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La guerre des enchères entre Netflix et Paramount pour l’acquisition de Warner Bros inquiète le monde du cinéma. En à peine 20 ans, le géant du streaming Netflix a sur s’imposer comme un mastodonte du streaming. Récit avec Loïc Pialat, correspondant pour le Parisien et Radio France basé à Los Angeles.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Anaïs Godard, Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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La guerre des enchères entre Netflix et Paramount pour l’acquisition de Warner Bros inquiète le monde du cinéma. En à peine 20 ans, le géant du streaming Netflix a sur s’imposer comme un mastodonte du streaming. Récit avec Loïc Pialat, correspondant pour le Parisien et Radio France basé à Los Angeles.
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NewsTranscription
00:11C'est un possible rachat qui agite Hollywood depuis qu'il a été annoncé le vendredi 5 décembre.
00:18Netflix, le géant du streaming aux 300 millions d'abonnés dans le monde,
00:22est prêt à mettre la main sur les studios Warner Bros et ses filiales
00:26pour un montant estimé à 82 milliards de dollars.
00:30Si l'accord de vente aboutit, ce qui n'est pas certain à ce stade,
00:34la plateforme de streaming s'offrirait un géant du cinéma
00:37avec un catalogue rempli de séries et de films cultes
00:41comme les sagas Matrix et Harry Potter ou encore Friends et Game of Thrones.
00:46Alors comment Netflix a-t-elle réussi en moins de 15 ans son hold-up sur l'industrie du cinéma
00:51?
00:52Quels sont les obstacles qui s'opposent encore à elle pour cette vente ?
00:55On fait le point aujourd'hui dans Code Source avec Loïc Piala.
00:58Il est notamment le correspondant de Radio France à Los Angeles.
01:05Loïc Piala, le vendredi 25 avril 2025, à New York,
01:09le prestigieux magazine Time organise une grande conférence
01:13avec des personnalités classées parmi les 100 plus influentes de la planète.
01:17A la fin de la journée, Ted Sarandos, le co-PDG de Netflix,
01:22monte sur scène pour un échange avec un journaliste,
01:25un journaliste qui n'y va pas par quatre chemins avec lui.
01:28Alors les deux hommes sont assis face à face sur scène,
01:30séparés par une petite table et deux verres d'eau.
01:32Et le journaliste salue Ted Sarandos.
01:34Et puis il commence par un point sur la situation de l'industrie du divertissement.
01:38Il évoque les résultats décevants du box-office,
01:40les difficultés en général du monde du cinéma.
01:42Il fait le parallèle avec Netflix,
01:43qui va très bien et continue à gagner des parts de marché sur la concurrence.
01:48Alors il pose cette question, avez-vous détruit Hollywood ?
01:56Sans hésiter, Ted Sarandos répond, non, nous sauvons Hollywood.
02:00Il insiste sur le fait que Netflix se concentre avant tout sur le consommateur,
02:04c'est-à-dire qu'il lui livre des programmes tels qu'il veut les regarder.
02:07Il reprend justement l'exemple du box-office en berne.
02:09Et pour lui, le message du consommateur, c'est qu'il veut voir les films chez lui
02:13et que le modèle économique des films en salle est, c'est ce que dit Ted Sarandos, dépassé.
02:19Par ailleurs, vous, vous avez déjà croisé lors d'événements ou sur des tapis rouges Ted Sarandos.
02:24Il fait quelle impression ?
02:25Il est souriant, il est d'apparence moins dur que certaines autres personnalités d'Hollywood.
02:30Il était, il y a encore quelques semaines, au festival TAF du film français à Los Angeles
02:35pour présenter un film qui s'appelle Nouvelle Vague sur le tournage à bout de souffle de Jean-Luc Godard.
02:41Il a parlé à la foule encore une fois en dégageant cette impression sympathique
02:45qui va à l'encontre quand même de sa réputation en termes de négociateur.
02:49Apparemment, c'est quelqu'un de très difficile avec qui négocier, un tueur presque.
02:55Loïc Piala, l'industrie du cinéma aux Etats-Unis, a changé de regard au fil des années sur Netflix.
03:01À ce moment-là, au moment de cette conférence au printemps 2025, c'est une firme qui lui fait sincèrement
03:08peur ?
03:08Oui, un peur c'est le mot parce que Netflix remet en cause le modèle de la salle
03:13qui est aussi vieux qu'Hollywood lui-même finalement
03:15et que Netflix a le pouvoir, la force de frappe justement pour soutenir cette vision.
