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Philippe de Villiers passe en revue l'actualité de la semaine dans #FaceAPhilippedeVilliers. Présenté par Eliot Deval
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00:00:00Il est 19h sur CNews, merci d'être avec nous pour Face à Philippe Devilliers.
00:00:04Je ne vais pas me tourner vers le siège de Philippe Devilliers, mais je vais me tourner vers Geoffroy Lejeune.
00:00:09Bonsoir Geoffroy Lejeune.
00:00:11Bonsoir Eliott.
00:00:11Mais où est passé Philippe Devilliers ?
00:00:14On est bien seul.
00:00:15Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.
00:00:19Où est Philippe Devilliers ?
00:00:20C'est vous qui allez le dire.
00:00:22Les informateurs bien informés.
00:00:23Mais s'ils étaient une émission comme un apologue, ils se murmurent que Philippe Devilliers est en route vers Bethléem.
00:00:31Que l'étoile commence à CNews.
00:00:35Alors chers téléspectateurs, déjà un grand merci.
00:00:38Parce que chaque vendredi soir, vous êtes toujours plus nombreux que les records historiques ont été battus au gré de ce début de saison.
00:00:46Et nous allons tout au long de l'émission voir, redécouvrir les plus grands moments de cette fin d'année 2025 et de cette première partie de saison.
00:00:57Philippe Devilliers reviendra très rapidement.
00:00:59On le salue chaleureusement bien sûr.
00:01:02L'année 2025, vous le savez, s'achève bientôt.
00:01:04Et à l'approche de Noël, on va vous proposer les plus grands moments.
00:01:07Ce qui est d'ailleurs saisissant quand on fait les meilleurs moments de face à Philippe Devilliers, c'est que lorsqu'il prend la parole, ça a un écho sur le temps long.
00:01:16Puisqu'il y a les journalistes de l'instant, les politiques de l'instant.
00:01:20Puis vous avez des éditorialistes, des penseurs, des intellectuels, des hommes politiques qui puisent dans l'histoire pour ensuite nous proposer une vision sur l'avenir.
00:01:31En fait, parfois on regarde grâce à vous d'ailleurs des archives des années 80 qui n'ont pas vieilli.
00:01:36C'est vrai que ce qu'il a dit il y a six mois n'a pas beaucoup vieilli non plus.
00:01:38Et là, on va aller quasiment du plus récent au plus ancien.
00:01:42Parce qu'on va revenir dans cette première partie sur la crise agricole, vous le savez.
00:01:47Puisque cette crise agricole est au cœur de l'actualité depuis maintenant dix jours.
00:01:51Ce vendredi, le Premier ministre a reçu les quatre principaux syndicats.
00:01:55Et au lendemain, d'une annonce quand même importante, le report de la signature du Mercosur reculé pour mieux signer.
00:02:02Puisque visiblement, signature devrait être faite en Amérique du Sud mi-janvier, selon les rumeurs.
00:02:10Mercosur qui devrait être signé, je le disais, en janvier.
00:02:13Écoutez Philippe Devilliers, c'était la semaine dernière.
00:02:18Et il revenait sur le rapport, vous savez, qu'ont eu les forces de l'ordre face aux agriculteurs.
00:02:24Et ça, ça a marqué beaucoup de Français.
00:02:26Aujourd'hui, trois Français sur quatre soutiennent la mobilisation agricole.
00:02:30Et trois Français sur quatre ne comprennent pas l'action du gouvernement depuis le début de cette crise.
00:02:37J'ai été choqué, bouleversé par ces images.
00:02:43Pourquoi ?
00:02:45Parce qu'il y a une différence de traitement.
00:02:47Entre, comme l'a dit Eric Ciotti, d'ailleurs, tout à l'heure, dans un tweet.
00:02:54Regardez comment ils font attention avec la DZ mafia.
00:02:58Ils n'en voient pas à la police comme ça, n'importe comment, n'importe où.
00:03:02C'est trop dangereux.
00:03:03Regardez comment le préfet de police, à l'époque, Nunez, le ministre des matériels actuel,
00:03:09avait conseillé aux commerçants de rester chez eux le 31 mai après la finale de la Ligue des champions.
00:03:15Pourquoi ? Parce qu'il leur a dit, il faut faire attention au pillage.
00:03:18En d'autres termes, on disait aux gens, aux braves gens, restez chez vous,
00:03:22parce qu'on avait décidé de laisser la rue, en l'occurrence la capitale,
00:03:29à tous les pilleurs, à toute la racaille qui venait se livrer à un pillage,
00:03:37un pillage, je dirais, compensatoire sur le thème,
00:03:42on va se venger de tout ce qu'ils nous ont fait.
00:03:45Donc quand les banlieues se déplacent, là, on dit à la police,
00:03:49oh là là, attention, vous restez loin à l'extérieur.
00:03:52Là, on a eu un hélico, des hélicos, avec des fumigènes et des blindés.
00:03:59Vous vous rendez compte ?
00:04:00Les gendarmes, les paysans, il fut un temps où ils étaient dans la même tranchée.
00:04:03C'est les mêmes familles.
00:04:07Il y en a un qui est paysan, l'autre qui est gendarme.
00:04:10Et c'est terrible de voir deux Frances face à face qui sont de la même France.
00:04:18Je me souviens, près de chez moi, je ne sais plus où, il y a eu une rêve partie,
00:04:22vous pouvez peut-être m'aider à me souvenir.
00:04:26Il y a eu une rêve partie.
00:04:27Le ministre de l'Intérieur, à l'époque, l'année dernière, a mis trois jours avant d'intervenir.
00:04:32C'était trop dangereux.
00:04:34Voilà.
00:04:34On avait tellement peur qu'il y ait un incident qui est un mort.
00:04:37Voilà.
00:04:37Et quand il y a des rodéos sauvages, on dit à la police, surtout, vous n'intervenez pas.
00:04:46Et là, on envoie des blindés qui renversent les voitures.
00:04:51Et tout ça, pourquoi ?
00:04:53Tout ça, pourquoi ?
00:04:54Pour faire accepter à un petit paysan avec ses 200 vaches,
00:05:02faire accepter qu'il se débarrasse de son cheptel,
00:05:04faire accepter qu'on euthanasie son trésor, le trésor d'une vie.
00:05:10Il ne faut rien connaître à la paysannerie, à l'agriculture,
00:05:13pour ne pas comprendre ce que représente l'abattage non ciblé d'un cheptel.
00:05:20C'est des générations et des générations d'une terre qui saignent à nouveau.
00:05:28Et si le monde paysan est désormais au cœur des préoccupations du gouvernement,
00:05:33il est au cœur des préoccupations depuis une dizaine de jours,
00:05:36au cœur des préoccupations de Philippe Devilliers depuis 3-4 décennies,
00:05:40bien évidemment, de sa vie politique.
00:05:41Il a écrit des livres là-dessus, dès les années 90.
00:05:44Et par ailleurs, il a un rapport à la terre, parce que c'est un campagnard, Philippe.
00:05:47Il nous en parle par petites bribes souvent, mais c'est vraiment un campagnard.
00:05:51Donc il connaît ça assez bien.
00:05:52Moi, cette semaine, j'ai été frappé, j'étais sur un rond-point, vous savez,
00:05:56d'une manifestation de tracteurs, d'agriculteurs.
00:05:59Et on m'a parlé de lui, on m'a parlé de l'émission,
00:06:01et on m'a parlé de Philippe Devilliers.
00:06:02C'est le seul qui nous comprend, c'est le seul qui dit ce qu'il faut dire sur l'Europe, etc.
00:06:05Il se passe quand même quelque chose sur ce sujet, évidemment.
00:06:07Et on avait retrouvé une archive de Philippe Devilliers,
00:06:09qui en 1995 parlait déjà de préférences agriculturelles françaises.
00:06:13C'est lui qui avait lancé cette idée-là.
00:06:16Du moins, il était l'un de ceux qui pensaient à la préférence agriculturelle française.
00:06:19Je vous propose d'écouter, justement, peut-être que c'est son message qu'il a adressé à la paysannerie française,
00:06:25qui a aussi marqué le monde agricole qui se mobilise et qui est parfois autour des ronds-points.
00:06:30Mon message est simple, il tient en un mot.
00:06:36Ne lâchez pas la terre.
00:06:40Parce que vous êtes la France.
00:06:43Vous êtes les derniers français.
00:06:44Et vous êtes les premiers français.
00:06:47Sans vous, la France n'est plus la France.
00:06:49Pas de pays sans paysans.
00:06:51Vous êtes les premiers enracinés.
00:06:53C'est vous qui nous montrez tous les jours où est la source d'eau vive.
00:07:01En fait, j'ai souvent pensé, en paraphrasant Peggy,
00:07:07qui dit que les crises de l'enseignement ne sont pas des crises de l'enseignement,
00:07:11ce sont des crises de vie.
00:07:12On peut transposer.
00:07:14Les crises agricoles ne sont pas des crises agricoles.
00:07:17Ce sont des crises de vie.
00:07:19Ce sont des crises de civilisation.
00:07:20Pourquoi ?
00:07:21Parce que c'est la population agricole qui est la quintessence du peuple historique.
