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A moins de 3 semaines du premier tour, les instituts de sondages le créditent de 13 à 15% des intentions de vote. Après avoir échoué de peu en 2017, Jean-Luc Mélenchon espère bien rallier le second tour en avril prochain.

Dans ce podcast : A 70 ans Jean-Luc Mélenchon est candidat pour la troisième fois à l'élection présidentielle. A moins de trois semaines du premier tour les instituts de sondage le créditent de 13 à 15% des intentions de vote et il est le seul candidat de gauche donné à plus de 10%. Avec une abstention qui s'annonce forte le seuil de qualification risque d'être bas du coup le député la France Insoumise des Bouches du Rhône dit avoir je cite « un trou de souris » pour accéder au second tour.
Présidentielle 2017 le dimanche 23 avril à 20h première estimation du résultat du premier tour : Jean-Luc Mélenchon est donné troisième ou quatrième. Finalement Jean-Luc
Mélenchon termine 4e juste derrière François Fillon avec 7 millions de suffrages il lui a manqué six cent mille voix pour doubler Marine Le Pen et atteindre le second tour.
Ce soir-là ces 600 mille voix c'est tout simplement 7 voix par bureau de vote ça montre qu'il a raté selon lui de très peu cet accès au second tour et surtout il ne prend pas position pour le second tour. Il ne dit pas explicitement de voter en faveur d'Emmanuel Macron et ça c'est quelque chose qui laissera des traces.
16 octobre 2018 Jean-Luc Mélenchon s'énerve quand les bureaux de son parti la France Insoumise sont perquisitionnés dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires européens. Ils arrivent au siège de son mouvement dans le 10e arrondissement de Paris déjà très énervé parce que son domicile…

Pour en savoir plus : https://www.leparisien.fr/podcasts/code-source/presidentielle-melenchon-la-tortue-qui-reve-dun-trou-de-souris-23-03-2022-NTO3OJK6CBAPBH4LLBTIFT45RU.php


Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Sarah Hamny, Thibault Lambert et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : LCI, BFMTV, Public Sénat, Quotidien, TF1, Union Populaire.

#Mélenchon #LFI #élections

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12A 70 ans, Jean-Luc Mélenchon est candidat pour la troisième fois à l'élection présidentielle.
00:18A moins de trois semaines du premier tour, les instituts de sondage le crédit de 13 à 15% des
00:24intentions de vote
00:24et il est le seul candidat de gauche donné à plus de 10%.
00:28Avec une abstention qui s'annonce forte, le seuil de qualification risque d'être bas.
00:33Du coup, le député La France Insoumise des Bouches-du-Rhône dit avoir, je cite,
00:38« un trou de souris » pour accéder au second tour.
00:41Jean-Luc Mélenchon est le trou de souris.
00:42Cet épisode de Codesources est raconté par deux journalistes du service politique du Parisien,
00:47en charge de la gauche, Jannick Halimi et Julien Duffet.
00:58Présidentielle 2017, le dimanche 23 avril, à 20h, premières estimations du résultat du premier tour.
01:05Jean-Luc Mélenchon est donné troisième ou quatrième.
01:07Voilà, voilà pour ces deux candidats qui se détachent en tête.
01:10Regardez les candidats suivants.
01:12François Fillon, 19,5 à égalité avec Jean-Luc Mélenchon.
01:17Finalement, Jean-Luc Mélenchon termine quatrième juste derrière François Fillon avec 7 millions de suffrages.
01:23Il lui en manquait 600 000 pour doubler Marine Le Pen et atteindre le second tour.
01:28Jannick Halimi, qu'est-ce qu'il se dit ce soir-là ?
01:31Ces 600 000 voix, c'est tout simplement 7 voix par bureau de vote.
01:34Ça montre le dépit et la bile qui arrivent aux lèvres de Jean-Luc Mélenchon,
01:39qui l'a raté, selon lui, de très peu, cet accès au second tour.
01:43Et surtout, l'autre élément qu'il formule, c'est que ce soir-là, il ne prend pas position pour
01:49le second tour.
01:50Il ne dit pas explicitement de voter en faveur d'Emmanuel Macron.
01:55Et ça, c'est quelque chose qui laissera des traces.
