Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 heures
Les spectateurs de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques devraient pouvoir profiter d’un spectacle inédit le vendredi 26 juillet 2024. Un dispositif tellement ambitieux qu’il a nécessité de nombreux ajustements ces derniers mois. Récit.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux, Barbara Gouy et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network -

Archives : Eurosport, France TV.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11La cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris aura lieu le vendredi 26 juillet 2024 à partir de 19h30.
00:19Pour la première fois, elle ne se déroulera pas dans un lieu fermé, un stade, mais à l'extérieur, au
00:24cœur de la capitale, sur et aux abords de la Seine.
00:27Plus de 10 000 athlètes doivent notamment parcourir une portion du fleuve en bateau.
00:32Ce défilé spectacle, complètement inédit, oblige les organisateurs et les autorités à penser à un dispositif de sécurité jamais mis
00:40en place auparavant.
00:41Ils sont confrontés depuis des mois à de nombreux obstacles qui les forcent parfois à revoir leur copie.
00:47Cet épisode de Codesource est raconté par trois journalistes du Parisien, Sandrine Lefebvre et Romain Baeux du Service des Sports
00:54et Pauline Darvay de l'édition de Paris.
01:05Sandrine Lefebvre
01:06Sandrine Lefebvre, tous les quatre ans, la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques est l'un des événements télévisés les
01:10plus suivis à travers la planète.
01:12Est-ce que vous vous souvenez d'une ou de plusieurs cérémonies qui vous ont marquées ?
01:16Celle qui m'a marquée le plus, moi personnellement, c'était ma première, c'était en 2012 à Londres.
01:22Puisque là, on était dans ce stade qui était tout neuf, ce stade olympique de Londres.
01:25Et ils nous ont offert un spectacle qui mêlait l'histoire de ce pays et la pop culture.
01:31Donc on était vraiment dans le spectacle musical dans les années 80.
01:38Puis il y a ce moment aussi absolument fabuleux de la reine Elisabeth qui tombe Buckingham et qui arrive au
01:45stade olympique en hélicoptère avec James Bond.
01:48Donc ça, c'est le moment le plus fantastique de cette cérémonie.
02:00Une cérémonie d'ouverture, c'est toujours un événement très important pour le pays qui l'organise ?
02:05C'est l'événement qui lance les Jeux Olympiques.
02:07C'est à partir de là, on a tendance à dire qu'on oublie toutes les critiques.
02:11Parce qu'en amont des Jeux, on parle beaucoup de sécurité, on parle beaucoup de transport, on se demande si
02:16les sites seront prêts.
02:17Et au moment où la cérémonie débute, là, on est dans les Jeux Olympiques.
02:22Donc c'est quelque chose qu'il ne faut surtout pas rater.
02:25Puisque si la cérémonie n'est pas de tout le monde, on se dit que les Jeux vont être absolument
02:29dingues.
02:31Vous allez nous raconter à la fin de ce podcast ce que l'on sait du déroulé du grand spectacle
02:35prévu le vendredi 26 juillet 2024.
02:38Mais d'abord, on va voir comment ce projet a dû être peaufiné et modifié au fil des mois.
02:44Au départ, en septembre 2017, lorsque Paris est officiellement désigné comme ville haute des Jeux de 2024,
02:50les cérémonies d'ouverture et de clôture sont imaginées au Stade de France à Saint-Denis.
02:55Ce n'est que plus tard que le bruit court qu'elles pourraient finalement se dérouler ailleurs.
02:59C'est toujours dans un stade qu'elles ont lieu traditionnellement, parce que c'est le plus simple à organiser.
03:04C'est tous dit, forcément, ce sera au Stade de France.
03:07Tony Stanguet, le patron des Jeux, a l'habitude de dire qu'il a envie de casser les codes.
03:10Donc très vite, l'idée de faire quelque chose de différent des autres Jeux naît.
03:15Et apparaît cette idée de faire la cérémonie ailleurs qu'au Stade de France.
03:20Et quoi de plus beau que de la faire au cœur de la ville.
03:23Et au cœur de la ville, c'est dans Paris, au bord de la Seine.
03:29En coulisses, ce projet fait l'objet de nombreuses discussions.
03:32Certaines parties sont pour et d'autres beaucoup plus réservées.
03:35Quand on commence à évoquer cette cérémonie sur la Seine, il y a effectivement, les craintes sont, pour ceux qui
03:41opèrent d'habitude les événements, et notamment les forces de sécurité.
03:46Parce qu'on parle, au tout début, on parle quand même d'un million de personnes autour de la Seine.
03:50Donc on commence très vite quand même à y avoir des inquiétudes.
