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Les réseaux ont changé ma vie (2/5)
Son compte Instagram, baptisé «DouzeFévrier», lui a permis de parler librement de ses complexes liés à ses cicatrices. Aujourd’hui Julie Bourges prône l’acceptation de soi à travers ses activités d’influenceuse. Témoignage.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Thibault Lambert et Lolla Sauty - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : TiboInShape, DouzeFévrier.

#douzefevrier #juliebourges

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Après la télé a changé ma vie l'été dernier, Codesource vous propose pendant ses vacances estivales une autre série,
00:18Comment les réseaux ont changé ma vie.
00:21Aujourd'hui, le témoignage de Julie Bourge, 25 ans, grande brûlée à 16 ans en 2013 suite à un accident,
00:27le fait de publier des photos d'elle sur Instagram et d'échanger avec sa communauté l'a aidée à
00:34se reconstruire.
00:35Elle raconte au micro d'Ambre Rosala.
00:46Julie Bourge habite à Biarritz, dans les Pyrénées-Atlantiques.
00:49Elle profite d'un rendez-vous à Paris avec une marque pour son travail d'influenceuse pour qu'on se
00:54rencontre.
00:54Elle a 25 ans et elle a de grands yeux bleus et une longue chevelure blonde qui lui arrive jusqu
01:00'en bas du dos.
01:01Julie Bourge est née le 22 novembre 1996 à Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes.
01:07Son père est cadre commercial pour une grosse société et sa mère est conseillère financière.
01:13Elle a un grand frère et un autre petit frère et petite, c'est une enfant très sportive.
01:19J'ai toujours été très multi-sport depuis l'enfance.
01:21J'ai commencé, je crois, par le baby gym, je devais avoir 2-3 ans.
01:25Après, j'ai fait de la danse, du judo, du plongeon et puis après gymnastique artistique.
01:30Je m'entraînais genre 12 heures par semaine.
01:32Quand j'étais ado, c'était vraiment ma passion numéro 1 et je ne me voyais pas autrement que dans
01:37la gymnastique.
01:38Je pars du lycée, je vais m'entraîner.
01:40Je n'ai aucun jour pour moi.
01:41Toutes les soirées avec mes copines, je ne les ai pas parce que je m'entraîne même le samedi.
01:44Je partais en week-end pour faire des compétitions, tout était consacré à la gymnastique.
01:53Enfant et jeune adolescente, Julie est très complexée par son physique.
01:57Mais en grandissant, elle apprend à s'apprécier.
02:00Au collège, j'ai beaucoup souffert de mon retard de croissance par rapport à mes copines.
02:03J'étais très complexée au collège, j'avais les dents en avant, j'ai eu plusieurs appareils.
02:07J'ai fait 6 ou 7 ans d'orthodontie et j'ai un peu ramassé au niveau des dents.
02:10Et en fait, le lycée, ça a vraiment été mon renouveau, où je me suis redécouvert.
02:15J'ai commencé justement à être formée, à avoir un peu de poitrine, à avoir un joli sourire, à avoir
02:20une jolie peau, à être formée.
02:22J'étais celle qui rentrait dans les standards de beauté.
02:26Le 12 février 2013, quand elle a 16 ans, un carnaval est organisé dans son lycée pour Mardi Gras.
02:32Elle se rend alors en cours, déguisée de la tête aux pieds.
02:36On a fait un costume de mouton avec ma meilleure amie.
02:39On a collé du coton sur du jean, sur des t-shirts, sur un bonnet.
02:44Donc on est en mode full coton de partout.
02:46Et la journée se passe tout à fait normalement.
02:48Il y avait un concours genre de costume au lycée.
02:51Donc nous, on avait tout donné pour gagner.
02:53On avait un poète qui faisait le berger.
02:54On était les favorites du jury.
02:56Quand la journée du lycée s'est terminée, on est rentré en bus.
