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Dans un podcast intitulé « Mon Héroïne», Audrey Bissonnier Chazal raconte son enfance auprès de parents toxicomanes et sa quête, après leur mort des suites du Sida, pour les comprendre et se reconstruire. Témoignage. Crédits.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clémentine Spiler, Anaïs Godard et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network
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Dans un podcast intitulé « Mon Héroïne», Audrey Bissonnier Chazal raconte son enfance auprès de parents toxicomanes et sa quête, après leur mort des suites du Sida, pour les comprendre et se reconstruire. Témoignage. Crédits.
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Le 1er décembre, le Parisien a fait le portrait d'une femme de 44 ans, Audrey Bissonnier-Chazal,
00:16qui vient de publier un podcast sur son histoire familiale, un podcast d'Arte Radio en trois
00:21épisodes intitulé « Mon héroïne ». Audrey Bissonnier-Chazal y raconte son enquête sur
00:27ses parents, morts quand elle était enfant. Ils étaient tous les deux toxicomanes et
00:31ils sont morts des suites du sida au début des années 1990. Audrey Bissonnier-Chazal a ressenti
00:36le besoin de faire la lumière sur ce qu'elle a vécu, petite, peu de temps après être
00:41elle-même devenue mère. Elle témoigne aujourd'hui dans Codesources, au micro de Barbara Gouy.
00:57Je rencontre Audrey dans les locaux du Parisien après sa journée de travail. Deux jours avant
01:02notre rencontre, le podcast dans lequel elle raconte l'histoire de sa famille a été
01:07publié sur Arte Radio. Elle est très émue de l'avoir rendue publique.
01:13Audrey est née le 17 novembre 1981 à Paris. Elle grandit entre Paris et une ville limitrophe,
01:20Boulogne-Biancourt. Sa mère est issue d'un milieu aristocratique et elle travaille dans une agence
01:26de voyage. Son père, lui, est photographe et il vient plutôt d'un milieu ouvrier. Quand Audrey
01:33vient au monde et qu'ils deviennent parents, cela ne les empêche pas de continuer à faire
01:38la fête. Petites, je les ai beaucoup accompagnées en soirée. J'ai des souvenirs de ces soirées
01:44en fumée où on vous pose sur un grand lit avec plein de manteaux et où je m'endormais
01:52au son des voix. Je crois que j'aimais bien ça. Je sais qu'ils allaient beaucoup au resto
01:57et que je les accompagnais pas mal aussi. Je m'endormais sur la table en écoutant
02:02leurs voix et en respirant la fumée de leurs cigarettes.
02:09Audrey a un bon souvenir de ses premières années. Mais quand elle a 9 ans, son père tombe
02:15malade. Audrey ne sait pas ce qu'il a à ce moment-là.
02:18J'ai vu quelques scènes où je me souviens qu'il avait un œdème à la cuisse. Je l'ai
02:22vu pleurer sur le fauteuil. Donc on m'a dit que peut-être qu'il pleurait parce qu'il
02:27avait peur de mourir, mais je ne l'ai pas vu malade.
02:30Son père meurt en juin 1991. Peu de temps après, elle part en vacances avec son grand-père
02:36paternel.
02:37À la mort de mon père, mon grand-père m'a pris entre quatre yeux lors d'un déjeuner.
02:41Il m'a expliqué que mes parents se droguaient, que c'était de la faute de ma mère,
02:44évidemment, puisqu'il était le père de mon père. Donc évidemment, je n'ai pas
02:48cru. Et puis en rentrant à la maison, j'ai tout de suite dit à ma mère qu'il a
02:54nié.
02:55Mais en revanche, c'est vrai qu'à partir de ce moment-là, j'ai regardé les choses
02:59un peu différemment à la maison. Je me souviens que je regardais pas mal de commissaires
03:02moulins dans le salon avec un casque sur les oreilles. Et puis il se passait des trucs
03:06derrière moi dans le salon. Parfois, j'ai vu des dealers qui venaient, qui passaient
03:10des petits paquets. Il se passait la même chose dans mon écran. Donc ça a
03:14fait tilt. Et puis petit à petit, j'ai vu plus de choses. J'ai vu des lignes de
03:21coke sur la commode Louis XV du salon. Mais bon, pas plus que ça.