03:20Derrière cette peur, il y a aussi une forme de rancœur, peut-être un peu de mépris
03:25mais on est loin de l'époque où Netflix avait été comparé à l'armée albanaise
03:29en gros, qu'il n'y avait pas grand-chose à craindre de ce nouvel arrivant.
03:33Ce n'est vraiment plus le cas aujourd'hui.
03:35Vous allez nous raconter dans cet épisode de Codesources
03:37comment Netflix est parvenu à s'imposer comme un géant en passe de conquérir Hollywood.
03:42Loïc Piala, au tout départ, Netflix, c'est une toute petite société
03:46créée le 29 août 1997 en Californie.
03:51Quelle est son activité ?
03:52D'abord, il faut signaler que Netflix naît en Californie, oui, mais ne naît pas Hollywood.
03:56Netflix naît dans la Silicon Valley, c'est-à-dire qu'elle est liée au monde de la tech.
04:01Et ça, c'est important parce que Netflix commence en fait par louer des DVD à distance
04:06qui ne se fait pas à l'époque.
04:08Donc, plus besoin d'aller dans les vidéoclubs, c'est Netflix qui vous envoie le DVD
04:13que vous avez commandé sur Internet.
04:15Et petit à petit, le modèle de l'entreprise évolue.
04:18Qu'est-ce que ça devient ensuite ?
04:20Alors, très tôt, Amazon propose de racheter Netflix.
04:22Reed Hastings, son cofondateur, s'y oppose.
04:24Et au départ, Netflix loue les DVD à l'unité, puis met en place un système d'abonnement,
04:30ce qui est moins contraignant pour le consommateur.
04:32Et son succès, dit-on, contribue au crépuscule des vidéoclubs.
04:35Netflix entre en bourse en 2002, travaille sur un algorithme capable de comprendre
04:40les goûts de ses abonnés.
04:42En 2007, la firme se lance donc dans le streaming, la diffusion de films en ligne.
04:46C'est très nouveau à l'époque, même si au départ, son catalogue est réduit
04:50par rapport à sa collection de DVD physiques.
04:52Au début des années 2010, Netflix a la volonté de produire et distribuer ses propres programmes.
04:59Le premier fait son entrée dans le catalogue en février 2013.
05:03Il s'appelle House of Cards.
05:05Que raconte cette série ?
05:07C'est un remake d'une série britannique centrée sur les jeux de pouvoir à Washington.
05:11Ou comment un ambitieux député démocrate de Caroline du Sud, frustré de ne pas avoir
05:15été retenu dans le cabinet du président américain, décide de prendre le pouvoir avec
05:20des méthodes cyniques, voire carrément criminelles.
05:24L'histoire d'un outsider, en fait, qui arrive au sommet de la vie politique dans la capitale.
05:42Et qui réalise et produit les premiers épisodes ?
05:44David Fincher, le réalisateur de Seven, The Fight Club, The Social Network, l'un des plus grands
05:49cinéastes d'Hollywood, tout simplement.
05:50C'est un très beaucoup pour Netflix, d'autant que la série a dans son casting Kevin Spacey
05:56et l'actrice Robin Wright.
05:58Netflix s'installe dans de plus en plus de pays, notamment en France, et il gagne
06:01en abonnés.
06:02Qu'est-ce qui séduit les spectateurs qui s'abonnent à la plateforme ?
06:06En anglais, on dit « convenience », c'est-à-dire que c'est plus simple, c'est plus pratique.
06:09On n'a plus à attendre une semaine, par exemple, pour voir l'épisode suivant d'une
06:13série qu'on aime.
06:13On peut regarder les 10 ou 13 épisodes en un seul week-end, si on veut la binger.
06:18C'est là que le terme apparaît.
06:20L'algorithme est redoutable d'efficacité.
06:22Les recommandations font souvent mouche, les recommandations de films qui correspondraient
06:26à vos goûts.
06:27Et puis, certaines séries sont remarquables par leur qualité, House of Cards, Orange
06:31is the New Black, notamment.
06:32Après le succès des séries qu'on vient d'évoquer, Netflix produit et distribue, en
06:37septembre 2015, son premier long-métrage, Beasts of No Nation, un film avec l'acteur
06:43Idris Elba, qui ne sort pas au cinéma, mais directement sur la plateforme.
06:48Le film est encensé par la critique, mais il n'est pas nommé aux Oscars.
06:53Pour quelles raisons ?
06:53Alors, il y a bien une sortie en salles aux Etats-Unis, mais elle est très réduite.
