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De ses 6 à ses 13 ans, elle a été abusée à plusieurs reprises par son grand frère Sébastien. Lors de son long processus de reconstruction, elle a eu recours à une démarche mise en place en France en 2014, la justice restaurative.
Christelle Villéger raconte son histoire au micro d’Emma Jacob.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Emma Jacob, Raphaël Pueyo et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.

#justice #crime #témoignage

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Connaissez-vous la justice restaurative ? Un film sorti au printemps, Je verrai toujours vos visages,
00:17de Jeanne Hery, a mis en lumière ce dispositif qui propose de mettre en contact des victimes
00:23avec des auteurs d'infractions, de délits ou de crimes pour qu'ils se parlent.
00:27L'objectif est d'aider les victimes à se reconstruire et les auteurs à prendre conscience des conséquences de leurs
00:33actes.
00:34Chez Codesources, ce film nous a donné envie de parler de la justice restaurative, également appelée justice réparatrice.
00:41Christelle Villéger, une femme de 36 ans, qui a été victime de viol quand elle était enfant de la part
00:47de son frère
00:47et qui a eu recours à cette démarche, témoigne aujourd'hui dans Codesources au micro d'Emma Jacob.
00:58Je rencontre Christelle Villéger chez elle, à Loche, une commune de 6000 habitants située à 60 km au sud de
01:05Tours.
01:06Elle habite une maison avec un jardin, où elle vit avec son compagnon et ses deux filles de 10 et
01:117 ans.
01:12Christelle est née le 2 septembre 1986 à Poitiers.
01:15Son père est employé dans une entreprise d'élagage et sa mère travaille comme agricultrice dans la ferme familiale.
01:21Enfant, Christelle est assez discrète.
01:26Je suis une petite fille assez renfermée, plutôt triste.
01:31J'aime beaucoup l'école, c'est un moyen de m'évader de la ferme.
01:36J'ai des bons résultats et ma scolarité se passe bien.
01:41Christelle grandit avec son frère Sébastien, qui a deux ans de plus qu'elle.
01:44Comme leurs parents passent beaucoup de temps à la ferme, ils sont souvent livrés à eux-mêmes.
01:48Nous étions beaucoup tous les deux.
01:50On profite du moment où nos parents sont partis donner à manger aux animaux, pour jouer en cachette.
01:59Nous sommes sans surveillance, et mon frère commence à avoir des comportements ambigus.
02:05Mes souvenirs sont vagues.
02:08J'ai seulement des images.
02:09Des images que j'ai enfouies pendant longtemps.
02:14Mais des images de fellations me reviennent régulièrement.
02:20À partir de six ans et demi, le calvaire a commencé.
02:25La journée, Sébastien joue avec sa sœur comme si de rien n'était.
02:28Mais régulièrement, tôt le matin, il lui impose des fellations.
02:33Les actes se passent toujours le matin, quand nos parents sont absents.
02:38Pas tous les jours, heureusement, mais malheureusement, assez régulièrement, soit dans sa chambre, soit dans ma chambre.
02:45Plus je grandis, plus je m'aperçois que ce n'est pas normal.
02:49Je me cache souvent dans le placard.
02:52Mais il me tire.
02:54Me fait mal.
02:56Me force à me déshabiller.
02:59Je pleure souvent.
03:01Je dis souvent non.
03:03Mais il ne me laisse pas le choix.
03:05Je ne suis jamais en sécurité à la maison, sauf quand mes parents sont là, ce qui est malheureusement assez
03:11rare.
03:12Les viols continuent régulièrement pendant six ans.
03:15Et Christelle n'en parle à personne.
03:17Un dimanche, en 1999, les parents de Christelle et Sébastien sont absents.
03:22Ils ont alors 13 et 15 ans et jouent au Monopoly dans le garage de la ferme.
03:27On rigolait.
03:28On ne se disputait pas.
03:30Et à un moment, il me dit de me lever.
03:33Il me force à me déshabiller.
03:36Il me fait allonger par terre sur le ciment.
03:40Le vent contre le sol.
03:42Et il se met sur moi.
03:44Je me débat.
03:45J'ai les bras et les genoux tout griffés par le ciment.
03:50Il tente une pénétration.
03:52Il n'y arrive pas, donc il s'arrête.
03:54Vite, vite, vite, je me rhabille.
03:57J'ai l'impression d'avoir fait une bêtise.
04:00Et comme souvent, il me dit qu'il ne faut pas le dire, je sais que c'est une bêtise.
04:06Donc à 13 ans, je me sens responsable de ce qui se passe.