02:01On fait un saut dans le temps.
02:03Le mardi 16 octobre 2018, Julien Dufay, Jean-Luc Mélenchon s'énerve
02:08quand les bureaux de son parti, la France Insoumise, sont perquisitionnés
02:11dans le cadre de l'affaire des assistants parlementaires européens.
02:14Il arrive au siège de son mouvement, dans le 10e arrondissement de Paris,
02:18déjà très énervé puisque son domicile est perquisitionné dans la matinée.
02:23Il retrouve là des militants et des élus insoumis.
02:27Et donc, devant des caméras de télévision qui vont filmer la scène, il aura ses fameuses paroles.
02:32La République, c'est moi ! C'est moi qui suis parlementaire !
02:36Poussez-vous de là, ouvre-moi cette porte !
02:37On le voit aussi avec d'autres élus qui tentent d'enfoncer la porte.
02:41Il dit que ce n'est pas de la justice, ce n'est pas de la police, tout ça, c
02:43'est un coup politique.
02:44Ce n'est pas de la justice, ce n'est pas de la police, tout ça.
02:47C'est un coup politique.
02:48Il dit aux policiers que vous appliquez des ordres qui sont immoraux.
02:52Jannick Halimi, d'un mot, ça entache son image ?
02:54Ça entache totalement son image pour trois raisons.
02:58Il montre un manque de contrôle total de sa personnalité et de son individu.
03:02Il montre, quand il dit la République, c'est moi, que potentiellement c'est un autocrate en puissance.
03:08Il remet en cause la séparation des pouvoirs.
03:10Et pour ces trois raisons-là, ça va être trois boulets qu'il va là aussi traîner pendant longtemps.
03:15Après avoir hésité, Jean-Luc Mélenchon décide de se présenter à l'élection présidentielle pour la troisième fois,
03:21la troisième fois d'affilée, après 2012 et 2017.
03:25Et il l'annonce le dimanche 8 novembre 2020 dans le journal de TF1.
03:29Mon intention est d'aider à déconfiner les esprits et à nouveau à se projeter sur l'avenir.
03:34Alors, je ne dis pas que je sois une projection sympathique pour tout le monde,
03:37mais pour des millions de braves gens, simples, oui, c'est le cas.
03:41Et je les appelle à se regrouper.
03:42Alors, oui, je suis prêt et je propose ma candidature.
03:48Là, on est un an et demi avant la présidentielle 2022.
03:52Julien Dufay, pourquoi est-ce qu'il se lance aussitôt ?
03:54C'est qu'à la France Insoumise, il n'y a pas besoin de primaire.
03:57En fait, Jean-Luc Mélenchon, c'est le chef à contester.
04:00Il n'y avait aucun concurrent et donc son investiture, en quelque sorte, a été une formalité.
04:05Et puis, c'est une constante chez Mélenchon.
04:07On l'avait déjà vu en 2012 et en 2017.
04:09Il est adepte, en fait, des très longues campagnes.
04:12Il dit qu'il a besoin de temps pour que son programme, l'avenir au commun, infuse dans la société.
04:17Il a aussi besoin de temps pour aller chercher ses cibles électorales
04:21que sont les électeurs des quartiers populaires, les abstentionnistes.
04:24Jannick Halimi, pour les deux dernières présidentielles, 2012 et 2017,
04:28Jean-Luc Mélenchon représentait aussi le Parti communiste.
04:31Mais pas cette fois.
04:32Le 9 mai, Fabien Roussel est investi candidat du PCF.
04:35Qu'est-ce que ça change pour Mélenchon ?
04:37Ça change pas mal de choses parce que ça risque de lui coûter son accès au second tour.
04:42Pourquoi ? Parce que Fabien Roussel profite lui aussi d'une petite dynamique dans les sondages.
04:47On le crédite selon les sondages entre 3, 4, 5%, ce qui est un réservoir de voix potentiellement manquant à
04:57Jean-Luc Mélenchon.
04:58Deuxièmement, Fabien Roussel montre un peu ses différences sociales parce que M. Roussel met le social avant l'écologique.
