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Succès à la fois critique et public, le film de Justine Triet figure parmi les favoris des prochains Oscars. Retour sur la genèse de ce film et le parcours de sa réalisatrice dans Code source avec Renaud Baronian, spécialiste cinéma au service culture du Parisien.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : France TV, BFMTV

#cinema #palmedor #festivaldecannes

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Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:04Une bonne nouvelle d'abord, après CodeSource et CrimeStory,
00:08le Parisien vous propose à partir du 14 février un troisième podcast,
00:12podcast événementiel qui va nous amener aux Jeux Olympiques de Paris 2024.
00:16Ça s'appelle Le Sacre, il y aura 24 épisodes.
00:19Chaque mercredi jusqu'au 24 juillet, un ou une médaillée d'or olympique
00:24raconte au micro d'Anne Lorbonnet son chemin vers le sacre.
00:27Vous pourrez écouter le teaser de ce nouveau podcast juste après votre épisode de CodeSource.
00:37Anatomie d'une chute est en compétition aux Oscars 2024 à Hollywood dans cinq catégories,
00:42notamment Meilleur Film, Meilleure Réalisation et Meilleure Actrice.
00:46Une revanche pour le film de Justine Trier que le CNC, le Conseil National du Cinéma,
00:51n'avait pas choisi en septembre pour représenter la France dans la catégorie Meilleur Film Étranger.
00:58Anatomie d'une chute avait déjà reçu la palme d'or au dernier festival de Cannes le 27 mai
01:02et il a rassemblé en France plus d'un million trois cent mille spectateurs.
01:07Spécialiste ciné au Parisien, Renaud Barognan raconte aujourd'hui le succès d'une ampleur inespérée de ce long métrage.
01:13Attention, dans cet épisode de CodeSource, nous avons été obligés, par souci de clarté,
01:18de spoiler, d'évoquer la fin de ce film brièvement.
01:37Renaud Barognan, le mardi 23 janvier, vous êtes à la rédaction du Parisien au Service Culture
01:42et vous suivez sur Internet les nominations pour la prochaine cérémonie des Oscars.
01:47Ce sera le 10 mars à Los Angeles. Décrivez-nous comment ça se passe concrètement, comment c'est annoncé ?
01:53Ça se passe sur YouTube, sur la chaîne de l'Académie des Oscars.
01:56C'est deux animateurs qui annoncent avec des petits papiers.
02:03Et c'est dans un ordre qui n'est pas celui qui sera de la cérémonie.
02:06Et il y a du suspense en fait.
02:08Et comme ça vous apprenez en direct le carton plein d'Anatomie d'une chute,
02:12le film de Justine Trier. Comment vous vivez ça ?
02:14La première qui tombe, c'est celle auquel on s'attend tous, c'est le meilleur scénario.
02:18Et pour l'original screenplay, les nominees sont
02:22Anatomy of a Fall, screenplay.
02:25Donc ça on se dit bon ok super, après il y a du suspense pour les autres,
02:28nous on pensait qu'elle en aurait peut-être deux ou trois, et en fait c'est quatre.
02:31Meilleure actrice pour Sandra Huller, meilleur montage, ça on ne s'y attendait pas pour Laurent Sénéchal,
02:36meilleur film, mais surtout l'énorme surprise, c'est meilleure réalisatrice
02:40parce qu'elle n'était dans aucune liste de bookmakers.
02:42Pour l'achievement en direct, les nominees sont
02:47Justine Trier, Anatomy of a Fall.
02:50Et c'est d'autant plus incroyable que du coup elle est la seule femme réalisatrice au milieu de quatre
02:55hommes.
02:56Ce film, Anatomie d'une chute, il raconte quoi ?
02:59Ça se passe à la montagne, dans un chalet dans lequel vit un couple, on va dire d'un télo,
03:04ils sont écrivains tous les deux, et ils ont un enfant, un enfant qui est malvoyant,
03:09qui va avoir beaucoup d'importance dans le film.
