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Philippe de Villiers passe en revue l'actualité de la semaine dans #FaceAPhilippedeVilliers. Présenté par Eliot Deval

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Transcription
00:00:00Il est 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour face à Philippe De Villiers, votre rendez-vous du
00:00:06vendredi soir sur CNews.
00:00:08Philippe De Villiers, bonsoir.
00:00:09Bonsoir Elliot, je me recale.
00:00:12Oui, vous êtes arrivé sur le gong comme on dit.
00:00:13On dit tout aux téléspectateurs.
00:00:15J'ai jamais compris pourquoi, dans les studios de télévision, les sièges étaient des sièges de tracteur.
00:00:21Oui, mais ça va être de la faute des sièges, votre quasi-retard.
00:00:25Vous coûtez peut-être des sièges éjectables.
00:00:28Vous savez, il y a quelques petits boutons que je n'ai jamais utilisés sur ce plateau.
00:00:32On ne sait jamais.
00:00:33Trembler Philippe De Villiers.
00:00:35Ça me fait plaisir de vous retrouver, cher Philippe.
00:00:37Geoffroy Lejeune est avec nous.
00:00:38Geoffroy, bonsoir.
00:00:39Bonsoir Elliot, bonsoir Philippe.
00:00:40Un peu de sourire, alors que notre France et nos Français sont en deuil.
00:00:44Un de ces soldats est mort, l'adjudant-chef Arnaud Frion du 7e bataillon des chasseurs alpins de Var.
00:00:51Ça a été mortellement touché en Irak par un drone.
00:00:54Et en découvrant cette actualité cette nuit, j'ai pensé à vous, Philippe De Villiers, et j'ai compris votre
00:01:00prudence.
00:01:01La semaine dernière, nous en parlerons.
00:01:03Un drone de conception iranienne.
00:01:05Six autres soldats français ont été blessés.
00:01:08Arnaud Frion, et j'aimerais qu'on voit son image, mari et père d'un enfant,
00:01:12a été cité à quatre reprises pour acte de bravoure dans sa carrière, décoré de la médaille militaire en 2021.
00:01:17Le président de la République a pris la parole ce vendredi pour lui rendre hommage
00:01:21et refusant d'évoquer tout scénario de riposte.
00:01:24Écoutez Emmanuel Macron.
00:01:26Dès l'annonce de cette attaque, j'ai demandé à nos armées une analyse consolidée des faits, de leurs circonstances.
00:01:32Et nous aurons dans les prochaines heures la totalité, je l'espère, de ces informations.
00:01:36Je m'entretiendrai dès le début d'après-midi avec le Premier ministre irakien.
00:01:43Nos soldats ont été frappés, alors que, comme nous le faisons depuis plusieurs années,
00:01:50ils luttaient dans le cadre d'une coalition internationale contre les résurgences du terrorisme dans la région
00:01:55et au service de la souveraineté irakienne.
00:02:01C'est évidemment inacceptable.
00:02:05Face à la guerre en cours, la position de la France est purement défensive.
00:02:10On soutient à ses alliés et ne saurait justifier jamais qu'on s'en prenne à elle.
00:02:16La France continuera de faire preuve de sang-froid, de calme, de détermination.
00:02:21Calme et détermination. Geoffroy Lejeune.
00:02:24Philippe, comment le frère de l'ancien chef d'état-major des armées que vous êtes réagit à la mort
00:02:28d'Arnaud Frion ?
00:02:30Comme un Français qui pleure un Français.
00:02:33Comme un Français qui pleure un soldat.
00:02:36Comme un frère de soldat pleure un sous-officier.
00:02:43Les sous-officiers français sont les poutres maîtresses de l'armée française.
00:02:49Évidemment je pense à sa famille, je pense à lui, c'était, paraît-il, un garçon remarquable.
00:02:56Je pense à ses camarades de combat, les chasseurs alpins, chasseurs d'élite, sous-officiers d'élite, soldats d'élite.
00:03:08En fait, un soldat, il ne reçoit pas un salaire.
00:03:18Il reçoit une solde.
00:03:21Ça veut tout dire.
00:03:23Solde de tout compte.
00:03:26Une solde.
00:03:28Ça veut dire qu'en fait, son métier, il est le seul à avoir ce métier.
00:03:34Le seul de tous les artisans de France, de tous les ouvriers de France, de tous les patrons de France,
00:03:39de tous les créateurs de France, de tous les entrepreneurs de France.
00:03:42Il est le seul à se dire quand il prend son premier galon, je donne ma vie à la France.
00:03:51Et je suis prêt à faire le sacrifice de ma vie.
00:03:57C'est admirable, c'est incommensurable, c'est incompréhensible pour quiconque n'approche pas l'âme de la France.
00:04:07Et un militaire, c'est quelqu'un qui approche l'âme de la France.
00:04:11Et qui est prêt à mettre hors d'état de nuire.
00:04:13On ne dit pas tuer dans l'armée, on dit mettre hors d'état de nuire.
00:04:17Et qui est prêt à donner sa vie pour la France.
00:04:24Je parle de cela avec un certain décalage par rapport aux événements que nous vivons.
00:04:29Pourquoi ? Parce qu'il me semble qu'on a perdu dans notre époque l'idée de ce qu'on
00:04:37appelait, avant qu'on rentre à nouveau dans l'OTAN, les intérêts vitaux de la France.
00:04:46Un soldat, il défend les intérêts vitaux de la France.
00:04:50C'est quoi les intérêts vitaux de la France ?
00:04:52C'est l'intégrité du territoire, c'est la protection d'une population, et c'est la garantie du libre
00:04:58exercice de la souveraineté.
00:05:00Ces trois choses ont disparu.
00:05:01Au profit d'une sorte de conscience universelle, droit de l'homiste, où on voudrait aller faire la guerre dans
00:05:07le monde entier, alors qu'il ne s'agit pas de nos intérêts vitaux.
00:05:12On ne fait la guerre que quand les intérêts vitaux du pays sont en jeu.
00:05:17Moi je ne suis pas israélien, je ne suis pas américain, je ne suis pas ukrainien, je suis français.
00:05:23Et en tant que français, je me dis, est-ce que là le sanctuaire est en danger ?
00:05:30C'est la question que je dois me poser, et surtout l'homme politique doit se poser cette question.
00:05:37Et c'est le moment pour moi de dire que cette guerre n'est pas la nôtre.
00:05:44Je ne dis pas qu'elle n'est pas légitime pour les Israéliens, pour les Américains, on va en parler.
00:05:50Mais en tout cas, ce n'est pas la guerre de la France.
00:05:53Et donc, j'invite tous les Français qui nous regardent, qui nous écoutent,
00:05:59à raisonner toujours à partir des intérêts vitaux de la France.
00:06:03Posez-vous toujours la question.
00:06:05Est-ce que la guerre en Ukraine concerne la France ?
00:06:09Est-ce que ça vaut la peine qu'on donne 17 milliards d'euros,
00:06:13pris dans la poche des contribuables,
00:06:16pour poursuivre une guerre qui n'est pas la nôtre,
00:06:18qui est une guerre entre deux peuples slaves ?
00:06:22Est-ce qu'on doit aller faire la guerre,
00:06:28sous pretexte qu'on est dans l'OTAN,
00:06:30aux côtés des Américains et des Israéliens en Iran ?
00:06:33Je ne le crois pas.
00:06:34Je pense qu'il faut être raisonnable et toujours avoir cette idée,
00:06:38cette idée fixe même, les intérêts vitaux.
00:06:42Philippe Devilliers, vendredi dernier,
00:06:44vous avez tenu à ouvrir l'émission sur le Moyen-Orient
00:06:46par ce que vous avez appelé une précaution de méthode,
00:06:50en invitant chacun à la prudence devant un conflit
00:06:54dont on ne connaît pas du tout à l'avancée, les développements.
00:06:57Au bout de 14 jours de confrontation entre l'Iran et l'alliance israélo-américaine,
00:07:01comment vous, Philippe Devilliers, caractérisez l'évolution de cette guerre ?
00:07:06Et peut-on imaginer, selon votre analyse, une issue malheureuse avec un engrenage mondial
00:07:11ou une issue heureuse avec la fin d'une idéologie totalitaire ?
00:07:16– Vous vous souvenez que j'avais commencé avec une précaution de méthode,
00:07:20j'avais cité Churchill, qui disait, et je répète la phrase
00:07:24parce qu'il y a encore plus d'actualité aujourd'hui qu'il y a huit jours,
00:07:28il disait, l'homme d'État qui cède à la fièvre guerrière
00:07:32doit savoir qu'une fois le signal lancé, il n'est plus maître de sa politique
00:07:38et qu'il devient l'esclave de l'événement imprévisible et improbable.
00:07:44Voilà, nous y sommes.
00:07:46Alors, l'évolution de cette guerre, d'abord il y a une chose qui me frappe,
00:07:50c'est que pour l'instant est contenue mais à fleurs
00:07:55une divergence stratégique entre les Américains et les Israéliens.
00:08:01– Il y a un proverbe chinois qui dit,
00:08:06quand deux pays couchent dans le même lit,
00:08:10ils ne font jamais les mêmes rêves.
00:08:14Le rêve israélien, enfin en tout cas l'objectif de l'État d'Israël,
00:08:20c'est de briser l'Iran militairement, politiquement, économiquement,
00:08:24ce qu'on peut comprendre, et ensuite de le fragmenter.
00:08:29C'est-à-dire d'appeler à la sécession des Balouches, des Azéries, des Kurdes, des Perses,
00:08:38comme ils l'ont fait en Irak, en Syrie et au Liban.
00:08:43Le but, l'objectif de Trump est différent.
00:08:48L'objectif de Trump, c'est d'anéantir les rampes de lancement
00:08:51des Corassam-Chars qui peuvent atteindre un jour les États-Unis.
00:08:58Et ensuite, le but, c'est de retrouver les 440 kilos d'uranium enrichi.
00:09:13Et enfin, le but, de plus en plus lointain, de plus en plus flou,
00:09:19c'est apprivoiser une solution à la vénézuélienne.
00:09:28En fait, l'angle mort entre Israël et les Américains,
00:09:36il est le suivant.
00:09:37Il y a un pays qui est pressé, l'autre qui n'est pas pressé.
00:09:40Il y a un pays qui prend son temps, Israël,
00:09:43parce que toute la population est derrière Netanyahou,
00:09:47parce qu'elle considère, à juste titre,
00:09:49qu'il s'agit pour Israël d'une menace existentielle.
00:09:51En revanche, Trump, lui, il est pressé.
00:09:58Il voulait une blitzkrieg aérienne.
00:10:02Ça traîne et ça ne se passe pas comme prévu,
00:10:05parce qu'il est sous la pression.
00:10:07Il est sous la pression de son peuple,
00:10:10parce que les mi-termes vont arriver
00:10:12et qu'il y a la fameuse fête du 4 juillet
00:10:15pour le 250e anniversaire des États-Unis.
00:10:18Donc, il faut se presser d'avoir terminé la guerre.
