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La superproduction, en salle depuis le 1er février, est déjà le plus grand succès d’un film français depuis la pandémie de Covid-19. Mais avant même sa sortie au cinéma, l’équipe du film a dû surmonter une foule d’obstacles. Pour Code source, Emmanuel Marolle, Catherine Balle et Grégory Plouviez du service culture du Parisien, racontent la folle histoire de ce nouveau volet des aventures d’Astérix et Obélix.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian

Archives : Pathé, France Inter.

#asterixobelix #cinematic

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Transcription
00:00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:00:11Le mercredi 8 février, le Parisien a révélé un nouveau rebondissement dans un dossier vieux de près de 30 ans,
00:00:17la mort brutale de la petite Émilie Tanné en 1994.
00:00:22A l'époque, cette fillette de 9 ans, atteinte d'une légère bronchite, est décédée en seulement quelques heures à
00:00:28l'hôpital.
00:00:28D'après l'enquête, le médicament contre la toux qu'elle a pris juste avant de mourir, la josacine, était
00:00:34empoisonnée avec du cyanure.
00:00:36Un homme a été jugé et condamné pour empoisonnement avec préméditation, 3 ans après les faits, mais il clame encore
00:00:43aujourd'hui son innocence.
00:00:44Son avocate a fourni cette année à la justice des éléments en espérant pouvoir relancer cette affaire.
00:00:51Cet épisode de Code Source est raconté par Louise Colcombet, journaliste au service police-justice du Parisien.
00:01:04Louise Colcombet, cette affaire débute le samedi 11 juin 1994 à Gruchet-le-Valasse,
00:01:10une commune située dans le département de la Seine-Maritime, entre Rouen et Le Havre.
00:01:15Qui est Émilie Tanné et que fait-elle ce jour-là ?
00:01:18Émilie Tanné, c'est une jeune écolière qui a 9 ans, qui est la fille unique de ses parents,
00:01:23et qui vit à Gruchet-le-Valasse.
00:01:26Et donc elle va passer ce week-end-là, parce que c'est un week-end de fêtes en fait,
00:01:29sur le thème du Moyen-Âge.
00:01:31Et elle est invitée à passer le week-end chez un copain de classe, Jérôme,
00:01:35et chez ses parents, donc les Tocqueville.
00:01:38Et donc elle part ce week-end-là, il y a tout un tas d'animations, notamment le soir un
00:01:43bal costumé.
00:01:44C'est la première fois que la fillette doit passer une nuit à dormir chez un camarade,
00:01:48et ce jour-là, Émilie est un peu malade,
00:01:51elle doit prendre des médicaments qui lui ont été prescrits par son médecin.
00:01:55Elle a une légère bronchite, et donc elle a deux médicaments,
00:01:58un expectorant en poudre à diluer,
00:02:01qui permet de tousser et d'évacuer un peu quand on est encombré au niveau des bronches.
00:02:05Et un flacon de sirop, la josacine,
00:02:09pareil, c'est de la poudre avec de l'eau qu'on dilue à l'avance,
00:02:11sa mère lui a préparé, et elle l'apporte avec l'expectorant aux parents de Jérôme,
00:02:16pour que la fillette prenne ses médicaments normalement pendant le week-end.
00:02:20En début de soirée, les Tocqueville s'apprêtent donc à partir à un banquet médiéval en compagnie de la fillette.
00:02:26Oui, alors tout le monde se prépare pour cette grande soirée,
00:02:30les enfants doivent porter un costume,
00:02:32et avant de partir, Émilie, vers 20h, boit ses deux médicaments,
00:02:36et elle va se plaindre, semble-t-il, que la josacine notamment a un mauvais goût,
00:02:40et boire de l'eau pour se rincer.
00:02:42Voilà, ensuite, il se passe environ un quart d'heure,
00:02:45parce qu'elle enfile son costume,
00:02:47elle aide Mme Tocqueville à fermer les boutons de sa robe,
00:02:51elle joue un peu, et puis la famille sort,
00:02:54ils parcourent une cinquantaine de mètres pour aller jusqu'au garage où se trouve la voiture,
00:02:57et là, d'un seul coup, Émilie s'effondre,
00:03:00complètement inanimée, les yeux révulsés.
00:03:02Dans la panique, en fait, M. Tocqueville la ramène à l'intérieur de la maison,
00:03:05la dépose sur le canapé.
00:03:06Ils essayent d'appeler les parents d'Émilie, qui ne répondent pas parce qu'eux-mêmes sont sortis,
00:03:10et ils vont appeler le SAMU,
00:03:12qui va arriver six minutes plus tard et trouver la petite-fille déjà dans le coma.
00:03:18Émilie Tannet est transportée à l'hôpital du Havre,
00:03:21où elle décède quelques heures plus tard.
00:03:23Elle est déclarée morte à 22h30.
00:03:25Les soignants sont très sceptiques,
00:03:27ils n'ont rien pu faire,
00:03:28ils n'ont pas vraiment identifié la cause de son mal, en fait.
00:03:32Ils pensent d'ailleurs à une rupture d'anévrisme sans grande conviction.
00:03:36En fin de soirée, l'hôpital demande à récupérer le flacon de Josacine
00:03:39qu'avait préparé la mère d'Émilie pour l'examiner.
00:03:42Les médecins ne comprenant vraiment pas de quoi elle a pu décéder,
00:03:47demandent plus d'explications au couple Tocqueville.
00:03:50Quand les urgentistes étaient arrivés chez eux,
00:03:52ils avaient désigné les deux médicaments,
00:03:54en disant qu'elle a trouvé que ça avait un mauvais goût,
00:03:56mais sans plus de détails.
00:03:57Et là, ils vont aller plus loin,
00:03:58ils vont dire effectivement qu'elle s'est pleine de brûlure,
00:04:01qu'elle s'est précipitée pour se rincer la bouche,
00:04:03voire même qu'elle a vomi.
00:04:05Donc là, évidemment, tout de suite,
00:04:06la suspicion se porte sur le médicament.
00:04:08Et donc, il est amené à l'hôpital
00:04:10par un ami de la famille qui s'appelle Denis Lecointre
00:04:14et qui lui-même avait été appelé en même temps que le SAMU
00:04:17par l'Étoqueville.
00:04:19Que découvrent les médecins en observant ce flacon de Josacine ?
00:04:22Alors dans un premier temps, pas grand-chose.
00:04:24C'est plutôt le lendemain matin qu'une infirmière va manipuler le flacon,
00:04:28va l'ouvrir.
00:04:29Visuellement, elle va avoir un aspect grumeleux, un peu orangé,
00:04:32et elle va être prise à la gorge par une forte odeur d'ammoniaque,
00:04:36au point que ça va lui occasionner des brûlures à l'osophage.
00:04:40Donc, ce flacon de Josacine, il est immédiatement suspect et il part en analyse.
00:04:45Le jeudi 16 juin, le laboratoire Bellon qui fabrique ce sirop, la Josacine,
00:04:50appelle à suspendre tous les traitements avec ce médicament.
00:04:53Il demande de ramener ce produit le plus vite possible en pharmacie.
00:04:57Il y a un vent de panique à ce moment-là ?
00:04:59Oui, le sirop de Josacine, c'est l'un des médicaments les plus prescrits pour les enfants.
00:05:03Il y en a des boîtes partout en France, chez tous les Français.
00:05:06Donc évidemment, il y a un vent de panique.
00:05:07Donc, ça passe au JT de 20 heures quand même.
00:05:09Donc, à l'époque, c'est quand même très solennel.
00:05:12Nous venons de recevoir, et je vais vous le communiquer,
00:05:15l'appel d'un laboratoire pharmaceutique, le laboratoire Bellon,
00:05:18à propos de l'antibiotique Josacine en suspension buvable.
00:05:23Le laboratoire demande aux personnes qui éventuellement utiliseraient l'antibiotique
00:05:27de suspendre tout de suite leur traitement
00:05:30et de ramener les flacons chez les pharmaciens.
00:05:32Et le lendemain, donc le 17 juin au matin,
00:05:34par la voix du procureur de la République, du Havre,
00:05:37on va apprendre que le produit qui a provoqué la mort des Militanais,
00:05:41qui a été retrouvé dans ce flacon, c'est du cyanure.
00:05:44Le vent de panique va être encore plus important
00:05:45parce que le cyanure, ça renvoie à tout un imaginaire.
00:05:49C'est un poison, c'est très toxique, ça tue.
00:05:51C'est un peu le coup de massue pour tous les protagonistes,
00:05:54y compris les parents des Militanais,
00:05:55qui vont apprendre à ce moment-là de quoi est réellement morte leur fille.
00:06:00Mais rapidement, le laboratoire est mis hors de cause.
00:06:03En clair, il n'y a pas eu de cyanure pendant la fabrication du médicament
00:06:06et les enquêteurs s'orientent donc vers d'autres pistes.
00:06:09Est-ce qu'ils vont suspecter les parents d'Émilie ?
00:06:11Oui, ils vont se demander si les parents n'ont pas cherché à tuer leur fille
00:06:17en profitant du fait qu'elle ne soit pas chez elle ce week-end-là.