00:07:32C'est la population agricole qui constitue le premier maillon de notre histoire.
00:07:42Vous savez, j'ai souvent évoqué ici la fameuse enluminure du 15e siècle, le jardin de paradis.
00:07:48Dans le jardin de paradis, on voit l'arbre sec qui refleurit.
00:07:53C'est le peuple français.
00:07:54C'est l'image de l'arbre, en fait.
00:07:56C'est l'image de la terre.
00:07:57C'est l'image du verger.
00:07:59C'est l'image du paysan.
00:08:00Et donc, ce sont les premiers jardiniers du jardin de paradis.
00:08:06Et donc, il ne faut pas qu'ils lâchent.
00:08:09Il faut qu'ils attendent le moment où les Français vont se tourner vers eux pour leur dire,
00:08:13qu'on a besoin de vous, c'est terrible ce que nous avons fait.
00:08:19Comme un enfant déchiré une rose, nous avons déchiré les tissus vivants.
00:08:23Nous avons oublié qu'il y a une continuité vitale entre la nature et l'homme.
00:08:38le paysan qui ressent en lui-même des frémissements invisibles, inaccessibles,
00:08:54dont il est le seul à percevoir.
00:08:57Cette continuité, c'est l'unité du vivant.
00:09:05C'est l'unité vitale.
00:09:08C'est l'unité du vivant qui fait un pays comme la France.
00:09:11Nous avons oublié, nous n'avons pas compris que tous les peuples qui ont disparu
00:09:18sont morts parce qu'ils se sont vidés d'eux-mêmes.
00:09:26Ils ont cessé de croire à l'être intérieur.
00:09:35Ils ont succombé à la dénutrition de l'être intérieur.
00:09:39Il y a un pacte multiséculaire entre le paysan et la terre de France.
00:09:49Il ne faut pas briser le pacte nuptial entre la France et la terre.
00:09:59Il nous reste quelques minutes, Philippe Devilliers,
00:10:01pour poursuivre le message que vous adressez aux paysans français,
00:10:04vous qui êtes un homme au plus près de votre terre, terre vendéenne.
00:10:07Vous avez un souvenir d'enfance, peut-être, avec un paysan vendéen ?
00:10:13J'en ai plein.
00:10:15Je vous en ai demandé un.
00:10:17Par rapport à Noël, je repensais ce matin à quelque chose qui m'avait bouleversé.
00:10:23Je me souviens d'un paysan, je ne dirais pas lequel, mais un voisin
00:10:29qui avait été acheté des oranges au marché pour mettre dans les quatre sabots de ses quatre enfants.
00:10:41Il n'avait que des oranges, parce qu'il était pauvre.
00:10:45Et puis je l'entendais darioler au loin en appelant ses bœufs du nom de ses blessures de guerre.
00:11:01Blessures de guerre de 1914.
00:11:03Et puis un jour, je l'ai vu pleurer, c'était le jour de Noël.
00:11:06Enfin, il avait la larme à l'œil, il était épuisé.
00:11:11Et je lui ai dit, pourquoi tu pleures ?
00:11:13Il me dit, parce que je n'ai pas pu aller à la messe de minuit.
00:11:15Et pourquoi ?
00:11:16Parce que j'ai eu un vélage.
00:11:19Une mêvache.
00:11:22Et je pense à lui en cet instant,
00:11:24où les paysans de France se demandent s'ils vont garder leur cheptel.
00:11:27Un paysan qui pleure,
00:11:31parce qu'il ne peut pas assister à la messe de Noël.
00:11:35Parce qu'il n'y a pas de vétérinaire à l'époque.
00:11:38Et il fait le vélage de sa vache.
00:11:40Et sa vache, pour lui, c'est un trésor.
00:11:44Voilà pour la crise agricole.
00:11:45Je voudrais qu'on revienne à présent sur la question du budget.
00:11:48Parce que l'actualité aussi, c'est le budget.
00:11:50En commission mixte paritaire, les députés et sénateurs n'ont pas réussi,
00:11:53Geoffroy, à se mettre d'accord.
00:11:55Le budget n'a donc pas été voté.
00:11:57Il passera par une loi spéciale.
00:12:00J'apprends à l'instant qu'un conseil des ministres se tiendra lundi soir,
00:12:05selon une source au sein de l'exécutif.
00:12:08Et dans ce budget, où sont les réductions massives de dépenses ?
00:12:13Alors que la dette explose,
00:12:15plus 66 milliards d'euros de dette en seulement un semestre.
00:12:20Et la dette publique grimpe désormais à plus de 3 400 milliards d'euros
00:12:24sur fond d'impasse politique.
00:12:26Je vous propose d'écouter là aussi, c'était en octobre cette fois-ci,
00:12:30Philippe Devilliers qui proposait une solution.
00:12:34Avant de penser aux recettes et donc aux taxes et aux impôts,
00:12:36peut-être penser aux dépenses.
00:12:38Il faut prendre la tronçonneuse.
00:12:44Voilà ma politique.
00:12:46La tronçonneuse.
00:12:48Il faut aller chercher Mila.
00:12:49Il lui dit comment t'as fait ? On va faire pareil.
00:12:52C'est très simple.
00:12:53Il y a les recettes, il y a les dépenses.
00:12:55Moi, mon principe, c'est celui du bon sens de tous les patrons de PME.
00:13:03Et il y a un patron de PME qui me disait ce matin,
00:13:05en fait, il n'y a qu'une seule politique pour la France,
00:13:08pour redresser la France, c'est moins d'impôts, moins de dépenses.
00:13:11C'est simple.
00:13:12Moins d'impôts, moins de dépenses.
00:13:14Voilà.
00:13:14Et on a aujourd'hui le record du monde des prélèvements.
00:13:20Moi, je me souviens, quand j'étais jeune, c'était 30%.
00:13:23Vous vous rendez compte ?
00:13:26En 1900, les prélèvements en France étaient de 10%.
00:13:29Et après, on a fait l'impôt sur le revenu en 1914 et ça s'est emballé.
00:13:34Mais l'État n'est pas fait pour étouffer la société,
00:13:38pour l'absorber par phagocytose.
00:13:40L'État doit servir la société.
00:13:42Et donc, là, on est dans une situation où on a le record du monde des prélèvements,
00:13:46le record du monde de la dette et le record de la dépense publique, 57% du PIB.
00:13:53Donc, la tronçonneuse, ça veut dire quoi ?
00:13:55Ça veut dire qu'on baisse tous les impôts,
00:13:57on fait revenir les prélèvements à 30%
00:14:00pour que les créateurs de valeurs ajoutées respirent à nouveau
00:14:04et qu'on forme des générations de créateurs et d'innovateurs.
00:14:10Et ensuite, pour les dépenses, alors allons-y.
00:14:14Les dépenses, l'immigration, ça coûte 50 milliards.
00:14:19Rien que les prestations sociales non contributives, 15 milliards d'économies si on arrête.
00:14:26Bon, les agences de l'État, les agences, il y en a 1 200,
00:14:30c'est à peu près 80 milliards d'euros.
00:14:35On peut peut-être en supprimer quelques-unes, notamment l'ADEME,
00:14:39vous savez, qui nous conseille la manière de mettre notre liquette et de changer de slip.
00:14:43Vous vous souvenez, on avait fait un truc là-dessus, je vous avais même pas cru.
00:14:46Quand vous aviez montré les images, ceux-là, ils ne sont pas indispensables.
00:14:49Ensuite, la privatisation de l'audiovisuel public, 4 milliards.
00:14:56Ensuite, l'aide au développement.
00:14:58C'est Zaracnafo qui a donné le chiffre, 150 milliards, il n'a pas été démenti, 150 milliards.
00:15:0215 milliards.
00:15:0415 milliards, pardon, 15 milliards.
00:15:06Bon, c'est pas mal.
00:15:07Ensuite, l'aide aux éoliennes, soutien aux éoliennes et aux énergies renouvelables, 8 milliards.
00:15:14Etc.
00:15:15Etc.
00:15:16Et je parle même pas de la fonction publique, parce que je pense qu'il faut plus de policiers et d'infirmiers,
00:15:23mais certainement beaucoup moins de fonctionnaires dans l'état profond.
00:15:28Aujourd'hui, on a deux états profonds, Eliott, Geoffroy.
00:15:31On a deux états profonds qui sont en endogamie.
00:15:35L'état profond français, l'état profond européen.
00:15:38Et donc, vous voyez bien ce qui est en train de se passer au niveau européen.
00:15:43La mesure, la directive sur le permis de conduire, la directive sur le découvert bancaire.
00:15:49On est devant un système autoritaire qui nous coûte de plus en plus cher, qui est de plus en plus bureaucratique et de plus en plus normatif.
00:15:57Et donc, en réalité, il faut couper dans les dépenses, mais à la tronçonneuse.
00:16:02Et alors, ça va faire mal dans la structure publique, mais on va faire respirer la structure privée.
00:16:08En fait, c'est simple, l'économie.
00:16:09Et je crois qu'il y a quelqu'un tout à l'heure qui disait, la première chose à faire pour les nouveaux députés,
00:16:16il faudrait qu'ils passent deux semaines dans une entreprise et que le patron leur explique ce que c'est qu'un compte d'exploitation.