03:27Audrey prend conscience que ses parents ont sans doute régulièrement consommé de la
03:32drogue pendant son enfance. Quand elle est en sixième, sa mère lui confie que la maladie
03:37dont son père a été victime quelques mois plus tôt, c'est le sida. Sa mère lui explique
03:42qu'elle aussi est porteuse du virus. Audrey ne sait pas vraiment comment ils ont attrapé
03:46cette maladie, mais sûrement en s'injectant de la drogue en intraveineuse. Dans les mois
03:52qui suivent, Audrey voit sa mère perdre beaucoup de poids et elle va de plus en plus mal.
03:57Pour elle, il y a plein de choses qui sont cumulées. Et la maladie qui s'est vraiment
04:00déclarée au moment où mon père est mort. Donc le fait de se retrouver veuve, mère célibataire,
04:05endettée, parce que mon père nous avait laissé un paquet de dettes, il était totalement
04:08inconséquent. Plus la perte de son grand amour, tout ça cumulé, elle était dévastée.
04:15Petit à petit, elle a perdu l'usage de ses jambes. D'abord, elle a eu une canne, des béquilles,
04:21un fauteuil roulant. Puis l'usage de ses mains, elle perdait ses cheveux. Petit à petit,
04:29ça s'est fait petit à petit.
04:30L'évolution de la maladie est plus lente chez sa mère que chez son père. Une dame
04:36vient s'occuper de sa mère la plupart du temps, mais parfois, Audrey doit s'occuper
04:40d'elle.
04:41Si je recolle bien les morceaux du puzzle, il y avait une femme qui venait à la maison
04:48et qui s'occupait d'elle le soir. Elle rentrait dans la chambre, elle s'y passait
04:53quelques temps et elle ressortait. Et puis un soir, elle n'est pas venue, donc voilà,
04:59j'ai été confrontée à ça.
05:04Ça, c'est la fois où Audrey a dû préparer une dose d'héroïne pour sa mère qui était
05:09en manque. À cette période, Audrey est petite, elle a à peine 11 ans et elle ne se rend
05:15pas vraiment compte de l'addiction de sa mère parce que c'est la première fois
05:18qu'elle y est vraiment confrontée. En juin 1993, deux ans après la mort de son père,
05:25sa mère meurt du sida.
05:27Dans ma famille, on m'a dit qu'il ne fallait pas que j'en parle pour me protéger parce
05:33qu'à l'époque, c'était une maladie honteuse parce que ça ciblait une certaine frange
05:42de la population qui avait une vie marginale. Et donc, j'ai gardé ça secret. C'est pas
05:48quelque chose que j'ai dit pendant quelques années.
05:54La tante d'Audrey et son mari la recueillent. Elle passe l'été chez eux avant d'aller en pension
06:00pour filles dans une école de la Légion d'honneur. Là-bas, Audrey pense beaucoup à sa mère.
06:06Les premiers mois, c'était difficile. J'avais mon petit album photo que je feuilletais dans
06:10mon lit en pension tous les soirs. C'est un mélange de quotidien, de vivre au quotidien
06:18et d'instinct de survie. Et puis, du manque de sa maman. Donc, voilà, on vit comme on peut.
06:30Après la mort de ses parents, le reste de la famille d'Audrey se mûre dans le silence.
06:35Personne ne parle d'eux. Alors Audrey se construit toute seule une histoire autour de ses parents.
06:40C'est vrai qu'après la mort de ma mère, on n'en a pas vraiment parlé. Ni de la
06:45maladie,
06:46ni de sa vie, ni de rien. Je me suis très vite dit que c'était des héros. De toute
06:53façon,
06:54je pense que ça m'a aidée à traverser cette période-là. Et puis après, je me suis plongée
07:00dans la littérature américaine. Et pour moi, c'était des héros de ces romans-là,
07:07des héros sur la route qui fumaient, qui buvaient, qui faisaient la fête, qui baisaient,
07:13qui roulaient vite, qui vivaient vite et qui n'avaient pas de contraintes.
07:18Et oui, j'en ai fait des héros rock'n'roll.
07:23Plus Audrey grandit, plus elle se pose des questions sur le mode de vie de ses parents.
