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  • il y a 9 heures
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Me Caty Richard est poursuivie depuis plusieurs années par un de ses anciens clients atteint de troubles mentaux. Elle s’inquiète pour sa vie et celle de ses proches. Témoignage.

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Cathy Richard est avocate, elle a 52 ans.
00:14Spécialisée dans le droit pénal, elle est habituée à intervenir dans des affaires criminelles ou de terrorisme.
00:20Le 16 mai, c'est elle qui s'est retrouvée dans la rubrique « Faits divers du Parisien » en
00:24tant que victime.
00:25Depuis des années, elle est harcelée par un ancien client, un homme de 35 ans, considéré comme dangereux, qui menace
00:33de la tuer.
00:34Après un nouvel épisode, très récemment, Cathy Richard a choisi de parler.
00:39Elle témoigne aujourd'hui dans CodeSource, au micro de Claudia Prolongeau.
00:48Donc ensuite, c'est ainsi.
00:51Cathy Richard est avocate. Elle m'a donné rendez-vous un vendredi soir à Pontoise, dans son cabinet, où sont
00:57accrochés certains dessins d'elle en train de plaider.
01:00Le parquet grince, des rideaux rouges et dorés encadrent les immenses fenêtres,
01:04et ses collaborateurs passent une tête dans son bureau tour à tour pour lui souhaiter un bon week-end.
01:09Pour elle, cet entretien est une énième soirée passée sur son lieu de travail.
01:13Je suis avocate depuis 26 ans, et j'ai trois enfants. Ils ont 17, 14 et 14.
01:19Depuis toute petite, je voulais m'occuper d'enfants en difficulté, donc je voulais absolument être juge des enfants.
01:26Et j'ai passé le concours de la magistrature, pour lequel je me suis mise une grosse pression, et que
01:30j'ai loupé.
01:31Et en revanche, j'ai passé l'examen du barreau, sur lequel je ne m'étais mise aucune pression, et
01:35que j'ai réussi.
01:36Je pense qu'on est dans le cœur battant de l'humanité, et on a une vraie fonction.
01:40Moi, ça fait 26 ans que je suis avocate. J'ai vraiment le sentiment que si je meurs demain, je
01:45ne serais pas venue sur Terre pour rien.
01:48C'est super valorisant, et je trouve que c'est une vraie raison de vivre.
01:53Maître Richard a fait son collège et son lycée dans le Val-d'Oise.
01:56Au moment d'entrer à l'université, tout le monde lui dit qu'il faut absolument qu'elle aille à
02:00Assas, connue comme la star des facs de droit.
02:03J'avais vu que je pouvais aller en voiture à Ville Tanneuse, et que c'était la proximité, et j
02:08'ai choisi la proximité.
02:09Ce qui ne m'a pas empêché ensuite de faire ce qu'on appelait avant des DEA, et master je
02:14ne sais pas combien,
02:15de droit pénal et de sciences pénales et de sciences politiques, au Panthéon Assas justement.
02:20Et pour m'installer ensuite, ça a été pareil. On me disait, oh là là, mais un avocat, il doit
02:24être à Paris.
02:25Moi, je dis, non, non, moi je vais être dans le Val-d'Oise. Je ne peux pas spécialement être
02:28à Paris.
02:29Alors maintenant, j'ai un cabinet secondaire à Paris, mais pour moi, l'essentiel, c'était d'être là où
02:33j'avais envie d'être.
02:34C'est donc dans son cabinet du Val-d'Oise qu'en 2011, une fratrie de deux femmes et un
02:39homme fait appel à elle.
02:40Deux jeunes filles viennent me voir en m'expliquant que leur papa était retrouvé mort dans l'Oise, noyé,
02:46et que cette affaire était classée comme étant une mort, entre guillemets, naturelle, enfin accidentelle.
02:54Elle m'explique qu'elles se sont rendues, elles, sur les berges de l'Oise, et qu'en faisant quelques
03:01recherches,
03:01elles ont retrouvé le dentier, l'appareil dentaire de leur père, qui était cassé d'ailleurs.
03:06J'appelle l'Institut Médico-Légal, j'essaie d'en savoir plus.