03:11Et on sent des tensions dans le couple, on sent qu'elle, elle est en train de séduire,
03:14être séduite par une autre femme, ça c'est le début du film.
03:17Et puis il se passe un truc énorme, c'est que lui, le monsieur du couple,
03:21on le retrouve par terre, en bas du chalet, la tête explosée,
03:25mais est-il tombé, l'a-t-on poussé ?
03:28Et ça va être tout l'objet du film, c'est-à-dire qu'elle va être soupçonnée assez rapidement
03:32par la justice,
03:33avec le rôle de l'enfant, qui va être très important,
03:36parce qu'il a pu assister à quelque chose, on ne sait pas.
03:40Tu m'as dit que tu avais entendu tes parents, maman, on t'est sorti de la maison, c'est
03:42ça ?
03:43En fait, je n'entendais pas vraiment les mots, j'avais que des bouts de voix, mais ça faisait...
03:47Si tu n'avais pas les mots, du coup, tu ne peux pas savoir si c'était une dispute ou
03:49pas.
03:49Enfin, je sais ce que j'ai entendu.
03:53Et il y a un doute, jusqu'à la fin, sur la culpabilité de cette femme ?
03:57Est-ce qu'elle a tué ou non son mari, finalement ? C'est ça ?
03:59Oui, alors c'est une des grandes forces du film, c'est que, voilà,
04:02il y a un doute qui subsiste tout le long, même à la fin pour certains,
04:06et c'est vraiment sujet à interprétation.
04:08C'est-à-dire qu'il y a des gens qui n'ont jamais de doute,
04:10il y en a qui en ont tout le long, il y en a qui en ont même après la
04:13fin,
04:13il y en a pour qui le doute disparaît à mi-film, enfin, c'est très fort.
04:17Alors, on va voir pourquoi ce film a fait autant parler.
04:20D'abord, il faut raconter le parcours de sa réalisatrice et co-scénariste,
04:24Justine Trier.
04:25Elle a 45 ans, elle est née le 17 juillet 1978, à Fécamp, en Seine-Maritime.
04:31Qu'est-ce qu'on sait de son enfance ?
04:32Elle vit avec son père et sa mère.
04:35Elle est née à Fécamp, mais en fait, ils vivent à Paris,
04:36mais ils vivent aussi, par intermittence, dans des communautés, on n'en sait pas plus.
04:41Ils sont quatre enfants.
04:42Elle a son frère, qui est de son père et de sa mère,
04:44et ils ont aussi deux autres enfants qui viennent d'un précédent mariage du père.
04:49Elle dit aussi que son père avait trois compagnes, c'est assez mystérieux.
04:52Elle le dit elle-même, elle emploie l'expression « une enfance hors norme ».
04:56Et elle raconte que c'est sa mère qui lui a donné le goût du cinéma.
04:59Sa mère aime beaucoup le cinéma.
05:01Elle l'emmène pour la première fois au cinéma, quand Justine Trier a 5 ans,
05:04voir un grand dessin animé.
05:06Et quand elles arrivent, la séance est complète.
05:08Alors du coup, sa mère dit « Oh bah c'est pas grave, on va aller voir le retour du
05:12Jedi, Star Wars ».
05:13Et c'est le premier film que voit Justine Trier.
05:16Et elle raconte qu'elle se cache dans les jupes de sa mère à chaque fois que Dark Vador apparaît.
05:20Quand elle a 17 ans, elle travaille comme ouvreuse à Paris.
05:23C'est au théâtre du Châtelet.
05:24Et elle en profite pour aller voir tous les spectacles et comédies musicales.
05:28Elle étudie au Beaux-Arts, toujours à Paris, au début des années 2000.
05:31Mais elle ne se sent pas douée pour le dessin et la peinture.
05:34Au départ, elle voulait être peintre.
05:36Et puis rapidement, non.
05:38Alors elle bifurque.
05:39Il y a aussi des sections vidéo au Beaux-Arts.
05:41Elle va faire du montage vidéo.
