- il y a 2 jours
Aujourd'hui, c'est au tour de Maître Louis Cailliez, avocat de familles de victimes d'abus sexuels, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.
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00:01RMC, face aux grandes gueules.
00:05Maître Cayèze qui est avec nous, bonjour.
00:07Bonjour.
00:08Vous êtes avocat, avocat de famille de victimes dans le scandale des agressions sexuelles dans le périscolaire parisien.
00:13Parce qu'on peut vraiment parler de scandale, Maître Cayèze ?
00:16Non seulement de scandale, non seulement d'agressions sexuelles, mais viol également.
00:20À ce jour, je me fais le porte-voix d'une famille dont la vie s'est arrêtée il y
00:24a un mois,
00:24quand leur enfant leur a révélé, leur enfant en petite section âgée de 3 ans,
00:28leur a révélé des faits de pénétration anale commis par un animateur du périscolaire.
00:35À la suite de quoi ?
00:38Ma cliente a déposé plainte le 10 février.
00:40Nous sommes aujourd'hui le 10 mars.
00:42Nous étions le 10 mars lorsque j'ai fait un communiqué de presse pour secouer un peu tout le monde
00:46dans cette affaire.
00:48Et cela fait un mois, non seulement que cet enfant n'a pas été auditionné pour recueillir et figer ses
00:54déclarations
00:54par la brigade de production des mineurs, comme ça devrait être le cas.
00:58Parce que vous savez qu'à 3 ans, par définition, la mémoire c'est quelque chose de compliqué.
01:03Mais a fortiori, il y a un phénomène qui est très connu qui est celui de l'amnésie traumatique.
01:07Si vous entendez un enfant qui est 30-45 jours plus tard,
01:11évidemment que les déclarations seront encore plus floues que celles qu'il a faites lui à sa mère,
01:17concrètement, dans la douche, quand elle lui a demandé de lui rappeler les règles d'intimité qu'elle lui avait
01:21toujours apprises.
01:22Et que là, il a désigné nommément un animateur, et explicitement des gestes qui sont constitutifs de viol.
01:27Cet animateur, qui est-il ? Où est-il ?
01:30Cet animateur, à ma connaissance, puisque l'enquête est secrète et qu'en tant qu'avocat de partie civile,
01:35à ce stade, à défaut d'instructions criminelles, je n'ai pas d'informations,
01:40à ma connaissance, il est en liberté.
01:42Il est suspendu.
01:44Et il prépare sa défense.
01:46Et on va se retrouver dans un dossier, avec la parole d'un adulte qui sait très bien,
01:51au vu de son parcours de prédation, se préparer à l'affaire qui va forcément émerger avec un minima sans
01:59audition.
01:59Moi, j'exige une garde à vue et des perquisitions.
02:02Et donc, une parole d'un adulte qui va être confrontée à la parole d'un enfant.
02:06Mais cet animateur, on sait son parcours ? Ça fait longtemps qu'il travaille dans le périscolaire ?
02:10Mes clients essayent de recouper toutes les informations.
02:13Donc, la vie de mes clients s'est arrêtée.
02:15Et cela fait un mois qu'ils cherchent, en se mettant en contact avec des familles,
02:20à comprendre le parcours.
02:21Ce qui est sidérant dans cette histoire-là en particulier,
02:23parce que vous avez compris que tous les arrondissements, maintenant, il y a une affaire par jour.
02:27Oui, il y a une affaire par jour.
02:28C'est catastrophique.
02:29Mais dans mon affaire, celle qui concerne mes clients,
02:32le scandale absolu, c'est que l'animateur qui est arrivé dans cette école de volontaires
02:37dans le 15e arrondissement a été muté, exfiltré, déplacé le 15 décembre
02:45en provenance de l'école Saint-Dominique du 7e arrondissement.
02:50Parce que c'est la même CASP qui gère le périscolaire.
02:54Ce que c'est que la CASP ?
02:55La CASP, c'est l'échelon local de la Dasco.
02:57La Dasco, c'est la direction des affaires scolaires de la mairie de Paris.
03:00Il faut comprendre qu'en fait, la compétence du périscolaire appartient à la mairie.
03:04Et pas aux mairies d'arrondissement, à la mairie centrale.
03:08Le périscolaire est géré par la Dasco.
03:11Et vous avez des CASP qui sont des échelons locaux de la Dasco.
03:15Il y a la même CASP qui gère le 7e et le 15e.
03:18Qu'est-ce qu'elle a fait, la CASP ?
03:19On a eu un animateur.
03:21Je ne connais pas son parcours les années précédentes.
03:23On essaie de comprendre.
03:24Mais en septembre dernier, dans cette école de Saint-Dominique,
03:27il y a eu des signalements pour des faits, pour le moment,
03:30et en tout cas à l'époque, de maltraitance, de violences psychologiques.
03:34Ils se comportaient n'importe comment avec les enfants.
03:35Donc on décide de l'exfiltrer en fait.
03:38Voilà, on le change d'arrondissement.
03:40Après, ce qu'on...
03:42Attendez, parce que la mairie de Paris,
03:43évidemment, on l'a changé d'arrondissement,
03:45on l'a affecté dans une autre école,
03:47mais avec un encadrement prévenu et renforcé.
03:49C'est ce terme qui m'a fait tiquer,
03:51et c'est pour ça que j'ai fait un communiqué de presse.
03:53On nous parle de recadrage.
03:55On nous parle de seconde chance.
03:57On nous parle de rappel des règles de bienveillance envers les enfants.
04:02Sauf que qu'est-ce qui se passe ?
04:04Cet animateur, on le change d'école.
04:06On ne prévient pas la deuxième école qui récupère,
04:09pardonnez-moi de le dire comme ça, les poubelles.
04:11On ne prévient pas le rêve.
04:12Il a fait l'objet d'un encadrement, je cite,
04:15prévenu et renforcé.
04:16Mais ce n'est pas vrai, ce n'est pas vrai.
04:18Il y a une enquête administrative qui va arriver et qui va le démontrer.
04:21Moi, je sais de source sûre que cet animateur est arrivé dans l'école de volontaire
04:26sans que les gens soient prévenus.
04:27Les parents, je n'en parle pas.
04:28Les parents, déjà, ils ne savent même pas.
04:29Les gens, c'est-à-dire l'autorité scolaire.
04:33Le référent éducatif, le rêve, ce qu'on appelle le rêve,
04:37ne savait pas à qui il avait affaire.
04:39Alors, c'est son discours.
04:41Là, il y a des réunions publiques.
04:42Il se justifie au prix des parents.