06:5650 000 dollars de gagnés seulement au box-office, parce que Netflix ne veut pas forcément
07:00faire plus.
07:01C'est parce que des chaînes de cinéma boycottent le film aussi, indépendamment de ses qualités.
07:05Mais il y a une espèce de tension, de conflit avec Netflix par rapport à sa politique
07:09avec les salles.
07:11Et puis aussi, on est dans l'année de la campagne Oscar So White.
07:14Cette année-là, aux Oscars, tous les nominés quasiment sont blancs.
07:18Il y a une campagne qui dénonce le manque de diversité de ces Oscars.
07:23Et Beasts of No Nation, justement, est un film qui parle des enfants soldats en Afrique.
07:27Idris Elba joue un général, un soldat qui commande ses enfants soldats.
07:33Il est nommé et récompensé dans d'autres cérémonies, mais pas aux Oscars.
07:36À partir de là, Netflix se met à produire des films maison, à la chaîne.
07:41Quelle est sa stratégie ?
07:42Le contenu, il faut que l'abonné ait du choix, où il ira voir ailleurs.
07:46Et les studios traditionnels, avec leur siècle d'histoire, ont un catalogue beaucoup plus vaste.
07:50Donc Netflix, en fait, cherche à les rattraper en produisant à la chaîne de façon quasi industrielle,
07:56sans forcément prêter une attention forte sur la qualité du film lui-même.
08:01Quelques années plus tard, le 21 novembre 2018, Roma sort sur la plateforme.
08:06Il est signé Alfonso Cuaron, le réalisateur de Gravity ou encore d'Harry Potter 3.
08:12Ce n'est pas un blockbuster avec de l'action et des gros effets spéciaux.
08:16Et pourtant, Netflix y a mis de très gros moyens.
08:34Alors le budget du film, en soi, reste modeste, 15 millions de dollars.
08:38Mais ce qui est frappant, c'est que peu de studios auraient dépensé autant d'argent
08:41pour un long métrage en noir et blanc, en espagnol,
08:45centré sur une femme de ménage dans le Mexique des années 70.
08:48C'est le signe que, même si Netflix produit de façon industrielle,
08:51le studio est aussi capable de produire des films comme Roma, des films de prestige.
08:55Mais au-delà du film lui-même, ce qui est frappant avec Roma,
09:00c'est le budget que Netflix consacre à la promotion du film.
09:04On parle de 60 à 70 millions de dollars.
09:07C'est gigantesque, ça veut dire de l'affichage, de la publicité à la télévision,
09:11faire en sorte que le film soit très visible,
09:13tout simplement pour faire, comme on dit ici, campagne pour la saison des récompenses,
09:18avec l'espoir que le film soit vu par assez de votants,
09:21pour les Oscars notamment, parce que l'Oscar du meilleur film,
09:24ça reste l'objectif ultime de Netflix.
09:27Et avec Roma, Netflix pense tenir un candidat sérieux.
09:31Et justement, le film rafle beaucoup de récompenses,
09:33dont le prestigieux Lion d'or à la Mostra de Venise.
09:37Sa sortie dans une poignée de salles aux Etats-Unis lui permet de concourir pour les Oscars,
09:41où il est nommé dans cette catégorie.
09:44La cérémonie a lieu le 24 février 2019 au Dolby Theater de Los Angeles.
09:50Qu'est-ce que ça donne finalement ?
09:51Pas d'Oscar, du meilleur film, mais Roma repart avec trois statuettes
09:55pour le meilleur film étranger, le meilleur réalisateur, Alfonso Cuaron,
09:59et la meilleure photographie.
10:00Ce n'est vraiment pas si mal pour un film, encore une fois,
10:02en noir et blanc, long, sur une histoire très lointaine de la plupart des votants aux Oscars.
10:08Toujours en 2019, Netflix s'associe à un grand cinéaste
10:11en produisant The Irishman de Martin Scorsese.
10:15Le film de trois heures et demie sort, encore une fois, directement sur la plateforme.
10:20Qu'est-ce qui séduit des réalisateurs puissants et renommés comme lui
10:23à s'allier à Netflix plutôt que de continuer à faire des films
10:27qui sortiront en salle dans le monde entier ?
10:29C'est vrai que dans le cas de Martin Scorsese, ça peut surprendre
10:31parce que c'est un amoureux notoire de la salle.
10:35Il finance la restauration de vieux films,
10:39mais les réalisateurs veulent aussi que leur film, avant d'être vu, soit fait.
