- il y a 3 mois
Aujourd'hui, la Chine est sans conteste la championne des technologies d'avenir, des énergies renouvelables aux voitures électriques en passant par l'IA, l'aérospatial, ou la robotique. Et les chiffres donnent le vertige : l'empire du milieu contrôle 90% des cellules photovoltaïques, 80% des batteries, 66% des voitures électriques, 60% des éoliennes, la moitié des réacteurs nucléaires en construction. Comment expliquer que l'Europe se soit laissé doubler ? Le match est-il déjà plié ? Réponses avec Patrice Geoffron, professeur à l'Université Paris-Dauphine et membre du Cercle des économistes. Justement certaines pépites tricolores osent tenir tête à la Chine. C'est le cas de Voltec Solar en Alsace qui propose des panneaux photovoltaïques 100% made in France. Enfin le domaine des voitures électriques est un secteur hautement stratégique, et le champion Chinois BYD a beaucoup d'ambitions pour l'Europe. Explications avec Dorothée Bonnassies, la directrice générale de BYD France. Année de Production :
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00:01Pourvu que ça dure avec le groupe Caisse des dépôts.
00:04Engagés au cœur des territoires pour accélérer la transformation écologique
00:08et contribuer à une vie meilleure pour toutes et tous.
00:43Bonjour, nouveau numéro de Pourvu que ça dure, l'émission qui rend les co-responsables sur Public Sena.
00:48Aujourd'hui, on vous parle de la Chine championne des technologies d'avenir,
00:51des énergies renouvelables aux voitures électriques,
00:54en passant par l'intelligence artificielle, l'aérospatiale ou encore la robotique.
00:58Et là franchement, les chiffres donnent le vertige.
01:00A lui seul, l'empire du milieu contrôle, tenez-vous bien,
01:0290% des cellules photovoltaïques, 80% des batteries, 66% des voitures électriques et 60% des éoliennes.
01:10Alors pourquoi cette domination sans partage ?
01:12Et comment expliquer que l'Europe se soit laissée distancée ?
01:15Le match est-il déjà plié ? Réponse dans quelques instants.
01:19Et bien justement, certaines pépites tricolores osent tenir tête à la Chine.
01:22C'est le cas de Voltex Solar en Alsace qui propose des panneaux photovoltaïques 100% médias de France.
01:27Vous verrez.
01:28Enfin, le domaine des voitures électriques est un secteur bien sûr hautement stratégique.
01:33Et bien le champion chinois BYD a beaucoup d'ambition pour l'Europe.
01:37Entretien avec sa patronne France, Dorothée Bonassi, en fin d'émission.
01:43Pourquoi cette mainmise de la Chine sur les technologies d'avenir ?
01:46Et puis comment réagir nous, Européens ?
01:49Réponse avec vous Patrice Joffron, bonjour.
01:50Bonjour David.
01:51Merci d'être avec nous sur Public Sénat.
01:53Professeur à l'Université Paris-Dauphine, membre du Cercle des économistes.
01:56C'est vrai que la puissance de la Chine dans ses technologies d'avenir, technologies vertes,
02:01selon vous, on en a parlé un peu ensemble, elle tient au fait qu'elle contrôle la Chine,
02:05toute la chaîne, à la fois en amont des matières premières jusqu'aux produits finis.
02:09C'est ça vraiment la stratégie, le nerf de la guerre, de la technologie ?
02:13C'est de maîtriser tout de A à Z ?
02:17Oui, c'est une de ses forces.
02:19On parle beaucoup d'un certain nombre de minerais critiques, des terres rares, etc.
02:22Mais en fait, la réalité, c'est qu'on a une chaîne de valeurs qui va des minerais,
02:27de la capacité à les transformer, de la capacité à les intégrer dans des équipements,
02:31et évidemment jusqu'aux produits finis.
02:33Il faut savoir que les Chinois ont pris leur élan.
02:36On est en 2026, donc vient de s'achever le plan Chine 2025,
02:40qui a été conçu il y a une dizaine d'années,
02:42qui devait conduire à l'endroit où se trouve la Chine à l'heure actuelle.
02:45Elle est exactement là où elle voulait être.
02:47Exactement, peut-être même un peu au-delà.
02:48C'est-à-dire avec la volonté de passer d'une industrie très manufacturière,
02:54reposant sur des technologies qui n'étaient pas les plus avancées,
02:57dans des domaines qui ne présentaient pas le plus de valeurs ajoutées,
03:00à la capacité à aller jusqu'à des véhicules électriques extrêmement innovants,
03:05peut-être plus que leurs concurrents américains et européens.
03:08Ces matières premières, elles sont vraiment stratégiques ?