02:58Et je me suis arrêtée à mon arrêt de bus.
03:00Et c'est là que j'ai fumé une dernière cigarette avant de remonter chez moi à pied.
03:06Pendant que Julie fume cette dernière cigarette, Descendre tombe sur son costume en coton.
03:12Mon costume prend feu sur moi.
03:14Et à ce moment-là, j'étais avec ma meilleure amie d'enfance.
03:17Donc qui n'avait pas le même costume que moi, je précise.
03:19Et c'est elle qui a réalisé que j'étais en train de prendre feu.
03:22Je me rappelle avoir baissé les yeux et avoir vu ma jambe en feu.
03:26Elle a essayé de me porter secours.
03:28Moi, j'ai essayé de courir pour fuir les flammes.
03:31Donc c'était un mauvais réflexe parce que ça attisait les flammes.
03:34La brûlure, c'est très spécial parce qu'en fait, à partir du moment où elle est profonde,
03:38on perd de la douleur parce que les nerfs sont touchés.
03:42Et il y a un moment où je ne ressentais plus de douleur.
03:44Je me dis que c'est bizarre parce que tu es en train de prendre feu.
03:47Et en fait, tu n'as pas tant mal que ça.
03:49Et je réalise un peu la gravité et la douleur de ce qui m'arrive au moment où les flammes
03:53montent à ma gorge.
03:54Parce que ma gorge, elle est à nu et avec l'inhalation de la fumée, plus la chaleur des flammes.
04:00Là, je comprends que c'est vraiment en train de se passer et qu'il faut rester en vie.
04:07Une voisine qui a entendu ses cris vient à son secours et arrose son costume en feu.
04:13Les parents de Julie, puis les pompiers, arrivent rapidement.
04:17Ils l'emmènent à l'hôpital en urgence où elle est plongée dans un coma artificiel.
04:21Le personnel médical lui fait plusieurs grèves de peau et son pronostic vital reste engagé pendant longtemps.
04:28Puis en mai 2013, trois mois après son accident, Julie se réveille.
04:33J'ai une trachéo, donc j'ai un trou dans la gorge, j'ai un tuyau dans le nez, je
04:36suis sondée de partout.
04:38Je suis pleine de médicaments qui me font vaciller, qui essaient de me faire tenir.
04:42Dans le temps qui passe, la douleur la plus terrible, c'est cette sensation de chaleur encore qui perdure.
04:48Et l'envie irrésistible de se gratter parce que la cicatrisation sur 40% du corps, c'est terrible.
04:53Il faut serrer les dents et s'accrocher.
04:56Rapidement, Julie, qui doit rester alitée, demande à voir son reflet dans le miroir.
05:02J'avais vraiment besoin de comprendre pourquoi ma famille me regardait comme ça.
05:07Je ne comprenais pas, je ne m'étais pas encore vue dans un miroir.
05:10Ma mère m'avait prévenue, elle m'avait dit « tu verras, ils t'ont coupé les cheveux très courts
05:13».
05:13Alors moi, naïvement, 16 ans, je pensais qu'on m'avait fait un carré pour que ça soit plus facile
05:16parce que j'avais les cheveux très très longs jusqu'en bas du dos.
05:20Et non, en fait, quand je me suis vue dans le miroir, oui, j'ai vu que je n'avais
05:22plus de cheveux,
05:23que j'étais chauve, qu'on m'avait rasé la tête, que j'avais perdu 15 kilos,
05:27que mon point de forme déjà, c'était 48 kilos.
05:29Une gymnaste toute menue, j'étais passée genre à 32.
05:33Je ne me reconnaissais pas du tout dans le miroir et c'est là que j'ai réalisé la gravité
05:37de ce qui m'était arrivé.
05:39Julie a perdu 14 kilos et entame une longue période de rééducation pour réapprendre à marcher et à être autonome.