07:28Parfois, elle est en colère, mais elle continue à croire à l'histoire qu'elle se raconte
07:33depuis leur mort. À 18 ans, elle entame des études supérieures à Paris et elle découvre
07:39à son tour la drogue.
07:41J'ai goûté à pas mal de produits stupéfiants. Oui, parce que j'avais une vraie volonté
07:49de comprendre, aussi de faire la fête probablement, pour oublier, pour les honorer peut-être,
07:56je ne sais pas, leur ressembler. Et comprendre aussi ce qui les attirait autant là-dedans,
08:02je pense. Ça peut paraître être une excuse, mais je pense qu'il y avait vraiment de ça.
08:09Essayer de comprendre ce qui les attirait et ce qui a fait que c'était ça leur priorité,
08:15et pas moi.
08:17Après ses études, Audrey trouve du travail dans l'audiovisuel. Au début de sa trentaine,
08:23elle fait une cure de désintoxication pour soigner son addiction à la cocaïne.
08:28Et à 35 ans, elle rencontre un homme dont elle tombe amoureuse. Quatre ans plus tard,
08:33en 2020, elle fait un enfant avec lui. Elle donne naissance à une petite fille, Mao.
08:39Je ne voulais pas du tout d'enfant, moi. Je ne voulais pas d'enfant pour plein de raisons,
08:43parce que je ne voulais pas faire subir ce que j'ai vécu à un enfant, parce que je n
08:48'étais
08:48pas sûre de pouvoir aimer. Tout ça, c'était très complexe. Quand j'ai eu ma fille, ça
08:54a ravivé énormément de questions. Je me suis retrouvée face à un abîme de questions
09:02sans réponses. Quelle enfance j'ai eue ? Est-ce que j'ai été aimée par ma mère ? Quelle
09:09mère j'avais ? Comment elle était avec moi ? Et puis, dans les moments où je suis seule
09:16avec ma fille, j'ai parfois des résurgences et je me dis, je ne sais pas, quand je regarde
09:22ma fille, par exemple, je me dis, est-ce que ma mère, elle me regardait de cette façon-là ?
09:25Est-ce qu'elle était émue comme moi, je suis émue par ma fille ? Il y a plein de,
09:31enfin,
09:32énormément de moments où je suis seule avec elle et où ça m'interroge sur moi, ce
09:37que j'ai vécu, en fait.
09:38Audrey a peur de laisser sa fille toute seule.
09:41Alors, moi, j'ai vraiment tout le temps peur de ma mort et je pense tout le temps, tout
09:47le temps au fait que je pourrais mourir, que mon mec pourrait mourir. Je suis hyper angoissée
09:51à l'idée que ma fille soit orpheline.
10:00Elle veut pouvoir répondre à sa fille qui lui pose des questions sur ses parents, en particulier
10:05sur sa mère. Elle décide donc de retrouver des personnes qui ont été proches de sa mère
10:10et d'interroger sa famille aussi. Elle enregistre chacune de ses discussions et dès la première
10:16conversation, elle apprend que sa mère n'avait jamais vraiment réussi à arrêter la drogue.
10:22Moi, je m'étais toujours dit qu'elle avait probablement eu des périodes avec et des périodes
10:27sans. Vrasemblablement, elle n'a eu que des périodes avec.
10:31Quand elle apprend ça, un souvenir lui revient en tête. Elle a déjà vu sa mère faire
10:35de grosses crises de manque, sûrement quand elle tentait d'arrêter pendant plusieurs
10:39jours.
10:40Elle était dans le salon, sur le fauteuil, avec plein de... je pense qu'elle avait mis,
10:45je sais pas, 3-4 robes de chambre sur elle. Elle grelottait, elle tremblait. Elle me disait
10:51que c'était le palud.
10:52Le paludisme est une maladie infectieuse qui cause des excès de fièvre.
10:57Pour moi, c'était le palud. Et puis voilà, c'est plus tard que j'ai réalisé que c'était
11:01une crise de manque.
11:02En enquêtant sur sa mère, une découverte blesse beaucoup Audrey. Sa mère prenait de
11:07l'héroïne en intraveineuse quand elle était enceinte d'elle.