03:10Elles sont à l'origine de leurs projets ?
03:13Alors, ces matières premières, elles font partie en tout cas des leviers
03:17qui sont activés aujourd'hui par la Chine,
03:18dans le cadre en particulier du conflit et des tensions avec les États-Unis.
03:22De quelles matières premières on parle précisément ?
03:24Alors, on peut parler à la fois de choses très étranges,
03:28les terres rares, ces 17 minerais qu'on ne connaît pas de fait,
03:34qui ne représentent d'ailleurs pas économiquement des grands marchés.
03:37On parle de quelques milliards, mais qui sont difficilement substituables.
03:41Et pour laquelle la Chine a eu la capacité à extraire à peu près 60% de ses minerais de
03:46son sous-sol,
03:47mais elle est transformée à plus de 90%.
03:50En quoi ces métaux sont critiques ?
03:52Alors, ils sont critiques au sens où on va les trouver intégrés dans beaucoup d'équipements.
03:57On va parler pour l'essentiel, David, de ce qui fait la transition énergétique,
04:02mais également de ce qui fait le numérique et sa transition et ses développements,
04:07également de la défense.
04:08Sur les énergies renouvelables, la Chine, il faut le dire, a une longueur d'avance sur nous.
04:12Elle produit 60% des éoliennes et même 90% des cellules solaires.
04:17C'est l'exemple le plus criant, on va dire, du monopole chinois sur les technologies vertes.
04:21Alors, c'est un exemple, oui, qui est tout à fait spectaculaire,
04:25alors qu'il est d'autant plus que la Chine, de ce point de vue, vient de très loin.
04:29Historiquement, et c'est encore le cas assez largement aujourd'hui,
04:31c'est un pays avant tout charbonnier pour sa production d'électricité,
04:35mais c'est de moins en moins le cas.
04:37Et donc, sa capacité à déployer sur son marché intérieur ses équipements a été tout à fait remarquable.
04:42Il y a aussi le nucléaire, il faut qu'on en parle.
04:44Les chiffres sont vertigineux.
04:46Elle construit la Chine, la moitié des réacteurs actuellement en chantier sur la planète.
04:50Et là, on se dit, encore une fois, on se fait doubler aussi sur le nucléaire,
04:53alors qu'à la base, nous, Français et Européens, on était en avance.
04:57De fait, ce qu'on observe, c'est le besoin extraordinaire de plus d'électricité.
05:02C'est le cœur du modèle chinois de plus d'électricité en Chine.
05:07Et donc, la Chine a eu la capacité à déployer rapidement toutes les technologies de production électrique décarbonées.
05:15Donc, les renouvelables, on en a parlé, et le nucléaire est comme...
05:18Mais ils nous ont copié, encore une fois, les...
05:20Alors, on a eu plutôt des coopérations, voilà, et puis même des...
05:25Non, non, de fait, c'est un peu plus compliqué parce qu'on est tout de même dans des domaines
05:29extrêmement sensibles.
05:30Donc, la capacité à copier, en tout cas, à le dire dans ces termes directement,
05:33ne traduit pas exactement ce qu'est ce type d'industrie.
05:37Parce qu'il paraît qu'ils construisent plus vite et moins cher que nous, leur centrale.
05:39Alors, plus vite, moins cher, ça, il faut regarder.
05:42En tout cas, plus vite, à l'évidence, c'est le cas.
05:45Avec un même niveau de sûreté ?
05:46Non, sans quelques difficultés. Alors, le niveau de sûreté, après, il est très difficile à apprécier,
05:50à comparer aux standards, notamment de la France qui sont...
05:53Et de l'Europe, globalement, qui sont de fait très, très élevés.
05:57Mais en tout cas, c'est mis au service d'une stratégie d'électrification
06:02et qui pourra avoir son importance également en termes de technologie, de l'information.
06:05Les data centers, grosso modo, c'est des gros machins qui ont besoin de beaucoup d'électricité.
06:10Donc, ça va être un des facteurs, évidemment, du développement chinois à l'avenir.
06:13Patrice Joffron, évidemment, il faut qu'on parle des voitures électriques.
06:17La Chine dominent 70% du marché des batteries.
06:19On peut dire que là aussi, on s'est fait doubler ?
06:22On est en train de se faire doubler ?
06:23Alors, doubler, en tout cas, on se retrouve un peu à revers de ce qu'on a pu observer
06:28il y a 10 ans, il y a 15 ans dans notre domaine, par exemple, sur le TGV.
06:33Finalement, le TGV, qui est très largement déployé maintenant en Chine,
06:36est à partir de technologies européennes et on a eu, disons, des transferts de technologies
06:40et une avance européenne qui a permis le développement en Chine.