00:10:20Ensuite, il est pressé par les marchés,
00:10:22les marchés des matières premières et du pétrole.
00:10:25Ça augmente, pas comme prévu.
00:10:27Ensuite, il est pressé par le Congrès
00:10:30et il est pressé surtout par les pays du Golfe,
00:10:34comme les Émirats arabes uniques,
00:10:36qui disent aux Américains très justement
00:10:38« Nous, on vous avait donné des bases,
00:10:41des emprises pour nous défendre nous
00:10:43ou pour vous défendre vous,
00:10:45mais pas pour attaquer un voisin. »
00:10:48Et donc, on sent une petite musique
00:10:50dans les pays du Golfe,
00:10:51dans les pétro-monarchies,
00:10:53qui est une musique d'amertume sur le thème
00:10:56« Il ne va pas falloir continuer plus longtemps
00:11:00cette guerre-là ».
00:11:02Donc, cette pression multiple,
00:11:06Trump va être obligé d'en tenir compte.
00:11:08Donc, il est pressé.
00:11:11Alors, l'issue de cette guerre,
00:11:15elle est incertaine.
00:11:19Elle est incertaine.
00:11:20Par rapport à il y a huit jours,
00:11:21voilà ce qu'on peut dire.
00:11:22Bon.
00:11:23Le régime devait s'effondrer.
00:11:27Il ne s'est pas effondré.
00:11:32Le peuple iranien devait sortir dans la rue.
00:11:36Pas de sous les mots populaires.
00:11:41La solution vénézuélienne s'éloigne
00:11:43puisqu'il y a le fils qui succède au père,
00:11:49l'Ayatollah.
00:11:51Ensuite, le Liban plonge dans la guerre.
00:11:56Le Liban martyre.
00:11:59Et là, je voudrais dire
00:12:01que la France s'honorerait
00:12:05d'aider l'armée libanaise
00:12:08parce que c'est à l'armée libanaise
00:12:11et non pas à Israël
00:12:12qu'il revient de désarmer le Hezbollah.
00:12:16Et enfin, il y a le détroit d'Hormuz.
00:12:19Le détroit d'Hormuz,
00:12:20c'est une arme de strangulation.
00:12:22C'est comme une arme atomique.
00:12:23C'est une arme de strangulation
00:12:24de l'économie mondiale.
00:12:26Et en fait, la question
00:12:27qu'on peut se poser aujourd'hui,
00:12:29c'est est-ce qu'on n'est pas
00:12:30à la veille d'un Sarajevo ?
00:12:34Alors, qu'est-ce que vous appelez
00:12:35justement le scénario à la Sarajevo ?
00:12:41C'est le passage de la régionalisation
00:12:43d'un conflit
00:12:44à la mondialisation du conflit.
00:12:46À la guerre mondiale.
00:12:49Peut-être qu'il faut le rappeler en deux mots
00:12:51au Sarajevo.
00:12:51Donc, le 28 juin 1914,
00:12:56le prince héritier de l'Autriche-Hongrie,
00:13:01François Ferdinand,
00:13:03est assassiné par un nationaliste serbe
00:13:06dans la petite ville de Sarajevo
00:13:08au cœur de la Bosnie.
00:13:11Tout le monde s'en moque
00:13:13dans l'instant.
00:13:17Mais cet assassinat va avoir
00:13:20des répercussions
00:13:24absolument phénoménales
00:13:26et immédiates.
00:13:31Les points communs
00:13:32avec la situation d'aujourd'hui
00:13:33sont les suivants.
00:13:35Premièrement, tout le monde dit
00:13:37que ce sera une guerre,
00:13:37mais une guerre très courte.
00:13:41Une guerre éclair, on dit, à l'époque.
00:13:45On a vu.
00:13:46Ensuite,
00:13:48l'option choisie,
00:13:50c'est la guerre préventive.
00:13:52Et l'empereur François Joseph
00:13:54dit le 28 juillet,
00:13:57lorsqu'il signe la déclaration de guerre,
00:14:00il dit à un journal
00:14:01Wiener Zeitung,
00:14:04la guerre préventive,
00:14:06c'est le suicide
00:14:07par peur de la mort.
00:14:09Bien vu.
00:14:12Ensuite,
00:14:13et là, on s'approche
00:14:14du point commun essentiel,
00:14:16il y a un autre point commun,
00:14:17c'est qu'on croit
00:14:19longtemps
00:14:19que c'est une guerre régionale.
00:14:23Alors qu'il ne s'agit pas
00:14:24d'une guerre régionale.
00:14:28C'est une guerre régionale
00:14:29qui va dégénérer.
00:14:31Pourquoi elle va dégénérer ?
00:14:32Parce que voilà,
00:14:33le dernier point commun,
00:14:34c'est le jeu des alliances.
00:14:37Vous avez l'Autriche-Hongrie
00:14:39qui attaque la Serbie.
00:14:41Jusqu'ici, tout va bien.
00:14:43Sauf que l'Autriche-Hongrie
00:14:44est soutenue par l'Allemagne,
00:14:46à l'époque,
00:14:47grande puissance.
00:14:49Et que la Serbie
00:14:50est soutenue par la Russie.
00:14:52Ça ne vous rappelle rien ?
00:14:54Ça ne vous évoque rien ?
00:14:55C'est en train de se passer
00:14:57en ce moment.
00:14:57Vous avez la Chine,
00:14:59vous avez donc Israël
00:15:01avec l'Amérique.
00:15:03Et vous avez
00:15:05l'Iran,
00:15:06soutenue par la Chine
00:15:07et la Russie.
00:15:10Et si jamais
00:15:11l'affaire du détroit d'Hormuz
00:15:14empire,
00:15:15le détroit d'Hormuz
00:15:17sera le Sarajevo
00:15:18de la guerre à venir.
00:15:20Je ne le souhaite pas,
00:15:22évidemment,
00:15:22mais je ne peux pas
00:15:24ne pas y penser.
00:15:26Alors,
00:15:27il y a une autre possibilité.
00:15:29Vous aviez parlé
00:15:30d'une situation malheureuse,
00:15:31c'est-à-dire
00:15:31la guerre s'enlise,
00:15:33se mondialise.
00:15:34Il peut y avoir aussi
00:15:35une possibilité heureuse,
00:15:38avez-vous dit,
00:15:39c'est la chute
00:15:41d'un régime totalitaire.
00:15:43Le mur de Berlin
00:15:44de l'islamisme
00:15:45pourrait-il tomber,
00:15:46Philippe De Villiers ?
00:15:47Alors oui,
00:15:48en fait,
00:15:49vous me faites penser
00:15:50à une phrase
00:15:51de Jean-François Revelle
00:15:52qui disait
00:15:53« L'islamisme
00:15:56sera
00:15:57le communisme
00:15:59du XXIe siècle ».
00:16:04et Maxime Rodinçon
00:16:05avait dit
00:16:07« L'islamisme
00:16:10fait le communisme
00:16:11avec Dieu ».
00:16:13Donc,
00:16:14ce n'est pas moi
00:16:15qui fais la comparaison
00:16:16avec le mur de Berlin,
00:16:18c'est les grands historiens
00:16:21et les grands observateurs
00:16:22de la vie politique mondiale.
00:16:27Alors,
00:16:27puisque vous parlez
00:16:28du mur de Berlin,
00:16:29oui,
00:16:29on peut dire que
00:16:32on a pu dire,
00:16:33c'est Pierre Vermeuregne
00:16:34le premier qui l'a dit
00:16:35et je crois
00:16:35Gilles Keppel,
00:16:36que peut-être
00:16:37c'était la chute
00:16:38du mur de Berlin,
00:16:39l'équivalent historiquement.
00:16:42Alors,
00:16:42la chute du mur de Berlin,
00:16:44moi,
00:16:45je m'en souviens très bien.
00:16:48Le point commun,
00:16:49c'est que
00:16:49quand un événement
00:16:51comme ça arrive,
00:16:52on ne le voit pas
00:16:52du tout arriver.
00:16:54Deux jours avant
00:16:55la chute du mur de Berlin,
00:16:57le 7 novembre,
00:16:58on dînait
00:16:59chez Lippe
00:16:59avec mon ami
00:17:02Charles Millon
00:17:04et il y en a un
00:17:05qui dit à l'autre
00:17:06tu crois qu'un jour
00:17:07le mur de Berlin
00:17:07tombera
00:17:08de notre vivant
00:17:09et l'autre répond
00:17:10non,
00:17:11peut-être nos enfants
00:17:13et l'autre répond
00:17:13non,
00:17:14nos petits-enfants
00:17:14et l'autre dit
00:17:15nos arrières-petits-enfants
00:17:16et deux jours après,
00:17:18on voit Astropovic
00:17:20qui s'incruste
00:17:21entre deux pans de murs
00:17:23et qui interprète
00:17:25les sonates de Bach.
00:17:26Donc,
00:17:26c'est fini.
00:17:28Et en fait,
00:17:30si je prends au vol
00:17:31votre question,
00:17:32c'est parce que je veux
00:17:33la prolonger.
00:17:35En disant ceci,
00:17:37quand il y a un événement
00:17:38comme ça,
00:17:38complètement inattendu,
00:17:39imprévisible,
00:17:41on voit les gens
00:17:42réagir
00:17:43très différemment
00:17:44les uns des autres.
00:17:45Et là,
00:17:46en fait,
00:17:47ce qu'on voit,
00:17:48c'est que
00:17:49Mitterrand
00:17:50s'est complètement planté.
00:17:52Mitterrand
00:17:53s'est planté
00:17:53deux fois.
00:17:55Le 20 décembre
00:17:581989,
00:18:01il a décidé
00:18:03d'aller à Berlin-Est.
00:18:06Et à Berlin-Est,
00:18:07il a rencontré
00:18:09les responsables
00:18:10de l'Allemagne
00:18:10de l'Est
00:18:13pour leur dire
00:18:14tenez bon.
00:18:15En fait,
00:18:16il refusait
00:18:17en lui-même
00:18:20la République
00:18:22fédérale
00:18:22d'Allemagne.
00:18:24Et qu'est-ce
00:18:25qu'il a fait
00:18:25à la place ?
00:18:27L'Europe
00:18:28fédérale
00:18:29allemande.
00:18:30Parce qu'il s'est
00:18:31précipité
00:18:32sur Kohl
00:18:32pour lui dire
00:18:33bon,
00:18:33allez,
00:18:33on fait l'Europe.
00:18:34Et au lieu
00:18:35de faire
00:18:36la grande Europe
00:18:38confédérale
00:18:38de l'Atlantique
00:18:39à l'Oral,
00:18:40c'était l'occasion
00:18:41unique.
00:18:41Je m'en souviens
00:18:42avec Jean-François
00:18:42de Niaud,
00:18:44même à la Madeleine
00:18:45à l'époque,
00:18:46on disait tous
00:18:46et Charles Millon,
00:18:48il faut faire
00:18:48la grande Europe.
00:18:49C'est le moment
00:18:50où jamais.