00:16:21Moi, j'ai eu la chance, en créant le plus du fou, de savoir ce que c'est qu'un compte d'exploitation,
00:16:26les billes d'art, etc.
00:16:27Sinon, je n'aurais pas fait ce que j'ai fait.
00:16:30Mais une fois qu'on sait ce que c'est qu'un compte d'exploitation, on fait attention à l'argent public.
00:16:36Et ce que je vais vous dire, c'est très simple.
00:16:38L'économie, c'est que vous avez la sphère publique qui est indispensable pour protéger la sphère privée.
00:16:44Mais la sphère publique ne doit pas remplacer la sphère privée.
00:16:47Sinon, on est dans un régime totalitaire.
00:16:49La sphère publique est au service de la sphère privée.
00:16:51Il faut donc que la sphère publique s'en tienne au régalien pour que la sphère privée puisse continuer à faire vivre et respirer la société,
00:17:01les forces vives de la société.
00:17:03Et moi, si j'étais à la tête de l'État, je dirais priorité au créateur.
00:17:10Et pendant le budget, il a plus été question, je le disais tout à l'heure, de recettes que de dépenses.
00:17:15Et quand on dit recettes, il y avait cette fameuse taxe, la taxe qui portait son nom, la taxe Zuckman, l'étoile filante de l'économie française.
00:17:25Il en pensait quoi, Philippe Devilliers, de la taxe Zuckman ? C'était le 31 octobre dernier.
00:17:30Alors d'abord, je vais parler de Zuckman, j'en ai jamais parlé.
00:17:33Jamais ?
00:17:33Jamais.
00:17:35C'est un ami ?
00:17:36Non, mais c'est un ami du service public.
00:17:39Ah, ça ?
00:17:40C'est beaucoup plus fort pour lui.
00:17:42Il a peut-être une place dans le parking.
00:17:43En fait, vous ne vous souvenez pas de Chirac qui disait, quand je mets la télé, je mets la 2, j'ai 2 ML.
00:17:52Je mets la 1, j'ai 2 ML.
00:17:54Vous vous souvenez, il y avait les deux frères.
00:17:55Et là, en fait, quand je mets France Info, j'ai Zuckman.
00:17:59Quand je mets France 2, j'ai Zuckman.
00:18:04Quand je mets France Inter, j'ai Zuckman.
00:18:06J'ouvre le Parisien, j'ai Zuckman.
00:18:08J'ouvre la tribune, j'ai Zuckman.
00:18:09Et il n'y a qu'ici que Zuckman reste un fantôme.
00:18:15Et vous savez ce que ça me rappelle ?
00:18:17Ça me rappelle, en fait, l'Union soviétique.
00:18:21C'est le même procédé.
00:18:24En Union soviétique, ils avaient érigé une figure archétypale qui s'appelait Stakhanov.
00:18:33Et donc, tous les travailleurs des kolkos et des saufkos étaient appelés à imiter Stakhanov,
00:18:41qui incarnait l'idée du travail.
00:18:44Et Stakhanov avait une mission, c'était de poursuivre de sa vindicte, grâce à son travail et à son énergie,
00:18:54les kulaks, c'est-à-dire les riches.
00:18:57Et donc, en fait, imiter Stakhanov, disait-on à tous les soviétiques,
00:19:02imiter Stakhanov parce qu'il travaille deux fois plus que tout le monde.
00:19:07Et en plus de ça, il poursuit les riches.
00:19:11Voilà, on a Zuckman, le nouveau Stakhanov de la gauche française.
00:19:16Et alors, en fait, Zuckman, c'est un principe très simple d'anti-économie.
00:19:24Une fois qu'il n'y aura plus de riches, il n'y aura plus de pauvres.
00:19:26C'est exactement l'inverse.
00:19:29Le jour où il n'y a plus de riches, il n'y a que des pauvres.
00:19:33Et tout simplement parce qu'une économie, c'est une atmosphère.
00:19:40C'est une atmosphère tournée vers la valeur ajoutée, vers la liberté de créer, vers la liberté d'entreprendre, vers la liberté des créateurs.
00:19:50Si les créateurs ont le sentiment qu'ils sont poursuivis par l'État, qu'ils sont traqués par le fisc,
00:19:57alors ils retiennent leurs investissements.
00:20:00Et aujourd'hui, ils font mieux que ça.
00:20:05Ils vont au Portugal, ils vont en Italie, ils vont au Maroc, ou naturellement aux États-Unis.
00:20:12Et il y a quelque chose que Noël Lenoir, qui est une femme remarquable, a dit tout à l'heure sur ce plateau.
00:20:18Elle a dit qu'on feint d'ignorer l'accord qui a eu lieu cet été, entre Trump et Van der Leyen.
00:20:25Et au terme de cet accord, les Européens se sont engagés à investir 750 milliards d'euros aux États-Unis.
00:20:34C'est-à-dire que les Européens, les entreprises européennes sont obligées d'aller investir aux États-Unis.
00:20:40Et pendant que les entreprises, alors Stellantis a annoncé, donc Vuitton a annoncé, etc.
00:20:49Donc pendant que les entreprises, les grandes entreprises françaises investissent aux États-Unis,
00:20:54on les poursuit de notre vindict en disant on va faire payer les riches.
00:21:00Voilà.
00:21:00On est en train d'appauvrir le pays et de l'assécher.
00:21:04Cette ponction de richesse, c'est une ponction lombaire qui est mortelle.
00:21:08Et pourquoi il parle de l'entreprise, de la création ?
00:21:13Il était au cœur de tout cela avec le Puy du Fou, Jean-François Lejeune.
00:21:17Philippe Devinis, c'est quelqu'un dont on connaît le compteur, l'homme politique,
00:21:20retraité certes, mais quand même qui a fait de la politique pendant longtemps.
00:21:23Mais en fait, c'est surtout quelqu'un qui a créé une entreprise qui a commencé un jour,
00:21:27je crois que c'était en 1978, je vais peut-être me tromper sur la date.
00:21:33C'était un spectacle de nuit, sous la pluie, éclairé par les phares d'une voiture.
00:21:37Et c'est devenu, 40-50 ans plus tard, le Puy du Fou, des dizaines de millions d'euros de chiffre d'affaires,
00:21:42des résultats exceptionnels, etc.
00:21:43Et tout ça, ça s'est fait progressivement dans la durée, avec des investissements mesurés.
00:21:48Donc, ce dont il vient de parler à l'instant, en fait, il le connaît par cœur.
00:21:50Il est passé par toutes les étapes, les moments où vous avez peur de tout perdre également.
00:21:54Et donc, c'est quelque chose dont il ne parle pas à la légère du tout.
00:21:56C'est pour ça qu'il a une immense admiration pour l'entrepreneuriat.
00:21:59– 13 juin 1977.
00:22:03– 77, pardon.
00:22:04– Parce qu'il voit, pour la première fois, le château du Puy du Fou.
00:22:10Philippe Devilliers, toujours.
00:22:11Et cette fois-ci, vous avez entendu Philippe Devilliers qui a rendu hommage aux agriculteurs.
00:22:15Il a aussi rendu hommage aux entrepreneurs, aux créateurs.
00:22:19Parce que dans l'économie, il y a aussi une question, c'est la question de la confiance.
00:22:23On soit une toute petite entreprise, une entreprise de taille intermédiaire,
00:22:27ou une grande entreprise, ou une PME.
00:22:30Il y a la confiance, la confiance pour investir, innover, créer.
00:22:34Et il a voulu rendre hommage à ceux qui prenaient ces risques-là contre vents et marées.
00:22:39– En ce moment, avec le fisc, la pression fiscale,
00:22:44l'entrepreneur créateur, il est blotti, recroquevillé, il n'ose plus se montrer.
00:22:50Et alors, on dit, toi, l'entrepreneur créateur, tu gagnes trop d'argent, etc.
00:22:55Alors moi, je le fais animer à l'entrepreneur créateur.
00:22:59Parce que, je pose la question suivante.
00:23:02Qui crée la richesse ?
00:23:08Qui donc fait vivre les familles ?
00:23:10Qui donc fait vivre le pays ?
00:23:12Qui donne à l'innovation son champ expérimental ?
00:23:16Qui prend tous les risques ?
00:23:17Ce n'est pas la puissance publique, ce ne sont pas les ministères,
00:23:20ce ne sont pas les administrations.
00:23:22Non, ce n'est pas la sphère publique qui crée la richesse.
00:23:27Elle la consomme.
00:23:29Celui qui crée la richesse, c'est l'entrepreneur créateur
00:23:34qui, à l'image du père de famille, pour reprendre le mot heureux de Peggy,
00:23:42est l'aventurier des temps modernes.
00:23:44Pour avoir vécu les affres de la création, à une époque de ma vie,
00:23:54et même à plusieurs,
00:23:56je sais, je connais,
00:23:59je puis témoigner de ce qu'est l'angoisse du créateur,
00:24:02de ce qu'est le parcours du créateur.
00:24:04Le parcours du créateur.
00:24:05C'est un parcours chaotique.
00:24:07C'est un parcours qui est imprévisible,
00:24:12qui est indétectable,
00:24:14qui est incertain,
00:24:16qui est risqué.
