolifique et mélancolique de l’artiste, lorsqu’il avait passé ses derniers instants à Auvers-sur-Oise.
Pour Code source, Yves Jaeglé, journaliste au service culture du Parisien, revient sur la vie de Vincent Van Gogh.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
#vincentvangogh #impressionnisme #museedorsay
Pour Code source, Yves Jaeglé, journaliste au service culture du Parisien, revient sur la vie de Vincent Van Gogh.
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Van Gogh fait l'objet d'une grande exposition à Paris au musée d'Orsay depuis le 3 octobre et
00:16jusqu'au 4 février.
00:18Exposition sur les derniers mois de sa vie passée à Auvers-sur-Oise dans le Val-d'Oise.
00:22Du 20 mai 1890 au 29 juillet, le jour de sa mort, il a produit sur place 74 tableaux et
00:30cette exposition en rassemble une quarantaine.
00:32Vincent Van Gogh était venu à Auvers-sur-Oise pour essayer d'aller mieux mentalement, pour retrouver de la sérénité.
00:39Grâce à ses tableaux, ses dessins et surtout grâce à sa correspondance, nous avons des éléments précis sur les deux
00:45derniers mois de sa vie.
00:47Codesources vous les racontent aujourd'hui avec Yves Géglet du service culture du Parisien.
00:57Yves Géglet, qu'est-ce qu'on peut voir à Paris au musée d'Orsay jusqu'au 4 février dans
01:01le cadre de cette exposition consacrée à Vincent Van Gogh ?
01:04C'est la période ultime de Van Gogh, les deux mois qu'il a passé à Auvers-sur-Oise avant
01:09sa mort.
01:09Il a peint à cette époque 74 tableaux en 70 jours et une quarantaine venus de musées du monde entier
01:15sont présentés au musée d'Orsay.
01:20On a choisi de commencer ce podcast le mardi 20 mai 1890 à Auvers-sur-Oise, à une trentaine de
01:27kilomètres au nord de Paris,
01:29dans une auberge où Vincent Van Gogh, 37 ans, a décidé de louer une chambre. À quoi ça ressemble ?
01:35C'est une chambre dans un café qui s'appelle à l'époque le Café de la Mairie. Il se
01:40trouve effectivement en face de la mairie.
01:42C'est vraiment un endroit assez petit où l'aubergiste accueille une colonie de peintres, parce qu'il y a
01:47beaucoup de peintres à Auvers-sur-Oise.
01:48Ça a été popularisé à l'époque de l'impressionnisme.
01:50Et il y a quelques chambres, très peu de chambres, minuscules.
01:53Et donc Van Gogh en occupe une à l'étage.
01:55Il y a la place pour un lit, une place évidemment, une chaise et c'est à peu près tout.
02:05À Auvers-sur-Oise, Vincent Van Gogh continue de correspondre avec ses proches,
02:09notamment son frère très régulièrement, certains critiques d'art,
02:13ou encore des peintres comme Paul Gauguin, des lettres écrites en français.
02:17Il parle par exemple, au début, de l'auberge qu'il a choisie.
02:22Lettres de Vincent Athéo, le mardi 20 mai 1890.
02:26On m'a piloté vers une auberge où l'on me demandait 6 francs par jour.
02:29Mais j'en ai trouvé une où je paierais 3 francs 50 par jour.
02:33Cela me paraît injuste, lorsqu'on veut et peut payer et travailler comme un autre ouvrier,
02:38d'avoir à payer le double, parce que l'on travaille à de la peinture.
02:48Yves Géglet, avant de raconter les deux derniers mois de la vie de Vincent Van Gogh
02:52en s'appuyant sur sa correspondance, on rappelle qui il est.
02:55Il est né aux Pays-Bas, le 30 mars 1853. Dans quel milieu ?
03:00Un milieu bourgeois, protestant. Son père est pasteur, ils sont six frères et sœurs.
03:07La particularité, c'est que c'est une famille où il y a beaucoup de pasteurs,
03:10mais aussi de marchands d'art. Donc la peinture est présente.
03:12D'ailleurs, la Hollande est un pays où l'art joue un rôle très important,
03:15donc il va apprendre à dessiner à ses jeunes.
03:17Quand il a 16 ans, il est embauché comme employé, comme apprenti,
03:20d'une maison de vente d'art en Angleterre, à Londres.
03:23Il fera ça quelques années, et ensuite, jeune adulte, il envisage de devenir religieux.
03:28Oui, il est extrêmement croyant, et son père, donc pasteur,
03:32l'encourage à faire des études de théologie, donc il entreprend.
03:35Il n'arrivera pas à passer ses diplômes, malgré plusieurs tentatives.
03:39Il est quand même nommé prédicateur assistant en Belgique,
03:42dans une région qui s'appelle le Borinage, près de Mons,
03:46et il va donc vivre parmi des ouvriers.
03:48C'est une région de mineurs, donc très très pauvres, qui lui plaît,
03:51puisqu'il aime cette assaise, ce dénuement.
03:54Il veut d'ailleurs vivre comme eux, il cherche des maisons de plus en plus pauvres, en fait.
