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Le recours à une primaire n’a pas été un choix facile pour le parti LR. Mais le 25 septembre, les adhérents LR décident qu’ils désigneront leur candidat pour 2022 via un congrès. Récit.
Dans ce podcast : La course pour l'investiture et LR en vue de la présidentielle de 2022 est indécise en mars Xavier Bertrand a longtemps espéré s'imposer à sa famille politique. Finalement il va se soumettre au vote des militants LR ce sera le 4 décembre pendant un congrès et face à Michel Barnier et Valérie Pécresse notamment. Il ne fait plus forcément figure de favori…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux et Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : France2, BFMTV, France Info, France Télévisions, La Montagne, Savoie News, LCI, Quotidien.
#elections #LR #primaire
Dans ce podcast : La course pour l'investiture et LR en vue de la présidentielle de 2022 est indécise en mars Xavier Bertrand a longtemps espéré s'imposer à sa famille politique. Finalement il va se soumettre au vote des militants LR ce sera le 4 décembre pendant un congrès et face à Michel Barnier et Valérie Pécresse notamment. Il ne fait plus forcément figure de favori…
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux et Sarah Hamny - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12La course pour l'investiture LR en vue de la présidentielle de 2022 est indécise.
00:17Parti en mars, Xavier Bertrand a longtemps espéré s'imposer à sa famille politique.
00:22Finalement, il va se soumettre au vote des militants LR.
00:25Ce sera le 4 décembre pendant un congrès.
00:28Et face à Michel Barnier et Valérie Pécresse notamment, il ne fait plus forcément figure de favori.
00:34Cet épisode de Codesources est raconté par les deux journalistes qui couvrent la droite et l'extrême droite au sein
00:38du service politique du Parisien,
00:41Alexandre Sulzer et Quentin Laurent.
00:50Alexandre Sulzer, on a choisi de commencer cet épisode par le traumatisme de la primaire ouverte à droite en 2016
00:57en vue de la présidentielle de 2017.
00:59Pourquoi est-ce qu'on parle de traumatisme ?
01:01Il faut se mettre dans le contexte de l'époque.
01:03François Hollande est très impopulaire.
01:05On pense qu'il n'est pas en mesure de faire un second mandat.
01:09Et donc, naturellement, les gens pensent que l'alternative sera la droite.
01:12Et donc, la primaire, dans l'esprit de ses organisateurs,
01:16permettra de désigner qui sera le futur président de la République.
01:19Or, la primaire n'a pas permis à la droite de reconquérir le pouvoir.
01:24L'autre traumatisme, c'est que ça a été très violent.
01:27Les candidats qui étaient en lice étaient Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon.
01:32Il y en a eu d'autres, mais vraiment des personnalités importantes avec des écuries.
01:36Et les attaques qui ont été utilisées, ont été utilisées par la suite,
01:41par les autres candidats opposés à François Fillon pour le mettre en difficulté.
01:44Donc, pour la droite, il est souvent considéré que cet événement a été un petit peu le déclencheur de la
01:51défaite.
01:52Même si, évidemment, il y a également eu les affaires après,
01:55qui ont largement déstabilisé la campagne de François Fillon.
01:59Quentin Laurent, en 2017, le lundi 11 décembre,
02:02Laurent Wauquiez, l'invité du journal de TF1,
02:05il vient d'être élu la veille président du parti Les Républicains.
02:08Et ce soir-là, Xavier Bertrand, le défi, il est au même moment sur France 2.
02:12Anne-Sophie Lapix, qui interroge Xavier Bertrand, lui demande est-ce qu'il va soutenir Laurent Wauquiez,
02:17qui vient d'être assez largement élu à la tête des Républicains.
02:20Vous n'avez pas encore réagi à l'élection de Laurent Wauquiez ?
02:2375%, c'est un beau score. Vous l'avez félicité ?
02:26Non, parce que j'ai décidé de quitter définitivement les Républicains.