00:24:18Alors faisons ce parcours en quelques minutes.
00:24:22Le parcours de la psychologie,
00:24:24de l'intimité du créateur.
00:24:27Premier moment,
00:24:29le créateur regarde le monde.
00:24:30C'est le vertige.
00:24:31Pourquoi ?
00:24:32Parce que le créateur, il est intelligent,
00:24:34il voit bien que le monde existe depuis longtemps
00:24:38et qu'il n'y a plus rien à inventer.
00:24:39Du moins, le croit-il.
00:24:42Il ne peut qu'ajouter une petite chose,
00:24:44mais tout a été pensé,
00:24:47tout a été dit,
00:24:48tout a été imaginé,
00:24:50tout a été créé.
00:24:52Alors,
00:24:54parce que c'est la civilisation.
00:24:58La civilisation, c'est un état social
00:25:01dans lequel celui qui arrive au monde
00:25:03s'aperçoit très vite
00:25:04que ce qu'il voudrait apporter de mieux
00:25:06est infiniment inférieur,
00:25:08infiniment moins précieux,
00:25:09moins sophistiqué
00:25:10que le monde qu'il trouve à son arrivée.
00:25:13Alors, un peu de modestie.
00:25:15Alors, là, il y a une réponse intéressante
00:25:18qui m'a toujours fasciné,
00:25:19celle de Henry Ford,
00:25:20Ford Company,
00:25:21qui dit
00:25:22avoir fait plus pour le monde
00:25:25que le monde n'a fait pour vous.
00:25:26C'est la devise secrète du créateur.
00:25:31Donc, le vertige, d'abord.
00:25:34Le monde est là.
00:25:34Qu'est-ce que je vais apporter
00:25:35après la Joconde ?
00:25:38Quelle est l'idée nouvelle ?
00:25:40Et là vient l'étincelle.
00:25:42Deuxième temps du parcours.
00:25:45Et l'étincelle a été définie
00:25:48par Rainer Maria Rilke
00:25:50dans les termes suivants.
00:25:51Pour écrire un seul vers,
00:25:56il faut avoir des souvenirs.
00:25:58Il faut avoir vu
00:25:59beaucoup d'hommes et de choses.
00:26:01Il faut avoir senti
00:26:03comment volent les oiseaux.
00:26:05Il faut avoir compris
00:26:07le mouvement de la petite fleur
00:26:09qui s'ouvre le matin.
00:26:12Il faut avoir repensé
00:26:15à des jours d'enfance
00:26:16dont le mystère ne s'est jamais éclairci.
00:26:19Il faut avoir veillé des mourants,
00:26:21fenêtres grandes ouvertes
00:26:22pour capter les bruits extérieurs.
00:26:25Mais il ne suffit pas
00:26:26d'avoir des souvenirs.
00:26:29Encore faut-il savoir les oublier
00:26:31et attendre qu'ils reviennent,
00:26:34qu'ils deviennent sans geste,
00:26:36nous-mêmes.
00:26:38Alors, quand ils ne se distinguent plus de nous
00:26:41qu'ils sont devenus complètement anonymes,
00:26:43alors il se peut
00:26:45qu'en une heure très rare,
00:26:49un soir de grâce
00:26:49du milieu d'eux
00:26:50se lève le premier mot d'un verre.
00:26:53Ça vaut pour toute invention,
00:26:55pour toute création.
00:26:57Le troisième temps,
00:26:58c'est le plus terrible.
00:27:01C'est l'angoisse.
00:27:02C'est l'angoisse
00:27:03parce que c'est l'angoisse
00:27:04du point de bascule.
00:27:05Ou bien on décolle,
00:27:06ou bien on s'écrase.
00:27:08Et il y a une phrase
00:27:09du créateur de LinkedIn
00:27:11qui s'appelle Hoffman,
00:27:12qui est heureuse,
00:27:14qui décrit bien ce moment.
00:27:16Et il dit
00:27:16l'entrepreneuriat,
00:27:19ça consiste
00:27:19à se jeter d'une falaise
00:27:22et ensuite
00:27:23à construire son avion en tombant.
00:27:27Et ça,
00:27:27je l'ai vécu ce moment.
00:27:29C'est-à-dire que j'étais assis
00:27:29en face de la ruine du Puy-du-Fou,
00:27:32la ruine piteuse du Puy-du-Fou,
00:27:33entourée de ronces et de serpents.
00:27:36Et là, je me disais
00:27:36bon,
00:27:37mon idée c'est quoi d'abord ?
00:27:39Ensuite, mon idée,
00:27:40est-ce qu'elle est clairvoyante
00:27:41ou est-ce qu'elle est folle ?
00:27:43En fait,
00:27:43une idée clairvoyante,
00:27:44c'est une idée folle
00:27:46qui a réussi
00:27:47et une idée folle,
00:27:49c'est une idée clairvoyante
00:27:50qui a échoué.
00:27:50Seulement,
00:27:50on ne le sait qu'après.
00:27:52Et alors là,
00:27:53vient la percée conceptuelle.
00:27:56La percée conceptuelle,
00:27:57je la formule de cette manière,
00:27:59c'est l'avantage concurrentiel,
00:28:01le grau du stratège,
00:28:03c'est l'avantage concurrentiel
00:28:05inimitable.
00:28:06c'est-à-dire le créateur,
00:28:08il crée quelque chose
00:28:10qui est inimitable,
00:28:11donc il est irratrapable.
00:28:13Et ça évoque pour moi
00:28:14une conversation que j'ai eue
00:28:15avec le grand capitaine
00:28:16d'industrie,
00:28:17Bernard Arnault.
00:28:18Je lui dis,
00:28:19on était au Puy-du-Fou,
00:28:21et je lui dis,
00:28:22en fait,
00:28:24la définition d'une grande entreprise,
00:28:26d'une entreprise puissante,
00:28:27d'une entreprise prospère,
00:28:28c'est quand même
00:28:28le chiffre d'affaires,
00:28:29Bernard.
00:28:30Et il me répond,
00:28:31non Philippe,
00:28:32non.
00:28:32la puissance d'une entreprise,
00:28:36sa prospérité,
00:28:37c'est la désirabilité.
00:28:40C'est tellement juste.
00:28:42Enfin,
00:28:42il y a la réalisation,
00:28:44la dernière phase,
00:28:45et je termine par là.
00:28:46La réalisation,
00:28:46c'est le travail.
00:28:48Et là,
00:28:48je raconte,
00:28:49si vous voulez,
00:28:51je raconte
00:28:51une anecdote,
00:28:53une conversation
00:28:54que j'ai surpris
00:28:54entre deux personnages importants,
00:28:57Raymond Barr,
00:28:57Premier ministre à l'époque,
00:28:58et François Michelin.
00:28:59Et donc,
00:29:02Raymond Barr plaint
00:29:03François Michelin,
00:29:04il dit,
00:29:05je vous plains
00:29:05parce que les jeunes,
00:29:06aujourd'hui,
00:29:07le goût du travail,
00:29:07etc.,
00:29:08la sueur au front,
00:29:09les horaires,
00:29:11la discipline,
00:29:11tout ça,
00:29:12c'est fini.
00:29:13Et François Michelin dit,
00:29:14mais attendez,
00:29:15Monsieur le Premier ministre,
00:29:16c'est quoi votre définition du travail ?
00:29:19Et il dit,
00:29:19ben c'est ça,
00:29:20la sueur au front,
00:29:22la disponibilité,
00:29:23le dévouement,
00:29:24etc.
00:29:26Et François Michelin dit,
00:29:27non,
00:29:27c'est pas ça,
00:29:28le travail.
00:29:29Alors Raymond Barr lui dit,
00:29:30et vous,
00:29:30Monsieur Michelin,
00:29:31vous dites quoi alors ?
00:29:32C'est quoi le travail pour vous ?
00:29:33Il dit,
00:29:33pour moi,
00:29:34le travail,
00:29:34c'est faire une œuvre.
00:29:36Et là,
00:29:36il reprend la citation de Bernanos,
00:29:38qu'il connaissait bien,
00:29:39une société se meurt
00:29:40ou se perd
00:29:42quand elle substitue
00:29:43les moyens aux fins.
00:29:45Et il explique,
00:29:46vous comprenez,
00:29:46la sueur au front,
00:29:48c'est bien,
00:29:49les horaires,
00:29:50c'est bien,
00:29:51les efforts,
00:29:52les sacrifices,
00:29:53ce sont des moyens.
00:29:54Ce qui compte,
00:29:55c'est la fin.
00:29:56Et ça me fait penser
00:29:57qu'aujourd'hui,
00:29:59on est dans une société
00:30:00où on ne célèbre plus
00:30:02le travail,
00:30:04la production,
00:30:04le chef-d'œuvre.
00:30:05On célèbre la rente
00:30:06et la consommation.
00:30:08Et je vous dis,
00:30:08pour terminer,
00:30:10avec une seule phrase
00:30:11de conclusion,
00:30:13la France
00:30:14doit retrouver
00:30:15le plus vite possible
00:30:17le goût
00:30:19de célébrer
00:30:20ceux qui sont
00:30:21les créateurs
00:30:22de valeurs
00:30:22et ceux
00:30:24qui sont
00:30:24les créateurs
00:30:25de valeurs ajoutées.
