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Anabela Neto a vécu deux ans de souffrances après la pose d’une bandelette contre l’incontinence. Elle témoigne pour alerter sur ce problème de santé méconnu et demander l’interdiction de certains de ces implants vaginaux.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux, Barbara Gouy et Raphaël Pueyo - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

#implantvaginal #incontinence #gynécologie

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le 10 novembre, le Parisien a alerté sur un problème de santé méconnu qui concerne des centaines de femmes en
00:18France,
00:18les complications suite à la pose de bandelettes contre l'incontinence.
00:22Dans le Parisien, 54 femmes ont lancé un appel à interdire certaines de ces bandelettes,
00:28responsables selon elles de douleurs particulièrement aigües, handicapantes et pouvant conduire certaines victimes à penser au suicide.
00:37C'est ce qu'a vécu Annabella Netto, 54 ans, jusqu'à un examen qu'il a délivré.
00:42Elle témoigne aujourd'hui au micro de la reporter de Codesources, Ambre Rosala.
00:59Annabella Netto est en convalescence dans une clinique de Pau dans les Pyrénées-Atlantiques.
01:03Je la rencontre dans sa chambre d'hôpital parce qu'elle a accepté de me raconter comment elle en est
01:08arrivée là.
01:09Annabella a 54 ans. Elle a les cheveux châtains, les yeux marrons et elle porte des lunettes foncées rectangulaires.
01:16Elle est secrétaire dans l'automobile. Elle est mariée et mère de trois enfants de 21, 25 et 27 ans.
01:23Ces enfants sont tous partis de la maison il y a quelques années, quand elle et son mari Georges ont
01:27environ 50 ans.
01:29À ce moment-là, en se retrouvant tous les deux dans leur maison près de Pau, le couple commence une
01:34nouvelle vie faite de sorties et de voyages.
01:37On s'est vus un peu comme si on avait retrouvé notre jeunesse d'avant.
01:42C'est comme si on s'était redécouvert à nos 20 ans avant de se marier, sans enfants, sans personne
01:47à la maison, sans obligation de rentrer.
01:50Tiens, il faut faire à manger pour Pierre-Paul-Jacques. Non !
01:53On était toujours de sorties. Dès qu'il y avait un restaurant qui s'ouvrait sur la côte, on le
01:57découvrait.
01:59Les cabarets. Et quasiment tous les week-ends, on était sur la côte.
02:02Soit on réservait un hôtel, soit on prenait l'avion, puis on allait visiter des régions.
02:06Ou sinon, si on avait des jours supplémentaires, on demandait des jours et puis on allait toujours à droite, à
02:12gauche.
02:12Tout le temps, tout le temps, tout le temps, tout le temps. C'était l'aventure à 2000 à l
02:15'heure.
02:16Annabella a subi une hystéroctomie totale en 2018.
02:19C'est-à-dire qu'on lui a enlevé complètement l'utérus parce qu'il y avait des tumeurs qui
02:23pouvaient être cancéreuses.
02:24Depuis, elle est ménopausée et elle doit faire attention à ne pas porter de choses trop lourdes.
02:29Un week-end de juin 2021, Annabella part en randonnée avec son mari Georges à Espelette dans leur département.
02:37Et plus on marchait, puis je disais, mais c'est bizarre, entre les jambes, ça descend.
02:41Et j'ai quelque chose qui descend. Puis il rigolait, mais qu'est-ce qui peut descendre ?
02:44J'en sais rien. Puis plus je marchais, plus c'était de plus en plus gros, volumineux.
02:49Puis j'ai dit, mais écoute, il y a un problème. J'ai l'impression que tout est descendu.
02:52J'ai un truc qui veut sortir d'entre mes jambes.
02:55Mon mari m'a dit, tu m'attends là, je vais chercher la voiture.
02:58Je suis rentrée à la maison. J'ai mis un miroir.
03:01Puis là, j'ai vu une boule, il n'y avait pas de sang ni rien, mais c'était une
03:04grosse boule qui descendait.