05:42Et c'est ça qui va l'amener vers le documentaire.
05:45Qu'est-ce qu'elle fait par exemple ?
05:46Alors son tout premier film, c'est un film qui est consacré aux manifestations contre le CPE, le contrat première
05:52embauche.
05:52Elle part dans les manifestations avec son co-réalisateur.
05:55Et elle filme avec une caméra.
05:57C'est sa première expérience de caméra.
05:58Elle va en faire plusieurs.
05:59Et le dernier, qui date de 2010, c'est un film qu'elle va tourner au Brésil, dans une favela,
06:05donc dans un bidonville.
06:06C'est l'histoire d'un ado dont la mère est alcoolique.
06:09Ça va être très compliqué.
06:11Elle va monter le film toute seule dans sa chambre pendant six mois.
06:17Justine Trier réalise un premier film en salle en 2013, intitulé La bataille de Solferino.
06:22Une histoire de couple sur fond d'élections présidentielles.
06:26Renaud Barognan, ce n'est pas un succès commercial.
06:28Non, le film fait 30 000 entrées.
06:30Il a un vrai succès d'estime dans la critique.
06:33Elle se fait vraiment, elle est très remarquée à partir de là.
06:35Son deuxième long métrage, Victoria, avec la comédienne Virginie Efira, sort en mai 2016.
06:41Ça parle d'une jeune avocate surmenée qui doit aussi gérer le quotidien, ses deux enfants notamment.
06:46Et ça marche très bien commercialement.
06:48Alors là, c'est carrément l'inverse, 650 000 entrées en salle.
06:52Et c'est un très beau portrait de femme, une fois de plus, la deuxième fois, et après elle ne
06:55va plus arrêter.
06:55Renaud Barognan, Justine Trier travaille à nouveau avec Virginie Efira pour son troisième film, qui sort en 2019, Sibylle, une
07:04fiction complexe.
07:05C'est l'histoire d'une romancière qui est devenue psychanalyste et qui décide de revenir à l'écriture.
07:11Alors déjà, ce n'est pas simple, mais elle va croiser une jeune fille qui est une jeune actrice, qui
07:17est enceinte de l'acteur principal du film dont elle est amoureuse.
07:19Sauf que l'acteur principal du film, il est en couple avec la réalisatrice et il va s'en suivre
07:25plein de situations assez complexes.
07:28Mais c'est un film réussi.
07:29Tellement réussi qu'il est sélectionné en compétition à Cannes.
07:32Au début de l'année 2020, au moment du premier confinement face à l'épidémie de Covid, Justine Trier se
07:38lance dans un nouveau scénario.
07:39Elle écrit avec son compagnon, le cinéaste, scénariste et acteur Arthur Harari, qui est le père de ses deux filles.
07:46Arthur Harari qui a notamment connu un gros succès critique en 2021 avec Onoda, 10 000 nuits dans la jungle.
07:52Renaud Barognan, décrivez-nous comment se passe ce travail d'écriture en couple.
07:57Alors ce sont deux cinéastes qui sont dans le même appartement, ils sont chacun à un bout de l'appartement
08:02avec leurs enfants au milieu.
08:03Et ils écrivent Anatomie d'une chute en s'envoyant des versions.
08:06C'est-à-dire, il y en a un qui écrit une version, il l'envoie à l'autre, l
08:08'autre réécrit et renvoie.
08:10Et c'est complètement dingue ce système d'écriture.
08:13Ils ont le temps, c'est le Covid.
08:14La scène clé de Anatomie d'une chute, qui est une scène de dispute, ils vont se la renvoyer 70
08:19fois.
08:20Quelle est l'intention de Justine Trier avec ce scénario ? Qu'est-ce qu'elle veut montrer ?
08:23Elle veut raconter qu'un couple c'est quelque chose de complexe.
08:27Il peut y avoir des frictions sur des choses extrêmement triviales, que c'est de la négociation permanente.
08:32Et notamment à propos des enfants.