03:10J'apprends notamment qu'il a été retrouvé dans l'Oise, mais il était nu avec ses chaussettes.
03:16Cette histoire de nu avec des chaussettes, ajoutée au fait que son dentier était sur les bords de l'Oise
03:24et cassé,
03:25m'ont fait dire que ça ne ressemblait pas à un accident.
03:29Et en bougeant, j'ai obtenu que soit ouverte une information judiciaire,
03:33sachant que l'individu en question, cet homme, était un homme qui était alcoolique, marginal, qui vivait dans un foyer.
03:43C'est vrai qu'il y avait une certaine forme d'amertume, amertume plutôt bien digérée, j'allais dire, par
03:50ses filles,
03:50mais déjà beaucoup plus mal digérée par Jonathan.
03:54Jonathan, c'est le frère, qui n'acceptait pas, et je peux le comprendre,
03:57que les policiers avaient dit « non, il est tombé en l'Oise »,
04:01alors qu'il suffisait de regarder cinq minutes pour trouver son dentier.
04:04Donc c'est vrai qu'il le vivait déjà mal.
04:12Rapidement, l'enquête révèle que le père de Jonathan n'était pas seul le soir de sa mort.
04:16Il a bu avec quatre autres hommes qui reconnaissent l'avoir frappé et déshabillé.
04:21Mais ils soutiennent qu'ils ne l'ont pas tué.
04:23Ils ne sont pas envoyés en prison et attendent donc leur procès libre.
04:27Ça a été aussi assez dur à vivre, surtout pour Jonathan.
04:32Et ça aussi, je peux le comprendre, parce que c'est vrai que, je le dis,
04:36si l'individu décédé était préfet ou magistrat, ou homme politique, ou n'importe qui d'autre,
04:43on aurait sans doute pris plus les choses à cœur.
04:47Ça n'engage que moi.
04:48D'autant qu'à l'époque, c'était tout à fait ce que disait Jonathan déjà,
04:53et que moi, en réalité, je calmais complètement le jeu,
04:55en lui expliquant que, de toute façon, la détention, c'était vraiment l'exception,
05:00qui avait des garanties de représentation, enfin bon, bref.
05:03C'est vrai que je me suis positionnée dans une posture de défense de la justice,
05:08un peu contre lui, entre guillemets, mais bon, en disant,
05:11mais non, mais c'est normal, mais non, mais ça ne veut rien dire, etc.
05:14Et puis, l'instruction a duré, duré, duré, duré éternellement.
05:18Parce que je pense que c'était en kikinant pour ces juges
05:23qui se sont succédés dans ce dossier, à se dire, qu'est-ce qu'on fait ?
05:26Est-ce qu'on les renvoie quand même devant la cour d'assises, mais on n'a rien ?
05:30Ou est-ce qu'on les renvoie devant le tribunal correctionnel,
05:32juste pour des violences, alors que finalement, il est mort ?
05:34Bon, donc, en plus, moi, j'ai quand même pas mal lutté,
05:37parce que c'est vrai que les juges avaient tendance à dire,
05:39on va les renvoyer dans le tribunal correctionnel,
05:40et je disais, mais enfin, c'est complètement anormal,
05:42on a quand même quatre personnes qui reconnaissent qu'ils étaient ensemble,
05:44qui lui ont tapé dessus.
05:46Bref, le temps a passé.
05:49On voit qu'on est aujourd'hui en 2020, les faits ont lieu fin 2011.
05:53Et donc, petit à petit, Jonathan a commencé à développer, je dirais,
05:58cette fameuse paranoïa, cette espèce d'idée qu'il y avait des réseaux,
06:02que c'était alors la franc-maçonnerie, les pédophiles, les machins.
06:07Et on se retrouve avec toutes les problématiques qu'entraînent ces dossiers qui durent,
06:11qui durent beaucoup trop longtemps, enfin, c'est presque inhumain.
06:15Et donc, plus ça va, plus je pense que ça a été compliqué pour lui,
06:18et plus ça va, plus il a monté des trucs dans sa tête, quoi.
06:24En attendant leur procès, ils ne sont donc pas envoyés en prison, et ressortent libres.