03:06Puis j'appelle mon mari, je dis, regarde ce qui se passe.
03:08Et il m'a dit, ah ouais, non, mais là, tu veux que je t'emmène aux urgences ?
03:11Et moi, je sais qu'il faut tellement d'attentes aux urgences et tout.
03:14Puis je me suis dit, mais si, j'ai pas mal.
03:16Donc, comme je connaissais le numéro de téléphone de mon proctologue qui me suivait,
03:20j'ai dit, je vais laisser un message.
03:22Et j'ai réussi à avoir un rendez-vous très rapidement.
03:25Et il m'a ausculté, il m'a dit, en effet, Madame Neto, je pense que c'est la vessie
03:30qui est descendue,
03:31mais je pense qu'elle a le rectum aussi.
03:32Donc, il faut absolument faire un IRM d'effet co-dynamique.
03:36IRM qui a constaté que j'avais une descente brutale de 5 cm.
03:40Le proctologue m'a dit, ah, c'est la vessie qui descend en premier, donc il faut que vous soyez
03:44opérés par un neurologue.
03:46Anna Bella vient de faire une descente d'organe, un prolapsus en termes médical.
03:50Elle prend rendez-vous chez un neurologue de peau qui lui propose une opération pour lui remonter la vessie et
03:56soigner son prolapsus.
03:57En plus de ça, il lui propose une autre intervention, en même temps que la première, pour prévenir les éventuelles
04:04fuites urinaires.
04:06Il m'a dit, par contre, comme on va remonter la vessie, automatiquement, vous allez avoir une incontinence.
04:12Je lui dis, écoutez, je suis déjà un petit peu incontinente quand je tousse, etc.
04:15Mais il m'a dit, mais là, ça va être pire, Madame Neto.
04:18Ben, oui, je ne sais pas.
04:20C'est vous qui savez.
04:21Ben oui, il va falloir mettre une bandelette pour l'incontinence, sinon ça va.
04:25Vous allez en gros vous faire pipi dessus.
04:27Oh, je dis, mon Dieu.
04:29Mais vous êtes sûre ?
04:30Tout à fait, Madame Neto.
04:31Je ne vous oblige pas à le faire.
04:32Vous pouvez le faire une autre fois.
04:35Mais bon, il va falloir reprendre un deuxième rendez-vous, refaire à nouveau une anesthésie générale.
04:40C'est vous qui décidez.
04:41Et moi, j'ai dit, ben non, docteur, si vous dites qu'il faut le faire là, on le fait
04:44là.
04:45J'ai tellement de boulot, tous mes collègues m'attendent parce qu'on a tellement de travail.
04:50Ben, écoutez, si vous dites que vous le faites et ça se passe bien, donc j'ai accepté l'opération.
04:55Annabella raconte que son neurologue ne lui donne pas vraiment de détails sur la pose de cette bandelette,
04:59mais elle lui fait confiance et signe les documents qui indiquent qu'elle consent aux deux opérations.
05:04L'intervention a lieu le 8 juillet 2021 et Annabella est placée sous anesthésie générale.
05:10En plus de remonter ses organes, le chirurgien lui place donc une bandelette synthétique sous l'urètre
05:16pour prévenir des fuites urinaires.
05:18Et à son réveil, Annabella ressent une vive douleur.
05:22J'ai senti au niveau du pubis que c'était hyper hyper serré.
05:26Je ne peux presque pas bouger, j'ai mal et ça me tire de tous les côtés.
05:30Puis j'ai tout le pubis en fait qui, comme s'il était serré dans un étoil déjà.
05:35Et j'ai dit au médecin, c'est serré docteur ?
05:36Non, non, non, non, c'est pas serré.
05:38C'est comme ça, votre corps va s'adapter, mais ne vous inquiétez pas, c'est pas serré.
05:42Donc c'est normal.
05:43Malgré la douleur, Annabella rentre chez elle.
