- il y a 2 heures
Cette semaine Mediterraneo s'intéresse d'abord à la préservation des milieux marins. Avec un premier reportage en Turquie, où nous suivons une opération en mer de Marmara. Nous allons ensuite au large de la Corse pour suivre l'association MARE VIVU, puis en Grèce pour suivre la culture du safran, qui souffre du changement climatique, et enfin nous allons vers une découverte patrimoniale sur les hauteurs de Bonifacio, avec son cimetière marin... Année de Production :
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00:05Cette semaine, Méditerranéo s'intéresse d'abord à la préservation des milieux marins.
00:09Premier reportage en Turquie avec une opération en mer de Marmara.
00:12Nous irons ensuite au large de la Corse pour suivre l'association Maré Ville-Vous.
00:16En Grèce, c'est la culture du safran qui souffre du changement climatique.
00:20Enfin, une découverte patrimoniale sur les hauteurs de Bonifacio, le cimetière marin.
00:48Au printemps dernier, le réseau international Rescom, qui œuvre pour renforcer la résilience des écosystèmes méditerranéens,
00:55aussi bien terrestres que marins, a attribué des subventions de 20 000 euros à six projets situés sur les deux
01:01rives de la Méditerranée.
01:02En Turquie, c'est l'Association pour la conservation de la vie marine qui a été retenue pour son travail
01:07exemplaire,
01:08menée en mer de Marmara, une zone particulièrement fragile et stratégique pour la biodiversité régionale.
01:24En ce matin d'été, le Valmira et son équipage mettent le cap vers l'extrémité sud de l'archipel
01:29des Îles-aux-Prince, à Istanbul.
01:31Volcan Nardjeu a fondé l'association pour la conservation de la vie marine il y a une dizaine d'années
01:35pour contribuer à la préservation de la mer de Marmara,
01:38une minuscule mer intérieure reliée au sud à la mer Égée par le détroit des Dardanelles
01:43et à la mer Noire au nord par le Bosphore.
01:48La mer de Marmara est sous le coup d'une grande menace.
01:51Comme vous le savez, c'est une mer qui est petite et qui en plus est parcourue par des courants
01:55lents,
01:55ce qui rend difficile le renouvellement de l'eau et l'évacuation des déchets.
01:59Il y a également une forte pression humaine.
02:02Notre but principal est d'éveiller les consciences au sujet de la préservation de la biodiversité dans les mers turcs.
02:13A 30 mètres de profondeur dans la réserve naturelle de l'île du Lapin,
02:18les plongeurs vont ce jour-là faire un suivi du travail de l'association.
02:24Sous surveillance vidéo, ces coraux ont pour certains été implantés ici par l'Association pour la conservation de la vie
02:30marine.
02:31Un coup de pouce pour une population fragilisée par la pollution et le réchauffement climatique,
02:36au même titre que la grande nacre par exemple.
02:44Malgré la vidéosurveillance, ces visites régulières sont indispensables pour le suivi scientifique.
02:51Comment vont nos coraux ? Tout est en place ?
02:54Ils sont en bonne santé. Nous avons vu aussi les nacres.
02:58Est-ce que les nacres se portent bien aussi ?
03:00On peut dire qu'elles vont bien, pour la plupart.
03:05Les coraux sont des organismes qui occupent une toute petite partie de la surface des fonds marins,
03:09mais ils servent d'habitat à 25% de la vie sous-marine.
03:12Et comme ils sont très sensibles aux facteurs environnementaux,
03:15surtout au changement de température de l'eau lié au dérèglement climatique,
03:19on constate qu'ils blanchissent ou qu'ils disparaissent très rapidement.
03:22C'est pourquoi on peut dire que les coraux sont des indicateurs précieux
03:25qui témoignent de la bonne santé de l'écosystème marin.
03:30Après le constat, vient le temps de l'analyse.
03:34Volcan Narjo et Ulaj Kayatash établissent un premier bilan
03:39à partir des images remontées par les plongeurs.
03:45Nous avons marqué aussi bien ceux que nous avons implantés,
03:48ceux que l'on a transférés parce qu'ils étaient cassés,
03:50et ceux qui étaient déjà sur place.
03:52Donc on peut observer et récolter des données sur les trois populations
03:55pour voir ceux qui se développent plus ou moins bien.
04:00Ça c'est très important, c'est exactement ce que l'on veut voir.