03:59Mais ça ne va pas très bien se passer, de même qu'il n'a pas réussi ses examens,
04:02il ne réussit pas comme prédicateur, et il va partir assez vite.
04:09En mars 1886, il vient s'établir à Paris, il a 33 ans,
04:13et à ce moment-là, Yves Géglet, ça fait déjà quelques années qu'il s'est mis à la peinture.
04:17C'est à la fois un peintre autodidacte, qui n'a pas vraiment suivi d'école connue,
04:22mais bon, on a dit qu'il avait quand même appris à dessiner,
04:25et ce qui est fascinant, c'est de regarder effectivement sur ses premiers tableaux en Belgique,
04:28il en fait beaucoup.
04:29Il y a un tableau, notamment Les mangeurs de pommes de terre,
04:31ce n'est pas du tout le style Van Gogh qu'on connaîtra après,
04:34c'est des couleurs beaucoup plus du côté du clair-obscur,
04:38ce n'est pas du tout la lumière qu'il va découvrir après,
04:39mais c'est ses débuts de peintre.
04:41Et à Paris, il se met vraiment à fond dans la peinture ?
04:43Paris, c'est vraiment une révolution,
04:45puisque à l'époque, c'est la capitale mondiale de la peinture,
04:48donc on est en 86, on est déjà 12 ans après la première exposition impressionniste,
04:52mais c'est le cœur de ce mouvement.
04:54Lui est donc rattaché plutôt au post-impressionniste,
04:56quand il arrive, c'est déjà le pointillisme,
04:58ces petits points qu'on retrouvera beaucoup dans ses tableaux,
05:00et donc là, il va progresser très très vite,
05:03son style va évoluer mois après mois,
05:05et à Paris, il rencontre Gauguin, Pissarro, Sera, le pape du pointillisme.
05:14Et justement, Paul Gauguin devient son ami.
05:16Oui, ils vont avoir une relation très forte,
05:18alors ils ont une sorte de communauté de marginalité,
05:20bien qu'ils soient très différents.
05:21Van Gogh n'a jamais pu créer de famille,
05:23Gauguin en a une, avec cinq enfants, mais qu'il va abandonner.
05:27C'est tous les deux, on pourrait dire aussi, des grandes gueules,
05:29ils boivent, Gauguin se bat beaucoup.
05:32Ils ont aussi une passion absolue pour la peinture.
05:35Ce ne sont pas des petits bourgeois, entre guillemets,
05:38et donc quelque chose va les lier profondément.
05:41Vincent Van Gogh part vivre à Arles,
05:43il entretient une correspondance avec Paul Gauguin,
05:45et un jour, juste avant Noël 1888,
05:48le 23 décembre, à Arles, où il vit depuis près d'un an,
05:51une violente dispute éclate entre les deux peintres.
05:55Van Gogh a gardé un rêve de son époque de prédicateur,
05:58c'est créer une sorte de phalanstère,
05:59de communauté presque spirituelle de peintres,
06:01et Gauguin devait en être un peu la colonne vertébrale.
06:03Donc Gauguin accepte de venir à Arles,
06:05ils vivent un certain temps ensemble,
06:08enfin ils partagent un appartement,
06:09cette fameuse maison jaune,
06:11ils se disputent beaucoup, ils boivent beaucoup,
06:13et ce jour-là, donc à la veille de Noël,
06:15il y a une scène extrêmement violente,
06:18dans la version de Gauguin,
06:20ils se disputent violemment,
06:21Gauguin sort de la maison,
06:23Van Gogh le poursuit avec un rasoir,
06:25Gauguin s'en va,
06:27et de rage, Van Gogh, retourné à la maison,
06:29se coupe un bout d'oreille,
06:31qui dira ensuite porter à une prostituée
06:34ou à une jeune femme qui vivait dans la maison de passe
06:37qu'il fréquentait le plus,
06:38il y en avait beaucoup à Arles à cette époque.
06:40Ça c'est la version de Gauguin,
06:41qui n'est pas remise en cause par l'Institut Van Gogh à Amsterdam,
06:45il y en a une autre,
06:45parce qu'il y a toujours beaucoup de mystères autour de Van Gogh,
06:48c'est que Gauguin maniait très bien le sabre,
06:51et il y avait un sabre dans cette maison,
06:53et qu'en fait, dans la dispute,
06:55il aurait porté un coup à Gauguin
06:56et lui tranchait une partie de l'oreille.
07:01À Arles,
07:02plusieurs habitants se plaignent de son comportement,
07:04ils le voient errer,
07:05ivre mort dans les rues,
07:06et Vincent Van Gogh est interné dans un asile.
07:09Oui, il y a même une pétition
07:11signée par 80 habitants d'Arles
07:13contre lui,
07:14parce que, déjà ça a fait du bruit,
07:16c'est une petite ville, cette histoire d'oreille tranchée,
07:19il est vraiment extrêmement marginalisé,
07:22il dérange,
07:23il va très mal,
07:24et donc il finit par être obligé de partir.
07:27D'un mot, on sait de quoi il souffre ?