05:47À ce moment-là, j'ai une trachéo donc je ne peux pas parler.
05:50Ma voix, elle a changé aussi parce qu'à cause de la trachéo, il y a les cordes vocales qui
05:54sont très très proches.
05:54Donc j'ai une voix qui est beaucoup plus grave que ce que je n'avais avant.
05:57Il faut réapprendre à boire, il faut réapprendre à manger.
05:59Et je suis incapable à ce moment-là de tenir une fourchette pour l'amener jusqu'à ma bouche.
06:03En fait, j'ai zéro muscle, tous mes muscles ont fondu.
06:06Je suis au plus bas du plus bas de ce que je peux être, je pense.
06:09J'ai 16 ans, j'étais autonome et là, je redeviens un enfant.
06:13Je suis incapable de serrer une balle dans mes mains ou de lever un bras ou de mettre un pied
06:17devant l'autre.
06:18Donc ouais, c'est radical.
06:26Malgré la rééducation, qui l'aide progressivement à reprendre de la force,
06:30le médecin de Julie la prévient qu'elle ne pourra pas reprendre la gym avant au moins trois ans.
06:35Mais Julie décide, dans sa chambre d'hôpital, de reprendre le sport petit à petit en faisant quelques mouvements de
06:42gymnastique.
06:43Il m'avait donné 2016 pour reprendre la gym.
06:47Et là, en fait, ça a piqué mon égo.
06:49Ça a piqué mon égo de compétitrice.
06:52Je me suis dit, mais jamais de la vie, je reste trois ans sans gym.
06:54À ce moment-là, c'est toute ma vie.
06:56Je me dis, non, mais c'est bon, je ne vais pas passer trois ans sans faire de gymnastique.
06:59C'est impossible.
07:00Mon corps, il m'a épaté.
07:02En fait, pour moi, c'était très très long.
07:03Mais il y a aussi des fois où je ne savais toujours pas marcher.
07:07Et j'arrivais à me mettre debout en arbre droit contre ma chambre d'hôpital.
07:10Ça avait le don de rendre complètement fou le personnel hospitalier.
07:14Mais j'avais ce besoin-là de rebouger.
07:17Et je pense que mon corps, il n'était pas du tout pour la sédentarité, de rester allongé.
07:21C'est bon, ça, on l'avait fait.
07:22Et maintenant, il allait falloir réactiver un petit peu.
07:24Cinq mois après son accident, Julie peut sortir de l'hôpital en juillet 2013.
07:30Elle rentre chez elle et reprend le lycée et la gymnastique dès la rentrée de septembre.
07:35Mais elle a du mal à montrer ses cicatrices, qui lui recouvrent l'intégralité du cou, des bras et des
07:41jambes.
07:41À ce moment-là, il n'y a plus de shorts, il n'y a plus de robes, il n
07:45'y a plus de t-shirts.
07:46Il n'y a que des manches longues, des écharpes, des jeans.
07:49Et ça, quelle que soit la chose que je fais.
07:52Donc ça veut dire que je sors en soirée, j'ai un col roulé.
07:54Mais je sors quand même en soirée, donc c'est bien.
07:55Mais j'ai un col roulé.
07:57Ou un manche longue décolleté, mais avec une écharpe.
08:00Je m'entraîne à la gym, j'ai une écharpe.
08:02Pour moi, à ce moment-là, c'était juste hors de question de montrer mes cicatrices.
08:05Parce que je prenais trop de regards, trop de jugements dans la rue.
08:07Et c'était trop dur pour moi.
08:09J'ai été confrontée à beaucoup de regards qui, à ce moment-là, m'ont fait vraiment prendre conscience de
08:14ma différence.
08:16Je voyais à l'hôpital, mais j'étais quand même dans un cocon.
08:19Et je ne l'avais pas réalisé jusqu'à ce que je sorte dans la rue.
08:27La sortie de l'hôpital est très difficile à vivre pour Julie.
