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Au départ, les plages de Tahiti n’ont pas fait l’unanimité pour accueillir le surf pendant les Jeux. Mais la vague de Teahupo'o a su convaincre et a offert une belle surprise : la médaille d’or pour le surfeur français Kauli Vaast. rencontré le médaillé d’or lors de son séjour à Paris.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Barbara Gouy, Camille Ruiz et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : Eurosport.

#paris2024 #jeuxolympiques #kaulivaast #surf

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Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du parisien,
00:08Codesource mobilisé comme le reste de la rédaction, pour vous faire vivre les Jeux Olympiques de Paris 2024.
00:18L'organisation du tournoi olympique de surf à Tahiti avait beaucoup fait parler,
00:23crainte pour l'environnement avec notamment la construction d'une nouvelle tour pour les juges au-dessus de l'eau,
00:28polémique sur le déplacement à Tahiti de la maire de Paris, Anne Hidalgo, au mois d'octobre,
00:33un déplacement jugé inutile et coûteux par l'opposition.
00:36Finalement, ce tournoi, disputé sur la vague de Théaupo, a offert des images fortes
00:41et s'est soldé par deux médailles supplémentaires pour la France, l'or de Kaoli Vaste, 22 ans,
00:46et le bronze de Johanne Defey, 30 ans.
00:49Retour sur ce pari gagné avec Eve Chancel, journaliste au parisien,
00:54elle a suivi les épreuves à distance et elle s'est déjà rendue à Tahiti sur le site de Théaupo.
01:07Eve Chancel, dans la nuit du mercredi 7 août, heure de Paris, vous interviewez Kaoli Vaste, 22 ans, champion olympique
01:13de surf.
01:14Il se lève à peine après avoir fêté son titre toute la nuit. Décrivez-nous cet échange.
01:19Cet échange, déjà, il n'a pas été facile à organiser parce que Kaoli a fait la fête toute la
01:25nuit jusqu'à 6h du matin.
01:26Il s'est couché et avec le décalage horaire, nous, la fin de journée arrivait.
01:30J'étais au téléphone avec son agent qui essayait de le réveiller. On a failli abandonner en se disant qu
01:36'on l'aurait pas aujourd'hui.
01:38Et finalement, à minuit 30, je reçois un appel de son agent qui me dit « c'est bon, il
01:41est réveillé, est-ce que t'es toujours ok ? »
01:44Et donc là, j'appelle Kaoli. On commence à parler. Je sens qu'il est encore vachement ému de sa
01:50soirée. Il a dormi que quelques heures.
01:52La première chose qu'il me dit, c'est « c'est la troisième personne que j'ai au téléphone.
01:55Il a juste rallumé son téléphone pour répondre à ses parents et sa sœur. »
02:00Et sinon, il avait coupé entièrement pendant la nuit pour vraiment célébrer sa médaille. Il est chez lui tout seul.
02:05Il a sa médaille autour du cou.
02:07Pendant la soirée, il l'a juste enlevé à la fin pour la confier à sa mère pour pas qu
02:10'elle soit perdue.
02:11Et il est vachement ému. Il réalise petit à petit et regarde la mer.
02:19Vous allez nous dire plus tard dans ce podcast ce qu'il vous a raconté dans cette interview.
02:24Eve Chancel, vous pratiquez vous-même le surf. Alors, on présente souvent ce sport comme une école de patience. Pourquoi
02:29?
02:30Déjà, commencer le surf, c'est pas évident. Il faut être au bon endroit, aller à la mer, qu'il
02:35y ait les bonnes conditions, la météo.
02:36Et même une fois qu'on est en mer et qu'on a tout ce qu'il faut, y compris
02:40les compétences, il faut lire l'océan, il faut comprendre les vagues qui arrivent,
02:45analyser, bien se positionner. Et finalement, la partie qu'on voit, donc le surfeur qui glisse sur la vague, c
02:51'est juste la partie émergée de l'iceberg.
02:53Et derrière, il y a tout un travail.
02:54Et concrètement, quand on parle d'un spot de surf, de telle ou telle vague, il faut bien comprendre que
02:59la vague en question ne fonctionne pas tout le temps.