02:29Je ne reconnais plus ma famille politique, alors j'ai décidé de la quitter. Ce n'est pas simple.
02:33Xavier Bertrand claque la porte. Et ça, c'est quelque chose que Laurent Wauquiez ne va pas lui pardonner.
02:36Quant à Laurent, on fait un saut dans le temps. Fin décembre 2020, Michel Barnier,
02:41l'ancien négociateur européen pour le Brexit, la sortie de l'Union Européenne du Royaume-Uni,
02:46fait savoir qu'il pense à la présidentielle.
02:48On est en pleine vacances de Noël. Michel Barnier est invité sur France Info.
02:52Il va raconter un petit peu son expérience de négociateur du Brexit.
02:55Et, à la surprise générale, il fait savoir qu'il a envie de revenir en France, de retrouver les Français.
03:00Mon seul souci, c'est d'être utile à mon pays, qui a besoin de davantage d'unité, de solidarité,
03:06de justice, de respect aussi.
03:07Et d'apporter un peu sa parole dans les débats qui vont avoir lieu un an avant la présidentielle.
03:12Le 24 mars 2021, Xavier Bertrand annonce sa candidature dans une interview à l'hebdomadaire Le Point.
03:19Il y développe déjà son programme, son triptyque, basé sur l'autorité, sur les territoires et sur le travail.
03:28Et surtout, Xavier Bertrand est très clair, il annonce qu'il est candidat à la présidentielle et pas à une
03:33primaire,
03:34qu'il ne passera en aucun cas par cette case-là et que sa primaire à lui sera l'élection
03:40régionale dans les Hauts-de-France.
03:41À ce moment-là, le risque pour LR, c'est d'avoir un ou une candidate officielle et une candidature
03:47dissident, celle de Xavier Bertrand, c'est ça ?
03:49Xavier Bertrand dit qu'il ira quoi qu'il arrive, mais il n'est plus, on le rappelle, chez les
03:54Républicains.
03:54Et on imagine bien que les Républicains voudront avoir aussi un candidat estampier les Républicains.
04:00Donc le risque, c'est celui de la division, c'est celui de 1995, lorsque Édouard Balladur s'était présenté
04:05face à Jacques Chirac.
04:06On commence avec la région capitale, la région Île-de-France, c'est la sortante, vous l'avez dit, Valérie
04:12Pécresse qui arrive en tête.
04:13Deux mois plus tard, le dimanche 27 juin, c'est le second tour des régionales.
04:17Et comme tous les présidents de région sortant en métropole, Valérie Pécresse en Île-de-France, Xavier Bertrand dans les
04:23Hauts-de-France et Laurent Wauquiez en région Auvergne-Rhône-Alpes sont réélus.
04:27Ce soir, une équipe de France, de la droite et du centre, a émergé dans les régions.
04:32On savait que ces résultats allaient être regardés d'extrêmement près pour une raison simple, c'est qu'on a
04:36considéré que cette élection régionale, Bertrand, Pécresse et Wauquiez,
04:40était un peu en quelque sorte la première haie avant l'élection présidentielle et quelque chose qui leur permettrait ensuite
04:46de briguer l'élection suprême.
04:48Le jeudi 22 juillet, Valérie Pécresse, qui elle aussi a quitté LR comme Xavier Bertrand, se déclare candidate pour 2022.
04:56Elle le dit dans le Figaro avant de le confirmer le soir même au 20h de TF1.
05:00Je suis candidate à la présidence de la République pour restaurer la fierté française.
05:04Quant à Laurent, le 26 août, Laurent Wauquiez renonce lui finalement à se présenter.
05:09Laurent Wauquiez organise son traditionnel rendez-vous du Mont Mézinque.
05:13En fait, il fait une ascension de cette montagne dans la Haute-Loire tous les ans.
05:18C'est un peu son rendez-vous politique à lui.
05:19Et à la surprise de beaucoup de ses proches, il annonce qu'il n'ira pas à la présidentielle.