04:43C'est son discours.
04:44Il y a deux possibilités dans ce dossier.
04:45Moi, j'ai plus de questions que de réponses.
04:47Deux possibilités.
04:48Soit on vous refourgue un animateur du périscolaire
04:51et on dit à la nouvelle école,
04:53attention, méfiez-vous de lui.
04:54Et dans ce cas-là, à mon sens,
04:56c'est la responsabilité de la deuxième école
04:58qui le met au contact des petites sections
04:59alors qu'il ne devrait pas être obscur.
05:00Sans principe de précaution.
05:01Sans principe de précaution.
05:02Qui le laisse dans les cantines,
05:03qui le laisse dans la cour d'école,
05:04qui le laisse en solitaire aux toilettes.
05:06Toutes ces choses-là.
05:07C'est ça, la réalité.
05:09Soit on ne dit pas à la seconde école.
05:11Et donc, le rêve qui dit qu'il ne savait pas.
05:13Lui, il se justifie en disant
05:15j'ai trouvé sa louche.
05:16On m'envoie un animateur en milieu d'année
05:18sans me donner ses évaluations.
05:20Sans m'expliquer le pourquoi du comment.
05:22Je me suis méfié.
05:23Je me suis méfié, mais quoi ?
05:24Et c'est là qu'il faut compter les agendas.
05:26La maman qui a questionné son fils de 300
05:30et qui a directement nommé l'homme
05:32mis en cause en pleurant,
05:34en expliquant ça fait mal aux fesses.
05:37Ça fait mal aux fesses.
05:38Est-ce que depuis, la mairie de Paris
05:41a essayé de rentrer en contact avec la famille
05:43pour s'excuser, pour essayer de comprendre,
05:45pour apporter une aide ?
05:46Pas cette famille en particulier.
05:48Là, c'est la psychose générale.
05:50Donc, de toute façon, dans ces deux écoles
05:52et même dans d'autres écoles,
05:53les familles sont en panique.
05:55Il faut le dire comme ça.
05:56Donc, il y a des réunions publiques.
05:57On convoque les organismes.
05:58Il y a des sigles.
05:59C'est comme dans toutes les affaires de Pas de Vague.
06:02Moi, j'étais l'avocat de Mickaël Paty.
06:04C'est les mêmes phénomènes.
06:06Il y a des institutions
06:07qui pratiquent la langue de bois,
06:09qui expliquent la théorie.
06:11Donc, on confronte à cette maman la théorie.
06:12On lui dit,
06:13cet animateur ne gérait pas les petites sections.
06:15Force est de constater que si.
06:16Cet animateur ne devait jamais être en solitaire.
06:19Il était en binôme.
06:20Force est de constater que ça n'a pas été le cas.
06:22Donc, on lui confronte la théorie
06:24et elle, elle essaye de comprendre la pratique.
06:26Donc, elle demande à avoir, par exemple,
06:28le carnet pour voir le carnet des soins,
06:31pour voir s'il a opéré des soins.
06:33Il en manque une partie.
06:35Elle essaye de comprendre.
06:36Parce que vous avez dit,
06:37vous avez dit,
06:37c'est une affaire,
06:39mais il y en a plein.
06:39C'est-à-dire qu'effectivement,
06:40chaque jour,
06:41on apprend qu'il y a des soupçons
06:43d'agression sexuelle,
06:44de viol dans le périscolaire parisien.
06:47Et ça fait depuis quand même
06:48plusieurs mois,
06:49voire plusieurs années,
06:50ce que les premières affaires
06:51remontent à 2016.
06:52Donc, c'est quand même quelque chose.
06:53Donc, on a l'impression que,
06:54un, c'est systémique.
06:56C'est systémique.
06:57Deux, on s'interroge,
06:59qu'ont fait les autorités
07:02depuis toutes ces années
07:03pour y mettre fin.
07:05Il y a deux sujets, en fait.
07:07Il y a ce qu'on appelle
07:07un mur du silence.
07:08C'est ce que décrivent
07:09toutes les familles.
07:10Et en particulier,
07:11celle que j'ai l'honneur
07:12de défendre.
07:12Il y a le mur du silence judiciaire
07:13et le mur du silence administratif.
07:15Donc, on peut débattre des deux.
07:16Le mur du silence judiciaire,
07:18c'est le fait que,
07:18quand vous déposez plainte,
07:19concrètement,
07:19vous êtes un parent.
07:20Vous allez en commissariat.
07:22Vous y allez sans votre enfant.
07:23Vous dites ce que votre enfant
07:24vous a dit.
07:25Mais c'est une torture pour elle.
07:27Là, ça fait un mois
07:29qu'elle...
07:30Alors, elle, elle le fait bien.
07:31Vous savez qu'avec des enfants
07:32de trois ans,
07:32il ne faut pas suggérer.
07:33Il ne faut pas poser
07:34de questions fermées.
07:35Il ne faut laisser
07:35les déclarations spontanées.
07:36Il ne faut pas polluer
07:37la parole de l'enfant.
07:38Donc, elle, c'est l'horreur
07:40parce qu'elle sait
07:41qu'il y a un minima,
07:41un viol.
07:43Mais elle ne sait pas
07:44le spatio-temporel,
07:45le pourquoi du comment.
07:46Elle sait qu'il faut préserver
07:48cette parole d'enfant
07:48qui va être entendue
07:49dans des conditions adéquates
07:50par la BPM,
07:51avec des experts, etc.
07:52Il y a tout un système
07:53qui doit être fait
07:54avec la salle Mélanie,
07:55des protocoles d'audition, etc.
07:57Donc, elle attend
07:58qu'on provoque cet enfant.
08:00Qu'est-ce qu'elle fait ?
08:01Elle le filme ?
08:02Elle le prend en audio ?
08:03Elle préserve l'épreuve ?
08:05Comment ça se passe ?
08:05Donc ça, c'est le mur
08:06du silence judiciaire.
08:07Il y a des associations
08:08telles que SOS Périscolaire,
08:09MeToo École,
08:10à qui je rends hommage,
08:11qui font tout le travail, en fait,
08:13de mise en relation des familles.
08:14Qu'est-ce qu'il faut faire ?
08:15Qui il faut voir ?
08:16Quel expert ?
08:17Quand votre enfant vous dit ça,
08:18mais le monde s'effondre.
08:19Qu'est-ce que vous allez voir ?
08:19Qu'est-ce qu'il se passe ?
08:20Et ensuite, le deuxième sujet,
08:21c'est le mur du silence administratif,
08:23avec une opacité de la mairie.