05:46Elle a un arrêt de travail prévu pour un mois,
05:48mais à la fin de cette période, elle a encore trop mal au niveau du vagin,
05:51alors son arrêt est prolongé.
05:53Son médecin lui prescrit un antalgique du tramadol pour la douleur.
05:57Après trois mois d'arrêt maladie,
05:59Annabella reprend son poste de secrétaire dans l'automobile,
06:02alors que les douleurs sont toujours présentes.
06:05J'avais toujours ce couteau entre les jambes,
06:07mais je ne pouvais pas m'asseoir,
06:08sans avoir l'impression d'avoir un poignard.
06:12J'ai du mal à marcher, je suis hyper fatiguée.
06:16Et entre midi et deux, je dormais dans ma voiture.
06:18Donc tout le monde me disait, tu vas faire les magasins ?
06:21Oui, oui, je vais faire les magasins,
06:22mais en fait, je m'amenais à une couverture et un coussin,
06:26et je dormais entre midi et deux dans ma voiture,
06:28pour que la douleur s'en aille.
06:33Le week-end, je suis toujours enfermée à la maison,
06:35je ne sors pas, parce que je ne peux pas faire des grands pas.
06:37Je ne fais plus les courses avec mes enfants, avec mon mari.
06:40Quand c'est pour les anniversaires, je ne fais plus les magasins.
06:43Et donc c'était ça ma vie.
06:49Anna Bélard reprend rendez-vous avec son urologue
06:51pour lui dire qu'elle a toujours aussi mal.
06:53Elle a l'impression qu'il y a un problème avec sa bandelette
06:56contre les fuites urinaires,
06:57mais le médecin lui dit que c'est impossible
06:59et que ses douleurs sont probablement neuropathiques.
07:02Cela signifie qu'un nerf aurait été touché pendant l'opération
07:05et qu'il ne peut rien faire pour y remédier.
07:08Un jour, en septembre 2022,
07:11Anna Bélard est au travail quand elle a des douleurs
07:13encore plus vives que d'habitude.
07:16J'ai eu des contractions tellement violentes
07:18que j'ai cru que j'allais accoucher en fait.
07:20J'ai pris un cachet tout de suite et d'habitude ça calme.
07:23Et là, ça n'a pas voulu calmer.
07:25Impossible.
07:26Je suis partie aux urgences, c'était 10h20.
07:28La dame, quand elle m'a vue, elle m'a prise en urgence
07:30au niveau gynécologique.
07:32Je dis, mon dieu, mon dieu, je suis tellement mal, je suis tellement mal.
07:34Elle m'a fait une échographie pelvienne.
07:35Oh mon dieu, rien que le fait d'avoir mis ça dans le vagin, c'était...
07:39Je me suis dit, elle va trouver quelque chose, elle va trouver.
07:41Puis elle me dit, mais il n'y a rien.
07:42Je dis, comment ça, il n'y a rien ?
07:44Je dis, ce n'est pas possible.
07:45Madame Neto, vous n'avez rien.
07:47Donc ils m'ont dit, Madame Neto, vous avez des douleurs neuropathiques
07:50puisqu'ils ont appelé mon chirurgien.
07:52Je lui ai dit, ben oui, lui aussi, il n'arrête pas de me dire
07:53que c'est neuropathique.
07:54Ben oui, mais vous savez, dans le cerveau, il y a des choses qui se passent,
07:57on ne se comprend pas tout, mais il faut rentrer chez vous.
08:00Comme les médecins pensent que sa douleur est liée à un problème nerveux,
08:03Annabella est orientée vers un centre antidouleur à peau.
08:06Là-bas, on lui prescrit de nombreux médicaments
08:08pour essayer de la soulager.
08:10J'avais plus de 11 médicaments à prendre tous les jours.
08:13Donc on est embrouillés, on est complètement cotonneuses,
08:16toutes envie de dormir cotonneuses.
08:18Mais la douleur, je l'ai toujours entre les jambes.
08:20Et je disais, mais je ne peux pas...
08:23Enfin, vous me droguez, mais j'ai toujours mal.