00:06:20Ils ne vont pas être ménagers, ils vont vers des perquisitions chez eux,
00:06:23ils vont être placés en garde à vue.
00:06:24On va même exhumer leur fille pour vérifier qu'elle n'a pas subi de violences sexuelles
00:06:28en suspectant que peut-être le papa aurait pu faire ça.
00:06:32Et très vite, on va se rendre compte que ces gens-là n'ont rien à se reprocher
00:06:34et que ce sont juste des victimes et des parents qui souffrent atrocement
00:06:37d'avoir perdu leur fille de 9 ans.
00:06:39Et en ce qui concerne Sylvie et Jean-Michel Tocqueville qui gardaient la petite Émilie,
00:06:43est-ce qu'ils sont soupçonnés à ce moment-là ?
00:06:45Alors oui, ils font partie des suspects, ils sont aussi placés en garde à vue.
00:06:48Il y a des saisies qui sont faites chez eux, mais les perquisitions sont un peu tardies.
00:06:52Tout ça démarre vraiment l'enquête une semaine après les faits,
00:06:56quand on sait que c'est bien du cyanure qu'il y avait dans la Josacine.
00:07:00Et donc oui, on leur pose tout un tas de questions.
00:07:03Ils donnent leur version, ils expliquent ce qui s'est passé ce soir-là
00:07:05et rien ne va être retenu contre eux.
00:07:08Ils vont être rayés de la liste des suspects.
00:07:10Le 26 juillet, plus d'un mois après la mort d'Émilie,
00:07:13un homme est placé en garde à vue.
00:07:15Il s'appelle Jean-Marc Deperrois.
00:07:17Qui est-il ?
00:07:18Jean-Marc Deperrois, c'est un homme âgé de 46 ans,
00:07:22qui est marié, qui a un enfant,
00:07:23qui vit sur Gruchet-de-Valas,
00:07:25qui a monté sa petite entreprise d'imagerie industrielle,
00:07:28qui marche bien.
00:07:29Il est aussi adjoint au maire,
00:07:31très investi dans la commune.
00:07:33Et ils se retrouvent au centre de l'affaire
00:07:35parce que Sylvie Tocqueville étant secrétaire de mairie,
00:07:38il se côtoie dans le cadre de ses activités d'adjoint au maire.
00:07:40Et ils ont une relation extra-conjugale.
00:07:43Et ça, les enquêteurs vont le savoir assez vite
00:07:45et donc vont s'intéresser à lui.
00:07:47A l'issue de sa garde à vue,
00:07:48Jean-Marc Deperrois est mis en examen
00:07:50et il devient le principal suspect dans cette affaire.
00:07:53Pour quelles raisons ?
00:07:54Alors, il a intéressé les enquêteurs
00:07:55parce qu'il est l'amant de Sylvie Tocqueville,
00:07:57que ça s'est passé chez les Tocqueville.
00:07:59Et surtout, ils se sont rendus compte
00:08:01qu'il avait acquis du cyanure un mois avant.
00:08:04Dans le cadre de ses activités pour son entreprise,
00:08:07il s'en est débarrassé,
00:08:08juste après la mort d'Émilie Tannet,
00:08:11enfin environ une semaine après.
00:08:12En garde à vue, il ment.
00:08:14Il ment à plusieurs reprises.
00:08:16Il ment mordicus.
00:08:17Il dit que non, il n'a pas eu de cyanure,
00:08:19y compris quand on va le confronter
00:08:21à l'homme à qui il avait passé commande.
00:08:23Et puis, il va finir par expliquer
00:08:25que s'il a menti,
00:08:26c'est parce qu'il avait peur d'être impliqué,
00:08:29peur qu'on dévoile sa relation
00:08:30avec Sylvie Tocqueville, etc.
00:08:32Mais ces éléments mis bout à bout,
00:08:35cette relation extra-conjugale,
00:08:36l'acquisition de cyanure,
00:08:37s'en est débarrassé immédiatement après le crime,
00:08:40tout ça va quand même former
00:08:41un faisceau d'indices graves à son encontre.
00:08:46Quelle est l'hypothèse des enquêteurs à ce moment-là ?
00:08:49Ce serait quoi son mobile ?
00:08:50Comme il ne connaît pas du tout le couple Tannet,
00:08:52on exclut totalement qu'il ait voulu
00:08:54s'en prendre à la petite Émilie.
00:08:56Donc la question va être de savoir
00:08:57s'il ne voulait pas nuire au Tocqueville,
00:08:58et plus particulièrement au mari de Sylvie Tocqueville,
00:09:01parce que M. Tocqueville va dire
00:09:03que plusieurs fois, il lui avait demandé
00:09:05de se séparer de sa femme, etc.
00:09:07Et on sait aussi que M. Tocqueville,
00:09:10la veille de l'empoisonnement d'Émilie,
00:09:12il a fait un malaise.
00:09:14Jean-Marc de Perroir aurait pu le savoir,
00:09:15donc il aurait voulu viser le mari de Mme Tocqueville
00:09:19en s'introduisant dans la maison,
00:09:22parce que son entreprise est à 30 mètres.
00:09:24Il aurait glissé du cyanure dans la josacine
00:09:27en pensant que ce médicament était pour M. Tocqueville.
00:09:30En fin de compte, ce serait une sorte de crime passionnel,
00:09:31mais raté, puisque la cible était M. Tocqueville
00:09:34et que c'est Émilie qui est décédée.
00:09:46Le procès de Jean-Marc de Perroir s'ouvre en mai 1997
00:09:49devant la cour d'assises de la Seine-Maritime.
00:09:52En quelques mots, comment se déroule cette audience ?
00:09:54C'est un grand procès, ça dure trois semaines.
00:09:56Il y a toute la presse qui est là,
00:09:58parce que l'affaire a fait la une des médias
00:10:00pendant trois ans.
00:10:01Et puis surtout, il y a quand même deux clans
00:10:03qui sont formés, il y a les pros et les antis de Perroir,
00:10:05parce que très vite, l'épouse de Jean-Marc de Perroir
00:10:07va clamer son innocence et dire que c'est une erreur judiciaire.
00:10:11L'audience, elle est en fait assez incertaine
00:10:14parce que l'accusation est relativement bancale.
00:10:17Les expertises ne sont pas formelles, par exemple,
00:10:19pour expliquer que le cyanure qu'il a pu commander
00:10:21aura été exactement le même que celui de la josacine.
00:10:24Tout ça est un peu bancal, mais finalement,
00:10:26il n'y a pas de preuves, il n'y a évidemment pas d'aveu.
00:10:28C'est même l'inverse, il clame son innocence.
00:10:30Et l'avocat général va quand même requérir 25 ans de prison
00:10:33en estimant que le faisceau de présomption est grave,
00:10:37concordant et que ça mérite condamnation.
00:10:40Le 25 mai 1997, après 4 heures de délibération,
00:10:44Jean-Marc de Perroir est condamné à 20 ans de réclusion criminelle.
00:10:47Il s'effondre dans le box en apprenant le verdict.
00:10:50Madame, monsieur, bonsoir.
00:10:51Le doute, mais l'intime conviction.
00:10:53Tôt ce matin, après seulement 4 heures de délibéré,
00:10:56les jurés de la cour d'assises de la Seine-Maritime
00:10:58ont condamné pour meurtre avec préméditation
00:11:00Jean-Marc de Perroir a 20 ans de réclusion criminelle.
00:11:03Son avocat, sa famille et au-delà considèrent qu'il y a la erreur judiciaire.
00:11:08Dans les années qui suivent,
00:11:09Louis Scolcombet, il n'a de cesse de clamer son innocence.
00:11:13Oui, alors déjà, avant, il s'est heurté à un mur,
00:11:15au mur de sa prison.
00:11:17Il a fait d'innombrables demandes de remise en liberté.
00:11:20À chaque fois, ça a été non.
00:11:22À l'époque, les verdicts n'étaient pas susceptibles d'appel.
00:11:25Donc, la seule chance de pouvoir avoir un deuxième procès à l'époque,
00:11:29c'est de demander à faire casser le verdict,
00:11:31uniquement sur des raisons de forme.
00:11:32Et la cour de cassation va considérer que le verdict est conforme.
00:11:35Donc, à ce moment-là, la condamnation devient définitive.
00:11:38En 2001, Jean-Marc de Perroir demande une révision de son procès.
00:11:41Alors, lui, il dit toujours qu'il est innocent.
00:11:43Et donc, avec ses avocats,
00:11:46il va tenter de démontrer que les expertises sur le cyanure n'étaient pas bonnes.
00:11:51Ils vont convoquer pour ça un expert qui va critiquer,
00:11:55voire tailler en pièces même,
00:11:56le travail des experts qui avaient témoigné devant la cour d'assises
00:11:59et qui ont quand même permis sa condamnation.
00:12:02Mais ça ne va pas être considéré comme suffisant.
00:12:06À la fin de l'année 2002, le 25 novembre,
00:12:09le journal Le Monde publie des révélations sur cette affaire.
