Passer au playerPasser au contenu principal
Après plusieurs semaines de tensions et un plan économique massivement critiqué, la Première ministre britannique Liz Truss a présenté sa démission, 44 jours après son arrivée au pouvoir.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives :Le Monde, BBC, Independent, The Guardian, Reuters.

#liztruss #borisjohnson

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Thibaut Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le Royaume-Uni a vu trois premiers ministres se succéder en l'espace de quatre mois.
00:18Richie Senac, le nouveau chef du gouvernement britannique, a officiellement pris ses fonctions le mardi 25 octobre.
00:24Il promet de réparer les erreurs de celles qui l'a précédées, Lise Truss, une élue conservatrice elle aussi.
00:31Avant lui, elle n'est restée que 44 jours au pouvoir.
00:35Comment Lise Truss est-elle devenue première ministre ? Pourquoi son mandat a-t-il été le plus court de
00:40l'histoire du pays ?
00:41On retrace son parcours aujourd'hui dans Code Source avec Marie Boéda, correspondante du Parisien et de RTL.
00:48Elle est en ligne avec nous depuis Londres.
01:05Marie Boéda, on a choisi de commencer cet épisode à la date du jeudi 7 juillet.
01:10Ce jour-là, Boris Johnson, qui gouverne le Royaume-Uni depuis trois ans,
01:15prend la parole devant sa résidence de premier ministre au 10 Downing Street à Londres
01:20et il dit regretter de devoir démissionner, je cite, « du meilleur boulot du monde ».
01:30Pourquoi est-ce qu'il est contraint de démissionner à ce moment-là ?
01:33Ça a commencé un peu plus de six mois plus tôt avec un député proche de Boris Johnson accusé de
01:38lobbying.
01:38Le premier ministre le défend dans un premier temps.
01:41Puis il y a le Partygate, ces soirées alcoolisées organisées à Downing Street pendant le confinement,
01:46alors que le gouvernement demandait à la population de s'isoler.
01:50Boris Johnson perd petit à petit la confiance et de ses électeurs et de son parti.
01:55Et le point qui va le faire tomber, c'est le chef adjoint du groupe parlementaire qui est accusé d
02:00'agression sexuelle.
02:01Boris Johnson avait été informé de ces allégations, mais l'a quand même nommé à un poste important.
02:06Et à partir de là, il y a deux ministres qui démissionnent,
02:08parmi Richie Sunak, qui est à l'époque ministre de l'économie,
02:11ce qui entraîne ensuite une cascade de démissions.
02:15Au total, 59 secrétaires d'État et ministres finissent par quitter le gouvernement.
02:20La situation devient intenable, donc Boris Johnson démissionne.
02:23Au Royaume-Uni, c'est le chef du parti qui a la majorité au Parlement
02:27qui accède au 10 Downing Street, la résidence du Premier ministre à Londres.
02:31Le parti conservateur enclenche donc une primaire pour désigner son nouveau leader.
02:36Qui sont les candidats ?
02:37Alors il y en a huit au départ.
02:39Il y avait notamment Suela Braverman, très à droite.
02:41Il y a aussi Penny Mordent, une brexiteuse appréciée des militants,
02:45qui était en tête à un moment.
02:47Et les députés conservateurs en ont finalement sélectionné deux.
02:50Richie Sunak, donc c'est l'ex-ministre de l'économie.
02:53Et il y a aussi Liz Truss, donc loyale jusqu'au bout à Boris Johnson.
02:57D'ailleurs, elle était sa ministre des affaires étrangères.
03:00Et elle touche la corde sensible des conservateurs
03:02en proposant de baisser drastiquement les impôts et de réduire les taxes.
03:08Et c'est donc à Liz Truss qu'on va s'intéresser aujourd'hui dans Code Source.
03:12Vous allez nous retracer son parcours, Marie Boéda.
03:15Marie-Elisabeth Truss a 47 ans.