08:34Et en fait, elle a eu l'idée de ce film en regardant sa fille de 10 ans.
08:38Et elle s'est dit, mais est-ce qu'elle me comprend en fait ma fille ?
08:40Et c'est pour ça qu'elle a mis un personnage central d'enfant dans le film.
08:49On l'a dit, sur le scénario d'Anatomie d'une chute, elle travaille avec son compagnon Arthur Harari, comme
08:54elle l'avait déjà fait par le passé.
08:55Comment elle fait, elle, pour faire durer son couple ?
08:59C'est quelque chose dont elle m'a parlé en interview.
09:01Elle me disait, moi le couple, pour moi, je ne comprends pas comment ça marche.
09:04Et j'ai répondu, mais vous êtes en couple Justine ?
09:06Elle me dit, bah oui, mais justement, nous on a un fonctionnement très très particulier.
09:10C'est un couple de cinéastes.
09:12Et donc, comme ils ont des enfants, l'idée c'est qu'il y en ait toujours un à Paris
09:15pour s'occuper des enfants.
09:16C'est-à-dire qu'il y en a un qui tourne, il s'organise pour les tournages, pour pas
09:19que les tournages aient lieu en même temps.
09:20Ce qui fait qu'à l'arrivée, ils ne se voient pas souvent.
09:23Ils peuvent passer plusieurs mois sans se voir.
09:24Ce film est tourné dans les Alpes.
09:26Une première version fait trois heures.
09:29Justine Trier coupe au montage des scènes qu'elle aimait beaucoup pour arriver finalement à 2h31.
09:35Anatomie d'une chute est projetée la première fois au Festival de Cannes, le 21 mai 2023.
09:41Vous, Renaud Baronian, vous le voyez quelques jours plus tard.
09:43Vous vous dites quoi pendant la projection ?
09:45Ah, c'est un film qui fait passer par tous les états.
09:47Donc pendant la projection, j'ai des émotions.
09:50Ça donne à réfléchir.
09:51Et c'est un film, alors moi j'ai une bascule par exemple sur un moment, sur une scène en
09:55particulier, très forte.
09:57Et je sors de là, je me dis, oulala, il va falloir quelques jours pour le digérer.
10:00Mais j'ai l'impression d'avoir vu quelque chose de fort, oui.
10:02Le samedi 27 mai à Cannes, le jour de la cérémonie de clôture et de la remise des prix,
10:07le matin, Justine Trier est informée d'une bonne nouvelle.
10:11Son film va recevoir une récompense.
10:14Alors ça, c'est la procédure de Cannes.
10:15Parce qu'il faut bien savoir qu'on a l'impression que tout le monde reste pendant le festival, mais
10:18pas du tout.
10:18Il y en a qui repartent parfois très loin, même les étrangers.
10:21Personne n'est logé pendant 15 jours à Cannes au frais du festival.
10:25Et Justine, comme les autres, les délibérations c'est le samedi matin.
10:28Et c'est à partir de là qu'on rappelle les gens pour qu'ils reviennent, pour chercher leur prix.
10:33Et là, désormais, depuis quelques années, on ne dit plus aux gens quel prix ils vont avoir.
10:37On leur dit juste si vous avez un prix.
10:38Gros, petit, mais vous avez un prix ce soir.
10:40Donc il faut être là.
10:41Le soir, Justine Trier est dans la salle lumière du Palais des Festivals.
10:45Son film, Anatomie d'une chute, reçoit la récompense la plus prestigieuse, La Palme d'Or.
11:00Et c'est une surprise pour tout le monde et pour elle, parce qu'il y a un autre film
11:04avec lequel elle est en concurrence,
11:06qui s'appelle La Zone d'intérêt, qui est un film de Jonathan Glaser,
11:10qui a tellement marqué le festival que tout le monde dit que c'est La Palme.
11:13Et bien non, en fait, c'est elle, La Palme.
11:15Et c'est une vraie surprise.
11:16Là, vous vous dites quoi ? Je me dis waouh !