07:29Van Gogh a toujours eu une attente énorme des autres,
07:32que ce soit dans l'amitié avec Gauguin
07:33ou en amour,
07:34il a eu de très grandes déceptions,
07:36et en même temps,
07:37il est plus que maladroit,
07:38il est incapable d'avoir des relations humaines,
07:40on va dire, normales,
07:42et il gère très très mal la frustration,
07:44le désespoir de liens qui ne se font pas
07:46ou qui se défont,
07:47et donc il a des crises assez régulièrement,
07:50alors qu'ils sont aussi envisagés
07:51comme des crises dépressives,
07:52même si c'est un mot qu'on n'emploie pas,
07:54il faut rappeler qu'à cette époque,
07:55la psychanalyse n'existe pas,
07:56la psychiatrie en est assez balbutiement,
07:59on va dire que c'est un grand nerveux
08:00qui a des explosions nerveuses.
08:03Il va donc à l'asile,
08:04dans la commune de Saint-Rémy-de-Provence,
08:06et c'est une expérience douloureuse pour lui.
08:08Oui, elle est globalement douloureuse,
08:10alors il faut quand même dire
08:11qu'à chaque fois,
08:12il tombe sur des médecins qui le comprennent,
08:14là par exemple,
08:15il va beaucoup peindre à Saint-Rémy-de-Provence,
08:17mais ce qu'il anéantit complètement,
08:18c'est que c'est un vrai asile
08:20comme il y en a à l'époque,
08:21c'est-à-dire où on ne sait pas
08:22comment soigner des gens qualifiés de fous,
08:26comme on disait,
08:26qui ont des pathologies très lourdes,
08:28et finalement Van Gogh n'est pas du tout
08:29dans cet état-là.
08:30C'est ce qu'il écrit,
08:31notamment à son frère,
08:32il dit, mais moi je vais beaucoup mieux,
08:34j'ai encore des choses à dire,
08:36j'ai surtout des choses à peindre,
08:37je ne peux pas rester là.
08:39Cet entourage finit par le miner
08:41et il demande à sortir de cet asile.
08:49Au printemps 1890,
08:51Vincent Van Gogh quitte Saint-Rémy-de-Provence
08:53pour se rendre à Auvers-sur-Oise,
08:54donc au nord de Paris,
08:56et s'il va là-bas,
08:57c'est parce qu'on lui a conseillé
08:58d'aller voir un médecin
08:59d'Auvers-sur-Oise,
09:00le docteur Gachet.
09:01Paul Gachet,
09:02qui est-il ?
09:03Gachet, c'est un médecin
09:05qui est déjà plus ou moins à la retraite,
09:06il a un cabinet à Paris
09:07seulement deux jours par semaine,
09:08mais il vit dans ce village
09:10qui est déjà connu des impressionnistes,
09:12où vit Dobini,
09:13qui était une idole de jeunesse
09:15de Van Gogh.
09:16À Auvers,
09:17Gachet, par exemple,
09:18possède des tableaux
09:19de Monet,
09:20de Cézanne,
09:21ça a été un ami des impressionnistes,
09:22il est lui-même peintre,
09:24amateur,
09:24mais il a un nom de peintre,
09:26et par ailleurs,
09:27il est médecin spécialisé
09:28dans la mélancolie,
09:29ce qui à l'époque
09:30est très rare,
09:31et donc il dit
09:32oui,
09:33je vais essayer
09:33de m'occuper de Vincent.
09:34Quand Vincent Van Gogh
09:35le rencontre,
09:36il est sous le charme,
09:37en tout cas,
09:37il apprécie ce médecin.
09:39Il est sous le charme,
09:40alors ce qui est amusant,
09:40c'est là où on voit
09:41que Van Gogh
09:41n'est pas du tout fou
09:43en réalité dans sa correspondance,
09:44il a beaucoup de distance,
09:46il dit
09:46je pense que cet homme
09:47va me faire du bien,
09:48en même temps,
09:48j'ai l'impression
09:48qu'il va aussi mal que moi,
09:50il repère tout de suite
09:51la fragilité du docteur Gachet,
09:53mais du coup,
09:53il voit ça
09:54comme une complicité
09:55entre eux,
09:55et effectivement,
09:57ça lui paraît
09:57un bon signe.
09:59Le docteur Gachet
10:00lui recommande
10:00deux choses,
10:01de travailler,
10:02de peindre beaucoup,
10:03et de boire
10:04deux litres de bière
10:05par jour.
10:06Vincent Van Gogh
10:06tombe sous le charme
10:07d'Auvers-sur-Oise
10:08et de la nature
10:09qui entoure le village.
10:10Van Gogh,
10:11c'est quelqu'un
10:11qui n'a jamais aimé
10:12la ville,
10:12de toute façon,
10:13puisque aux Pays-Bas,
10:14il ne vivait pas
10:15dans une grande ville,
10:16et Paris dit très vite
10:17qu'il en a marre.
10:18Puis Arles,
10:21à ce moment de sa vie,
10:22de retourner vers le nord.
10:23Et pour lui,
10:24Auvers-sur-Oise,
10:25c'est déjà la route du nord.
10:26Et d'ailleurs,
10:27le village ressemble
10:28un peu à ceux
10:30de son enfance,
10:30ses toits de chaume,
10:31ses maisons,
10:32il y a encore
10:33beaucoup de paysans.