04:14Sébastien a peur que Christelle soit tombée enceinte.
04:16Et à partir de ce jour-là, les viols s'arrêtent.
04:20Depuis qu'elle a six ans, Christelle souffre de douleurs inexpliquées aux jambes, puis au dos,
04:24qui s'aggravent d'année en année.
04:26Quand elle a 18 ans, elle doit abandonner ses études de psychologie parce que les douleurs deviennent trop difficiles à
04:32supporter
04:32et retourne vivre chez ses parents.
04:34Son frère Sébastien a lui trouvé un travail de maçon à une heure du domicile familial et ne vit plus
04:40avec eux.
04:40Ça fait plusieurs mois que je suis à la maison.
04:44Ma mère s'occupait de moi, donc j'avais confiance en elle.
04:47Je pense pouvoir me confier.
04:49Donc j'en profite pour lui dire ce que Sébastien m'a fait.
04:53Et je lui dis,
04:54« Tu sais que Sébastien m'a fait beaucoup de mal.
04:57Il m'a fait des choses qu'il n'avait pas le droit de faire.
05:00Et sans chercher plus de détails,
05:03elle me répond, je m'en doutais.
05:06Et elle coupe la conversation.
05:07Comme si ça ne devait jamais exister, comme si ce n'était pas important.
05:10Donc pour moi, ça ne devient pas important.
05:13Après cette conversation avec sa mère,
05:15Christelle hésite à porter plainte contre son frère.
05:17Quand j'ai 18 ans, je pense à porter plainte.
05:21Mais je ne le fais pas puisque c'est un cadre familial.
05:25Peur de briser la famille,
05:28peur des réflexions,
05:30peur de ce qui va lui arriver
05:31et peur des conséquences.
05:36Si jamais il va en prison,
05:38on va me le reprocher.
05:40Donc je décide de ne pas porter plainte.
05:44Christelle reprend des études de comptabilité
05:46et rencontre son compagnon.
05:48À ce moment-là,
05:49elle voit beaucoup moins son frère,
05:50mais elle n'a pas coupé les ponts.
05:52Un soir de juin 2011,
05:54alors qu'elle discute par message avec lui,
05:56il évoque pour la première fois
05:58les agressions qu'il lui a fait subir.
06:00Sur ces messages,
06:01mon frère se plaint de notre famille.
06:04Dans les messages où il se plaignait,
06:07il m'a dit
06:09« Et avec ce que je t'ai fait à toi,
06:11toi non plus,
06:11tu voudrais plus me voir. »
06:14Moi, je rebondis dessus en lui disant
06:16« Ah, tu te souviens de ce que tu m'as fait ? »
06:18Et il m'a répondu
06:19« Oui, bien sûr que je me souviens
06:20et je m'excuse. »
06:22C'est la première fois qu'il le verbalise
06:23et je ressens un grand soulagement.
06:26Une grande part de culpabilité diminue.
06:30Je ne dirais pas qu'elle disparaît,
06:32elle diminue.
06:33Le fait qu'il m'en parle,
06:36c'est un peu comme si le secret était levé.
06:40Christelle continue de voir son frère,
06:43notamment lors des réunions de famille.
06:44Mais il ne reparle plus des agressions
06:46que Sébastien lui a fait subir.
06:49En octobre 2012,
06:51Christelle et son compagnon
06:52ont une première fille, Mathilde,
06:54puis une deuxième, Héloïse,
06:56en février 2016.
06:57Un jour, Christelle se rend
06:59chez une gynécologue
07:00pour vérifier la pose de son stérilet.
07:02Et elle lui parle de ses douleurs
07:04aux jambes et au dos.
07:05« Elle me demande mes antécédents médicaux.
07:07Quand je lui fais la liste,
07:10elle me regarde avec des grands yeux
07:12et me dit
07:13« Est-ce que vous avez été victime
07:15d'une agression sexuelle ? »
07:16Donc là, très surprise.
07:18Je ne savais pas quoi répondre.
07:20Je laisse passer 3-4 secondes
07:22et je lui dis « Oui ».
07:25Cette médecin suggère à Christelle
07:27que toutes ces douleurs
07:28sont liées à l'inceste qu'elle a subi
07:29et que ce sont des symptômes
07:31qui peuvent arriver
07:31après un traumatisme.
07:33Et elle m'a proposé,
07:35étant présidente de l'association
07:36Dire et guérir des agressions sexuelles,
07:38de commencer des groupes de parole
07:41au sein de l'association.
07:43Dès le mois de juin 2018,
07:44je commence les groupes de parole.
07:47Et enfin, on m'écoute.