00:12:12L'un de ses journalistes, le chroniqueur judiciaire Jean-Michel Dumais,
00:12:16s'est livré à une contre-enquête très longue et minutieuse.
00:12:20Et il est intimement convaincu que la fillette n'est pas morte
00:12:23à cause de Jean-Marc de Perroir.
00:12:25Oui, alors Jean-Michel Dumais,
00:12:26il était présent comme chroniqueur judiciaire pendant tout le procès.
00:12:28Donc, il connaît très bien l'affaire.
00:12:30Et il est pris d'un doute.
00:12:32Et donc, il va se plonger dans une tâche titanesque,
00:12:34c'est-à-dire relire les 15 000 pages du dossier, une à une.
00:12:38Et sa thèse, finalement,
00:12:40c'est sans doute qu'en réalité,
00:12:42personne n'a voulu la mort d'Emilie Tanais,
00:12:43mais sans doute personne n'a voulu la mort de quelqu'un tout court.
00:12:46Alors, en fait, il pense que ça a pu être un accident domestique.
00:12:49Emilie Tanais, elle aurait avalé par mégarde,
00:12:53d'une façon ou d'une autre, un produit contenant du cyanure,
00:12:56qu'elle en serait morte et que, pris de panique,
00:12:58peut-être les Tocqueville, ou en tout cas quelqu'un,
00:13:00un adulte autour d'elle, s'est rendu compte
00:13:02qu'elle était morte et qu'il fallait camoufler,
00:13:04insérer du cyanure dans la josacine,
00:13:06après coup, pour faire incriminer le médicament.
00:13:10Sur quoi est-ce qu'il s'appuie pour formuler cette hypothèse ?
00:13:13Il va réinterroger les urgentistes du SMUR
00:13:15qui sont venus sur place soigner l'Emilie.
00:13:19Et ceux-ci vont lui expliquer qu'ils avaient insisté
00:13:22pour avoir des éléments de compréhension de l'état d'Emilie
00:13:25et que les Tocqueville étaient restés relativement muets.
00:13:28Ils avaient juste évoqué le goût bizarre de la josacine,
00:13:31mais sans plus.
00:13:33Jean-Michel Dumais précise que, d'après l'enquête,
00:13:35une feuille de journal contenant de la poudre blanche
00:13:38a été découverte au cours d'une perquisition chez les Tocqueville,
00:13:41mais qu'elle n'a jamais été analysée.
00:13:43Il relève que Jean-Michel Tocqueville,
00:13:45qui gardait Emilie et Denis Lecointre,
00:13:47l'ami qui a été appelé en même temps que les Secours,
00:13:50avaient tous les deux accès à du cyanure
00:13:51dans leurs entreprises respectives.
00:13:53Et il a aussi retrouvé la femme de ménage des Tocqueville
00:13:57qui lui a livré de nouveaux éléments.
00:13:59Oui, ça elle ne l'avait pas dit à la barre au tribunal,
00:14:02mais elle explique qu'elle avait vu un flacon un peu étrange
00:14:06qui traînait et qu'elle l'avait finalement rangé dans un placard.
00:14:11Ce qui pose la question de savoir quel était ce produit,
00:14:14parce que si ce n'est pas la josacine qui a tué Emilie,
00:14:17d'où vient le cyanure ?
00:14:18Elle a quand même bien ingéré du cyanure à un moment ou à un autre,
00:14:20et ça c'est un mystère.
00:14:21Et le journaliste du Monde, Jean-Michel Dumais,
00:14:23a surtout repéré dans ce gigantesque dossier
00:14:26des écoutes téléphoniques troublantes
00:14:28qui n'ont jamais été exploitées.
00:14:29entre Jean-Michel Tocqueville et Denis Lecointre,
00:14:32son ami qui, on le rappelle,
00:14:34avait ensuite apporté la josacine à l'hôpital.
00:14:36Oui, alors celles-ci sont captées le soir
00:14:38où il est annoncé au JT de 20h
00:14:41que le laboratoire retire la josacine du marché.
00:14:43On est cinq jours après les faits,
00:14:45ils ne sont pas encore placés en garde à vue,
00:14:47et Denis Lecointre dit d'abord à Jean-Michel Tocqueville
00:14:50« Bon, tu vois que tu n'étais pas coupable ».
00:14:52Et puis par ailleurs, ils discutent du fait
00:14:55que l'enquête est menée très au sérieux
00:14:57pour comprendre quel est le produit.
00:14:59Et il y a cette phrase très énigmatique
00:15:01qui est prononcée par Denis Lecointre
00:15:03et qui dit à Jean-Michel Tocqueville
00:15:05« Mais il faut qu'on sache, hein,
00:15:07parce que tout à l'heure, toi, tu vas passer à la télé
00:15:09avec ton produit que tu as mis dans la josacine. »
00:15:12Et puis plus tard, il lui dit
00:15:13« On est bien d'accord, on ne s'est pas vus de la journée. »
00:15:16C'est évidemment explosif.
00:15:18Ces écoutes, elles sont dans le dossier.
00:15:20Personne ne les a jamais interrogées là-dessus.
00:15:22Personne ne les a interrogées pendant le procès.
00:15:24Et Jean-Michel Dumais, finalement,
00:15:25semble être le premier à avoir découvert ces écoutes
00:15:29qui, si elles avaient été exploitées pendant l'enquête,
00:15:32auraient sans doute, ou peut-être,
00:15:33en tout cas changé le cours de cette enquête
00:15:34qui s'est vite braquée, en fait, sur Jean-Marc de Perrois.
00:15:37Est-ce que ces révélations changent quelque chose à cette affaire ?
00:15:40En tout cas, ça va être analysé par la commission de révision.
00:15:43Mais en tout état de cause, en fait,
00:15:44ces écoutes téléphoniques, elles existaient dans le dossier.
00:15:47En termes de droit, ce n'est pas un élément nouveau.
00:15:49C'est ça qu'il faut pour une révision, un élément nouveau.
00:15:51Donc, pour les passionnés de l'histoire, ça change beaucoup de choses.
00:15:54Pour Jean-Marc de Perrois, à ce moment-là, ça ne change rien.
00:15:59Jean-Michel Dumais a ensuite publié l'intégralité de sa contre-enquête
00:16:03dans un livre sorti en 2003.
00:16:04Il a été attaqué en diffamation par Jean-Michel Tocqueville et Denis Lecointre,
00:16:09mais il n'a jamais été condamné.
00:16:11Non, ça a donné lieu à plusieurs procès,
00:16:13parce qu'ils ont attaqué et les articles du Monde et le livre.
00:16:16Et à la toute fin, en fait, les juges ont considéré que le travail
00:16:19qu'avait fait ce journée, c'était en gros d'intérêt public,
00:16:22qu'il avait été impartial, que les choses avaient été présentées correctement.
00:16:25Et plus que tout, ils ont considéré que sa thèse était plausible.
00:16:29C'est le mot qui a été employé.
00:16:30C'est dire que le travail qui a été mené et qui a alimenté aussi
00:16:34toute la réflexion autour des demandes de révision
00:16:35n'est pas complètement farfelu, loin de là.
00:16:37Denis Lecointre et Jean-Michel Tocqueville,
00:16:39ils ont été interrogés au sujet de ces écoutes au milieu des années 2000.
00:16:43Qu'est-ce qu'ils ont répondu ?
00:16:44Alors, ils ont un peu faim à la surprise.
00:16:47Et ce qu'ils s'en rappelaient vraiment, parce que c'était des années après,
00:16:51en tout cas, ils ont expliqué que dans la panique de ces jours-là,
00:16:54sans doute, ils ont dit un peu tout et son contraire.
00:16:57Et qu'ils n'ont pas vraiment su apporter d'explication au sens de ces phrases.
00:17:03Donc, voilà, c'est resté un peu comme ça, en suspens.
00:17:05En 2005, Jean-Marc Deperrois fait une deuxième demande de révision
00:17:09qui, elle aussi, est rejetée.
00:17:11Louise Colcombet, on fait un saut dans le temps.
00:17:13Au mois de novembre 2019, 25 ans après la mort de la petite Émilie Tannet,
00:17:18vous rencontrez sa mère, Corinne Tannet.
00:17:20D'abord, qu'est-ce qu'elle est devenue toutes ces années ?
00:17:23C'est quelqu'un qui a été profondément détruite,
00:17:27enfin, en tout cas, elle a plongé pendant longtemps dans le chagrin avec son mari.
00:17:33Ils ont très mal vécu tout ça et notamment, d'ailleurs, l'après-procès
00:17:36parce qu'ils ont reçu des lettres terribles,
00:17:39des gens qui leur en voulaient parce qu'ils considéraient
00:17:41qu'ils avaient fait condamner à tort Jean-Marc Deperrois.
00:17:44Et puis, elle a décidé de sortir de tout ça par le haut.
00:17:47Elle a écrit des livres en hommage à sa fille pour combattre son chagrin.
00:17:50Elle a écrit quatre livres et elle s'est plongée aussi dans le process judiciaire.
00:17:54Elle a étudié de près certaines affaires.
00:17:56C'est quelqu'un qui a fait un cheminement personnel assez important
00:18:00pour essayer de lutter contre son chagrin et puis contre sa haine.