03:17Elle est mariée et mère de deux filles.
03:19Elle est née le 25 juillet 1975 dans la ville d'Oxford en Angleterre,
03:24dans une famille très engagée.
03:26Oui, elle dit elle-même qu'elle vient d'une famille de classe moyenne, de gauche.
03:30Elle a grandi en partie à Leeds, une ville industrielle du nord de l'Angleterre.
03:34Et sa mère est infirmière et milite pour le désarmement nucléaire.
03:38Son père est professeur de mathématiques.
03:40Elle se sert de ses origines pour montrer qu'elle est moins hors sol que certains de ses collègues.
03:45Mais elle a ensuite suivi en fait le même cursus que tous les dirigeants,
03:48en passant notamment par Oxford.
03:49En 1994, quand elle a 19 ans, elle étudie l'économie, la philosophie et la politique,
03:55donc, à la prestigieuse université d'Oxford.
03:58Et elle s'engage aux côtés des libéraux-démocrates, un parti centriste.
04:02Oui, lors d'un discours en tant que représentante de ce parti,
04:04les libéraux-démocrates à l'université,
04:06elle se dit pour l'abolition de la monarchie.
04:09Abolissez la monarchie.
04:10Nous ne croyons pas que les gens soient nés pour gouverner, déclare-t-elle.
04:17Et elle se prononce aussi pour la légalisation du cannabis,
04:21des positions qu'elle va vite abandonner.
04:23Deux ans plus tard, elle adhère au parti conservateur.
04:26Au niveau de sa carrière, elle occupe des postes importants dans le privé,
04:29d'abord dans le groupe pétrolier Shell,
04:31puis dans une entreprise de télécommunications dans les années 2000.
04:35À cette période, elle tente de se lancer en politique.
04:38Les premières années, ce n'est pas vraiment évident.
04:40En 2001 et 2005, par exemple,
04:42elle se présente aux élections législatives,
04:44mais elle échoue à intégrer la Chambre des communes.
04:46À l'approche des élections générales de 2010,
04:50élections au cours desquelles les citoyens britanniques
04:52élisent leurs députés et leurs premiers ministres,
04:55Liz Truss est repérée par celui qui est alors le chef des conservateurs,
04:59David Cameron.
05:00C'est le moment où toute la population vote
05:02et elle devient députée conservatrice.
05:05À ce moment-là, elle est décrite comme très ambitieuse
05:07et elle est considérée comme une étoile montante dans le parti.
05:10Deux ans plus tard, en 2012,
05:12elle intègre le gouvernement de David Cameron,
05:14d'abord en tant que secrétaire d'État à l'éducation,
05:17puis à l'environnement.
05:18En 2016, au moment du référendum sur le Brexit,
05:22elle fait campagne pour que le Royaume-Uni reste dans l'Union européenne.
05:26Oui, à l'époque, elle déclare que c'est dans l'intérêt économique
05:28de la Grande-Bretagne de rester dans l'Union européenne.
05:31Elle publie même une tribune dans le journal Le Sun,
05:34dans laquelle elle qualifie le Brexit de triple tragédie,
05:38avec plus de règles, de formulaires et de retard
05:41lors de ventes à destination de l'Union européenne.
05:43Mais c'est finalement le vote Leave,
05:45la sortie de l'Union européenne,
05:47qui l'emporte le 23 juin,
05:49avec 51,8% des voix.
05:51Que fait l'Istress à ce moment-là ?
05:53Eh bien là, elle devient une brexiteuse convaincue.
05:55Elle change de cap.
05:56Elle dit qu'elle regrette d'avoir soutenu
05:59le maintien du pays dans l'Union européenne.
06:01Elle dit que le Brexit est en fait une opportunité
06:04de changer la façon dont les choses fonctionnent.
06:06Puis elle se montre intransigeante
06:08dans les discussions sur le protocole nord-irlandais,
06:11par exemple.
06:17On en revient au début de cet épisode.