04:04Un écosystème qui sait se régénérer durablement.
04:09Quand on protège et on nettoie, alors on donne vie à l'écosystème.
04:13En fait, le travail que nous faisons maintenant est un investissement,
04:16peut-être pour dans 25 ou 30 ans.
04:22Le mucilage est l'un des phénomènes qui empoisonnent régulièrement la vie en mer de Marmara.
04:262021 a été une année noire.
04:29Le mucilage, ou morve de mer, est une substance gélatineuse,
04:33produite naturellement par des micro-algues.
04:35Mais quand ces algues sont trop bien nourries par les rejets urbains et industriels
04:39qui arrivent dans le milieu sans épuration, la production s'emballe.
04:44Déjà sur le pont, en 2021,
04:47Volcan Narjo constate les dégâts, plongée après plongée.
04:50Le mucilage s'agglutine en surface comme en profondeur,
04:55privant l'écosystème de lumière et d'oxygène.
04:58Les plantes dépérissent, les poissons meurent.
05:02La situation est alarmante.
05:13Nous avions plongé ici il y a 15 ou 20 jours
05:16pour nettoyer le mucilage sur les coraux
05:18afin qu'ils puissent mieux se nourrir.
05:22Mais là, la situation est catastrophique.
05:25On n'a plus le temps de tergiverser.
05:27Nous devons passer à l'action et nous devons passer à l'action dès demain.
05:3326 millions de personnes vivent autour de la mer de Marmara.
05:36C'est la région la plus peuplée et la plus industrialisée du pays.
05:40Les stations d'épuration sont quasi inexistantes.
05:43Pour l'océanologue Bayram Asturk,
05:45la seule solution serait des investissements massifs,
05:48comme l'a fait la France pour rendre la Seine propre à la baignade à Paris.
05:54Il faut investir beaucoup d'argent, des milliards de dollars,
05:57et il faut le faire à court terme.
05:59Je veux dire que nous ne pouvons pas attendre 15 ou 20 ans.
06:05Nous allons protéger la mer de Marmara.
06:07Elle est notre chambre à coucher.
06:08Elle n'appartient qu'à la Turquie,
06:10puisque c'est une mer intérieure.
06:11C'est nous qui en sommes responsables.
06:16Dès 2021, la Turquie a annoncé un plan pour la mer de Marmara,
06:19avec des mesures à court terme,
06:21comme le pompage du mucilage de surface,
06:23et d'autres à long terme,
06:25comme la mise en place de stations d'épuration performantes,
06:28ou encore l'expérimentation de dispositifs
06:30pour injecter de l'oxygène en profondeur.
06:33Un autre volet du dispositif
06:35semble commencer à produire des effets.
06:37C'est le renforcement des régulations et des contrôles.
06:41Depuis l'année dernière,
06:42des contrôles réguliers ont été mis en place
06:44sur les stations d'épuration.
06:45Les stations consomment de l'électricité,
06:47l'électricité coûte de l'argent,
06:49et le fait qu'on augmente les contrôles
06:51incite les gens à les mettre en route plus souvent.
06:57À bord du Valmira,
06:59Volcan Narjo veut garder espoir.
07:03Là, ce sont des poissons qui ont été pêchés à Eminenu
07:06dans les années 80, 90, 70.
07:12La mer de Marmara ne retrouvera certainement pas
07:14sa biodiversité du siècle dernier.
07:17Et il faut envisager les épisodes de mucilage importants
07:21comme un signal qu'envoie la mer.
07:25Et voilà ce que nous dit la mer.
07:27Elle nous dit « assez ».
07:29Je ne peux plus supporter ça.
07:31Mais nous pouvons encore agir.
07:32Nous avons un plan mucilage incroyable.
07:35Le ministère vient de l'annoncer.
07:37Si on s'engage tous ensemble,
07:39l'industrie, les travailleurs,
07:40mais aussi les familles et les individus,
07:42si on arrête de jeter nos déchets,
07:44nous pourrons donner une chance à la mer.
07:51Inlassablement,
07:52les membres de l'Association pour la conservation de la vie marine
07:56débarrassent les fonds des filets fantômes,
07:59restaurent les récifs coralliens.
08:00Au début de l'été,
08:02l'association a obtenu une subvention
08:03dans le cadre du projet international RESCOM,
08:06qui vise à renforcer la résilience
08:08des écosystèmes en Méditerranée.