06:44Là, on est un peu à rebours.
06:45Et donc, il faut que l'Europe parvienne à transformer son industrie thermique
06:50qui était très puissante et notamment en Allemagne, avec une capacité assez inégalée dans ces domaines,
06:56et à changer de filière très rapidement et sous une concurrence qu'on n'avait pas anticipée.
07:04Donc, ils sont meilleurs que nous, technologiquement parlant, sur la voiture électrique ?
07:07De fait, en tout cas, pour ce qui est du rapport qualité-prix,
07:10je pense que les choses sont à peu près clairement établies.
07:12Sinon, on ne serait pas là en discuter.
07:14Si, de fait, il n'y avait pas une menace, s'il n'y avait pas de barrière à l
07:19'importation de véhicules chinois,
07:22de fait, on aurait une invasion, je ne sais pas si le terme est très approprié,
07:26mais en tout cas, une entrée assez massive.
07:28On a parlé des technologies vertes.
07:31Donc, on parle des technologies numériques plus classiques, j'ai envie de dire,
07:33l'intelligence artificielle, le quantique, les robots humanoïdes.
07:38Et on comprend bien, quand on voit ce qui se passe en Chine,
07:40ils ne font pas que du low cost.
07:42Ils sont forts aujourd'hui dans la haute technologie,
07:44dans la haute valeur ajoutée, avec une ingénierie qui est de pointe.
07:47On a vu ces robots danser au moment du Nouvel An chinois
07:50et faire du kung fu, pratiquer le kung fu avec des nunchaikus.
07:53Ça, c'est bluffant.
07:54Oui, c'est assez impressionnant.
07:56À nouveau, tout était écrit pour l'essentiel.
07:58En tout cas, la vision, elle était dessinée dans le plan Chine 2025,
08:03qui ciblait également la robotique.
08:04Alors, on ne parlait pas d'IA, en tout cas pas dans ces termes,
08:07il y a une dizaine d'années, quand on s'est mis à tracer cette perspective.
08:11Mais de fait, si on raisonne à contrario, il aurait été très étrange
08:15que la Chine souhaite se positionner dans les secteurs de technologies dites avancées
08:20et que toute la partie de technologies de l'information au sens large,
08:23en incluant la robotique, soit absente.
08:26Ce qu'il y a derrière tout ça et qui est extrêmement important,
08:28évidemment, c'est désormais une capacité scientifique et donc technologique
08:32qui s'en déduit, qui est extrêmement importante lorsqu'on regarde
08:36le potentiel des industries des universités chinoises.
08:39Et on n'a plus de ce point de vue une sorte de subsidiarité,
08:42notamment par rapport aux États-Unis.
08:44Si on regarde un petit peu en arrière, on se dit que nous,
08:47occidentaux européens, on leur a donné les clés en délocalisant chez eux
08:50il y a très longtemps ou pas ?
08:51Alors, c'est une partie de l'explication, mais ce n'est pas la seule.
08:55On a quand même là un grand pays aujourd'hui d'un milliard 400 millions d'habitants.
08:59Il ne faut pas s'étonner que la Chine et l'Inde, désormais,
09:03on est sur un modèle certes un peu différent face du rattrapage.
09:08La singularité chinoise, évidemment, c'est d'avoir eu, on va dire publiquement,
09:11une politique industrielle et une capacité à faire du dumping
09:15et une capacité également...
09:17C'est ça aussi les ressorts du secret, entre guillemets,
09:20de cette percée de la Chine dans les nouvelles technologies.
09:22C'est un plan, mais c'est des moyens publics, des soutiens, des aides, des subventions.
09:26Oui, c'est des moyens qui sont en soutien.
09:28On considère que les aides à l'industrie, elles pèsent à peu près 5% du PIB chinois.
09:33Très difficile à calculer, naturellement.
09:36Et la valeur ajoutée chinoise dans le PIB est à peu près à un quart du produit intérieur chinois.
09:43En France, on est à 10%, donc ça donne un peu la marge.
09:47Après, la Chine, ça reste le plus gros pollueur au monde.
09:50Et en même temps, il y a un double visage.
09:52La Chine, je crois, installe plus de la moitié des panneaux solaires dans le monde.
09:56Oui, alors il y a à la fois la structure de sa production
10:00et le fait que ce soit une économie très industrialisée.
10:03Et bien, structurellement, évidemment, c'est plus polluant.
10:06Néanmoins, on a vu un pic, si on en croit les données depuis mars 2024,
10:10qui n'était pas attendu dans ses émissions de CO2,
10:13qui était attendu peut-être une dizaine d'années plus tard.