00:18:04Elle ne s'en est jamais cachée la haine qu'elle avait contre Jean-Marc Deperrois.
00:18:07Comment elle vous apparaît à ce moment-là, quand vous l'interviewez ?
00:18:10Combative, déterminée, elle est hyper affûtée, elle connaît le dossier par cœur.
00:18:14Elle a relu l'intégralité du dossier elle aussi.
00:18:17C'est quelqu'un qui a énormément de questions sur le rôle des Tocqueville,
00:18:21sur le rôle aussi de Denis Lecointre,
00:18:23sur le rôle de Jean-Marc Deperrois et sur la toxicologie,
00:18:27des choses qui ont peut-être pu ne pas être analysées à l'époque.
00:18:31Vous l'interviewez à l'occasion de la sortie de son cinquième livre,
00:18:35La réparation volontaire, paru chez Grasset,
00:18:37dans lequel elle explique qu'elle a rencontré Jean-Marc Deperrois
00:18:41à quatre reprises à partir de 2016,
00:18:43puisqu'à ce moment-là, il est sorti de prison.
00:18:46Oui, Jean-Marc Deperrois sort en 2006 après 12 ans de réclusion.
00:18:49Il est en liberté conditionnelle.
00:18:51Il a refait sa vie.
00:18:52De son côté, Corinne Tannel, elle a toujours ses questions.
00:18:56Elle explique dans son livre très bien qu'elle a réussi à...
00:18:58Elle a mis du temps, mais elle dit
00:18:59« J'ai mis du temps à comprendre qu'il y avait deux souffrances ».
00:19:01Jean-Marc Deperrois a lui aussi quelque part subi le processus judiciaire,
00:19:06qui est quand même très violent, que ce soit d'un côté comme de l'autre.
00:19:09Et qu'elle se dit qu'à un moment,
00:19:11la seule façon d'avancer vers plus de paix intérieure,
00:19:15c'est d'aller à la rencontre de cette personne.
00:19:17Et puis il y a un deuxième intérêt pour elle,
00:19:19c'est qu'au bout d'un moment, elle a relu tout le dossier, page par page,
00:19:23et qu'elle est dans une impasse sur certaines choses.
00:19:24Elle veut comprendre.
00:19:25Et elle se dit que la seule personne qui peut lui donner certaines réponses,
00:19:29c'est Jean-Marc Deperrois lui-même.
00:19:30Et à ce moment-là, elle n'est plus certaine de sa culpabilité ?
00:19:33C'est plus compliqué que ça.
00:19:34Elle est certaine que tout n'a pas été dit au procès.
00:19:37Elle est certaine que certains éléments manquent.
00:19:39Pour autant, moi j'en comprends un demi-mot,
00:19:41qu'elle n'exclut pas qu'il ait eu un rôle dans cette affaire.
00:19:44Elle formule beaucoup de regrets sur la façon dont l'enquête a été conduite.
00:19:48Et sur le rôle des Tocqueville, encore une fois,
00:19:50il n'y a pas eu de reconstitution.
00:19:51Ce n'est pas exactement avec précision à la minute près
00:19:53comment les choses se sont passées,
00:19:54si ça peut être cohérent avec ce qu'ils ont raconté.
00:19:57Donc évidemment, ça ne veut pas dire qu'elle les accuse,
00:19:59mais ça veut dire qu'il y a des choses qu'on ne sait pas.
00:20:02Et ça, c'est insupportable pour elle.
00:20:03Sa fille est morte et finalement, des années après,
00:20:05elle ne sait toujours pas exactement dans quelles conditions.
00:20:11On en vient à l'année 2023, le 8 février.
00:20:14Louise Colcombet vous révélait dans Le Parisien
00:20:17que l'avocate de Jean-Marc Deperrois
00:20:19a déposé une troisième requête en révision.
00:20:22Une requête qui s'appuie notamment sur une nouvelle expertise.
00:20:25C'est une expertise privée qui a été demandée
00:20:27à un médecin spécialisé cyanure
00:20:29qui s'est rendu compte que dans la dépouille d'Émilie,
00:20:32le dosage en cyanure était totalement incompatible
00:20:35avec le dosage en cyanure qu'on retrouve dans la josacine.
00:20:38Ça, c'est un premier point.
00:20:39Et par ailleurs, il explique que dans la josacine,
00:20:41la dose de cyanure était 4 à 16 fois la dose létale.
00:20:45Donc si Émilie avait absorbé ce produit-là,
00:20:48ça aurait été une mort foudroyante.
00:20:49C'est-à-dire que dans les secondes après absorption,
00:20:51on s'écroule.
00:20:52Dans les minutes qui suivent, c'est le décès.
00:20:54Or, ce n'est pas du tout ce qui s'est passé ce soir-là.
00:20:57Émilie, elle a survécu pendant deux heures.
00:21:00Les Tocqueville et leur fils racontent
00:21:02qu'il se passe un quart d'heure
00:21:03où elle fait tout un tas de choses.
00:21:05Elle se plaint, certes, de brûlure,
00:21:06mais elle n'est pas du tout,
00:21:08elle ne tombe pas raide d'un seul coup.
00:21:10On l'entend même gémir
00:21:11quand le coup de fil est passé aux urgentistes.
00:21:15Maître Valérie Rosano, l'avocate de Jean-Marc de Perrois,
00:21:17dit même, nous, on démontre scientifiquement
00:21:19que ce n'est pas le flacon de josacine
00:21:21qui a tué Émilie Tannet.
00:21:24La josacine, c'est le seul élément
00:21:25qui relie Jean-Marc de Perrois à cette histoire,
00:21:28puisqu'on considère qu'il est rentré dans la maison
00:21:30qu'il a versé du cyanure dedans.
00:21:32Si ce n'est pas la josacine,
00:21:33ce n'est pas Jean-Marc de Perrois.
00:21:35En clair, cette expertise,
00:21:36elle conforte l'hypothèse
00:21:37que du cyanure a été rajouté après coup
00:21:39dans le flacon de josacine ?
00:21:41C'est forcément ce qu'on en déduit.
00:21:42C'est vrai que ça jette un doute encore plus
00:21:44sur ce qui a pu se passer ce soir-là,
00:21:46d'autant que d'autres éléments
00:21:47ont été joints à la procédure.
00:21:50Par exemple, Sylvie Tocqueville,
00:21:52elle tient à ce moment-là
00:21:53une sorte de carnet de bord.
00:21:54En tout cas, elle a pris des notes manuscrites
00:21:55sur ce qui s'est passé à ce moment-là.
00:21:57Et le juge d'instruction lui demande ses notes,
00:21:59elle va les fournir.
00:22:00Mais on va se rendre compte
00:22:01dans une procédure annexe,
00:22:03dans les multiples procès
00:22:04qui ont suivi le grand procès,
00:22:05ce qu'elle a donné au juge
00:22:06étaient des notes tronquées.
00:22:08Et dans les notes non tronquées,
00:22:09il y a un épisode un peu troublant,
00:22:10en tout cas qui pose question,
00:22:12où elle raconte qu'elle trouve
00:22:13dans la poche du pantalon de son fils,
00:22:15dans les jours qui suivent,
00:22:17un petit tube à essai
00:22:18avec l'inscription « chaud vive ».
00:22:22On est vraiment dans le moment
00:22:23où on n'a pas encore le cyanure,
00:22:24mais on sait qu'il y a un produit décapant,
00:22:27quelque chose de très dangereux
00:22:28qui a été absorbé.
00:22:29Elle se dit « mais est-ce que c'est ça
00:22:30qu'a tué Émilie ? »
00:22:31Elle va voir son fils
00:22:31et lui pose la question.
00:22:33Il dit « ah mais non, non, non,
00:22:33je l'ai trouvé dans un jeu
00:22:34de petit chimiste
00:22:35qui était dans la cave
00:22:36d'un de ses proches ».
00:22:38Et du coup, elle écrit
00:22:39« bon, ben tout va bien,
00:22:40c'est pas la peine
00:22:41que j'en parle aux gendarmes ».
00:22:42Sauf que ça, évidemment,
00:22:44elle n'en a pas parlé aux gendarmes
00:22:45et quand le juge d'inscription
00:22:46lui a demandé ses notes,
00:22:47il n'y avait pas ça dedans.
00:22:49Donc évidemment,
00:22:49des années après,
00:22:50avec tout ce qu'on sait,
00:22:52c'est vrai que c'est encore
00:22:53quelque chose qui pose question
00:22:54et qui interroge
00:22:55sur ce qui s'est passé
00:22:56réellement cette nuit-là.
00:22:58Est-ce que les éléments
00:22:59joints à cette requête
00:23:01en révision sont susceptibles
00:23:02de relancer réellement
00:23:03cette affaire ?
00:23:04C'est ce que Jean-Marc
00:23:05de Perrois espère.
00:23:07Maintenant, c'est la commission
00:23:08de révision et la cour de révision
00:23:10qui vont décider
00:23:11s'ils considèrent
00:23:12que ce sont des éléments nouveaux
00:23:13de nature à faire naître
00:23:14un doute sur la culpabilité
00:23:16du condamné.