08:10Un budget qui devrait permettre
08:12d'implanter 200 nouvelles colonies de coraux
08:15dans l'archipel des îles-aux-princes.
08:26Chaque année, 600 000 tonnes de déchets
08:28seraient déversées en mer Méditerranée.
08:30L'association Marais-Vive
08:31collecte et répertorie cette pollution.
08:34Régulièrement, ces sentinelles de l'environnement
08:36mènent des actions autour de la Corse
08:38avec la mission Corsé-Card.
08:50Ces images ne sont plus rares en Méditerranée.
08:53Les déchets plastiques sont devenus
08:54la principale source de pollution
08:56à laquelle Marais-Nostrung doit faire face,
08:59avec des concentrations allant jusqu'à 10 kg par km².
09:04C'est le cheval de bataille de l'association Marais-Vive
09:07lutter contre cette pollution
09:08en répertoriant minutieusement
09:10les fins de vie de ces objets
09:12que nous avons déjà utilisés.
09:14Typiquement, on voit qu'on a
09:15des bouteilles plastiques classiques.
09:18On en a plusieurs.
09:20On a aussi, alors ça, c'est quelque chose
09:22qu'on retrouve aussi assez fréquemment,
09:24des pots en polystyrène,
09:26donc des pots de jardinage.
09:28Là, il y en a d'autres.
09:30On a du bois comme ça,
09:34des fragments de pneus.
09:35C'est vrai qu'on a trouvé plusieurs pneus.
09:37Et de manière générale, voilà,
09:38des bâches, des sachets.
09:40Ça, ça fait partie des macro-déchets
09:43qu'on retrouve majoritairement sur les plages.
09:47Il y a les gros déchets,
09:48mais aussi les débris inférieurs à 2,5 cm.
09:52Ils forment la part la plus importante des plastiques.
09:55Viennent ensuite les bouchons de bouteilles,
09:57les cotons-tiges et les bégauds.
09:59Les déchets plastiques sont devenus
10:01une menace majeure car ils pénètrent
10:03toute la chaîne alimentaire,
10:04des poissons jusqu'à l'homme.
10:06Vous pouvez voir sur cette carte
10:08tous les sites où la pollution plastique
10:10se concentre autour de notre île
10:12et au large de la Toscane.
10:14Un problème qui transcende les frontières,
10:16y compris dans les zones protégées
10:18comme le parc marin du Cap Corse
10:20et de la Griate.
10:21Sur les 7 plages du parc,
10:22l'association Marévie voit collecter
10:24l'année dernière 117 kg de déchets,
10:26soit 16 966 objets.
10:29Dans notre petit territoire,
10:31on peut mener des actions pour retenir
10:34dans les cours d'eau qui existent
10:35tout ce qui est déchets terrestres.
10:37Parce que quand on parle microplastique,
10:39c'est bien des déchets qui arrivent de la terre.
10:42Et donc on va mettre en place des mesures comme cela.
10:44Alors il n'y a pas de grands fleuves dans notre parc,
10:46mais il y a des petits ruisseaux
10:48et on pourrait faire ce genre d'action
10:51pour limiter les dégâts.
10:52Donc ça, c'est la première chose.
10:53Il y a encore beaucoup de containers de poubelles,
10:56je dirais, qui sont sur la côte.
10:58Et donc lorsqu'il y a du vent,
10:59ça s'envole et ça repart dans la mer.
11:02Ça aussi, on va travailler avec les collectivités
11:04qui ont déjà fait du bon boulot.
11:05Mais s'il y a encore des petits endroits
11:08comme ça que l'on peut améliorer,
11:09on va le faire.
11:09Voilà, notre action est très limitée
11:11par rapport à la pollution en général en Méditerranée,
11:14mais on essaye de faire ce que l'on peut.
11:17La pollution plastique n'est pas encore réglementée
11:19dans le milieu marin.
11:20C'est une piste à envisager.
11:22A contrario, grâce au traité international Marpol,
11:25la pollution aux hydrocarbures
11:27et autres produits chimiques
11:28a diminué dans la zone maritime française.
11:31Elle est passée de 200 signalements par an en 2007
11:34à une trentaine d'alertes ces dernières années.
11:37On est clairement sur une diminution,
11:39mais qu'on peut expliquer par deux grands aspects.