05:05Et puis surtout, ce qui est très important pour les classes populaires,
05:09Roussel appuie sur l'aspect ordre et sécurité publique, ce qui est quelque part à l'opposé également de Jean
05:15-Luc Mélenchon.
05:16A la fin de l'été, le dimanche 29 août, Julien Dufay, vous êtes à Valence, dans la Drôme,
05:20où la France Insoumise organise son université d'été.
05:23Et dans son discours de clôture, Jean-Luc Mélenchon dit vouloir essayer de convaincre notamment les abstentionnistes.
05:30Oui, il dramatise l'enjeu en fait. Il y a eu une période où il a baissé dans les sondages,
05:34il est entre 7 et 9, 10%.
05:37Et en fait, il dramatise l'enjeu, il a cette phrase, l'abstention vote Macron.
05:41Plus ça vote, plus nous sommes forts, moins ça vote, plus Macron et Le Pen sont forts.
05:47C'est cette loi-là, l'abstention. Vote Macron.
05:53Quelques jours plus tôt, dans une interview d'Aufine et Libéré, il a même dit que si les quartiers populaires
05:58ne se déplacent pas pour voter,
05:59il sera écrasé dans cette élection.
06:03Le jeudi 23 septembre, Jean-Luc Mélenchon débat sur la chaîne BFM TV
06:08avec le journaliste et polémiste Éric Zemmour qui, à ce moment-là, n'est pas encore officiellement candidat.
06:14Bonsoir Jean-Luc Mélenchon.
06:15Bonsoir.
06:16Bonsoir Éric Zemmour.
06:17Bonsoir.
06:17Jannick Halimi, pourquoi Jean-Luc Mélenchon a accepté de débattre avec Éric Zemmour ?
06:22Il a accepté Jean-Luc Mélenchon parce que ça lui permet d'avoir une exposition médiatique qu'il n'aurait
06:27peut-être pas eue
06:28parce qu'Éric Zemmour appelle et attire la lumière des médias à cette époque.
06:33Deuxième raison également, c'est que Jean-Luc Mélenchon profite aussi du refus des autres candidats
06:39de débattre avec un Éric Zemmour qui n'est pas encore officiellement candidat.
06:43Et troisième point sur le fond, ça permet aussi à Jean-Luc Mélenchon de se positionner comme le porte-drapeau
06:49de l'antiracisme
06:51face aux propos extrêmement provocateurs.
06:54Et c'est un euphémisme de ma part que tient Éric Zemmour sur l'immigration et l'islam.
07:01Jannick Halimi, mi-octobre, Jean-Luc Mélenchon choisit un nouveau nom pour cette campagne.
07:05Il abandonne l'étiquette de la France Insoumise.
07:07Oui, il abandonne l'étiquette de la France Insoumise qui est une étiquette de parti.
07:11Il avait peut-être espéré attirer, convaincre les autres partis à faire une alliance, mais une alliance derrière lui.
07:19Donc bien évidemment, ça n'a pas suscité un enthousiasme délirant de la part des autres forces politiques.
07:24C'est pour cette raison qu'il se fait appeler l'Union Populaire.
07:27Parce qu'à travers la sémantique, il y a bien sûr une stratégie politique différente.
07:32C'est-à-dire que Jean-Luc Mélenchon décide de mettre le curseur sur l'union des électeurs
07:38et non pas des appareils partisans.
07:40D'où le passage de la France Insoumise, nom de parti, à Union Populaire,
07:44plutôt dénomination d'une stratégie électorale.
07:48Sur BFM TV, le 28 octobre, à la fin d'une interview,
07:52Jean-Luc Mélenchon est interrogé par le présentateur Bruce Toussaint
07:55sur un supposé antisémitisme d'Éric Zemmour.
07:58Monsieur Zemmour ne doit pas être antisémite parce qu'il reproduit beaucoup de scénarios culturels.
08:04Bon, on ne change rien à la tradition, on ne bouge pas à la créalisation, mon Dieu, quelle horreur.
08:10Et tout ça, ce sont des traditions qui sont beaucoup liées au judaïsme.
08:16Suite à ses propos, Jean-Luc Mélenchon est accusé à son tour d'antisémitisme.
