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  • il y a 8 mois
Dans son édito du 23/01/2026, Paul Sugy revient sur le vote à l'Assemblée nationale pour classer l'organisation des Frères musulmans comme terroriste.

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Transcription
00:00C'est News 7h52, La Politique avec vous Paul Sujit. Bonjour Paul.
00:04Bonjour Romain.
00:05Journaliste au Figaro.
00:06Vous voulez y revenir ce matin, Paul, sur ce vote important qui a eu lieu hier à l'Assemblée Nationale
00:11pour faire reconnaître les frères musulmans comme une organisation terroriste.
00:16Oui, c'était une journée de niche parlementaire pour les Républicains,
00:19mais ce n'est pas un sujet de niche, c'est un sujet évidemment très préoccupant
00:21et la proposition de résolution, certes symbolique, sans valeur contraignante à terme pour le gouvernement,
00:26consistait donc à inscrire les frères musulmans sur la liste des organisations terroristes de l'Union Européenne.
00:32Elle a été adoptée avec les voix de la droite et de la nationale nationale
00:34contre une centaine de voix de gauche qui se sont donc tous ligués, tous partis confondus,
00:39pour essayer et échouer à empêcher cette résolution.
00:44C'est une résolution qui a été présentée par les Républicains.
00:46Il faut bien dire qu'ils ont été un peu escamotés des débats.
00:49Ça s'est terminé en match entre des députés du RN et des députés de la France Insoumise
00:53qui se sont invectivés, parfois violemment, avec des incidents de séance.
00:56Mais enfin, à l'origine du texte, c'était le député Éric Poget,
00:59député Les Républicains de la Commission des Affaires étrangères,
01:02et qui précisait bien les choses.
01:03Il ne s'agissait ni de combattre l'islam ni les musulmans,
01:06mais bien de combattre, disait-il, une idéologie politique, l'islamisme,
01:10dont le projet est de faire triompher la charia,
01:12c'est-à-dire un droit musulman mais également discriminatoire,
01:15à travers une stratégie, dit-il, d'entrisme, de double discours
01:18et de victimisation en lien avec des organisations transnationales.
01:22Alors, il y a eu un rapport du ministère de l'Intérieur l'année dernière
01:25qui a permis de mesurer la dangerosité des réseaux fréristes en France.
01:31Oui, avant ce rapport, il y a des chercheurs courageux,
01:33je pense à Florence Bergeau-Bacler, bien sûr,
01:35d'autres aussi, qui alertaient sur la dangerosité de ces réseaux.
01:39Mais ce rapport a apporté une parole légale institutionnelle
01:43qui permettait de bien en prendre la mesure.
01:44On a donc tous pris conscience, pour ceux qui ne suivaient pas ce sujet avec précision,
01:49qu'il existait donc une communauté en France
01:52avec des réseaux, des organisations, des meneurs
01:54qui dénoncent une violence systémique de l'État contre les musulmans,
01:58une forme de discrimination d'État,
02:00en raison notamment des lois sur le voile, des lois sur la laïcité,
02:03et qui donc, en retour, justifie une violence réelle, voire terroriste,
02:07puisque si les musulmans sont victimes de violences,
02:09alors il est légitime qu'ils se défendent par la violence.
02:12L'apologie du terrorisme, c'est très important,
02:14est un des points qui permet justement de mesurer,
02:16de distinguer la mouvance frériste d'un islam pacifique
02:20et accoutumé, lui, au principe républicain.
02:22On le voit avec la proximité avec le Hamas,
02:24qui est issu de la branche palestinienne des frères musulmans.
02:27Déjà inscrit donc le Hamas sur la liste européenne des organisations terroristes.
02:31Et on peut citer plusieurs exemples de pays qui ont fait le prolongement
02:33en passant justement du Hamas aux frères musulmans tout court
02:36comme organisation terroriste.
02:37L'Autriche, qui interdit depuis plusieurs années d'exposer, d'afficher,
02:40de porter, de distribuer les symboles des frères musulmans,
02:43et qui a donc placé ce groupe sur la liste noire des groupes extrémistes
02:47liés à la criminalité, à motivation religieuse.
02:49Et les États-Unis, qui ont placé quelques branches des frères musulmans,
02:52notamment celle égyptienne, jordanienne ou libanaise,
02:54dans leur liste des organisations terroristes.
02:56Sauf que la gauche a voté contre la résolution.
03:00Mais écoutez, je vous ai listé tous les arguments qu'il y aurait pour que,
03:02au nom de la sécurité nationale et de la défense, bien sûr, de nos principes
03:05et de nos valeurs républicaines, on prenne la mesure de cette menace.
03:08Mais la gauche, pour des raisons bassement électoralistes,
03:10a profité de l'occasion pour s'unir.
03:12C'est vrai que c'est rare, à gauche, qu'on s'unisse sur des sujets communs.
03:15On a vu comment est-ce que les socialistes ont été conspués pour leur soutien
03:18au budget du gouvernement et leur refus de voter la censure.
03:20Là, tout le monde s'est réuni, socialiste, écologiste, communiste, insoumis,
03:24main dans la main, pour défendre l'organisation des frères musulmans
03:27que je viens de vous décrire.
03:29C'est aussi le drame de la valse des ministres de l'Intérieur.
03:31On est passé de Bruno Retailleau, qui avait un discours très offensif,
03:34à Laurent Nunez, qui lui a un discours qui relativise
03:36la dangerosité de la menace des frères musulmans, en disant
03:38c'est vrai, il y a une menace, mais elle n'est pas forcément nature théoriste.
03:42Eh bien, Laurent Nunez a été cité plusieurs fois par les orateurs de la gauche
03:45à l'appui, justement, de leur choix de ne pas voter cette résolution.
03:48Pour Emmanuel Macron, il semble que ça soit indifférent
03:51de passer d'un ministre à un autre, mais on voit bien concrètement
03:53comment, en politique, ça crée des résultats très différents.
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