00:23:16C'est le texte de loi.
00:23:18Est-ce que ça va suffire
00:23:19à ce qu'on relance
00:23:21des investigations,
00:23:22qu'on réinterroge
00:23:22les protagonistes ?
00:23:23En tout cas,
00:23:24ça risque de prendre des années
00:23:25parce qu'en fait,
00:23:26c'est un dossier énorme
00:23:27dont il faut se réimprégner
00:23:28avec les expertises
00:23:30en toxicologie
00:23:30qui sont éminemment complexes
00:23:32parce qu'il y a
00:23:33différents types de cyanures,
00:23:34les dosages,
00:23:35tout ça est extrêmement compliqué.
00:23:37Et par ailleurs,
00:23:38ça veut dire réinterroger
00:23:39tout un tas de gens.
00:23:40À titre d'exemple,
00:23:41la deuxième demande en révision,
00:23:42elle avait mis 4 ans
00:23:43avant d'être finalement rejetée.
00:24:13Sous-titrage Société Radio-Canada
00:24:16Amourou,
00:24:17réalisation Julien Moukoukiol.
00:24:19N'oubliez pas de vous abonner
00:24:20à Code Source
00:24:21sur votre plateforme
00:24:22d'écoute préférée
00:24:23et je vous invite
00:24:24à écouter notre nouveau podcast
00:24:25consacré aux faits divers,
00:24:27Crime Story,
00:24:28qui raconte chaque semaine
00:24:30une grande affaire criminelle
00:24:31avec les journalistes
00:24:32du Parisien Claudia Prolongeau
00:24:34et le chef du service
00:24:35Police Justice,
00:24:36Damien Delsenis.
00:24:37Sous-titrage Société Radio-Canada
00:25:07C'est parti.
00:25:37C'est parti.
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00:49:33Merci.
00:49:39Merci.
00:49:42Merci.
00:49:44Merci.
00:49:45les plus chers de l'histoire du cinéma français.
00:49:48Cette superproduction, confiée au réalisateur et comédien Guillaume Canet,
00:49:52met en scène les deux Gaulois en route vers la Chine,
00:49:55avec un très gros casting et de nombreux effets spéciaux.
00:49:58Très attendu par le public et les professionnels du cinéma,
00:50:01ce projet colossal a dû surmonter bien des épreuves.
00:50:04Un tournage compliqué, l'épidémie de Covid,
00:50:07et une critique pas franchement convaincue par ce nouvel opus.
00:50:11Avec nous dans Code Source, deux journalistes du service culture du Parisien,
00:50:15Catherine Ball et Grégory Plouvier,
00:50:17ainsi que le chef de ce service, Emmanuel Maroll.
00:50:27Grégory Plouvier, le mardi 6 décembre 2022, avec Catherine Ball.
00:50:31Vous vous rendez tous les deux dans un cinéma parisien,
00:50:33à la projection presse d'Astérix et Obélix, l'Empire du Milieu.
00:50:37D'abord, quelle est l'ambiance avant le début de cette projection ?
00:50:40On est tous réunis au Pâté-Bourgrenel.
00:50:42C'est une grande salle de cinéma qui se trouve juste à côté de la rédaction,
00:50:45dans le 15e arrondissement.
00:50:47Donc essentiellement, des journalistes se trouvent présents ce jour-là,
00:50:51beaucoup de journalistes, vu qu'il y a très peu de projections presse
00:50:53qui sont organisées avant la sortie du film.
00:50:55Il y a une grosse attente par rapport à ce film-là.
00:50:57C'est plus de dix ans que les aventures d'Astérix n'ont pas été adaptées au cinéma.
00:51:01Donc on attend de voir, avec pas mal d'impatience,
00:51:05ce que Guillaume Canet et son équipe ont réalisé avec ce film-là.
00:51:08Alors vous nous direz tous les trois ce que vous avez pensé de ce film,
00:51:11Emmanuel Marolle, Catherine Balle et Grégory Plouvier.
00:51:14Pourquoi ce film est un gros événement ?
00:51:16Mais avant, vous allez nous raconter les coulisses d'Astérix et Obélix,
00:51:19l'Empire du Milieu.
00:51:21C'est le cinquième film inspiré de la bande dessinée.
00:51:24Avant ça, Grégory Plouvier, il y a eu plusieurs adaptations,
00:51:27plus ou moins réussies et qui ont connu un succès inégal.
00:51:30Ça a commencé en 1999 avec Claude Zidi,
00:51:33qui a été le premier à adapter les aventures d'Astérix,
00:51:36en mêlant plusieurs albums existants.
00:51:39Vivons tous de la potion magique !
00:51:41Par tout sa fils !
00:51:50Avec Obélix, Gérard Depardieu et Astérix, Christian Clavier.
00:51:559 millions à peu près de spectateurs à la fin,
00:51:58malgré une critique qu'on va qualifier de plutôt mitigée.
00:52:01La vraie rencontre entre Astérix et le cinéma,
00:52:03c'est trois ans plus tard, en 2002.
00:52:05C'est Alain Chabat qui réalise Mission Cléopâtre,
00:52:08qui va à la fois rencontrer un énorme succès populaire,
00:52:12vu qu'on est autour de 14 millions de spectateurs, c'est énorme,
00:52:15mais également pour le coup qu'il mettra toute la critique d'accord.
00:52:19Ils sont fous, c'est Romain.
00:52:25Devant la violence de cette scène,
00:52:27nous préférons vous montrer ce document consacré à la langouste.
00:52:32Contrairement à une idée largement répandue,
00:52:35la langouste se nourrit exclusivement de fruits de mer.
00:52:38Ce qui ne l'empêche pas de rester très humaine.
00:52:48Un vrai esprit, un univers un peu inspiré des nuls,
00:52:52dont il était la figure de Proulx, c'est un énorme carton.
00:52:55Le suivant, c'est Astérix et Obélix aux Jeux Olympiques,
00:52:597 millions de spectateurs,
00:53:01mais là pour le coup, la presse est vraiment très très mauvaise.
00:53:06Et dernière adaptation en date, c'était Au service de sa Majesté,
00:53:08on était en 2012 avec Edouard Beurre en Astérix.
00:53:12Je le trouve très drôle, mais c'était un gros échec commercial.
00:53:15Moins de 4 millions de spectateurs qui ont vu ce film.
00:53:17Catherine Ball, l'idée de faire un nouveau film sur les aventures d'Astérix,
00:53:20naît en 2016, 4 ans après la sortie du dernier opus,
00:53:24Astérix et Obélix au service de sa Majesté.
00:53:26Oui, c'est un producteur en devenir qui s'appelle Johan Bayada,
00:53:29qui a cette idée, qui veut relancer un film Astérix.
00:53:32Les précédents ont eu des succès mitigés au cinéma,
00:53:35mais c'est quand même toujours des gros scores, 4 millions au minimum.
00:53:38Donc c'est une franchise familiale, c'est une valeur sûre.
00:53:41Et voilà, il veut refaire un Astérix,
00:53:43mais c'est un petit producteur dans l'industrie.
00:53:46Donc il doit s'associer avec un autre producteur.
00:53:49Il s'associe avec Alain Attal,
00:53:50qui est le producteur du Grand Bain, des Petits Mouchoirs, du Champ du Loup.
00:53:54Et donc il propose cette idée aux éditions Albert René,
00:53:56qui détiennent les droits du Derzo et Goscinny,
00:53:58qui est emballé par le projet.
00:54:00Et après, ils s'adossent au distributeur Pathé,
00:54:02parce qu'ils savent que c'est un film qui va nécessiter un énorme budget.
00:54:06Donc c'est comme ça que naît ce projet.
00:54:08Emmanuel Marolle, les producteurs se lancent donc à la recherche d'un réalisateur,
00:54:12et leur choix s'arrête sur le comédien et cinéaste Guillaume Canet.
00:54:15Il y a un casting de réalisateurs,
00:54:17il y a des metteurs en scène qu'on interroge un petit peu,
00:54:21où on va un peu les challenger sur leur parcours,
00:54:23sur ce qu'ils peuvent faire, sur ce qu'ils ont fait aussi.
00:54:26Et Guillaume Canet a raconté par exemple
00:54:27qu'il y avait trois conditions,
00:54:29que le réalisateur en question ait déjà eu un César,
00:54:33qu'il ait déjà fait au moins deux millions d'entrées avec un film,
00:54:36et qu'il ait aussi tourné un film en anglais.
00:54:38Et lui, il cochait toutes les cases.
00:54:40Canet ajoutait à cela que le producteur,
00:54:42Alain Attal, qui allait financer en partie le projet,
00:54:45est aussi le producteur des films de Guillaume Canet.
00:54:47Cette fois-ci, il n'est pas question d'adapter l'un des albums de Goscinny et Uderzo,
00:54:52mais d'écrire un scénario original, c'est ça ?
00:54:54Oui, c'est la première fois qu'un film n'est pas une adaptation directe d'un album de BD.
00:54:59Et là, ce sont les éditions Albert-René qui veulent internationaliser cette franchise.