08:22Christophe Castaner, le patron du groupe LREM à l'Assemblée, dénonce dans un tweet des références abjectes
08:28avant d'ajouter « Rien, jamais ne justifie de sombrer dans l'antisémitisme ».
08:33Julien Dufay, comment se défend Jean-Luc Mélenchon ?
08:36Alors, il se défend d'abord par l'attaque.
08:39Il dit que ses accusations ne sont pas nouvelles, qu'on les ressort à chaque fois,
08:43que c'est un refrain des mêmes haineux, ce sont ses mots.
08:46Il reconnaît qu'il a été mal compris et qu'en fait, il a dit l'inverse de ce qu
08:49'il pensait.
08:50Au mois de novembre, il sort son programme en librairie « L'avenir en commun ».
08:54D'un mot, Julien Dufay, c'est en grande partie le même programme que cinq ans auparavant ?
08:58Oui, c'est largement inspiré du programme de 2017, qui va être enrichi et adapté au temps présent,
09:04notamment au contexte sanitaire que l'on connaît.
09:07C'est quoi ces grands axes de campagne ?
09:08C'est le SMIC qui a mis 400 euros pour plus de pouvoir d'achat.
09:11C'est ce qu'il appelle la bifurcation écologique, avec une planification pour atteindre les objectifs
09:17de lutte contre le réchauffement climatique.
09:20C'est le blocage des prix également.
09:22C'est énormément de propositions.
09:25Jani Calimi, avec Julien Dufay, vous interrogez Jean-Luc Mélenchon pour Le Parisien, le vendredi 3 décembre,
09:31et il vous explique avoir une petite chance d'atteindre le second tour de la présidentielle.
09:36Il espère, dit-il, se faufiler dans un trou de souris.
09:39Oui, il utilise le mot de trou de souris.
09:41Pourquoi ? Parce qu'à cette époque, Jean-Luc Mélenchon est encore plutôt bas dans les sondages.
09:46Même s'il est à la tête de tous les autres candidats de gauche, il est grosso modo autour de
09:5210%.
09:52Il peut être même, dans certains sondages, en dessous de 9%.
09:55Donc, vous voyez l'écart qui le sépare du seuil d'accessibilité au second tour, qui est autour de 18%.
10:03Deux jours plus tard, Jani Calimi, le dimanche 5 décembre, il tient son premier meeting à la Grande Arche de
10:10la Défense,
10:10dans les Hauts-de-Seine, près de Paris.
10:12Et il y a du monde, 5000 sympathisants.
10:14Merci. Merci à vous tous d'être si nombreux.
10:18Meeting qui est extrêmement bien réussi.
10:20Il joue sur tous les registres.
10:22Le tribun, le réteur, le littéraire, le combatif.
10:28Jean-Luc Mélenchon s'ancre vraiment dans une gauche radicale.
10:32C'est-à-dire que là, il va essayer de faire la synthèse entre être crédible pour être président de
10:37la République,
10:37tout en tenant un discours extrêmement radical à tout point de vue,
10:41et notamment d'un point de vue économique, puisqu'il prône la rupture avec le capitalisme.
10:48Et ils savent que si nous faisons rompre la chaîne du capitalisme mondialisé en France,
10:53alors elle craquera partout ailleurs !
10:55Il dit que ce sera pour lui le grand changement,
10:59que pour Zemmour et Le Pen, c'est le grand remplacement,
11:04et que pour Emmanuel Macron et Valérie Pécresse, c'est la grande démobilisation.
11:09Julien Dufay, à la mi-décembre, vous le suivez dans son déplacement en Guadeloupe.
11:13Oui, il arrive une semaine à peu près après la fin du mouvement social qui a embrasé l'île.
11:20C'était un mouvement contre l'obligation vaccinale des soignants.
11:23Il va aller à la rencontre justement de ces fameux soignants,
11:25et il va longuement discuter avec eux, il va rester plusieurs heures.
11:28Et puis il va aussi tenir un meeting au gosier, donc près de Pointe-à-Pi, dans une salle qui
11:32est comble.
11:32Merci, merci. Merci, je vous en prie.
11:37Il explique que la situation en Guadeloupe préfigure un peu celle qui pourrait intervenir en métropole,
11:43et il les appelle à déchouquer Macron.