11:10C'est étonnant parce qu'aujourd'hui, on vous dit d'arrêter de fumer, de boire.
11:15Moi, j'ai arrêté de fumer. J'ai pas bu une goutte d'alcool enceinte.
11:19Donc ouais, elle s'est piquée, mais elle devait être tellement...
11:21Enfin, je sais pas, je me dis qu'elle devait tellement souffrir et tellement être dans
11:25l'incapacité de pas le faire que... voilà.
11:29Mais je lui en... Non, je lui en veux pas.
11:31Je me dis que je vais bien aujourd'hui.
11:36Donc, je lui en veux pas.
11:37J'ai de la peine pour elle, mais je lui en veux pas.
11:43Au fil des entretiens, avec les anciens amis de sa mère, Audrey en apprend aussi davantage
11:49sur un long voyage que sa mère a fait au Laos, en Asie, quand elle était jeune.
11:54A l'époque, Audrey n'est pas encore née.
11:57Elle m'en avait beaucoup parlé de son voyage au Laos.
12:01Mais... Voilà, pour moi, c'était...
12:03Je sais pas, petite...
12:06Je l'imaginais avec un chapeau pointu dans les rizières.
12:11Ou dans la jungle, avec une machette.
12:15Bon, c'était pas tout à fait ça, vraisemblablement.
12:18A l'époque, il y avait quand même beaucoup de hippies qui voyageaient là-bas.
12:23Et une des raisons, c'était l'aventure.
12:25Mais c'était aussi l'accessibilité de la drogue.
12:30Donc voilà, comme beaucoup d'autres, elle a testé plein de trucs.
12:34Je sais pas si c'est là qu'elle a découvert l'héroïne.
12:37Ou un peu avant, probablement un peu avant.
12:39Mais en tout cas, c'est là que ça a été aussi facile de s'en procurer.
12:45Les proches de sa mère lui expliquent aussi qu'à sa demande,
12:48sa mère a pu bénéficier d'une euthanasie clandestine.
12:51Elle savait donc quand elle allait mourir.
12:54Et Audrey ne comprend pas pourquoi personne ne l'a prévenue.
12:57Elle aurait aimé pouvoir lui dire au revoir.
13:00J'ai le sentiment qu'on m'a un peu laissé de côté.
13:05Probablement pour me protéger.
13:06Parce que j'étais petite et que c'est hyper dur d'assister à la mort de sa mère.
13:14Mais c'est vrai que je regrette qu'elle ait pas eu envie.
13:20Je sais pas si c'est ça, mais émis le désir de au moins m'écrire un mot.
13:25Mais bon, j'ai des scènes de films en tête.
13:28Et en fait, la vie, c'est pas un film.
13:29Donc, elle a choisi de m'épargner ça.
13:37C'est pareil, je lui en veux pas.
13:39Je regrette, mais je lui en veux pas.
13:40Pendant presque trois mois, Audrey mène ses entretiens.
13:44Elle parvient à contacter de vieux amis de sa mère.
13:47Elle a de longues conversations avec plusieurs de ses tantes,
13:51les soeurs de sa mère.
13:52Et les enregistrements terminés,
13:54elle décide de proposer aux médias Arte Radio
13:57de raconter son histoire sous forme de podcast.
14:02Mes parents sont morts du sida au début des années 90.
14:08Ils avaient 39 ans tous les deux.
14:11D'abord mon père, puis ma mère.
14:14J'avais 12 ans.
14:17C'est surtout pour sa fille Mao qu'elle fait tout ça.
14:21En fait, elle me pose plein de questions, Mao.
14:23Elle arrête pas de me demander...
14:25Ta mère, elle est morte ?
14:26Ta mère, elle est morte ?
14:28Et donc pendant longtemps, j'éludais la question.
14:32Oh, un éléphant rose, oh regarde, une boulangerie.
14:36Et bon ben, là récemment, je me suis dit que je pouvais pas en permanence éluder la question.
14:43Et donc je lui ai dit, oui, elle est morte.
14:47Ça s'est arrêté là.
14:49Je m'étais fait tout un monde de ce truc.
14:52J'avais tellement peur de lui en parler.
14:54Et puis en fait, elle a reçu ça de façon très simple.