05:23Alors qu'on sait que Laurent Wauquiez en a extrêmement envie depuis très longtemps.
05:26Je ne suis pas candidat à la prochaine élection présidentielle et je veux vous dire pourquoi.
05:33La raison qu'il donne, c'est qu'il ne veut pas ajouter de la division à la division.
05:36Il y a déjà trop de candidats au sein de sa famille.
05:39Lui, s'il y allait, ça serait un candidat trop.
05:41Il n'a pas envie de ça.
05:42Ça, c'est la raison officielle.
05:44La raison officieuse, ce qu'il ne dira jamais officiellement,
05:47c'est qu'il estime qu'il est peut-être encore trop tôt pour lui pour revenir et pour espérer
05:51faire quelque chose.
05:52Et il a aussi peut-être cette conviction que ce n'est pas en 2022 que la droite reviendra au
05:57pouvoir.
05:57Il vaut mieux pour lui attendre patiemment dans l'ombre pour mieux revenir plus tard.
06:01À cette période, Alexandre Sulzer, on parle de plus en plus dans les médias d'un candidat potentiel à droite
06:07qui a l'intention de concurrencer le Rassemblement National comme les Républicains, Éric Zemmour.
06:13Oui, Éric Zemmour a fait même une rentrée politique début septembre dans le Vaucluse,
06:17au cours de laquelle il a répondu comme un candidat quasiment aux médias qui l'interpellait.
06:23Et il veut s'adresser à la fois à l'électorat RN, mais surtout à l'électorat traditionnel de droite
06:29LR.
06:30Et il pense que la famille LR n'a pas de candidat.
06:33C'est une famille malade et que c'est lui qui peut s'imposer dans cet électorat-là.
06:37Quant à Laurent, le mouvement jeunesse des Républicains fait sa rentrée le week-end des 4 et 5 septembre à
06:42Paris,
06:42au parc Floral, et Valérie Pécresse, comme Xavier Bertrand, ne sont pas très bien accueillies.
06:46Il y a une scène un petit peu surprenante au tout début du week-end.
06:49La droite va faire défiler les photos des vainqueurs des dernières élections régionales
06:54pour un peu s'encourager, se donner du baume au cœur.
06:56Les photos défilent et au moment où on voit apparaître la photo de Xavier Bertrand, huée.
07:04Au moment où on voit apparaître la photo de Valérie Pécresse, huée, un petit peu moins forte,
07:09mais quand même, ça donne un peu l'ambiance.
07:10Et c'est là qu'on se rend compte que, malgré le fait qu'ils ont fait gagner leur famille
07:15à une élection majeure,
07:17ils ont quitté la famille politique et ça, ça reste en travers de la gorge des militants.
07:20Michel Barnier, lui, est sollicité par des jeunes Républicains pour poser pour des selfies.
07:25Il arrive en début d'après-midi au parc Floral de Vincennes
07:28et une petite foule qui s'avance vers lui et les jeunes qui sollicitent des selfies.
07:31Il y a un petit effet un peu vu à la télé, ça surprend un petit peu son monde.
07:35Je me rappelle d'une militante qui dit « mais c'est quoi cette hype autour de Michel Barnier ?
07:38»
07:38« Je ne comprends pas » et puis qui va prendre son selfie à côté de lui.
07:41Donc on sent un début de petit engouement en tout cas,
07:44sans savoir si ça traduit encore quelque chose de plus.
07:46Alexandre Sulzer, d'un mot, à ce stade, on ne sait pas encore comment ils vont être départagés.
07:49C'est un débat que le président du parti LR, Christian Jacob,
07:54a repoussé le plus possible car il sait qu'il est extrêmement risqué.
07:58C'est un débat sensible qui peut abîmer la famille.
08:00Donc à ce stade, plusieurs hypothèses sont encore possibles.
08:05Une désignation par une primaire ouverte, comme en 2016.
08:08Une désignation par un congrès fermé, où il y aurait plusieurs candidatures qui s'affrontent.