11:45S'il vous plaît, le 10 avril prochain, déchouquer M. Macron.
11:51Déchouquer, c'est un terme antillais qui veut dire à la fois déraciner,
11:54mais au sens figuré, destitué aussi Macron.
11:57Le dimanche 16 janvier, Jean-Luc Mélenchon veut se montrer innovant.
12:01Après ses meetings à distance par hologramme il y a 5 ans,
12:04il organise à Nantes un meeting immersif,
12:07avec des vidéos projetées sur des écrans géants et olfactifs,
12:11mais les diffuseurs d'odeurs ne vont pas vraiment bien fonctionner.
12:15Et pendant ce meeting, Julien Dufay, il se présente comme une tortue électorale.
12:19Faites confiance à une tortue électorale sagace comme moi.
12:26Rien ne sert de couvrir, il faut partir à point.
12:29Il emprunte ça évidemment aux fables de La Fontaine,
12:33et il demande aux électeurs de lui faire confiance dans cette élection.
12:37Huit jours plus tard, il est à Bordeaux et il commence son meeting dans la rue.
12:40Il veut transformer en fait tous ces meetings en démonstration de force,
12:43et là à Bordeaux, il a loué une salle de 1200 personnes,
12:46qui est clairement trop modeste pour le nombre de participants attendus,
12:50et donc il va commencer son meeting dans la rue,
12:52ce qui va être vu quand même comme un coup de com' par ses adversaires.
12:55Le dimanche 13 février, il s'offre une nouvelle démonstration de force à Montpellier.
13:00Il remplit une salle de 6000 places,
13:02et revendique même au bout du compte 8000 sympathisants.
13:06Il promet, je cite, de faire une percée politique.
13:09Avec un bulletin de vote, on peut régler tellement de choses.
13:13On peut lancer un tel appel au monde.
13:17Si vous le voulez, nous irons jusqu'à ce deuxième tour.
13:24Trois jours plus tard, le mercredi 16 février,
13:27Ségolène Royal, l'ancienne ministre et ancienne candidate à la présidentielle 2007,
13:31parle de Jean-Luc Mélenchon sur BFM TV.
13:34Le vote utile à gauche, selon elle.
13:37Aujourd'hui, c'est évident que le vote utile à gauche,
13:39c'est le vote Mélenchon,
13:41puisque c'est lui qui est professionnellement,
13:43qui fait la meilleure campagne.
13:44Yannick Halimi, Ségolène Royal, dit vrai ?
13:47Elle dit vrai mathématiquement,
13:49mais elle ne dit peut-être pas aussi vrai politiquement.
13:52Jean-Luc Mélenchon a des réservoirs de voix à gauche,
13:55que ce soit chez Fabien Roussel,
13:57chez Yannick Giadot,
13:58ou en tout cas chez les écologistes.
14:00Il peut tout à fait avoir, effectivement,
14:02un transfert d'électeur vers Jean-Luc Mélenchon,
14:06qui peut prétendre accéder au second tour.
14:08Ça, c'est vrai que mathématiquement, c'est possible.
14:10Mais politiquement, les choses sont moins évidentes,
14:13parce que beaucoup de personnalités,
14:15des candidats à droite comme à gauche,
14:18remettent en cause la possibilité de mettre en œuvre
14:20le programme de Jean-Luc Mélenchon.
14:23Ce qui fait que certains estiment que le vote utile,
14:25en fait, est un vote futile,
14:26et que pour d'autres, le président utile
14:29serait en fait un président inutile.
14:31Dans la nuit du jeudi 24 février,
14:34Vladimir Poutine annonce le début de l'invasion de l'Ukraine,
14:37une guerre qu'il présente comme une opération militaire spéciale.
14:40Julien Dufay, dans les jours qui suivent,
14:42la candidate socialiste Anne Hidalgo
14:44et le vert Yannick Jadot
14:46accusent Jean-Luc Mélenchon
14:47d'avoir été complaisant avec Vladimir Poutine.
14:51Elle va jusqu'à le qualifier d'agent russe
14:53qui a servi les intérêts de Poutine.
14:55Yannick Jadot parle de capitulation de Jean-Luc Mélenchon
14:58vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine.