03:54Alors autant les porteurs du projet à Paris 2024 sont complètement enthousiastes, autant effectivement il y a des freins au
03:59niveau de la préfecture.
04:00Romain Baeux, à l'été 2021, fin juillet, le président Emmanuel Macron, en déplacement au Japon, dévoile les contours de
04:07la cérémonie d'ouverture de Paris 2024 à nos confrères de l'équipe.
04:11Qu'est-ce qu'il dit exactement ?
04:12Il annonce qu'elle sera sur la Seine, donc en plein cœur de la capitale.
04:16Il annonce un spectacle ouvert à tous, populaire, quelque chose qui montrera la France, qui montrera Paris.
04:22Donc quelque chose d'historique et d'exceptionnel.
04:24Et une fois que le président de la République l'a annoncé, c'est très compliqué de revenir en arrière.
04:31Cinq mois plus tard, le 13 décembre 2021, le président du comité d'organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques, Tony
04:38Estanguet, annonce le programme.
04:40Un show autour du fleuve et des grands monuments de Paris et un défilé de plus de 10 000 athlètes
04:45à bord d'une centaine de bateaux sur la Seine.
04:48Romain Baeux, ça c'est du jamais vu.
04:50C'est en effet complètement inédit.
04:52On nous annonce à cette époque-là quelque chose de fastueux, quelque chose d'heure norme.
04:55Et là, on entre vraiment dans le concret, c'est-à-dire combien il faudra de bateaux, combien il y
04:59aura de personnes au bord de l'eau, comment ça va se passer, le dérouler.
05:02Il y a encore des points à soulever, il y a encore beaucoup de mystères.
05:05Mais en tout cas, il y a le scénario de la soirée qui se dessine.
05:08Et en effet, ça s'annonce comme quelque chose de complètement dingue, il faut le reconnaître.
05:12À ce moment-là, combien de spectateurs sont attendus et où est-ce qu'ils doivent être placés ?
05:16On évoque 600 000 spectateurs directement, on va dire, au bord du fleuve.
05:21Alors il y a deux catégories de spectateurs.
05:23Il y a les spectateurs payants qui sont environ 100 000 qui, eux, sont en gros au plus près du
05:28fleuve.
05:29C'est eux qui vont le mieux voir le spectacle parce qu'ils sont vraiment au bord de l'eau.
05:32Et puis il y a les spectateurs gratuits qui, eux, sont sur la partie supérieure des quais de la Seine,
05:36qui seront debout, qui auront donc une moins bonne visibilité et qui seront un peu plus loin du fleuve et
05:42donc de la cérémonie d'ouverture.
05:47Pauline Darvès, 600 000 personnes le long des caisses, ça pose tout de suite beaucoup de questions aux autorités.
05:52Oui, alors c'est vrai que Paris est une ville très dense qui a l'habitude d'accueillir des événements
05:56d'ampleur.
05:57Mais là, c'est vrai que 600 000 personnes le long de ces 6 kilomètres de Seine, c'est un
06:02chiffre important.
06:03Et il y a tout de suite des discussions assez tendues entre les organisateurs et la préfecture de police de
06:09Paris, notamment sur le sujet.
06:11Il y a la question des transports, il faut trouver le moyen d'acheminer ces 600 000 personnes sans engorger
06:17les métros, notamment.
06:19Il y a aussi la question des périmètres de sécurité, il faut réussir à filtrer les accès.
06:24Il y a aussi la question des spectateurs dits gratuits, qui seront sur les quais hauts et les spectateurs payants
06:32qui, eux, auront accès aux quais bas.
06:34Donc il faut trouver des moyens distincts de les faire accéder à ces deux endroits et donc ça aussi, ça
06:40fait partie des problématiques.
06:42Le metteur en scène Thomas Jolie, qui a adapté la troisième version de Starmania, est choisi en septembre 2022 comme
06:49directeur artistique des cérémonies.
06:51Le tout est orchestré par un homme qui s'appelle Thierry Reboule.
06:55Sandrine Lefebvre, qui est cet homme ?
06:56Thierry Reboule, c'est un ancien patron d'une boîte de communication, Hubi Béné.
07:01C'est lui déjà qui, au moment où Paris était encore candidate à l'organisation des Jeux, avait organisé cette
07:08piste d'athlétisme sur la scène.
07:09Donc déjà, c'était un petit peu les prémices, un petit peu de ce qu'on pourra voir le 26
07:12juillet.
07:13Il avait fait un truc dingue, il avait mis une piste avec du tartan et il y avait même Marie
07:18-José Péret qui avait couru dessus.