10:15Et donc, il faut bien avoir à l'esprit que d'un côté, c'est un géant gris,
10:20mais c'est en train de devenir le plus grand sujet, évidemment, d'attention, de préoccupation
10:25et peut-être également de coopération pour ce qui nous concerne
10:29dans le domaine des technologies décarbonées.
10:31Après, est-ce qu'on lutte à armes égales, nous, en Europe ou ailleurs,
10:35face à ces prix qui sont plus compétitifs et des boîtes chinoises
10:37qui sont comme ultra subventionnées par Pékin et par l'État ?
10:41De fait, et a fortiori depuis l'arrivée de Trump numéro 2 au pouvoir,
10:46la notion d'armes égales est un peu difficile à définir.
10:51Donc, il est important en Europe, évidemment, de tenir la dragée haute
10:56avec un argument de négociation essentiel qui est quand même la taille du marché intérieur
11:00et le fait que ces excédents chinois doivent bien trouver un débouché
11:05et dès lors que le débouché américain est quand même plus difficilement accessible.
11:08Ça termine chez nous.
11:09Il y a à la fois une marge de négociation des Européens,
11:12mais également un débouché naturel qui se fait vers l'Europe.
11:15Et tout ça s'est fait de manière qui n'avait pas été anticipée en l'espace de quelques mois.
11:19On finit là-dessus. Quels sont nos atouts ?
11:21Nos ingénieurs, vous allez me dire ?
11:23Alors, nos atouts, nos ingénieurs, la base industrielle européenne,
11:26on a tendance à la considérer un peu au niveau français
11:30avec les difficultés à garder une base industrielle puissante.
11:34Mais de fait, en tout cas, les groupes français européens par ailleurs
11:37sont des groupes qui sont très puissants à l'international.
11:41Et puis, à nouveau, on est dans une configuration dans laquelle,
11:46quelles que soient les industries mondiales, il est absolument indispensable
11:51sur une trajectoire de développement de parvenir à avoir accès au marché européen.
11:55Et donc, c'est un atout de négociation.
11:57Et puis, de toute façon, il ne faut pas uniquement considérer un affrontement en termes concurrentiels.
12:01Des partenariats vont se nouer.
12:03Il y a vraiment des choses à inventer.
12:05Peut-être que Trump est en train, très indirectement, de nous y aider.
12:09Et puis, de toute façon, tout ne se joue pas entre un face-à-face,
12:12in fine, entre les Européens et les Chinois,
12:14ce qui s'est signé tout récemment avec l'Inde compte également.
12:18Il y a beaucoup de pays tiers qui, dans cette affaire, vont être clés dans le cadre d'une transformation,
12:25évidemment.
12:26On est à peine au milieu du guet pour ce qui est de la transition environnementale, évidemment.
12:30Mais de fait, il me semble que les Chinois et nous-mêmes, nous sommes du bon côté.
12:35Il y a un côté différent de la direction dans laquelle les Américains semblent vouloir aller.
12:38Et ça, c'est plutôt une opportunité dont nous devons nous saisir.
12:42Allez, merci à vous, Patrice Geoffrand, mon professeur à Paris Dauphine,
12:46membre du Cercle des économistes.
12:47Merci pour ces explications.
12:48Merci, David.
12:49Justement, certaines pépites tricolores osent tenir tête à la Chine.
12:52En Alsace, une entreprise a décidé de ne pas baisser les bras
12:54et propose donc des panneaux photovoltaïques.
12:56100% made in France.
12:58Reportage signé Manuel Legre.
13:00Dans le solaire aussi, la Chine domine.
13:03Elle produit près de 90% des cellules solaires mondiales,
13:07avec des prix défiant toute concurrence.
13:10En France, pourtant, le marché explose.
13:12Installations multipliées par 4 en 3 ans.
13:1540 000 emplois.
13:16Un secteur stratégique pour la transition énergétique.
13:20Mais entre baisse des aides et pression chinoise,
13:23la filière est fragilisée.
13:25Alors, comment tenir ?
13:27Nous sommes allés en Alsace,
13:29chez l'un des principaux fabricants français de panneaux solaires.
13:32C'est une machine qui est extrêmement rapide.
13:34En fait, ça fait 3000 cycles par minute.
13:36Chaque machine, c'est à peu près 40 panneaux à l'heure.
13:38Un panneau solaire sur 10 installé en France sort de cette usine.
13:42Mais ce panneau a un coût.
13:44Face au prix chinois, le made in France ne peut pas rivaliser.
13:48Alors, pour survivre, Voltec doit jouer une autre carte.