07:50On me pose des questions.
07:52Je parle avec d'autres victimes
07:54qui ont déjà commencé leur travail,
07:56donc qui commencent à aller mieux.
07:58Donc je me dis que
08:01c'est possible d'aller mieux.
08:03C'est possible de sortir de la dépression.
08:06C'est possible d'avoir une vie
08:07plus ou moins normale, en fait.
08:13Christelle participe aussi
08:14à plusieurs activités thérapeutiques
08:16pour l'aider à se reconstruire,
08:17comme la cuisine, le tai-chi,
08:19le théâtre ou encore l'escrime.
08:21Le 19 septembre 2020,
08:23pendant une assemblée générale
08:24de dire et guérir,
08:26deux membres de l'ARCA,
08:27l'association de recherche
08:28en criminologie appliquée,
08:30viennent présenter un programme
08:31de justice restaurative.
08:32Le dispositif doit permettre
08:34à la victime,
08:35aidée par des accompagnateurs,
08:37de rencontrer son agresseur
08:38et de dialoguer avec lui.
08:40Avant cette assemblée générale,
08:42je n'avais jamais entendu parler
08:43de la justice restaurative.
08:46Moi, arrivant au terme
08:47de ma reconstruction
08:48avec l'IRÉ guérir,
08:50je me suis dit que
08:51ça pouvait clôturer ma réparation.
08:55Sachant que je ne veux pas
08:57porter plainte
08:58pour éviter les problèmes de famille,
09:02je me suis dit que c'était
09:03peut-être une bonne chose
09:04de faire ça.
09:05Quelques mois plus tard,
09:07l'ARCA lui annonce
09:08qu'elle a été retenue
09:08pour le programme.
09:10Christelle doit alors
09:11contacter son frère Sébastien
09:12pour savoir si lui aussi
09:14accepte de participer
09:15à la démarche.
09:16Je lui ai écrit une lettre
09:18pour lui expliquer
09:20ce qu'était la justice restaurative,
09:22pour lui expliquer
09:23tout le chemin
09:24que moi j'avais parcouru
09:25avec l'association
09:26d'IRÉ guérir.
09:28Quelques jours après,
09:29il m'appelle
09:30et tout de suite
09:31il me dit
09:32qu'il veut faire
09:33la démarche
09:33de justice restaurative
09:35avec moi.
09:36Donc là,
09:36je suis très surprise,
09:38je ne m'y attends pas du tout.
09:41Je lui demande
09:41pourquoi il accepte.
09:43Tout de suite,
09:44il me dit
09:44qu'il veut retrouver
09:45une relation frère-sœur
09:47et je lui demande
09:50de quoi il se rappelle
09:52de quand on était enfant.
09:54Il me dit
09:55qu'il ne se rappelle pas
09:56des fellations
09:56et qu'il se rappelle
09:58juste de l'étape du garage.
10:00Donc je lui explique
10:01que même en tant qu'auteur,
10:03on peut occulter
10:03ce qu'on a fait
10:05et que le chemin
10:06de la justice restaurative
10:07pouvait l'aider
10:08à comprendre
10:09pourquoi il avait fait ça.
10:11Chacun leur tour,
10:12Christelle et Sébastien
10:13ont rendez-vous
10:14avec Wendy,
10:15une membre de l'ARCA.
10:16Elle est ce qu'on appelle
10:17une facilitatrice
10:18et va les accompagner
10:20pour préparer leur rencontre.
10:21Le 14 juin 2021,
10:23Christelle se rend
10:24à sa première séance
10:25avec Wendy.
10:25Elle doit d'abord
10:26lui raconter son passé
10:27avec son frère
10:28mais aussi
10:28leur relation actuelle
10:29et ce qu'elle espère
10:30pour le futur.
10:34Elle me demande
10:35ce que moi j'ai ressenti
10:38mais elle me demande aussi
10:39ce que je pense
10:40que lui l'a ressenti.
10:42Et après,
10:42quand on parle
10:43des conséquences
10:44des agressions,
10:45quand je réponds pour moi,
10:47je dis que ça a eu
10:47des conséquences
10:48sur ma vie,
10:49sur ma santé,
10:51surtout sur ma relation
10:52de couple,
10:54lui,
10:54les conséquences,
10:55il n'y en a pas eu
10:56en fait.
10:58Il n'a jamais été puni,
11:00il n'y a jamais personne
11:01qui lui a dit
11:02que ce n'était pas bien
11:02ce qu'il avait fait.
11:04Pour lui,
11:05il n'y a pas eu
11:05de conséquences.