07:19Le président Macron, qui venait juste d'être élu, était venu aussi sur cette piste d'athlétisme.
07:25Thierry Reboule, c'est quelqu'un d'un peu dingue et il est surtout l'homme qui parle à l
07:29'oreille de Tony Estanguet.
07:31On fait un saut dans le temps, Sandrine Lefebvre, au printemps 2023, fin avril, vous embarquez sur un bateau sur
07:37la scène avec Tony Estanguet pour assister à des préparatifs de la cérémonie.
07:42Et il vous en dit plus sur les bateaux qui vont naviguer le soir du défilé.
07:46Alors ce jour-là, on est sur le paquebot.
07:49Alors on ne le sait pas encore, mais le paquebot, c'est le bateau qui transportera la délégation tricolore le
07:5326 juillet.
07:54Donc on est là, à bord de ce bateau, et puis on est avec plein de bâteliers, puisque l'idée
07:58aussi c'est d'expliquer qu'ils ont enfin trouvé un accord avec tous les armateurs,
08:03avec tous ceux qui vont prêter leur bateau pour la cérémonie d'ouverture.
08:07Il y a certes les fameuses péniches qu'on voit tous sur la scène, il y a différentes sortes de
08:12bateaux.
08:12Il y a des petits bateaux qui vont transporter entre 20 et 30 personnes, et puis des bateaux beaucoup plus
08:17volumineux, comme le paquebot, qui va accueillir 500 personnes le soir de la cérémonie.
08:22Pauline d'Harvey, autant de bateaux en même temps, sur la scène, est-ce que ça nécessite des aménagements particuliers
08:28?
08:28Alors il faut notamment déménager quelques péniches, au moins une vingtaine, donc aux abords des Pondiena et de Birakheim.
08:36Donc pendant deux ou trois semaines, ces bateaux, qui sont tous des bateaux d'habitation, qui n'ont pas d
08:41'activité commerciale, vont devoir quitter leur port d'attache.
08:45Donc il y a toute cette question du déménagement un peu forcé de ces bateaux-là.
08:49Romain Baeux, à ce moment-là, on ne parle plus de 600 000 spectateurs attendus sur les quais, mais entre
08:54450 000 et 500 000.
08:57Pourquoi est-ce que la jauge a été abaissée ?
08:59Il y a une petite musique qui commence un petit peu à être en coulisses, c'est au niveau sécuritaire,
09:03c'est pas raisonnable d'avoir autant de gens,
09:05peut-être qu'il faut avoir un peu à la baisse, et qu'est-ce que ça change d'avoir
09:0850 000 ou 80 000 personnes en moins ?
09:10Enfin, petit à petit, on commence à introduire l'idée que le nombre fixé au départ en décembre 2021 était
09:17trop élevé,
09:17et donc qu'il faut le ramener un petit peu vers le bas.
09:19Donc on a toujours des fourchettes qui succèdent de semaine en semaine,
09:22qui sont de plus en plus floues sur le nombre de personnes qu'il faut à cet endroit-là, dans
09:27les rues de Paris.
09:31Le jeudi 11 mai 2023, les places pour la cérémonie à destination des particuliers sont mises en vente,
09:37la billetterie pour les entreprises avait été ouverte quelques mois plus tôt.
09:40Quels sont les tarifs pour assister à ce spectacle, Sandrine Lefebvre ?
09:44Alors les tarifs varient entre 90 euros, et ça peut monter jusqu'à 2700 euros.
09:49Et les places à 90 euros vont très rapidement s'arracher.
09:52Et 90 euros, c'est déjà un spectacle cher, et il faut savoir qu'à ce moment-là, on est
09:56au pont d'Austerlitz,
09:58donc en gros, à ce niveau-là, on ne va pas avoir grand-chose.
10:00Et il reste sur le site très rapidement, les places à 1600 et à 2700 euros.
10:05Voilà, très très coûteux pour celui qui a envie d'y assister,
10:08même si très vite, Paris 2024 va dire, certes, il y a des gens qui vont payer très cher,
10:12mais il va également y avoir, on parle encore de 500 000 personnes, qui pourront y assister gratuitement.
10:17Concrètement, comment est organisée la répartition de ces places ?
10:20Les moins chères se situent au niveau du pont d'Austerlitz, c'est-à-dire au départ de la parade,
10:24au départ des bateaux, des athlètes.
10:25Puis les places, celles à 2700 euros, sont situées autour de la tour Eiffel,
10:30entre la Concorde et la tour Eiffel.
10:32C'est la fin de la parade.
10:34C'est aussi là que va s'organiser la dernière partie du show,
10:37puisque la cérémonie d'ouverture n'a pas seulement lieu sur la scène,
10:40la dernière partie aura lieu au Trocadéro.