00:18:51Puisque la Pologne
00:18:52et la Hongrie
00:18:52de ça sont libres.
00:18:54Il ne faut pas
00:18:54faire la petite Europe
00:18:55recroquevillée
00:18:56sur elle-même.
00:18:57L'Europe des six,
00:18:59revue et corrigée
00:19:00par l'approfondissement
00:19:01fédéral.
00:19:02Il faut faire
00:19:03la grande Europe.
00:19:04Il faut que l'Europe
00:19:04soit l'Europe.
00:19:06Il faut que la géographie
00:19:07et l'histoire
00:19:08coïncident à nouveau
00:19:09pour que l'Europe
00:19:10soit une puissance.
00:19:14Eh bien non,
00:19:15il a fait
00:19:15l'Europe allemande.
00:19:17Et quand on voit
00:19:18ce qui se passe
00:19:19en ce moment
00:19:19sur le Mercosur
00:19:20pour l'agriculture,
00:19:22sur les échanges,
00:19:24sur le marché
00:19:25d'électricité,
00:19:26sur le nucléaire
00:19:28avec l'aveu
00:19:29de madame
00:19:30Van der Leyen,
00:19:31quand on voit
00:19:31ce qui se passe
00:19:32sur la défense,
00:19:34quand on voit
00:19:34ce qui se passe
00:19:35dans tous les domaines
00:19:37Mitterrand
00:19:37a pris
00:19:38une énorme responsabilité
00:19:40parce qu'il a mal compris
00:19:41l'histoire
00:19:42telle que
00:19:43s'est déroulée
00:19:44sous ses yeux.
00:19:45Philippe Devilliers,
00:19:47je voudrais qu'on revienne
00:19:47aussi sur les 15
00:19:48derniers jours
00:19:49et les déclarations
00:19:50d'Emmanuel Macron.
00:19:52Le président
00:19:53de la République
00:19:53a enchaîné
00:19:54deux postures
00:19:55successives
00:19:57de chef de guerre,
00:19:59d'abord
00:19:59à Lille-Longue
00:20:00et ensuite
00:20:01à Chypre.
00:20:02Écoutons justement
00:20:02Emmanuel Macron
00:20:03qui s'est rendu
00:20:04à Chypre.
00:20:06Et nous sommes
00:20:06en train de mettre
00:20:07en place
00:20:07et nous l'avons évoqué
00:20:08à l'instant aussi
00:20:10une mission
00:20:11purement défensive,
00:20:12purement d'accompagnement
00:20:13qui doit se préparer
00:20:16avec des états
00:20:16européens
00:20:17et non européens
00:20:18et qui a vocation
00:20:19à permettre
00:20:19dès que cela sera possible
00:20:21après la sortie
00:20:23de la phase
00:20:23la plus chaude
00:20:24du conflit
00:20:24qui permettra
00:20:26l'escorte
00:20:27de porte-conteneurs
00:20:28et de tankers
00:20:29pour réouvrir
00:20:30progressivement
00:20:32le détroit
00:20:33d'Hormuz
00:20:33qui est essentiel
00:20:34au commerce
00:20:35international
00:20:35mais également
00:20:37à la circulation
00:20:39du gaz
00:20:39et du pétrole
00:20:40qui doivent pouvoir
00:20:41sortir à nouveau
00:20:43de cette région.
00:20:45Geoffroy Lejeune.
00:20:46Alors d'abord
00:20:47à Lille-Longue,
00:20:48Philippe,
00:20:48et ensuite à Chypre,
00:20:49comment avez-vous
00:20:50analysé ces deux événements
00:20:51régaliens ?
00:20:54Je pense que
00:20:56Emmanuel Macron
00:20:57a un problème
00:20:58psychologique
00:20:58d'abord.
00:21:01Il y a un mot
00:21:04de l'ancien français
00:21:05qui dit bien
00:21:06ce qu'il veut dire
00:21:07la matamomerie,
00:21:11la matamorerie,
00:21:13matamor,
00:21:14la parade.
00:21:15En fait,
00:21:16il voit que
00:21:17quand il est en civil,
00:21:18ça ne marche plus.
00:21:21Il voit que
00:21:21quand il
00:21:23prend une posture
00:21:25de chef de guerre,
00:21:27six points
00:21:27dans les sondages.
00:21:29Donc il a compris
00:21:30la mécanique
00:21:32et donc il y a
00:21:33Lille-Longue,
00:21:34un sous-marin,
00:21:35il surplombe
00:21:35un sous-marin
00:21:37lanceur d'engin
00:21:37et là tous les Français
00:21:39se disent
00:21:39quand même,
00:21:40là ça ne rigole pas
00:21:41la bombe atomique,
00:21:42il a la bombe atomique
00:21:43donc il l'est
00:21:44la bombe atomique.
00:21:45Vous voyez,
00:21:46il y a un phénomène
00:21:46de contagion
00:21:49psychologique.
00:21:50Et on regarde
00:21:51la bombe atomique.
00:21:53Macron,
00:21:54la bombe.
00:21:55Et donc
00:21:55on a peur
00:21:56et en même temps
00:21:57on est rassuré.
00:21:58Donc on se dit
00:21:58c'est quand même
00:21:59pas mal Macron.
00:22:01Et puis
00:22:01après il prend
00:22:02un sous-marin
00:22:04de Charles de Gaulle
00:22:05et il pense
00:22:06à Clémenceau
00:22:07dans la tranchée
00:22:07vous savez
00:22:08qui était guetteré
00:22:09et qui disait
00:22:09au petit gars
00:22:11au poilu de Vendée
00:22:12et de Corse
00:22:13avant de se faire tuer
00:22:15celui qui gagnera
00:22:16la guerre
00:22:17c'est celui
00:22:17qui tiendra
00:22:18le dernier quart d'heure.
00:22:20Et puis après
00:22:20il pense
00:22:23à Leclerc
00:22:23dans sa Jeep
00:22:25en tri
00:22:26et il dit
00:22:26moi j'ai envie
00:22:27d'être tout ça
00:22:28à la fois.
00:22:30Alors c'est pas
00:22:31une boutade
00:22:32ce que je dis.
00:22:32Ça cache quelque chose.
00:22:34Voilà pour la forme.
00:22:35Mais comme disait
00:22:36Victor Hugo
00:22:36la forme
00:22:37c'est le fond
00:22:37qui remonte
00:22:38à la surface.
00:22:39Quel est le fond ?
00:22:41D'abord
00:22:42vous parlez
00:22:42de l'île longue.
00:22:44À l'île longue
00:22:44en fait
00:22:45il a commis
00:22:46une forfaiture
00:22:47que l'histoire
00:22:48reconnaîtra.
00:22:49Je m'étonne
00:22:50que personne
00:22:51ne l'ait vu
00:22:52ou quelques personnalités
00:22:55mais qui sont
00:22:56hors du champ
00:22:58de l'éclairage
00:22:59habituel
00:22:59des médias
00:23:01mainstream.
00:23:04En effet
00:23:05l'arme nucléaire
00:23:07c'est deux choses.
00:23:09C'est les intérêts vitaux
00:23:11c'est le sanctuaire
00:23:11et c'est le bouton.
00:23:13Il a changé
00:23:15les deux en fait
00:23:16de manière habile.
00:23:22premièrement
00:23:23il a
00:23:26organisé
00:23:27un basculement
00:23:28vers
00:23:28une redéfinition
00:23:30des intérêts vitaux
00:23:32avec son concept
00:23:34de dissuasion
00:23:36avancée.
00:23:39La dissuasion
00:23:40avancée
00:23:41ça veut dire
00:23:41qu'en fait
00:23:41les intérêts vitaux
00:23:43c'est plus la France
00:23:43c'est l'Europe.
00:23:46mais à partir du moment
00:23:47où on dit
00:23:48qu'on va défendre
00:23:49les laitons
00:23:49en cas de difficulté
00:23:50pour eux
00:23:52la dissuasion
00:23:53n'est plus
00:23:54le sanctuaire
00:23:54et quand il n'y a plus
00:23:55le sanctuaire
00:23:56il n'y a plus
00:23:56la sanctuarisation
00:23:57et quand il n'y a plus
00:23:58la sanctuarisation
00:23:59la dissuasion
00:24:00perd
00:24:01de son caractère
00:24:02dissuasif
00:24:02elle perd
00:24:03de sa crédibilité
00:24:06et donc
00:24:06il a pris
00:24:07le risque
00:24:07énorme
00:24:09avec la dissuasion
00:24:10avancée
00:24:11de dire
00:24:11aux adversaires
00:24:12potentiels
00:24:14voilà
00:24:15moi je suis
00:24:16l'européen
00:24:16je suis la souveraineté
00:24:17européenne
00:24:18donc je défends
00:24:19tout le monde
00:24:19en Europe
00:24:20ça veut dire
00:24:20qu'on ne défend
00:24:20plus personne
00:24:21et surtout pas
00:24:22la France.
00:24:23L'idée de De Gaulle
00:24:24c'était
00:24:25le sanctuaire
00:24:26le mot n'est pas
00:24:27de moi
00:24:27il est de lui
00:24:29alors il n'y a plus
00:24:29de sanctuaire.