06:29Jonathan prend alors pour habitude d'appeler le cabinet, d'insulter tout le monde,
06:32et même de s'y rendre physiquement, et de se montrer violent.
06:35Les collaborateurs de Cathy Richard sont vite inquiets,
06:38mais quand elle est là, elle arrive à peu près à le calmer.
06:40Ce garçon, il a un côté attachant.
06:43Je pense qu'en plus, de son côté, il y a une forme d'identification à son père,
06:46parce qu'il faut reconnaître qu'il suit le même chemin, d'alcoolisme et de marginalité.
06:51Et donc, ça lui renvoyait le peu de cas que la société faisait de lui-même,
06:55le peu de cas qu'il avait l'impression que la société faisait de son père.
06:58Pas forcément totalement à tort, je le répète.
07:00Même si le dossier était effectivement compliqué.
07:02En venant sonner au domicile de Cathy Richard, Jonathan franchit un nouveau cap, en 2016.
07:07Je l'ai repris de volée un peu après, en le disant que ça ne se faisait pas,
07:10qu'il ne fallait pas qu'il fasse ça.
07:12Et puis, bon, les choses semblaient s'être tassées.
07:14Puis ensuite, il est revenu, sonné chez moi.
07:17Alors, il avait mis son oeil collé sur le visio-projecteur.
07:21Donc, les enfants, ça les avait terrorisés de voir son oeil comme ça, en gros.
07:24Ensuite, un jour, quand maman rentrait chez elle,
07:28après avoir regardé les enfants, parce que souvent, je rentre très tard quand même,
07:32elle l'a vu en bas de chez moi, dans la rue, plus bas.
07:35Elle savait qu'il tournait dans le coin.
07:37Puis, parfois, il était venu sonner dans la nuit, aussi, à quelques reprises.
07:44Alors, j'ouvrais la fenêtre, je lui disais, mais il faut arrêter là, il faut arrêter, il faut rentrer.
07:50Et puis, un jour, il avait sonné dans la nuit, à une heure du matin,
07:53il avait sonné à quatre heures du matin, et il revient en fin de journée.
07:58Et là, j'étais là.
07:59Et donc, pour la première fois, je me suis fâchée.
08:01Et pour la première fois, je lui ai dit, stop maintenant, ça suffit.
08:05Et puis, encore une fois, et moi, je n'interviens plus dans le dossier,
08:07je me suis dit, je marque un coup, quoi.
08:09Je me fâche.
08:11Et puis, j'ai refermé la fenêtre.
08:13J'avais l'impression qu'il avait compris.
08:15Puis, un quart d'heure après, ça ressonnait.
08:17Et là, en ouvrant la fenêtre, j'étais sûre que c'était lui.
08:20Donc, là, j'étais prête à vraiment, à crier.
08:22Et puis, je vois deux policiers qui me disent,
08:24madame, nous avons interpellé un individu qui a dégradé votre véhicule.
08:27Et quoi, en véhicule ?
08:28Alors, effectivement, j'avais ma voiture garée devant la maison,
08:31qui avait six mois.
08:32Il l'avait démonté, mais démoli.
08:35Donc, il avait cassé les fenêtres, les phares.
08:40Il y avait des trous dans la carrosserie partout.
08:43Et en fait, les policiers avaient été appelés par d'autres personnes dans la rue
08:46parce qu'il avait remonté la rue en continuant à dégrader d'autres véhicules.
08:50Alors, je me souviens parce que je suis sortie.
08:52Il était dans la voiture de police et je suis allée le voir dans la voiture de police.
08:57Et je lui ai dit, mais Jonathan, mais pourquoi ?
09:00Mais pourquoi ?
09:01Et là, il me dit, je ne sais pas, je ne sais pas, c'est une connerie, je ne sais
09:05pas.
09:06Embêtée de devoir en arriver là,
09:08Cathy Richard va faire une déposition au commissariat
09:11et cesse de fait de représenter Jonathan.
09:13J'avoue que j'ai beaucoup de compassion pour lui
09:15car je comprends qu'il souffre de cette situation.
09:18J'ai été pour cela très tolérante.
09:20Le parquet choisit alors de convoquer Jonathan en novembre
09:22pour une audience sur reconnaissance préalable de culpabilité.