10:43Donc voilà, on est au cœur du spectacle final.
10:47Quelques mois plus tard, le mardi 18 juillet, Sandrine Lefebvre vous assistait à la première répétition
10:52du défilé d'une partie des bateaux sur la scène.
10:55Racontez-nous comment ça se passe.
10:56L'idée, c'est un petit peu de voir comment est-ce que 160 bateaux pourront circuler ensemble
11:02dans un temps donné, le soir de la cérémonie.
11:05Donc là, ce matin-là, les bateaux sont à la queue le leu,
11:08et puis chacun va un petit peu à son rythme.
11:10On teste aussi un petit peu côté visuel, parce que l'idée de cette cérémonie,
11:14de cette parade, c'est qu'il y ait des sportifs sur les bateaux.
11:18Le souhait des équipes de Paris 2024, c'est que ces sportifs soient visibles par le grand public.
11:22Donc ils ont choisi des bateaux qui sont à ciel ouvert,
11:25pour que ceux qui seront massés le long des quais puissent apercevoir les sportifs,
11:28et notamment le porte-drapeau.
11:30Donc ce matin-là, il y a un volontaire de Paris 2024 qui joue le rôle du porte-drapeau.
11:35On essaie de voir un petit peu où est-ce qu'il faudra le positionner
11:37pour qu'il soit vu par le plus de monde possible.
11:40Que donne ce test en conditions réelles ?
11:42Il y a des petites choses à améliorer sur le rythme,
11:44parce que la volonté aussi des organisateurs,
11:47c'est de proposer une parade qui ne soit pas trop longue.
11:50Du coup là, on essaie de chronométrer,
11:52et on se dit qu'il faudra peut-être un petit peu aller plus vite,
11:54accélérer le rythme des bateaux, pour qu'on soit dans les temps.
11:59Quelques mois plus tard, Pauline d'Harvey, le 19 décembre,
12:02Valérie Pécresse, la présidente de la région Île-de-France,
12:06réclame moins de monde sur les quais le soir de la cérémonie.
12:09Qu'est-ce qu'elle dit exactement ?
12:10Alors, elle explique que la cérémonie d'ouverture doit débuter le plus tôt possible,
12:15donc idéalement à 19h30 pour se terminer à 22h30 maximum.
12:20Et elle dit aussi que la jauge ne doit pas dépasser 400 000 spectateurs,
12:25justement pour permettre leur bonne évacuation,
12:28parce qu'elle rappelle qu'il y a beaucoup de stations
12:31qui seront fermées à proximité de la Seine,
12:34justement pour éviter les cohus.
12:36Et si le public doit être évacué tard dans la nuit,
12:41ça va nécessairement avoir un impact sur l'organisation des transports le lendemain aussi.
12:46Le lendemain, Romain Baeux, Emmanuel Macron est interrogé sur France 5
12:50à propos de cette cérémonie d'ouverture,
12:52et il évoque pour la première fois la possibilité d'un plan B.
12:55Tout est fait pour que ce soit prêt, en termes de sécurité, en termes d'organisation et autres.
12:59Et comme on est professionnel, il y a évidemment des plans B, des plans C, etc.
13:05Le plan B, c'était un peu le tabou jusqu'à présent.
13:07Concrètement, le plan B, ça veut dire sortir cette cérémonie d'ouverture de la Seine,
13:12annuler, on va dire, toute la partie fastueuse et inédite pour la transporter ailleurs.
13:18Emmanuel Macron n'explique pas exactement ce qu'est le plan B, ce qu'est le plan C,
13:22mais il admet qu'en cas de risque terroriste accru, trop important,
13:26peut-être que la chose devrait être réaménagée,
13:29peut-être qu'il faudrait la fermer au public en partie,
13:31peut-être qu'il faudrait la limiter à certaines parties,
13:33peut-être par exemple juste au trocadéro,
13:35mais en tout cas l'option est sur la table.
13:36Dans les faits, ils ne veulent pas en arriver jusque-là.
13:39Le but qui est toujours répété et répété, c'est de dire,
13:41on maintient cette cérémonie sur la Seine.
13:43Peut-être en l'aménageant, peut-être en réduisant la jauge,
13:46mais l'idée est de maintenir cette cérémonie sur la Seine.
13:48Cette année, le 31 janvier, dans une interview à Télématin,
13:51le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin,
13:54annonce que le nombre maximum de spectateurs aux abords des quais
13:57est encore une fois revu à la baisse.