08:30Et alors qu'elle n'a pas encore 17 ans, elle tombe en dépression.
08:34À ce moment-là, moi, j'ai peur pour ma vie.
08:36Je me dis, je ne vais jamais pouvoir aller en école de commerce.
08:40Je ne vais jamais pouvoir bosser, si j'ai envie, bosser pour une marque de luxe.
08:44Jamais de la vie, parce qu'ils ne voudront jamais d'une grande brûlée.
08:47Je ne vais jamais retrouver l'amour.
08:48Personne ne voudra d'une fille comme moi.
08:51Là, on m'a tout enlevé.
08:52Plus rien n'a de sens.
08:53C'est tout ce qui pouvait te faire sourire avant, tout ce dans quoi tu pouvais t'accomplir.
09:01Tout est nul, tout est fade, tout est sombre, tout est noir.
09:05J'avais vraiment l'impression d'être sur le quai d'une gare, de voir le train,
09:11de voir tout le monde monter dedans et de ne pas réussir à monter dedans.
09:14Et la vie, elle file comme ça et tu la vois passer, tu te dis, là, il va falloir que
09:22je trouve une solution.
09:23Et en fait, je ne peux pas dire que je me suis sortie de la dépression sans médicament,
09:27parce que ça serait mentir, donc j'ai été accompagnée pour sortir de la dépression.
09:30Et après, il y a eu une volonté de m'en sortir, plus personnelle,
09:34parce que j'avais déjà survécu à cet accident.
09:37J'avais déjà survécu au coma.
09:39Et en fait, la dépression, c'était l'après, mais je ne voulais pas que ça m'anérantisse non plus.
09:48Peu à peu, Julie va mieux et elle reprend autant que possible sa vie de jeune femme.
09:53Le 13 novembre 2015, deux ans et demi après son accident,
09:58Julie, qui a déjà un compte Instagram, décide d'en ouvrir un deuxième
10:01pour parler de sa nouvelle vie de grande brûlée.
10:04Ce deuxième compte Instagram, en fait, il arrive à un moment de ma vie
10:09où j'en ai marre de ses regards.
10:11Je ne comprends pas pourquoi les gens me regardent comme ça.
10:13J'ai l'impression d'être la seule grande brûlée de France.
10:16Je trouve de réconfort auprès de personnes concernant la différence,
10:20parce qu'on est quand même dans une ère où on est encore dans l'ère photoshopée,
10:24loin de l'acceptation, etc.
10:26Du coup, je me dis, il va falloir que tu en parles.
10:28Il va falloir que tu en parles et ça sera peut-être le moyen de vider ton sac,
10:32parce qu'en fait, je ne me confie pas à mes parents, je les protège.
10:35Je ne me confie pas à mes frères, je les protège aussi.
10:37Je ne me confie pas à mes meilleurs amis, j'essaie de les protéger au maximum.
10:41Et d'être la Julie que j'ai toujours été, donc très souriante et très solaire.
10:44Mais je me dis, ouvrir un compte Instagram d'une manière anonyme vis-à-vis de ma famille,
10:50mais publique, envers tous ceux qui voulaient tomber dessus,
10:53je me suis dit que c'était peut-être une bonne idée.
10:55Donc ce compte, je l'ai appelé 12 février, comme la date de mon accident.
11:02C'est un peu comme redonner un nouveau départ à la date,
11:05essayer de lui donner un nouveau sens.
11:07Et le premier truc, c'est de dire, je ne vais pas mettre Julie Bourges,
11:10je vais mettre 12 février et au moins, il n'y a personne qui tombera sur moi.
11:15Ma première photo Instagram, c'est une photo où je suis dans le couloir de l'hôpital
11:19et c'est les premiers pas que j'ai fait toute seule, sans barre asymétrique,
11:24tout le long du couloir de l'hôpital.