08:26Comment ça se fait ?
08:27Pourquoi la mairie n'agit pas ?
08:30Je pense qu'il y a le phénomène
08:32très classique du pas de vagues.
08:33Pas de vagues ?
08:33Il y a deux problèmes.
08:34Il y a un problème de recrutement.
08:36Recrutement de ces animateurs.
08:38J'ai l'impression que c'est la porte ouverte.
08:39Il concerne d'ailleurs pas seulement Paris,
08:41c'est le périscolaire, c'est compliqué.
08:42Oui, bien sûr, c'est compliqué.
08:44On recrute des gens.
08:45Manifestement, il y a de l'entrisme
08:46de gens déviants.
08:47Il y a beaucoup de familles,
08:49en tout cas dans ces deux écoles,
08:50vu que, quand même,
08:51je parle de la première école de Saint-Dominique
08:52de laquelle est venu l'animateur.
08:54On parle de neuf animateurs suspendus,
08:56de plus d'une trentaine de plaintes.
08:58Il y a a priori,
08:58on se dirige vers un système
09:00de réseaux organisés,
09:01d'animateurs qui se cooptent,
09:02qui se recrutent peut-être entre eux.
09:04C'est possible.
09:04Je pose cette question.
09:06On a a priori des systèmes
09:10qui permettent une organisation.
09:11C'est tellement simple d'être recruté
09:13qu'un pédocriminel se dit
09:15je vais pouvoir très rapidement
09:17être face à des proies.
09:18Moi, je découvre tout ça.
09:19Le système de recrutement
09:20est catastrophique.
09:21Le premier problème,
09:22c'est le recrutement.
09:23Et le deuxième problème,
09:23c'est la traçabilité.
09:23C'est la mairie de Paris
09:24qui recrute des celles.
09:25Qu'est-ce que vous pouvez obtenir,
09:27vous, en faveur de vos clients ?
09:28Déjà, casser le mur du silence,
09:31faire un communiqué de presse,
09:32remuer les choses.
09:33Force est de constater
09:34que le lendemain du communiqué de presse,
09:35la BPM a appelé les clients
09:36pour convoquer leur enfant.
09:38Convocation qui va intervenir
09:39a priori fin mars.
09:41Donc, on va avoir une audition
09:42d'un enfant 45 jours
09:43après les faits.
09:48L'ABPM, moi, je demande
09:49l'ouverture d'une information judiciaire.
09:51On est dans un des plus gros scandales
09:53de périscolaire que Paris,
09:55et même peut-être la France
09:56n'est jamais connue.
09:57S'il y a un système d'organisation
09:59criminelle, de prédateurs,
10:00il faut une ouverture
10:01d'informations judiciaires.
10:03Il faut des perquisitions immédiates.
10:04Là, c'est trop tard.
10:05Le ménage a été fait.
10:06Le ménage a été fait
10:07dans les ordinateurs.
10:08Moi, c'est ça que je voudrais
10:09sur ce quoi je voudrais insister.
10:11Aujourd'hui, il y a quelque chose
10:14qui est une forme
10:15par cette politique
10:17du pas de vague,
10:18de l'administration,
10:20de la façon, excusez-moi aussi,
10:22dont la justice réagit
10:23parce qu'on l'a vu plus rapide.
10:26Par exemple, l'affaire Bétarame.
10:28L'affaire Bétarame,
10:29et c'était normal
10:30qu'on en parle.
10:31Ça a quasiment fait chuter
10:32un Premier ministre.
10:33Très bien, pas de problème.
10:35Mais alors, cette affaire-là,
10:36excusez-moi, pour moi,
10:37c'est incommensurablement plus grave
10:39que Bétarame,
10:40d'autant plus que les victimes
10:41sont toujours vivantes,
10:43sont toujours là,
10:43et sont en train encore peut-être
10:45de le subir au moment
10:48au moment où nous parlons,
10:49il y a peut-être des enfants
10:50qui se font attoucher
10:52dans des écoles de Paris.
10:54Eh bien, pendant ce temps-là,
10:56cette mise en cause,
10:58ce qu'il a fait,
10:59il a effacé toutes les preuves.
11:00Si ça se trouve,
11:00c'est quelqu'un qui fréquente
11:01des sites pédopornographiques.
11:02Vous pensez qu'il ne va pas
11:03effacer toutes les preuves
11:04de son ordinateur ?
11:04L'administration,
11:06elle ne va pas pouvoir tout effacer,
11:07mais elle va bien dissimuler.
11:08On l'a vu dans l'affaire Patti,
11:10dans l'affaire Patti,
11:11justement, que vous évoquez.
11:12Oh là là !
11:12Plus personne n'était là,
11:13plus personne ne savait.
11:14Il a fallu le procès
11:15pour bien montrer
11:16les responsabilités de chacun.
11:17Et il y en a même encore certains
11:18qui continuent à faire croire
11:19qu'ils ont fait tout ce qu'il fallait.
11:20Et moi, je sais
11:21qu'ils n'ont pas fait
11:21tout ce qu'il fallait.
11:22Donc là, c'est très très grave.
11:24Là, c'est même politique,
11:26j'ai envie de dire,
11:26parce que...
11:26Monsieur Grégoire,
11:27ça va, sa campagne électorale ?
11:29Roule ma poule tranquille ?
11:30Roule ma poule tranquille.
11:31Non, mais j'aurais précisé,
11:32Emmanuel Grégoire...
11:33Parce que Bérou,
11:34il en a connu des pires
11:35avec Bétarama.
11:36Lui, ça va, tranquille.
11:37Déjà, il y a plusieurs choses à dire.
11:38La commission d'enquête,
11:39il n'y en a pas,
11:40mais il faut préciser
11:41que Sophia Chikirou,
11:42députée de Paris,
11:43a demandé une commission d'enquête.
11:45Mais pour l'instant,
11:46ça reste sans réponse.
11:48Deux, Emmanuel Grégoire,
11:49effectivement,
11:49est souvent interpellé
11:50parce qu'il est en pleine
11:51campagne électorale,
11:51il est candidat à mairie de Paris.
11:53Il a été premier adjoint
11:53à Nidalgo.
11:54Sa défense, c'est de dire
11:55que depuis deux ans,
11:56il ne l'est plus.
11:57Bon.
11:57Quelle honte !
11:58Est-ce que c'est une défense
11:59qui vous satisfait ?
12:002016, les premiers faits ?
12:01Moi, je ne suis pas en campagne.
12:03Tous les candidats
12:04veulent nettoyer
12:05les écuries d'Ogeas.