15:01Et en fait, ils font référence à des propos répétés
15:03dans Jean-Luc Mélenchon ces derniers mois,
15:05où il a d'abord minimisé le risque de guerre en Ukraine,
15:07ce qui est clairement établi.
15:08Il expliquait par exemple à l'automne
15:10qu'il ne croyait pas à une attitude agressive de la Russie,
15:13qu'il considérait d'ailleurs comme un partenaire.
15:15Il chargeait en fait l'OTAN et les Américains
15:17d'une forme d'escalade,
15:19en parlant même de l'OTAN comme un agresseur.
15:21Et puis, il était fidèle à sa stratégie de non-alignement.
15:24Il était opposé, comme la Russie,
15:26à l'extension de l'OTAN à l'Est
15:27et au fait qu'aux frontières de la Russie,
15:29il puisse y avoir des bases de l'OTAN et des militaires.
15:33Après le début de l'invasion russe de l'Ukraine,
15:36comment a réagi Jean-Luc Mélenchon ?
15:37Quand la guerre éclate, il est à la Réunion
15:40pour un déplacement de campagne.
15:41En fait, il va passer la majeure partie de son séjour
15:45à multiplier duplex avec les médias
15:47pour s'expliquer et en défense de ses positions.
15:50Il dénonce évidemment l'invasion russe.
15:52Il reconnaît une erreur, celle d'avoir dit
15:53que la Russie n'envahirait pas l'Ukraine.
15:55Mais il cible aussitôt Emmanuel Macron
15:57en disant qu'il s'est référé à ce que disaient
15:59les hautes autorités françaises
16:00qui ne voyaient pas, eux non plus, le risque imminent.
16:03Et il explique qu'au lieu d'envoyer du matériel de guerre,
16:05il serait plus urgent de négocier
16:06pour obtenir un cessez-le-feu.
16:08Et il reste sur sa position de non-alignement.
16:11Il explique même avoir une forme de clairveillance
16:13en disant que depuis 2014,
16:15il s'est le seul à avoir dit
16:16qu'établir l'OTAN à la frontière de la Russie,
16:19c'était le risque d'une escalade et d'un conflit.
16:23Le samedi 5 mars,
16:24quelques jours après l'abandon de Christiane Taubira,
16:27faute de parrainage,
16:28la primaire populaire,
16:30cette consultation par internet de sympathisants de gauche,
16:32annonce soutenir non pas le deuxième du vote,
16:35Yannick Jadot,
16:35mais le troisième, Jean-Luc Mélenchon.
16:37Oui, alors c'est une surprise pour tout le monde,
16:39y compris pour Yannick Jadot
16:41et pour Jean-Luc Mélenchon lui-même
16:43qui ne s'y attendait pas du tout,
16:44d'autant plus qu'il n'a jamais eu de sympathie
16:46pour ce processus dit démocratique de choix
16:51d'une candidate ou d'un candidat de gauche à l'élection.
16:55Et d'ailleurs, quand il entend cette décision
16:58de la part de la primaire populaire,
16:59il a une sorte de ricanement ironique,
17:01il ne veut pas en entendre parler.
17:02De toute façon, il ne prendra pas en compte,
17:04dit-il, lui ou ses lieutenants,
17:06les propos et la décision de cette primaire populaire.
17:11Quelques semaines après,
17:12la primaire populaire est déchirée en interne
17:15parce que tous les responsables de cette plateforme élective
17:19ne sont pas d'accord entre eux.
17:20La primaire populaire viendra à s'excuser
17:22de la décision qu'elle avait prise
17:24de choisir Jean-Luc Mélenchon.
17:27Le 6 mars, avec Julien Dufay,
17:29avant un meeting de Jean-Luc Mélenchon à Lyon,
17:31vous écrivez, Yannick Halimi,
17:33qu'il a grandi son trou de souris.
17:35Pourquoi ? Que se passe-t-il à ce moment-là ?
17:36Jean-Luc Mélenchon grimpe, grimpe dans les sondages.
17:39À l'époque où nous l'interviewions, Julien et moi,
17:42il n'était plus qu'à 2,5% de l'accès au second tour,
17:46ce qui est pratiquement la marge d'erreur dans un sondage.