11:42Le premier, c'est finalement
11:43la réglementation nationale et internationale
11:46qui oblige les navires à être aussi moins polluants,
11:50à une meilleure appropriation des règles du trafic maritime
11:53et derrière, une plus grande vigilance
11:56de nos différentes organisations
11:57qui concourent à diminuer le constat
12:02des pollutions maritimes.
12:04Cette bonne nouvelle est due également
12:06à l'utilisation des satellites.
12:08Mais aussi aux peines encourues,
12:10elles sont dissuasives,
12:11jusqu'à 15 millions d'euros d'amende
12:13selon l'ampleur de la pollution.
12:18Un autre type de souillure
12:19bafoue la Méditerranée.
12:20Ce sont les rejets organiques
12:22des stations d'épuration.
12:24En France, cette pollution correspondrait
12:26au rejet d'1,4 million d'habitants.
12:28Sur notre île, une expérience s'est menée
12:30pour diminuer cet impact en mer,
12:32notamment au niveau de l'émissaire
12:34de la station d'épuration de Maranagolo.
12:36Les scientifiques de Stella Mar
12:38ont installé plusieurs colonnes d'huîtres
12:40pour observer leur réaction.
12:41Ces coquillages sont connus
12:43pour filtrer 200 litres d'eau par jour
12:45et retenir certaines molécules
12:47comme les métaux lourds.
12:50Les huîtres vont nous servir à la fois
12:51pour capitaliser sur ces infos-là,
12:54voir quels effets on peut imaginer.
12:55On va étudier le stress que ça génère
12:58et dans quelle mesure,
12:59si c'est des polluants
13:01qui ne vont pas directement impacter
13:03la physiologie de l'huître,
13:05l'huître va pouvoir les séquestrer.
13:07On sait qu'elles sont capables
13:09de fixer des contaminants dans la coquille
13:12pendant leur cycle de croissance.
13:14Potentiellement, ça peut être des produits
13:16qui vont être inertés
13:17parce qu'ils vont être emmagasinés
13:19dans la coquille, dans du solide.
13:21Peuvent-elles notamment retenir
13:23les produits pharmaceutiques ou les pesticides
13:25que les stations d'épuration
13:27n'arrivent pas à capter ?
13:29Tout l'enjeu est là.
13:30En attendant la réponse scientifique
13:32à cette question,
13:33d'autres pollutions venues
13:34des stations d'épuration
13:35sont à prendre en compte,
13:37celles des biomédias.
13:38Ces rondelles de plastique
13:39qui servent de support aux bactéries
13:41souillent régulièrement les plages.
13:43Leur présence est due
13:43à mauvais fonctionnement
13:44des stations d'épuration
13:45sur tout le pourtour méditerranéen.
13:56La plaine de Kosanie,
13:58dans le nord de la Grèce,
13:59offre des conditions idéales
14:00pour la culture de la fleur de crocus
14:02et a permis au pays
14:04de devenir le plus grand producteur
14:05de safran de l'Union européenne.
14:08Mais ces dernières années,
14:09les perturbations du climat
14:10menacent fortement la production.
14:24C'est avec un simple bâton
14:26qu'un risme avant Matisse
14:27entretient ses champs de safran aujourd'hui.
14:30Fils et petits-fils d'agriculteurs,
14:32ils vérifient que ces terres
14:33n'aient pas reçu la visite
14:34de petits rongeurs.
14:37En hiver, on doit chasser les souris
14:39et les taupes car elles adorent
14:40les bulbes de safran
14:41et peuvent causer beaucoup de dommages.
14:44Si une taupe rentre sous terre,
14:46elle mange la plante
14:47et c'en est fini pour le safran.
14:49Depuis plus de 300 ans,
14:50le nord de la Grèce
14:51est une région fertile pour le safran.
14:53Mais depuis quelques années,
14:54les problèmes s'accumulent,
14:55notamment à cause du changement climatique.
14:58Plante exigeante,
14:59le safran a besoin
14:59de conditions particulières
15:01pour germer et fleurir.
15:06En hiver,
15:07le safran a besoin de froid,
15:09de neige même.
15:10Il faut éviter les sécheresses,
15:12bien sûr,
15:12surtout l'automne.
15:14Et l'année dernière,
15:15on a connu de grandes sécheresses
15:16avec une hausse des températures.
15:18C'est pour ça que la production a baissé.