10:43Et il a trouvé avec Netflix un partenaire pour que The Irishman existe.
10:483h30, un budget estimé à au moins 150 millions de dollars à cause de la technologie.
10:52Il y a un effet spécial appelé The Aging
10:54pour que des acteurs du film paraissent plus jeunes au début du film.
10:58Jamais un studio n'aurait donné autant d'argent à Martin Scorsese,
11:01réalisateur génial, certes, mais qui n'a pas non plus cumulé
11:04les énormes succès au box-office.
11:07Et c'est un peu la même chose avec David Fincher,
11:09qui peut financer Manc, un film en noir et blanc,
11:12sur les coulisses d'Hollywood.
11:14C'est libérateur pour beaucoup de réalisateurs,
11:18quitte effectivement à accepter l'idée que le film ne soit pas vu en salle
11:22par le plus grand nombre, mais dans le salon des spectateurs.
11:25Est-ce que The Irishman, ce film de Martin Scorsese,
11:28qui réunit Al Pacino et Robert De Niro, est un succès ?
11:31Difficile à dire, parce qu'en salle, ça n'a pas été le cas.
11:34The Irishman est sorti vraiment sur un nombre très réduit d'écrans aux Etats-Unis.
11:39Sur la plateforme, oui, ça a été un succès.
11:41Et si l'on en croit Netflix, qui ne communique pas tous les chiffres
11:45qu'elle a à sa disposition, et en ce qui concerne les récompenses,
11:49aux Oscars, c'est une grande déception.
11:51Le film est nommé 9 fois et ne gagne aucune statuette.
11:55En 2020, pendant la pandémie de Covid-19,
11:57les salles de cinéma ferment pendant des mois dans le monde entier.
12:01Que se passe-t-il au même moment pour Netflix ?
12:03Netflix, comme d'autres entreprises de la tech, bénéficie de la pandémie.
12:08Son action explose en bourse.
12:10Le nombre d'abonnés augmente de 26 millions dans le monde
12:13durant le premier semestre 2020.
12:16Et puis l'action en bourse à Wall Street explose pour Netflix.
12:20En décembre 2021, vers la fin de la crise Covid,
12:23Netflix sort sur sa plateforme un nouveau film maison,
12:26Don't Look Up, qui raconte comment l'humanité se mûre dans le déni
12:30alors qu'une météorite va détruire la planète.
12:33On devine le parallèle qui est fait avec ce qui nie l'urgence climatique.
12:37Ce film, c'est un grand succès ?
12:39Oui, Don't Look Up avec un casting spectaculaire.
12:41Leonardo DiCaprio, Jennifer Lawrence, Cate Blanchet, Timothée Chalamet.
12:45Un film qui parle du déni face à la fin du monde.
13:12C'est un succès si l'on en croit Netflix.
13:15C'est même le deuxième film le plus vu à ce moment-là sur la plateforme.
13:19En revanche, les critiques n'apprécient pas beaucoup Don't Look Up.
13:23C'est une déception sur ce plan-là.
13:25Mais vous l'avez dit, c'est un succès d'audience,
13:26au point que le film est cité en référence pour parler des climato-sceptiques, par exemple.
13:31Mais au regard de tous les films que produit Netflix,
13:35on dirait que très peu d'entre eux parviennent à marquer les esprits.
13:38C'est juste ?
13:39C'est même très juste.
13:40On a par exemple peu de suites qui sont réalisées sur les films Netflix.
13:45Ils n'entrent pas finalement dans les conversations.
13:47C'est le cas pour les séries de Netflix, House of Cards, Stranger Things notamment.
13:52Mais c'est vrai qu'on vous parle rarement d'un film qu'on aurait vu sur Netflix
13:57et qui devient une sorte de phénomène.
13:59Et pourquoi ça ?
13:59Alors, une des explications possibles, c'est qu'on reproche parfois au film de Netflix
14:04d'être sous-produit, parfois sous-écrit,
14:07de ne pas être suffisamment cadré pendant la préparation et le tournage.
14:12Et c'est vrai que quand on regarde beaucoup de films sur Netflix,
14:16il peut vous arriver après une heure peut-être de vous détacher un peu de l'histoire.
14:19L'autre question aussi, c'est le rapport à son écran de télévision.
14:23Est-ce qu'on est aussi investi quand on regarde le film
14:25qui dure plus longtemps qu'une série sur un écran de télévision
14:28plutôt qu'au cinéma quand on n'a pas une expérience collective ?
14:31Autour de 2022 et 2023, la firme décide justement de revoir sa stratégie.