08:14Voir une désignation par le bureau politique, un choix imposé par le haut.
08:21Le jeudi 9 septembre, à Nîmes, dans le Gard, Xavier Bertrand, Valérie Pécresse, Michel Barnier
08:27et les autres aspirants candidats LR sont réunis pour une photo de famille.
08:32Oui, à l'occasion des journées parlementaires, il est décidé de rassembler tous les candidats
08:37pour une photo autour d'un porcelet cul au feu de bois dans une manate,
08:41c'est-à-dire une ferme camargaise d'élevage de taureaux.
08:44Ça va avoir un cadre un peu chaleureux.
08:46L'idée, c'est vraiment de montrer de la convivialité et faire croire que tout le monde s'aime,
08:51ce soir-là, autour de la table.
08:53Et tous les candidats potentiels sont invités à s'exprimer, chacun à leur tour devant 70 élus républicains.
08:59Que leur dit Xavier Bertrand ?
09:01Pour la première fois, Xavier Bertrand fait un pas vers sa famille politique de façon plus précise,
09:07alors que jusqu'à l'heure, il a toujours exclu de participer à quelques primaires que ce soit.
09:11Il a toujours considéré qu'il s'imposerait naturellement dans les sondages.
09:14Il dit « Je connais ma famille politique », il en a été le secrétaire général par le passé.
09:19« Je sais que le candidat doit avoir le soutien de sa famille ».
09:23Et il esquisse la possibilité de respecter des procédures internes.
09:27Il sous-entend qu'il pourrait se soumettre au vote des militants LR s'ils choisissent leur candidat dans le
09:34cadre d'un congrès.
09:35Absolument, il dit que le candidat est désigné par le congrès.
09:39Il prend bien soin de le dire au singulier pour ne pas s'inscrire dans une démarche de compétition avec
09:44ses rivaux,
09:44car il espère encore être formellement soutenu par sa famille politique lors de ce congrès.
09:51Deux jours plus tard, le 11 septembre, Laurent Wauquiez est sur une télévision locale en Auvergne et il soutient ouvertement
09:57Michel Barnier.
09:58Il est d'abord interrogé sur les raisons qui l'ont poussé à renoncer à se présenter à l'élection
10:02présidentielle.
10:03J'ai voulu prendre du temps, j'ai voulu me consacrer à notre région parce que les gens m'avaient
10:06fait confiance.
10:07Et au fur et à mesure de sa réponse, il dit mais ici on a quand même Michel Barnier qui,
10:12il faut le rappeler, est issu de Savoie, donc de la même région.
10:14Et on a quand même Michel Barnier qui va porter les couleurs et je sais qu'il y a beaucoup
10:18de gens dans les Alpes qui vont le soutenir.
10:20J'étais avec lui hier soir, c'est un grand monsieur.
10:22Il ne le soutient pas officiellement mais il lui traise des louanges, il est plutôt sympa avec lui.
10:27Et ce qui est rigolo avec cet extrait d'une petite télé locale, c'est qu'en fait il va
10:31être ressorti et ressorti par tous les concurrents et les ennemis de Laurent Wauquiez comme une preuve.
10:36Regardez, il soutient Michel Barnier.
10:38Quant à Laurent, le 22 septembre, un sondage IFOP commandé par le parti Les Républicains pour tester ses aspirants candidats
10:45et dévoilés.
10:47Principal enseignement, Xavier Bertrand n'écrase pas la concurrence.
10:50C'est un sondage qualitatif, on va tester des traits d'image.
10:54Est-ce que vous le connaissez ? Est-ce qu'il a l'image d'un président ? Est-ce
10:56qu'il peut faire respecter la sécurité en France ? Etc.
10:59Et ce qui se dégage, c'est que Xavier Bertrand est en général devant sur quasiment tous les items.
11:04Mais il n'écrase pas le match, c'est-à-dire qu'il n'est pas non plus quatre longueurs
11:09devant chacun de ses concurrents.