13:51Celle de la qualité et de l'innovation.
13:53On va chercher à mettre sur le marché des produits qui sont plus puissants,
13:58des produits qui sont plus durables.
13:59Nous avons, par exemple, un produit qui est plus résistant à la grêle
14:03et une garantie contre la grêle
14:05qui permet à nos produits d'être installés pendant 30 ans sur une toiture
14:09en étant sûrs que ces produits ne vont pas casser au premier orage de grêle.
14:13Choisir français, c'est donc investir dans des produits plus innovants
14:17et plus performants, mais aussi avoir une démarche éco-responsable.
14:21Car pour fabriquer des panneaux solaires, il faut du silicium,
14:25un matériau énergivore à produire.
14:28Si vous le fabriquez en Chine, où il y a énormément de centrales à charbon
14:31qui sont installées encore chaque année,
14:32le produit va être bien plus carboné.
14:35Ici, le vert vient de France et le silicium d'Allemagne.
14:38Résultat, une empreinte carbone presque divisée par deux.
14:42Des panneaux plus écologiques que l'État français soutient en abaissant la TVA à 5,5%.
14:48Un moyen de les rendre plus compétitifs face aux produits chinois.
14:52On a multiplié par 5 nos parts de marché suite à la publication du texte sur la TVA.
14:58Un coup de pouce décisif, mais la bataille est loin d'être terminée.
15:03Les industriels chinois n'entendent pas abandonner la première place.
15:06Pour continuer à casser les prix et bénéficier eux aussi de la TVA réduite,
15:11ils pourraient augmenter la part de composants européens dans leurs panneaux,
15:15comme le silicium.
15:22Le premier constructeur mondial de voitures électriques qui est donc désormais chinois,
15:26Dorothée Bonassi. Bonjour.
15:28Bonjour David.
15:28C'est l'intérêt général de BYD pour la France.
15:32BYD.
15:32C'est né en 1995.
15:34Pardon, je vois un petit peu en arrière parce que l'histoire est assez dingue.
15:36Au départ, c'est un fabricant de batteries pour téléphones.
15:40C'est pas ordinaire comme histoire.
15:41Ah oui, c'est incroyable.
15:43Et assez vite, en fait, on a ouvert à quatre secteurs,
15:45que sont bien sûr l'automobile, que sont l'électronique,
15:48puisque je ne sais pas si vous le savez, mais on fabrique 30% de ce qui constitue un iPhone.
15:53On est rentré dans le transport ferroviaire, le Sky Rail de Saint-Polo, c'est nous.
16:00Et puis, les énergies nouvelles avec le solaire, avec le stockage d'énergie.
16:05Donc, quatre grandes activités et ça a été très vite.
16:07On est quand même rentré dans l'automobile en 2003.
16:102003, c'est ça. Donc, à peu plus de 20 ans.
16:12Et aujourd'hui, 23 ans après, BYD, c'est 4,6 millions de voitures vendues dans le monde en 2025,
16:18la moitié étant 100% électrique. Donc, vous êtes le premier vendeur mondial de voitures électriques devant Tesla.
16:24Et la bascule s'est opérée en 2025.
16:27Exactement. Et vous faites bien de le rappeler.
16:29C'est vrai que quand on pense BYD, on se dit électrique, mais pas que,
16:33puisque effectivement, la moitié des voitures qu'on produit sont en super hybride.
16:37Donc, BYD, c'est une entreprise de technologie.
16:40Ce n'est pas une boîte low cost, comme certains voudraient le croire,
16:43parce qu'il y a 120 000 ingénieurs, c'est ça ?
16:45Oui, complètement.
16:45120 000 ingénieurs. Vous avez vraiment, et j'aimerais que vous nous le prouviez,
16:49une avance technologique, notamment dans l'électrique et pas seulement.
16:53Ce qui fait de notre particularité, pourquoi on est différent des autres constructeurs,
16:56c'est qu'on a une intégration verticale qui est assez incroyable.
16:59Concevez, fabriquez tout vous-même.
17:01Sauf quoi, j'ai lu ? Sauf les pneumatiques et les vitres.
17:04Oui, exactement.
17:05En dehors de ça, vous faites tout vous-même.
17:06Oui, oui.
17:06Aucun sous-traitant.
17:07Oui, c'est assez...
17:09C'est bluffant parce que ça nous permet d'aller vite dans l'innovation.
17:13Ça nous permet d'être forts dans la sécurité puisque c'est nous qui assumons en fait tout ce que
17:17nous faisons.
17:18Et ça, c'est déjà un premier levier, un premier exemple en fait de notre technologie.