11:19Une nouvelle pale française, très peu de temps après Titane, de Julia Ducourneau.
11:24Encore une femme cinéaste.
11:25Pour le cinéma français, c'est vraiment carton plein.
11:28Quand elle se lève, elle hésite à lire le discours qu'elle avait prévu de faire.
11:32Discours écrit avant de savoir qu'Anatomie d'une chute serait palme d'or.
11:37Je ne pensais pas avoir ça, donc forcément je pensais switcher très vite sur autre chose.
11:41Mais voilà, je...
11:42Finalement, elle décide d'aller jusqu'au bout et de lire le texte qu'elle avait prévu.
11:46Donc on est juste après la réforme des retraites.
11:48Elle dit un mot là-dessus.
11:50L'autre partie du discours est consacrée à la défense de l'exception culturelle en matière de cinéma.
11:55La marchandisation de la culture que le gouvernement néolibéral défend est en train de casser l'exception culturelle française.
12:03Elle dit qu'une partie du cinéma français est en danger en termes d'aide.
12:07Donc c'est un vrai discours militant.
12:09Dans la foulée, la ministre de la culture, Rima Abdelmalak, la recadre sur internet via un tweet.
12:15Elle se dit estomaquée par une intervention injuste.
12:18Avant d'ajouter, ce film n'aurait pu voir le jour sans notre modèle français de financement du cinéma
12:23qui permet une diversité unique au monde.
12:26Fin de citation.
12:27Dans les jours qui suivent, Renaud Baronian, Justine Trier est très critiquée par une partie de la presse et du
12:32public pour son intervention.
12:34Oui alors c'est un peu un déchaînement parce que ce qu'on lui reproche c'est de cracher dans
12:38la soupe.
12:38Alors qu'elle a dit pourtant dans son discours, on n'a peut-être pas fait assez attention, qu'elle
12:42en avait été bénéficiaire.
12:43Mais bon en gros on lui reproche de critiquer un système dont elle a bénéficié.
12:47Et à partir de là, tout le monde montre à nous par exemple, aux parisiens, qu'est-ce qu'on
12:50fait ?
12:51On vérifie la procédure de financement du cinéma français, c'est-à-dire qu'on fait une page là-dessus
12:54tout de suite.
12:59Anatomie d'une chute sort en salle le mercredi 23 août et il marche très bien.
13:03C'est un vrai succès assez surprenant parce que les palmes d'or sont connues pour ne pas marcher.
13:07Là c'est 346 000 entrées dès la première semaine.
13:10Ça marche tellement bien qu'au départ il est sur 370 copies et que tout de suite le distributeur voyant
13:15le bouche à oreille
13:15décide de le montrer dans plus de salles.
13:17Donc on a de 370 à 500 et la deuxième semaine à 700.
13:22Ce qui est une sortie pour des blockbusters américains ça.
13:25Et après il va continuer sur la durée jusqu'à presque 1 400 000.
13:29C'est exceptionnel.
13:30Le film est très bien noté par le public sur allociné.fr et vous faites un article dans Le Parisien
13:35sur les réactions des gens à la sortie.
13:38Voilà moi je vais faire des sorties de salles et là les gens me disent des choses étonnantes
13:41comme j'avais pas du tout envie de le voir.
13:43mais c'est ma soeur, ma mère.
13:46En fait c'est qu'il y a un bouche à oreille formidable.
13:48Donc on dit à son voisin, à sa mère, à son fils mais va le voir c'est génial ce
13:53film.
13:54Puis il y a beaucoup de gens aussi qui sont vraiment sur cette histoire de procès, cette histoire de doute.
13:58Ça parle beaucoup de ça à la sortie et il y a le côté suspens.
14:01Est-ce que c'est elle, pas elle ?
14:03Alors il y a des débats en sortie de salles.
14:04C'est assez joli à voir.
14:06Dans ce contexte, le 22 septembre, le CNC, le Centre National du Cinéma, vote pour déterminer quel film va représenter
14:14la France aux Oscars à Los Angeles le 10 mars.