10:34C'est son univers,
10:35il s'y sent très bien.
10:36Pour lui,
10:36c'est un petit peu
10:37une renaissance.
10:41Lettre de Vincent Athéo,
10:43le mardi 20 mai 1890.
10:45Auvers est bien beau,
10:46j'espère donc
10:47qu'en faisant
10:48quelques toiles de cela,
10:49bien sérieusement,
10:50il y aura une chance
10:51de rentrer dans
10:52les frais du séjour.
10:53Car réellement,
10:54c'est gravement beau.
10:55C'est de la pleine campagne,
10:57caractéristique
10:58et pittoresque.
11:01Qu'est-ce qu'il peint
11:02comme tableau
11:03au début de son séjour
11:04à Auvers-sur-Oise ?
11:05Justement,
11:06il peint beaucoup
11:06ses champs,
11:07ses parcelles,
11:08ses maisons,
11:09ses toits de chaume
11:09qui ont disparu depuis.
11:11C'est vraiment pour lui
11:12l'incarnation
11:12du foyer familial,
11:14c'est-à-dire
11:15un couple,
11:15des enfants et des bêtes.
11:17Donc,
11:17il va arpenter
11:18vraiment chaque chemin
11:19d'Auvers,
11:20il va peindre
11:21un nombre incalculable
11:22de maisons,
11:23même de maisons
11:24plus modernes,
11:24les champs,
11:25l'église,
11:26tout le village.
11:27Comment se porte
11:28Vincent Van Gogh
11:29au début de son séjour
11:30d'après ce qu'il raconte
11:31à son frère
11:31dans ses lettres ?
11:32Il va beaucoup mieux
11:33qu'à Saint-Rémy,
11:34il dit
11:34je suis en train
11:35de retrouver
11:36ma confiance.
11:37Après,
11:37il a une vision
11:38de lui-même
11:38qui est déjà
11:38très abîmée,
11:40il dit
11:40je suis un raté,
11:41il parle à la fois
11:41de sa vie
11:42et de son oeuvre,
11:43mais ça ne l'empêche pas
11:44de parler par exemple
11:44technique picturale
11:45avec son frère,
11:46son frère qui est un marchand
11:47qui est donc très très au fait
11:48de la peinture moderne
11:49de cette époque
11:50et donc,
11:51il est quand même
11:52très énergique.
11:52Et à distance,
11:53Théo aide son frère ?
11:55Oui,
11:55Théo a toujours été
11:56son soutien principal
11:57à la fois affectif
11:59et financier.
12:00Il y a une intimité
12:01très forte entre les deux.
12:02Sans Théo,
12:03Vincent n'aurait jamais pu peindre
12:04comme il l'a fait
12:05vu qu'il n'a pas de revenu.
12:07Son frère vraiment
12:08lui verse
12:08une sorte de pension
12:09qui lui permet
12:10à la fois
12:11de payer son auberge,
12:13de payer l'alcool,
12:14la nourriture
12:15et d'acheter du matériel
12:16puisque la peinture
12:17ça coûte cher.
12:18Et d'ailleurs,
12:19à un moment,
12:19pour le valoriser,
12:20Théo demande à Vincent
12:22plutôt de te verser
12:23une rente mensuelle
12:24ou hebdomadaire
12:25« Est-ce que tu ne veux pas
12:25que je t'achète des tableaux ? »
12:27Dans leurs échanges de lettres,
12:28il est souvent question d'argent.
12:30La situation économique
12:31est compliquée
12:31pour Vincent
12:32mais aussi pour Théo,
12:33le marchand d'art.
12:34Elle est très compliquée
12:35pour Théo
12:36parce qu'il s'est marié
12:38quelques mois avant.
12:39sa femme vient d'avoir un bébé.
12:41Il a déjà deux personnes
12:43à charge dans son foyer
12:44et puis il a son frère
12:45qui est totalement à sa charge.
12:46Il n'est pas très content
12:47de sa situation professionnelle
12:49dans une maison de vente.
12:50Il y a donc effectivement
12:52une angoisse
12:53sur les conditions matérielles
12:54de tout le monde
12:55dans la famille Van Gogh.
12:56Lettre de Vincent à Théo
12:58le samedi 24 mai 1890.
13:01Je me sens raté,
13:02voilà pour mon compte.
13:03Je sens que c'est là
13:04le sort que j'accepte
13:05et qui ne changera plus.
13:07Mais raison de plus,
13:08mettant de côté
13:09toute ambition,
13:09nous pouvons des années
13:11durant vivre ensemble
13:12sans nous ruiner
13:12de part ou d'autre.
13:16Le petit que Théo a eu
13:18avec son épouse
13:19Johanna, surnommée Jo,
13:21s'appelle Vincent
13:22comme son frère
13:23et dans les lettres
13:24de Vincent Van Gogh,
13:25le peintre,
13:25il est souvent question
13:26de ce petit,
13:27de cet enfant.
13:27Van Gogh aime les enfants.