12:06Il faut nettoyer
12:07les écuries d'Ogeas.
12:07Il faut revoir
12:08tout le système à plat.
12:09C'est une honte
12:10dans une démocratie,
12:11dans un État civilisé,
12:13digne de ce nom
12:13qui doit protéger
12:14les plus faibles.
12:14C'est une honte,
12:15ce système périscolaire.
12:16C'est une honte.
12:16Donc moi, je comprends.
12:17Les familles,
12:18il y a une psychose.
12:20Il faut calmer la psychose.
12:21Comment vous calmez la psychose ?
12:23Toutes les familles
12:24demandent des réunions publiques
12:24dans toutes les écoles.
12:25Il faut calmer la psychose
12:27en parlant,
12:28en étant transparent,
12:29en montrant les garde-fous.
12:30Quels sont les garde-fous ?
12:30Quels sont les garde-fous
12:31dans la gestion
12:33d'un animateur
12:34qu'on recadre oralement
12:37et qu'on passe d'un...
12:38On déplace.
12:38Et qu'on déplace.
12:39On déplace le problème.
12:40On met la poussière
12:41sous le tapis.
12:42Oui, mais surtout,
12:42il y a des directeurs
12:43dans le cadre de la mairie de Paris,
12:45des gens qui n'ont pas
12:46fait leur travail.
12:47Et surtout,
12:48la mise en danger des enfants,
12:49moi, je voudrais quand même
12:49le rappeler.
12:50Là, on voit qu'il y a peut-être
12:51effectivement un système
12:52de prédateurs
12:53qui ont compris
12:54que là, il y avait une niche
12:55avec des incapables autour,
12:56une administration
12:57qui foutait n'importe quoi.
12:58Donc, ils se sont dit
12:59tiens, on va se mettre là.
13:00Mais rappelez-vous
13:01l'affaire dans certaines
13:02régions de France
13:03avec la CAF
13:03qui mettait des enfants
13:05dans des familles maltraitantes.
13:06Rappelez-vous,
13:07M. Cotineau
13:07qui avait réussi
13:09à avoir par la CAF
13:10la garde d'enfants handicapés.
13:11C'est sur ces enfants handicapés
13:12qu'il organisait
13:13des orgies pédophiles,
13:15pédocriminels.
13:16Donc, ces gens-là,
13:17ils savent très bien
13:18utiliser les failles.
13:19Et les failles, c'est quoi ?
13:20C'est la CAF,
13:20c'est des services sociaux,
13:22c'est les services publics
13:23que nous payons
13:23avec nos impôts
13:24et c'est nos enfants
13:25qu'on martyrisse.
13:26Attendez,
13:26si là aussi,
13:27il n'y a pas quelque chose
13:28qui ne va pas
13:29au Royaume du Danemark,
13:30excusez-moi.
13:31Tout à l'heure,
13:31on parlait de principe
13:32de précaution,
13:32on a l'impression
13:33qu'il ne s'exerce pas
13:34lorsqu'il s'agit
13:34de la petite enfance.
13:35Parce qu'effectivement,
13:36quand on a trois ans,
13:38malheureusement,
13:39on ne peut pas crier,
13:40on ne peut pas dénoncer,
13:41Joël,
13:42et on est vraiment
13:43les victimes laissées pour compte.
13:44Dans ce pays,
13:45les délaissées,
13:47les laissées pour compte,
13:48c'est la jeunesse
13:49et plus particulièrement
13:50dans la jeunesse,
13:51les enfants,
13:52les tout-petits.
13:53C'est vraiment
13:54le dernier des soucis
13:56de nos politiques.
13:58Moi,
13:58je me demande,
13:59Maître,
14:00quand ils vous ont dit
14:01ou quand ils ont dit
14:01à la famille
14:02que ce animateur
14:05était encadré,
14:07donc on lui avait mis
14:07des mesures d'encadrement
14:08avec un rappel
14:09à la bienveillance,
14:10entre guillemets,
14:11quelles sont ces preuves
14:12d'encadrement ?
14:13Je veux dire,
14:14où en est-on ?
14:15Aucune,
14:15c'est de l'oral,
14:16aucune.
14:16Ah d'accord,
14:17donc il n'y a pas réellement
14:19de suivi de cet animateur ?
14:22Le système est opaque,
14:25avec pas de contrôle,
14:26pas de traçabilité,
14:27pas de transparence,
14:27mais je prends
14:29n'importe qui à partie.
14:30Connaissez-vous
14:30l'organigramme
14:31du périscolaire
14:31de l'école de vos enfants ?
14:32Impossible.
14:34Ça change tout le temps en plus.
14:35Un jour c'est machin,
14:36le lendemain c'est machin.
14:37Mais là,
14:37pendant que vous représentez,
14:39vous l'avez dit,
14:39les intérêts d'une famille,
14:41est-ce que vous avez
14:42une idée au total
14:43de combien de familles
14:44sont touchées maintenant ?
14:45Énormément.
14:46Sept animateurs
14:47fait partie des neuf
14:48qui ont été suspendus.
14:49Voilà,
14:49c'est un total de neuf.
14:50Sept animateurs,
14:51on serait,
14:52je vais parler
14:52avec les précautions,
14:54on serait à minima
14:56à plus de cinq enfants
14:58victimes de viol
14:58et ou d'agression sexuelle
15:00de sa part.
15:00Dans deux écoles.
15:02Voilà,
15:02dans deux écoles.
15:03Alors attention,
15:04je veux juste quand même,
15:06il ne faut pas exagérer,
15:08cet animateur,
15:09quand on a su,
15:10quand la directrice
15:10de l'école volontaire
15:11a été informée par la Dasco,
15:13par un mail du 2 février,
15:15qu'il était mis en cause
15:16par des plaintes pour viol,
15:17elle l'a suspendu immédiatement.
15:18Il y a un principe de précaution
15:19dans les mises en cause pour viol.
15:20Il ne faut pas exagérer.
15:20Encore heureux.
15:21Mais nous,
15:22ce qu'on reproche,
15:23c'est qu'il devrait y avoir
15:23un principe de précaution,
15:24y compris hors sexuel,
15:25dès qu'il y a de la maltraitance.
15:27On nous parle de seconde chance
15:28d'un enfant,
15:29d'un animateur.
15:30Moi,
15:30je veux la seconde chance
15:31d'un enfant.
15:32C'est de la mise en danger de...
15:36J'ai l'impression,
15:37parce qu'elle vient là
15:37de la négligence.
15:38C'est tellement compliqué
15:39de recruter
15:39qu'on ferme un peu les yeux.