13:59Mais aujourd'hui, la cérémonie d'ouverture,
14:01elle est comme elle était prévue,
14:03c'est-à-dire à peu près 300 000 personnes
14:05qui regarderont cette cérémonie d'ouverture sur la Seine.
14:08Elle est comme elle était prévue,
14:08mais à chaque fois que vous venez nous voir, il y a 100 000 de moins.
14:10On est parti de 500 000, 400 000, 300 000.
14:12Non, c'est assez simple.
14:13Il évoque le chiffre de 320 000 personnes en tout.
14:16On a quasiment divisé par deux le chiffre de 600 000 qui est à la base.
14:20On ne réduit pas le nombre de personnes sur les quais bas.
14:23Ça reste autour des 100 000 personnes, comme c'est prévu depuis le début.
14:26Là où on joue, c'est qu'on diminue très sévèrement le nombre de personnes
14:29qui viennent gratuitement,
14:31donc sur la partie supérieure des quais de la Seine.
14:33Et donc là, on les divise presque par trois
14:36pour arriver en tout à autour de 200 000 personnes présentes sur les quais.
14:40Deux semaines plus tard, Pauline Darvay, le 14 février,
14:43Emmanuel Macron décide que les boîtes des bouquinistes
14:46qui sont positionnées le long de la Seine
14:48ne seront pas déplacées pour la cérémonie.
14:51Pourquoi il a fallu que le président tranche lui-même cette question ?
14:54Alors, il était prévu qu'environ la moitié des boîtes vertes des bouquinistes,
14:58donc environ 430 boîtes sur un peu plus de 900,
15:02devaient être déplacées.
15:04Alors, c'était une décision de la préfecture de police
15:06qui s'appuyait à la fois sur un risque sécuritaire.
15:09On pourrait, par exemple, cacher des armes dans ces boîtes,
15:12mais il y avait aussi une question de place et de commodité
15:15pour les spectateurs, puisque ces boîtes sont vraiment situées
15:17le long de la Seine.
15:18Et donc, elles auraient pu empêcher les spectateurs
15:22de la cérémonie d'ouverture, notamment,
15:24de bien apprécier le spectacle.
15:27Et dès le départ, quand elle a été annoncée,
15:29cette mesure a tout de suite fait polémique
15:31et elle a vraiment mis en colère les bouquinistes,
15:34alors qu'ils considèrent qu'ils sont un peu l'âme de Paris.
15:36Et puis, il y avait aussi des inquiétudes sur la logistique,
15:39avec le démontage des boîtes, parfois vieillissantes,
15:43donc avec une crainte que ça endommage ces boîtes-là.
15:46On le rappelle, à ce moment-là, la dernière jauge fixée
15:48par le ministère de l'Intérieur s'élève à 200 000 personnes
15:52sur les quais hauts et 100 000 en bas, 300 000 environ au total.
15:56Est-ce que cette nouvelle décision sur le maintien des bouquinistes
15:59doit avoir un impact sur cette jauge ?
16:01Mais c'est toute la question à ce moment-là.
16:03Et d'ailleurs, lorsqu'on interroge Pierre Rabadan,
16:05qui est donc l'adjoint au sport de la ville de Paris,
16:09il nous répond qu'il espère que ces chiffres-là
16:12prêtent bien en compte le maintien des boîtes des bouquinistes
16:15et que la jauge qui a déjà été divisée par deux
16:19par rapport à ce qui avait été envisagé au départ,
16:21il espère que la jauge ne va pas chuter encore davantage.
16:26Romain Baeux, le vendredi 5 mars, le ministre de l'Intérieur,
16:29Gérald Darmanin, fait une annonce concernant les places gratuites
16:32sur les quais Hauts-de-la-Seine le soir de la cérémonie.
16:35Il dit que les places resteront gratuites, mais elles seront sur invitation.
16:38C'est-à-dire concrètement, l'idée à la base, c'était que vous, moi,
16:42n'importe qui, pouvions s'inscrire pour prétendre à l'une de ces places gratuites.
16:47Là, on oublie ça.
16:48L'idée maintenant, c'est que ce qu'ils appellent des tiers de confiance,
16:51en gros, c'est une collectivité, une mairie,
16:55le comité d'organisation des JO qui va dire
16:56« j'invite telle et telle catégorie de personnes à cette soirée ».
17:00Donc, on renverse la vapeur.
17:01Au lieu d'une fête populaire ouverte à tous,
17:04auquel tout le monde peut postuler,
17:05et bien maintenant, c'est les organisateurs qui vont décider,
17:07oui ou non, d'inviter telle ou telle personne.
17:09Sandrine Lefebvre, vous, à ce moment-là, qu'est-ce que vous vous dites ?