17:49Donc, il a effectivement la légitimité
17:52à dire que ce trou de souris s'agrandit.
17:55Il faut dire qu'il y a des éléments objectifs.
17:57Christiane Taubira, qui est une candidate de gauche,
18:00même si elle n'a pas appelé à soutenir tel ou tel candidat,
18:03a tout de même jeté l'éponge.
18:05Le parti vert est également déchiré
18:07puisque Sandrine Rousseau, pour des propos extrêmement maladroits,
18:11voire provocateurs à l'égard d'Yannick Jadot, le candidat vert,
18:14s'est fait éjecter de la campagne.
18:17Et qu'en plus, des personnalités comme Ségolène Royal,
18:20on en parlait tout à l'heure,
18:21et même le MEDEF estiment que la candidature
18:25et le programme de Jean-Luc Mélenchon
18:27sont tout à fait crédibles et sérieux.
18:30Ainsi d'ailleurs que Jacques Attali,
18:32j'ajoute l'ancien Sherpa de François Mitterrand,
18:35qui reconnaissent à Jean-Luc Mélenchon le sérieux total,
18:38la cohérence de son programme.
18:40Et donc le fameux vote utile dont on parlait,
18:43Jean-Luc Mélenchon l'assume avec une autre expression,
18:46il veut parler du vote efficace.
18:48En tout cas, peut tout à fait jouer à plein
18:50et légitime le fait que Mélenchon estime
18:52que son trou de souris devient plus confortable.
18:58Julien Dufay, certains à gauche commencent à voir
19:00Jean-Luc Mélenchon comme un vote utile ?
19:02Effectivement, certains, notamment chez les écologistes,
19:04où il y a toute une tendance,
19:06notamment autour de Sandrine Rousseau,
19:07qui était plus sur la radicalité défendue
19:10par Jean-Luc Mélenchon,
19:11qui réfléchissent à le rallier et à voter pour lui.
19:14Mais il reste toujours aussi clivant,
19:16Jeannick Halimi, notamment pour des électeurs de gauche
19:18plus centristes ?
19:19Il reste extrêmement clivant,
19:21et même la fameuse expression de Manuel Valls,
19:24les deux gauches irréconciliables,
19:25trouvent une actualité et un aspect fondamental
19:28qui est assumé par la plupart des candidats,
19:31notamment chez les socialistes,
19:33qui eux assument totalement et revendiquent,
19:36revendiquent plutôt,
19:37une ligne sur la laïcité, la République,
19:41une ligne qui est absente,
19:42non seulement du programme,
19:43mais de la vision du monde,
19:44de Jean-Luc Mélenchon,
19:46qui assume la créolisation de la société,
19:49alors qu'il était plus national en 2017.
19:52Et ça, pour toute une partie de la gauche,
19:55encore une fois,
19:55notamment cet aspect-là,
19:57va à l'encontre, à leurs yeux,
19:59de la République laïque
20:00qu'ils veulent défendre haut et fort.
20:03Julien Dufay, le lundi 14 mars,
20:05le soir sur TF1,
20:07huit candidats jugés incontournables
20:08sont interrogés.
20:09Certains, comme Éric Zemmour,
20:11semblent fatigués,
20:12mais pas lui.
20:13Oui, il y a un contraste assez saisissant
20:15entre Éric Zemmour,
20:17qui va multiplier les silences,
20:19les hésitations et les lapsus,
20:21et Jean-Luc Mélenchon,
20:21qui est très en forme ce soir-là.
20:23Alors, la paix est notre cause commune,
20:26on va le voir ce soir.
20:27Mais la guerre ne doit pas nous empêcher
20:29de penser aux problèmes
20:32que nous devons trancher dans cette élection.
20:34Le changement climatique,
20:36il est commencé.
20:37Alors, on passe à la planification écologique,
20:39oui ou non.
20:41La retraite,
20:42c'est 65 ans avec M. Macron
20:44ou 60 ans avec moi ?
20:45Il simplifie son discours
20:46et il a des mots assez directs et forts.
20:49Le vendredi 18 mars,
20:50il participe au Face aux lecteurs du Parisien,
20:52une interview menée par un panel de nos lecteurs
20:55qui sera publiée le dimanche 20 mars.