09:25Un mode un peu rapide et un peu bienveillant, selon Cathy Richard.
09:29Je pense cependant qu'il souffre d'un problème psychiatrique
09:32et qu'il peut être dangereux pour lui-même et pour autrui.
09:35Jonathan ressort donc libre
09:36en attendant la date de cette audience fixée au 10 novembre 2016.
09:40Ce qui fait qu'en fait, dès septembre, il recommençait.
09:44Fin septembre, il vient au cabinet
09:46et il profère des menaces
09:48comme quoi il va mettre une bombe dans le cabinet
09:49et comme quoi il garde une balle là pour moi.
09:52Donc il se fait interpeller
09:54et cette fois-ci, il comparaît en comparaison immédiate
09:57devant le tribunal correctionnel
09:58qui ordonne une expertise psychiatrique.
10:01Et il précisait que cet individu était dangereux.
10:05Donc le tribunal l'a déclaré responsable
10:08et il a été hospitalisé en psychiatrie.
10:10J'étais à l'audience.
10:12Et là, il disait au tribunal
10:14« Je comprends pas pourquoi j'ai fait ça.
10:16En plus, c'est la seule qui m'a aidée.
10:19C'est la seule qui était là pour m'aider.
10:20Donc je m'excuse vraiment, je vous demande pardon, etc. »
10:24Puis après, il m'avait écrit une longue lettre
10:26dans laquelle il me disait
10:28qu'à travers moi, il voulait alerter la juge d'instruction.
10:31Parce que c'est vrai que ce qui est surprenant,
10:33c'est qu'il est à la rue,
10:35comme sont d'ailleurs quasiment à la rue
10:37les quatre personnes qui ont agressé son père.
10:40Il les connaît parfaitement bien.
10:42Il sait qu'ils sont libres.
10:44Et il ne s'en est absolument jamais pris à eux.
10:47Et dans ce courrier, je comprends en fait
10:49qu'au départ, en tout cas,
10:52je suis un vecteur pour faire réagir.
10:56Jonathan, considéré comme très dangereux,
10:59est envoyé en hôpital psychiatrique
11:00et Cathy Richard n'en entend plus parler
11:02pendant des mois, jusqu'en avril 2019.
11:05« Je vois un papier blanc dans mon portail.
11:10Ça me paraît bizarre, j'attrape ce papier.
11:12Je vois sur ce papier qui est indiqué
11:14« Là, je rigole plus, justice de merde. »
11:19Et puis c'était signé Jonathan
11:20et il y avait un numéro de téléphone.
11:23Donc je préviens la police
11:25parce que je me dis « Mince ! »
11:29« Toujours, quoi ! »
11:31Et la police lui a donné rendez-vous
11:33le lendemain à mon cabinet.
11:35Et il l'interpelle devant mon cabinet
11:37alors qu'il pense venir me voir.
11:40Il l'interpelle devant mon cabinet
11:41et il a des balles.
11:43Il a 5 balles de 12 mm sur lui.
11:45Alors il n'a pas d'armes,
11:46mais il a 5 balles de 12 mm sur lui.
11:48Jonathan est jugé cette fois en comparution immédiate
11:50et à nouveau, l'expert psychiatre
11:53le qualifie de très dangereux
11:54et d'irresponsable pénalement.
11:56Comme la première fois,
11:58il s'excuse et retourne en hôpital psychiatrique
12:00en ayant cette fois plus le droit
12:02d'approcher Cathy Richard,
12:03son domicile ou son cabinet
12:05pendant 5 ans.
12:06Alors c'est vrai que le fait
12:07qu'un deuxième expert psychiatre
12:10dise qu'il était dangereux,
12:12j'étais soulagée que le deuxième
12:13prenne la mesure du personnage.
12:15Et d'un autre côté,
12:16ça enfonçait un deuxième clou
12:17dans mon cercueil quand même.
12:18Parce que du coup,
12:19il y en avait quand même un autre
12:20qui disait « Il faut s'en méfier. »
12:21Et puis effectivement,
12:22je n'ai plus eu de nouvelles
12:23pendant un certain temps
12:24puisqu'il a été hospitalisé
12:27en psychiatrie,
12:28en mesure d'hospitalisation sous contrainte.