00:55:05Il faut savoir qu'Astérix et Obélix, les précédents, les quatre premiers films,
00:55:08ont fait chacun entre 5 et 15 millions d'entrées à l'étranger.
00:55:11Donc c'est quand même une marque qui s'exporte.
00:55:13Et donc ils veulent faire un film international aussi.
00:55:17Donc vient cette idée que les aventures d'Astérix et Obélix se déroulent en Chine.
00:55:26Grégory Plouvier, en plus de réaliser le film,
00:55:29Guillaume Canet prévoit finalement d'endosser lui-même le costume d'Astérix.
00:55:32Ça paraît difficile et ce n'était pas son idée première.
00:55:35Son idée première était plutôt de confier le rôle à quelqu'un d'autre
00:55:38pour qu'il puisse se concentrer à 100% sur sa tâche de metteur en scène
00:55:41qui est colossale pour ce type de film.
00:55:43Dans le duo Astérix et Obélix, Astérix c'est le rôle le plus difficile.
00:55:47Obélix, on voit tout de suite, c'est l'enfance, c'est la naïveté,
00:55:50il y a quelque chose d'assez poétique.
00:55:52Astérix doit être à la fois dans une espèce de rage contenu
00:55:55et malgré tout donner un peu de charme.
00:55:56C'est vraiment quelque chose de très compliqué à incarner.
00:55:59Finalement c'est son producteur qui cherchait véritablement
00:56:02une figure emblématique pour jouer le rôle d'Astérix, un premier rôle.
00:56:07Et du coup il s'est laissé convaincre d'endosser cette casquette,
00:56:10ou plutôt ce casque, en plus de son rôle de metteur en scène.
00:56:13Au mois de janvier 2020, la production du film dévoile les premiers noms prévus à l'affiche,
00:56:19ce qui laisse présager Catherine Balle, un casting avec beaucoup de stars.
00:56:22Oui, quelques mois avant, Guillaume Canet a posté sur les réseaux sociaux
00:56:25une photo de lui avec Gilles Lelouch en costume d'Astérix et Obélix.
00:56:29Donc voilà, on connaît déjà le duo qui va l'incarner.
00:56:32D'ailleurs au moment où il poste cette photo, ça crée vraiment la surprise.
00:56:35Et donc en janvier, on apprend que Marion Cotillard va jouer Cléopâtre,
00:56:40qui était incarnée par Monica Bellucci.
00:56:42Donc Marion Cotillard, évidemment extrêmement connue aussi à l'international.
00:56:46Et on apprend que Jonathan Cohen va avoir un rôle important.
00:56:49Et donc au fil des mois, cette liste va s'allonger.
00:56:51Donc on va apprendre progressivement qu'il y a également Manu Payette,
00:56:54Angèle, McFly et Carlito, Philippe Catherine, Audrey Lamy, Jérôme Commander,
00:57:00jusqu'au footballeur Zlatan Ibrahimović.
00:57:02Il y a beaucoup, beaucoup de gens connus dans cette Astérix.
00:57:05Est-ce qu'on sait combien doit coûter le film au départ ?
00:57:07Alors le premier chiffre qui paraît, c'est 60 millions d'euros.
00:57:1060 millions d'euros, c'est énorme.
00:57:12Il faut savoir qu'un petit film français, c'est 2 millions d'euros.
00:57:14Un film moyen, c'est 5-7 millions.
00:57:16Un gros film, c'est 15 millions.
00:57:17Les tuches, par exemple, c'est 15 millions.
00:57:19Donc 60 millions d'euros, c'est colossal.
00:57:21C'est 4 fois le budget des tuches.
00:57:23Il y a plein d'années dans le cinéma français
00:57:25où il n'y a aucune production qui coûte 60 millions d'euros.
00:57:27Donc on sait que c'est un projet extrêmement ambitieux.
00:57:31À ce moment-là, ça fait plusieurs semaines
00:57:33que la préparation du film a débuté,
00:57:35la création des décors dans un studio en région parisienne
00:57:38et la confection de nombreux costumes.
00:57:41Le tournage doit commencer au mois de juin 2020 en France,
00:57:44puis en septembre en Chine
00:57:46pour une sortie prévue en salle pendant l'année 2021.
00:57:49Mais la pandémie de Covid-19 vient bouleverser ce calendrier.
00:57:53Oui, au mois de mars 2020, la France s'arrête.
00:57:55Le confinement est décrété.
00:57:57Et même si les tournages vont reprendre finalement assez vite en France
00:58:01par rapport aux autres pays, c'est-à-dire en juin-juillet,
00:58:03là, Astérix, c'est un projet beaucoup trop gros
00:58:06pour que le producteur lance ce chantier énorme.
00:58:09Il n'y a pas encore d'assurance pour les tournages
00:58:12qui seraient amenés à s'arrêter parce qu'il y aurait des cas de Covid.
00:58:15Et en plus, là, le gros problème,
00:58:16c'est que le tournage doit se dérouler en Chine,
00:58:18où est l'épicentre de la pandémie.
00:58:20Donc le projet est totalement suspendu.
00:58:23Il est reporté d'un an.
00:58:24Le tournage démarre donc réellement en mars 2021.
00:58:28Mais problème, il n'est plus possible d'aller filmer des scènes en Chine.
00:58:31Le problème, c'est que le scénario ne passe pas à la barre de la censure.
00:58:34Les autorités chinoises n'acceptent pas plusieurs aspects du scénario.
00:58:37Le premier, c'est que dans cette intrigue d'Astérix,
00:58:40la Chine est envahie par les Romains.
00:58:42Donc ça, ça ne passe pas.
00:58:43Il y a aussi un vase chinois très précieux qui est brisé.
00:58:48Et il y a un moine qui se prend une gifle.
00:58:51Donc, à partir de ce moment-là, la Chine dit non.
00:58:54Et il faut se rabattre sur d'autres lieux de tournage.
00:58:56Et Guillaume Canet, qui adore les grands espaces, connaît bien l'Auvergne.
00:58:59Et il décide de reconstituer une Chine en Auvergne.
00:59:03Comment se passe le tournage ?
00:59:04Alors, le tournage s'avère épique.
00:59:06C'est-à-dire qu'il y a un premier problème qui est la météo.
00:59:08Quand Guillaume Canet avait fait ses repérages en Auvergne,
00:59:11quelqu'un lui avait dit « Ouh là là, le mois de mai, c'est dangereux ».
00:59:14Bon, il aurait dû l'écouter.
00:59:15En fait, il tombe sur des intempéries incroyables.
00:59:18Il y a une pluie diluvienne, il fait froid.
00:59:20Et cette météo, évidemment, c'est compliqué
00:59:22parce qu'ils sont censés tourner des grandes scènes de combat en extérieur.
00:59:26Pendant des jours, ils ne peuvent pas tourner.
00:59:27Ils ont transporté 500 costumes.
00:59:29Et en fait, le plateau ne peut pas fonctionner.
00:59:32Donc, il y a ce problème de la météo.
00:59:34Après, il faut gérer tous les comédiens.
00:59:37Zlatan Ibrahimovic qui arrive et qui, pour une scène, dit
00:59:40« Il faut que je sois reparti dans une heure. »
00:59:41Donc, voilà, c'est le branle-bas de combat.
00:59:43Il faut le maquiller, le faire tourner en une heure
00:59:45pour l'une des scènes dans lesquelles il apparaît.
00:59:47Mais voilà, c'est un tournage qui est extrêmement compliqué.
00:59:50C'est un parcours du combattant.
00:59:52Et Guillaume Canet, avec humour, pendant la promotion, a dit
00:59:54« Mais je ne le referai plus jamais. »
00:59:58On en revient au début de cet épisode.
00:59:59Grégory Plouvier, Catherine Balle, en décembre 2022,
01:00:02le mardi 6 décembre, vous vous rendez ensemble
01:00:05à une projection du film réservé à la presse.
01:00:08Qu'est-ce que vous vous dites à la sortie du film ?
01:00:10On se regarde tous les deux.
01:00:12On fait le chemin du retour entre le cinéma et la rédaction à pied.
01:00:17Et on tombe très vite d'accord sur le fait que le film est loin d'être une catastrophe,
01:00:22mais c'est surtout loin d'être une réussite.
01:00:24Avec moi, ce constat que j'aimais très vite,
01:00:26en fait, je n'ai pas beaucoup ri, voire je n'ai pas ri du tout.
01:00:30Ça m'est arrivé de sourire, quelques moments que je trouve plutôt sympas.
01:00:33Il y a peut-être une différence par rapport aux astérisques qui nous ont plu,
01:00:37c'est qu'il n'y a pas de moment culte.
01:00:38Il n'y a pas de réplique où on se dit « Tiens, là, dans 10, dans 15, dans 20
01:00:42ans,
01:00:42on les répétera et on rigolera encore. »
01:00:44Ils ne sont pas amoureux.
01:00:46Et tant que Fouilly n'est pas avec quelqu'un, elle n'est avec personne.
01:00:48Que le meilleur gagne.
01:00:49J'ai hâte de voir la tête qu'elle va faire
01:00:51quand je vais lui dire que...