17:12Alors qu'on n'est clairement plus dans la cérémonie populaire
17:15vendue depuis le début par Paris 2024.
17:17Puisque vraiment, au tout, tout, tout début de l'histoire,
17:19Paris 2024 avait même imaginé un million de personnes qui pourraient venir.
17:23Après, on est arrivé à 500 000 personnes gratuitement.
17:26Mais voilà, au départ, c'était des chiffres totalement dingues qui étaient donnés
17:29et surtout, la possibilité offerte à tout le monde
17:31de pouvoir assister à cette cérémonie.
17:34Et finalement, ils ont été rattrapés par la réalité.
17:36Et la réalité, c'est la sécurité.
17:37En faisant la cérémonie sur invitation,
17:40l'idée, c'est bien de contrôler
17:42qui va venir au bord de la scène ce soir-là.
17:47Le 20 mars, dans un papier publié dans Le Parisien,
17:49vous expliquez que la répartition de ces places gratuites
17:52entre les collectivités vire au casse-tête.
17:55Effectivement, parce que toutes ces collectivités,
17:57qu'on appelle aussi les parties prenantes des Jeux,
17:59donc il y a la ville de Paris,
18:00il y a le comité d'organisation des Jeux,
18:02il y a l'État,
18:03et puis il y a aussi le département de Seine-Saint-Denis,
18:06et toutes ces villes qui ont des sites de compétition,
18:09toutes ces parties prenantes sont autour de la table
18:10et ont envie d'avoir des places pour la cérémonie.
18:12C'est un casse-tête parce que le principe général
18:14de ces invitations,
18:16c'est qu'elles aillent à des gens qui sont impactés par les Jeux,
18:18donc on pense aux commerçants,
18:20on pense aussi à ceux qui ont subi les travaux
18:22depuis plusieurs années,
18:24et puis on a envie aussi de faire plaisir aux jeunes,
18:26que ces places permettent aussi à des jeunes
18:28d'assister à une cérémonie extraordinaire.
18:30Et là, c'est un petit peu le casse-tête
18:32parce que tout le monde a envie de faire plaisir
18:34à ses habitants,
18:35tout le monde se bat pour arracher le maximum de places.
18:37Pauline Darvay, il y a aussi des milliers de personnes
18:39qui ont la chance d'habiter près de la Seine
18:41et qui pourront donc voir la cérémonie
18:43depuis leur balcon.
18:45Est-ce qu'une réglementation particulière est prévue ?
18:48Non, justement,
18:49et d'ailleurs c'est ce qui inquiète
18:51parce qu'il y a cette crainte
18:52que les gens s'entassent sur les balcons
18:55au moment de la cérémonie
18:56et que cette surfréquentation des balcons
18:59engendre des accidents.
19:00Et il y a d'ailleurs la Fédération nationale
19:02de l'immobilier du Grand Paris
19:04qui a diffusé un avertissement.
19:06Le but de cette fédération,
19:08c'est de sensibiliser ses adhérents,
19:11qui sont principalement des syndics de copropriété,
19:14et de leur dire, faites attention,
19:17vérifiez les balcons et les gardes-corps,
19:19signaler les anomalies
19:21et veillez à bien prévenir les habitants
19:25qu'il ne faudra pas les suroccuper
19:27pendant la cérémonie.
19:28Romain Baeux,
19:29à la fin du mois de mars,
19:30vous êtes en reportage
19:31avec des agents du RAID,
19:32une unité d'élite de la police
19:34qui assurera la sécurité de la cérémonie
19:36aux côtés de la BRI et du GIGN.
19:39Comment est-ce qu'ils se préparent
19:40le jour où vous les suivez ?
19:42Ils simulent une prise d'otage
19:43sur un bateau,
19:44sur la Seine,
19:45prêté pour l'occasion.
19:46Donc concrètement,
19:48ils sont sur des Zodiaques
19:49à côté de ce bateau.
19:50Il faut imaginer
19:51qu'on est un vendredi après-midi
19:53dans Paris,
19:54qu'il y a la circulation normale
19:56tout autour
19:56et vous avez
19:58une trentaine d'hommes
19:59cagoulés,
20:00armés,
20:01qui donc prennent d'assaut
20:02ce bateau.
20:03L'idée, c'est quoi ?
20:04C'est que concrètement,
20:05si le jour de la cérémonie d'ouverture,
20:06un bateau est détourné
20:07ou il y a une prise d'otage
20:09ou il y a une attaque
20:09sur le bateau,
20:10c'est comment est-ce que
20:11cette unité d'élite
20:12va réagir
20:14à cette situation donnée ?