12:31Il faut reconnaître
12:32que je n'y pensais plus vraiment.
12:34Si Cathy Richard raconte cette histoire aujourd'hui,
12:36c'est parce que cette année,
12:38dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 mai,
12:40alors que nous étions en plein confinement,
12:42on a encore sonné chez elle.
12:43Elle a ouvert la fenêtre,
12:45rien vu,
12:46mais le lendemain,
12:47la gendarmerie l'a contactée
12:48pour lui conseiller d'aller porter plainte
12:50contre Jonathan.
12:51Il les avait appelés près de 20 fois
12:53dans la nuit
12:53pour les prévenir qu'il allait la tuer.
12:56Je suis retournée déposer plainte.
12:58Mais là, j'avoue que j'étais abattue,
13:01vraiment.
13:01J'étais abattue
13:02parce que j'avais vraiment pensé
13:03que c'était derrière moi.
13:06Là, j'ai un policier qui me dit
13:07« Mais pourquoi vous ne déménageriez pas ? »
13:09Je lui dis « Mais même si je déménage,
13:11je suis avocat. »
13:12Enfin, il sait où est mon cabinet aussi.
13:14Il me dit « Mais vous ne pouvez pas changer de barreau ? »
13:16Je lui dis « Oui, mais je peux changer de barreau. »
13:17Mais même si je change de barreau,
13:19tant que je reste avocat,
13:20je resterai trouvable.
13:21Voilà, donc c'est vrai
13:22que c'est une histoire sans fin
13:23ou alors j'arrête d'être avocat,
13:25ce qui n'est pas du tout
13:26dans mes intentions.
13:27De toute façon,
13:28je pense qu'un jour,
13:29il me tuera.
13:29Je sais qu'il va me tuer.
13:31Mais je voudrais que ce soit
13:32le plus tard possible.
13:33Je voudrais finir d'élever mes enfants.
13:34Je voudrais...
13:35On n'en sort pas.
13:36Même tant de temps après,
13:38il reste obsessionnel.
13:40Il reste focalisé sur moi.
13:42Mes enfants ont été vraiment là.
13:44Ils ont été vraiment perturbés.
13:46J'ai mon fils aîné
13:48qui avait un jour trouvé
13:49une espèce de vieille machette rouillée.
13:51Alors, il a mis du scotch autour.
13:53Il a essayé de l'aiguiser.
13:55Il l'avait mis à côté de son lit.
13:58L'autre, il avait fait une matraque
13:59avec un bâton.
13:59C'est pareil.
14:00Je me suis rendu compte
14:01que ça n'allait pas.
14:03Je sais que les policiers
14:05ont patrouillé pas loin de la maison
14:07dans la nuit suivante.
14:10Tout était prêt.
14:10Quand le policier m'a appelé
14:13pour me dire
14:13qu'il est interpellé,
14:14on était prêt à partir.
14:18Quelques jours plus tard,
14:19Cathy Richard s'est rendue
14:20avec sa fille au commissariat
14:21pour évaluer
14:22les retentissements psychologiques
14:24qu'avait cette affaire sur elle.
14:25La psychiatre qui les a vus
14:27avait examiné Jonathan juste avant.
14:29Elle a d'abord reçu ma fille
14:31qui a dû lui dire
14:32qu'elle avait peur.
14:33C'est vrai qu'elle était quand même choquée.
14:35Surtout qu'elle s'en souvient
14:36depuis petite.
14:37Parce qu'effectivement,
14:39elle était petite
14:40quand il y avait
14:40ces histoires d'œil.
14:42Et donc,
14:44quand l'expert m'a reçu,
14:46ses premiers mots,
14:47je pense que ça,
14:48je m'en souviendrai toujours,
14:49c'est « vous avez raison
14:49d'avoir peur ».
14:50Le problème,
14:51c'est que lui,
14:52il est dans le passage à l'acte.
14:53Comment est-ce que vous,
14:54vous pouvez essayer
14:55de vous protéger quand même de lui ?
14:57Est-ce que vous pouvez faire quelque chose ?