13:30Plutôt dans sa vie,
13:30il a vécu avec une seule femme,
13:32une prostituée
13:33qui avait arrêtée
13:34à ce moment-là
13:34mais qui était alcoolique,
13:35qui avait un bébé
13:36de père inconnu
13:37et Van Gogh s'en est occupé
13:39pendant un an
13:39et dans ses lettres,
13:40il en parle beaucoup.
13:41C'était pour lui
13:42une source de lumière.
13:42Il va revivre ça
13:43d'une manière
13:44beaucoup plus forte
13:44avec son neveu
13:45qui en plus se prénomme
13:46comme lui
13:47même si ça le surprend
13:48au début
13:48et donc il va demander
13:49régulièrement de ses nouvelles,
13:50il va le voir.
13:52Il essaye dans ses lettres
13:53d'influencer presque son frère
13:55pour que sa famille
13:56vienne s'installer à Auvers.
13:58Il pense que pour l'enfant
13:59ça serait beaucoup mieux
13:59d'être élevé à la campagne.
14:00Ça correspond à quelque chose
14:02qu'il pense vraiment
14:02mais aussi Van Gogh
14:04se sent très seul
14:04et il adorerait vivre
14:05avec sa famille.
14:08Lettre de Vincent Athéo
14:09le mardi 3 juin 1890
14:12Je pense souvent à toi,
14:14à Jo et aux petits
14:15et je vois que les enfants ici
14:17au grand air sain
14:18ont l'air de bien se porter.
14:20C'est déjà ici
14:21aussi difficile de les élever
14:22et à plus forte raison
14:24à Paris
14:24dans un quatrième étage.
14:26Mais enfin,
14:27il faut prendre les choses
14:28comme elles sont.
14:30Le dimanche 8 juin,
14:31Vincent Van Gogh
14:32reçoit la visite
14:33de son frère
14:34accompagné de sa femme
14:35et de son bébé.
14:36C'est un dimanche
14:37à la campagne
14:38assez merveilleux
14:39pour Van Gogh.
14:40Ils vont déjeuner
14:41chez le docteur Gachet
14:42qui a une maison
14:43assez paradisiaque
14:44avec un grand jardin,
14:45pas mal d'animaux.
14:47C'est une très belle journée
14:48pour lui.
14:58A la mi-juin,
14:59Vincent Van Gogh
14:59reçoit une lettre
15:00de son ami Paul Gauguin
15:01avec qui il est réconcilié
15:03depuis leurs disputes.
15:04Gauguin lui parle
15:05d'un projet
15:06qui lui semble un peu fou.
15:08Gauguin lui fait part
15:09de son projet
15:10qui ne mènera pas à terme
15:11mais qui le réalisera
15:11finalement ailleurs
15:12de créer une sorte
15:15de lieu paradisiaque
15:16en autosuffisance
15:17à Madagascar
15:17où il créera sa maison
15:20et d'y inviter des peintres.
15:21C'est-à-dire
15:21ce serait un endroit
15:22pour vivre.
15:23Ça ne veut pas dire
15:24qu'il invite Van Gogh
15:25à le rejoindre
15:25mais en tout cas
15:26il continue à partager
15:27des projets comme ça.
15:28Vincent Van Gogh
15:29voit régulièrement
15:30le docteur Gachet
15:31qui est donc passionné
15:32par les impressionnistes
15:33et le médecin accepte
15:35que le peintre
15:35fasse son portrait.
15:37Il en est même ravi
15:38parce qu'il a perçu
15:39sans doute très vite
15:41que Van Gogh
15:41était un peintre important
15:43potentiellement
15:44même s'il n'est pas reconnu.
15:45Van Gogh va faire
15:46son portrait.
15:47Ce qui est hallucinant
15:47c'est que c'est un des tableaux
15:49les plus célèbres de Van Gogh
15:50et il l'a peint en cinq heures.
15:52Il ne fait pas du tout
15:52un portrait réaliste
15:54ou même impressionniste.
15:55Il veut vraiment peindre
15:55l'intériorité de Gachet.
15:57C'est donc un tableau
15:58très mélancolique
15:59où on voit que le regard
16:00est assez vide,
16:01assez perdu.
16:02Le docteur est voûté.
16:04Il est dans une position
16:05très naturelle
16:06qui correspond à sa neurasthénie.
16:08C'est un tableau
16:09qui finalement
16:09est effectivement précurseur.
16:16A la fin du mois de juin
16:17ou au début du mois de juillet,
16:19Vincent Van Gogh
16:19reçoit une lettre
16:20de son ami Paul Gauguin
16:21et Gauguin se montre
16:23très pessimiste.
16:25Lettre de Paul Gauguin
16:26à Vincent Van Gogh
16:27le samedi 28 juin 1890.
16:30Je me vois condamné
16:31à être de moins en moins compris
16:33et je dois m'en tenir
16:34à suivre ma voie,
16:36seule,
16:37traîner une existence
16:38sans famille,
16:39comme un paria.
16:40La solitude dans les bois
16:41me paraît dans l'avenir,
16:44être un paradis nouveau,
16:45presque rêvé.
16:46Le sauvage
16:47retournera au sauvage.