15:41Parce que vous comprenez,
15:43c'est difficile.
15:44Après,
15:44on n'aura plus,
15:45on n'aura plus,
15:46évidemment,
15:47on n'aura pas
15:47le tout encadrement nécessaire.
15:49Je me souviens
15:49d'un reportage
15:51réalisé par nos confrères
15:52qui avait démontré
15:53qu'en une demi-heure,
15:55on pouvait être recruté
15:56animateur à la mairie de Paris.
15:58On arrivait le matin,
15:59l'entretien,
16:00c'est-à-dire une demi-heure.
16:01Là,
16:01il nous parle
16:01de deux jours de formation.
16:02Et dès l'après-midi,
16:03dès l'après-midi,
16:04à 14h,
16:05la personne en question,
16:06donc c'était une journaliste
16:07qui s'était fait passer
16:08pour une candidate,
16:10cette personne se retrouvait
16:11à 14h face à des enfants
16:12parce qu'il y avait
16:13un manque dans une école.
16:14Et moi,
16:14je pense que face à ça,
16:16la mairie de Paris
16:16a fermé les yeux
16:17et a dit
16:17oui,
16:17bon,
16:18c'est pas grave,
16:19on va faire avec.
16:21Je crois qu'on a
16:22ces problèmes de recrutement,
16:23t'as raison,
16:24mais ça vient se poser
16:26sur,
16:26je crois,
16:27un certain état d'esprit
16:28en France
16:28où les violences sexuelles
16:30sur les enfants
16:31sont banalisées.
16:33Je te dis
16:33que si c'était
16:33un scandale financier,
16:35t'aurais vu tout le monde
16:36et des journalistes
16:37d'investigation
16:37nous faire remonter un truc.
16:39Mais je te jure,
16:40là,
16:40c'est une violence sexuelle
16:41sur enfants.
16:42Bon,
16:42t'as deux articles
16:43partis par là,
16:44t'as le parisien
16:44qui te fait un truc,
16:45mais ça devient...
16:47J'ajoute un élément.
16:49Et Bétaram,
16:50je pense que c'est devenu
16:50un scandale
16:51parce que c'était accolé
16:52à la personnalité
16:53de Bérou.
16:54C'est tout.
16:54J'ajoute un élément.
16:55Dans les affaires
16:56comme Bétaram,
16:56on est sur des adolescents,
16:58donc leur parole
16:58est jugée plus crédible.
17:00L'immense problème
17:01aussi de ces dossiers
17:02est qu'on dissuade
17:03les familles
17:03de déposer plainte.
17:05Déjà dès l'école,
17:05on leur dit
17:06arrêtez,
17:06c'est des délires d'enfants.
17:08Et ensuite,
17:09légitimement à la BPM,
17:10ils doivent quand même
17:11enquêter à charge
17:11et à décharge,
17:12respecter la présomption
17:12d'innocence des enquêteurs.
17:14Donc on va pousser
17:15dans les retranchements
17:16les familles
17:16à bien vérifier
17:17que ce n'est pas
17:18ni des parents
17:18qui instrumentalisent
17:19ni des enfants mythomanes,
17:20etc.
17:20Mais le problème viscéral,
17:23c'est que la justice pénale,
17:24c'est toujours des balanciers.
17:25Vous avez eu le traumatisme
17:26d'Outreau
17:27qui a entraîné
17:28aujourd'hui,
17:29pour moi,
17:30des ornières
17:30sur le fait
17:31qu'il y a la théorie
17:31de l'enfant menteur
17:32qui s'est installée
17:33dans les esprits.
17:34Outreau a traumatisé
17:35des services d'enquête
17:36et des services de parquet
17:38parce qu'on a,
17:39et on a, je pense,
17:40fait rentrer
17:41dans l'idée
17:42d'un certain nombre
17:42d'enquêteurs
17:44qu'un enfant
17:45de 3 ans
17:46pouvait dire n'importe quoi.
17:48C'est vrai,
17:49mais ça dépend
17:50des déclarations.
17:51Un enfant,
17:52si vous aviez lu
17:53le PV de plainte
17:54de ma cliente,
17:55il est d'une précision
17:56glaçante.
17:57Un enfant,
17:57ça ne peut pas sortir
17:58de l'imagination
17:58d'un enfant.
17:59Quand c'est spontané.
17:59Par ailleurs,
18:00les enfants Outreau,
18:01c'était les enfants
18:01d'une même famille
18:02qui vivaient
18:03dans un environnement
18:04de délire absolu.
18:05Là, on a des enfants
18:06qui vivent dans des familles
18:07différentes,
18:07dans des écoles différentes,
18:08à des époques différentes.
18:10Et on parle de plaintes
18:12déposées en même temps
18:13de la part de familles
18:13qui ne se concertent pas,
18:14qu'on ne croit pas
18:15qu'il y a une chasse
18:17à l'homme, etc.
18:17Les familles ne savent même pas
18:19encore aujourd'hui.
18:19Les familles qui ont été
18:20victimes de cet animateur
18:26d'un enfant de 3 ans
18:28victime d'agressions sexuelles
18:29de la part d'un animateur
18:30du périscolaire.
18:31Est-ce qu'on est face
18:31à un vrai scandale ?
18:33Est-ce que ce périscolaire
18:35parisien aujourd'hui,
18:36c'est l'Omerta ?
18:38Dans un instant,
18:38nous serons avec Ornel.
18:39Ornel, il est parent
18:40de périscolaire
18:41dans le 15e arrondissement
18:42parisien.
18:43Et lui aussi,
18:44il regarde ce qui se passe
18:45avec inquiétude.
18:47Et on continue
18:47d'en discuter avec vous
18:49au 32 16.
18:50RMC.
18:51Alain Marshall.
18:52Olivier Truchot.
18:53Les grandes gueules.
18:551, 2, 3, 4.
19:02Nous sommes avec
19:03Maître Louis Taillès,
19:04avocat de famille de victimes
19:06dans le scandale
19:06des agressions sexuelles
19:07dans le périscolaire parisien.
19:09C'est vrai qu'on est face
19:10à une affaire
19:11dont on mesure mal
19:12encore l'ampleur.
19:14Il faut recueillir
19:14les témoignages.
19:15Et bien évidemment,
19:17ce qui se passe,
19:18c'est qu'aujourd'hui,
19:18les regards sont tournés
19:19vers la responsabilité
19:21de l'autorité scolaire.
19:22Et l'autorité scolaire
19:23en ce qui concerne
19:24l'enfance, la maternelle,
19:25et bien le périscolaire,
19:26c'est la mairie.