15:21D'ici peu de temps,
15:22si ça continue comme ça,
15:23la production ne sera pas viable
15:25et on mettra partout des céréales.
15:28Aris possède 27 hectares de safran
15:30et en octobre 2022,
15:32il a perdu plus de la moitié de sa récolte.
15:34D'autres cultivateurs ont perdu jusqu'à 80%.
15:37Une baisse considérable
15:39qui inquiète Aris.
15:42C'est avec le safran
15:43qu'on finance nos maisons,
15:44les études de nos enfants,
15:46l'apprentissage des langues étrangères.
15:50Mais je suis de nature optimiste,
15:53donc j'espère que la situation va s'améliorer.
15:57Dans la région de Kozani,
15:58on cultive le safran
15:59de manière traditionnelle et artisanale,
16:02sans produits chimiques
16:02ni grosses machines.
16:04Au moment de la récolte en octobre,
16:06les petites mains décrochent les fleurs.
16:08Il en faut 120 000
16:09pour faire un kilo de safran,
16:11un travail difficile et minutieux.
16:13Si le climat perturbe les cultures,
16:15la transition énergétique
16:17affecte la main-d'oeuvre
16:18de plus en plus rare dans la région.
16:20Depuis quelques années,
16:21la Grèce a fermé
16:22de nombreuses mines de lignite,
16:23un charbon de basse qualité
16:24mais qui attirait les travailleurs étrangers,
16:26toujours prêts à quelques extras,
16:28notamment pour la récolte.
16:32Il est évident
16:33qu'il y a un problème
16:34de main-d'oeuvre
16:35lié au montant des salaires
16:36plutôt bas pratiqués dans la région,
16:39surtout pour un travail
16:40extrêmement difficile.
16:44L'État devrait trouver
16:45des solutions,
16:46quelles qu'elles soient,
16:47comme de mettre en place
16:49des programmes d'écotourisme
16:50pour des gens
16:51qui viendraient ici
16:53faire de la cueillette
16:54sans être payés,
16:56mais seraient hébergés,
16:58nourris,
16:59blanchis,
16:59comme on dit.
17:06Bonjour Atina,
17:07comment ça va ?
17:08Ça avance bien ici ?
17:09Ça va bien.
17:10Oui, ça avance.
17:11Super.
17:12Pour Atina,
17:13ce serait un crève-cœur
17:14d'arrêter le safran.
17:15Pas seulement d'un point de vue financier,
17:17mais aussi pour sa représentation culturelle
17:19et même identitaire.
17:23Ici, la récolte et le tri
17:24sont des rituels
17:25que nous pratiquons par étapes,
17:27de manière quasi-mécanique,
17:28tellement c'est ancré en nous.
17:32Nous savons exactement
17:33ce qu'il faut faire.
17:35Malgré la fatigue importante,
17:37on s'amuse quand même beaucoup
17:38et ça unit les gens,
17:39ça renforce les liens familiaux
17:41et amicaux.
17:44Le safran donne une particularité
17:46à notre communauté.
17:47elle nous définit même.
17:48On est très fiers de notre plante.
17:52On retrouve Harris.
17:53Il a rendez-vous avec le président
17:54de sa coopérative
17:56qui collecte et exporte
17:57le safran dans le monde entier.
17:59Salut président.
18:00Salut.
18:01Ça va, tout va bien ?
18:02Ça va, ça va.
18:03Et toi ?
18:03Je suis venu te demander
18:04si on va recevoir
18:05des dédommagements cette année.
18:08Oui, le député de Kozani
18:10a déclaré qu'il y aura
18:11des dédommagements pour chacun
18:12basés sur sa surface de production.
18:15et ça devrait se faire
18:16très rapidement,
18:17peut-être dès le mois prochain.
18:20Je crois que ce sera
18:21aux alentours
18:22d'un million d'euros.
18:23Il y aura quelque chose
18:25pour tous les producteurs
18:26pour qu'ils puissent faire face
18:27à leurs frais de production
18:28cette année.
18:32Beaucoup de nos familles
18:33s'inquiètent de ce rendement
18:35à la baisse
18:35parce que si le safran
18:36était un revenu secondaire,
18:38depuis la crise financière,
18:40c'est devenu une source
18:41principale de revenus
18:42pour les familles
18:42qui ont décidé
18:43de rester vivre dans la région.