16:53A la même période,
16:55Vincent reçoit une lettre
16:56de Théo
16:56qui lui dit
16:57qu'il va essayer
16:57de se lancer à son compte.
16:59Théo n'en peut plus
17:01d'être exploité
17:02dans la société
17:03de courtage
17:03qu'il emploie,
17:04surtout que c'est
17:05un très bon marchand,
17:07il fait faire du chiffre
17:08à ses employeurs
17:09et donc il envisage
17:11de se mettre
17:11à son compte
17:12mais ça fait peur
17:13à Vincent.
17:14Vincent est presque
17:15comme le salarié
17:16de Théo,
17:16il reçoit sa pension
17:18et ils discutent
17:19tous les deux
17:19par lettres
17:20de cette possibilité
17:22mais qui est aussi
17:22un danger.
17:23A cette période,
17:24le neveu de Vincent Van Gogh,
17:25le petit Vincent,
17:26ne va pas très bien.
17:28C'est une époque
17:28quand même où
17:29dès qu'un bébé
17:30a l'air malade,
17:32il y a tout de suite
17:32un risque
17:33même mortel
17:33à cette époque-là.
17:35Il y a une nuit
17:35notamment
17:36où le petit
17:37a des douleurs
17:38inexpliquées,
17:38il pleure
17:40incessamment,
17:40ça fait peur aux parents
17:41et ça fait très peur
17:42à Van Gogh.
17:43Le dimanche 6 juillet,
17:44Vincent Van Gogh
17:45prend le train
17:46pour aller voir à Paris
17:47son frère et sa famille
17:48et ça ne se passe
17:49pas très bien.
17:50Non,
17:51c'est une journée
17:52où il y a de la tension,
17:53tout simplement,
17:54Théo et Jo
17:55sont un jeune couple
17:56avec un bébé de 4 mois
17:57qui ne dort pas,
17:59donc ils sont épuisés.
18:01Ils se disputent,
18:02alors on n'a que la version
18:02de Vincent,
18:03on sait que ça l'a impressionné,
18:04peut-être qu'il y a eu
18:05des éclats.
18:06C'est quelque chose
18:07apparemment d'assez banal
18:09pour le couple
18:09mais qui a beaucoup
18:10marqué Vincent.
18:15Deux jours plus tard,
18:16le mardi 8 juillet,
18:17Yves Géglet,
18:18Vincent Van Gogh
18:19peint un paysage
18:20inquiétant.
18:21Oui,
18:21alors c'est le tableau
18:22peut-être le plus symbolique
18:24de la fin de sa vie.
18:25Ce tableau s'appelle
18:26Le champ aux corbeaux.
18:27C'est dans un champ de blé
18:29qui est coupé par un chemin
18:31avec un ciel
18:32plutôt ténébreux,
18:34d'un bleu cobalt
18:35assez violent,
18:37donc très contrasté.
18:38Vincent d'ailleurs
18:38en parle dans une lettre
18:40il dira qu'il a voulu
18:41peindre les couleurs
18:43du sentiment,
18:44aller très loin
18:44vers la solitude
18:45et la tristesse.
18:47Et le symbole
18:48sans doute
18:48le plus annonciateur
18:49c'est les corbeaux noirs
18:50qui sont un symbole
18:51de mort
18:52et qui volent
18:53au-dessus de ce champ.
18:54Ce qui est fascinant
18:55dans ce tableau
18:55c'est que quelques jours
18:56avant,
18:57dans une lettre
18:57à son frère,
18:59Vincent disait
18:59« Ma vie est attaquée
19:01à la racine même ».
19:02Le lendemain,
19:03le mercredi 9 juillet,
19:05Vincent Van Gogh
19:05peint de nouveau
19:06un paysage.
19:07Oui,
19:08alors c'est un champ
19:08de blé,
19:09cette fois le blé
19:09n'est pas jaune,
19:10c'est des parcelles vertes,
19:11c'est un ciel d'orage
19:13finalement,
19:14alors comme il y en a
19:14beaucoup dans cette région
19:15y compris en été,
19:17mais c'est un tableau
19:18qui a quelque chose
19:19d'assez romantique,
19:20d'assez ténébreux,
19:21mais c'est quand même
19:21un tableau de désolation
19:22qui est totalement vide,
19:24alors les couleurs
19:24sont magnifiques,
19:25un vert incandescent,
19:26un bleu extrêmement profond,
19:29mais c'est une sorte
19:30de contemplation
19:31vers le néant.
19:36Yves Géglet,
19:37le 22 juillet,
19:38Théo écrit à Vincent
19:39et il s'étonne
19:40d'une précédente lettre
19:42de Vincent
19:43à sa femme,
19:43Johanna,
19:44lettre dans laquelle
19:45le peintre a parlé
19:46de violences domestiques
19:48qu'il aurait vues
19:48pendant sa visite à Paris
19:49quelques semaines plus tôt.
19:50Oui, c'est cette fameuse dispute
19:52qui a donc été comprise
19:54de deux manières
19:54radicalement différentes
19:56puisque pour Théo,
19:58il ne s'en souvenait
19:59même pas visiblement.