01:00:53que t'es pas un vrai gaulois, que t'es un faux blond.
01:00:55Bah ouais ?
01:00:56Moi aussi, j'ai hâte de voir la tête qu'elle va faire
01:00:58quand je vais lui dire que t'as moustache, là.
01:01:00Ouais ? Quoi ? Quoi, moustache ?
01:01:01Ta moustache, là ?
01:01:02Ouais.
01:01:03Elle est horrible !
01:01:04Oh non !
01:01:06On a souri, mais on n'a pas assez ri.
01:01:08On avait de grandes attentes, c'est vrai, par rapport à cette astérisque.
01:01:11On l'attendait depuis longtemps.
01:01:12On était très impatients de découvrir ce casting,
01:01:15cette production, ce film de Guillaume Canet.
01:01:17Et en fait, on ne passe pas un mauvais moment,
01:01:20mais on est globalement déçus.
01:01:22Emmanuel Marolle, vous, vous découvrez le film le lendemain
01:01:24au cours d'une autre projection.
01:01:25Oui, je découvre le film au même endroit
01:01:27que Grégory et Catherine la veille.
01:01:30On est sollicité pour que le Parisien soit partenaire du film.
01:01:34Qu'est-ce que c'est qu'un partenariat ?
01:01:35C'est une façon pour un média, en l'occurrence le nôtre,
01:01:39de soutenir un film au moment de sa sortie.
01:01:41Ça nous arrive assez régulièrement.
01:01:43Donc je le vois dans ce cadre-là, avec cette question-là.
01:01:45Est-ce que le Parisien a envie d'être partenaire du film ou pas ?
01:01:49Et effectivement, un peu comme mes deux camarades,
01:01:51en sortant du film, je suis très sceptique
01:01:53et surtout très déçu.
01:01:55Je me suis plutôt ennuyé.
01:01:57Alors, ce n'est pas ni mauvais ni excellent,
01:01:59c'est justement entre les deux.
01:02:01L'histoire n'est pas très captivante.
01:02:03Il y a énormément de guests, on les a cités,
01:02:05mais ils sont là et puis c'est tout.
01:02:07Donc il ne se passe pas grand-chose à l'arrivée.
01:02:09Et en sortant de la salle, je me dis non,
01:02:12même si c'est a priori un film très très grand public
01:02:16qui pourrait être pour le Parisien,
01:02:18ça va être très compliqué d'être partenaire
01:02:20tout en disant réellement qu'on est déçu.
01:02:22Emmanuel Marolle, je m'adresse au chef du service culture.
01:02:24Est-ce qu'il arrive régulièrement que le Parisien soit sévère
01:02:27avec des films grand public ?
01:02:29Mais non, on n'est pas sévère
01:02:30et on n'a pas l'habitude de descendre des films très grand public,
01:02:33ce qui peut être le cas de nos petits camarades parfois
01:02:35qui sont très cinéphiles,
01:02:36qui vont avoir la position du critique de cinéma.
01:02:39Effectivement, on a un lectorat qui est très large.
01:02:42Donc nous, on se met à la place du public sur ce genre de film.
01:02:46Donc on est plutôt bienveillant.
01:02:48Mais être bienveillant, ça ne veut pas dire
01:02:50qu'on ne peut pas dire à un moment
01:02:52qu'un film est raté ou décevant,
01:02:53en l'occurrence, même s'il va faire beaucoup d'entrées.
01:02:57Grégory Plouvier, le mercredi 25 janvier,
01:02:59deux semaines avant la sortie d'Astérix et Obélix,
01:03:01L'Empire du Milieu, Guillaume Canet,
01:03:03est en pleine promotion
01:03:04et il est l'invité de Léa Salamé
01:03:07dans la matinale de France Inter.
01:03:08On est après une pandémie.
01:03:10Le cinéma, aujourd'hui, marche beaucoup mieux.
01:03:12Mais c'est quand même assez fragile.
01:03:15Et un film comme ça, il est attendu
01:03:17beaucoup aussi par le métier.
01:03:19Pourquoi ?
01:03:19Et ils sont très sympathiques avec moi.
01:03:23Il n'y a pas de concurrence.
01:03:24Ils savent tous que si ce film-là ne marche pas,
01:03:27il n'y en aura pas forcément beaucoup d'autres,
01:03:30en fait, aujourd'hui en France.
01:03:31Parce qu'on a besoin que les gens retournent
01:03:33et retrouvent ce plaisir d'aller partager un film
01:03:35au cinéma, en famille, de s'amuser.
01:03:39Et avec l'émergence des plateformes et tout ça,
01:03:41c'est important que ce film-là marche
01:03:43pour que tous les autres aussi fonctionnent
01:03:45et soient financés.
01:03:46Parce que si un film comme ça ne marche pas,
01:03:48il n'y a plus un financier
01:03:49qui va remettre de l'argent dans les films.
01:03:52Ça paraît presque un discours aux abois
01:03:56de dire, voilà, venez, venez,
01:03:57sinon dans quelques années,
01:03:59les cinémas vont disparaître.
01:04:00Et sinon, il le dit lui-même,
01:04:01les financiers ne donneront plus un centime
01:04:03à d'autres films.
01:04:05Honnêtement, l'enjeu pour la production est énorme.
01:04:09L'enjeu pour le cinéma est important.
01:04:11Mais de là à mettre dans la balance
01:04:14l'avenir même du cinéma en France,
01:04:17selon moi, il aurait été plus judicieux
01:04:19d'insister sur les atouts du long-métrage
01:04:21et non pas sur presque ce chantage
01:04:24vis-à-vis du public.
01:04:25C'est un argument qui n'est absolument pas audible
01:04:27pour le public, en fait.
01:04:29Le grand public, il pense qu'il y a
01:04:30beaucoup trop d'argent dans le cinéma,
01:04:31que les acteurs sont beaucoup trop payés,
01:04:33que quelque part, tout ça est un petit peu indécent.
01:04:36Et le fait de renvoyer le public
01:04:38à un côté économique du cinéma,
01:04:41c'est très compliqué à entendre.
01:04:42C'est une façon de vendre le film
01:04:44de manière assez étrange.
01:04:49Emmanuel Marolle, à ce moment-là,
01:04:50au moment de la promo,
01:04:51est-ce que les producteurs du film
01:04:52savent que le journal s'apprête
01:04:54à publier un avis mitigé ?
01:04:56Oui, parce que, justement,
01:04:57pour ces questions de partenariat,
01:04:58on leur a donné notre avis
01:05:00sur le film assez tôt.
01:05:01Il se trouve que ça n'avait rien à voir
01:05:03avec la sortie d'Astérix,
01:05:04mais j'ai un rendez-vous
01:05:05avec l'un des responsables de Pathé
01:05:07une semaine avant la sortie du film,
01:05:09et on en reparle, justement.
01:05:11Et à ce moment-là, bizarrement,
01:05:12il me dit, c'est dommage,
01:05:14parce qu'Astérix, c'est vraiment un film pour vous,
01:05:17sous-entendu pour le Parisien,
01:05:18et je t'assure que vous êtes les seuls
01:05:20à ne pas aimer le film.
01:05:22Donc moi, je n'en sais rien,
01:05:23parce que je n'ai pas spécialement
01:05:24les retours de nos confrères,
01:05:26mais ça m'étonne quand même
01:05:27qu'on soit le seul
01:05:28à être déçu par Astérix.
01:05:30Et dans les jours qui suivent,
01:05:31les premières critiques
01:05:31paraissent dans la presse,
01:05:32et elles sont plutôt négatives,
01:05:34voire sévères.
01:05:35Oui, il y a des critiques
01:05:37qui sont beaucoup,
01:05:37beaucoup plus sévères
01:05:38que celles qu'on va publier
01:05:40quelques jours plus tard,
01:05:40le jour de la sortie du film.
01:05:42Mais en tout cas,
01:05:42les premières critiques qui tombent
01:05:44confirment le fait
01:05:45qu'on n'est pas les seuls
01:05:46à avoir été déçus,
01:05:47ce qui est plutôt logique, finalement.
01:06:03Astérix et Obélix,
01:06:04l'Empire du Milieu
01:06:05sort dans les salles
01:06:05le mercredi 1er février.
01:06:07Ce jour-là,
01:06:08le Parisien publie dans ses pages culture
01:06:10la critique du film
01:06:11que vous avez signé,
01:06:12Catherine Balle.
01:06:13En résumé,
01:06:14un film plutôt décevant
01:06:15auquel vous attribuez
01:06:16la note de 2,5 sur 5.
01:06:18Mais selon vous,
01:06:19il y a quand même
01:06:19de bonnes choses dans ce film ?
01:06:21On met des notes au film
01:06:22aux Parisiens
01:06:23comme dans tous les journaux.
01:06:24Une note sur 5 chez nous,
01:06:25c'est une note qui correspond
01:06:27à la promesse du film.
01:06:28Là, on s'attendait
01:06:30à un feu d'artifice,
01:06:32à une comédie hyper drôle,
01:06:34le gros film de l'année
01:06:35et on est déçus.