00:30:27Et il faut
00:30:28revenir au mot
00:30:29de Peggy,
00:30:30l'aventurier moderne,
00:30:31le père de famille
00:30:32et l'entrepreneur créateur.
00:30:35Voilà pour le désir
00:30:36d'entreprendre,
00:30:37de créer.
00:30:38Il parlait
00:30:39de la joconde
00:30:39dans son analyse.
00:30:43Je voudrais
00:30:43qu'on revienne
00:30:43sur l'un des temps forts
00:30:44avec vous
00:30:45de ce début d'année,
00:30:47de cette fin d'année
00:30:47de 2025,
00:30:48ce début de saison.
00:30:50C'est bien sûr
00:30:51le Louvre.
00:30:51Dimanche 19 octobre,
00:30:54les bijoux de la Coronne
00:30:55sont dérobés.
00:30:56C'est le casse du siècle
00:30:57traité dans le monde entier.
00:31:00Et Philippe Devilliers
00:31:01va nous parler
00:31:01non pas seulement
00:31:03de ce casse,
00:31:06il va revenir
00:31:07sur le symbole.
00:31:08C'est-à-dire qu'on s'attaque
00:31:09au musée
00:31:10le plus visité au monde.
00:31:12On s'attaque
00:31:12à peut-être
00:31:13ce que les Français
00:31:14imaginaient
00:31:14l'endroit le plus sécurisé
00:31:15de France.
00:31:17Et c'est peut-être
00:31:18là aussi
00:31:19un symbole
00:31:19de ce patrimoine
00:31:20qui s'effondre.
00:31:22Sur le budget
00:31:23du ministère de la Culture,
00:31:24seulement 13%
00:31:25est alloué
00:31:25à la protection
00:31:26du patrimoine.
00:31:29Le casse
00:31:30du Louvre
00:31:31fusionne
00:31:34les deux angoisses
00:31:36nationales,
00:31:39l'insécurité française
00:31:42et le déclin
00:31:43de la France
00:31:43dans l'esprit
00:31:45des Français
00:31:45et aussi
00:31:46des étrangers.
00:31:49Que de malheurs
00:31:50qui se sont abattus
00:31:52sur notre patrimoine.
00:31:54Le dernier malheur
00:31:55c'est une grenouille
00:31:56géante,
00:31:57gonflable,
00:31:58place Vendôme,
00:32:00postérieure
00:32:01à disposition
00:32:03du plug anal
00:32:05qui va peut-être
00:32:05revenir.
00:32:06C'est effrayant.
00:32:09Et alors
00:32:09les artistes
00:32:10contemporains,
00:32:12les autorités
00:32:13culturelles
00:32:14nous expliquent
00:32:14c'est de l'art.
00:32:18C'est normal
00:32:18que vous ne compreniez pas
00:32:19les ploucs
00:32:21que nous sommes.
00:32:24Mais quel symbole ?
00:32:27Alors
00:32:28on a eu
00:32:31notre lame incendiée,
00:32:34le loup fracturé.
00:32:37Il ne faut pas oublier
00:32:38la cérémonie des Jeux
00:32:39qui était quand même
00:32:39une allégorie
00:32:40de nos abaissements.
00:32:44Il ne faut pas oublier
00:32:45aussi une phrase célèbre
00:32:47que j'aurais rappelée
00:32:50du journaliste
00:32:51Jean-Michel Apathy
00:32:52qui n'en rate pas une
00:32:53pour se faire remarquer
00:32:55et qui a dit
00:32:56récemment
00:32:57il faudrait raser
00:32:59Versailles.
00:33:01Raser Versailles
00:33:02pour couper
00:33:03l'accès
00:33:04à la grandeur.
00:33:07Merci monsieur Apathy.
00:33:10On vous souhaite
00:33:11longue vie.
00:33:12Ensuite
00:33:13Yaël Braun-Pivet
00:33:17qu'est-ce qu'elle a dit
00:33:19en fait ?
00:33:20Elle a dit
00:33:20il faut taxer
00:33:21les patrimoines
00:33:21il faut taxer
00:33:22les biens
00:33:22des familles
00:33:23comme ça
00:33:25elles seront vendues
00:33:25aux enchères
00:33:26vendues à des étrangers
00:33:27aux élites mondialisées
00:33:30soyez les bienvenus
00:33:32qu'est-ce qui va rester
00:33:36demain
00:33:37dans notre héritage
00:33:39qu'on a ?
00:33:40Qu'est-ce qui va rester
00:33:40de notre patrimoine ?
00:33:42Qu'est-ce qui va rester
00:33:43de notre mémoire ?
00:33:44Qu'est-ce qui va rester
00:33:44de notre histoire ?
00:33:45Et moi je voudrais dire
00:33:46ici en quelques mots
00:33:47si j'en ai le temps
00:33:49pourquoi le patrimoine
00:33:51est une nécessité vitale
00:33:53pour reprendre
00:33:54votre expression
00:33:55et pourquoi
00:33:56pourquoi il est
00:34:00pourquoi il nous met
00:34:01en voisinage
00:34:04et en cousinage
00:34:05intime
00:34:05avec nous-mêmes ?
00:34:07En fait
00:34:07il faut plaindre
00:34:08les peuples
00:34:09qui n'ont plus d'histoire
00:34:10qui bradent leur mémoire
00:34:11qui bradent leur patrimoine
00:34:12pourquoi ?
00:34:13Parce qu'avoir une histoire
00:34:14réfléchissez-y
00:34:16Avoir une histoire
00:34:17c'est en avoir deux
00:34:18la grande et la petite
00:34:19Si vous perdez la grande
00:34:21vous perdez la petite
00:34:22Avoir une histoire
00:34:24c'est avoir deux vies
00:34:25La vie qu'on traverse
00:34:27et la vie qu'on reçoit
00:34:29La vie qu'on prolonge
00:34:30et la vie qui vous surplombe
00:34:32Il y avait à Sparte
00:34:33un hymne
00:34:35qui était une sorte
00:34:37d'abrégé
00:34:37de toute patrie
00:34:38Nous sommes
00:34:41ce que vous fûtes
00:34:42Nous serons
00:34:43ce que vous êtes
00:34:44C'est-à-dire que
00:34:45grâce à l'histoire
00:34:47on peut vivre
00:34:50deux vies
00:34:53en même temps
00:34:54Une vie
00:34:55par soi-même
00:34:56et une vie
00:34:57par procuration
00:34:58On va ailleurs
00:35:00que chez soi
00:35:00pour être encore
00:35:04chez soi
00:35:05On choisit
00:35:07de vivre
00:35:07dans un temps
00:35:08ne serait-ce qu'un instant
00:35:10qui n'est pas le sien
00:35:11On s'enrichit
00:35:13de l'expérience
00:35:14des autres
00:35:15C'est-à-dire qu'en fait
00:35:19on rit
00:35:22on pleure
00:35:23on souffre
00:35:24on grandit
00:35:25avec d'autres
00:35:28qui ne sont plus
00:35:31et qui vous incorporent
00:35:33à leurs infortunes
00:35:34à leurs tribulations
00:35:37à leurs incensions
00:35:38et dont les malheurs
00:35:41deviennent les nôtres
00:35:42si bien qu'en fait
00:35:43on apprend
00:35:44à gagner
00:35:46une meilleure connaissance
00:35:50des dédales
00:35:52de la trahison
00:35:53des dédales
00:35:54de la forfaiture
00:35:56des dédales
00:35:58de ces accomplissements
00:36:00sublimes
00:36:01qui font la civilisation
00:36:02C'est l'assise de la France
00:36:05qui tient à ce dépôt millénaire
00:36:08Ce dépôt millénaire
00:36:11en fait
00:36:11il existe
00:36:12autant
00:36:13par les millions
00:36:14d'hommes vivants
00:36:15que par les milliards
00:36:17d'hommes morts
00:36:18qu'on a sous les pieds
00:36:19et quand on est du même champ
00:36:20on est pour toujours
00:36:22du même temps
00:36:23et on finit
00:36:25par ressentir
00:36:26de façon presque
00:36:29tellurique
00:36:29quand on marche
00:36:34sur
00:36:36les bouquets fanés
00:36:39des dépouilles
00:36:41de nos souvenirs
00:36:41enfouis
00:36:42des sensations
00:36:45étranges
00:36:47d'ivresses anciennes
00:36:50qui revivent en nous
00:36:51comme si la mémoire fluide
00:36:53d'un passé
00:36:55au ton vif
00:36:56coulait encore
00:36:57dans nos veines
00:36:58et donc je dis ceci
00:37:01notamment aux jeunes gens
00:37:02aux jeunes français
00:37:04couraient après
00:37:05l'histoire de France
00:37:06l'histoire
00:37:07est un principe
00:37:08de rajeunissement
00:37:09perpétuel
00:37:10la France
00:37:12est un être
00:37:13physique
00:37:14et moral
00:37:15la France
00:37:16est une personne
00:37:17disait Michelet
00:37:18la France
00:37:20a une âme
00:37:21et il ne faut pas
00:37:22ajouter
00:37:22au populicide
00:37:24qui consiste
00:37:27à tuer un peuple
00:37:28un matricide
00:37:29si vous me permettez
00:37:30le néologisme
00:37:31qui consiste
00:37:32à tuer
00:37:32une mère patrie
00:37:33il y a quelqu'un
00:37:37qui a dit tout ça
00:37:38beaucoup mieux que moi
00:37:39qui s'appelle
00:37:39Romain Garry
00:37:40vous savez
00:37:41qui disait
00:37:41je n'ai pas une goutte
00:37:42de sang français
00:37:43mais la France
00:37:43coule dans mes veines
00:37:44et il racontait
00:37:45comment sa mère
00:37:45lui lisait
00:37:46des histoires
00:37:47tous les soirs
00:37:47tous les soirs
00:37:48tous les soirs
00:37:49et il dit
00:37:49il faut donner
00:37:51à chaque petit français
00:37:52la grande histoire
00:37:53et les petites histoires
00:37:54qui font la grande
00:37:55pourquoi ?