17:26Elle se décline aussi par ce super hybride qui est quand même unique.
17:31C'est une plateforme électrique, donc vous roulez en électrique la plupart du temps,
17:35avec un soutien en soutien à un petit moteur thermique qui va servir de générateur
17:41et qui en même temps, quand vous roulez sur autoroute ou en route nationale,
17:46peut venir en appui sur la motricité des roues.
17:50Et on est là aussi unique.
17:51Et avec un plein et une charge, on fait 1500 kilomètres ?
17:531500 kilomètres sur...
17:54Oui, pas en réel.
17:55Ça, c'est souvent annoncé comme ça.
17:56Si, si.
17:57Je peux vous dire qu'il y a des journalistes qui s'y sont essayés
17:59et qui ont fait ces 1500 kilomètres.
18:01Après, on se dit qu'est-ce qu'elle a de plus ?
18:03Qu'est-ce qu'elles ont de plus vos voitures électriques ou hybrides
18:06par rapport aux marques françaises, Renault, Peugeot, Citroën ?
18:09Ce n'est pas seulement le prix.
18:11Pour vous, c'est le rapport prix-prestation qui est meilleur.
18:14Et là, encore une fois, comment vous nous le prouvez ?
18:15Oui, exactement.
18:16C'est unique en fait.
18:17C'est meilleur rapport qualité.
18:21On est l'un des seuls constructeurs à présenter des véhicules
18:24qui sont 5 étoiles Runcap.
18:27Donc déjà, c'est des véhicules qui sont pensés pour l'Europe
18:29avec une sécurité au maximum.
18:32C'est aussi un équipement de série.
18:37On a quasiment très peu de versions.
18:38On en a deux sur chacune des modèles
18:40parce qu'elles sont très bien équipées
18:41avec des toits ouvrants panoramiques, par exemple,
18:44et puis tout l'infotainment.
18:45C'est une qualité de finition.
18:47Quand vous rentrez dans une BYD...
18:49Ce n'est pas l'image qu'on a des véhicules chinois.
18:51Oui, mais justement, c'est assez intéressant.
18:53Notamment sur le comportement routier, le confort.
18:55On entend souvent que les constructeurs chinois en général
18:58ont beaucoup de progrès à faire pour se mettre au niveau des Européens.
19:01Vous ne vous sentez pas visé ?
19:02Oui.
19:02Et ça, c'est vraiment l'effet waouh de nos clients
19:05qui rentrent dans nos concessions.
19:08Ils sont curieux.
19:10Quand ils viennent, ils se disent
19:11« Tiens, BYD, j'ai entendu parler.
19:12J'ai envie de voir à quoi ça ressemble. »
19:14Et la première chose qui les impressionne,
19:16c'est la qualité de finition.
19:18Parce qu'effectivement, ils avaient peut-être ça en tête.
19:20Après, il y a le comportement routier aussi.
19:22Et le comportement routier.
19:23Dans un second temps qu'on le voit.
19:24Oui, oui.
19:25Et c'est toute cette association qui fait la force de BYD
19:31en rapport, prix, prestations, équipements.
19:34Et oui, le prix imbattable.
19:37Le temps de charge sur vos voitures,
19:39il est similaire à celui des voitures européennes ?
19:41On a un temps de charge, une vitesse de charge qui est plus élevée.
19:46Là, on est en train de sortir l'Atto 3 Evo.
19:49C'est quoi ?
19:50C'est un petit compact électrique
19:52qui est l'équivalent symbiose chez Renault
19:56et qui est équipé d'une batterie 800 volts
19:59qui permet une charge ultra rapide.
20:02En 20 minutes, vous chargez l'ensemble.
20:06Comme Tesla ?
20:08Oui, comme Tesla.
20:09Pas loin des vitesses de charge de Tesla, oui.
20:12Le président de la République, Emmanuel Macron,
20:14dans un entretien au monde, parle des véhicules électriques chinois
20:16comme étant sursubventionnés.
20:18C'est le cas ou pas ?
20:20Alors, ça veut dire quoi sursubventionnés ?
20:22Les aides publiques, les aides publiques.
20:24En France, il y a des aides publiques.
20:26Vous voulez acheter un véhicule électrique,
20:28il y a des aides publiques.
20:28En Chine, c'est pareil.
20:29Il y a des aides publiques pour les consommateurs,
20:32pour les clients qui veulent acheter un véhicule électrique.
20:34Et de ce fait, oui, en fait, nous bénéficions...
20:38Enfin, nos clients, ce n'est pas nous,
20:39ce n'est pas le constructeur qui bénéficie des subventions.
20:41Ce sont nos clients qui en bénéficient.