19:27C'est Ornel qui veut
19:28en parler avec nous.
19:29Bonjour Ornel.
19:30Bonjour les grandes gueules.
19:31Bienvenue.
19:32Je vous en prie,
19:33merci de nous appeler
19:35dans cette affaire.
19:36Vous êtes parent,
19:37périscolaire dans le 15e arrondissement,
19:39c'est ça ?
19:39Tout à fait, tout à fait.
19:41En fait,
19:42c'est un sentiment assez bizarre.
19:43Je suis à la fois énervé,
19:45à la fois ému,
19:45parce que je compatis énormément
19:47avec les parents,
19:48c'est une école qui est chez moi.
19:51Mais au bout d'un moment,
19:52en fait,
19:53il y a vraiment,
19:54il y a vraiment une...
19:57Je n'ai pas vraiment les mots
19:58parce que c'est comme je vous dis,
20:00il y a de l'émotion,
20:01mais à la fois,
20:01il y a de la colère.
20:02Parce que là,
20:03on est face à un mur du silence.
20:04Je reprends les propos
20:06de l'avocat,
20:06des familles.
20:08Et en fait,
20:08sur ce genre de sujet,
20:10il ne devrait pas avoir
20:10de mur de silence.
20:11Il ne devrait pas avoir
20:12de seconde chance,
20:13comme on a pu donner
20:14à cet animateur.
20:15On ne parle pas
20:15d'un animateur
20:16qui est arrivé deux fois en retard.
20:17Là, je l'accorde
20:18à la seconde chance.
20:19Là, on parle d'enfants,
20:20de vie, de trauma.
20:22Là, à Paris,
20:23il faut savoir
20:23qu'on a beaucoup souffert
20:25de l'incompétence de la mairie,
20:27de la mauvaise gestion,
20:29de l'insalubrité.
20:30Ils ne m'ont touché pas
20:31aux enfants, en fait.
20:32Et là, ce qui est bien,
20:33c'est que,
20:33comme vous disiez,
20:34vis-à-vis d'Emmanuel Grégoire,
20:36on est en campagne,
20:37donc on rencontre
20:37énormément d'élus.
20:38Et j'ai rencontré
20:39des élus de l'opposition.
20:41Je crois Inès de Ragnel
20:43ou d'autres élus
20:44qui se sont battus d'entrée.
20:46En fait,
20:47il ne devrait pas avoir
20:47des élus de l'opposition
20:49qui se battent.
20:50Ça devrait être
20:50tous les élus.
20:52Et d'avoir la mairie
20:53et d'entendre
20:54Emmanuel Grégoire
20:55se cacher
20:56en se disant
20:56« Je ne suis plus à la mairie
20:58depuis deux ans »,
20:59c'est honteux.
21:00C'est honteux.
21:01On parle de responsable politique.
21:03Responsable politique,
21:03ça veut dire
21:04prendre ses responsabilités,
21:05recevoir les familles,
21:07assumer qu'on a fait une erreur.
21:08OK, on va en prendre plein.
21:10On va prendre cher,
21:11mais on assume
21:11et on vous accompagne.
21:13Et on met en place des choses.
21:15Et en fait,
21:15moi,
21:16c'est très simple.
21:16Vous parlez des animateurs
21:17qui sont...
21:18C'est dur de trouver des animateurs,
21:19mais quand ils sont mal payés ?
21:20Quand ils n'ont pas de possibilité
21:21de se loger à Paris ?
21:22Voilà.
21:23On en revient au logement social.
21:24Effectivement, à Paris,
21:25vu les loyers,
21:26ils ne peuvent pas se loger.
21:28Moi, j'en parle.
21:29Je parle avec les animateurs
21:30du purée scolaire de ma fille.
21:31Ils ne peuvent pas se loger.
21:32Mais pour ces gens
21:33qui travaillent,
21:34c'est pour eux
21:34qu'ils devraient avoir des loyers.
21:36Oui, mais alors là,
21:36du coup,
21:36il n'y a pas de priorisation.
21:38Moi, je connais des histoires
21:40notamment de femmes
21:41qui travaillent dans les crèches,
21:42d'assistantes maternelles
21:43qui voudraient se loger à Paris.
21:45Et à Paris,
21:45il n'y a pas un système
21:46de priorité,
21:48de priorisation
21:49pour ces personnes
21:50qui viennent travailler
21:51pour garder des enfants parisiens.
21:52Mais ça,
21:53c'est un autre sujet.
21:54Exactement.
21:54Mais le logement social
21:55devrait être priorisé
21:56pour les enfants qui travaillent à Paris.
21:56Oui, mais enfin là,
21:57comme dit notre avocat,
21:59si jamais on est face à un réseau,
22:02parce qu'en fait,
22:03on peut se passer le mot
22:04chez les pédocriminels.
22:06C'est-à-dire,
22:06c'est tellement facile
22:07de se faire embaucher
22:08comme animateur,
22:09de se retrouver
22:09avec des enfants de 3 ans
22:10à qui on peut subir
22:12des viols,
22:12des agressions sexuelles.
22:14Et puis en plus,
22:14derrière,
22:14il ne se passe rien
22:15parce qu'il y a une omerta.
22:17Oui, mais...
22:17Donc on est peut-être même au début...
22:19Moi, je pense qu'on est peut-être
22:20au début d'un scandale
22:21beaucoup plus grand
22:22que simplement l'inertie
22:23de la mairie de Paris.
22:24C'est-à-dire qu'un réseau pédocriminel
22:26qui s'est emparé
22:27d'une faille
22:29pour agir.
22:29Mais Olivier,
22:31au bout d'un moment,
22:31il faut aussi pointer du doigt
22:32la mairie de Paris.
22:33Oui, bien sûr.
22:34Il faut pointer du doigt
22:34la responsabilité.
22:35Écoutez,
22:36il y a des élections
22:36dans trois jours
22:37à chacun de se prononcer.
22:39De toute façon,
22:39tout va jouer.
22:40Ça, les Parisiens
22:41doivent le comprendre.
22:42C'est au premier tour
22:42qu'on doit...
22:43On a une possibilité.
22:44On a trop subi.
22:45Comme je vous l'ai dit,
22:46l'incompétence,
22:47la salubrité,
22:47on en a plein.
22:48On ne touche pas aux enfants.
22:49Moi, je vais prendre du doigt
22:51Emmanuel Grégoire.
22:52Pourquoi ?
22:53Parce qu'il était
22:53dans cette gouvernance.
22:55Il était le premier à juin.