14:37Oui, et justement, la firme commence à privilégier la qualité à la quantité
14:42parce que ça fait plusieurs années qu'elle produit jusqu'à 50 films par an.
14:46Elle décide de réduire sa production avec l'envie de faire justement
14:51plus de films marquants ou qui vont rester dans les mémoires.
14:55Il y a notamment The Killer de David Fincher, encore lui,
14:57ou encore Made December qui est un film nommé aux Oscars quelques mois plus tard.
15:02Loïc Piela, à la même période, comment se portent les firmes qui dominent Hollywood
15:07depuis plus d'un siècle comme Warner, Paramount ou encore Disney ?
15:11Tous ces studios ne sont pas au mieux.
15:12Ils ont du mal à se remettre du Covid,
15:15du changement d'habitude des spectateurs qui commencent à regarder plus de films chez eux
15:20et donc vont moins en salle.
15:21La fréquentation peine à revenir au niveau d'avant la pandémie.
15:25Et puis il y a cette guerre du streaming qui continue.
15:28Tous ces studios doivent eux aussi être présents sur ce front pour concurrencer Netflix,
15:33mais aussi Amazon qui a lancé sa plateforme.
15:36Apple également, des entreprises de la tech.
15:39Donc ces grands studios avec leurs énormes structures doivent s'adapter.
15:43C'est un moment difficile dans leur histoire.
15:54On en vient à l'actualité la plus récente.
15:56Cette année, au mois de septembre, le groupe Warner Bros Discovery,
16:00qui regroupe des studios de cinéma mais aussi des chaînes de télé américaines
16:04dont HBO et sa plateforme HBO Max,
16:08lance un appel d'offres pour être racheté par l'un de ses concurrents.
16:11Et le 5 décembre, Netflix annonce entrer en discussion exclusive avec la Warner
16:16pour un rachat estimé à 82 milliards de dollars.
16:21Que comprend cet accord ?
16:22Netflix prévoit de racheter Warner pour 72 milliards de dollars
16:27et prendre aussi à sa charge 10 milliards de dollars de dettes du groupe.
16:32Dans Warner, il y a les studios.
16:34Évidemment, il y a le catalogue, surtout, avec 100 ans d'histoire du studio,
16:39des films qui vont de Casablanca à des franchises comme Harry Potter
16:43ou Le Seigneur des Anneaux ou Batman,
16:47plus des titres majeurs de l'histoire de la télévision,
16:51Friends par exemple, les séries aussi de HBO comme Game of Thrones.
16:54Donc ça donne à Netflix un catalogue extraordinaire à ajouter aux siens,
16:59ce qui permet soit d'attirer de nouveaux abonnés,
17:01soit de garder ceux qui sont déjà présents.
17:04Ils sont très nombreux et donc avoir accès à un immense catalogue,
17:10c'est vraiment le cœur de ce deal pour Netflix.
17:15Comment réagit l'industrie du cinéma ?
17:17Très vite, on entend le syndicat des exploitants de salles
17:19qui n'est pas du tout enchanté par cette fusion annoncée.
17:23La Directors Guild of America, le syndicat des réalisateurs,
17:27présidé actuellement par Christopher Nolan,
17:29le réalisateur de Batman Begins et de Oppenheimer,
17:33n'a pas l'air non plus très emballé par l'idée,
17:36même s'il invite plus à se poser des questions
17:38qu'à dénoncer directement cette fusion.
17:41On avait entendu aussi quelques jours avant la fusion,
17:43James Cameron, le réalisateur de Titanic, d'Avatar,
17:46être particulièrement véhément, rappeler que Tetsar Andos
17:51avait dit que le modèle de la salle était dépassé.
17:53Pour lui, c'était très inquiétant.
17:55Et là où c'est important de mentionner James Cameron,
17:58c'est qu'il n'a rien à craindre, lui.
18:00Il sait que ses films ont tous énormément de succès,
18:02qu'il a une porte ouverte dans tous les studios,
18:04mais ce n'est pas le cas de tout le monde,
18:06et notamment de ses producteurs qui ont écrit au Congrès américain
18:10pour signaler leurs doutes, leurs inquiétudes, leurs scepticismes,
18:12avec une fusion entre Netflix et Warner,
18:15et qui n'ont pas signé cette lettre par peur des représailles,
18:18parce que Netflix a tellement la main sur les productions Hollywood
18:22qu'il y a une peur des représailles.