03:01Oui, c'est un phénomène assez complexe. Il n'y a pas des vagues systématiques. Donc, les vagues arrivent à
03:06des périodes différentes.
03:07Et on mesure les périodes, c'est la distance qu'il y a entre deux vagues. Et ça varie, en
03:11fait, en fonction du calendrier, de la météo.
03:15Donc, ce n'est pas assuré d'avoir des vagues sur un spot toute l'année.
03:20Avant d'être parisien, vous avez travaillé à Tahiti pendant quatre mois pour une télévision locale, Tahiti Nuit Télévision.
03:26Vous connaissez bien le site où s'est disputé le tournoi olympique de surf à Tahiti. Est-ce que vous
03:32pouvez nous décrire les lieux ?
03:33Théopo, c'est un tout petit village qui est situé à l'autre bout de l'île, vraiment derrière l
03:38'île, à l'opposé de Papeité, qui est la capitale de Tahiti.
03:42Et c'est un tout petit village qui est vraiment au bout d'une plage.
03:45Tahiti, il n'y a qu'une seule route qui fait le tour de l'île.
03:48Et donc, une fois qu'on arrive au bout de cette route et qu'on a fait le tour, il
03:52faut se garer.
03:53Et là, il faut marcher quelques minutes. On traverse une rivière.
03:56Et vraiment, c'est assez magique. Il y a quelques maisons qui sont nichées dans la forêt.
04:01On a la montagne juste derrière. On ne voit pas très bien la vague depuis le bord. Elle est assez
04:05loin.
04:06On est obligé de prendre un taxi-boat, ce qu'on appelle un bateau qui nous emmène sur la vague
04:11pour qu'on puisse la voir et aller la surfer.
04:12Il y a une végétation très dense. Il pleut assez souvent à Tahiti, ce qui fait que c'est très
04:17vert.
04:17Et on a ce contraste assez magique entre le vert de la végétation et le bleu de la mer.
04:26F. Chancel, vous m'avez expliqué en préparant ce podcast que les Tahitiens sont très attachés à ce qu'ils
04:32appellent le manna.
04:33C'est quoi le manna ?
04:34Le manna, c'est assez compliqué à expliquer.
04:37Même les Tahitiens peinent presque à mettre des mots dessus tant c'est un ressenti, c'est assez spirituel.
04:44Pour le résumer, on va dire que c'est un esprit qui vient de la nature, des éléments, donc de
04:49la terre, de l'eau, du sable, de la montagne.
04:53Et c'est un esprit qui est avec nous et qui nous porte et notamment les surfeurs, ça les porte
04:58dans leur sport.
04:59La vague de Théaupo où va se dérouler la compétition est l'une des plus belles vagues au monde.
05:04Elle est même considérée comme une vague mythique. Pourquoi est-ce qu'on dit ça ?
05:07C'est une vague mythique parce qu'elle est unique. Théaupo, c'est une vague de riffs, de récifs. C
05:13'est un tube.
05:14Donc en fait, c'est une vague qui offre la possibilité de faire la manœuvre rennes en surf, qui est
05:19de tuber.
05:20Donc c'est le moment où on voit le surfeur qui est à l'intérieur, dans le creux de la
05:24vague et qui se fait presque recouvrir.
05:30Et ça, finalement, c'est assez rare. Il n'y a pas énormément de vagues qui offrent ça.
05:34Et il y a aussi tout ce qui entoure cette vague, la couleur de l'eau, le lieu où elle
05:39est.
05:39Et c'est assez magique. Il y a des très belles lumières qui rentrent dans le tube.
05:43Il y a un photographe très connu à Tahiti qui s'appelle Tim McKenna, qui dit que c'est la
05:47plus belle vague du monde et la plus photogénique.
05:52C'est une vague qui est aussi très puissante. Il y a eu 5 morts, 5 surfeurs tués à Théaupo
05:57depuis les années 1990.
05:59Le tube fait parfois 4 mètres de largeur et la lèvre de la vague, le toit de la vague peut
06:06dépasser 1 ou 2 mètres.
06:08C'est vrai que c'est une vague qui est extrêmement puissante, même quand elle n'est pas forcément très
06:12grosse.