14:17Il y a cinq films dans la dernière ligne droite et ce n'est pas celui de Justine Trier qui
14:22est choisi.
14:23C'est La Passion de Daudin Bouffin de Tran Anyong avec Benoît Magimel et Juliette Binoche.
14:29Un film qui se passe au 19e siècle et qui parle de gastronomie et d'amour.
14:34Vote très serré.
14:36Pourquoi ce choix finalement ?
14:37C'est compliqué à dire parce que c'est une décision souveraine du comité de sélection.
14:42Moi ce que j'ai su c'est que par les gens qui sont venus le défendre le film.
14:45Parce qu'en fait dans les commissions on vient défendre le film.
14:48En l'occurrence là c'est le distributeur et producteur Gaumont.
14:51Et en fait ils viennent expliquer que les américains qui ont vu le film à Cannes ou le film a
14:55eu un prix quand même.
14:55Ils ont adoré parce que c'est la cuisine française, la tradition et qui va avoir plein de prix dans
15:00les cérémonies.
15:01Que ça va vraiment être un vrai carton aux Etats-Unis et c'est ça qu'il faut envoyer là
15:05-bas.
15:06C'est ça les arguments.
15:07A ce moment-là le film de Justine Trier peut encore concourir aux Oscars.
15:12Il reste un espoir.
15:13Oui parce que ce vote là ça consistait à envoyer le film qui va représenter la France pour l'Oscar
15:18du meilleur film étranger.
15:19Mais il y a toutes les autres catégories.
15:20Alors c'est rare que des films étrangers concourent.
15:22Sauf que là les bookmakers commencent à faire des prédictions et à mettre le film dans toutes les catégories.
15:27Parce que le film il commence à avoir une carrière aux Etats-Unis à ce moment-là.
15:31Ils sont allés, Justine Trier, ses producteurs, Sandra Huller, la comédienne, faire une tournée à Telluride, à Toronto.
15:38Ils font exister le film.
15:39Ils ont un très très très bon distributeur américain sur place qui commence à faire campagne juste après la Palme
15:44d'Or en fait.
15:45Il y croit dès ce moment-là.
15:46Donc il a des chances.
15:48Chance évidemment d'être sélectionné par l'Académie des Oscars elle-même.
15:51Dans les mois qui suivent, Anatomie d'une chute reçoit de nombreuses récompenses aux Etats-Unis comme en Europe.
15:57C'est-à-dire qu'en fait ce qu'on nous avait dit qu'il allait se passer pour Donne
16:00-Bouffon se passe pour Anatomie d'une chute en fait.
16:02Il collectionne les prix partout. Aux Européens de Film Awards, il en a six. Il a sept nominations pour les
16:08BAFTA qui sont les Oscars anglais. Deux Golden Globes. Et puis là depuis 11 nominations au César. Enfin partout où
16:15le film est présent, il collectionne soit les nominations, soit les prix.
16:20Justine Trier, elle vous dit quoi sur ce succès international ?
16:24Elle dit que ça la dépasse. Pourquoi ? Parce qu'elle dit pour moi Anatomie d'une chute c'est
16:28mon film le plus compliqué. Ça a été le plus compliqué à écrire. J'ai changé de méthode de tournage
16:33par rapport à mes autres films.
16:34Elle ne pensait pas du tout que ça rencontrerait et un succès critique, un succès public et un succès comme
16:41ça international dans les cérémonies.
16:42Donc elle est très surprise mais elle dit aussi qu'elle est évidemment très heureuse.
16:46Son compagnon éco-scénariste Arthur Harari, lui non plus, ne s'attendait pas à un tel succès.
16:51En écrivant avec Justine, on se disait notamment, enfin moi je lui disais, je pense que ça va être ton
16:56meilleur film.
16:56Si c'est réussi, ça peut être génial et tout. Mais ce sera sans doute ton film qui fera le
17:00moins de spectateurs.