11:10Le samedi 25 septembre, les militants Les Républicains votent par internet pour choisir comment ils vont désigner leur candidat pour
11:182022.
11:1958% d'entre eux choisissent un congrès, donc pas de primaire ouverte à tous les Français.
11:24Un congrès, Alexandre Sulzer, ça veut dire quoi concrètement ?
11:27C'est un terme un peu gonflant, c'est juste un vote interne en réalité.
11:30Tous les militants sont invités à voter pour la personne qui veut le voir être le candidat à la présidentielle.
11:35C'est un vote interne en réalité.
11:38Quant à Laurent, Xavier Bertrand est l'invité du journal de France 2 le jeudi 30 septembre.
11:43Il avance des propositions sur le travail et sur le pouvoir d'achat des Français.
11:47Et il essaie de tendre la main à ses concurrents à droite.
11:50Les propositions sur le travail de Xavier Bertrand, c'est un élément assez important pour lui parce qu'il est
11:54persuadé, comme Jacques Chirac en 1995 et Nicolas Sarkozy en 2007,
11:58qu'on ne peut pas gagner une présidentielle si on n'a pas les classes populaires, le vote des classes
12:02populaires.
12:02Je suis sur la logique qui consiste à dire, celui qui travaille doit y gagner.
12:07Ensuite, il va aussi profiter de cette émission pour retendre la main à ses concurrents, mais néanmoins amis, en leur
12:15disant, rassemblons-nous derrière moi.
12:17Une nouvelle fois, il se présente comme le plus capable à droite de battre Emmanuel Macron.
12:22Il y a un petit échange savoureux à ce moment-là sur France 2, puisque Anne-Sophie Lapix, qui co
12:27-présente l'émission, lui dit
12:27mais les sondages de premier tour ne vous donnent même pas qualifiés au deuxième tour.
12:32Il y a un blanc assez long qui va durer au final que trois secondes, mais à la télé ou
12:36à la radio, ça paraît interminable.
12:38Pensez que je serais devant vous ce soir pour vous expliquer mon projet ?
12:40Pour l'instant, vous n'êtes même pas au second tour dans les sondages.
12:45Vous savez pertinemment, aujourd'hui, que je suis le seul qui peut me qualifier...
12:48C'est une scène qui est assez mémorable et un petit peu gênante.
12:53Alexandre Sulzer, le vendredi 1er octobre, le Parisien dévoile un sondage, Ipsos Soprasteria, réalisé en partenariat avec France Info, qui
13:01est mauvais pour les Républicains.
13:02C'est une très mauvaise nouvelle pour les Républicains parce que, pour la première fois, Éric Zemmour passe devant Xavier
13:09Bertrand, qui est jusqu'alors le mieux placé.
13:12Et donc, l'argument de Xavier Bertrand, qui ne cesse de dire qu'il est le candidat naturel, que si
13:18les militants votent pour lui, c'est lui qui pourra battre Emmanuel Macron au second tour,
13:23cet argument, il s'éloigne encore plus.
13:26Quelques jours plus tard, quant à Laurent, vous rencontrez Michel Barnier et il se montre très confiant sur ses chances
13:31de victoire.
13:32Alors que, dans les sondages d'intention de vote, il apparaît assez loin quand même, il est souvent donné entre
13:378-9% d'intention de vote au premier tour,
13:39on lui demande, mais comment est-ce que vous sentez déjà le congrès, comment est-ce que vous sentez l
13:45'élection ?
13:45Il répond, je vais gagner. On lui demande, mais la primaire, l'élection présidentielle, et il répond, les deux.
13:52Le lundi 11 octobre, Xavier Bertrand est à nouveau l'invité d'un journal de 20 heures, cette fois celui
13:58de TF1.
13:59C'est un moment crucial pour Xavier Bertrand, il a passé tout le week-end à s'interroger, est-ce
14:03que je vais au congrès,
14:04ou est-ce que je trace ma route, comme j'ai commencé à le faire depuis des mois, et que
14:07je répète, je suis candidat, quoi qu'il arrive.