20:57Jannick Halimi,
20:57est-ce qu'il semble croire en ses chances ?
20:59Il y croit,
21:00il a toutes les raisons pour y croire
21:01et notamment l'affaiblissement
21:02de ses rivaux à gauche
21:04avec la dynamique du vote utile
21:06qui fonctionne peut-être partiellement,
21:07mais qui fonctionne tout de même.
21:08Il est extrêmement à l'aise.
21:09Il répond avec vivacité
21:12en faisant rire le public
21:13et il est effectivement droit dans ses bottes
21:15et dans sa stratégie politique
21:17et sur son programme politique.
21:19Le jour de la parution de cette interview,
21:21Jean-Luc Mélenchon organise une grande marche à Paris
21:24et il y a des dizaines de milliers de militants
21:27entre les places de la Bastille et de la République
21:29à la tribune.
21:30Dans son discours,
21:31il semble galvanisant.
21:32Encore une fois,
21:35vous allez répondre
21:38à l'appel de notre idéal commun.
21:41La tribune,
21:42il va installer tout de suite le match
21:43face à Emmanuel Macron.
21:45Vous faites un choix de société
21:47car tel est bien dorénavant
21:49le sens de cette élection
21:52puisque M. Macron a annoncé fort et clair
21:56son programme.
21:57Et il va résumer en fait l'enjeu de l'élection
21:59en disant que c'est un référendum social.
22:03Et il va promettre,
22:04s'il est élu,
22:05de signer immédiatement deux décrets
22:07qui sont le SMIC à 1 400 euros
22:09et le blocage des prix.
22:11Il installe d'emblée l'enjeu
22:14à un président social avec lui
22:15ou la continuité avec Macron.
22:17Jannick Halimi,
22:18on a bien compris que Jean-Luc Mélenchon
22:19croit vraiment en ses chances
22:20d'atteindre le second tour.
22:22Mais au-delà de ce qu'il pense,
22:24est-ce qu'il a réellement une chance ?
22:25D'accéder au second tour ?
22:26Oui, il a une chance évidente.
22:29Mais il faut tout de même
22:30qu'il surmonte un obstacle,
22:31c'est sa concurrence avec Marine Le Pen.
22:33Ils sont quand même à quelques 3-4%
22:35selon les sondages d'écart.
22:38Et là, la bataille va se livrer sur quoi ?
22:40Sur le vote populaire.
22:41On voit que Marine Le Pen joue beaucoup
22:43la carte du pouvoir d'achat.
22:45Et contrairement à Zemmour,
22:46s'ancre dans cet électorat
22:48et dans son programme
22:48vis-à-vis des classes populaires
22:50et des classes moyennes.
22:51Et Jean-Luc Mélenchon
22:52a aussi cet objectif,
22:54notamment en conquérant
22:56les abstentionnistes
22:56des quartiers populaires
22:57dont on parlait tout à l'heure.
22:59On dirait que sa principale force,
23:00c'est en fait la faiblesse
23:01de tous les autres candidats de gauche.
23:03Vous avez raison,
23:04c'est la faiblesse des candidats,
23:05mais il y a la faiblesse aussi
23:07de leur programme
23:08et de leur vision du monde.
23:09Et là, on peut être contre,
23:10évidemment,
23:11la vision du monde
23:12de Jean-Luc Mélenchon
23:13et de la France insoumise,
23:14mais au moins,
23:15elle a cette vertu
23:16de correspondre
23:18à une France de gauche,
23:20les oubliés,
23:21les sans voix,
23:22et force est de constater
23:24que Jean-Luc Mélenchon
23:24a capté ce sentiment
23:26d'abandon et de délaissement
23:28et que pour le moment,
23:29cette vague-là
23:30le porte jusqu'où ?
23:31Point d'interrogation.
23:44Sous-titrage Société Radio-Canada
23:49Sous-titrage Société Radio-Canada
24:01et Sarah Amny
24:02Réalisation
24:04Julien Moncouquiol
24:05Code Source
24:06et le podcast
24:07d'actualité du Parisien.
24:08Un nouvel épisode
24:09chaque soir de la semaine
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24:11N'oubliez pas de vous abonner
24:13sur votre application
24:14audio préférée.
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