22:56Voilà, la moindre des choses,
22:57même si depuis deux ans,
22:58je n'y suis plus
22:59parce que cette carte-là,
23:00elle est facile,
23:01c'est qu'il appelle.
23:03Et s'il doit se désolidariser,
23:04il se désolidarise.
23:05Mais il a encore
23:06des contacts avec eux.
23:07Maintenant,
23:07ils promettent tous
23:08et Grégoire le premier
23:09qu'ils vont faire différemment.
23:10Monsieur Ornel,
23:11la question se pose aussi.
23:13Excusez-moi,
23:14il y a une campagne électorale.
23:15Monsieur Grégoire
23:17a été invité à maintes reprises
23:19sur nombre de plateaux.
23:20Comment se fait-il
23:21que la première question
23:22qui devrait lui être posée
23:23par des journalistes
23:24ne l'est pas ?
23:24C'est justement
23:25sur ce scandale.
23:26Or, jamais,
23:27on ne passe son temps
23:28à lui parler des vélos
23:28et des pistes cyclables
23:29et des embouteillages,
23:30mais on ne parle pas
23:31des vrais sujets.
23:31Donc, il y a peut-être aussi
23:32une forme de complicité
23:33du petit milieu journalistique parisien.
23:36Je suis désolée.
23:36Il y a énormément de points
23:37où on a pu échanger.
23:39Je n'étais pas d'accord avec vous.
23:41Sur ce point,
23:41je suis totalement d'accord avec vous.
23:43Et je vais être plus loin.
23:44Attendez,
23:45et ça risque de faire polémique,
23:46ce que je vais dire.
23:47Une fois,
23:47on lui en a parlé
23:48sur un plateau
23:49et je vais vous dire,
23:50ça risque de faire polémique,
23:51je l'assume.
23:52Il a sorti une carte joker.
23:54La carte joker
23:54de ce que lui a vécu.
23:56C'est horrible,
23:57ce qu'il a vécu.
23:57Oui, parce que lui-même,
23:58il a été victime.
24:00Mais la moindre des choses,
24:01lorsqu'on a vécu ça
24:02et qu'on rentre en politique,
24:03qu'on devient responsable politique,
24:04la moindre des choses,
24:05c'est de le combattre.
24:06Et il ne l'a jamais combattu.
24:08Mais Cornel,
24:08à titre personnel,
24:09parce que vous dites,
24:09vous êtes parent
24:10dans le périscolaire.
24:11Vous avez une fille
24:12en bas âge,
24:12je crois qu'elle a 5 ou 6 ans,
24:13votre fille.
24:14Est-ce que vous avez
24:15posé des questions ?
24:16Est-ce que vous êtes intéressé ?
24:17Est-ce que vous avez demandé
24:18qui sont les animateurs
24:19de périscolaire ?
24:20Est-ce qu'il est passé
24:21par mon école ?
24:21Est-ce que vous avez posé
24:22des questions
24:23en ce qui concerne
24:23votre fille, Cornel ?
24:24Alors, moi, déjà,
24:26effectivement,
24:26il y a eu un échange,
24:27comme je vous l'ai dit,
24:28avec différents élus,
24:29majoritairement de l'opposition,
24:31parce que les autres élus
24:32nous parlent effectivement,
24:33comme dit Barbara,
24:33« Oui, mais on va mettre ça en place,
24:36on va mettre ça en place. »
24:37Non, mais vous êtes en place.
24:38Mettez en place.
24:39Ce n'est pas « on va ».
24:40C'est « mettez en place ».
24:41Moi, je demande
24:42des responsables politiques
24:43qui assument.
24:44Donc, effectivement,
24:44les échanges que j'ai pu avoir,
24:46c'est la plupart
24:46avec l'opposition
24:47et un programme
24:49pour, par exemple,
24:51un simple exemple,
24:53interdire les animateurs
24:53d'être seuls
24:54avec des enfants.
24:55Ça s'appelle des binômes.
24:56Mais aussi, après,
24:57on revient à la rémunération
24:59et au logement.
24:59C'est pour ça que je disais,
25:00ces gens-là
25:01qui travaillent pour Paris,
25:02pour nous, les Parisiens,
25:03ils sont franciliens.
25:04Il faut leur donner
25:05des conditions de travail.
25:07Il faut effectivement
25:07revoir leur rémunération.
25:08Oui, mais les conditions
25:09de travail décentes,
25:10ça n'enlèvera pas
25:11le pédocriminel
25:12de s'insultrer.
25:13Dans le même temps,
25:14on connaît tous
25:14des aides-soignants,
25:15des aides-soignants,
25:16des infirmiers
25:17de l'hôpital public
25:17qui habitent à Gargelé-Gonnaisse
25:19au fin fond du Val-d'Oise
25:20et qui viennent travailler
25:21tous les jours
25:21à l'hôpital Saint-Louis,
25:22à l'hôpital Bichat
25:23et qui gagnent des clopinettes.
25:25Donc, eux aussi,
25:25il leur faudrait
25:26que la PHP dispose
25:27de suffisamment
25:28de logements de fonction.
25:29Tout part à volo
25:30dans toute la fonction publique.
25:32Moi, je rejoins Ornel
25:32et je dis Grégoire
25:33et tous les socialaux de Paris
25:35à Fuera
25:35et Doucet aussi à Lyon
25:37et même l'Urluberlue
25:38et l'Urmique à Bordeaux.
25:39Ça n'a rien à voir.
25:40Une chose,
25:41parce que là,
25:41à chaque fois qu'on évoque
25:43le périscolaire,
25:44on dit des animateurs.
25:46Donc, ce sont des garçons,
25:47ce sont des hommes.
25:48Est-ce qu'aujourd'hui,
25:49il faut arrêter
25:50peut-être de recruter
25:51des hommes
25:52dans le périscolaire
25:53qui sont en contact
25:54avec la petite enfance ?
25:55Toutes les questions se posent.
25:56La réalité,
25:58c'est que
25:58pourquoi mes clients
25:59sont dans un état
26:01de bouillonnement
26:02et de rage intérieure ?
26:03C'est que le principe même
26:05du pacte périscolaire,
26:06c'est que vous confiez
26:07la chair de votre chair
26:08à des gens inconnus
26:11avec aucune transparence.
26:13Donc, la seule manière
26:14de calmer la psychose,
26:16c'est d'apporter
26:18des garde-fous
26:19et une vision,
26:21j'allais pas dire extrême,
26:23mais impeccable
26:25et qui ne laisserait
26:26la place
26:27à aucun écart.