14:10Donc il va consulter, il va maintenir le suspense jusqu'au lundi soir, sur le plateau de TF1, où il
14:14va annoncer à la surprise de beaucoup.
14:16Est-ce que vous allez vous soumettre au vote des militants ?
14:19Oui, je participerai à ce congrès.
14:21Il revient dans le jeu collectif, il participera au congrès des Républicains.
14:25Avec toujours cette idée de rassembler Valérie Pécresse, Michel Barnier derrière lui ?
14:29Il change de stratégie, c'est-à-dire qu'il revient dans le jeu interne, mais il continue à penser
14:33et à répéter qu'il est le mieux placé dans les sondages,
14:35et il espère toujours convaincre ses camarades de se ranger derrière lui, même dans le cadre d'un congrès.
14:41Donc que ce soit pour être le 4 décembre le candidat unique de ce congrès interne, ou au moins de
14:47convaincre peut-être Valérie Pécresse ou peut-être Michel Barnier pour, quoi qu'il arrive, plier le match.
14:52Dès le lendemain, Xavier Bertrand échange avec une centaine de sénateurs républicains.
14:56Xavier Bertrand, à ce moment-là, fait sa campagne, il leur redit un peu la même chose que ce qu
15:00'il a dit la veille sur TF1, c'est
15:02« Je suis le mieux placé pour battre Emmanuel Macron, pour faire gagner la droite. Par contre, ne me demandez
15:08pas de reprendre ma carte au Parti des Républicains. »
15:10« Votre carte chez les LR, vous allez la reprendre ? »
15:12« Non. »
15:14« Pourquoi ? »
15:15« J'ai dit, j'ai fait un choix, voilà quelques années. Je vais devant ma famille parce que je
15:19fais confiance aux militants. Je pense qu'ils souhaiteront avoir quelqu'un qui porte leur valeur. Et je pense que
15:25les sénateurs et beaucoup de militants en ont conscience. »
15:31Le 14 octobre, Valérie Pécresse reprend sa carte du Parti qu'elle avait rendue en 2019.
15:36Et dès le lendemain, Xavier Bertrand dit à BFM TV qu'il va faire la même chose.
15:41« Alors qu'il avait dit deux jours plus tôt qu'il ne le referait pas. Donc ça a donné
15:45un peu une impression de cafouillage ou d'hésitation. Là, sur le coup, on a l'impression que Valérie Pécresse
15:51force la main pour la première fois à Xavier Bertrand.
15:53« J'ai repris ma carte. Je joue le rôle de l'unité. Je joue le rôle de la famille.
15:57Et Xavier Bertrand ne va pas avoir d'autre choix que de le faire aussi. »
16:02Le mercredi 20, les candidats se mettent d'accord sur les débats télévisés avant le congrès du 4 décembre.
16:08Il y en aura quatre. Un sur LCI, un autre sur BFM et les deux autres sur CNews puis France
16:142.
16:15Quentin Laurent, le 25 octobre, vous publiez un article dans Le Parisien racontant que finalement, c'est Michel Barnier qui
16:22est le favori de ce congrès.
16:23Il bénéficie d'un avantage que n'ont peut-être pas les autres. C'est l'argument de la fidélité.
16:28C'est-à-dire que les militants, contrairement peut-être aux sympathisants de droite,
16:31ils sont extrêmement attachés à l'argument de dire « Moi, je n'ai pas quitté ma famille quand le
16:37bateau tanguait. Moi, je ne suis pas parti. Moi, je suis toujours resté. »
16:40Ce qui fait que Michel Barnier devient petit à petit une des figures favorites de ce congrès.
16:46Et une stature, il a une gueule de président. C'est quelque chose qu'on entend beaucoup chez ces militants
16:50gaullistes.
16:51Il a été en charge d'un dossier international important, le Brexit, ce qui lui confère aux yeux de certains
16:56une légitimité.