18:48L'université d'Athènes
18:49cherche des solutions
18:50pour adapter l'agriculture
18:51du safran
18:52au changement climatique.
18:54Spécialiste de cette épice,
18:55le professeur Tarantidis
18:56étudie depuis plus de 30 ans
18:58cette plante qui le fascine.
19:01Nous avons créé
19:02la banque du safran.
19:04Vous savez,
19:04il n'y a pas qu'une seule
19:05variété de safran.
19:07Rien qu'en Grèce,
19:08il y a 80 différentes sortes
19:10de safran sauvage.
19:11Ces variétés pourraient
19:12s'adapter plus facilement
19:13au changement climatique.
19:18Le professeur collabore
19:19à des projets de recherche
19:20avec plusieurs universités
19:22européennes et mondiales.
19:24Les dernières avancées
19:25viennent d'Espagne
19:25et sont le fruit
19:26de l'université d'Albacette.
19:28Des expériences
19:29assez concluantes
19:30ont été menées
19:30dans des pièces fermées.
19:34Dans ces chambres,
19:35la température,
19:36l'humidité
19:36et la lumière
19:37sont programmées.
19:38Vous voyez ici,
19:39il y a des lampes spéciales.
19:44Regardez,
19:44ici il y a le safran
19:45qui est en train de pousser.
19:46Et là,
19:47vous voyez des feuilles
19:48qui sortent.
19:52Et c'est ainsi
19:53qu'on assure la production
19:55indépendamment
19:55des conditions climatiques extérieures.
20:00C'est un maigre réconfort
20:02pour les cultivateurs.
20:04Les champs violets
20:04risquent de disparaître
20:05ainsi que les joies
20:06de la cueillette
20:07du mois d'octobre
20:08et finalement,
20:09tout un art de vivre.
20:10Pour l'heure,
20:11les Grecs espèrent trouver
20:12des solutions scientifiques
20:13sans changer leur mode de vie,
20:14mais ils savent bien
20:15que l'ennemi climatique
20:16est de taille
20:17et qui nécessite
20:18une adaptation rapide
20:20et coûteuse
20:21en investissement.
20:32Le cimetière marin
20:34de Bonifacio
20:34a accueilli
20:35ses premiers caveaux
20:36au début du XIXe siècle.
20:38Surplombant la Méditerranée,
20:39c'est un lieu de recueillement
20:40chargé d'histoire
20:41très prisé par les touristes.
20:43Chaque année,
20:44plus de 400 000 visiteurs
20:45poussent les grilles
20:46de ce cimetière.
21:04Il est un lieu unique
21:06à l'extrémité méridionale
21:08de la Corse,
21:09un bout de terre consacré,
21:11perché entre ciel et mer,
21:13le cimetière Saint-François
21:14de Bonifacio,
21:16bâti près d'un couvent
21:17franciscain du XIVe siècle.
21:20Il occupe le domaine
21:21autrefois cultivé
21:22par les frères
21:23de l'ordre mendiant.
21:29On est dans la partie
21:31des jardins du couvent
21:32et qui était complètement
21:34entourée par
21:35au bosque.
21:36C'était du maquis,
21:38en fait, du maquillot
21:39où les bonifaciens
21:41prenaient plaisir
21:41à se promener.
21:45C'est en 1823
21:46que le cimetière
21:47de Bonifacio
21:48est édifié.
21:49Un décret impérial
21:51impose sa création.
21:52Pour des raisons d'hygiène,
21:54il faut désormais
21:55enterrer ses morts
21:56loin des villes.
21:57Construites
21:58à partir
21:59de la seconde moitié
22:00du XIXe siècle,
22:01de nombreuses chapelles
22:02sont aujourd'hui
22:03encore debout,
22:03comme cette sépulture,
22:05la plus ancienne
22:06de Saint-François.
22:10C'est la tombe
22:11des Haïcard
22:12qui date
22:13de 1866.
22:14Et on voit
22:15quand même
22:16qu'il y avait
22:17un soin
22:18tout particulier
22:19qui était apporté
22:20à ces tombes
22:21avec de la polychromie.
22:23On a cette frise
22:25bleue,
22:26on a en toiture
22:28un dôme
22:29avec des tuiles
22:30qui étaient vernissées.
22:31On peut voir
22:32qu'il y a
22:33un hôtel
22:34avec une petite madone
22:36et puis
22:36des hôtels
22:37et une volonté
22:38aussi de décorer
22:39avec un soin
22:40tout particulier
22:41de style néoclassique.