06:19Marie Boéda, cette année, donc, au mois de juillet,
06:22l'Istress annonce sa candidature
06:24pour prendre la tête du parti conservateur.
06:27Elle vise le poste de première ministre.
06:29Comment fait-elle campagne ?
06:31Elle est à l'époque ministre des Affaires étrangères.
06:33Aux côtés de Boris Johnson, elle a gagné en popularité
06:36en incarnant le soutien massif du Royaume-Uni à l'Ukraine.
06:39Elle dit « je me battrai dans cette élection
06:41en tant que conservatrice et gouvernerai en tant que conservatrice ».
06:48C'est une campagne globalement complètement déconnectée
06:56des préoccupations des Britanniques
06:57car son but, c'est vraiment de plaire aux conservateurs.
07:00Et elle n'hésite pas non plus à jouer la ressemblance
07:03avec Margaret Thatcher,
07:05l'ancienne première ministre ultra-libérale
07:08entre 1979 et 1990.
07:11Oui, elle va même jusqu'à copier cette tenue.
07:13Par exemple, pendant le premier débat télévisé
07:15entre les candidats conservateurs,
07:16elle est vêtue d'une chemise à la vallière blanche
07:19comme Margaret Thatcher
07:20lors des élections générales britanniques en 1979.
07:24Et donc le lendemain,
07:25les photos de l'ancienne première ministre
07:27et de la candidate font la une des journaux, évidemment.
07:29Comment se passe le vote de cette primaire ?
07:31Ça dure tout l'été.
07:33Il n'y a aucun candidat qui brille vraiment.
07:35Les deux finalistes sont donc Richie Swinac et Lys Truss.
07:37Et ils sont donc choisis par les députés conservateurs.
07:41Puis c'est ensuite au tour du parti
07:43dans son ensemble de votés,
07:45c'est-à-dire les militants conservateurs,
07:47ce qui fait environ 160 000 personnes.
07:50Ça représente 0,2% de la population.
07:53C'est en majorité des hommes assez âgés, blancs.
07:56Et donc le résultat est sans surprise,
07:58c'est Lys Truss qui s'impose avec 57% des voix.
08:14Lys Truss devient officiellement première ministre
08:16le mardi 6 septembre,
08:18au moment où elle rencontre la reine Elisabeth II,
08:20qui lui demande de former un nouveau gouvernement.
08:23Marie Boéda, quelles sont ses premières mesures
08:25lorsqu'elle arrive au pouvoir ?
08:26Elle arrive dans un contexte difficile,
08:28inflation à 10%, flambée du coût de l'énergie,
08:32les grèves se multiplient,
08:33les Britanniques sont à bout
08:35et les prix vont encore grimper.
08:36Comme elle l'avait promis,
08:37elle annonce un plan de sauvetage
08:39pour les ménages britanniques.
08:40C'est un plan de soutien de plus de 100 milliards d'euros
08:43pour protéger les ménages et les entreprises,
08:45qui comprend le gel des factures d'énergie
08:47à partir du mois d'octobre.
08:49Et cette aide doit durer deux ans.
08:51En parallèle, elle refuse de taxer
08:53les profits des entreprises du secteur de l'énergie.
08:55Deux jours après sa prise de fonction,
08:57le jeudi 8 septembre, en début d'après-midi,
09:00les médecins d'Elisabeth II font savoir
09:02par un communiqué qu'ils sont préoccupés
09:04par son état de santé.
09:06Le décès de la reine est annoncé
09:08en début de soirée, vers 19h30.
09:16A partir de là, Marie Boéda,
09:18la vie politique britannique se fiche complètement.
09:21Quel rôle joue Liz Truss pendant cette séquence ?
09:23Alors, elle joue son rôle de première ministre
09:25alors qu'elle est élue depuis à peine 48 heures.
09:28Elle représente le gouvernement pendant les cérémonies.
09:30Mais c'est tout.