00:24:31Deuxièmement
00:24:32le deuxième basculement
00:24:33qui est tout aussi grave
00:24:35peut-être encore plus grave
00:24:36c'est
00:24:37le basculement
00:24:39vers la redéfinition
00:24:41de l'instance
00:24:41de décision
00:24:43j'ai dit
00:24:43ici même
00:24:44il y a plusieurs jours
00:24:45et tous les spécialistes
00:24:46le savent
00:24:46le bouton
00:24:47c'est un doigt
00:24:49un doigt
00:24:49une personne
00:24:52or là
00:24:53ce qu'il a fait
00:24:54c'est qu'il a
00:24:55annoncé
00:24:56des organes
00:24:57de consultation
00:25:01et celui
00:25:02qui a vendu
00:25:02la mèche
00:25:02c'est Merz
00:25:03le chancelier
00:25:05allemand
00:25:05il a vendu
00:25:07la mèche
00:25:07trois fois
00:25:07d'abord le 13 février
00:25:09à la conférence
00:25:10de Munich
00:25:10sur la sécurité
00:25:11en disant
00:25:13nous parlons
00:25:14avec Emmanuel Macron
00:25:15de la future
00:25:16dissuasion nucléaire
00:25:17européenne
00:25:17c'est-à-dire en fait
00:25:18il parle
00:25:19de l'élargissement
00:25:20du parapluie
00:25:21nucléaire français
00:25:22à toute l'Europe
00:25:23et notamment
00:25:24à l'Allemagne
00:25:25ce qui est interdit
00:25:27par le traité
00:25:27de non-prolifération
00:25:29l'Allemagne
00:25:30n'a pas le droit
00:25:31d'avoir
00:25:31la bombe nucléaire
00:25:32elle n'a pas le droit
00:25:33même de la partager
00:25:35deuxième moment
00:25:36où il vend
00:25:37la mèche
00:25:38c'est juste
00:25:40après la conférence
00:25:41de
00:25:42de l'île longue
00:25:44le chancelier
00:25:45allemand
00:25:46explique
00:25:48nous allons
00:25:49organiser
00:25:50avec Emmanuel Macron
00:25:52un groupe
00:25:52de pilotage
00:25:53nucléaire
00:25:54un groupe
00:25:54de pilotage
00:25:55nucléaire
00:25:56et ensuite
00:25:57il annonce
00:25:58excusez du peu
00:26:00que l'Allemagne
00:26:01participera
00:26:02aux exercices
00:26:03nucléaires
00:26:03de fin d'année
00:26:04de la France
00:26:06et dans le même temps
00:26:07il y a un rapport
00:26:08auquel j'ai eu accès
00:26:10un rapport confidentiel
00:26:11de la commission
00:26:12de Bruxelles
00:26:12qui parle
00:26:13d'une dissuasion
00:26:16européenne
00:26:18intergouvernementale
00:26:18mais qui évoque
00:26:20aussi
00:26:21une manière
00:26:22d'aller
00:26:23vers
00:26:24l'Europe fédérale
00:26:26par l'atome
00:26:27comme on est allé
00:26:29à l'Europe fédérale
00:26:30par la monnaie
00:26:31par l'euro
00:26:32c'est-à-dire faire
00:26:33avec l'atome
00:26:34ce qu'on a fait
00:26:34avec l'euro
00:26:35c'est ça
00:26:37la visée ultime
00:26:39de Van der Leyen
00:26:40de l'impératrice
00:26:41et d'Emmanuel Macron
00:26:42donc c'est une
00:26:43pour moi
00:26:44c'est une forfaiture
00:26:45quant à
00:26:46à Chypre
00:26:48le porte-avions
00:26:49que vous avez évoqué
00:26:50avec des frégates
00:26:51avec des hélicoptères
00:26:52amphibies
00:26:55moi
00:26:56je vous l'ai dit
00:26:56au téléphone
00:26:57je vous l'ai dit
00:26:57c'est très dangereux
00:26:58parce qu'en fait
00:27:01on s'affiche
00:27:02comme une cible
00:27:04et quand on est
00:27:05dans une posture
00:27:06défensive
00:27:07ce qui est son cas
00:27:08ce qui est le cas
00:27:08de la France
00:27:09c'est peut-être
00:27:10pas la peine
00:27:10d'aller mettre
00:27:11du persil
00:27:12sous le nez
00:27:12des Iraniens
00:27:14on peut être
00:27:15plus discret
00:27:18c'est-à-dire
00:27:19que cette haie
00:27:20d'honneur
00:27:21entre les marins
00:27:22français
00:27:22où on voyait
00:27:25le chef d'État
00:27:27en situation
00:27:28d'ébriété
00:27:29patriotique
00:27:30c'était peut-être
00:27:31un peu trop
00:27:32quoi
00:27:32mais surtout
00:27:33surtout quand il a dit
00:27:35on va débloquer
00:27:36le détroit d'Hormuz
00:27:37je me suis dit
00:27:38oh là là
00:27:40il est en train
00:27:40de faire comme en Iran
00:27:41avec le projet
00:27:42de mettre
00:27:43des troupes
00:27:45au sol
00:27:46c'est-à-dire
00:27:47en fait
00:27:47co-béligence
00:27:48co-béligence
00:27:50et en fait
00:27:50Emmanuel Macron
00:27:51il a besoin
00:27:52de la guerre
00:27:52pour lui
00:27:53psychologiquement
00:27:54pour pouvoir se dire
00:27:56je suis chef de guerre
00:27:57je suis un vrai chef
00:27:59un chef d'État
00:27:59c'est quelqu'un
00:28:00qui a fait la guerre
00:28:01voilà
00:28:01et donc
00:28:02il est dangereux
00:28:03pour ça
00:28:03il est dangereux
00:28:05pour ça
00:28:05donc moi je dis
00:28:06attention
00:28:06position défensive
00:28:08voilà
00:28:08en revanche
00:28:09ce qu'il ne fait pas
00:28:10ce qu'il devrait faire
00:28:11c'est
00:28:12aller
00:28:13voir l'armée
00:28:14libanaise
00:28:15et voir Israël
00:28:17pour dire à Israël
00:28:17attendez
00:28:18avant de taper
00:28:19sur Israël
00:28:20est-ce que vous pouvez
00:28:21nous laisser faire
00:28:22nous les français
00:28:23parce qu'on connaît bien
00:28:24les libanais
00:28:25et nous on va
00:28:27désarmer le Hezbollah
00:28:28en donnant à l'armée
00:28:29libanaise
00:28:29les moyens de désarmer
00:28:30le Hezbollah
00:28:33Philippe de Villiers
00:28:34entre la guerre
00:28:34en Ukraine
00:28:35la guerre
00:28:36au Moyen-Orient
00:28:37le monde
00:28:38a basculé
00:28:38dans une séquence
00:28:39inédite
00:28:40qui suscite
00:28:41l'inquiétude
00:28:42des peuples
00:28:43l'ordre mondial
00:28:44qui a suivi
00:28:44la chute du mur
00:28:45de Berlin
00:28:45a été baillé
00:28:47quelles sont
00:28:47selon vous
00:28:48les caractéristiques
00:28:49du monde
00:28:49tout neuf
00:28:50dans lequel
00:28:51nous sommes
00:28:52en train d'entrer
00:28:52Philippe de Villiers
00:28:55alors on pourrait
00:28:56le résumer
00:28:56en une phrase
00:29:00le droit international
00:29:02c'est fini
00:29:03la force
00:29:05a remplacé
00:29:06le droit
00:29:06pour traiter
00:29:08les tensions
00:29:09humaines
00:29:09et les tensions
00:29:11entre les peuples
00:29:12c'est une évidence
00:29:15on le voit
00:29:16en Ukraine
00:29:17on le voit
00:29:17en Venezuela
00:29:18on le voit
00:29:18en Iran
00:29:21le multilatéralisme
00:29:22c'est fini
00:29:24allons plus loin
00:29:25je pense que
00:29:27dans le monde
00:29:28qui vient
00:29:29qu'on pourrait appeler
00:29:29le post-monde
00:29:30en quelque sorte
00:29:31par rapport au nouveau monde
00:29:33devenu l'ancien monde
00:29:36il y a trois phénomènes
00:29:37nouveaux
00:29:38imprévisibles
00:29:39inédits
00:29:40et d'une portée
00:29:44inimaginable
00:29:45le premier phénomène
00:29:47c'est le retour
00:29:48d'un monde
00:29:49néo-westphalien
00:29:51comme dirait
00:29:54Kissinger
00:29:54c'est-à-dire en fait
00:29:56le retour
00:29:57aux logiques
00:29:58de puissance
00:29:59ce que le général
00:30:00de Villiers
00:30:01a appelé
00:30:01les états puissance
00:30:04c'est très juste
00:30:06le retour
00:30:07des états puissance
00:30:08c'est-à-dire le retour
00:30:09de la logique impériale
00:30:10comme vous regardez bien
00:30:12vous voyez
00:30:13les turcs
00:30:14qui rêvent
00:30:15de l'empire ottoman
00:30:16les iraniens
00:30:18qui rêvent
00:30:18de l'empire perse
00:30:21les chinois
00:30:22qui rêvent
00:30:23de l'empire du milieu
00:30:25les américains
00:30:26qui rêvent
00:30:27de la république impériale
00:30:28pour reprendre le mot
00:30:29de Raymond Aron
00:30:30et les russes
00:30:31qui rêvent
00:30:32de l'accès aux mers chaudes
00:30:35deuxième phénomène
00:30:37tout aussi important
00:30:38même peut-être
00:30:39plus important
00:30:39c'est le
00:30:41le chassé-croisé
00:30:42de la natalité
00:30:44la natalité
00:30:45galopante au sud
00:30:46la natalité déclinante
00:30:47au nord
00:30:48avec le nord
00:30:50qui en fait
00:30:51se stérilise
00:30:54et revendique
00:30:56dans l'insouciance
00:30:58et l'euphorie
00:30:58sa propre disparition
00:31:02et le sud
00:31:03qui se déverse
00:31:04dans le nord
00:31:05et qui
00:31:07prend des airs
00:31:09de revanche
00:31:09du traité
00:31:10de Dordésias
00:31:11qui divisait
00:31:11le monde
00:31:12en deux méridiens
00:31:14ce qui a donné
00:31:15d'ailleurs
00:31:17une conséquence
00:31:18pour le Moyen-Orient
00:31:19c'est que
00:31:19Hormuz
00:31:21était à l'époque
00:31:21portugais
00:31:22donc le monde
00:31:23était divisé
00:31:24entre les portugais
00:31:24et les espagnols
00:31:25nous on était
00:31:26spectateurs
00:31:26à l'époque
00:31:28et la revanche
00:31:30c'est
00:31:31la contre-offensive
00:31:32du sud
00:31:34qu'on pourrait qualifier
00:31:35de décoloniale
00:31:37et recoloniale
00:31:38le troisième
00:31:40phénomène
00:31:40le plus important
00:31:42c'est l'effondrement
00:31:44du système
00:31:45institutionnel
00:31:46l'ONU
00:31:47l'OMC
00:31:48l'OMS
00:31:49la CPI
00:31:49etc
00:31:50n'ont plus
00:31:50de dimensions
00:31:51prescriptives
00:31:52on ne les écoute plus
00:31:53on ne leur obéit plus
00:31:55et parallèlement
00:31:56il y a des nouvelles
00:31:57organisations
00:31:59comme les BRICS
00:32:00l'Iran est candidat
00:32:02aux BRICS
00:32:03les pays du Gol
00:32:04sont membres
00:32:05des BRICS
00:32:07et
00:32:08et donc
00:32:10la Russie
00:32:11évidemment
00:32:12la Chine
00:32:12l'Inde
00:32:13les BRICS
00:32:14et les BRICS
00:32:15rêvent de quoi ?