11:26Ma mère, elle m'attendait à l'autre bout du couloir, elle a pris une photo pour immortaliser l'instant.
11:30Et c'est celle-là, ma première photo Instagram.
11:32Et je raconte mon histoire dessous.
11:35Julie gagne plusieurs centaines d'abonnés assez rapidement.
11:38Et tous les jours, elle poste une photo où elle montre ses cicatrices
11:42et où elle raconte comment elle se reconstruit peu à peu après son accident.
11:46Je ne commence pas d'abord à parler du regard des gens,
11:48je commence à montrer qu'on peut faire du sport après un accident.
11:52Et c'est un peu plus tard, quand j'ai un peu plus confiance en ma communauté,
11:56que là je commence à rentrer dans les détails du coma, du regard des gens,
12:00et que je commence un peu à lever le tabou au fiat sur beaucoup, beaucoup de choses.
12:08Julie reçoit de plus en plus de messages de soutien.
12:11Elle passe beaucoup de temps à poster des photos et à discuter avec ses abonnés,
12:15et elle y prend beaucoup de plaisir.
12:17Mais elle ne veut pas parler de ce compte Instagram à sa famille et à ses amis.
12:22Je l'ai gardé pour moi, puisque je parlais quand même de choses assez personnelles,
12:26et je me confiais mine de rien dans mon sport, dans le fait d'aller plus loin.
12:30Je ne sais pas, je le voyais vraiment comme un journal intime,
12:33et du coup j'avais du mal à l'ouvrir aux gens que j'aime.
12:37Et en février, j'ai un grand YouTuber qui s'appelle Thibault InShape,
12:42qui est spécialisé dans le sport,
12:43qui me contacte parce qu'il veut raconter mon histoire.
12:45Le hic, c'est que Thibault à ce moment-là, il a des millions d'abonnés sur YouTube,
12:49donc c'est un des plus grands à ce moment-là.
12:51Et moi je me dis, là en fait c'est mort.
12:53S'il parle de mon histoire, ma famille elle va forcément tomber dessus.
12:57Du coup c'est à ce moment-là que j'ai dit à ma famille que j'avais un compte
13:00Instagram.
13:01Mes parents ont eu un peu peur, c'est le réflexe de base,
13:04tu racontes ta vie à des inconnus, fais attention, etc.
13:08Et puis c'est quand ils ont vu juste que ça me libérait,
13:11là ils m'ont dit, bah vas-y, fais-le.
13:14Julie accepte que Thibault InShape raconte son histoire,
13:17et le YouTuber publie cette vidéo le 29 février 2016.
13:21Nous sommes le 12 février 2013.
13:23Agée de 16 ans, tu es petite qui aime faire du piano, de la gym,
13:26et tout simplement...
13:28Après cette vidéo, de plus en plus de personnes se mettent à suivre Julie sur Instagram.
13:32En une seule fraction de seconde, cette journée pourtant si magnifique va se transformer en cauchemar.
13:38En 2016, quelques mois après l'ouverture de son compte,
13:41elle atteint presque 10 000 abonnés et reçoit de nombreux messages tous les jours.
13:45Ça prend très vite, ça résonne, et en fait je me rends compte que mon histoire,
13:48au-delà des cicatrices et des brûlures, en fait elle résonne chez tout le monde.
13:53Elle résonne autant chez des femmes qui sont amputées, que des hommes qui sont tétra,
13:57que des femmes qui ont des vergetures, des cicatrices, de la cellulite.
14:01Et là je me dis, waouh, ça donne un sens un petit peu à ce qui m'est arrivé.
14:05Moi au début, je ne comprends pas trop pourquoi ça m'est arrivé,
14:07j'ai toujours ce pourquoi moi,
14:08et le fait de pouvoir aider d'autres personnes,
14:10et qu'on me dise, bah merci de partager ton histoire,
14:12je me dis, ok, peut-être que j'ai eu cet accident pour aider les autres,
14:16et peut-être que ce n'est pas arrivé pour rien.