00:37:57parce qu'un enfant
00:37:58a besoin
00:38:00d'éblouissement
00:38:01pour garder
00:38:03l'esprit d'enfance
00:38:04et là aussi
00:38:05le combat pour les valeurs
00:38:06le combat pour
00:38:07perpétuer ce patrimoine
00:38:08le protéger
00:38:09le magnifier
00:38:10c'est un combat essentiel
00:38:11pour Philippe de Lillier-Goffrand
00:38:12oui c'est
00:38:13cinq ou six décennies
00:38:14de combats
00:38:16sur les mêmes sujets
00:38:17toujours
00:38:17je peux juste préciser
00:38:18une chose
00:38:19je reçois beaucoup
00:38:20beaucoup de messages
00:38:20depuis le début de l'émission
00:38:21de gens qui me disent
00:38:22mais qu'est-ce qui se passe
00:38:23où est-il
00:38:23il est caché
00:38:24c'est vrai qu'on avait annoncé
00:38:25qu'il serait là cette semaine
00:38:26donc forcément
00:38:27il a décidé de revenir
00:38:28mais évidemment
00:38:29mais il faut juste dire
00:38:30qu'il va bien
00:38:30il est en pleine forme
00:38:31il nous regarde
00:38:32et il est en pleine forme
00:38:33on l'aille au téléphone
00:38:34vous recevez ces messages
00:38:36alors chers téléspectateurs
00:38:37si vous nous rejoignez
00:38:38à 19h38
00:38:39très précisément
00:38:40je plisse les yeux
00:38:41parce que je n'ai pas mis
00:38:41mes lunettes
00:38:42nous sommes en train
00:38:44de faire
00:38:45ce qu'on fait
00:38:45souvent pendant
00:38:46les périodes de vacances
00:38:47et notamment
00:38:49la période estivale
00:38:50ou alors celle de Noël
00:38:51c'est à dire
00:38:51qu'on vous propose
00:38:53parce que vous avez fait
00:38:54de cette émission
00:38:54un rendez-vous
00:38:55les plus grands moments
00:38:56de cette première partie
00:38:58de saison
00:38:58de face
00:38:59à Philippe De Villiers
00:39:01dans une France
00:39:02où les crises s'enchaînent
00:39:03où les français
00:39:04pour 80% d'entre eux
00:39:05considèrent que le pays
00:39:06est en déclin
00:39:07que le pouvoir
00:39:07n'est plus tenu
00:39:09on s'est posé
00:39:10on s'est posé cette question
00:39:10en début de saison
00:39:11qu'est-ce qu'un chef
00:39:13c'est quoi un chef
00:39:14réponse de Philippe De Villiers
00:39:16alors qu'est-ce qu'un chef
00:39:18d'abord un chef
00:39:20c'est pas le titre
00:39:22ou la fonction
00:39:24qui font le chef
00:39:26qui le définissent
00:39:27c'est pas parce qu'on est
00:39:29chef d'état
00:39:30qu'on est chef
00:39:31d'ailleurs
00:39:33De Gaulle
00:39:35dans ses mémoires
00:39:36de guerre
00:39:36je crois
00:39:36fait allusion
00:39:38à Albert Lebrun
00:39:39président
00:39:42de la Troisième République
00:39:43qui nous a emmenés
00:39:44à la guerre
00:39:44particulièrement médiocre
00:39:47et De Gaulle dit
00:39:49en fait deux choses
00:39:52lui ont manqué
00:39:53qu'il fut un chef
00:39:58et qu'il y est un état
00:39:59et donc en fait
00:40:02et Clémenceau avait dit
00:40:04plus tôt
00:40:06il y a deux organes inutiles
00:40:11dans l'état
00:40:11la
00:40:14prostate
00:40:18et la présidence
00:40:19de la République
00:40:20donc en fait
00:40:24un chef
00:40:24un vrai chef
00:40:25il a
00:40:27trois qualités
00:40:29éminente
00:40:30la première qualité
00:40:33éminente
00:40:34c'est la vision
00:40:34le chef
00:40:38voit
00:40:39avant les autres
00:40:41le chef
00:40:43voit
00:40:44loin
00:40:44plus loin
00:40:45le chef
00:40:46voit
00:40:48haut
00:40:49plus haut
00:40:50le chef
00:40:51voit ce que les autres
00:40:52ne voient pas
00:40:53un chef d'état
00:40:55un vrai chef d'état
00:40:56ne subit pas
00:40:58le temps
00:40:58il le sculpte
00:41:00un vrai chef d'état
00:41:01ne dit pas
00:41:02comme nos politiciens
00:41:03aujourd'hui
00:41:04la politique consiste
00:41:06à rendre
00:41:06nécessaire
00:41:10ce qui est possible
00:41:11mais l'inverse
00:41:13la politique consiste
00:41:14à rendre possible
00:41:15ce qui est nécessaire
00:41:16un vrai chef d'état
00:41:18un vrai chef
00:41:19on mesure
00:41:23son autorité
00:41:25et sa valeur
00:41:26à la hauteur
00:41:29qu'il impose
00:41:31à son peuple
00:41:32dans son coeur
00:41:34dans son esprit
00:41:35un chef
00:41:37il crée
00:41:37un chef
00:41:38il anticipe
00:41:39il crée
00:41:41il anticipe
00:41:43il a toujours
00:41:44un coup d'avance
00:41:45un chef d'entreprise
00:41:47par exemple
00:41:47il va essayer
00:41:48de définir
00:41:49d'imaginer
00:41:49un produit
00:41:50ou un service
00:41:51qui le met
00:41:52à l'abri
00:41:52du meilleur
00:41:53qui le guette
00:41:56pour l'avaler
00:41:56à partir
00:41:59d'un
00:42:00aphorisme
00:42:01de Steve Jobs
00:42:02que vous connaissez
00:42:02peut-être
00:42:03le
00:42:05graal
00:42:06du stratège
00:42:07c'est
00:42:09l'avantage
00:42:09concurrentiel
00:42:10inimitable
00:42:11mais
00:42:13le chef
00:42:14de guerre
00:42:14lui-même
00:42:15anticipe
00:42:17et crée
00:42:18exemple
00:42:19Jeanne d'Arc
00:42:20en juin
00:42:221429
00:42:24tous ses capitaines
00:42:26disent
00:42:26il faut aller en Normandie
00:42:27parce que la Normandie
00:42:28est occupée
00:42:29il faut
00:42:30maintenant qu'on a
00:42:31délivré Orléans
00:42:31en finir
00:42:32avec la libération
00:42:34de tout le territoire
00:42:35français
00:42:36et elle a dit
00:42:36non c'est pas ça
00:42:37qu'il faut faire
00:42:37toute seule
00:42:39elle dit
00:42:40le dauphin
00:42:41recevra
00:42:42plus de force
00:42:43d'une seule goutte d'huile
00:42:45que de 10 000 lances
00:42:47il faut aller à Reims
00:42:48ça c'est un coup de génie
00:42:52le chef crée
00:42:54le chef a un coup d'avance
00:42:55c'est pour ça qu'on lui fait confiance
00:42:56en fait
00:42:56le chef a une vision historique
00:42:58derrière la
00:43:00la foudre de l'épée
00:43:02il y a la lumière de l'esprit
00:43:04de Gaulle disait
00:43:06dessous
00:43:07les visions d'Alexandre
00:43:12les victoires d'Alexandre
00:43:13il y a toujours Aristote
00:43:15en fait
00:43:17la deuxième qualité du chef
00:43:19c'est le
00:43:19la force du caractère
00:43:21la force du caractère
00:43:23c'est la constance
00:43:24dans l'adversité
00:43:25un chef avale
00:43:27les creux et les bosses
00:43:29d'une égale humeur
00:43:30ensuite c'est
00:43:32la solitude
00:43:33la solitude du chef
00:43:34le chef qui marche
00:43:35sur la cime
00:43:36il est seul
00:43:37il est seul le chef
00:43:39et puis surtout le courage
00:43:43et je repense
00:43:45au fameux discours d'Harvard
00:43:47le déclin du courage
00:43:48de Solzhenitsyn
00:43:49qui dit
00:43:49il y a trois formes de courage
00:43:51le courage
00:43:52de
00:43:52voir
00:43:54le chef doit voir
00:43:57par exemple aujourd'hui
00:43:58je cite Solzhenitsyn
00:44:00que le
00:44:02système occidental
00:44:03va vers son état
00:44:05ultime
00:44:06d'épuisement
00:44:06spirituel
00:44:07s'il ne le voit pas
00:44:10il ne fera rien
00:44:11pour corriger
00:44:14le tir
00:44:14ensuite
00:44:16le courage
00:44:17de dire
00:44:17le chef
00:44:18il est comme les rameurs