00:32:16ils rêvent de
00:32:17de la fin du dollar
00:32:18la dé-dollarisation
00:32:21du monde
00:32:21et ils rêvent
00:32:22d'installer
00:32:24un nouvel ordre mondial
00:32:26post-occidental
00:32:31à travers
00:32:32ces trois phénomènes
00:32:33nous avons
00:32:35qui se mettent en place
00:32:36trois pièges de Thucydide
00:32:38les pièges de Thucydide
00:32:40c'est
00:32:40emprunté
00:32:41un historien grec
00:32:43très connu
00:32:43qui avait étudié
00:32:45la guerre du Péloponnèse
00:32:46entre Sparte
00:32:47et Athènes
00:32:48et il avait fait
00:32:49cette observation
00:32:50qui est une observation
00:32:51de bon sens
00:32:52dès cette époque
00:32:555ème siècle
00:32:56avant Jésus-Christ
00:32:57il disait
00:32:58voilà
00:32:58quand vous avez
00:33:01une puissance
00:33:04dominante
00:33:04mais déclinante
00:33:05et que vous avez en face
00:33:07une puissance
00:33:07montante
00:33:08mais agressive
00:33:09vous avez la guerre
00:33:09les deux veulent faire la guerre
00:33:11c'est l'oubris de la guerre
00:33:14et là
00:33:14quand on regarde
00:33:15ce qui se passe
00:33:16dans le détroit d'Hormuz
00:33:18avec le problème
00:33:19de la Chine
00:33:20pour le pétrole
00:33:22quand vous regardez
00:33:22ce qui s'est passé
00:33:23au Venezuela
00:33:24vous voyez bien
00:33:24que l'obsession de Trump
00:33:25c'est la Chine
00:33:27et que l'obsession
00:33:28de la Chine
00:33:29c'est Trump
00:33:30parce que
00:33:31Trump sait que
00:33:32sans la Chine
00:33:33il n'y a pas de terre rare
00:33:35et sans Taïwan
00:33:36il n'y a pas
00:33:37les semi-conducteurs
00:33:38et donc en fait
00:33:39chacun a besoin
00:33:40de l'autre
00:33:40et chacun se dit
00:33:41si l'autre pouvait disparaître
00:33:43je serais le premier
00:33:46et
00:33:47et donc
00:33:48le piège de Thucydide
00:33:50il s'exprime
00:33:52à travers les slogans
00:33:54n'oublions jamais
00:33:55que par exemple
00:33:56Reagan avait choisi
00:33:58comme slogan
00:34:01l'Amérique est de retour
00:34:02pourquoi il avait choisi
00:34:04ce slogan
00:34:05il l'a expliqué
00:34:06pour vaincre
00:34:07l'empire communiste
00:34:10soviétique
00:34:11et pourquoi
00:34:12Trump a choisi
00:34:14ce slogan
00:34:18donc
00:34:20sur l'Amérique
00:34:22qui revit
00:34:22Mac America
00:34:23Grethgen
00:34:24oui ben là
00:34:26c'est parce qu'il veut
00:34:27vaincre la Chine
00:34:29communiste
00:34:29il le dit
00:34:30en privé
00:34:32donc il y a un parallèle
00:34:33entre les deux
00:34:34ça c'est le premier
00:34:35le piège de Thucydide
00:34:37il y a un deuxième piège
00:34:38de Thucydide
00:34:39qu'on ne voit pas
00:34:40nous c'est le piège
00:34:41entre l'Europe
00:34:42et l'Eurasie
00:34:43nous on est les proxys
00:34:44de l'OTAN
00:34:46hélas
00:34:46pour combien de temps encore
00:34:48et l'Eurasie
00:34:49on a laissé partir
00:34:50la Russie vers la Chine
00:34:51et on a en face de nous
00:34:52l'Eurasie
00:34:53qui va gagner
00:34:54là encore
00:34:55il y a un risque
00:34:57un risque grave
00:34:58sur le plan du conflit
00:35:00et enfin
00:35:00le troisième piège
00:35:01de Thucydide
00:35:02c'est entre l'Iran
00:35:04et Israël
00:35:05l'un voulant
00:35:06la suppression
00:35:07et la disparition
00:35:08de l'autre
00:35:09que l'Iran appelle
00:35:10l'entité sioniste
00:35:11voilà
00:35:12il faut être conscient
00:35:13qu'on est entré
00:35:14dans un monde
00:35:14extrêmement dangereux
00:35:17et que
00:35:17la seule manière
00:35:19pour la France
00:35:20d'être une puissance
00:35:21d'équilibre
00:35:21c'est de comprendre
00:35:22que ce monde
00:35:24repose sur
00:35:24quatre murs porteurs
00:35:26à nouveau
00:35:28la nation
00:35:29la frontière
00:35:30la politique
00:35:32et la puissance
00:35:33si on ne comprend pas ça
00:35:34la France disparaîtra
00:35:36si elle le comprend
00:35:37elle redeviendra
00:35:37une grande puissance
00:35:38c'est en fait
00:35:39une puissance
00:35:39d'équilibre
00:35:41vous savez que
00:35:42puisqu'on parle
00:35:43de ce grand bouleversement
00:35:44du monde
00:35:45et qu'on parle aussi
00:35:46de l'Ukraine
00:35:47Volodymyr Zelensky
00:35:48était invité
00:35:49ce vendredi
00:35:50à l'Elysée
00:35:51Philippe de Villiers
00:35:52c'est la douzième fois
00:35:53la douzième visite
00:35:54pour Volodymyr Zelensky
00:35:56à Paris
00:35:57depuis février
00:35:582022
00:35:59et le début
00:36:00de la guerre
00:36:01une semaine
00:36:02après un incident
00:36:03majeur
00:36:04sous-médiatisé
00:36:06entre
00:36:07l'Ukraine
00:36:08et non pas la France
00:36:08mais l'Ukraine
00:36:09et la Hongrie
00:36:11puisque le responsable ukrainien
00:36:13a menacé
00:36:14le premier ministre
00:36:14hongrois
00:36:15qui bloque actuellement
00:36:17le prêt de 90 milliards
00:36:18d'euros d'aides
00:36:20alloués par l'Union Européenne
00:36:21et je vais citer
00:36:22Volodymyr Zelensky
00:36:24il avait dit
00:36:24nous espérons
00:36:25qu'une seule personne
00:36:26au sein
00:36:27de l'Union Européenne
00:36:29ne bloquera pas
00:36:30les 90 milliards
00:36:31sinon
00:36:32nous donnerons l'adresse
00:36:33de cette personne
00:36:34à nos forces armées
00:36:35quelle analyse faites-vous
00:36:36de cet incident ?
00:36:37alors il suffit
00:36:38de raconter l'histoire
00:36:40pour comprendre
00:36:41ce qui s'est passé
00:36:42il y a un oléoduc
00:36:46qui relie la Russie
00:36:47à un certain nombre
00:36:48de pays européens
00:36:52qui transportent du pétrole
00:36:55la Pologne
00:36:56la République Tchèque
00:37:00la Hongrie
00:37:00et même l'Allemagne
00:37:01or cet oléoduc
00:37:03a été endommagé
00:37:04en 2023
00:37:06puis réparé
00:37:07puis en 2026
00:37:09et le 5 mars 2026
00:37:12Zelensky
00:37:14l'ami de Macron
00:37:17que Macron embrasse
00:37:18sur le Pérot de l'Elysée
00:37:20c'est vraiment son pote
00:37:22a dit
00:37:23pas question
00:37:24de réparer
00:37:26l'oléoduc
00:37:28parce que sinon
00:37:29on va faire gagner
00:37:30Orban aux élections
00:37:31du 12 avril
00:37:34à ce moment là
00:37:35Orban répond
00:37:35et bien
00:37:36moi j'impose
00:37:38mon veto
00:37:40à
00:37:41la décision
00:37:43de la subvention
00:37:44de 90 milliards
00:37:45d'euros
00:37:48pour l'Ukraine
00:37:49votée par
00:37:50l'Union Européenne
00:37:51je ne sais pas
00:37:51si les français
00:37:52qui nous regardent
00:37:53ou qui nous écoutent
00:37:53comprennent
00:37:54ce que ça veut dire
00:37:55j'ai dit tout à l'heure
00:37:56je répète
00:37:56ça veut dire
00:37:56pour la France
00:37:5717 milliards
00:37:58d'où on les sort
00:37:59ces 17 milliards
00:38:00qui a voté
00:38:01ces 17 milliards
00:38:01comme si on n'était
00:38:03pas assez endetté
00:38:04et donc
00:38:06Orban dit
00:38:06moi pas question
00:38:07puisque vous ne voulez
00:38:08pas réparer
00:38:08l'oléoduc
00:38:10moi je
00:38:11je ne participe
00:38:12pas à la décision
00:38:13des 90 milliards
00:38:14et là
00:38:15qu'est-ce que fait
00:38:16Zelensky
00:38:18il dit
00:38:18on va confier
00:38:19à nos gars
00:38:20nos gars
00:38:20c'est soldats
00:38:22ukrainiens
00:38:22le soin de régler
00:38:23le problème
00:38:24Orban
00:38:25en fait
00:38:27il lui met une cible
00:38:28sur le front
00:38:31et
00:38:33tout ça
00:38:34ne serait pas
00:38:34si grave
00:38:35si parallèlement
00:38:36Van der Leyen
00:38:37et Macron
00:38:37n'avaient pas
00:38:38déjà lancé
00:38:39l'idée
00:38:40que les élections
00:38:41de Hongrie
00:38:43seront annulées
00:38:44comme celles
00:38:45de la Roumanie
00:38:45l'ont été
00:38:46petite parenthèse
00:38:47il y a un tribunal
00:38:48une cour d'appel
00:38:49en Roumanie
00:38:49qui a dit que
00:38:50c'était truqué
00:38:51l'élection
00:38:52enfin
00:38:53l'annulation
00:38:53de l'élection
00:38:54l'annulation
00:38:55de l'élection
00:38:55de quelqu'un
00:38:57qui était
00:38:57souverainiste
00:38:58et eurosceptique
00:39:00Georges
00:39:01Escu
00:39:02et donc là
00:39:03ils vont refaire
00:39:04le coup
00:39:04de la Roumanie
00:39:04en Hongrie
00:39:05si jamais
00:39:06Orban gagne
00:39:06mais c'est officiel
00:39:09voilà
00:39:10donc en fait
00:39:12je ne cesse
00:39:13de dire
00:39:13et de répéter
00:39:15que cette Europe
00:39:17
00:39:17elle se traîne
00:39:18elle nous traîne
00:39:19avec elle
00:39:20et elle est en train
00:39:21de nous faire mourir
00:39:22elle est en train
00:39:23de faire mourir
00:39:24la France
00:39:25la France
00:39:26c'est sa grandeur
00:39:26la France
00:39:27c'est sa puissance
00:39:28Philippe Devilliers
00:39:29voilà ce qu'on pourrait dire
00:39:30sur le terrain
00:39:32géopolitique
00:39:32les questions internationales
00:39:34et c'est vrai
00:39:35que si tous les regards
00:39:36sont tournées
00:39:37soit vers le Moyen-Orient
00:39:39soit parfois
00:39:40vers l'Ukraine
00:39:41depuis deux semaines
00:39:43on ne parle plus
00:39:44d'un sujet
00:39:45qui préoccupe
00:39:46des millions de français
00:39:47et qui va toucher