20:15Plus généralement,
20:16Pauline d'Harvey,
20:16c'est le dispositif
20:17de sécurité entier
20:18ce soir-là
20:19qui sera totalement inédit ?
20:21Sur les toits
20:22comme sous l'eau,
20:23les forces de l'orbe
20:24vont vraiment quadriller
20:25le moindre centimètre.
20:27Il y a 45 000 membres
20:28des forces de l'ordre
20:30qui seront déployés
20:30dans toute l'Île-de-France
20:32avec plus de 100 plongeurs
20:34des mineurs
20:35mais aussi des équipes
20:36cynophiles
20:37ou encore 35 bateaux
20:39de sécurisation
20:40et de secours.
20:41Il y aura aussi le RAID
20:42qui sera installé
20:43sur les toits
20:44des immeubles parisiens.
20:46Et puis,
20:47il y a cette mesure historique
20:48à savoir l'arrêt
20:49de la circulation aérienne
20:51des aéroports
20:52Roissy-Charles-de-Gaulle,
20:54Orly et Paris-Bauvin,
20:55dans un périmètre
20:56de 150 kilomètres
20:57autour de Paris.
20:59À partir de 19h,
21:00il n'y aura plus du tout
21:01d'avions dans le ciel.
21:03Et puis,
21:04pour compléter ce dispositif,
21:05il y aura aussi
21:06des équipes internationales
21:08qui seront mobilisées
21:09en renfort,
21:10à savoir
21:102500 policiers
21:12et gendarmes
21:13qui viendront
21:14de pays étrangers
21:15pour s'occuper
21:16eux aussi
21:17de la sécurité
21:18des spectateurs
21:18et des athlètes.
21:19Et ce soir-là,
21:20une grande partie
21:21de la ville
21:21sera piétonne.
21:22Oui,
21:23des périmètres de sécurité
21:24ont été définis.
21:26Tous les abords
21:27de la Seine,
21:28mais aussi
21:28les Champs-Elysées
21:30et jusqu'à la Porte Maillot,
21:31toute cette partie-là
21:32sera totalement interdite
21:34à la circulation
21:35motorisée.
21:36Et donc,
21:37seuls les piétons
21:37y seront admis.
21:39En ce qui concerne
21:40les ponts
21:40par-dessus la Seine
21:41qui doivent accueillir
21:42pour certains
21:42des spectateurs,
21:43est-ce qu'ils vont
21:44tenir le coup ?
21:45Alors justement,
21:46la question
21:46de la fragilité
21:47des ponts parisiens
21:48s'est récemment
21:49invité dans le débat
21:50public,
21:51puisque le 31 janvier,
21:53c'est un bateau
21:54de croisière
21:55qui a heurté
21:55le pont de Sully,
21:57qui l'a donc vraiment
21:59fragilisé,
22:00endommagé.
22:01Et ce qu'il faut dire,
22:02c'est que ce sont
22:03des ouvrages
22:04qui,
22:04pour la plupart,
22:05sont très anciens.
22:06Certains datent
22:07du XVIe siècle
22:08et ils n'ont pas
22:09l'habitude de recevoir
22:10autant de publics.
22:12Pour les sécuriser,
22:13il y a actuellement
22:14un travail d'examen
22:15de ces différents ponts.
22:17Ce sont des expertises
22:18qui sont réalisées
22:19par les architectes
22:20des bâtiments de France
22:21et normalement,
22:22tous ces ponts
22:23auront été inspectés
22:24avant le début
22:25des Jeux Olympiques.
22:26Tous les habitants
22:27et les commerçants
22:28qui vivent et travaillent
22:29dans un large périmètre
22:30autour de la Seine,
22:31ainsi que leurs invités
22:32devront s'enregistrer
22:33sur une plateforme
22:34à partir du 10 mai
22:36pour récupérer
22:37un QR code
22:37indispensable
22:38s'ils veulent se déplacer
22:40dans ces secteurs
22:40où la circulation
22:41sera très limitée
22:43à partir d'une semaine
22:44avant la cérémonie.
22:46Romain Baeux,
22:47de son côté,
22:47la mairie de Paris
22:48va elle aussi
22:49déployer des moyens inédits.
22:51Oui, parce qu'on parle
22:52quand même du coup
22:52en l'état d'accueillir
22:54gratuitement
22:55sur la partie
22:55dont la mairie de Paris
22:56a la charge,
22:57donc la partie supérieure
22:58des quais,
22:58plus de 220 000 personnes.
23:00Donc c'est quand même énorme.
23:01Il faut penser
23:01à des choses toutes bêtes.
23:03Fin juillet à Paris
23:03il peut faire chaud,
23:04donc les gens peuvent boire beaucoup,
23:05donc ont peut-être
23:06énormément envie
23:07d'aller aux toilettes.