00:44:20il faut gagner à la rive
00:44:24comme les rameurs
00:44:25en lui tournant le dos
00:44:26le chef
00:44:26il est dans le
00:44:27il est à contre-pente
00:44:28il est dans le contre-temps
00:44:30il est à contre-courant
00:44:32il n'est pas dans le langage commun
00:44:34et en fait
00:44:35le courage de faire
00:44:36le courage de faire
00:44:38parce que le chef
00:44:39se laisse habiter
00:44:40par le souci exclusif
00:44:42du bien commun
00:44:44en disant ça
00:44:49je repense
00:44:50au maître de Santiago
00:44:51qui
00:44:54oppose
00:44:56la pureté
00:44:57à la fortune
00:44:58et qui m'origène
00:45:00les chevaliers
00:45:01de Saint-Jacques
00:45:02en leur disant
00:45:04ceci
00:45:04homme de terre
00:45:06chevalier
00:45:07de terre
00:45:08bien sûr
00:45:09nous savons tous
00:45:10qu'à la fin
00:45:12les valeurs nobles
00:45:12sont toujours défaites
00:45:14l'histoire
00:45:18n'est jamais
00:45:19que le récit
00:45:20de leur défaite
00:45:23renouvelée
00:45:24mais il ne faut pas
00:45:26que ce soit
00:45:27ceux-mêmes
00:45:28qui ont
00:45:29la charge
00:45:30de les défendre
00:45:31qui les mine
00:45:32la troisième qualité
00:45:37du chef
00:45:37la plus mystérieuse
00:45:38et qui ne s'apprend pas
00:45:41c'est le magnétisme
00:45:43le chef
00:45:44en fait
00:45:44il est
00:45:47entouré
00:45:50par le peuple
00:45:51par la troupe
00:45:51qui le regarde
00:45:52et qui
00:45:55ne cherche pas
00:45:56en lui
00:45:56mais ne trouve pas
00:45:57en lui
00:45:58un despote
00:45:58mais un dépositaire
00:46:01c'est
00:46:04c'est là
00:46:06une mystérieuse
00:46:08alchimie
00:46:08par laquelle
00:46:09un homme
00:46:10attire
00:46:11agrège
00:46:12des volontés
00:46:13des esprits
00:46:14et des cœurs
00:46:15et en fait
00:46:17en répondant
00:46:18à cette question
00:46:19qu'est-ce qu'un chef
00:46:20je me dis que
00:46:22un chef
00:46:23il doit
00:46:24relire
00:46:25le testament
00:46:25politique
00:46:26de Richelieu
00:46:26et notamment
00:46:27cette phrase
00:46:28qui m'a toujours frappé
00:46:30ceux qui sont
00:46:32dans le ministère
00:46:33de l'état
00:46:33doivent imiter
00:46:35les astres
00:46:36qui
00:46:39nonobstant
00:46:40les aboiements
00:46:41des chiens
00:46:42ne laissent pas
00:46:43de les éclairer
00:46:44voilà pour
00:46:46l'analyse
00:46:47du chef
00:46:48qu'est-ce qu'un chef
00:46:48et la réponse
00:46:49de Philippe De Villiers
00:46:50qui vient de m'envoyer
00:46:51un message
00:46:52je vous regarde
00:46:53bien sûr
00:46:54il a intérêt
00:46:55à être bon
00:46:55le Philippe
00:46:56envoyé
00:46:5819h47
00:46:59sur CNews
00:47:00on poursuit
00:47:01les meilleurs moments
00:47:02de face
00:47:03à Philippe De Villiers
00:47:04parmi les meilleurs moments
00:47:06de ce début de saison
00:47:07et là
00:47:08je regarde
00:47:08vraiment
00:47:09la caméra
00:47:10et je vous regarde
00:47:11également vous
00:47:12Geoffroy
00:47:12parce que je pense
00:47:13à l'événement
00:47:14qu'il y a eu
00:47:15au Dôme de Paris
00:47:15que vous avez organisé
00:47:16qui s'appelle
00:47:17Face à vous
00:47:17pour la première fois
00:47:19des milliers de français
00:47:21ont pu retrouver
00:47:23des intellectuels
00:47:24des politiques
00:47:24et des journalistes
00:47:26de CNews
00:47:26d'Europe 1
00:47:27et du GDD
00:47:28lors d'une soirée
00:47:29événement
00:47:30effectivement
00:47:31Philippe De Villiers
00:47:32y a participé
00:47:33mais dans cette soirée-là
00:47:35le moment le plus émouvant
00:47:38ça a été bien sûr
00:47:39la déclaration
00:47:40et l'ovation
00:47:41accordée
00:47:41d'abord à Charlotte Dornelas
00:47:43et ensuite bien sûr
00:47:45à Harmonie Comine
00:47:47revoyons cette séquence
00:47:48c'était le 28 novembre dernier
00:47:50Harmonie Comine
00:47:51vous êtes
00:47:52mère de famille
00:47:53femme d'un homme
00:47:55gendarme
00:47:56qui a été tué
00:47:56le 26 août 2024
00:47:58dans les Alpes-Maritimes
00:47:59fauchée par un chauffard
00:48:01multirécidiviste
00:48:02après un refus
00:48:03d'obtempérer
00:48:04et vous êtes aussi
00:48:05une française
00:48:06engagée
00:48:07qui n'a pas hésité
00:48:07à prendre
00:48:08et reprendre
00:48:09la parole
00:48:09pour faire évoluer
00:48:10la réponse pénale
00:48:11et ainsi mieux protéger
00:48:13ceux qui le méritent
00:48:15et merci infiniment
00:48:16d'être là ce soir
00:48:17merci à vous
00:48:20merci à vous
00:48:21merci à vous
00:48:23Applaudissements.
00:48:53C'est vrai que c'était très émouvant.
00:49:07Oui, de le revoir aussi.
00:49:09Et un peu dur de revoir ces images, oui.
00:49:11Vous l'avez croisé, vous racontez dans Populicide que vous l'avez rencontré cet été à Harmonie Comine.
00:49:15Qu'est-ce que vous avez à lui dire, Philippe ?
00:49:17C'était un moment captivant, déchirant.
00:49:25Quel courage !
00:49:27Quelle force d'âme !
00:49:31Et 4000 personnes qui sont à l'unisson et qui portent une douleur inextinguible, une souffrance infinie.
00:49:39La souffrance infinie d'une femme qui raconte et d'une épouse qui accuse et qui commence par s'excuser.
00:49:56Elle avait dit, la France a tué mon mari.
00:50:00Et elle dit, pardon, j'aurais voulu dire, l'État français a tué mon mari.
00:50:04Non, pas pardon.
00:50:07Non, moi je retiens la première formule, c'est la meilleure.
00:50:11Parce que, elle a ainsi interpellé une France somnolente.
00:50:17Une France insouciante.
00:50:20Une France ignorante.
00:50:25Et ce qu'elle a fait mardi soir, c'est très important.
00:50:33Elle a brisé le mur de silence.
00:50:36Le mur du silence est tombé.
00:50:40Le mur du silence, il est tombé parce qu'elle et d'autres femmes,
00:50:46songez que dans la même semaine, on a eu deux femmes remarquables,
00:50:49Harmonie Comine et la maman d'Elias, chez Sonia Mabrouk,
00:50:54qui ont brisé le mur du silence.
00:50:58Et on comprend la panique du pouvoir et du système de la société de connivence.
00:51:06Pourquoi ?
00:51:07Parce que jusqu'à présent, il y avait une convention qui était respectée
00:51:11avec les chiens de garde.
00:51:15La convention était la suivante.
00:51:18Quand il vous arrive un drame, vous gardez ça pour vous.
00:51:22Vous vous renfermez.
00:51:24Et vous pleurez tout seul.
00:51:26Ah si, vous pouvez faire une chose.
00:51:29Participez au rituel.
00:51:30Marche blanche.
00:51:32Ah oui, ça va oui.
00:51:33Marche blanche.
00:51:34Silence, marche blanche.
00:51:36Riposte des bougies.
00:51:37Riposte des peluches.
00:51:39Peluches.
00:51:41Et puis, surtout, vous dites, tu n'auras pas ma haine.
00:51:45C'est-à-dire qu'on traite ça comme le réchauffement climatique.
00:51:50Un slogan.
00:51:55Et pourquoi tout ça ?
00:51:58Vous savez très bien, vous.
00:52:00Parce qu'il ne faut pas qu'il y ait de récupération.
00:52:02Parce que si tout à coup, les victimes se mettent à dire, ce n'est pas un fait divers, c'est un fait de société, ça change tout.