00:39:4849 millions
00:39:50potentiellement
00:39:51d'électeurs
00:39:52inscrits sur les listes
00:39:53à savoir
00:39:53les élections municipales
00:39:55dimanche prochain
00:39:56les français sont
00:39:56invités
00:39:57à se rendre aux urnes
00:39:58quels sont
00:39:59Philippe Devilliers
00:40:00selon vous
00:40:01les enjeux
00:40:02de ces élections municipales
00:40:06alors moi
00:40:06je me répondrais
00:40:08non pas
00:40:09comme un journaliste
00:40:11est-ce que ce sera
00:40:12une élection locale
00:40:13est-ce que ce sera
00:40:13une élection nationale
00:40:14est-ce qu'il y aura
00:40:15de l'abstention
00:40:15etc
00:40:19moi je tape dans le sapin
00:40:22tout de suite
00:40:22en expliquant
00:40:24ce qui va se passer
00:40:25on a eu
00:40:26en 2020
00:40:28il y a 6 ans
00:40:29la vague verte
00:40:32on aura
00:40:32la vague
00:40:33des gagistes
00:40:34oui je fais un pronostic
00:40:37vous verrez dimanche soir
00:40:39vous passerez un replay
00:40:40pour voir si je me suis trompé
00:40:46moi je suis un chien d'avalanche
00:40:49ou un chien truffier
00:40:50donc celui qui sent
00:40:52avec l'expérience
00:40:53je n'ai pas beaucoup de mérite
00:40:55avec l'expérience
00:40:56on finit par avoir de l'instinct
00:40:57voilà
00:40:58alors pourquoi
00:40:59la vague verte
00:41:02elle va mourir
00:41:03sur la grève
00:41:07pour les raisons
00:41:08qui ont fait sa fortune
00:41:11il y a une conjonction
00:41:12de trois circonstances
00:41:13première circonstance
00:41:16c'était le Covid
00:41:17on était en plein Covid
00:41:18et en plein Covid
00:41:19les vieux ne sortaient pas
00:41:21par la peur de la contagion
00:41:23du virus
00:41:24et c'était les jeunes
00:41:25qui sortaient
00:41:26et qui votaient
00:41:27les jeunes votent écolo
00:41:29dans les villes
00:41:30et les vieux
00:41:32ne votaient pas écolo
00:41:33du coup
00:41:34il y a eu un différentiel
00:41:36dans les urnes
00:41:39ensuite
00:41:39la deuxième raison
00:41:40c'est qu'à l'époque
00:41:41il y avait encore
00:41:42un tropisme unitaire
00:41:43à gauche
00:41:45et
00:41:45entre le rouge vif
00:41:47et le rose pâle
00:41:49le verdissement
00:41:51permettait de faire chanter
00:41:52le rossignol
00:41:54parmi les coquelicots
00:41:59ça c'est fini
00:42:02ils ont tous
00:42:04leur pas de porte
00:42:04maintenant
00:42:05ils se sont séparés
00:42:07les uns les autres
00:42:10et
00:42:11la troisième raison
00:42:14c'est la plus importante
00:42:15c'est que les gens ont vu
00:42:17ils ont vu
00:42:17les écolos au pouvoir
00:42:19il n'y a rien de tel
00:42:20que l'expérience
00:42:22ils ont vu
00:42:24ce qu'était
00:42:24le migrationnisme
00:42:26des écolos
00:42:27ils ont vu
00:42:28qu'en fait
00:42:28le vert était
00:42:29vert foncé
00:42:30voire vert de gris
00:42:33l'écologie radicale
00:42:35l'écologie révolutionnaire
00:42:37l'écologie racialiste
00:42:39et en fait
00:42:40pour résumer
00:42:40je dirais que
00:42:43ils ont
00:42:44cru
00:42:46choisir
00:42:47Jean-Jacques Rousseau
00:42:48les rêveries
00:42:49de promeneurs solitaires
00:42:50le côté champette
00:42:53le côté coquelicot
00:42:54dans les océans de blé
00:42:56et puis ils ont eu
00:42:57Sandrine Rousseau
00:42:59c'est
00:43:00pas tout à fait
00:43:01le même Rousseau
00:43:02avec
00:43:03la déconstruction
00:43:05les hommes déconstruits
00:43:07voilà
00:43:08alors
00:43:10donc la vague verte
00:43:11c'est fini
00:43:12pourquoi je dis
00:43:12la vague dégagiste
00:43:16parce que
00:43:19quels sont les ressorts
00:43:20du dégagisme
00:43:22ce sont les enjeux
00:43:23régaliens
00:43:23qui vont s'imposer
00:43:24on est au local
00:43:26mais il s'impose
00:43:28qu'est-ce que ça veut dire
00:43:29les enjeux régaliens
00:43:30si vous me permettez
00:43:31une formule
00:43:31je dirais
00:43:32que les français
00:43:33réclament
00:43:34l'ordre dans
00:43:36les comptes
00:43:37et l'ordre dans les rues
00:43:41l'ordre dans les comptes
00:43:44les français voient
00:43:45la faillite
00:43:46la faillite
00:43:47de ces politiciens
00:43:48qui sont au pouvoir
00:43:49depuis 50 ans
00:43:53et qui
00:43:54qui ont ruiné
00:43:56la France
00:43:58un pays ruiné
00:43:59c'est un pays
00:44:00dans lequel
00:44:01on a fait
00:44:01la désindustrialisation
00:44:04dans les
00:44:05dans lequel
00:44:05on a fait
00:44:06la désertification
00:44:07dans lequel
00:44:08on a fait
00:44:08la métropolisation
00:44:12un pays ruiné
00:44:13c'est un pays
00:44:13dans lequel
00:44:14les politiciens
00:44:15ont tué
00:44:16le paysan
00:44:17avec la mondialisation
00:44:18ont tué
00:44:20l'artisan
00:44:21l'ouvrier
00:44:22avec les délocalisations
00:44:24ont tué
00:44:24le petit commerçant
00:44:26avec la grande distribution
00:44:28ont tué
00:44:28le marin pêcheur
00:44:30avec les bateaux
00:44:32racleurs de fond
00:44:33qui viennent
00:44:33de Corée
00:44:34ou
00:44:35de Chine
00:44:37et qui viennent
00:44:38pêcher
00:44:39chez nous
00:44:39au large
00:44:41de Croix-de-Vie
00:44:42la sardine
00:44:45traditionnelle
00:44:45pendant qu'on donne
00:44:46dans les cantines
00:44:47à manger la lote
00:44:48polyphosphatée
00:44:49de Chine
00:44:50ils ont tué
00:44:52tous ces politiciens
00:44:53ils ont tué
00:44:54l'indépendance
00:44:55d'esprit
00:44:56ils ont tué
00:44:57une France
00:44:59qui pensait
00:45:00par elle-même
00:45:02et ils l'ont fait
00:45:03sciemment
00:45:04ils ont
00:45:05préparé
00:45:06organisé
00:45:07l'avènement
00:45:08de la société
00:45:09mimétique
00:45:10au sens
00:45:12où Mitterrand
00:45:12m'a dit un jour
00:45:13le socialisme
00:45:14c'est la ville
00:45:17sous-entendu
00:45:17en ville
00:45:19on a
00:45:19un électorat
00:45:20compact
00:45:23aggloméré
00:45:24il suffit
00:45:25d'un slogan
00:45:26qui court
00:45:26dans la rue
00:45:27et c'est toute la rue
00:45:28qui vote
00:45:29dans la même urne
00:45:32et donc
00:45:32on a fait
00:45:33en fait
00:45:33des villes
00:45:34irrespirables
00:45:34des villes
00:45:35invivables
00:45:36on a déménagé
00:45:37le territoire
00:45:37je me souviens
00:45:38d'une conversation
00:45:38avec Olivier Guichard
00:45:39qui était le patron
00:45:40de la DATAR
00:45:41et qui me dit
00:45:42que vous liez ou non
00:45:42il faut qu'on suive
00:45:43les autres
00:45:44il faut qu'on fasse
00:45:44des métropoles
00:45:45d'équilibre
00:45:45non monsieur le ministre
00:45:48les métropoles
00:45:49d'équilibre
00:45:50vous allez tuer
00:45:50les campagnes
00:45:51vous allez tuer
00:45:52les villes
00:45:54alors
00:45:54je dis
00:45:55l'ordre dans les comptes
00:45:56l'ordre dans la rue
00:45:57l'ordre dans la rue
00:45:58on entend un appel
00:45:59au secours
00:45:59derrière les urnes
00:46:01de tous ces français
00:46:02qui disent
00:46:03on n'en peut plus
00:46:06on n'en peut plus
00:46:07parce que
00:46:08comme disait
00:46:09Pascal Praud
00:46:10dans son édito
00:46:11à propos de la ville
00:46:12de Nantes
00:46:12je ne reconnais plus
00:46:13ma ville
00:46:13ils sont tous
00:46:14à dire ça
00:46:15je ne reconnais plus
00:46:16ma ville
00:46:16ça veut dire
00:46:17je ne reconnais plus
00:46:18mes voisins
00:46:20je suis étranger
00:46:21chez moi
00:46:22et donc
00:46:23ça ça se paye
00:46:24cash
00:46:25dans les urnes
00:46:26le dégagisme
00:46:28alors je dis
00:46:29les ressorts du dégagé
00:46:29il faut dire
00:46:30la cible
00:46:31la cible en fait
00:46:32c'est ceux
00:46:32qu'on gouvernait
00:46:33depuis 50 ans
00:46:34droite
00:46:34gauche
00:46:35confondue
00:46:35et en fait
00:46:36si vous m'accordez
00:46:39une minute
00:46:39je voudrais
00:46:40les désigner
00:46:42qui sont-ils
00:46:43c'est
00:46:45ce qu'on a appelé
00:46:46l'UMPS
00:46:51bientôt on va veiller
00:46:53le corbillard
00:46:54lundi matin
00:46:57le corbillard
00:46:58de l'UMPS
00:46:58alors c'était quoi
00:46:59en fait
00:47:00c'était la convergence
00:47:01fusionnelle
00:47:02de la droite
00:47:03et la gauche
00:47:04qui ont structuré
00:47:05la vie politique
00:47:06pendant 50 ans
00:47:08le tournant
00:47:09je l'ai vécu
00:47:11c'est les années 90
00:47:13j'ai vu
00:47:14l'UPS
00:47:16abandonner
00:47:17sa base idéologique
00:47:19le grand soir
00:47:20au profit
00:47:21de la mondialisation
00:47:21heureuse
00:47:22le cercle de la raison
00:47:23incroyable
00:47:25le capitalisme
00:47:26libertaire
00:47:27ils sont devenus
00:47:29favorables
00:47:29au capitalisme
00:47:30libertaire
00:47:31et
00:47:32la gauche
00:47:33a abandonné
00:47:33sa base
00:47:36sociologique
00:47:37en substituant
00:47:39au prolétariat
00:47:39ouvrier
00:47:41le prolétariat
00:47:44le lumpen
00:47:45prolétariat
00:47:45migrant
00:47:46pendant ce temps là
00:47:48la droite
00:47:48a fait la même chose
00:47:49de son côté
00:47:50la droite nationale
00:47:51c'est-à-dire
00:47:52le RPR
00:47:52a abandonné
00:47:54la nation
00:47:54au profit
00:47:56de l'Europe
00:47:56et elle a fusionné
00:47:58avec