01:06:37Donc voilà,
01:06:37on ne met pas une très bonne note
01:06:38et en même temps,
01:06:39tout n'est pas à jeter
01:06:40dans cette Astérix.
01:06:41On a bien aimé
01:06:43certaines prestations de comédiens.
01:06:44Gilles Lelouch
01:06:44est assez marrant.
01:06:46En Obélix,
01:06:47il est rigolard,
01:06:48insouciant.
01:06:49Il y a Jonathan Cohen
01:06:50et Manu Payet
01:06:51qui s'en sortent bien.
01:06:52En fait,
01:06:52on essaye d'être juste quand même.
01:06:54On salue
01:06:54que les décors
01:06:55sont assez impressionnants,
01:06:56qu'il y a des effets spéciaux,
01:06:58des scènes d'arts martiaux
01:07:00qui fonctionnent bien.
01:07:01On salue
01:07:01ce qui est aussi réussi
01:07:03dans ce film.
01:07:04Est-ce qu'après
01:07:04une mauvaise critique,
01:07:05il peut arriver
01:07:06que des acteurs,
01:07:07des réalisateurs
01:07:08ou des boîtes de production
01:07:09appellent la rédaction
01:07:10pour se plaindre,
01:07:11voire qu'ils vous en veuillent ?
01:07:13Il y a autant de cas de figure
01:07:14que de films.
01:07:16En fait,
01:07:16il y a des distributeurs
01:07:17et des producteurs
01:07:18qui sont bons joueurs,
01:07:18c'est-à-dire qui acceptent
01:07:19le jeu de la critique
01:07:20et donc il n'y a pas de conséquences
01:07:22à des critiques négatives
01:07:23sur leurs films.
01:07:24Et puis,
01:07:24il y en a qui nous font
01:07:25un peu payer ces critiques,
01:07:27notamment parfois
01:07:28en nous interdisant
01:07:29de projection de presse.
01:07:30C'est-à-dire que parfois,
01:07:30pendant un certain temps,
01:07:31on ne peut pas voir
01:07:32les films d'un certain distributeur
01:07:33parce que, selon eux,
01:07:35on a été trop dur
01:07:36avec l'un de leurs films.
01:07:37Nous, on est obligés
01:07:38de prendre ce risque,
01:07:38on n'en tient pas compte
01:07:39et on continue
01:07:40à faire des critiques
01:07:40et à écrire ce qu'on pense.
01:07:41Il faut savoir que ces fâcheries,
01:07:43elles finissent toujours
01:07:43par s'apaiser
01:07:44parce qu'ils ont besoin de nous
01:07:47et on a besoin d'eux.
01:07:48Donc voilà,
01:07:48il faut qu'on travaille ensemble,
01:07:49ils ont des films à sortir,
01:07:50ils ont besoin qu'on n'en parle.
01:07:51Nous, on a besoin de voir les films,
01:07:52on a aussi besoin
01:07:53de nourrir nos pages.
01:07:54Donc, c'est dans l'intérêt
01:07:55de personne que ces fâcheries durent.
01:07:56Grégory Plouvier,
01:07:57le lundi 6 février,
01:07:58vous écrivez un billet
01:08:00mis en ligne
01:08:00sur leparisien.fr
01:08:01dans lequel vous revenez
01:08:02sur les critiques
01:08:03formulées contre
01:08:04le nouvel Astérix
01:08:05après l'avoir revu en salle.
01:08:06En fait, c'est un billet
01:08:07qui est écrit
01:08:08dans le cadre
01:08:08de notre newsletter quotidienne
01:08:10dans Service Culture.
01:08:12Là, ce qui m'intéressait
01:08:12par rapport au week-end
01:08:13qu'on venait de passer,
01:08:14c'était tout le bruit
01:08:15sur les réseaux sociaux
01:08:16mais également
01:08:17dans les dîners en ville
01:08:18ou auprès d'amis.
01:08:20Chaque fois,
01:08:20on me parlait des critiques
01:08:21de la presse en général
01:08:23sur Astérix.
01:08:24C'est assez fascinant
01:08:26à voir comment Astérix
01:08:27est un sujet
01:08:28éruptif pour les gens.
01:08:29C'est un peu comme
01:08:30l'équipe de France de foot.
01:08:31On est tous sélectionneurs.
01:08:32Là, c'est pareil.
01:08:32On est tous scénaristes
01:08:34d'Astérix
01:08:34et j'ai entendu
01:08:35beaucoup de gens
01:08:36qui disaient
01:08:36la presse était
01:08:37beaucoup trop sévère.
01:08:39D'autres qui disaient
01:08:39vous n'y êtes pas allé
01:08:40assez fort.
01:08:41Il y avait vraiment
01:08:41ce côté-là.
01:08:42Une fissure tournée
01:08:42en famille.
01:08:43Ce qui était intéressant,
01:08:45c'était de revoir
01:08:46avec des yeux
01:08:47un peu plus distanciés
01:08:49ce film.
01:08:50Il y a des choses
01:08:51positives
01:08:51qui ont pu ressortir
01:08:52mais vraiment
01:08:53dans sa globalité,
01:08:54il n'y a pas
01:08:55véritablement de changement.
01:08:57Le but de cet article-là
01:08:58était plutôt
01:08:58de raconter,
01:09:00je dirais,
01:09:01une émotion collective.
01:09:01Ça me faisait plutôt rire
01:09:03que la sortie d'un film
01:09:04comme Astérix
01:09:05puisse susciter
01:09:06des réactions
01:09:07aussi épidermiques.
01:09:10Catherine Ball,
01:09:10à la date où nous enregistrons
01:09:11cet épisode de Code Source,
01:09:13le lundi 13 février,
01:09:14ça fait près de deux semaines
01:09:15que le film est sorti.
01:09:17Est-ce qu'il a trouvé
01:09:18son public jusqu'ici ?
01:09:19Il a fait une très très grosse
01:09:20première journée.
01:09:21Le mercredi soir,
01:09:22il avait déjà enregistré
01:09:23plus de 400 000 entrées.
01:09:24Il a continué très fort
01:09:26tout le week-end,
01:09:26toute la semaine.
01:09:27Là, en 12 jours,
01:09:28le film a dépassé
01:09:30les 2 650 000 entrées.
01:09:32C'est-à-dire qu'il a fait
01:09:33plus fort qu'aucun film français
01:09:34sur toute sa carrière
01:09:35depuis la pandémie de Covid.
01:09:37Il a fait plus fort
01:09:38que Simone d'Olivier Dahan,
01:09:39plus fort que
01:09:40Qu'est-ce qu'on a tous fait
01:09:41au bon Dieu,
01:09:41plus fort que Kaamelott.
01:09:42Donc, c'est objectivement
01:09:44un très gros succès.
01:09:45Est-ce que ce sixième astérique
01:09:46se peut espérer
01:09:47faire aussi bien
01:09:48que les précédents ?
01:09:49Selon les professionnels
01:09:51du cinéma,
01:09:51le point d'équilibre du film,
01:09:52c'est 6 millions de spectateurs.
01:09:54C'est-à-dire que le budget
01:09:55de 65 millions d'euros
01:09:57sera rentabilisé
01:09:58à partir de 6 millions
01:09:59de spectateurs.
01:10:00Aujourd'hui,
01:10:01ça semble un objectif
01:10:02tout à fait raisonnable.
01:10:03Selon, là encore,
01:10:04les experts
01:10:05qui ont des algorithmes
01:10:06et qui, au bout
01:10:07de la première journée
01:10:08presque, prédisent
01:10:09le chiffre d'entrée finale
01:10:11d'un film
01:10:11en fin de carrière,
01:10:12on devrait être
01:10:13autour de 6.
01:10:15Il ne dépassera pas
01:10:15forcément de beaucoup
01:10:16les 6 millions d'entrées,
01:10:18mais ce sera
01:10:19le plus gros succès
01:10:20pour un film français
01:10:20depuis la pandémie de Covid.
01:10:38Merci à Catherine Balle,
01:10:40Grégory Plouvier
01:10:40et Emmanuel Marolle.
01:10:42Code Source
01:10:42est le podcast quotidien
01:10:44d'actualité du Parisien.
01:10:45Cet épisode a été produit
01:10:47par Clara Garnier-Amourou,
01:10:48réalisation Julien Moncouquiol.
01:10:50N'oubliez pas
01:10:51de vous abonner
01:10:52à Code Source
01:10:52sur votre plateforme
01:10:54d'écoute préférée
01:10:54et je vous invite
01:10:55à écouter notre nouveau podcast
01:10:57consacré aux faits divers,
01:10:59Crime Story,
01:10:59qui raconte chaque semaine
01:11:01une grande affaire criminelle
01:11:02avec les journalistes
01:11:03du Parisien,
01:11:04Claudia Prolongeau
01:11:05et le chef du service
01:11:06police-justice,
01:11:07Damien Delsenis.
01:11:10Sous-titrage Société Radio-Canada
01:11:13Sous-titrage Société Radio-Canada
01:11:13Sous-titrage Société Radio-Canada
01:11:14Sous-titrage Société Radio-Canada
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