09:31Tout est interrompu, même le travail du gouvernement.
09:33Les premières annonces de Liz Truss ont été complètement éclipsées
09:36par le deuil national.
09:38Et la vie politique reprend au terme de 12 jours de deuil national.
09:42Le vendredi 23 septembre, le ministre des Finances,
09:45Kwasi Kwarteng, dévoile son plan, baptisé mini-budget,
09:49pour relancer la croissance et tenter de limiter l'inflation.
09:53En quoi consiste ce plan ?
09:54Il s'agit de la plus importante baisse d'impôts depuis 50 ans.
09:5746 milliards d'euros de baisse non financée.
10:00Ceux qui en profitent sont les plus riches.
10:02Et à aucun moment, en fait, il n'est précisé
10:04comment le gouvernement compte combler ce manque d'argent
10:07dans les caisses de l'État.
10:08S'ajoute à cela le gel des factures d'énergie des ménages et des entreprises.
10:13Le but, c'est de relancer l'économie,
10:15de relancer la croissance sur le long terme.
10:18Ce plan est vivement critiqué parce qu'il est jugé peu crédible
10:21et aussi parce qu'il implique que le pays augmente sa dette publique
10:24pour financer toutes ces mesures.
10:26La panique s'empare alors des marchés financiers.
10:29Les investisseurs étrangers se retirent,
10:31la livre sterling chute, les taux d'intérêt s'envolent.
10:34Donc la Banque d'Angleterre a réagi en urgence
10:36et décide de racheter des obligations d'État.
10:39Son but, c'est calmer le marché, aider le pays
10:42à retrouver une stabilité financière.
10:44Mais cette aide ne dure que deux semaines.
10:51Le 5 octobre, Liz Truss prend la parole au congrès du Parti conservateur à Birmingham.
10:56En résumé, qu'est-ce qu'elle dit à la tribune ?
10:58Alors elle maintient son cap et défend en même temps son rétro-pédalage
11:02sur une mesure du mini-budget.
11:14Elle vient d'annuler la réduction d'impôts pour les plus riches.
11:20Elle dit qu'elle a compris, qu'elle a écouté,
11:22qu'il faut maintenir la confiance des marchés.
11:25Ça fait un mois qu'elle est au pouvoir et elle est déjà très très affaiblie.
11:28Elle défend quand même ses idées en répétant qu'elle a trois priorités.
11:32C'est la croissance, la croissance et la croissance.
11:35À ce moment-là, est-ce qu'elle est soutenue au sein de son propre parti ?
11:38On peut dire qu'elle est de moins en moins soutenue.
11:40Certains, comme la ministre de l'Intérieur, Suella Braverman,
11:43prennent la parole pendant le congrès pour défendre les idées de la Première ministre.
11:47Mais globalement, les conservateurs sont déjà en train de la lâcher.
11:50Elle a décrédibilisé le parti en annonçant le mini-budget
11:54et elle se disqualifie en fait tout autant en reculant sur une de ses mesures phares.
11:58Et déjà à ce moment-là, l'institut de sondage YouGov
12:01annonce une avance de 33 points pour les travaillistes.
12:05C'est le principal parti d'opposition et ça, c'est du jamais vu depuis 30 ans.
12:09Le mercredi 12 octobre, pour sa première entrevue hebdomadaire avec Charles III,
12:14le nouveau roi lui réserve un accueil surprenant.
12:17Dans une vidéo de 15 secondes, on voit la Première ministre saluer Charles III.
12:21Elle lui dit que c'est un plaisir de le revoir.
12:23Et lui, il répond « Encore vous, oh mon Dieu, enfin bon ! »
12:34La vidéo a évidemment fait le tour des réseaux sociaux.
12:37Et pour un diplomate britannique, c'est une scène sortie tout droit de The Office,
12:42une série comique britannique qui raconte le quotidien d'employés de bureau.