18:24Netflix s'empresse d'annoncer la nouvelle à ses abonnés par mail dans le monde entier,
18:29et pourtant, il n'est pas certain que la plateforme, à ce moment-là,
18:32va bel et bien racheter le groupe Warner.
18:34Expliquez-nous pourquoi.
18:35Alors, il y a deux enjeux, et le premier, c'est le risque de monopole.
18:39Netflix, c'est 300 millions d'abonnés.
18:41Warner, à travers la plateforme HBO Max, c'est 120 millions.
18:45Est-ce qu'il n'y a pas un risque de voir une position trop dominante de ce nouveau géant
18:51par rapport à la concurrence Disney+, Hulu, Apple TV+, ou Amazon Prime ?
18:57Et ça, c'est aux autorités de décider à quel point cette fusion va peser sur le marché.
19:04Et ça va prendre des mois. Quel est le deuxième enjeu ?
19:07Et le deuxième enjeu, c'est Paramount.
19:09Paramount, c'est un studio historique d'Hollywood qui était candidat également au rachat de Warner.
19:15Warner qui a préféré l'offre de Netflix, et ça a mis en rage le propriétaire de Paramount,
19:20David Ellison, le fils de Larry Ellison, l'un des hommes les plus riches du monde,
19:24qui vient du monde de la tech.
19:26Et donc, David Ellison annonce très rapidement qu'il va lancer une OPA hostile.
19:30C'est-à-dire qu'il va tenter, plutôt que de convaincre les dirigeants du groupe,
19:34de convaincre les actionnaires en proposant encore plus d'argent que Netflix,
19:38en proposant de ne pas racheter seulement les studios de cinéma et HBO Max,
19:41mais aussi les chaînes câblées qui font partie du groupe.
19:45Et David Ellison a plusieurs atouts dans sa manche.
19:47D'abord, la fortune immense de sa famille.
19:50Ensuite, des liens très forts avec la Maison Blanche.
19:53Larry Ellison est un ami personnel de Donald Trump.
19:56Parmi les investisseurs de Paramount pour le rachat de Warner,
20:00on trouve Jared Kushner, qui n'est autre que le gendre du président américain.
20:06Et donc, à Hollywood, on pense que David Ellison peut jouer de son influence
20:11auprès de la Maison Blanche pour que les autorités ne valident pas,
20:15n'approuvent pas la fusion entre Netflix et la Warner.
20:19Loïc Piala, projetons-nous un peu dans le temps.
20:22Si jamais ce rachat de la Warner par Netflix se concrétise,
20:26que représenterait la plateforme à Hollywood ?
20:29Netflix deviendra un titan plus puissant encore qu'il ne l'est déjà,
20:33un titan à la hauteur de Disney,
20:34l'autre géant depuis sa fusion avec les studios Fox il y a quelques années.
20:40Ce serait l'alliance entre le monde de la tech et le Hollywood à l'ancienne,
20:45avec cette question centrale de l'avenir de la salle.
20:48Tessa Randos, le patron de Netflix, assure qu'il maintiendra
20:52les sorties des films Warner en salle.
20:54Mais sous quelle forme ?
20:55Est-ce que les films resteront en salle trois semaines au lieu de six ?
20:58Est-ce qu'ils sortiront sur mille écrans au lieu de trois mille ?
21:01Donc il y a beaucoup de questions et des questions existentielles
21:03sur ce que peut devenir Hollywood,
21:06passer d'un modèle de la salle de cinéma à l'écran du salon.
21:10Et puis ce serait aussi un aboutissement incroyable pour une entreprise
21:14qui, il y a encore moins de 15 ans,
21:16était une simple plateforme de streaming,
21:19parfois moquée à Hollywood,
21:21et qui va peut-être devenir le numéro 1 ou le numéro 2 de l'industrie.
21:32Merci à Loïc Piala.
21:34Cet épisode de Codesources a été produit par Clara Garnier-Amourou
21:37et Anaïs Godard.
21:39Réalisation, Julien Moncouquiole.
21:41Vous êtes de plus en plus nombreux et nombreuses à nous écouter.
21:45Merci d'abord pour votre fidélité.
21:47Abonnez-vous si ce n'est pas déjà fait à Codesources,
21:50sur votre plateforme d'écoute préférée
21:52ou sur la chaîne YouTube du Parisien.
21:54Chaque samedi, vous pouvez retrouver notre podcast fait divers,
21:58Crime Story, une nouvelle affaire criminelle
22:00racontée par Claudia Prolongeau
22:02et le chef du service police-justice du Parisien,
22:05Damien Delseny.
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