06:13C'est lié au fait que le fond de la mer soit très près de l'eau. Il n'y
06:17a pas d'eau en fait, il y a très très peu d'eau.
06:18Et quand on la surfe, on arrive très vite du coup sur cette dalle de récif.
06:22Et ça rend le sport très dangereux parce que si on pousse un petit peu trop loin, on peut vite
06:27être sur le rift.
06:29Et on l'a vu pendant le début de la compétition, la française Joanne de Faye, qui n'avait pas
06:34mis de casque pour sa première série, s'est ouvert la tête.
06:38Et donc après, elle a surfé avec un casque tout le reste de la compétition.
06:41Alors, on fait un retour quelques années en arrière.
06:43À l'automne 2019, il y avait plusieurs candidatures pour accueillir ces épreuves.
06:48Biarritz, un trio de villes landaises Osgors, Senios et Cabreton.
06:52Lacano en Gironde, La Torche en Bretagne et puis donc Tahiti.
06:57Mais dès le départ, les organisateurs de Paris 2024, emmenés par Tony Estanguet,
07:01semblent plutôt favorables à Tahiti au spot de Théaupo. Pourquoi ?
07:05C'est une idée qui naît dans le cerveau de Thierry Reboul,
07:08qui est le maître de cérémonie sur Paris 2024.
07:12Et au début, on a même envie de parler d'un rêve.
07:15Ça semble assez impossible.
07:18C'est à des milliers de kilomètres de Paris.
07:20Mais il y avait cette volonté aussi de faire des Jeux inclusifs, aussi pour l'outre-mer,
07:26et de faire rayonner tous nos territoires.
07:28Et on a la chance quand même d'avoir la plus belle vague du monde.
07:31Et donc l'idée, c'était vraiment d'offrir cette vague au public et aux spectateurs des Jeux Olympiques.
07:36Début octobre 2019, le président du CIO, le comité international olympique, l'allemand Thomas Barr,
07:42dit qu'il n'est pas pour organiser la compétition de surf à Tahiti.
07:45Il préfère des solutions plus proches du centre des Jeux, donc Paris.
07:49Mais fin décembre, les Français du comité d'organisation des Jeux annoncent que c'est bien Tahiti
07:54qu'ils préfèrent pour accueillir l'événement.
07:57Pourquoi ce choix donc ? Pourquoi ils maintiennent cette idée ?
07:59Ils maintiennent cette idée parce que déjà, je pense qu'une fois que l'idée a été posée sur la
08:04table,
08:05Paris a voulu faire des Jeux en grand.
08:07On voit même ici à Paris que tous les monuments sont mis à l'honneur.
08:10Et en fait, Taupo, c'est exactement pareil.
08:12C'est un monument qui a été mis à l'honneur.
08:14Il y a aussi l'idée de faire des images très fortes.
08:16C'est vrai que visuellement, Taupo, c'est magnifique.
08:18Et on n'aura plus jamais une vague comme ça sur des géos de surf.
08:22Il y a également un rapport publié en 2019 qui a pesé dans la balance,
08:26qui a été fait en partie avec Météo France,
08:29et qui montrait qu'à cette période de l'année, donc fin juillet, début août,
08:33à Tahiti, il y avait 75% minimum de chances qu'il y ait des vagues.
08:38En fait, c'était quasi assuré d'avoir des vagues.
08:40Là où sur d'autres spots en France, il y avait beaucoup moins de chances d'avoir des vagues.
08:44Et ça a énormément joué parce qu'on sait que le surf,
08:46c'est un sport qui dépend des conditions météo.
08:49S'il n'y a pas de vagues, il n'y a pas d'épreuves.
08:51Donc, ils ont aussi optimisé à ce niveau-là.
08:56Le surf n'est une discipline olympique que depuis les Jeux de Tokyo en 2021.
09:00Le spectacle n'avait pas été très impressionnant à ce moment-là.
09:03Pour le monde du surf, il y a aussi l'envie de montrer le meilleur visage possible de ce sport
09:08aux téléspectateurs du monde entier ?
09:10Totalement. Le surf, ce n'est pas une discipline qui est énormément regardée.
09:14Surtout en France où on n'a pas cette culture du surf.