00:47:59l'UDF
00:48:02le RPR
00:48:03a apporté
00:48:03le corps
00:48:04et l'UDF
00:48:04a apporté
00:48:05l'esprit
00:48:05si l'on peut dire
00:48:06et
00:48:07ils sont montés
00:48:08sur les mêmes
00:48:08estrades
00:48:09au moment de Maastricht
00:48:10j'ai connu ça
00:48:12et
00:48:12en changeant de paradigme
00:48:14le nouveau paradigme
00:48:15c'était plus la France
00:48:16c'était l'Europe
00:48:16moi je me souviens
00:48:18de Malraux
00:48:18disant
00:48:20le RPR
00:48:21c'est quoi
00:48:21c'est la France
00:48:24non le métro
00:48:25à 6h du soir
00:48:26bah là c'était plus
00:48:27le métro à 6h du soir
00:48:28ils ont perdu
00:48:29leurs électeurs
00:48:29ils ont perdu
00:48:30leurs militants
00:48:31parce qu'ils ont perdu
00:48:32la France en route
00:48:33leur nouveau paradigme
00:48:35c'était
00:48:36l'urgence
00:48:38européenne
00:48:38une Europe
00:48:39fédérale
00:48:40et en fait
00:48:40quand vous regardez bien
00:48:41ce qui s'est passé
00:48:42depuis 50 ans
00:48:43ils ont tout fait
00:48:44ensemble
00:48:45ou plutôt
00:48:45tout défait
00:48:46ensemble
00:48:46ils ont fait
00:48:47le cordon sanitaire
00:48:49qu'est-ce que ça veut dire
00:48:50ça veut dire
00:48:51vous inquiétez pas
00:48:51au premier tour
00:48:52bon chacun de son côté
00:48:54mais au deuxième tour
00:48:55on se retrouve
00:48:56il semble que ça
00:48:57n'a plus marché
00:48:58cette fois-ci
00:49:00c'est quand même
00:49:01un moment historique
00:49:03ensuite
00:49:03ils ont fait
00:49:04les prélèvements
00:49:05confiscatoires
00:49:0640%
00:49:07du temps de Giscard
00:49:08c'est lui qui a commencé
00:49:09le premier déficit
00:49:11du budget
00:49:1246%
00:49:13Macron
00:49:14la chaîne
00:49:15et sans interruption
00:49:16gauche-droite
00:49:17confondue
00:49:19dépenses
00:49:20impôts
00:49:20tous les mêmes
00:49:22les promesses varient
00:49:23mais
00:49:24le résultat
00:49:25est le même
00:49:25ensuite
00:49:26ils ont fait
00:49:27l'état-providence
00:49:28sans frontières
00:49:29donc on a fait rentrer
00:49:30la misère du monde
00:49:31la droite
00:49:33appelle ça
00:49:33les métiers en tension
00:49:34pour satisfaire le patronat
00:49:35et la gauche
00:49:37dit
00:49:37l'immigration
00:49:38qui va renouveler
00:49:39le sang français
00:49:39etc
00:49:40très bien
00:49:40ils ont fait ça ensemble
00:49:41le regroupement familial
00:49:43c'est la droite
00:49:43chacun a porté sa part
00:49:45et enfin et surtout
00:49:47ils ont signé
00:49:48tous les traités
00:49:48la droite
00:49:50et la gauche
00:49:50ils ont signé
00:49:51tous les traités
00:49:52ils ont signé
00:49:53le traité de Schengen
00:49:54ensemble
00:49:54ils l'ont ratifié
00:49:55ensemble
00:49:55avec enthousiasme
00:49:56le traité de Maastricht
00:49:58le traité de Marrakech
00:50:00le traité de Lisbonne
00:50:01le traité d'Amsterdam
00:50:02etc
00:50:03c'est à dire qu'en fait
00:50:04ils ont dépossédé
00:50:05les français
00:50:06et aujourd'hui
00:50:07les français
00:50:08ont perdu
00:50:09leur souveraineté
00:50:10alors qu'est-ce qui va se passer
00:50:12je vais vous dire
00:50:12ce qui va se passer
00:50:13pour résumer
00:50:14historiquement
00:50:15LR
00:50:16va rejoindre
00:50:19dans le cimetière glorieux
00:50:22des partis disparus
00:50:24le parti radical
00:50:26de la troisième république
00:50:30et le PS
00:50:32va rejoindre
00:50:33dans le cimetière glorieux
00:50:34des gloires disparues
00:50:37des partis disparus
00:50:39la SFIO
00:50:40de la quatrième république
00:50:41voilà
00:50:42et donc en fait
00:50:43on va être devant
00:50:44un nouveau paysage
00:50:45dans 15 jours
00:50:46on va être devant
00:50:46un nouveau paysage politique
00:50:48complètement différent
00:50:50et dans ce nouveau paysage
00:50:51je ne désespère pas
00:50:52de voir
00:50:54que peut-être
00:50:54le sujet essentiel
00:50:58sera
00:51:00est-ce qu'on sort
00:51:01de l'Union Européenne
00:51:02ou est-ce qu'on préfère mourir
00:51:05Philippe Devilliers
00:51:06je voudrais qu'on revienne
00:51:07toujours sur les questions
00:51:07des municipales
00:51:08mais plus rapidement
00:51:09que prévu
00:51:10sur ces Français
00:51:13qui ont appris
00:51:14que 50% des maires
00:51:16ne se représentaient pas
00:51:17et que
00:51:18de nombreuses communes
00:51:20dimanche prochain
00:51:21n'auront qu'une seule liste
00:51:23donc il n'y aura pas
00:51:24de tour
00:51:25il y aura
00:51:25un seul tour
00:51:27pour ces élections municipales
00:51:28peut-on parler
00:51:29d'une crise
00:51:30de la démocratie locale
00:51:32voire de
00:51:33la fameuse détresse
00:51:34des maires
00:51:35en quelques minutes
00:51:36très rapidement
00:51:36s'il vous plaît Philippe
00:51:37pour qu'on puisse parler
00:51:38du Liban à la fin
00:51:39Oui
00:51:39alors
00:51:40très rapidement
00:51:43moi je suis fils de maire
00:51:44d'ancien maire
00:51:46et ancien président
00:51:47de la Conseil Générale
00:51:48pendant 20 ans
00:51:48donc c'est un sujet
00:51:50que je connais
00:51:50en fait
00:51:51qu'est-ce qui s'est passé
00:51:53quand j'étais enfant
00:51:55le pouvoir
00:51:56avait figure humaine
00:51:57ça n'est plus le cas
00:51:59donc que s'est-il passé
00:52:00depuis 50 ans
00:52:01depuis 50 ans
00:52:03le pouvoir s'est absenté
00:52:04le pouvoir
00:52:06a pris congé
00:52:07le pouvoir s'est dilué
00:52:08le pouvoir s'est désincarné
00:52:09alors qu'il était incarné
00:52:11qu'il était proche
00:52:12il s'est désincarné
00:52:13on a dépersonnalisé
00:52:15le pouvoir
00:52:16on l'a éloigné
00:52:17le pouvoir a été aspiré
00:52:19le maire
00:52:20a donné ses pouvoirs
00:52:21à la communauté
00:52:22de communes
00:52:23et aujourd'hui
00:52:23on est devant
00:52:24une dissociation mortelle
00:52:25la responsabilité
00:52:27c'est le maire
00:52:27le pouvoir
00:52:28c'est la communauté
00:52:28de communes
00:52:29qui est un repère
00:52:30de fonctionnaires
00:52:31qui commande
00:52:33et dessine
00:52:33le cercle
00:52:34de l'abstraction
00:52:35ensuite le département
00:52:37les pouvoirs
00:52:38sont passés
00:52:39à la région
00:52:39qui est là aussi
00:52:41un échelon
00:52:42anonyme
00:52:44impersonnel
00:52:44et labyrinthique
00:52:45conduit aussi
00:52:47par des fonctionnaires
00:52:47puis ensuite
00:52:48l'état a donné
00:52:49ses pouvoirs
00:52:49à l'Europe
00:52:50l'Europe
00:52:51c'est ce qu'on appelle
00:52:52la polyarchie délibérative
00:52:54la polysynodie
00:52:55des conseils
00:52:56et la gouvernance
00:52:57acéphale
00:52:58qui nimble
00:52:59chaque décision
00:53:00d'un flou
00:53:01comateux
00:53:02et d'une opacité
00:53:03parfaite
00:53:04et qu'est-ce qu'il y a
00:53:05derrière tout ça
00:53:05Eliott
00:53:07chauffe-froid
00:53:08l'état profond
00:53:11en fait
00:53:12un maire
00:53:13c'était le bon sens
00:53:15un maire
00:53:16c'était la recherche
00:53:17du sens commun
00:53:18aujourd'hui
00:53:19l'état profond
00:53:19c'est la norme
00:53:20qui tombe dans
00:53:21haut
00:53:22le maire
00:53:23c'était le pouvoir
00:53:24qui allait
00:53:25du bas
00:53:26vers le haut
00:53:27aujourd'hui
00:53:28c'est la norme
00:53:29qui vient de Bruxelles
00:53:30et qui ensuite
00:53:31est déclinée
00:53:32transposée
00:53:33de manière régulière
00:53:35c'est-à-dire que vous avez
00:53:36un super état profond
00:53:38à Bruxelles
00:53:38la commission
00:53:39et vous avez ensuite
00:53:41un état profond
00:53:42à Paris
00:53:44qui redistribue
00:53:45la norme
00:53:46et qui la fait appliquer
00:53:47et qui la fait contrôler
00:53:48voilà comment
00:53:49la démocratie locale
00:53:51est en train de mourir
00:53:51en France
00:53:53et nous aurons l'occasion
00:53:54de reparler
00:53:54des élections
00:53:56municipales
00:53:56bien évidemment
00:53:57la semaine prochaine
00:53:58mais c'est vrai que
00:53:59pour la deuxième fois
00:54:00consécutive
00:54:02ces élections municipales
00:54:03ont été mis
00:54:04au banc
00:54:05de l'actualité médiatique
00:54:07alors en 2020
00:54:08c'était la guerre
00:54:09contre le Covid
00:54:11et cette fois-ci
00:54:12c'est la guerre
00:54:13au Moyen-Orient
00:54:13le Moyen-Orient
00:54:14on y revient
00:54:15Philippe Devilliers
00:54:16parce que
00:54:17vous souhaitiez
00:54:18adresser un message
00:54:19aux chrétiens d'Orient
00:54:20un nouveau message
00:54:21aux chrétiens d'Orient
00:54:22vous savez qu'un prêtre
00:54:22maronite
00:54:23a été tué mardi
00:54:24par un tir israélien
00:54:25dans une petite paroisse
00:54:26du Liban
00:54:27qui a 2000 ans
00:54:28cette petite paroisse
00:54:29les Libanais
00:54:30se sentent abandonnés
00:54:31alors que le pays du cèdre
00:54:32est aujourd'hui
00:54:33occupé par le Hezbollah
00:54:34et vous avez reçu
00:54:35un message
00:54:35celui du directeur général
00:54:37de l'œuvre d'Orient
00:54:38il s'appelle
00:54:39Vincent Jelot
00:54:40il intervient
00:54:40assez régulièrement
00:54:41sur notre antenne
00:54:42depuis plus d'une semaine