20:44Donc, en dehors de ça, pas de subvention.
20:46Et d'ailleurs, c'est intéressant, vous savez,
20:48que la Commission européenne a mené justement une enquête
20:51sur les subventions.
20:52Et en fait, force est de constater que BYD ressort
20:55comme l'une des marques les moins taxées
20:57en importation sur le sol européen.
21:01Donc, c'est assez injuste, en fait.
21:03Après, le commissariat au plan dit qu'en gros,
21:06construire et fabriquer en Chine,
21:07les coûts de production là-bas sont 30 à 40 % moins chers.
21:09Et donc, certains vous diront que si les voitures sont moins chères,
21:12c'est parce que vos salariés gagnent moins bien leur vie.
21:14On parle de salaire entre 600 et 1 000 euros par mois.
21:17C'est ça aussi qui explique que les voitures
21:20soient vendues moins chères.
21:21Ce qui explique surtout, en tout cas pour BYD,
21:24c'est cette intégration verticale dont je vous ai parlé.
21:27En fait, c'est une maîtrise de toute la chaîne de la valeur du début.
21:30Et des coûts salariaux qui sont aussi beaucoup plus faibles.
21:32Et qui sont moins élevés.
21:34Mais en Espagne, les coûts salariaux sont aussi moins élevés.
21:36C'est pour ça que la plupart, en fait,
21:37pas mal de constructeurs européens vont en Europe.
21:42Et nous, nous rentrons en Hongrie.
21:44On va en parler, oui.
21:45Absolument.
21:45Aujourd'hui, un petit mot juste.
21:47La Chine, c'est le plus grand marché automobile du monde.
21:49En cumulé en nombre de voitures, j'ai regardé,
21:51c'est le marché européen plus le marché américain.
21:54Ça fait…
21:55À près de 30 millions.
21:55Oui, ça fait 14 millions plus.
21:58À peu près à 30 millions.
22:00Oui, exactement.
22:01Mais vous avez 30% de parts de marché en Chine,
22:04sur la voiture électrique et hybride.
22:05Mais il paraît que là-bas, c'est compliqué,
22:07qu'il y a une guerre des prix qui fait rage.
22:08Et donc, les voitures se vendent,
22:12mais peut-être avec moins de marge.
22:13Et donc, il faut venir en Europe les vendre.
22:15C'est ça aussi le raisonnement, la stratégie ?
22:17Ce n'est pas tout à fait ça.
22:19Parce que dès le départ, BYD a été clair dans sa stratégie.
22:22C'est de devenir et d'être une entreprise internationale.
22:25Ce qu'elle est d'ailleurs.
22:26Et donc, ce n'est pas parce qu'il y a un trop-plein en Chine…
22:29Il est compliqué le marché chinois aujourd'hui.
22:31Il y a une grande concurrence.
22:32Oui, sans doute.
22:32Mais dès le départ, en fait, on a voulu être international.
22:36Et il y a quand même quelques années,
22:39on a commencé par le Brésil, une usine en Brésil.
22:41On est numéro un en Brésil.
22:43On s'est installé aussi au Canada et aux États-Unis,
22:46mais plus pour de l'électronique.
22:47Et là, on arrive en Europe parce qu'on veut être durablement
22:52un constructeur européen en Europe pour l'Europe.
22:55C'est un marché prioritaire pour BYD, l'Europe ?
22:57Oui, complètement.
22:58Oui, c'est un marché qui est important.
23:00On pense, en fait, européen.
23:02Déjà sur les véhicules qu'on commercialise.
23:06Je vous ai parlé des 5 à toile Euro NCAP.
23:08C'est fait pour l'Europe.
23:09On revoit aussi le design, les coffres de nos voitures pour l'Europe.
23:15Et puis là, effectivement, on a hâte à cette usine qui va commencer à produire.
23:19En Hongrie, vous allez produire des voitures.
23:20Première usine en Europe pour BYD.
23:23La question, c'est simple.
23:24C'est-à-dire, est-ce que vous allez vraiment construire,
23:26fabriquer à 100% des voitures localement ?
23:28Est-ce que vous allez assembler des kits de voitures
23:30qui viendront notamment de Chine ?
23:31Je peux vous dire, vraiment, tout est assemblé.
23:34On est en train de contacter 600 fournisseurs européens, d'ailleurs.
23:38Donc, ça sera un changement, puisqu'il y aurait des fournisseurs, pour le coup.
23:41Oui, bien sûr.
23:42Des sous-traitants ?
23:43Oui, il y aura des fournisseurs, oui.
23:45Et donc, voilà.
23:46Donc, ça sera vraiment une production quasi 100% localement ?