09:17Dans d'autres pays anglo-saxons, aux États-Unis,
09:19ou même dans l'Amérique en général, au Brésil, c'est le sport roi.
09:23Ça détrône presque le football dans certains pays, notamment au Costa Rica.
09:27Et donc, c'était l'occasion pour la France aussi de montrer qu'on a des talents, qu'on sait
09:32faire.
09:32On a de très très bons surfeurs.
09:34Et voilà, c'était l'opportunité de mettre un gros coup de projecteur sur cette discipline,
09:39qui financièrement aussi a besoin de moyens pour se développer.
09:43Le choix de Tahiti est validé en janvier 2019.
09:46Eve Chancel, dans les semaines et les mois qui suivent,
09:48beaucoup d'habitants de Tahiti expriment leur hostilité au projet. Pourquoi ?
09:52Les habitants de Tahiti ont peur que ça dénature leur endroit,
09:56ce qui est totalement compréhensible quand on connaît la quiétude des lieux,
10:01la tranquillité et le lien que le peuple tahitien a avec son île, sa terre, sa vague.
10:07Et donc, il y a cette volonté de préserver cet endroit.
10:12Donc, il y a un collectif qui se monte à Théaupo.
10:15Ils font une pétition qui rassemble près de 300 000 signatures.
10:19On a aussi le président polynésien Moetai Brotherson qui, lui, se montre aussi hostile.
10:25Il est issu du parti indépendantiste.
10:27Donc, ça rend le dossier un petit peu compliqué.
10:30Et donc, il y a tout ce mouvement local.
10:32Après, ça reste un petit mouvement parce qu'ils sont...
10:34Tahiti, c'est 300 000 habitants.
10:36Théaupo, c'est encore moins.
10:37Donc, ça reste un mouvement local, mais qui fait quand même du bruit.
10:41Et on le voit d'ailleurs parce que Tony Estanguet devait aller à Théaupo pour visiter le site.
10:47Et il a dû décaler sa visite à cause de manifestations.
10:52Il y a un autre problème dont on va aussi beaucoup parler.
10:55C'est celui de la construction d'une tour, d'une grosse plateforme au-dessus de l'eau,
10:58sur laquelle les juges seront installés,
11:01pour observer de près les prestations des surfeurs,
11:03puisque la vague déroule à environ 500 mètres du bord.
11:06En résumé, les Tahitiens dénonçaient un risque, notamment pour le récif,
11:10qui est un organisme vivant.
11:12Mais finalement, Eve Chancel, le vendredi 17 novembre 2023, un compromis est trouvé.
11:17Un compromis est trouvé.
11:19On revoit un petit peu à la baisse les ambitions initiales.
11:21On fait une tour moins imposante, un petit peu moins lourde,
11:24et qui, du coup, va moins impacter les coraux et le récif.
11:29Les Tahitiens obtiennent aussi la garantie que deux locaux,
11:32deux Polynésiens, vont superviser les travaux,
11:36notamment le Moana David, qui s'occupait de l'ancienne tour,
11:40de la montée, de la démontée chaque année,
11:41parce que c'est une tour amovible.
11:42Et la nouvelle, d'ailleurs, qui est faite en aluminium,
11:44sera aussi amovible et sera retirée et remise pour le Tahiti Pro,
11:48qui est une compétition qui se tient chaque année à Théopo.
11:51Eve Chancel, au niveau sportif, l'équipe de France se prépare
11:53avec un coach ultra respecté dans le milieu.
11:56Il s'appelle Jérémy Flores.
11:57Il a 36 ans.
11:59Est-ce que vous pouvez nous le présenter en quelques mots ?
12:01Jérémy Flores, c'est le surfeur français le plus titré de tous les temps.
12:05C'est l'icône du surf français.
12:07Mais on ne l'attendait pas forcément sous cette casquette de coach.
12:10Après sa carrière, il a dit qu'il voulait prendre un petit peu de repos.
12:14Et la Fédération française de surf l'appelle en 2023,
12:17parce que, justement, il y a ces jeux et qu'il y a besoin de préparer nos sportifs.
12:22Et tout de suite, il dit oui.
12:23Et ça ne pouvait être que lui.