08:25Donc il y a un problème, c'est la bandelette.
08:27Et puis à chaque fois, on me disait, Madame Neto, arrêtez de parler de bandelette.
08:30Ce n'est pas la bandelette.
08:31Les douleurs d'Annabella sont tellement violentes
08:34qu'elle ne peut plus marcher
08:35et elle se déplace désormais en fauteuil roulant.
08:37Sa maison est aussi équipée d'un lit médicalisé.
08:40Elle ne peut plus rien faire,
08:42alors son mari et ses enfants s'occupent d'elle au quotidien.
08:45Je voyais qu'il n'y avait plus rien à faire.
08:46Je ne sais plus comment me suicider alors.
08:48Parce que je ne vois rien, je suis toujours couchée.
08:50Je ne peux plus rien faire, je ne peux même pas marcher 20 mètres
08:52sans que je m'évanouisse pratiquement.
08:54Je n'ai plus de force.
08:55Tous les jours, j'avais des envies de suicide.
08:56Je programmais mon suicide.
08:58Après, je regardais mes enfants
09:00et je me disais, je les aime tellement.
09:01Mais sans moi, ils vivront mieux
09:03parce que ma fille, je lui donne beaucoup de travail.
09:06Mon mari, je lui donne tellement de travail.
09:08Il y a 52 ans, on ne s'attend pas à être dépendante comme ça.
09:12Et d'un seul coup, je n'avais plus le sourire.
09:14Je n'avais plus envie de rien.
09:15Mes gamins qui sont rigolos, ils sortaient des blagues.
09:19Ça ne me faisait plus rien.
09:20En fait, j'étais morte de l'intérieur.
09:22Je me suis dit, je ne peux pas rester comme ça.
09:24Mon mari, je lui ai même dit, trouve-toi quelqu'un d'autre
09:26parce que tu es encore jeune.
09:29Avec mon mari, on a parlé.
09:30On a beaucoup pleuré.
09:32Il m'a dit, tu ne pars pas.
09:33On va te remettre sur pied.
09:35On est mariés pour le bien et pour le pire.
09:37Là, c'est le pire.
09:38Mais voilà, on va essayer de faire en sorte que tu ailles mieux.
09:40Puis moi, je l'ai regardé.
09:41Je lui ai dit, je ne peux même plus faire l'amour avec toi.
09:44J'étais vraiment prête à partir.
09:53Annabella poste un message sur Facebook à la recherche d'autres personnes dans le même cas qu'elle.
09:58Elle est contactée par un groupe dédié aux femmes qui, comme elles, sont victimes de violentes douleurs
10:03depuis la pose d'une bandelette antifuite urinaire.
10:06Elle rejoint le groupe et découvre qu'il rassemble plus de 600 femmes.
10:10J'ai vu que je n'étais pas toute seule.
10:13Je me suis dit, punaise, il y a quelques femmes.
10:15Je me suis dit, mais ce n'est pas possible.
10:16Mais qu'est-ce qu'on fait à ces femmes ?
10:18Ça m'a estomaquée parce que je me suis dit, mais punaise, je crois que j'étais toute seule à
10:22souffrir comme ça.
10:23Mais non, il y a plein de femmes.
10:25Dans ce groupe, Annabella apprend qu'il existe deux types de bandelettes.
10:28La TVT, qui a priori ne pose pas vraiment de problème.
10:31Et la TOT, interdite au Canada et qui peut causer de graves effets secondaires.
10:36C'est cette dernière bandelette qu'Annabella a dans son corps.
10:40Elle découvre aussi qu'un arrêté datant d'octobre 2020 encadre strictement la pose de cet implant vaginal.
10:46Elle retrouve cet arrêté, l'imprime et le lit en détail.
10:51Déjà, je vois l'obligation de que la patiente soit d'accord avec le médecin pour choisir le type de
10:58TOT ou TVT.
10:59Moi, je ne l'ai pas eu.
11:00Je n'ai pas eu à faire ce choix.