12:45Le 14 octobre, l'Istrus convoque en urgence son ministre des Finances pour le limogé.
12:51Et trois jours plus tard, le 17 octobre, son nouveau ministre des Finances,
12:55Jeremy Hunt, fait une annonce fracassante.
12:58Il supprime la majeure partie du mini-budget.
13:01En fait, elle vient de le nommer pour assurer le parti,
13:04même si elle est beaucoup moins proche de Jeremy Hunt idéologiquement.
13:08Et donc, lui, il enlève presque toutes les réductions d'impôts annoncées par le gouvernement.
13:12Il réduit la durée du plafonnement du prix de l'énergie.
13:16C'est le seul moyen, selon lui, de stabiliser les marchés.
13:19Bref, toutes les mesures prévues par l'Istrus et son ancien ministre de l'économie sont mises à la poubelle.
13:23Et le soir même, l'Istrus accorde un entretien à la BBC.
13:27Que dit-elle dans cette interview ?
13:29Elle s'excuse d'avoir commis des erreurs.
13:38Qu'il aurait été irresponsable de ne pas changer de cap,
13:42qu'elle ait allé trop loin et trop vite.
13:45Et avec un sourire un peu crispé, elle insiste.
13:47Elle compte mener les conservateurs aux prochaines élections générales prévues en 2024.
13:56Dans les jours qui suivent, Marie Boéda, la popularité de l'Istrus dégringole.
14:01Oui, elle n'était déjà plus très populaire.
14:03Mais à ce moment-là, le dernier sondage de YouGov révèle que seulement 10% des Britanniques
14:08ont une impression favorable de leur première ministre,
14:11contre 15% une semaine plus tôt.
14:13Et un conservateur sur cinq a une opinion favorable de l'Istrus.
14:16Donc en quelques semaines, elle est devenue moins populaire que Boris Johnson au moment où il démissionne.
14:21Le 19 octobre, l'Istrus est au Parlement britannique à Westminster
14:24pour la séance hebdomadaire des questions au gouvernement.
14:28Et elle est sévèrement critiquée par le leader de l'opposition.
14:37Il l'appelle la première ministre à démissionner.
14:40En fait, il lui demande pourquoi elle est encore là.
14:42Il dit que la crédibilité des conservateurs a disparu.
14:45Il rappelle toutes les mesures qu'elle a finalement abandonnées.
14:48Et il parle d'un désastre économique.
15:06Elle répond qu'elle est une battante, qu'elle n'est pas une lâcheuse.
15:13Elle le dit plusieurs fois devant le Parlement.
15:15Donc elle refuse d'envisager un départ.
15:17Et comme elle l'a dit la veille sur la BBC, elle compte rester jusqu'aux élections générales.
15:23Mais dans les heures qui suivent, Marie Bouéda, L'Istrus subit plusieurs revers importants.
15:28Oui, sa ministre de l'Intérieur, Suela Braverman, figure de l'aile droite du parti démissionne.
15:33La réseau officielle, elle a utilisé son email personnel pour envoyer des documents de travail.
15:37Elle a donc enfreint le code ministériel.
15:39Mais en fait, sa lettre de démission sonne comme une charge contre les changements de cap de la Première ministre.
15:45Elle ajoute que quand on fait des erreurs, il faut prendre ses responsabilités pour que le gouvernement fonctionne.
15:51Et on dirait qu'elle envoie quand même un message à L'Istrus.
15:54Il y a aussi des lettres de défiance qui commencent à tomber contre la Première ministre.
15:58Notre 13 députés ont annoncé en avoir envoyé.
16:01Le lendemain, le jeudi 20 octobre, en début d'après-midi, L'Istrus prend la parole sur le perron du
16:0810 Downing Street.
16:09Oui, elle est vêtue d'un haut sobre bleu marine.
16:12Elle déclare qu'elle ne peut pas remplir le mandat sur lequel elle a été élue par le parti.
16:16Given the situation, I cannot deliver the mandate on which I was elected by the Conservative Party.