14:20En 2018, à 21 ans,
14:23Julie fait de son activité sur Instagram son métier,
14:25et devient influenceuse.
14:27Et elle lance aussi sa chaîne YouTube en février 2019, un an plus tard.
14:32Salut, bienvenue sur ma chaîne YouTube.
14:35Depuis le temps que j'ai envie de dire ça,
14:38depuis le temps que j'ai envie de faire ça,
14:40ça y est, on y est, enfin.
14:42Aujourd'hui, Julie cumule plus de 600 000 abonnés sur Instagram,
14:47avec qui elle continue de partager son quotidien de grande brûlée.
14:50Et elle n'a plus peur du regard des gens,
14:52quand elle sort dans la rue, les cicatrices apparentes.
14:56Instagram a vraiment changé mon rapport au corps,
14:58mes cicatrices,
15:00bah moi je les vois quasiment plus.
15:02Pour moi c'est des tatouages,
15:04et vraiment, là, à 100%,
15:06si demain il existe une technique laser pour enlever les cicatrices,
15:10jamais de la vie.
15:11Les cicatrices, là-dedans, c'est aussi une manière de m'en rappeler.
15:13Pour moi, le 12 février, c'est comme une deuxième bête de naissance.
15:16Enfin, c'est un peu la nouvelle Julie
15:19qui s'est trouvée dans ses plus profonds retranchements,
15:22et qui est là aujourd'hui pour transmettre.
15:24Et dans mes moments de down,
15:26où je suis tout en bas,
15:27où je doute de moi,
15:28parce que, bah oui, ça arrive à tout le monde,
15:29et à moi aussi,
15:30bah je regarde d'où je viens.
15:31Et moi, ce qui est cool,
15:32c'est que pour regarder d'où je viens,
15:33bah j'ai juste à me regarder,
15:35et c'est écrit sur moi, quoi.
15:58Ambre, est-ce que Julie Bourge accepte complètement son image aujourd'hui ?
16:02Oui, comme elle l'a dit dans le sujet,
16:04aujourd'hui, elle a complètement accepté ses cicatrices,
16:07elles font partie d'elle.
16:08Après, elle m'a aussi confié qu'encore aujourd'hui,
16:10elle a toujours une petite appréhension
16:13quand l'été arrive, par exemple,
16:15parce qu'elle sait qu'il va y avoir des regards dans la rue,
16:17et ça reste toujours désagréable pour elle.
16:20Donc voilà, c'est quelque chose à laquelle elle pense toujours aujourd'hui,
16:23même neuf ans après son accident.
16:24Mais en tout cas, elle s'assume complètement.
16:27Et comment elle gagne sa vie ?
16:28Alors, elle vit de son activité sur Instagram.
16:31Elle a des partenariats avec plusieurs marques,
16:33notamment des marques de vêtements de sport,
16:35puisque c'est sa passion et que ça a aussi fait partie de sa reconstruction.
16:39Et elle publie aussi, assez régulièrement, plusieurs fois par mois,
16:43des vidéos sur YouTube,
16:45des vidéos qui parlent de son accident,
16:47d'acceptation de soi,
16:48mais aussi parfois des vidéos avec du contenu un peu plus léger,
16:52du contenu un peu plus de divertissement,
16:54avec d'autres YouTubers.
16:58Merci, Ambre Rosala.
17:00Cet épisode de Codesource a été produit par Raphaël Puyot et Thibault Lambert.
17:04Réalisation, Pierre Chafanjon.
17:06Codesource est le podcast d'actualité du Parisien.
17:09Pour ne rater aucun épisode,
17:11n'oubliez pas de vous abonner sur votre application audio préférée.
17:14Au nom de l'équipe de Codesource,
17:16je vous souhaite un très bel été.
17:18Sous-titrage Société Radio-Canada
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