23:08La mairie de Paris
23:09a prévu de déployer
23:10une toilette différente
23:12à cette occasion,
23:13donc il faut penser à tout.
23:15Sandrine Lefebvre,
23:16projetons-nous maintenant
23:17à cette date
23:18du vendredi 26 juillet 2024.
23:20Il est 19h30 précisément.
23:23Racontez-nous
23:23la cérémonie
23:24telle qu'elle doit
23:25normalement se dérouler.
23:26Les sportifs, eux,
23:27seront là depuis
23:28bien plus longtemps
23:29puisqu'ils vont quitter
23:31le village olympique
23:32à Saint-Denis
23:32en milieu d'après-midi
23:33pour regagner
23:35le pont d'Austerlitz.
23:37C'est de là
23:37que partiront
23:38les 160 bateaux,
23:39puis la parade
23:40va se mettre en route.
23:42Tout ça sera accompagné
23:43de différents tableaux
23:44sur lesquels
23:45travaillent actuellement
23:46Thierry Reboule,
23:47Thomas Joly
23:47et toutes leurs équipes.
23:48Il imagine
23:49des acrobates,
23:50il imagine
23:50des gens sur les toits,
23:52il imagine
23:52un spectacle grandiose
23:54sur les ponts
23:55et sur tous les quais de Seine.
23:57Et ensuite,
23:58la fin du spectacle
23:59va se dérouler
24:00sur le Trocadéro
24:00où tous les officiels
24:02seront installés,
24:02où les sportifs,
24:03quand ils descendront
24:04des différents bateaux,
24:06viendront prendre place.
24:06et ce sera le temps final,
24:09celui aussi
24:10de l'allumage
24:11de la vasque
24:11dont on parle beaucoup
24:12parce que ce qui lance
24:13les Jeux,
24:14c'est lorsque la flamme
24:15olympique arrive
24:17dans cette vasque.
24:18On commence tous
24:18à se projeter
24:19sur le dernier relayeur
24:21pour savoir un petit peu
24:21qui, le 26 juillet 2024,
24:25allumera la vasque olympique
24:26et lancera officiellement
24:28les Jeux olympiques.
24:29Côté mise en scène,
24:30vous l'avez dit,
24:30on ne sait pas encore
24:31quels sont les tableaux
24:32imaginés par Thomas Joly
24:33ni les artistes
24:34qui devraient se produire
24:35pendant le show.
24:36On sait juste
24:37que la chanteuse
24:38Aya Nakamura
24:39est susceptible
24:40d'être invitée
24:41à chanter
24:41lors de cette cérémonie.
24:43Quoi qu'il en soit,
24:44ce sera du très grand spectacle.
24:45Cette cérémonie
24:46va raconter quelque chose
24:47de la France.
24:48Donc on imagine
24:49des références
24:49à l'histoire,
24:51on imagine des références
24:52à la révolution française
24:53puisqu'elle est très présente
24:54dans les différents thèmes
24:56de Paris 2024
24:57avec notamment la mascotte
24:58qui représente
25:00un bonnet phrygien.
25:00ce sera quelque chose
25:02de jamais vu,
25:03quelque chose
25:04d'extraordinaire
25:04et quelque chose
25:05qui restera
25:06sans aucun doute
25:06dans l'histoire.
25:12Merci à Sandrine Lefèvre,
25:14Romain Baeux
25:14et Pauline Darvay.
25:16Si les Jeux Olympiques
25:17vous intéressent,
25:18écoutez Code Source
25:18qui consacre régulièrement
25:20des épisodes thématiques
25:21autour de l'organisation
25:23de ces Jeux
25:23et retrouvez chaque mercredi
25:25un nouvel épisode
25:26de notre podcast
25:27Le Sacre,
25:28un ou une médaillée d'or
25:29aux Jeux Olympiques
25:30et Paralympiques
25:31se confie au micro
25:32d'Anne Lorbonnet.
25:33Cet épisode de Code Source
25:34a été produit par
25:36Clara Garnier-Amourou,
25:37Raphaël Pueyo
25:38et Barbara Gouy,
25:39réalisation Pierre Chaffanjon.
25:41N'hésitez pas
25:42à nous mettre en avant
25:43avec des petites étoiles
25:44sur votre plateforme audio
25:45préférée,
25:46Spotify,
25:47Apple Podcast
25:47ou encore Deezer.
25:49Vous pouvez aussi
25:49nous écrire à cette adresse
25:51codesource
25:51at leparisien.fr
25:53et vous pouvez aussi
Commentaires

Recommandations