23:48Oui, oui.
23:49Il y a déjà, en fait, en Hongrie, une cellule de recherche et de développement.
23:55Et on a commencé aussi, il y a quelques années, à fabriquer, à assembler des batteries.
24:00Et donc, les premières voitures sortiront ?
24:02Alors, le courant du deuxième semestre en masse.
24:07Et vous réussirez, ou pas, à ne pas augmenter vos prix en Europe ?
24:12J'espère, j'espère.
24:15Non, ça coûte plus cher de produire, à priori, en Hongrie qu'en Chine.
24:16J'espère.
24:17Après, il n'y a pas les coûts de transport ?
24:19Vous ne savez pas encore ?
24:20Non, je ne sais pas encore.
24:21Mais j'espère qu'on tiendra nos prix attractifs qui sont quand même…
24:25Par exemple, c'est la Dolphin Surf qui va être fabriquée en Hongrie.
24:29C'est la petite citadine.
24:30Oui.
24:31Elle est aujourd'hui présentée à moins de 20 000 euros en France.
24:34Et j'espère qu'on tiendra ce prix aussi, une fois qu'elle sera produite en Hongrie.
24:39Et de même sur la taux 2 en électrique.
24:42Pour l'instant, on commence par deux modèles électriques en Hongrie et sur une capacité à 150 000 véhicules.
24:47Notre part de marché chez BYD, en Europe, aujourd'hui, c'est 2%.
24:51Il y a des objectifs que vous fixez ? En 2030, on veut être là ?
24:55L'objectif, c'est conquérir, en fait.
24:58Et notre mot d'ordre et notre enjeu, c'est vraiment démocratiser l'accès aux véhicules électriques et hybrides.
25:05C'est vraiment notre orientation forte.
25:08Et donc, on met tout en œuvre pour y réussir.
25:11Et par exemple, en France, bien sûr, ça passe par un réseau de concessionnaires.
25:15On a un peu moins de 100 concessionnaires aujourd'hui en 2025.
25:22L'objectif, c'est doubler pour 2026.
25:24On veut aussi rassurer les clients et dire que, vous voyez, on est là en France.
25:27Il y a besoin de rassurer.
25:28Complètement.
25:29Parce que le concessionnaire, c'est l'acteur du quotidien.
25:32Oui, tout à fait.
25:32Et puis, pour la pré-vente aussi, leur dire, écoutez, on est là.
25:35Sur la pré-vente, on a déjà des prestations qui sont parmi les meilleures.
25:39On est capable de livrer n'importe quelle pièce de rechange partout en France en moins d'une journée.
25:44Avec aussi une compétition, et on finit là-dessus, avec d'autres marques chinoises sur le continent européen, avec MG,
25:51Xiaomi et d'autres.
25:52Il y a une vraie compétition, une vraie rivalité qu'on voit en Chine, mais qu'on va voir aussi
25:56d'ici peu en Europe.
25:57Oui, oui, oui.
25:57Pour le bénéfice des clients, en fait, et des consommateurs.
26:00On se plaint tous d'avoir un marché français qui est à Tone, à 1,6 million de véhicules, qui
26:05ne bouge pas beaucoup.
26:06Moi, je regarde ce qui se passe en Angleterre.
26:07C'est un marché plus dynamique.
26:09Et d'où elle vient cette dynamique ?
26:10Elle vient justement de l'arrivée de ces nouveaux arrivants, qui sont en particulier asiatiques.
26:17Et c'est ça qui donne, en fait, vraiment une dynamique au marché anglais.
26:20Je me dis, finalement, en France, ça peut arriver aussi.
26:24Ce qui va faire bouger le marché, ce qui va faire donner envie aux clients français de revenir dans les
26:29concessions, c'est peut-être nous.
26:30Parce qu'ils disent, finalement, j'ai un véhicule qui est ultra bien équipé, qui est performant, qui est bien
26:35fini, et enfin, enfin, à un prix abordable.
26:38Allez, merci à vous, Dorothée Bonassi.
26:41Merci.
26:41Tire très générale de BYD France.
26:42Merci.
26:42Merci, David.
26:43Voilà, c'est la fin de Pourvu que ça dure, l'émission qui rend les co-responsables sur Public Sénat.
26:47Émission tournée depuis le bivouac de L'Oréal France.
26:50Pourvu que ça dure, c'est aussi, évidemment, du replay sur publicsénat.fr.
26:53À très vite.
27:07C'était Pourvu que ça dure, avec le groupe Caisse des dépôts.
27:11Engagés au cœur des territoires pour accélérer la transformation écologique
27:14et contribuer à une vie meilleure pour toutes et tous.
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