17:07Le soir du lundi 8 novembre, c'est le premier débat sur LCI. Dans l'ensemble, pas de coup bas,
17:13mais Michel Barnier est égratigné par ses principaux adversaires.
17:17Ce jour-là, on avait titré des paroles et des tacles parce qu'il y avait du respect entre les
17:21candidats.
17:22Mais on a commencé à sentir un début de front anti-Michel Barnier qui, du coup, jouit de cette position
17:27de potentiel favori.
17:29Valérie Pécresse y est allée de ses quelques petits tacles.
17:31Xavier Bertrand, qui a épargné Valérie Pécresse, lui aussi allée de quelques remarques.
17:37En fait, on a senti le début d'un front anti-Barnier.
17:39Michel n'a pas dit comment il financerait ses mesures. Ce qu'on ne dit pas avant, on ne le
17:43fera pas après.
17:43Je le dis à Michel Barnier, je ne veux pas attendre 3 à 5 ans pour régler le problème.
17:46Et lui, Michel Barnier, comment il réagit ?
17:48On sent un peu qu'il se braque, qu'il se renferme.
17:50Un de ses proches, après le débat, me racontait, mais Michel Barnier, ça fait 10 ans qu'il discute avec
17:55des hauts fonctionnaires et des diplomates.
17:56Les débats, il n'est plus forcément habitué.
18:02Le deuxième débat est organisé sur BFM TV le dimanche 14 novembre.
18:05Et une grande partie de cet échange est consacrée au sujet de l'immigration.
18:10Oui, ça va quasiment durer 1h, 1h15, 1h30 uniquement sur l'immigration.
18:14Pour une raison qui est toute simple, c'est que c'est un sujet qui est extrêmement important pour les
18:19adhérents, les républicains, qui sont très sensibles à ces sujets.
18:22Tous les candidats ont un peu cette tendance à forcer le trait, à durcir leur ton, à durcir les propositions.
18:28Avec des pays qui posent vraiment problème, prenons l'Algérie aujourd'hui, le Mali, le Pakistan,
18:33et bien ce sera immigration zéro s'ils ne reprennent pas leurs clandestins. Immigration zéro.
18:38Et il ne faut pas aussi oublier que les républicains en ce moment sont doublement concurrencés à la fois par
18:43Emmanuel Macron
18:44et aussi de façon plus radicale par Éric Zemmour.
18:46Sur la forme, comment les candidats se comportent entre eux ?
18:50Ça a été très respectueux. Un petit peu moins d'attaques et moins de tacles qu'on a pu en
18:53voir lors du premier débat.
18:55Il y a eu quelques remarques quand même les uns les autres entre Michel Barnier, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand,
19:01mais globalement de plutôt bonne tenue.
19:03Alexandre Sulzer, les candidats qui vont se soumettre au vote des militants républicains
19:08lors du congrès par internet du 4 décembre, font tout, finalement, pour ne pas se montrer trop divisé.
19:14Dans la famille gaulliste, on aime bien avoir un chef et le suivre sans se poser de questions.
19:20Donc la famille se fait un petit peu violence pour organiser cette compétition.
19:24Mais le deal, c'est attention, pas d'attaques trop fortes qui laisseront des traces.
19:29Quand on aura choisi, tout le monde devrait être derrière le candidat qui aura été désigné.
19:37Merci à Quentin Laurent et Alexandre Sulzer.
19:40La campagne présidentielle 2022 est à suivre en direct sur leparisien.fr,
19:45campagne que l'on couvre aussi, bien sûr, dans Codesources, en y consacrant des épisodes très régulièrement.
19:51Cet épisode de Codesources a été produit par Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amourou et Sarah Amny.
19:57Réalisation, Julien Moncou-Kiole.
19:59Si vous aimez Codesources, n'oubliez pas de vous abonner, de nous laisser des petites étoiles
20:03ou un commentaire sur votre application préférée.
20:06Et puis vous pouvez aussi nous écrire directement, codesources.fm.
20:11Sous-titrage Société Radio-Canada
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