12:24Qui sont les quatre français qui réussissent à se qualifier pour ces jeux
12:28et qui vont donc être coachés par Jérémy Flores ?
12:30On a une équipe assez intéressante avec deux jeunes surfeurs locaux,
12:34donc chez les filles Vaïné Fierot et chez les garçons Kaoli Vaste.
12:37Et après, on a deux plus anciens, deux plus expérimentés,
12:40Johanne Duru chez les garçons et Johanne de Faye chez les filles.
12:44Le samedi 20 juillet, quelques jours avant le début du tournoi olympique à Tahiti,
12:49les surfeurs organisent une cérémonie, la cérémonie de l'eau.
12:52Tout le monde se réunit au bord de l'eau, au plus près du spot de surf.
12:56Et il y a tous les anciens, il y a beaucoup d'enfants,
12:59tout le monde a des colliers de fleurs traditionnels.
13:00C'est une cérémonie pour se reconnecter à ses ancêtres et pour invoquer le mana,
13:06donc cet esprit.
13:07C'est pas vraiment une religion, c'est plus spirituel.
13:09Et c'est pour en fait demander que les anciens qui sont plus là
13:13soient avec les surfeurs pour la compétition.
13:17Les épreuves débutent.
13:18Le lundi 29 juillet, un photographe de l'agence France Presse
13:21saisit une image d'un surfeur brésilien, Gabriel Medina,
13:24une image qui va faire le tour du monde.
13:26Le surfeur qui vient de sauter à l'extérieur de la vague
13:29semble flotter dans les airs, tout droit, les pieds sur un nuage.
13:32Son surf derrière lui, dans son dos, vertical, presque parallèle à lui.
13:37Eve Chancel, cette photo, elle restera comme l'une des images fortes des Gillons.
13:41Cette photo est complètement magique.
13:42Elle a été prise vraiment au bon moment
13:44par un photographe semi-professionnel qui est haïtien
13:47mais qui n'est pas un habitué de Théaupo.
13:49Les locaux trouvent que cette photo est certes très belle
13:51mais ne met pas assez en valeur la vague de Théaupo
13:54qui est la star finalement.
13:56Et justement, il y a d'autres photos qui la mettent plus en valeur,
13:58notamment des photos sous-marines.
14:00Il y avait un seul photographe qui était accrédité pour être sous l'eau.
14:03Il était vraiment à la sortie du tube
14:05et il y a des photos magnifiques où on voit la vague par-dessous
14:08avec les surfeurs et c'est magique.
14:10La nuit suivante, celle du mardi 30 juillet,
14:12les organisateurs annoncent une interruption de la compétition
14:15parce que les conditions sont mauvaises.
14:16Ça a été assez compliqué au niveau des conditions
14:18au début de la compétition.
14:19Il y a eu énormément de vent, des fortes pluies.
14:23C'était impossible finalement de se mettre dans l'eau.
14:25Donc, ça a dû être repoussé.
14:27Et après ça, il y a eu des vagues de 4 mètres.
14:29C'était désordonné.
14:30Donc, ce n'était pas possible de surfer dans de bonnes conditions
14:32et en toute sécurité.
14:34Il y a les quarts de finale qui ont réussi à se dérouler,
14:36mais c'était un petit peu compliqué.
14:38Ce n'était pas des séries où il y avait énormément de vagues.
14:40Donc, il fallait vraiment être là au bon moment
14:41et attraper les bonnes vagues.
14:44Et finalement, l'organisation a repoussé jusqu'au bout.
14:46Il s'était donné des jours de réserve
14:48et on a été jusqu'au dernier, dernier jour
14:50pour avoir les meilleures conditions possibles.
14:51Donc, c'était assez risqué comme pari, mais ça a marché.
14:54En quart de finale, le Tahitien Kaolivas, 22 ans,
14:57élimine le Landais, Johan Duru,
14:59grâce notamment à un très long tube.
15:01Il est resté vraiment très longtemps dans le cœur de la vague.
15:04Oui, c'est ça.
15:04Il arrive à se placer mieux que le Landais
15:06et à prendre ce tube qui va faire la différence.
15:09Oh, magnifique !