14:59Ça fait 26 ans
15:00que je traite des dossiers criminels.
15:02On pense toujours
15:03que ça n'arrive qu'aux autres.
15:04Et heureusement,
15:06parce qu'en pensant
15:07que ça n'arrive qu'aux autres,
15:08comme la maladie,
15:09comme les accidents,
15:11on vit heureux.
15:12Enfin, je veux dire,
15:13on vit libre d'esprit.
15:14Si on avait présent à l'esprit
15:15tout le temps
15:16tout ce qui peut nous arriver,
15:17la vie serait difficile quand même.
15:20Donc,
15:20je pense que,
15:21en moi,
15:22j'ai cet élan vital
15:24qui fait que
15:24je n'arrive pas à voir
15:26vraiment ressentir la peur
15:28ni à me dire
15:29« il va m'attaquer ».
15:31Mais d'un autre côté,
15:33j'ai aussi toutes les démonstrations
15:35que ça arrive.
15:36Voilà,
15:37il faut être clair.
15:38Ça arrive.
15:39Donc,
15:39à priori,
15:40un jour ou un autre,
15:41il ressortira de psy.
15:43Et je ne vois pas
15:44comment les choses
15:46peuvent tourner bien.
15:48Il suffit qu'il a un couteau sur lui
15:49et puis ça ira vite.
15:51Et qu'est-ce que je pourrais faire ?
15:52J'avoue que j'ai un espoir.
15:53J'ai l'espoir
15:54qui part en UMD.
15:55C'est les unités
15:57pour malades difficiles
15:59ou dangereux
16:00qui soient en milieu fermé
16:02et puis pour très,
16:02très, très, très longtemps.
16:04Je n'y crois pas beaucoup
16:05puisque dès qu'il est stabilisé,
16:08il n'y a plus de raison
16:09de le garder.
16:10Le problème,
16:11c'est qu'en UMD,
16:12on y envoie
16:13ceux qui sont passés à l'acte.
16:14Donc,
16:15il ira en UMD
16:16quand il m'aura tué.
16:23Claudia,
16:24l'affaire du père de Jonathan
16:25a évolué très récemment,
16:27il y a seulement quelques jours.
16:28Oui,
16:29le juge a finalement décidé
16:30que les quatre hommes
16:31ne seraient pas renvoyés
16:32devant une cour d'assises.
16:33Donc,
16:33ils vont être jugés
16:34en correctionnel
16:34pour violence
16:35ayant entraîné
16:36cinq jours d'ITT.
16:37Ce qui est,
16:37comme le disait Maître Richard,
16:39un peu absurde
16:39puisque, en fait,
16:40cet homme est mort
16:41et elle pense surtout
16:42que ça ne va pas du tout
16:43calmer Jonathan,
16:44au contraire.
16:45Est-ce que Cathy Richard
16:46regrette d'avoir pris
16:47ce dossier en 2011 ?
16:49Non,
16:50elle dit évidemment
16:51que s'il lui arrive
16:52quelque chose,
16:52ça la ferait un peu
16:53culpabiliser
16:53surtout pour ses enfants
16:54mais c'est son métier
16:56de défendre les gens
16:57et si elle ne l'avait pas fait,
16:59la mort de cet homme
17:00serait restée
17:01une mort accidentelle
17:02alors que manifestement
17:03il y a quand même eu
17:03d'autres choses
17:04qui se sont passées
17:05et pour elle,
17:06ça aurait vraiment été
17:06ça le pire
17:07et ça aurait été
17:08une erreur judiciaire
17:09et une grosse injustice.
17:22Merci Claudia Prolongeau,
17:23Code Source
17:24est le podcast
17:24d'actualité du Parisien
17:26disponible chaque soir
17:27du lundi au vendredi.
17:28Si vous aimez Code Source,
17:30n'hésitez pas à nous le dire
17:31en mettant des petites étoiles
17:32et en vous abonnant
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17:39Cet épisode de Code Source
17:41a été produit par Stéphane Jeuneste
17:42et Mathias Ardoi.
17:43Réalisation Benoît-Laure
17:46Réalisation Benoît-Laure
17:54Réalisation Benoît-Laure
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