11:01C'est lui qui l'a décidé pour moi.
11:03C'est bien stipulé également que je dois passer en équipe pluridisciplinaire.
11:07L'équipe pluridisciplinaire doit attester comme quoi ils sont d'accord pour faire l'opération.
11:13Et je dois avoir copie de cette attestation.
11:15C'est marqué également que je dois avoir une fiche obligatoire de l'AFU, l'Association française d'Urologie, qui
11:22m'explique ce que c'est qu'une incontinence urinaire.
11:25Et je dois avoir également une autre fiche qui explique ce que c'est que la bandelette obturatrice.
11:32Je ne les ai jamais eues.
11:33Il y a eu tellement de loupés que je me dis qu'en fait, il a tout bâclé.
11:37Je ne sais pas ce qui s'est passé, mais je n'ai jamais eu ces documents.
11:40Dans cet arrêté, il est aussi écrit que la patiente doit être informée des risques, ce qui n'est pas
11:45le cas d'Annabella.
11:47Les autres femmes du groupe Facebook affirment elles aussi qu'elles n'ont pas accepté l'opération en connaissance de
11:52cause.
11:53En discutant avec elle, Annabella apprend que le moyen le plus fiable pour savoir si sa bandelette est bien mise
11:59est de faire une échographie translabiale.
12:01C'est une échographie très spécifique qui permet d'examiner la zone du périnée et l'urètre où est placée
12:08la bandelette.
12:09Quand elle en parle à son neurologue, il lui dit qu'il ne sait pas faire ce type d'examen.
12:14Annabella trouve un neurologue à Bordeaux qui sait le faire et elle s'y rend en avril 2023.
12:20Et il a mis le petit appareil sur le pubis et là il me regarde et il me dit «
12:25Aïe ! »
12:26Et je lui dis « C'est grave. »
12:29Je me dis « Madame Neto, la bandelette est à moins d'un millimètre de l'urètre. Ça veut dire
12:34quoi ? Elle est trop serrée. »
12:36Je lui dis « Punaise, docteur, elle est trop serrée. »
12:39Depuis le temps que je disais qu'elle est trop serrée. Je lui dis « Vous vous rendez compte ?
12:42»
12:42Mais en fait, j'étais tellement heureuse, je l'ai pris dans mes bras.
12:44Je lui ai dit, docteur, vous êtes mon sauveur.
12:46Jamais, personne, jamais, jamais m'a dit que c'était la bandelette.
12:49Vous êtes le seul, vous vous rendez compte ?
12:50On est en avril 2023 et ça fait depuis le 8 juillet 2021.
12:55Ça va bientôt faire deux ans que j'essaye.
12:57On me dit que c'est pas ça.
13:00Cette urologue dit à Annabella qu'il faut absolument qu'elle fasse retirer cette bandelette.
13:04Elle trouve un chirurgien à Toulouse qui accepte de le faire
13:07et elle est opérée le 16 octobre 2023.
13:10À son réveil, la bandelette a été correctement retirée.
13:14J'avais un sourire parce qu'en fait, j'étais plus serrée.
13:17Je suis délivrée.
13:20On a l'impression que mes organes sont revenus un peu à la normale.
13:26Quand je suis couchée, j'ai déjà plus de douleur.
13:28Quand je suis assise trop longtemps, j'ai des douleurs, c'est vrai.
13:31Mais c'est vraiment, avant c'était pratiquement au bout de cinq minutes.
13:35Là, j'arrive à faire un repas, j'ai pas mal.
13:36Maintenant, avec le déambulateur, je marche un peu plus longtemps aussi qu'avant.
13:41Et je vais bien.
13:42Après, je sais que je dois passer par beaucoup de rééducation.
13:45Puisque pendant un an, trois mois et deux semaines, j'ai pas beaucoup marché.
13:50J'étais toujours en fauteuil roulant.
13:51Tous mes muscles sont tout engourdis.
13:53J'ai pris 10 kilos parce que je ne bouge plus.