16:24I have therefore spoken to His Majesty the King to notify him that I am resigning as leader of the
16:31Conservative Party.
16:32Ça fait d'elle la Première ministre la plus éphémère de l'histoire britannique.
16:36Elle aura tenu 44 jours au pouvoir.
16:38C'est un ultime coup à la réputation des conservateurs.
16:44Marie Bouéda, vous, cette démission, est-ce qu'elle vous a surprise ?
16:48Pas vraiment, mais on aurait pu penser qu'elle allait tenir un peu plus longtemps.
16:51Ça fait trois premiers ministres différents sur quatre mois.
16:54Elle a accumulé plein d'erreurs en arrière-temps.
16:57Plus la cote des conservateurs qui dégringolent dans les sondages, ça a commencé à faire vraiment beaucoup.
17:02Le parti conservateur refuse une nouvelle fois de convoquer des élections générales.
17:07Il préfère que les députés choisissent directement leur nouveau Premier ministre.
17:11Plusieurs noms sont évoqués pour succéder à l'istreuse, notamment celui de Boris Johnson, son prédécesseur.
17:18Mais trop impopulaire dans son camp, il finit par renoncer.
17:22Après trois jours de campagne interne, c'est finalement Richie Senac qui est désigné par les députés comme le futur
17:28Premier ministre, le lundi 24 octobre.
17:31Oui, il est le seul à avoir eu plus de 100 soutiens des députés conservateurs.
17:36Il n'y a donc pas eu d'élection au sein du parti.
17:38Il est le premier Premier ministre non blanc, il est d'origine indienne.
17:42Il a 42 ans, c'est donc le plus jeune Premier ministre à accéder au pouvoir.
17:47Et c'est aussi le plus riche du Parlement.
17:49Quel est son parcours en quelques mots ?
17:51Il est donc l'ancien ministre de l'économie de Boris Johnson.
17:54Il est brexiteur depuis le début.
17:56C'est un libéral convaincu qui est sur le principe pour baisser les impôts des plus riches.
18:02Mais pas maintenant, pas en pleine crise du coup de la vie.
18:04C'est lui aussi qui a en partie entraîné la démission de Boris Johnson en juillet dernier en quittant son
18:09poste de ministre.
18:10Il avait comparé le programme économique de l'istreuse à un compte de fait réconfortant.
18:15Il avait prédit que ça ne pouvait pas marcher, ce qui a clairement amélioré aujourd'hui sa crédibilité.
18:20Marie Boéda, cette succession de crises à la tête du Royaume-Uni, cette valse de Premier ministre,
18:26est-ce qu'elle risque à terme de coûter cher au Parti conservateur ?
18:30Oui, on comprend pourquoi les conservateurs d'ailleurs ne veulent pas d'élection générale anticipée.
18:34Ce que demandent bien sûr les partis d'opposition.
18:36L'image du parti Tory, donc des conservateurs, a décliné en même temps que celle de l'istreuse.
18:42Pour le moment, ils n'ont jamais été aussi impopulaires depuis les années 90.
18:46S'il y avait des élections générales aujourd'hui,
18:48le parti ne serait crédité que de 30% des intentions de vote selon les derniers sondages
18:54qui donnent les travaillistes gagnants haut la main.
19:03Merci à Marie Boéda.
19:05Cet épisode de Code Source a été produit par Raphaël Puyot et Clara Garnier-Amourou.
19:10Réalisation, Julien Moncou-Kiol.
19:12Code Source, c'est le podcast d'actualité du Parisien.
19:15Nous publions un nouvel épisode chaque soir de la semaine.
19:18N'oubliez pas de vous abonner sur votre application audio préférée pour n'en rater aucun.
19:23Si vous voulez nous écrire, c'est possible, sur Twitter,
19:27ou bien directement à cette adresse,
19:29code source at leparisien.fr.
Commentaires

Recommandations