11:06Après avoir raconté
11:07son histoire à Wendy,
11:09Christelle doit réfléchir
11:09aux questions
11:10qu'elle veut poser
11:10à son frère
11:11et essayer d'anticiper
11:12ses réponses
11:13pour s'y préparer au mieux.
11:15Je voulais savoir
11:15pourquoi il m'avait fait ça
11:17à moi,
11:17s'il avait fait ça
11:18à quelqu'un d'autre,
11:20comment il avait eu l'idée
11:22de m'obliger
11:23à lui faire des fellations,
11:25comment à 8 ans et demi,
11:27on sait que des fellations,
11:28ça peut donner du plaisir.
11:31Je voulais savoir
11:31s'il avait des regrets.
11:34Je voulais qu'il comprenne
11:35que tout ça,
11:37en fait,
11:37c'était du viol.
11:39Les fellations,
11:40c'était du viol.
11:40La tentative de pénétration,
11:42c'était du viol.
11:44Et je voulais aussi lui dire
11:45qu'entre nous,
11:48si on se voyait,
11:49comme dans la famille,
11:50on est toujours obligé
11:51de se voir à un moment
11:51ou à un autre,
11:52il n'y aurait plus jamais
11:53de contact physique.
11:55Juste lui faire la bise
11:56pour lui dire bonjour,
11:57pour moi,
11:57c'est très compliqué.
11:59Ça me dégoûte.
12:01Donc ça,
12:02je voulais lui dire
12:02qu'il n'y aurait plus,
12:03si on continuait à se voir,
12:04il n'y aurait plus jamais ça.
12:07Ce que j'espère
12:09qu'il va me dire,
12:10c'est qu'il regrette,
12:11c'est qu'il s'excuse.
12:13Et ce que j'espère vraiment,
12:14c'est qu'il me dise
12:16de vive voix
12:17que c'est de sa faute
12:18et entièrement de sa faute.
12:21C'est vraiment
12:22ce que j'ai le plus besoin
12:23d'entendre en fait.
12:24Le 18 mars 2022,
12:26la rencontre avec son frère Sébastien
12:28a lieu après
12:28dix rendez-vous de préparation.
12:30Christelle dépose ses filles
12:31à la garderie,
12:32puis elle se rend
12:33dans les locaux de l'ARCA.
12:35Elle arrive en premier
12:36et Wendy va ensuite
12:37chercher son frère.
12:38J'ai enchaîné les questions
12:39pendant quasiment deux heures.
12:41J'ai commencé directement
12:43par lui dire
12:44pourquoi avoir fait
12:45cette démarche ?
12:46Et lui, il me répond
12:48parce que je veux
12:49retrouver ma sœur.
12:51Je lui ai demandé
12:52à ton avis
12:53quelles sont les conséquences
12:54de tout ça.
12:56Il est resté muet,
12:57pas de réponse.
12:59Qu'est-ce qui te n'a donné l'idée ?
13:00Pas de réponse.
13:02Je lui ai dit
13:02tout ça c'est des viols.
13:04Avec sa gorge,
13:05on voyait qu'il avait
13:06du mal à déglutir
13:07qu'il n'était pas bien.
13:11Mais je n'avais pas de retour
13:13en fait.
13:13Il ne disait strictement rien.
13:18Au bout d'un moment,
13:20j'ai insisté sur le fait
13:21est-ce que tu te rappelles
13:23ce qui s'est passé ?
13:24Non, je ne me rappelle pas.
13:26J'ai dit le garage,
13:28non, je ne me rappelle pas.
13:30J'ai dit au téléphone
13:31tu m'avais dit
13:32que tu te rappelais ?
13:33Je ne me rappelle pas
13:34grand chose.
13:38Et je lui ai dit
13:40est-ce que c'est de ma faute ?
13:42Et il m'a répondu
13:46oui et non,
13:46mais tu t'es laissé faire.
13:49Donc là, j'ai craqué.
13:51Christelle fait alors signe à Wendy
13:52qu'elle veut sortir de la pièce.
13:54Après une pause,
13:55elle rentre
13:56et essaye de nouveau
13:57de poser des questions
13:58à Sébastien.
13:58Je lui ai dit
13:59est-ce que c'est de ma faute ?
14:00J'ai répété la question
14:03et là, il a dit
14:03je ne sais pas.
14:05J'ai dit
14:06c'est fini,
14:06tu n'as plus de soeur.
14:08Et là, il s'est mis en colère.
14:11Il est parti.
14:12Il a claqué la porte.
14:14Donc Wendy l'a suivi
14:16pour savoir
14:17s'il voulait attendre un peu
14:18avant de partir.