00:54:44pour alerter
00:54:47sur la situation
00:54:49au Liban
00:54:49et je vais me tourner
00:54:50vers la dernière alerte
00:54:51que je reçois
00:54:52le Hezbollah
00:54:52se dit prêt
00:54:53à une longue confrontation
00:54:55avec Israël
00:54:56dit son chef
00:54:57l'information
00:54:58ne vient de tomber
00:54:59à la seconde
00:55:00Vincent Jelot
00:55:00regardez ce témoignage
00:55:02qui ne vient du Liban
00:55:04je m'adresse à vous
00:55:05comme français
00:55:06j'entends aussi
00:55:07que vendéen
00:55:08je suis Vincent Jelot
00:55:09responsable du bureau
00:55:10Liban
00:55:10de l'œuvre d'Orient
00:55:11je me trouve
00:55:12dans un village
00:55:12chrétien du sud Liban
00:55:13le village de Klaïra
00:55:14où un prêtre
00:55:15marronnite a été tué
00:55:17il y a deux jours
00:55:17vous le voyez derrière moi
00:55:19il y a
00:55:20le nonce apostolique
00:55:21du Liban
00:55:22il y a des religieuses
00:55:23des armes
00:55:24de la Finule
00:55:24et de l'armée libanaise
00:55:25qui aident à décharger
00:55:27un camion
00:55:27que l'œuvre d'Orient
00:55:28a apporté
00:55:29pour les habitants
00:55:29de ce village
00:55:30parce que
00:55:31les gens qui vivent là
00:55:32ont refusé de partir
00:55:33malgré les combats
00:55:34autour
00:55:35et les ordres
00:55:35d'évacuation
00:55:36ils refusent de partir
00:55:37parce que
00:55:38le Christ
00:55:39est venu fouler
00:55:40cette terre
00:55:40il y a 2000 ans
00:55:41et parce qu'il refuse
00:55:42de disparaître
00:55:43voilà
00:55:43donc ils offrent
00:55:44un témoignage
00:55:45édifiant
00:55:46de gens
00:55:47qui montrent
00:55:48une résistance pacifique
00:55:50et nous lançons
00:55:51un appel
00:55:52un appel à tous
00:55:53ceux qui aiment
00:55:53le Liban
00:55:54qui croient
00:55:55en cette terre
00:55:55qui ne veulent pas
00:55:57que ici
00:55:57les communautés chrétiennes
00:55:59du sud Liban
00:56:00disparaissent
00:56:00et également
00:56:01pour soutenir
00:56:02l'aide à tous les déplacés
00:56:04les centaines de milliers
00:56:05de personnes
00:56:05qui ont fui les combats
00:56:06et les bombardements
00:56:07ces derniers jours
00:56:07voilà
00:56:08ici les moyens manquent
00:56:10je vous le dis franchement
00:56:11ça fait 10 ans
00:56:12que je vis et travaille ici
00:56:13la situation est cauchemardesque
00:56:15les Libanais sont épuisés
00:56:17au bord de la rupture
00:56:18et tout ceci est inacceptable
00:56:19et nous ne pouvons plus l'accepter
00:56:20voilà
00:56:21donc venez nous aider
00:56:22aidez-nous
00:56:23je sais que vous croyez au Liban
00:56:25on a entendu
00:56:26votre amour
00:56:27et votre affection
00:56:28pour ce pays
00:56:28et ces gens
00:56:29et donc ne nous oubliez pas
00:56:31Geoffroy Lejeune
00:56:32Philippe vous avez un mot
00:56:33pour le Liban
00:56:34et pour les chrétiens d'Orient
00:56:35ce soir
00:56:38d'abord je voudrais
00:56:39répondre à Vincent Jelot
00:56:41qui était un garçon remarquable
00:56:43qui fait un travail
00:56:44incroyable
00:56:46en liaison
00:56:47avec l'association
00:56:48Vendée Liban
00:56:50qui est dirigée
00:56:51par Véronique Besse
00:56:52députée
00:56:52vendienne
00:56:56je dis à tous ceux
00:56:57qui nous regardent
00:56:57ceux qui nous écoutent
00:56:58aidez
00:56:59le Liban
00:57:01aidez
00:57:02les Libanais
00:57:03ils sont dans la détresse
00:57:05ils se sentent
00:57:06complètement abandonnés
00:57:08abandonnés
00:57:09de la France
00:57:09abandonnés
00:57:10de tous
00:57:11il faut les aider
00:57:12donc faire des dons
00:57:15en faisant un petit don
00:57:16on sauve une famille
00:57:18pour quelques semaines
00:57:19et pour quelques mois
00:57:19ils sont dans la détresse
00:57:21parce qu'ils sont sur les routes
00:57:22ils sont chassés
00:57:24du domicile
00:57:25où leurs parents
00:57:25vivaient depuis 2000 ans
00:57:27parce que le Liban
00:57:28c'est un des plus vieux pays
00:57:29du monde
00:57:30qui a été
00:57:32foulé
00:57:33par
00:57:34par les apôtres
00:57:36par les premiers apôtres
00:57:39et ce que je voudrais
00:57:40simplement dire
00:57:40sur le Liban
00:57:41c'est la chose suivante
00:57:42la France
00:57:42a commis une erreur
00:57:45les Libanais
00:57:46m'ont raconté
00:57:47que
00:57:47lors de la dernière
00:57:48élection présidentielle
00:57:51le président Macron
00:57:53avait demandé
00:57:55à son ministre
00:57:56des affaires étrangères
00:57:57de l'époque
00:57:58monsieur Le Drian
00:57:59de soutenir
00:58:00la candidature
00:58:00de Frangier
00:58:01qui était soutenue
00:58:02par
00:58:02le Hezbollah
00:58:04donc il faut se reprendre
00:58:05monsieur le président
00:58:06il faut vous reprendre
00:58:07et qu'est-ce que vous pouvez faire
00:58:09faire ce que demande
00:58:12ce qu'a demandé François Fillon
00:58:13qui était un grand ami du Liban
00:58:14c'est simple
00:58:17il y a une armée libanaise
00:58:19elle est démunie
00:58:21elle n'est même plus payée
00:58:22par le Liban
00:58:23tellement elle est démunie
00:58:26cette armée libanaise
00:58:28elle est en face
00:58:28du Hezbollah
00:58:30et elle est en face
00:58:31de la série qui arrive
00:58:33et la série
00:58:34c'est un mauvais souvenir
00:58:35pour les Libanais
00:58:37la série
00:58:37ils ne feront pas de quartier
00:58:39le fameux Joulani
00:58:40aucune confiance en lui
00:58:41évidemment
00:58:42et donc en fait
00:58:43qu'est-ce qu'il faut faire
00:58:44il faut permettre
00:58:45à l'armée libanaise
00:58:47d'avoir des armes
00:58:48et pour lui permettre
00:58:49d'avoir des armes
00:58:50il faut que la France
00:58:51aide à réarmer
00:58:54l'armée libanaise
00:58:55c'est ça qu'il faut faire
00:58:56tout de suite
00:58:57pourquoi on ne le fait pas
00:58:58voilà
00:58:59et je voudrais simplement dire
00:59:01moi j'ai un souvenir
00:59:02sur le Liban
00:59:03si vous m'accordez
00:59:0430 secondes
00:59:05un souvenir
00:59:06quand je suis allé
00:59:07là-bas au Liban
00:59:09avec Jean-François Degnaud
00:59:11François Léotard
00:59:12on faisait rempart
00:59:13de notre écharpe
00:59:15le Liban était bombardé
00:59:17par la série à l'époque
00:59:20et donc
00:59:22on avait atterri
00:59:23sur un bout d'autoroute
00:59:26et entre le bout d'autoroute
00:59:27on a atterri
00:59:29et le palais de Bafda
00:59:31où on était reçu
00:59:32par le président
00:59:34du Liban
00:59:36il y avait des pancartes
00:59:38avec des enfants
00:59:40des petits Libanais
00:59:43qui avaient des flambeaux
00:59:45faits avec des journaux
00:59:47et donc on avait
00:59:48on passait dans une haie
00:59:50de flambeaux
00:59:52et on voyait les pancartes
00:59:53et sur les pancartes
00:59:54il était écrit
00:59:56il est paraît-il
00:59:58des terres brûlées
00:59:59donnant plus de blé
01:00:01qu'un meilleur avril
01:00:04Philippe De Villiers
01:00:05voilà pour votre message
01:00:06au peuple libadais
01:00:07pris en otage aujourd'hui
01:00:09par notamment le Hezbollah
01:00:11merci beaucoup
01:00:12Philippe De Villiers
01:00:13merci à vous
01:00:14Geoffroy Lejeune
01:00:14on se retrouve
01:00:15la semaine prochaine
01:00:16bien sûr
01:00:17on poursuit notre émission
01:00:19puisque dans un instant
01:00:19c'est l'heure des pros
01:00:20et on va commencer
01:00:22en rendant hommage
01:00:23bien sûr
01:00:25aux soldats français
01:00:27morts au combat
01:00:27ce sont les meilleurs
01:00:28qui partent les premiers
01:00:29ce visage que vous voyez
01:00:31depuis le début
01:00:33de la journée
01:00:33et bien celui
01:00:34de l'adjudant-chef
01:00:35Arnaud Frion
01:00:36et ce sont les meilleurs
01:00:37qui partent les premiers
01:00:38c'est son chef
01:00:39qui a eu ces mots
01:00:40pour lui rendre hommage
01:00:40tué jeudi en Irak
01:00:41par un drone
01:00:43une milice pro-iranienne
01:00:44a revendiqué l'attaque
01:00:45Arnaud Frion
01:00:4642 ans
01:00:47mari
01:00:47et père d'un enfant
01:00:49il est le premier soldat français
01:00:50tué depuis le début
01:00:51de la guerre
01:00:51contre la république islamique
01:00:52en Iran
01:00:53voyez le sujet
01:00:54il est signé
01:00:55Maé Valami
01:00:58il est le premier
01:00:59militaire français
01:01:00tué depuis le début
01:01:01de la guerre
01:01:02en Iran
01:01:02l'adjudant-chef
01:01:03Arnaud Frion
01:01:04faisait partie
01:01:05des 600 français
01:01:06envoyés au kurdistan
01:01:07irakien
01:01:08dans le cadre
01:01:09de la lutte
01:01:09antiterroriste
01:01:10il a été tué
01:01:11par une frappe
01:01:12de drone
01:01:12près d'Erbil
01:01:13je veux m'incliner
01:01:14aujourd'hui
01:01:15avec respect
01:01:17devant la mémoire
01:01:18de l'adjudant-chef
01:01:19Arnaud Frion
01:01:20du 7ème bataillon
01:01:21des chasseurs
01:01:22alpins
01:01:22de Vars
01:01:24il est mort
01:01:24pour la France
01:01:25cette nuit
01:01:26je veux aussi
01:01:27adresser tout mon soutien
01:01:29à nos militaires
01:01:30blessés
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