15:11Oh là là, mais là, ça y est, on va attendre.
15:13Magnifique, c'est très propre !
15:15Après, c'était vraiment la guerre entre les deux.
15:16Ils ont l'habitude de surfer ensemble.
15:18Ils se sont entraînés ensemble
15:20pendant trois semaines avant les Jeux.
15:21Ils ont été coachés par le même coach
15:24qui est Jérémy Flores,
15:25qui était d'ailleurs dans l'eau à ce moment-là
15:27et qui n'a pas donné de conseils
15:28ni à l'un ni à l'autre
15:29et qui est resté assez discret.
15:32Johan me disait au téléphone
15:33que ça avait été un plaisir de surfer avec Kaoli
15:35et que c'était de bonne guerre entre eux
15:38et qu'ils s'entendaient très bien.
15:44Kaoli Vast se qualifie ensuite pour la finale
15:46en battant un surfeur péruvien.
15:48À ce moment-là, il est assuré de décrocher
15:50la première médaille française dans une épreuve de surf.
15:53Et dans la nuit du mardi 6 août, heure de Paris,
15:55c'est la finale entre Kaoli Vast
15:57et un Australien de 26 ans, Jack Robinson.
16:00Décrivez-nous le début de cette session.
16:01La session commence très fort.
16:03Il y a deux vagues que Kaoli attrape dès le début.
16:05Et c'était les conseils de son coach
16:07d'être super offensif et de ne rien laisser passer.
16:09Parce que comme les conditions étaient un peu incertaines,
16:12il fallait pas louper la vague.
16:14Et donc tout de suite, Kaoli marque des points.
16:15Yes !
16:17Allez, c'est reparti pour Kaoli.
16:18Il se cale dans le tube.
16:20Oh, c'est tube !
16:22Mais c'est dit ça, messieurs les juges !
16:24Et il prend les devants.
16:25Son adversaire réussit à attraper une vague.
16:28Et puis après, calme plat.
16:30Ça dure de longues minutes
16:31vu que la session dure 30 minutes.
16:33Donc en fait, les surfeurs sont là.
16:34Ils attendent.
16:35C'est un moment qui est assez particulier.
16:37Il y a beaucoup de tensions
16:37parce qu'il suffit qu'une vague arrive
16:39et tout peut se renverser jusqu'au dernier moment.
16:42Il n'y a vraiment concrètement pas de vagues, c'est ça ?
16:44Il n'y a plus rien, il n'y a plus de vagues.
16:45En fait, c'est une série
16:45où il n'y aura eu que trois vagues.
16:47Deux qui ont été prises par Kaoli
16:48et une par son adversaire.
16:51Et c'est donc une victoire pour Kaoli Vast
16:54qui devient champion olympique de surf,
16:56premier champion olympique de surf français.
16:57C'est une belle moisson pour le surf tricolore
17:00puisque dans le tableau féminin,
17:01la Française Joanne Defey a décroché, elle, la médaille de bronze.
17:06Eve Chancel, on revient à ce coup de téléphone
17:08dans la nuit du mercredi 7 août.
17:10Il est midi à Tahiti.
17:12Kaoli Vast n'est pas bien réveillé,
17:14mais il est heureux avec sa médaille d'or autour du cou.
17:16Il regarde la mer, vous l'avez dit.
17:17Comment est-ce qu'il explique sa victoire ?
17:19Il était très serein avant de commencer cette finale.
17:22Il savait exactement ce qu'il devait faire.
17:24Il s'est entraîné dans toutes les conditions possibles.
17:26Donc, il est arrivé confiant,
17:28mais avec beaucoup d'humilité quand même,
17:31parce que Théopo peut vite remettre un surfeur à sa place.
17:35Et donc, il ne s'est pas posé de questions.
17:36Il a suivi son instinct.
17:38Il a suivi les conseils de son coach,
17:39donc d'être assez offensif dès le début.
17:42Et voilà, ça a marché.
17:43Et ensuite, il a eu ce calme plat,
17:45une quinzaine de minutes environ, sans aucune vague.
17:47Que dit Kaoli Vast là-dessus ?
17:49À ce moment-là, Kaoli me dit
17:51c'est la vague qui a choisi.