00:52:16Quand la maman d'Elias raconte, non, le journal Le Monde vous mentait.
00:52:30Il n'a pas été tué avec un couteau, il a été tué avec une machette.
00:52:33Donc, elle désigne la tropicalisation des mœurs de la France d'aujourd'hui.
00:52:39C'est intéressant que les familles de victimes s'expriment parce qu'elles rectifient les faits aux grands dames de la société de connivence qui est la société du mensonge d'État.
00:52:51Et donc, en fait, toutes ces femmes, toutes ces mères, la maman de Philippine, la maman de Lola, qui ont décidé de se lever depuis quelques mois,
00:53:06elles sont dans l'oblation admirable, l'oblation civique.
00:53:11Pourquoi ? Parce qu'en fait, elles disent, par exemple, la maman d'Elias, elle dit, lisez le rapport de septembre 2025, je l'ai lu.
00:53:22Ils expliquent, par exemple, qu'un des deux criminels est parti en réinsertion au Togo pendant dix mois.
00:53:29Non, mais il se fout de notre gueule.
00:53:32Et donc, en fait, toutes ces femmes, elles sont admirables, elles sont des héroïnes.
00:53:36Parce qu'au lieu de garder leur douleur pour elles, soit sage ou ma douleur, étiens-toi, bien tranquille,
00:53:43elles vont sur le forum et elles disent, maintenant, on vous demande des comptes pour qu'il n'y ait plus d'autres Philippines, d'autres Elias.
00:53:51D'autres, Eric Comyn.
00:53:53Et donc, elles interpellent les pouvoirs publics et elles disent à la puissance publique, cessez d'être l'impuissance publique.
00:54:00Redevenez l'état régalien pour lequel on vous a confié notre sécurité et la promesse de notre protection.
00:54:11Jean-François Lejeune, peut-être revenir sur l'un des moments de votre année et cet événement face à vous que vous avez organisé au Dôme de Paris ?
00:54:19De la nôtre. Déjà, c'est l'occasion de rendre hommage à quelqu'un qu'on ne voit pas mais qui est très utile à cette émission, c'est Baptiste.
00:54:24Baptiste, c'est la personne qui est conduite, qui accompagne Philippe ici.
00:54:27C'est grâce à lui que Philippe est à l'heure. Il s'occupe de Philippe quand Philippe est ici.
00:54:31Et ce jour-là, Philippe devait être en retard. Il était censé avoir un quart d'heure de retard et il commençait la soirée.
00:54:35Donc, c'était une catastrophe. Grâce à Baptiste, il a été à l'heure et il a fait cette prestation extraordinaire.
00:54:40Et quand on était, on était d'ailleurs tous les deux ensemble derrière la scène.
00:54:43Et le grand rabbin Reine Corsia qui suivait Philippe de Villiers m'a dit « Je demande un contrôle antidopage ».
00:54:49Et ayant une pensée également pour Harmonie Comine ainsi que son mari, le gendarme Comine.
00:54:58Une dernière séquence. Une dernière séquence à présent puisque l'année 2026, l'année 2025 s'achève et celle de 2026 est incertaine en matière de conflits.
00:55:08Et la menace, visiblement, de guerre qui se dessine. Alors, est-ce que c'est de l'alarmisme ? Certains le disent.
00:55:15Il y a eu cette déclaration du général Mandon, vous savez, le chef d'état-major des armées, qui, il y a un mois, expliquait qu'il fallait se préparer à une guerre
00:55:24et accepter de perdre des enfants. Et Philippe de Villiers a répondu au général Mandon.
00:55:31Alors, il faut la remettre dans un contexte. Si vous voulez, on va prendre les jours de la semaine.
00:55:37Lundi, on a à Villakoublet la signature de la lettre d'intention pour vendre, vendre, entre guillemets, à l'Ukraine sans rafale.
00:55:50Bon. Emmanuel Macron, Zelensky. Bien. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'en fait, on adopte un statut de belligérance extrêmement grave.
00:55:58Mais surtout, surtout, en fait, qui va payer ? On a déjà payé 21 milliards à l'Ukraine. Les Français ne savent pas ça.
00:56:05Ça n'a pas été voté. 21 milliards. Et là, vous pouvez calculer 100 rafales, sachant qu'on a 105 rafales.
00:56:15Donc, on va se dépouiller, on va prélever, ou alors on va fabriquer. Bon. Tout ça est obscur.
00:56:23Le mardi, on a la déclaration du général Mandon. Voilà. C'est une honte. C'est une honte. Et je vais vous dire pourquoi.
00:56:34Il y a un double paradoxe.
00:56:36Aujourd'hui, il nous dit la force d'âme, c'est de s'occuper de l'Ukraine. Moi, je dis la force d'âme, c'est de s'occuper de la France.
00:56:46La force d'âme, c'est de s'occuper de l'indépendance de l'Ukraine, de la frontière ukrainienne, de la souveraineté ukrainienne, de l'identité ukrainienne, de la dépendance ukrainienne.
00:56:55Non. Non. Moi, je veux m'occuper de la France, de l'indépendance de la France, de la frontière française, de la souveraineté française.
00:57:10Deuxième paradoxe. Il veut envoyer nos enfants se faire tuer. Mais nos enfants, ils se sont déjà tués dans les banlieues.
00:57:20Philippine, ça te dit quelque chose, non ?
00:57:25Elias, Thomas, Matisse.
00:57:31C'est-à-dire que chez nous, on a le terroriste, on a une guerre déjà chez nous.
00:57:35Et vous voulez l'exporter ailleurs, la guerre ? Ou en Ukraine ? Ça ne nous dit rien, l'Ukraine.
00:57:40Parce que vous ne voulez pas qu'on parle de la Seine-Saint-Denis.
00:57:43Alors vous voulez nous emmener mourir au Donbass ?
00:57:46C'est une honte.
00:57:48Voilà. Et ensuite, le jour d'après, on a quoi ?
00:57:53On a le kit. Vous voyez ? Le kit anxiogène.
00:57:57Où on nous explique que si tu vas aux toilettes, il ne faut pas prendre du papier journal, il faut prendre du papier de soie.
00:58:02Vous avez vu le truc incroyable. On n'y avait pas pensé.
00:58:05Ils se foutent de notre gueule.
00:58:07Et enfin, ce que vous ne savez pas, j'aurais pu l'apporter.
00:58:10Le 31 octobre dernier, il y a un décret qui a été signé par le Premier ministre et le ministre de la Défense.
00:58:19Ce décret prévoit la légalisation de l'utilisation de sociétés militaires privées à l'image des sociétés militaires privées américaines qui sont intervenues en Irak.
00:58:30Tout ça pour intervenir en Ukraine. C'est quoi ? C'est des mercenaires. On paye des mercenaires. Personne ne sait. Ce décret est passé inaperçu, sauf de moi.
00:58:40Or, ce décret pose deux problèmes et je terminerai par là. Premier problème, on engage un conflit avec une puissance nucléaire par procédure administrative.
00:58:57Vous voyez la gravité ? Et deuxièmement, c'est la privatisation rampante de la politique étrangère de la France.
00:59:04C'est-à-dire que c'est la diplomatie militaire par l'intermédiaire de sociétés privées de mercenaires qui gagnent du fric sur le dos des contribuables.
00:59:14Qui en a parlé de ça ? Voilà. Donc c'est une honte. Ce général, il faut qu'il démissionne. Il est pire que le général Gamelin.
00:59:24Il veut nous emmener à la guerre. Il veut nous faire tuer avec son chef, le chef suprême, parce qu'ils sont tellement paniqués.
00:59:33Parce qu'ils ne savent plus quoi faire pour rattraper les Français. Et pour rattraper les Français, ils veulent nous emmener en guerre en Ukraine.
00:59:40Alors que moi, je dis, mais la Russie ne veut pas nous faire la guerre. Et il faudra bien qu'un jour, on se réconcilie, comme le font les Américains avec les Russes.
00:59:49Il faudra qu'on parle avec les Russes. Donc c'est absurde de couper l'Europe en deux et de jeter la Russie dans les bras de la Chine.
00:59:55Ayant un peu de sens géopolitique, prenons la bonne hauteur.
01:00:00Et il faut se débarrasser de ce président de la République qui a perdu la raison.
01:00:05Et je précise, lorsque cette séquence, car je connais les âmes chagrines, maintenant à l'Elysée,
01:00:10parle de débarrasser politiquement, bien sûr.
01:00:13Voilà pour la parole libre de Philippe Devilliers.
01:00:16Une parole qui, évidemment, percute, percute les cœurs et les pensées, parfois.
01:00:20Vous l'avez modéré en direct.
01:00:21Il embrasse bon nombre de personnes.
01:00:22Vous l'avez modéré en direct.
01:00:23Et parfois, il s'auto-modère.
01:00:25Oui, c'est nouveau, ça.
01:00:26C'est la nouveauté. On vous embrasse chaleureusement.
01:00:29Dans un instant, c'est l'heure des Pro 2.
01:00:31Et encore un grand merci de faire de cette émission un rendez-vous chaque vendredi soir.
01:00:37A tout de suite.
01:00:37Merci d'avoir regardé cette émission.
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