26:29Le principe de précaution
26:29doit être
26:30au-delà même
26:31du sexuel.
26:32Le principe de précaution,
26:33il doit être
26:33ne serait-ce que
26:34le fait de hurler
26:35sur un enfant,
26:36c'est pas normal.
26:36Comment va avancer
26:37l'enquête là maintenant ?
26:38Vous attendez quoi ?
26:38La prochaine étape alors ?
26:39La prochaine étape,
26:40c'est évidemment
26:42des gardes à vue,
26:43des perquisitions,
26:44des mises en examen,
26:45une information judiciaire.
26:47Pourquoi une information judiciaire
26:48et pas une enquête préliminaire ?
26:49Parce que ça permet aux avocats
26:51d'avoir accès au dossier,
26:53de le donner à leurs clients
26:56s'il y a une autorisation,
26:57de faire des demandes d'actes,
26:58de concourir à la manifestation
26:59de la vérité.
27:01Vous avez la BPM,
27:03je ne leur jette pas forcément
27:04la pierre,
27:04ils sont certainement
27:06sous-effectifs.
27:07Vous avez là,
27:08pour chaque enfant,
27:09si vous avez 40 plaintes
27:10sur deux écoles,
27:10pour chaque enfant,
27:11il faut entendre
27:11les parents,
27:12l'enfant,
27:14les collègues
27:15de l'animateur
27:16mis en cause,
27:16l'animateur lui-même,
27:18c'est un travail titanesque.
27:19Il faut bien préciser
27:23que ce ne sont pas
27:24les maires d'arrondissement
27:25qui gèrent ce système,
27:26c'est la mairie centrale,
27:27c'est ça ?
27:28Oui,
27:28via la Dasco,
27:29via les CASP.
27:30Maître,
27:31excusez-moi,
27:31est-ce qu'on a un exemple
27:32d'agents de l'État
27:33qui ont été réellement condamnés,
27:36vraiment condamnés
27:36pour négligence,
27:38soit dans le recrutement,
27:40soit dans la prise en charge
27:41d'une affaire,
27:41réellement ?
27:42À ma connaissance.
27:43En tout cas,
27:44on périsse.
27:44La question du recrutement
27:46des hommes,
27:47Barbara,
27:47toi qui es dans l'école.
27:51Moi, par exemple,
27:52j'avais entendu
27:52sur les histoires,
27:53par exemple,
27:53dans les crèches,
27:54c'est trop genré,
27:56l'encadrement dans les crèches,
27:57il y a trop de femmes,
27:58il faudrait élargir,
27:58qu'il y ait plus d'hommes,
27:59etc.
27:59Moi, je suis désolée,
28:00non.
28:01Ça ne veut pas dire
28:01qu'il n'y a pas des femmes
28:02qui commettent des atteintes
28:04sexuelles sur les enfants,
28:04il y en a eu.
28:05On a d'ailleurs vu
28:06cette infirmière
28:07qui, sur les conseils
28:08avisés de son compagnon
28:09qui était pédocriminel,
28:11avait eu des actes
28:12sur des bébés
28:13en réanimation,
28:15en néonate.
28:15Donc, il peut y avoir
28:17des femmes dangereuses,
28:18mais c'est quand même
28:19proportionnellement
28:20plus souvent
28:20des hommes
28:21qui ont ce genre de tendance.
28:22Donc, par exemple,
28:23moi, je suis désolée,
28:24tout ce qui est
28:25la petite enfance,
28:26les crèches
28:27et la petite enfance
28:28en maternelle,
28:29pas d'hommes
28:29qui encadrent,
28:30pas d'hommes
28:30qui peuvent aller
28:31accompagner les enfants
28:32pour avoir des soins
28:33aux toilettes, etc.
28:34Et je rappellerai juste
28:35qu'il y a trois ans,
28:36M. Macron
28:37avait lancé
28:39les 1000 jours.
28:40Il avait expliqué
28:40à quel point
28:41la petite enfance
28:42était au cœur
28:42de son deuxième mandat,
28:43les 1000 jours.
28:44Il avait même utilisé
28:45Boris Cyrulnik
28:45qui avait accepté
28:46de faire la potiche
28:47là-dedans.
28:48Eh bien, ils sont où
28:48les 1000 jours ?
28:49Comment il en parle,
28:50M. Macron ?
28:51Il s'en occupe ?
28:51Est-ce qu'il y a un ministre
28:52de la petite enfance ?
28:53Rien du tout.
28:54Il faut toujours citer
28:54Macron à un moment donné.
28:55Non, mais parce que c'est eux.
28:56Mais c'est eux.
28:58Parce que le cas là enchaîné
28:59révèle qu'Anne Hidalgo
29:02a caché des rapports
29:03sur sa gestion de Paris
29:04et notamment
29:05sur le secteur périscolaire.
29:07La maire de la capitale
29:08a cessé de rendre public
29:09les audits internes
29:10depuis plus d'un an.
29:11Est-ce qu'il peut y avoir
29:12quand même des responsabilités
29:15politiques
29:16qui soient poursuivis
29:17dans cette affaire ?
29:17Tout est possible.
29:18Tout est à l'étude.
29:19Les parents
29:20de ces deux écoles
29:22avec qui je suis en lien
29:24discutent très sérieusement
29:25d'une plainte collective
29:26pour mise en danger.
29:28Tout est à l'étude.
29:29Il va y avoir
29:29une enquête administrative
29:31mais il pourrait y avoir
29:32une enquête judiciaire pénale
29:34sur ce sujet-là
29:34pour comprendre comment
29:36dans les parcours
29:37on aboutit
29:38à la phrase suivante
29:39donnée dans une réunion
29:40publique
29:41pour parler
29:42de cet animateur.
29:43Je cite
29:44« Il a été décidé
29:45de prolonger
29:46sa période de stage
29:47et la procédure
29:48veut que dans ces cas-là
29:50le stagiaire
29:50soit changé
29:51de terrain de stage. »
29:53Du goût li-boulga
29:53pour dire qu'en gros
29:54on change d'arrondissement
29:56et on met la poussière
29:58sous le tapis.
29:59Si M. Grégoire
29:59est réélu
30:00croyez bien
30:01que tout ça
30:02sera passé
30:03sous le tapis également.
30:04Merci M.
30:06d'être venu ouvrir
30:07ce dossier
30:07du scandale
30:08des abus sexuels
30:09dans le périscolaire parisien.
30:10Merci d'avoir été avec nous.
30:11Je rappelle
30:11que vous êtes l'avocat
30:12d'une des familles de victimes.
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