13:55Et tous les jours, il faut que j'essaie de marcher un petit peu
13:58pour que justement mon corps s'habitue à être comme avant.
14:01Et j'espère un jour, oui, m'enlever du déambulateur, enlever le fauteuil roulant
14:06et petit à petit reprendre une vie quasi normale, on va dire.
14:11Le 10 novembre 2023, Annabella témoigne dans Le Parisien
14:15du calvaire qu'elle a vécu pendant deux ans à cause de cette bandelette.
14:19Dans le journal, avec 53 autres femmes, elle demande l'interdiction de ces implants.
14:24Je demande l'interdiction totale de ces bandelettes.
14:27J'écris au ministère de la Santé également.
14:30Donc je demande l'arrêt complet, s'il vous plaît.
14:32Aidez les femmes, trouvez une autre solution.
14:34N'opérez plus, ne mettez plus ça dans le corps des femmes.
14:37Il vaut mieux mettre des couches plutôt que de se retrouver avec une vie foutue,
14:41toujours au lendemain.
14:43Donc oui, j'ai envie de le dire à toutes les femmes,
14:44ne vous faites pas opérer de cette bandelette.
14:47C'est destructeur tout ça.
14:59Ambre, Annabella netto, est-ce qu'elle pourra un jour être complètement guérie ?
15:02Oui, ce qu'elle m'a dit, c'est qu'un jour,
15:04elle devrait normalement être complètement libérée des douleurs.
15:08Pour l'instant, elle se remet encore de l'opération qu'elle a eue il y a un mois
15:11pour se faire retirer la bandelette.
15:13Et ce qu'elle m'a expliqué, c'est qu'elle doit surtout réapprendre à marcher,
15:16à remettre son corps en mouvement après deux ans sans pouvoir se déplacer normalement.
15:21Ça va prendre du temps, mais elle m'a dit qu'elle faisait des progrès de jour en jour.
15:24Et donc, c'est plutôt encourageant.
15:26Est-ce qu'elle a porté plainte contre l'urologue qui lui avait posé cette bandelette ?
15:29Oui, elle a porté plainte contre son neurologue, donc devant l'ordre des médecins.
15:33Et en plus de ça, elle a aussi rejoint une action collective.
15:36Et avec 77 autres femmes à qui on a aussi posé ce type de bandelette,
15:40elles ont porté plainte contre X pour tromperies aggravées et blessures involontaires.
15:45Dernière question, est-ce qu'on sait combien de femmes en France sont dans le cas d'Annabella netto ?
15:49Alors, c'est un peu difficile à chiffrer exactement.
15:51En France, il y a chaque année 35 000 femmes à qui on pose ce type de bandelette contre les
15:56fuites urinaires.
15:57Et selon la NSM, l'Agence Nationale de Sécurité du Médicament,
16:00moins de 3% des femmes seraient victimes de complications comme Annabella.
16:04Mais selon son collectif, donc le groupe Facebook dans lequel sont regroupées aujourd'hui près de 800 femmes,
16:09ce chiffre serait minimisé et il y aurait bien plus de victimes
16:13parce que toutes ne seraient pas automatiquement déclarées par leur médecin auprès de la NSM.
16:18Merci Ambre Rosala et merci à Elsa Marie pour son aide.
16:22Code Source est le podcast d'actualité du Parisien.
16:24Cet épisode a été produit par Clara Garnier-Amourou et Raphaël Pueyo.
16:29Réalisation, Julien Moncouquiol.
16:30Si vous aimez Code Source, n'hésitez pas à le dire en laissant un commentaire ou des étoiles sur votre
16:34application audio.
16:35Vous pouvez nous écrire directement, codesource at leparisien.fr.
16:39Et puis on vous invite aussi à aller écouter le second podcast du Parisien,
16:43Crime Story, une nouvelle affaire criminelle, chaque samedi dans Crime Story.
16:48Crime Story, une nouvelle affaire criminelle, chaque amour, chaque amour, chaque amour.
16:48C'est parti, la réagir, chaque amour.
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