20:00C'était donc,
20:01on peut imaginer
20:02ce qui arrive
20:03dans un jeune couple,
20:04un énervement,
20:06une fatigue
20:07et il est même troublé
20:08par le fait que pour Vincent
20:10ce soit si grave,
20:11il se dit,
20:12il va en parler
20:13à sa femme,
20:14il se dit
20:14j'ai peur
20:15qu'une nouvelle crise
20:16menace Vincent
20:17parce que la violence
20:18elle n'est pas
20:19dans la crise domestique
20:21elle est peut-être
20:21dans son esprit.
20:24Le 23 juillet,
20:26Vincent Van Gogh
20:26rédige un brouillon
20:27de réponses à son frère,
20:29il revient sur
20:30ses fameuses tensions,
20:31il dit à Théo
20:32en résumé
20:33qu'il l'estime énormément,
20:34il lui dit
20:35qu'il n'est pas
20:36qu'un simple vendeur
20:37de peinture
20:38de Camille Corot
20:39mais qu'il a aussi
20:40indirectement participé
20:41à la naissance
20:42de plusieurs de ses tableaux
20:43et il a une phrase
20:44surprenante.
20:46Il a effectivement
20:47une phrase prémonitoire
20:49où il dit
20:50les tableaux tiennent
20:51malgré la débâcle
20:52ou dans la débâcle.
20:54Cette débâcle
20:54dont il parle
20:55c'est à la fois
20:56des choses quotidiennes,
20:57l'angoisse liée
20:58à ce statut financier
20:59de son frère
21:00mais on sent
21:01qu'il parle de lui-même,
21:02il se sent lui-même
21:03au bout du rouleau.
21:04Il n'envoie pas cette lettre,
21:05il la met dans sa poche
21:06et il écrit
21:07une deuxième version
21:08de la lettre
21:08le même jour,
21:09le mercredi 23 juillet.
21:11Qu'est-ce qu'elle dit
21:11de différent ?
21:12Dans la lettre
21:13qu'il envoie vraiment
21:14pour le rassurer,
21:15il parle technique,
21:16il dit voilà
21:17je travaille à tel tableau,
21:19je pense faire ça,
21:20est-ce que tu peux penser
21:21à m'envoyer des couleurs ?
21:22En fait,
21:22il écrit pour rassurer Théo,
21:24pour lui dire
21:24tout va bien,
21:26je travaille,
21:26j'ai besoin de matériel.
21:28Lettre de Vincent à Théo
21:30le mercredi 23 juillet 1890.
21:33Mon cher frère,
21:34merci de ta lettre
21:35d'aujourd'hui
21:36et du billet
21:36de 50 francs
21:37qu'elle contenait.
21:38Je voudrais peut-être
21:39t'écrire
21:39sur bien des choses
21:40mais d'abord
21:41l'envie m'en a tellement passé
21:43puis j'en sens l'inutilité.
21:45Je m'applique sur mes toiles
21:46avec toute mon attention,
21:47je cherche à faire aussi bien
21:49que certains peintres
21:49que j'ai beaucoup aimé
21:50et admiré.
21:52Porte-toi bien
21:52et bonne chance
21:53dans les affaires,
21:54bien le bonjour à Jo
21:55et poignée de main en pensée.
21:57Vincent.
22:06Le dimanche 27 juillet,
22:08Yves Géglet,
22:08Vincent Van Gogh
22:09couche sur la toile
22:11une nouvelle scène de nature.
22:13Van Gogh peint
22:14un motif assez particulier
22:15pour lui
22:15puisqu'il a peint des arbres
22:17mais là il peint
22:17des racines d'arbres
22:19en gros plans.
22:20C'est très différent
22:21de ce qu'il fait
22:21habituellement
22:22où il y a souvent
22:23un plan large,
22:24un horizon.
22:25Là il n'y a aucun horizon.
22:26C'est vraiment
22:27un entremêlement
22:28de troncs,
22:29de souches,
22:29un petit peu
22:30comme des nerfs presque.
22:32C'est vraiment
22:33un tableau étonnant.
22:40Yves Géglet,
22:41que fait Vincent Van Gogh
22:42ensuite ce jour-là,
22:43ce dimanche 27 juillet ?
22:45Il fait quelque chose
22:45qu'il ne faisait jamais
22:46les autres jours.
22:48Habituellement,
22:49il se levait
22:49à 5h du matin,
22:51un peu avant
22:51le lever du jour
22:52et il partait peindre
22:54dès qu'il y avait
22:54de la lumière.
22:56Il peignait
22:56toute la journée
22:57et il revenait
22:58en fin d'après-midi
22:59à l'auberge
23:00et il se couchait
23:01très tôt.
23:02Et là, exceptionnellement,
23:04il va ressortir
23:05avec une arme.
23:06Donc il quitte l'auberge,
23:07il se promène
23:08autour du château
23:09d'Auverre
23:09et dans la plaine,
23:11donc dans la campagne,
23:13il se tire une balle
23:14dans la poitrine.
23:15Mais le coup de feu
23:16n'est pas mortel.
23:17Non, Vincent tombe à terre
23:18et au bout d'un moment
23:19il se relève
23:20parce qu'il voit
23:21qu'il est toujours vivant.