17:53C'était Théopo qui a choisi son vainqueur.
17:55Cette dernière vague qui aurait permis à son adversaire
17:57de revenir n'est jamais arrivée.
18:00C'est lui qui devient champion olympique.
18:06Et pour lui, c'est le mana aussi ?
18:07Ouais, le mana est là. Il l'a ressenti de A à Z.
18:10Il me dit du début de la compétition à la fin.
18:12Donc, même au-delà de cette finale.
18:14Le mana était avec lui.
18:16Il l'a senti. Il a pris énormément de tubes.
18:18Pendant cette compétition, on l'a beaucoup vu,
18:21enfoui dans la vague.
18:21Il y a des moments, il a presque disparu.
18:23On se demandait s'il n'était pas tombé.
18:24On le voit y ressortir.
18:25Et on sent cette énergie.
18:27Et aussi ce gars qui est rayonnant
18:29et qui est en fait complètement en phase avec la vague
18:32et dans son élément.
18:33Eve Chancel, l'histoire n'est pas terminée.
18:36Le jeudi 8 août, vous le rencontrez à Paris
18:38et vous l'interviewez à nouveau.
18:40Kaoli Vast a pris un vol pour la métropole
18:42la veille et vous avez pu le suivre
18:44notamment au Club France.
18:45Il a failli ne pas venir parce qu'il avait une autre compétition
18:47en Californie la semaine prochaine
18:49qui était une compétition importante.
18:51Et finalement, il a voulu venir.
18:53Il a voulu que son coach vienne avec lui par contre.
18:55Donc Jérémy Flores est aussi à Paris.
18:58Et il est venu au Club France après 24 heures d'avion.
19:01Ils ont sauté dans le premier avion.
19:03Ils n'avaient pas pris de billets
19:04parce qu'ils sont assez superstitieux
19:05et qu'ils ont attendu d'avoir la médaille pour réserver.
19:09Et donc, ils arrivent au Club France.
19:10Et là, il y a deux célébrations magiques.
19:12Sur la scène extérieure,
19:13on a une danseuse thaïcienne.
19:14On a deux musiciens thaïciens qui sont là pour lui.
19:17Ils dansent sur scène devant tout le monde.
19:19C'est une des plus belles célébrations du Club France.
19:21Et puis le soir, un peu tard, vers minuit,
19:23ça se passe dans la Halle de la Villette,
19:25donc à l'intérieur.
19:26Et là, il arrive encore avec sa médaille.
19:28Et en fait, il prend un bain de foule
19:30avec sa planche.
19:31Il est debout dessus
19:32et il surfe sur le public du Club France.
19:34Le lendemain, le vendredi 9 août,
19:36le matin, Ève Chancel,
19:37Kaoli Vaste surfe la scène
19:39et vous êtes tout près de lui pour le Paris.
19:41Kaoli surfe sur la scène,
19:43derrière un bateau.
19:44Il surfe la vague qui est faite par le bateau.
19:46Il y a la Tour Eiffel juste derrière.
19:49Il surfe pendant une petite heure.
19:53C'est assez magique.
19:54On n'est pas beaucoup à vivre à ce moment-là.
19:57Il fait un peu le foufou.
19:58Il est trop content.
20:00Il a la médaille autour du couple
20:01pendant qu'il surfe.
20:02Et quand il retombe dans l'eau,
20:03il la met entre les dents
20:04pour pas qu'elle soit dans l'eau.
20:05Il avait peur de la perdre.
20:07Il surfe sur la scène.
20:08Ça n'avait jamais été fait.
20:09C'est complètement magique.
20:25Merci, Ève Chancel.
20:27La vidéo de Kaoli Vaste surfant la scène
20:29est à retrouver sur leparisien.fr
20:32Le Parisien mobilisé
20:34pour vous faire vivre Paris 2024.
20:36Cet épisode de Code Source
20:37a été produit par Camille Ruiz,
20:39Barbara Gouy,
20:39Raphaël Pueyo et Thibault Lambert,
20:41réalisé par Julien Moncouquiol.
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20:54et paralympiques
20:55interviewées au micro d'Anne Lorbonnet.
20:57Et Crime Story avec,
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