14:58Après, je sais pas clairement ce qu'elle se dit.
15:00Elle est petite, hein.
15:03Mais voilà.
15:04Et puis, elle me pose plein de questions maintenant.
15:10Pour Audrey, raconter son histoire lui provoque beaucoup d'émotions.
15:14Mais grâce à ses découvertes, elle se sent plus proche de sa mère.
15:19Je suis passée par plein de phases.
15:21Je pense qu'il y a eu des moments où, oui, je l'ai jugé.
15:25Mais surtout sur le fait d'avoir un enfant dans ses conditions.
15:28Et de me dire qu'en fait, c'était un peu inconséquent, en fait, de choisir d'avoir un enfant.
15:33Et en même temps, voilà, maintenant je suis là.
15:35Et je peux pas regretter les choix qu'elle a fait.
15:39Parce que sinon, je serais pas là.
15:42Et je lui en ai voulu de mourir aussi.
15:45D'attraper cette putain de maladie de merde.
15:48Je lui en ai voulu de pas arrêter la drogue pour sa fille.
15:53Mais aujourd'hui, toute cette histoire-là, c'est constitutif de ce que je suis maintenant.
15:57Et je m'en suis plutôt pas trop mal sortie, je crois.
16:00Donc, oui, c'est mon héroïne.
16:15Mon héroïne, c'est le titre du podcast qu'a signé Audrey Bissonnier-Chazal.
16:19Barbara, pourquoi elle a fait le choix de témoigner, de raconter son histoire dans un podcast et aussi dans notre
16:25podcast, dans Code Source ?
16:26En fait, cette idée est partie du fait qu'elle voudrait que Mao, sa fille, n'ait pas à subir
16:31les traumatismes qu'elle a vécu.
16:32Tout comme Audrey a certainement subi les traumatismes de sa mère.
16:36Et ce qu'elle veut vraiment, c'est briser cette sorte de chaîne de transmission de traumatismes familiaux.
16:41Elle espère y arriver en faisant elle-même un travail pour se sentir plus en paix avec ses parents.
16:47Par contre, si elle a choisi de rendre publique son histoire, c'est plutôt parce qu'en faisant son enquête,
16:52elle s'est rendue compte que sa mère avait eu mille vies et elle voulait vraiment lui rendre hommage en
16:58racontant son parcours.
16:59Barbara, pour être claire, même si on vient d'écouter ensemble le témoignage d'Audrey, tu nous conseilles d'aller
17:03aussi écouter son podcast.
17:05Oui, en fait, elle nous emmène vraiment dans son récit très personnel.
17:08Il reste encore plein d'éléments à découvrir dans son histoire et on entend aussi directement des membres de sa
17:15famille et des amis de sa mère qui parlent d'elle.
17:17Donc, on sent l'univers dans lequel elle a évolué et surtout, on suit les différentes émotions d'Audrey pendant
17:23les entretiens.
17:25En fait, elle nous prend par la main et elle nous emmène dans son enquête.
17:28Audrey Bissonnier-Chazal parle beaucoup de sa mère, assez peu de son père. Tu sais pourquoi ?
17:33Elle m'a dit qu'elle avait vraiment ce besoin d'explorer la vie de sa mère parce que quand
17:37elle est devenue maman,
17:38c'est à elle qu'elle a beaucoup pensé. Mais c'est vrai qu'elle trouve aujourd'hui que son
17:42père est peut-être un peu trop infigurant dans son podcast.
17:45Donc, il n'est pas impossible que plus tard, elle fasse de nouvelles recherches pour en savoir plus sur son
17:50père.
17:51Merci Barbara Gouy et le podcast d'Audrey Bissonnier-Chazal est disponible sur toutes les plateformes.
17:57Il est donc intitulé Mon Héroïne.
17:59Cet épisode de Code Source a été produit par Clara Garnier-Amourou, Anaïs Godard et Thibaut Lambert, réalisé par Pierre
18:06Chaffanjon.
18:06Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien, un nouvel épisode chaque soir de la semaine du lundi
18:12au vendredi.
18:13Et le samedi, nous publions Crime Story, le second podcast du Parisien consacré aux affaires criminelles.
18:19Crime Story présenté par Claudia Prolongeau et Damien Delsenis.
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