22:42Mais on voit
22:44que c'est dans
22:44un état quand même
22:45de dégradation
22:46assez avancé.
22:51Au XIXe siècle,
22:52l'espace funéraire
22:53est marqué
22:54par l'importance
22:55croissante
22:55de la famille.
22:56La tombe individuelle
22:58est délaissée
22:58au profit
22:59du caveau collectif
23:00et le cimetière
23:01reproduit
23:02l'espace social urbain.
23:03On montre
23:04jusque dans la mort
23:05l'envergure
23:06et le faste.
23:08Certaines sépultures
23:09deviennent alors
23:10de véritables
23:11œuvres d'art.
23:13Cette tombe
23:14a une particularité,
23:15c'est que d'un point
23:16de vue architectural,
23:18elle est unique
23:19dans le cimetière
23:20de Bonifacio.
23:21Elle est entièrement
23:22réalisée en marbre
23:23de carare.
23:24C'est le seul monument
23:25historique
23:26du cimetière
23:27de Bonifacio
23:28et fait l'objet
23:29actuellement
23:29d'une restauration
23:30par la famille.
23:31L'architecture
23:33des lieux
23:34illustre
23:34les années
23:34qui passent
23:35avec des différences
23:36de matériaux,
23:37de styles
23:38ou d'inspiration
23:39et les formes
23:40des chapelles
23:41elles-mêmes
23:41évoquent les parcours
23:43parfois très exotiques
23:44des défunts.
23:46Nous sommes devant
23:47la tombe
23:47de M. Castelli-Pacha
23:49qui a fait sa carrière
23:51dans l'administration
23:52en Égypte.
23:53Ça représente
23:54un petit peu
23:54son parcours de vie
23:56puisqu'on a un obélisque
23:58en granit
23:59bien massif
24:01qui surplombe
24:02une crypte,
24:04un plan de croix.
24:05Il y a quatre entrées
24:06pour accéder à la crypte
24:08et surplombées
24:10eux-mêmes
24:10de petits obélisques.
24:16Symbole d'une époque,
24:17d'une histoire
24:18et d'une tradition
24:19méditerranéenne
24:20où le culte des morts
24:21occupe une place
24:22de premier ordre,
24:23le cimetière
24:24conserve aujourd'hui encore
24:25une importance capitale
24:27pour les Bonifaciens.
24:29Face à la fronde
24:30de ses administrés,
24:31le maire a même
24:32dû renoncer
24:33à un projet
24:33de nouveau cimetière
24:34pour la commune
24:35et proposer
24:36un réaménagement innovant
24:38du site de Saint-François.
24:41C'est l'âme de Bonifacio,
24:43c'est une identité forte
24:44et je l'ai vue à ce moment-là.
24:45En tout cas,
24:45je peux vous dire
24:45que ça a suscité
24:46au sein du conseil municipal
24:47le fait d'aller faire
24:49un cimetière ailleurs
24:49beaucoup,
24:50beaucoup de discussions
24:51à ceux qui voulaient
24:52qu'on agrandisse celui-ci
24:53et je faisais partie
24:54des gens qui disaient
24:55qu'on ne pouvait pas
24:56agrandir à l'infini
24:57le cimetière de Bonifacio.
24:58Donc, je dirais,
24:59le consensus
24:59s'est fait autour
25:00de cette solution,
25:02c'est-à-dire l'aménagement
25:02du carré de Sainte-Croix
25:03et du carré de l'hôpital
25:05et c'était important
25:06qu'on aille vers cela.
25:10Si les Bonifaciens
25:11veulent être enterrés
25:12dans leur cimetière marin,
25:13c'est sans doute
25:15grâce à l'héritage culturel
25:16d'une société insulaire
25:18où même au XXIe siècle,
25:20les morts
25:20entend garder une place
25:22dans le monde des vivants.
25:33Méditerranéo est terminé
25:35pour cette semaine.
25:36Rendez-vous très bientôt
25:37pour de nouvelles découvertes
25:38en Méditerranée.
25:50Sous-titrage Société Radio-Canada
25:53Sous-titrage Société Radio-Canada
25:57Sous-titrage Société Radio-Canada
25:59Sous-titrage Société Radio-Canada
26:00Sous-titrage Société Radio-Canada
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