23:23Aucune zone vitale
23:24n'a été touchée
23:25en tout cas directement
23:26puisqu'il n'est pas
23:28si près que ça
23:28de l'auberge.
23:29Donc il arrive à rentrer,
23:30il se couche,
23:31il passe une première
23:32nuit et il va même
23:33fumer la pipe
23:35comme tous les soirs
23:36mais l'aubergiste
23:37comprend qu'il se passe
23:38quelque chose.
23:39Gachet n'est pas présent
23:40tout de suite.
23:40Il y a un autre médecin
23:41qui vient d'arriver
23:42en poste à Auverre
23:43sur Oise
23:44qui va l'auscuter.
23:45Donc il y a deux médecins
23:46quand même pour lui
23:47qui vont réaliser
23:48qu'on ne peut pas
23:49extraire la balle
23:51mais les zones vitales
23:52ne sont pas touchées
23:53a priori.
23:54Donc Van Gogh
23:55passe la nuit.
23:56Du coup, son frère
23:56va avoir le temps
23:57de venir depuis Paris.
23:58Son frère arrive
23:58le lendemain.
23:59La seule chose
24:00qu'il dit à son frère
24:00c'est comment on va
24:01Joe ?
24:02Et il s'éteint
24:03la nuit suivante
24:04donc deux jours après.
24:12Théo Van Gogh meurt
24:13six mois après Vincent
24:14de la syphilis
24:15à l'âge de 33 ans.
24:17Sa compagne, Joe,
24:18réussira des années plus tard
24:19à le faire enterrer
24:20à Auverre sur Oise
24:21juste à côté
24:22de la tombe de Vincent.
24:27En juillet et août 1905,
24:30elle organise
24:30une grande exposition
24:31des œuvres de Vincent Van Gogh
24:33à Amsterdam,
24:34exposition qu'elle a dû
24:35financer elle-même.
24:36Elle a joué un rôle
24:37très important
24:38comme gardienne de la mémoire
24:39puisqu'elle s'est retrouvée seule.
24:41Théo, pendant les quelques mois
24:43où il a vécu après Van Gogh,
24:44avait déjà essayé
24:44de monter une exposition.
24:46Mais finalement,
24:47c'est elle
24:48qui arrive à convaincre
24:49le Stedelijk Museum,
24:50qui est le grand musée
24:51à l'époque d'Amsterdam,
24:53d'organiser,
24:54alors effectivement,
24:54à ses frais,
24:55c'est elle qui doit
24:56vraiment tout monter.
24:58Une exposition énorme
24:59comme il n'y en aura plus jamais
25:00puisqu'on est encore
25:01dans une période
25:01où Van Gogh
25:02n'a pratiquement rien vendu.
25:04Donc, il y a plus de 400 tableaux
25:06de Van Gogh
25:06qui sont exposés
25:07à Amsterdam en 1905.
25:09Et ça va être quand même
25:10le coup d'envoi
25:12de sa célébrité.
25:14Yves Géglet,
25:15ces lettres de Vincent Van Gogh,
25:16elles ont aidé
25:17à sa reconnaissance
25:18après sa mort.
25:19Cette correspondance
25:20joue un rôle énorme
25:21parce que Van Gogh,
25:22finalement,
25:23il retrace tout son chemin
25:24de peintre
25:25depuis le début.
25:26On comprend
25:26qu'il n'est pas du tout
25:27ce peintre maudit
25:29ou fou,
25:30c'est-à-dire que ces lettres
25:31sont pleines de lucidité,
25:32d'intelligence,
25:33d'une incroyable sagacité
25:35dans la manière
25:35d'aborder la peinture.
25:37Ces lettres, aujourd'hui,
25:37sont considérées
25:38comme un monument.
25:40Van Gogh, déjà,
25:40avait une passion
25:41pour la littérature
25:42et donc,
25:43quand il écrit une lettre,
25:44il écrit aussi un texte.
25:46Et aujourd'hui,
25:46ces lettres sont aussi considérées
25:48comme un document
25:48mais aussi une œuvre littéraire.
25:55Merci à Yves Géglé.
25:57L'exposition Van Gogh
25:58a ouvert sur Oise
25:59les derniers mois,
26:00c'est à Paris,
26:01au musée d'Orsay,
26:02depuis le 3 octobre
26:03et jusqu'au 4 février.
26:05Cet épisode de Code Source
26:06a été produit par
26:07Ambre Rosala,
26:08Barbara Agoui
26:09et Thibault Lambert.
26:10Réalisation Pierre Chaffanjon.
26:12Merci à Julien Mock
26:14pour son aide.
26:15Code Source
26:16est le podcast quotidien
26:17d'actualité du Parisien.
26:18Un nouvel épisode
26:19chaque soir de la semaine.
26:21Vous pouvez nous écrire
26:22codesource
26:23at leparisien.fr
26:24Et puis,
26:25si vous aimez Code Source,
26:26n'hésitez pas à aller écouter
26:27le second podcast
26:28du Parisien,
26:29Crime Story,
26:30un podcast consacré
26:31aux faits divers,
26:32une grande affaire criminelle,
26:34chaque samedi
26:34dans Crime Story.
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