14:19Il a dit non, non, je pars.
14:21Wendy est revenue dans la salle.
14:23On a parlé un peu.
14:24Elle m'a félicité.
14:25Elle m'a dit
14:26que j'avais super bien géré.
14:28Que j'avais réussi
14:29à dire
14:30tout ce que j'avais prévu de dire.
14:32Que même s'il n'avait pas répondu,
14:34il a entendu.
14:36Donc finalement,
14:37c'est le principal.
14:38Qu'il ait entendu
14:39tout ce que j'avais à dire.
14:41J'ai beaucoup pleuré
14:42parce que cette phrase
14:43c'est de ta faute
14:44parce que tu t'es laissé faire.
14:46J'avais beaucoup de mal
14:46à la digérer.
14:49Après, en fait,
14:50tout d'un coup,
14:51je me suis sentie libérée.
14:52J'ai dit c'est bon,
14:53je lui ai dit
14:53que je n'avais plus de frère.
14:55Il n'est plus là,
14:56c'est terminé.
14:59Aujourd'hui,
15:00je me sens
15:01beaucoup mieux.
15:03J'ai mis un point final
15:06à ces agressions,
15:08à cette relation
15:09avec mon frère.
15:10Tout ce poids
15:11que j'avais sur les épaules,
15:14il s'est envolé.
15:26Emma, est-ce que Christelle Villéger
15:28sait si son frère
15:29a lui-même été victime
15:30d'inceste ou de viol
15:31quand ils étaient petits ?
15:32Elle s'est posé la question,
15:34elle a essayé d'avoir la réponse
15:35pendant la rencontre,
15:36mais comme aux autres questions
15:37qu'elle lui a posées,
15:38il n'a pas répondu.
15:39Donc, elle ne sait toujours pas
15:40aujourd'hui
15:41s'il a été abusé sexuellement.
15:42Depuis cette rencontre,
15:43son frère a essayé
15:44de reprendre contact avec elle.
15:46Après la rencontre,
15:47elle n'a eu aucune nouvelle
15:48de lui pendant 8 mois.
15:49Et puis, en novembre dernier,
15:51il lui a écrit
15:52pour lui demander pardon
15:53et lui dire
15:54qu'il ne voulait pas
15:54qu'il reste fâché
15:55toute leur vie.
15:56Donc, Christelle a transmis
15:57son message à Wendy,
15:58leur facilitatrice,
16:00et Christelle a appris
16:01qu'il était en préparation
16:02pour une deuxième rencontre.
16:03Elle n'est pas obligée
16:05d'accepter
16:05et elle se laisse le temps
16:06de réfléchir pour l'instant.
16:08Christelle Villéger
16:08a vu le film
16:09Je verrai toujours vos visages
16:11qui présente
16:11ce qu'est la justice restaurative.
16:13C'est justement ce film
16:15qui nous a donné envie
16:16de parler de ce sujet.
16:17Et il se trouve
16:18que l'une des histoires
16:19racontées dans le film
16:20ressemble beaucoup
16:21à la sienne,
16:22une femme qui a été victime
16:23de son frère.
16:24Comment est-ce qu'elle a vécu ça ?
16:25Elle s'est tout de suite
16:26identifiée à l'héroïne
16:27et à son histoire
16:28puisque dans le film,
16:29on suit son parcours
16:30pour préparer la rencontre
16:31avec son frère.
16:32Et Christelle a vraiment trouvé
16:33que le film était fidèle
16:34à la réalité
16:35puisqu'à la fin,
16:36comme elle,
16:37la rencontre ne se passe pas très bien
16:38et il n'y a pas de réconciliation.
16:39Et même s'il n'y a pas eu
16:40de réconciliation,
16:41elle ne regrette pas
16:42d'avoir fait tout ça ?
16:42Non, elle ne regrette pas du tout
16:44et d'ailleurs,
16:44elle conseillerait vraiment
16:45la justice restaurative
16:46à toutes les victimes
16:47de violences sexuelles.
16:48Pour elle,
16:48c'était vraiment un point final
16:49à tout son processus
16:51de reconstruction.
16:52Merci Emma Jacob.
16:54Cet épisode de Code Source
16:55a été produit par Raphaël Pueyo,
16:56Julia Paré et Thibault Lambert.
16:58Réalisation,
16:59Julien Moncou-Kiol.
17:00Code Source est le podcast
17:02quotidien d'actualité du Parisien.
17:04Nous publions un nouvel épisode
17:05chaque soir de la semaine,
17:06du lundi au vendredi.
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