17:01Parce qu'il va être d'une certaine manière plus radical que les autres, plus long, avec plus de dialogue,
17:07beaucoup de gens qui parlent, assez sombres à des endroits.
17:10Donc toutes ces données-là faisaient que moi j'avais l'impression que ce ne serait vraiment pas un succès
17:14assuré en tout cas.
17:16On en revient au début de cet épisode de Codesources, le mardi 23 janvier.
17:21Les listes de films nommés par catégorie pour les Oscars sont dévoilées sur YouTube.
17:27À ce moment-là, Justine Trier est dans un bureau à Paris avec son équipe et elle suit ça, comme
17:31vous, en direct.
17:33Elle est dans le bureau de production avec ses deux producteurs notamment et les nominations tombent.
17:37On sent la montée et la mystérie jusqu'à meilleur film.
17:42Ou Justine Trier a cette phrase incroyable qui va rester.
17:49Elle ne parle pas très bien anglais et dans l'euphorie, elle dit « Mais ça veut dire quoi, best
17:54picture ? »
17:55Et c'est magnifique parce que c'est la nomination suprême, c'est pour le meilleur film.
18:02Renaud Baronian, vous pensez qu'Anatomie d'une chute a de bonnes chances de récolter au moins une statuette aux
18:08Oscars le 10 mars à Los Angeles ?
18:10Ah oui, un sur cinq, on espère quand même au moins.
18:12Alors, le meilleur scénario, c'est celui pour lequel on a le plus d'espoir.
18:16Parce qu'elle en a gagné beaucoup des prix du meilleur scénario avec son compagnon Arthur Harry.
18:21Donc celui-là, on y croit.
18:22Et après, même si elle est en phase de poids lourds comme Oppenheimer de Christopher Nolan ou Killers of the
18:27Flower Moon de Martin Scorsese,
18:29on n'est jamais à l'abri de bonnes surprises et il peut y en avoir sur ce film, oui.
18:40Merci à Renaud Baronian.
18:42Cet épisode de Code Source a été produit par Clara Garnier-Amourou et Thibault Lambert, réalisé par Julien Moncouquiol.
18:48Comme promis, on écoute maintenant en avant-première le teaser du Sacre, podcast Jeux Olympiques du Parisien,
18:54avec une journaliste bien connue des amateurs de sport, de football notamment, ex-Being Sport, Anne-Laure Bonnet.
19:01Bonjour, c'est Anne-Laure Bonnet.
19:03Je suis très heureuse de vous présenter le Sacre, le podcast événement du Parisien
19:08qui va vous accompagner jusqu'aux Jeux Olympiques de Paris 2024.
19:12À partir du 14 février et jusqu'au 24 juillet, chaque mercredi,
19:17un ou une athlète viendra à mon micro nous raconter son parcours jusqu'à la médaille d'or olympique.
19:23Dis-moi, j'entends la musique, j'ai envie de danser et tout ça.
19:25Comment ça t'as envie de danser ?
19:27Tu vas nager pour faire un record ou un titre et t'as envie de danser.
19:31Et donc un jour, j'ai pris un billet d'avion et je me suis pointée à Los Angeles.
19:35Quand je suis arrivé à cet entraînement, j'ai tué la séance.
19:39Une médaille d'or au jeu, c'est la quête d'une vie, le Graal.
19:43Dans ces témoignages, les championnes et les champions racontent ce qu'ils ont dû mettre en œuvre
19:47pour se construire un mental hors normes et atteindre la première marche du podium olympique.
19:57Et là, je plains.
19:58Mais oui, parce que là, je réalise.
20:00Je réalise vraiment ce que j'ai fait.
20:02Ce nouveau podcast sera disponible sur leparisien.fr, l'appli du Parisien
20:06et sur toutes vos plateformes d'écoute habituelles,
20:09Apple Podcasts, Spotify, Deezer et YouTube.
20:13Le Sacre, ça commence le 14 février.
20:16Alors abonnez-vous dès maintenant pour ne manquer aucun épisode de cette quête olympique.
20:21A bientôt !
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